Petit humain, mais qu'as-tu fait ? Ouvrir ce livre, pris de curiosité ! Quelle grave erreur, car dès maintenant, les contes te garderont pour eux !
La seule manière de t'en sortir, c'est de te battre et survivre. [RPG Survival Conte&Humain]

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 « God bless us All » ; Troubles mentaux ; et autres soucis. { Pv ; Grisélidis

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MessageSujet: « God bless us All » ; Troubles mentaux ; et autres soucis. { Pv ; Grisélidis   Sam 3 Mar 2012 - 23:15
    Until the very End ;

    Un jour, tu as ouvert les yeux.
    Et des larmes silencieuses te sont venues
    Tu avais mal.
    Ce douleur poignante au cœur.
    Tu te sentais perdu.
    Le profond malaise :
    Tu ignorais qui tu étais.
    Tu as réalisé que tu n'étais qu'un usurpateur.
    Que tu n'étais rien, en fin de compte.
    Cela devait bien arriver un jour.
    Le châtiment viendra.
    Tu seras puni pour tout ce que tu as fait.
    Et tu viens de réaliser que ce jour s'approche de plus en plus.



    -I-

    Péchés Capitaux. Au nombre de sept. « Gula. » La gloutonnerie. Cet excès, qui brille dans tes yeux. Plus. Plus. Encore. Tu veux toujours plus. Tu ne t'arrêteras jamais. Il n'y a pas de limite à ton aveuglement. Tu as faim. Tu veux gaver ton âme de sucre.Plus, plus, toujours plus. Sinon, il y a comme ce... vide en toi. Au fond de tes entrailles. Cette faim continuel, intarissable. Cette faim te dévore de l'intérieur. Cette douleur. Cette absence. Un trou noir dans ton âme. Le vide dans ton estomac. Tu ignores que rien ne peut combler cette absence. Sinon toi même. Mais ton aveuglement t'empêche de réfléchir. L'excès te perdra mon pauvre Enfant.
    Tu brûleras en Enfer. J'aime à t'imaginer, expiant tout tes péchés. Mais j'oubliais que l'Enfer ou le Paradis ne sont que des termes abstraits pour toi. Tu ne t'imagines pas mourir. Alors pourquoi l'existence d'un Monde de l'au-delà ? Tout ça ne rime à rien.


    Tu n'as jamais eu foi en la religion. Dieu, le Narrateur. Tu te sens bien trop supérieur, pour pouvoir croire en un tel Être, le Roi du Monde, le Roi du Temps.Maître de la Wyrd. A tes yeux, Tu étais le roi. Ton Roi. Ton Dieu. Et quelque part, tu te considères comme celui des Autres. Des naïfs. Ceux que tu parviens à manipuler. Ces douces marionnettes entre tes doigts. Ils étaient sous ton contrôle. De belles poupées, manipulables à souhait. Tu n'avais qu'à claquer des doigts... Un frisson à la limite de la jouissance te parcourut à cette idée.

    Ce fût le clapotis de l'eau qui te tira hors de tes songes. Tu ouvris un œil sur le monde. La pupille aux reflets absinthe tourna un moment durant dans son orbite, avant que tu ne daignes ouvrir l'autre. Une fontaine. Tu étais allongé jusqu'à côté d'une fontaine. Le glouglou de l'eau t'avait réveillé. L'humidité du sol filtrait à travers tes vêtements. Merde. Tu fis la moue, et te redressas promptement, fronçant le nez, d'un air de dégoût, avant de t'épousseter soigneusement. Une grimace orna ton visage, lorsque tu vis que certains de tes douces friandises s'étaient échappées de ta poche, pour finir leur vie dans une flaque. Silencieux, tu contemplas les quatre dragibus, la tagada, et les deux sucettes à la pomme qui flottaient à la surface de l'eau. Tels des cadavres, en pleine décomposition. Les colorants s'étaient affadis, les friandises avaient perdu de leur consistance. Tu poussas un bruyant cris de rage, mêlé à un sentiment profond de perte. Scar. Chéri. Voyons. Ce ne sont que des bonbons.
    La lumière rosâtre de l'aurore s'insinuait par de larges vitraux, tantôt brisés, tantôt encrassés. Ceux encore intact, reflétait des rosaces colorées sur les dalles -humides pour certaines-. Il avait plu.

    Tu levas la tête, enfin, et pris la peine de t'intéresser au lieu qui t'entourait.
    Diantre. Des bancs d'ébène alignés religieusement, des vitraux, un autel. Un grand crucifix accroché au plafond, au dessus de ta tête. Jésus Christ, sur sa croix dorée, te fixait indirectement, à travers ses paupières closes. Une église. Une putain d'église.
    Comment un être aussi décadent que toi a pu finir dans une église ? Et en soupirant, tu te laissas glisser mollement sur le sol. Une église. Non mais...
    Dépité, tu fermas les yeux, et réfléchit. Comment t'es-tu retrouvé là ?
    Les événements de la veille nous revinrent en mémoire.

    Flash. BANG BANG, retour dans le temps. Hier. Vingt-Quatre auparavant. Tu te trouvais dans une forêt. Une forêt banale, ennuyeuse, laide à en crever. En compagnie d'une folle aux cheveux roux. Qui a tenté de séduire ta tendre personne, puis, a tenté de te violer. Enfin. Presque. Le mot est un peu fort. Mais, l'excès te plaît.
    Outrage. Sûrement qu'elle avait craqué sur ton délicieux visage, te disais-tu. N'as-tu pas tout simplement réalisé qu'elle ne voulait qu'une chose ? Ton âme. Sa noirceur, l'impureté de celle-ci se prêtait à satisfaire pleinement l'appétit d'un démon. Mais bon. Monsieur reste aveuglé par sa prétention. Bref. Pour résumer, la journée d'hier avait été pour toi un ramassis d'ennuis. D'autant plus que tu n'étais pas parvenu à ressortir de cette forêt. Tu as tourné en rond, encore et encore. Diantre. Pourquoi diable tout les arbres se ressemblaient-ils tous ? Tu avais fini par péter un câble. Tu as laissé ressortir cette pulsion qui te hantait, depuis la seconde même où tu avais aperçu la première branche dénudé et squelettique. C'est une haine viscérale que tu éprouves envers ces arbres. Et pour les choses que tu hais, il y a deux solutions. Soit tu les soumets. Sinon, tu les détruis. Soumettre des arbres ? Même toi, imbécile comme tu es, sais que c'est impossible. Il ne restait que l'autre alternative. Destruction. Tu avais pris beaucoup de plaisir, à voir les arbres s'embraser peu à peu. Comme un monstre de plasma, avide, grignotant morceaux par morceaux, les arbres desséchés. Ce petit feu de forêt avait eu l'avantage d'attirer les quelques villageois qui se trouvaient aux alentours, te permettant de sortir de cette foutue forêt. Deux coup d'une pierre. Et tu étais extrêmement satisfait de ce coup là.
    Le visage plein de compassion des villageois, tandis que tu simulais la panique. Ces belles larmes cristallines qui coulaient sur tes joues, cette jolie petite poitrine agitée par des sanglots violents, ces grands yeux verts, saisis d'horreur. Tu les avais tous berné. Aucun d'entre-eux te soupçonna d'être à l'origine de ce désastre partielle. Un sentiment de plénitude extrême t'envahit lorsque tu repensas à leurs visages. Naïfs. Tu les contrôlais. Ils sont sous ton pouvoir. Tu les menais par le bout du nez. Ainsi, tu te sentais... important ? Tu avais l'impression d'avoir une quelconque valeur. J'insiste sur « l'impression ». Tu ne vaux rien, babe. Rien.

    La suite des événements était un peu confus.
    Un coup d’œil à la montre à gousset que tu gardais dans ta poche, et te voilà reparti. Tu avais à faire ce soir ; En effet, tu avais pris la bonne résolution de travailler. Ce terme te fit glousser intérieurement. « Travailler. » Tu te refusais à l'avouer, mais ce « travail » est une partie de plaisir. En dû et bonne forme.


    - The sweetest dreams sometimes turn into the darkest nightmares -


    Un cri perçant dans la nuit. Le silence est brisé. Vinrent ensuite de bruyants sanglots, et des appels désespérés.

    « MAMAAAAAAN ! MAAAAAAAMAAAN »

    Schlack. Fracas d'une porte, ouverte à la volée. La dite maman, franchit le seuil de la porte, et déclencha l'interrupteur. La lumière fût. Les ténèbres se dissipèrent instantanément. Une chambre d'enfant, aux murs bleu roi.
    Sur le lit, une forme agitée par une respirations saccadés, convulsées de pleurs. L'enfant gémissait, et appelait sa mère. Celle-ci se précipita vers son fils, et le serra dans ses bras, et le berça ;

    « Maman... Y avait un monstre dans ma chambre... »

    La voix était difficilement perceptible, car étouffée à la fois par les bras réconfortant de la madone, et les sanglots, qui avaient commencé à faiblir. D'un geste mécanique, la mère continua à le bercer.

    « Arthur, ce n'était rien. Ce n'était qu'un cauchemar. Rien d'autre qu'un cauchemar. Les monstres ne viennent que chercher les enfants pas sages... Et toi, tu es un enfant sage, hein, Arthur? »

    Arthur hocha de la tête, se retenant d'avouer que non, il n'en était pas un. C'était lui qui avait perdu la bague de fiançailles de son papa. Il avait aussi menti à sa mère, pour aller au parc, avec des copains. Et aussi, volé des biscuits à l'épicerie. Il préférait mourir mangé par un monstre, plutôt que d'avouer. Et c'est ainsi, qu'Arthur, jusqu'à ses 12 ans, continua à craindre la venue du Monstre.

    Parce que oui, Monstre, il y avait eu.
    Tu gloussais allègrement, heureux des cris que tu avais réussi à arracher à se pauvre garçon. Tu te tenais là, dans la chambre, invisible et inaudible. Ton passe-temps fétiche ? Effrayer les gamins à qui tu récoltais des dents. Leur visage poupin, déformé par l'horreur. Une si belle vision. C'est une sorte de vengeance de ta part. Une vengeance envers moi. Envers le Monde. Tu hais le Monde. Parce qu'il est trop beau à tes yeux.
    Je suis le « monstre » qui est entré dans ta vie.
    Tu es celui de la mienne.

    Après avoir claqué ta langue contre ton palet, dans un bruit de satisfaction, tu fis glisser le masque qui ornait ton visage, et te dissipas dans les ténèbres. La scène qui se déroulait devant tes yeux, était devenue fade et insipide. Tu n'aurais pas dû rester. Plus de larmes, et de cris d'effroi. Seulement la tendresse et l'affection d'une mère. Vision détestable. Moue de dégoût.

    Cette scène te donnait envie de vomir. De hurler. De frapper.

    De pleurer. Ce pincement au cœur. Cette scène t'entravait la poitrine. Le dégoût face à la vue de cette mère et de sa progéniture augmenta d'un cran.
    Enfaîte, cette tendresse. Cette berceuse. Cet amour. C'est tous ce que tu as toujours voulu. Alors, tu t’interrogeas. « Pourquoi eux ? Et pas moi ? »


    Flash. Revenons au présent. Latitude inconnue : Église dans un trou perdu, Monde des Contes. En présence de Scar Letto Teeth Firi. L'évocation de ce moment dans tes souvenirs t'arracha une grimace. Une espèce de moue triste, pleine de rancœur et de dégoût. L'image de ce duo enlacé restait imprimé dans ta rétine. Indélébile. A vif. Comme une plaie brûlante, aux rebords incandescent.
    Un écœurement sans nom, au fond de tes tripes. Une nausée violente. Un goût amer de bile dans la bouche. Des larmes te vinrent aux yeux.

    « Je les hais, je les hais, je les hais. Ils ne sont rien. Ils ne valent rien. Ils sont inutiles. Cette vermine m’écœure, me dégoûte. Qu'ils crèvent. Je les hais. »

    Comme une prière, tu le répétais à mi-voix.
    Pour te convaincre que la haine était la raison de ton mal-être. Stupide enfant. Ignorant.
    Mais mon pauvre Scar. Je te connais bien. Je connais chacune de tes pensées. Même celles dont tu n'as pas conscience... Car je suis toi. Cette voix silencieuse, qui berce tes nuits. Depuis sept années déjà. Sept ans d'horreur pour moi. Sept années de vices pour toi.
    Je suis là. Je suis le fin-fond de ton âme. Le triste spectateur de tes pensées les plus secrètes.
    Je connais cette douleur que tu éprouves, celle qui te perce le cœur depuis si longtemps.
    Cette plaie secrète, tapie au fond de ton cœur. Tu l'étouffes. Tu la tais. Ainsi, tu te dis que tu parviendras à l'oublier. A anéantir cette pensée. Qu'elle se perde, dans le labyrinthe de ton âme. Soumission,ou destruction.

    Scarlet. Je ne veux que ton mal ;
    Alors, je vais te dire la vérité. Celle que tu ne dis jamais. Celle qui a aucun sens pour toi. Car ta vie n'est que mensonge, Scar. Tu te mens même à toi même. Tu es un condensé de pathétisme.
    Peut-être continues-tu de m'ignorer. Peut-être, ne m'entends-tu pas. Tu veux pas entendre.
    La vérité te fait mal. Je le sais. Les mots que je m'apprête à te dire te blesseront. C'est intentionnel.
    Scarlet. Tu auras beau tout refouler ça en toi, cela ne disparaîtra pas pour autant. Cette plaie à vif te rongera. « Until the End » Gangrène. Comme un vers, se nourrissant d'un fruit. Un fruit pourri, jusqu'à la moelle.

    Personne n'a voulu de toi ici. Tu le sais. Au fond de toi, tu le sais.
    A commencer par ta mère. As-tu déjà eu le moindre mot de réconfort de sa part ? La moindre berceuse ? La moindre once de tendresse ?

    Jamais.

    Jamais. Tu es un monstre, Scarlet. Une pourriture, dans cette société. Ta mère l'avait senti, lorsqu'elle t'a enfanté. Elle a senti la gangrène, germer en son sein. Alors, arriva, ce qui est arrivée.
    Cette pièce sombre. Toutes ces heures d'enfermements. Tu les méritais. Parce que tu es mauvais. Tout ces cauchemars nocturnes, ces pleurs silencieux. Ces prières désespérées. Personne n'a daigné s'en occuper. Ni père, ni mère, ni amis, ni serviteur. Ni même moi. Personne ne veut de toi. Nul n'éprouve la moindre once de pitié envers toi. Car tu n'en vaux pas la peine. Tu n'es Rien.
    Comble le mal, comme tu le peux. Enferme toi dans ce monde de sucre, d'opium, et de débauche. Mais tu seras toujours vide. Tu n'as rien. Rien ne t'appartiens. Même pas ton corps. Juste ton âme putride. Tu...

    Un hurlement interrompit mes paroles. Mon hurlement.
    Le son vibrant de rage et de haine résonna dans le haut plafond de l'église. Il franchissant nos lèvres, éraflait notre gorge, faisait vibrer l'air ambiant..
    Tu hurlais à plein poumons.
    Tes yeux, comme fous, fixaient intensément un point dans le vide, ta bouche horriblement crispée dans une grimace haineuse.

    « TAIS TOI. TAIS TOI. TU NE RACONTES QUE DES INEPTIES. TAIS TOI ! »

    Ta voix se brisa lorsque tu hurlas la dernière phrase. Tu manquais de souffle. « Losing control » Tu pars en bad, tu pars en vrille. Je ressens ta colère, monter seconde après seconde. La bombe n'allait pas tarder à éclater. Elle était déjà amorcé.
    Quelques secondes durant, tu restas immobile et silencieux. Seul le mouvement crescendo de ta poitrine, agitée par des spasmes, indiquait encore la vie en toi. Perdu dans tes pensées. Mes mots, tournaient en boucle dans ton esprit.
    « Monstre. Gangrène. Putride. Mauvais. Cauchemar. Tendresse. Pourri. Amour. Mensonge. Inutile. Vide. Déchet. Rien.Rien. Rien. Rien. Rien. »

    Ce dernier mot se répéta en écho dans ta tête. Trois. Deux. Un. POUM. Éclat. Adieu, dernières parcelles de self-contrôle.

    Le premier banc de la rangée de droite valsa dans l'allée centrale, dans un fracas bruyant. Le bois humide se désintégra, en heurtant le sol, projetant des morceaux un peu partout. Tu laissas échapper un grognement. Le seconde banc suivit le chemin de son aîné.
    Tu devais laisser échapper cette rage. Rage teintée de tristesse, que tu essayes d'enfouir. Parce que... malgré tout... tu savais que je ne mentais pas.

    « SI ! TU MENS. Tes paroles ne sont que mensonges ! MENSONGES.»

    Chaque objets qui te passaient à portée de mains finissaient détruit, éparpillé en pièces dans un coin, ou du moins, cabossé. Malgré ta taille, tu possédais une force brute effrayante. Tu détruisais, à défaut de soumettre. Tu détruisais cette église, à défaut de pouvoir me détruire. Je suis intouchable. Invulnérable. Immortel. Tant que tu ne meurs pas. Et mon cher, je sais que tu es trop couard pour affronter la mort. Tu es trop couard tout court.

    « TAIS-TOI ! TAIS-TOI ! MAIS TAIS-TOI ! »

    Tes cris sonnaient à mes oreilles, comme une supplication. Une prière. Scarlet. Je te l'ai déjà dit. Je ne veux que ton mal. Je me sais intouchable. Car je «suis» toi. Si tu me tues, c'est un suicide. Tu continuais de hurler.

    « UN SUICIDE HEIN ? Et qu'est ce qui te fait dire que je mourrai à coup sûr ? Tu es le parasite à présent. Ce corps est à moi. A MOI. C'est toi qui n'est rien. T'es qu'une putain d'âme prisonnière. Tu ne peux rien faire. Tu ne peux même pas vivre. Je pense donc je suis, hein ? C'est idiot. Car tu n'es pas. Tu ne bouges pas. Tu ne respires pas. Tu n'es pas. Ni pour les autres ni pour moi ! »

    Tu restas sans-voix, après cette tirade, hurlement résonnant contre les murs haut de l'église. Ta poitrine te soulevait à un rythme erratique. La colère t'embrouillait totalement l'esprit. Pire que ces cachets d'ecsta' que tu as pris hier soir. Tout était flou.
    Un chuchotement. « Disparais.» Un éclat fugace, argenté.

    Le rouge sanglant, ornant ta cuisse droite. Notre cuisse droite. Un de tes scalpels était profondément plongé dans la chaire. Ta main tremblante et moite, tenait le manche. Tu ricanas. « Stay calm, and keep control.» Ton front était couvert de sueur, ton corps, parcouru de frisson. Tu faisais abstraction de la douleur. Tu ne la connaissais que trop bien.

    Jamais je n'avais eu aussi « mal ». J'avais oublié ce que ce mot voulait dire. Ce n'était plus qu'une définition fugace, dans le fin fond de mon esprit. Tout comme la sensation du vent sur ma peau, la pluie chaude sur ma chair, l'odeur âcre de l'orage. Tu occupais mon corps. Mes nerfs. Mes sens. Je suis privé de tout. Sauf de tes pensées, et des miennes. Nous cohabitons plus ou moins bien. Je n'ai que la vue. Celle que m'offre tes pensées tordues.
    Mais toutes ces sensations me revinrent d'un coup. Ce fut presque violent. Une énorme gifle dans la gueule. L'odeur puissante de la pluie. Le vent sur ma peau. J'avais l'impression d'être en feu. Douleur. Douleur. Douleur. Cette plaie. Cette brûlure, déchirure. Un cri silencieux. Le mien. Dans ta tête, je hurlais en silence. Avec puissance. A en perdre la voie. J'avais mal. Le monde perdait sa consistance. Il n'y avait plus que ce flash rouge sanglant. Cette douleur lancinante, persistante.

    Tu gloussas, au prix d'un certain effort. De la sueur coulait de ton front, tes yeux étaient exorbités par la concentration. Tu faisais tout pour garder le contrôle. Pour ne pas crier à ton tour.

    « Alors, Uvi, on ne parle plus ? Je te connais si bien... Tout tes points faibles... Tu es à ma merci, Darling... Je vais te réduire au silence... Tu vas me supplier.... Je te l'assure...»

    Ta voix s'était faite chuchotis tremblotant. Mais ta voix ne se brisa pas. Tu faisais face à la douleur. Ta main s'empara du manche et tira lentement dessus pour retirer la lame profondément fichée dans la chair. Douleur. Douleur. Mes cris redoublèrent. Je perdais tout. Notion du temps. De l'espace. Il ne restait que moi, et la douleur.
    D'un geste menaçant, tu tendis à nouveau ton bras. Tes yeux brillaient d'une lueur malsaine à la limite de la folie. Tes lèvres restaient crispées dans cette grimace extatique, mêlée de douleur et satisfaction.

    Le ciel pourrait te tomber sur la tête que rien de te détournerait de ton objectif... Quoique ?

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MessageSujet: Re: « God bless us All » ; Troubles mentaux ; et autres soucis. { Pv ; Grisélidis   Sam 24 Mar 2012 - 16:07
May I help you sir ?

L’air était humide.

-Avez-vous vu ce garçon ? La main gantée montra un dessin au bonhomme. Quelqu’un qui lui ressemblerait ?

Le vieil homme rapprocha son visage du dessin, sa mauvaise vue et le temps couvert ne devait pas l'aider à distinguer les traits de celui-ci. Hans s'énerva intérieurement, depuis le début de la matinée il se coltinait toute la basse populace qu'il pouvait trouver aux alentours du cannibale village, mais personne ne semblait avoir vu le gamin. Comment cela était-il possible ? Non, ça ne l'était pas, pas avec ce qu'il avait comme preuve. Ou alors, toutes les lettres étaient fausses. Il maugréa à cette idée, qui, si elle se révélait être vraie, lui vaudrait d'avoir perdu deux jours de sa vie en d'inutiles recherches. Se grattant sa barbichette blanche, le vieil homme esquissa une moue négative en haussant les sourcils. Le Jeune conte souffla, il avait grandement envie de se défouler sur une personne, mais sa présente quête l'en empêchait, les morts ne causaient pas beaucoup.

Il regarda le ciel, et les lourds nuages gris qu'il portait. L'orage avait été plutôt violent hier, il avait laissé derrière lui une terre boueuse et une atmosphère oppressante. Cela n'était pas fini, il pouvait pleuvoir à tout moment. Il espérait ne pas recevoir la bourrasque, il avait été au moins chanceux sur ce point-là, hier. Il remercia le paysan et continua sa route, le long du chemin. Il restait encore une ou deux fermes à aller vérifier, elles étaient à un petit temps de marche toutes deux. Quelque chose lui disait qu'il ne trouverait pas Roman là-bas, encore une fois, qu'il ne le trouverait pas tout court d'ailleurs. Il pesta, accélérant le rythme de ses pas sous le coup de la colère subite. Où était donc passé ce foutu Miroir ! Il n'avait pas clamsé tout de même ? Et dire que l'autre guignol ne l'avait aidé en rien finalement ! Quelle rencontre inutile ! Il n'avait même pas pu « l'apprécier » et il avait perdu du temps. Voilà où il en était réduit maintenant, à se trimballer dans ce coin désert simplement parce qu'aller chez LA fameuse informatrice de Queer Tale aurait pris trop de temps.

Oui, Caterpillar aurait pu lui être d'une grande aide, elle était très renommée, et il aurait bien trouvé quelque chose pour la satisfaire. Mais voilà, non, il avait passé trop de temps chez ce miroir inutile, et absent qui plus était. Le temps de rentrer au Manoir pour rassembler plus d'éléments et il ne lui en restait plus ensuite pour aller à Crudelis. C'était bien sa veine. Enfin, l'heure n'était pas à la ressasse, il avait du pain sur la planche. Tout en accélérant d'autant plus le pas, il se remémora les évènements d'hier, histoire de mettre un peu d'ordre dans tout cela.

Il avait été réveillé très tôt par le martyre d'une de ses servantes, Camille. Celle-ci venait de recevoir une présupposée lettre de son jeune frère qui lui faisait une déclaration d'adieu : dans trois jours, il irait dormir six pieds sous terre. Le Grisélidis était alors prestement parti questionner le Miroir. Il avait bien fait non ? N'était-ce pas la chose la plus sensée ? Le miroir était l'élément d'information le plus proche après tout. Mais voilà, les choses ne s'étaient pas passées comme prévu, le miroir n'était pas là -fait étrange- et en voulant rester polit envers un certain Medb -occupant apprécié du Crooked Village- il n'avait au final, rien obtenu d'intéressant. Heureusement l'orage qui couvait dès le matin, n'avait pas encore fait surgir sa fureur, et Hans avait pu rentrer avant l'averse, après... Il plissa les yeux. Il lui semblait avoir aperçu dans les hautes herbes environnantes un goupil. Il s'arrêta dans sa remémoration pour scruter les hautes herbes. Rien ne bougeait. Cela pouvait paraître stupide au vu de son empressement, qu'il s'arrêta pour un évènement aussi mineur, mais en réalité cela ne l'était pas le moindre du monde.

Il se trouvait que Roman, le jeune frère de Camille donc, n'était pas dénué de talent -bien qu'il l'était de cervelle selon Hans. Il se trouvait qu'il possédait un don absolument remarquable pour apprivoiser ces boules de poils en feu, qui étaient dans les régions agricoles, les ennemis intimes des poulaillers. Or -ce qui était encore plus remarquable- c'était qu'après les avoir apprivoisés, ces animaux discrets se trouvaient être domestiqués et, même dans un milieu naturel, se laissaient approchés par les hommes. De plus Roman veillait toujours à ce que ses « animaux de compagnie » ne restassent jamais bien loin de lui. Hans pouvait donc en déduire que s'il lui était possible d'approcher cette fourrure rousse, il lui serait possible de retrouver le garçon en moins de temps qu'il n'en faudrait pour. Il parcouru donc les jachères du regard. Aucune flamme ne semblait scintiller sous ses yeux, pourtant il était sûr de l'avoir aperçu plutôt, alors qu'il était dans ses pensés. Il attendit une bonne dizaine de minutes, mais rien ne vint attirer sa vue. Se renfrognant alors il plaça ses mains dans ses poches, et tout en continuant sa route, repris le fil de sa mémoire.

Il était donc revenu chez lui pour le déjeuner, tout avait été préparé pour lui, comme a l'accoutumé. Lorsque ses servantes n'étaient pas sûres, que lors d'une de ses sorties, il ne revienne pour le repas du midi, elles préparaient tout de même scrupuleusement celui-ci et attendaient leur maître. S'il ne se présentait pas, et bien la nourriture était jetée. C'était du gâchis, oui, c'était le luxe. Après s'être restauré il était allé rejoindre Camille dans sa chambre. Toquant deux fois à la porte, il l'ouvrit, et regarda les deux brunettes. Camille était couchée dans son lit, les yeux ouverts, elle regardait par sa petite lucarne. À ses côtés se trouvait Valérie, sa domestique en charge de toutes les autres. Avec un coton elle désinfectait les lèvres de la jeune fille, il n'y avait aucune compassion dans son regard. Whisper s'approcha lentement, il contemplait la bouche de l'alitée. Un fil d'un blanc superbe occupait de nouveau les deux bouts de chaires, mais il n'avait pas été serré, il fallait attendre que les plaies se refermassent. Le fil remit pour l'instant ne servait qu'à empêcher que les trous d'aiguilles ne se refermassent eux aussi. Une fois le tout de nouveau sain. On retirait le fils virant au rouge pour le remplacer par un d'autre, définitif cette fois-ci, qui serait d'un beau bleu d'outremer.

Valérie termina de désinfecter la plaie puis se retira pour attendre dans le couloir. Hans s'assit sur la chaise et attendit quelques minutes, le regard de sa servante était vide, vide de toutes vies. Ce n'était pas comme cela qu'il avait éduqué ce chaton-là, il était déçu. Il aurait voulu la voir dans toute sa candeur, qu'elle le rassura par sa conduite, qu'elle ne fléchi point. Mais cela n'était pas le cas. Elle allait mal, si le jeune homme ne résolvait pas la situation... Il ferma les yeux un instant, puis contempla aussi la vue qu'offrait la lucarne. Comme s'il avait le temps de partir recruter de nouveaux chatons. Il prit l'une de ses petites mains dans les siennes, et lui parla avec beaucoup d'affection. Il souhaitait qu'elle lui remit toutes les lettres qu'elle avait reçue jusqu'à présent de Roman, si elle en avait reçue d'autres. Il était absolument défendu que ses domestiques reçoivent du courrier, mais de par le lien fraternel qu'elle possédait, Hans ne doutait pas une seule seconde qu'elle eut très bien pu mettre en place un système lui permettant d'en recevoir. Le Grisélidis n'en était pas courroucé, il ne pouvait pas l'être pour Camille, il n'y pouvait rien, il devait faire avec. La jeune fille ne répondit rien, se contenta de baisser les yeux. Le conte lui assura alors qu'elle ne serait pas punie pour cela, qu'il lui pardonnait, et que de plus, ces lettres étaient son seul recoure pour aider Roman..

La servante se tourna alors vers lui, et désigna la petite commode, le dernier tiroir, ou plutôt, dessous celui-ci. Pendant la restauration de son pacte, elle n'avait pas le droit d'émettre de sons, c'était la règle, si bien que même s'il l'avait questionné sur le moyen de réception des enveloppes, elle ne lui aurait pas répondu. Il ne voulait pas l'obliger à briser une autre règle, cela la minerait d'autant plus, ses preux chatons accordaient beaucoup trop d'importance à celles-ci pour les rompre aussi facilement. Il devinait aisément que recevoir la première lettre avait été un cas de conscience gigantesque pour elle. Il posa sur le côté ce que portait le meuble, il retira aussi les tiroirs, et les posa tout près. Se levant et repoussant sa chaise, il retourna le meuble et découvrit, rajouté à celui-ci, une petite trappe de double fond. Il l'ouvrit, au même moment Camille se détourna et se reprit à regarder la fenêtre. Peut-être se sentait-elle encore coupable, se devait être le cas. Il sorti alors plus d'une vingtaine de lettres. Depuis le début... il regarda la signature apposée au bas de chacune d'elles : ton frère. Elle n'avait jamais perdu le contact avec celui-ci, certainement qu'il s'était arrangé avant son départ pour le manoir, qu'ils avaient tout prévu. Il était plus logique qu'elle put transgresser une règle qu'elle n'avait pas encore parfaitement assimilée. Si la situation se passerait maintenant, sûrement qu'elle ne cèderait pas à la tentation.

Il n'avait pas beaucoup d'heures devant lui, mais il lui fallait toutes les lires, dans l'ordre chronologique, il serait peut-être ainsi, ce qu'il était advenu de Roman pendant ces quelques années, et où il pouvait se trouver maintenant. Hans se souvenait s'être penché sur le front de son chaton pour y déposer un baiser, puis avoir ramené toutes les lettres dans son bureau. Il y avait passé toute un après-midi, à déchiffrer les mots tordus et remplis de fautes du jeune. Mais il avait fini par trouver un indice, un bel indice. Parmi toutes ces feuilles noires d'encres et de taches en tout genre, les effusions de sentimentalisme, les jérémiades, les bravades, les commérages inutiles, les malaises de chaque fin de page, lorsqu'il n'avait plus rien à écrire, le détail des journées ennuyeuses ou rocambolesque, il y avait des lieux, des dates, des faits, autant de témoins potentiels. Il s'était préparé à une longue journée demain, il n'avait pas tort.

Un courant d'air venait fouetter à intervalle régulier les noeuds sur ses bottes lorsqu'un glapissement se fit entendre derrière lui. Sursautant au son si proche -rappelez-vous il n'y avait personne sur le chemin- il fit volte-face aussitôt et aperçu le goupil, debout, qu'il le regardait de ses magnifiques iris dorées, en agitant en tout sens la queue. Hans sourie, il n'avait donc pas rêvé, et en cadeau son hypothèse alléchante s'était réalisée. Il ne semblait pas le moindre du monde sur la défensive, l'animal, il semblait même tout émoustillé, comme si cela faisait une éternité qu'il n'avait pas croisé âme qui vive, et que le Bleu remédierait peut-être à son ennuie. Hans, tout en gardant un oeil sur lui, continua sa route, d'un pas plus lent cette fois-ci, et ce fut non sans joie qu'il constata que le renard se mis à trottiner à ses côtés. Il accéléra le pas, l'animal fit de même, celui-ci le regardait continuellement, comme s'il attendait quelque chose de lui. Puis, au bout de courtes minutes, le canidé se mis à courir sur une trentaine de mètre, s'arrêta, attendis que le Grisélidis arriva à sa hauteur, et repris sa course, avant de l'attendre de nouveau.

«….Jveu qutu viens, jveu tvoir. Il fodrai que tu viens un jour, sa fé un moment ! Je me di : sa ira, mintenant, on sra trenquil. Ya persone pource quils ce son barrés. Ils vindron plu faire mal. Jvoy dé férmié toute la journée. Zaime pas mes goupilnou, chais pas, zaime pas. Fon rien pour tant ! Fo voir, jveu ben travailé tout le tant si fo, jorai plin de vincen, on poura avoir note fèrme. Trenquil jte di, avaic dé mouton. Fodra juste fére atenssion o village. Oué, fo pas saproché du village. Ca sdi, ya les mengeur dhome là. Oué, canibale con di. Fo raister près dé fèrme….»
Passage d’une lettre
Ils parcoururent ainsi une bonne distance, tout deux, le renard l'attendait toujours, c'était comme s'il lui ouvrait la voie. À un moment pourtant, celui-ci revint gambader au rythme de l'homme. Hans n'y prêta de prime abord pas attention, il se disait que l'animal devait s'ennuyer à toujours faire la même chose, peut-être voulait-il s'amuser maintenant. Des deux côtés du chemin de hauts épis de blés étaient venus progressivement couver la vue. Il aperçu au loin le profil d'une ferme. Un nouveau problème se posait donc, il ne pouvait pas rentrer avec le renard, mais celui-ci semblait vouloir aller dans ce sens... Il cherchait une solution que la masse rousse passa à vive allure devant lui et disparut dans le champ à sa gauche. Il s'arrêta, surpris, et siffla l'animal. Il voyait le bout des épis s'affoler, le sillon qui s'était éloigné, s'était arrêté à son appel, et était revenu sur ses pas. Au bout de quelques secondes la petite tête du goupil réapparut des blés. Il ne semblait pas vouloir revenir sur le chemin, il l'observa même pendant une bonne dizaine de secondes, puis repartit.

Whisper ne fit rien pour le retenir, il ne bougea pas, il suivait du regard le sillon des blés qui se mouvaient sous le passage de la bête. Celui-ci s'arrêta de nouveau, et revint dans sa direction. Le goupil cette fois-ci revint sur le chemin, et semblait regarder d'un air interrogateur Hans. Pourquoi tu ne viens pas avec moi ? C'était ce que ces pupilles semblaient vouloir dire. Le conte regarda au loin, derrière le champ on apercevait l'orée d'une forêt. Bien, comme il l'avait supposé le renard voulait bien le conduire quelques parts. Il regarda de nouveau la ferme, elle était si proche, il pouvait y faire un détour, juste au cas où, mais il avait trop peur de perdre la piste de l'animal, qui, bien que pouvant paraître infime, semblait la plus tangible en cet instant. Il prit néanmoins rapidement une décision, et pénétra dans le champ, l'animal, qui semblait ravit, lui ouvrait -au sens propre du terme cette fois-ci- la voie.

« ….Jorai pa du, jle savé que jdevai pas, cé pas moi. Jorai pas du dire jorai pas du. Tinquiète pas, chuis pas cui, mraiste la fèrme. Son gentil la, jvai plu fére de brui, y von moublié. Chui sur….»
Passage d’une lettre
Des bruits qui bruissent, des bruits qui craquent, la forêt en était remplie. L'animal devant lui, avec sa musculature tout en souplesse et volupté ne faisait aucun bruit, ne cassait aucune petite branche jonchée au sol. Les écureuils et tous les rongeurs s'enfuyaient à tire-larigot face aux deux visiteurs. L'instinct les faisait fuir, laissant les arbres sans vie. Ce n'était pas pour déplaire au jeune homme qui n'aurait pas du tout apprécié que le renard change soudain d'objectif et aille s'amuser à la chasse. Mais celui-ci restait impassible à cette débandade face à son arrivée. Il semblait résolu, comme s'il avait été dressé exprès pour amener des gens à cet endroit, ou qu'en tout cas, quelque chose le poussait à le faire.

Au bout d’un moment, il aperçut une cabane entre les arbres, comme une maisonnette. Il s’arrêta net. Le renard se retourna, le regarda l’air de se demander ce qui se passait. Le cœur de Hans venait de s’emballer, il ne se sentait pas très bien. Cette cabane ressemblait étrangement à celle de la vieille femme, celle qui l’avait vu faire ses armes lorsqu’il était plus jeune encore. La vieille femme aveugle, qui avait souvent dit, en froissant son nez, lorsque Hans rentrait : ça sent le sang, et pas celui de sanglier. Combien de fois avait-il eu envie de la tuer ? Il n’avait pas eu à le faire. Elle et son petit rictus, elle et ses lèvres méprisantes qui le soignait, lui apprenait à panser ses plaies avec un rien. Il n’avait pas eu à se salir les mains pour une fois, et quelque part, il le regrettait. Il eut un petit rire, et s’avança vers la bicoque, il y avait pas mal de cabane dans ce genre dans les forêts, ça ne pouvait même pas être celle à laquelle il pensait. Il ne devait en rester que des cendres.

La porte s'écrasa sur le plancher, soulevant un nuage de poussière. Il avait seulement voulu l'ouvrir, mais celle-ci se trouvait posée dans un équilibre très instable. Qu'il venait précisément de rompre donc. À l'extérieur la bête semblait s'amuser toute seule ce qui n'était pas plus mal. Il n'avait pas besoin de l'avoir dans les pattes pour inspecter cette bicoque. Il fronça ses narines, l'odeur de pourriture émanent n'avait absolument rien d'agréable. Il fit rapidement le tour. Il n'y avait qu'une pièce à vivre ou se trouvait une chaudière, une bassine d'eau dans laquelle nageait des cafards, un matelas à même le sol couvert de mites, une pelle à côté de la porte, une table de nuit avec une bougie fondue écrasée dessus, et un énorme buffet qui prenait à lui seul une bonne partie de l'espace. Il avait néanmoins trouvé quelque chose d'intéressant dans le buffet. Au fond d'un tiroir, les plans d'une église ainsi qu'un livret de compte moisissaient à vue d'oeil. Il n'était pas arrivé à identifier à qui appartenait le petit carnet de cuir rouge, pour ce qui était de l'église, il savait exactement où elle se situait. Il n'y avait aucune trace du jeune homme, et puis de toute manière ce lieu ne devait plus être habité depuis longtemps, trop longtemps. Si Roman était venu ici, cela devait remonter à plusieurs mois certainement. Les plans de la bâtisse de lecteur l'intriguait tout de même, il se demandait pourquoi un tel papier se retrouvait ici, il essaya de chercher dans sa mémoire, si les lettres qu'il avait lues hier n'y faisait pas référence... Non, il y avait juste eu cette formule un peu obscure... son regard bifurqua de nouveau sur la pelle. Peut-être pas si obscure que cela finalement... Il eu un sourire en coin. Il ne voyait absolument pas en quoi le livret de compte pouvait servir dans cette histoire, mais maintenant il avait peut-être une petite idée de l'intérêt qu'aurait pu éprouver Roman pour l'église. Il fallait qu’il retourne à la ferme, et ensuite il se dirigerait dans cette direction.

«….Jlé vu ! Briyente come mille soléil ! Jvé vnir ! vé vnir pour toi ! On sra heureu avaic ! Jlé vu den la grande truc la, ché plu son nom a elle… avaic la cloche, ltruc de laicteur. Ils creusé a troi, on mi tout den lsol. Eh mé jé vu !....»
Passage d’une lettre
Hans, loup parmi les moutons ; Roman, mouton parmi les loups. Toute la rage était revenue en lui, dans les sous bois. Cela faisait un moment qu'il marchait sous l'ombre des grands arbres. Le renard n'était pas venu avec lui. Il faisait furieusement tourné la pelle dans ses mains. Il maugréa contre tout : le temps pourri d'hier qui rendait les sous-bois boueux, cet idiot débile qui était finalement passé dans le Cannibale Village, comment aurait-il fait pour apercevoir ce que trois -certainement- bandits enfouissaient sous les dalles de la bâtisse sinon ? C'était le soleil qui avait bien entamé son arc de cercle, qui devait le mettre dans cet état. Tout ça pour ça. Il se rendait bien compte maintenant que ça faisait plus d'une heure qu'il essayait de s'y retrouver dans ces bois qu'il avait perdus encore du temps. Lorsqu'il arriva à l'orée, lorsqu'il aperçut la ferme qu'il avait aperçue avant de bifurquer au début de la journée, il n'était plus qu'une boule de nerf sur pied.

S’il retrouvait ce sale gosse il l’étranglerait, pour sûr, il lui mettrait son poing dans la figure aussi, il le piétinerait même peut-être pour se défouler entièrement. Dire qu’il se donnait tant de mal pour un morveux accentuait sa colère. De plus, idiot illettré comme il l’était, celui-ci ne lui serait même pas reconnaissant à juste titre. Arrivé devant le portail un chien enchaîné non loin fit un vacarme suffisamment…bruyant pour que le fermier déboule dans la seconde même. Le Grisélidis regardait d’un œil noir le bâtard qui jappait sans discontinuer. Il montra le portrait au gaillard à moustache qui tenait encore sa fourche dans une de ses mains. Il gratta son abondante moustache brune et donna enfin une réponse qui aurait pu satisfaire notre personnage :


-Ben… Il m’semble avoir pris un type dans les champs qui lui ressemble, mais ça fait bien un bail que j’l’ai pas vu par ici. Il n’a même pas pris sa paye ! Depuis combien de temps vous dites … ? … deux semaines je crois. Oué il voulait aller voir quelque chose au Cannibale Village, j’l’ai déconseillé moi hein, faut pas m’en vouloir !...

Après une bref discussion, et le fermier qui repartit dans son champ, Hans ne savait plus s'il devait rire ou cassé tout ce qu'il trouvait. Le seul type qui avait pu lui répondre à l'affirmatif ne lui avait strictement servi à rien. Le chien avait eu la gentillesse de se calmer lorsque son maître était là, mais maintenant que celui-ci était reparti dans le champ, il commençait à aboyer de nouveau. Horrible son. Hans le regarda du coin de l'oeil, il resserra sa main autour du manche de la pelle, tendis que le clebs lui montra ses crocs...

Le chemin jusqu'au village était plutôt long, mais assez calme, ce qui ravissait au plus haut point notre jeune homme. La seule chose qui le chiffonnait un peu était la pluie qui s'était mise à tomber, mais rien de terrible en soit. Celui-ci parcourait le chemin depuis un petit moment déjà, sifflotant, en faisant toujours tourné sa pelle qui dégoulinait de sang. Cela avait quelque peu « giclé » sur lui, il ria, mais ce fut de colère. Un petit défoulement, ce n'était pas grand-chose comparée à son immense colère. Il mit encore un bon moment à arriver au village, mais un certain soulagement s'empara de lui lorsqu'il vit l'écriteau en annonçant l'entrée -ce qui était assez paradoxale en soit, qui serait soulagé d'entrer dans un tel endroit ? Les quelques habitants qui étaient dans la rue ne vinrent pas le titiller, avec une dégaine comme la sienne, et son sourire crispée sur les lèvres, pas grand monde avait envie de s'y frotter de front. Ce qui était pratique avec l'église ? Son clocher qui se repérait à dix lieux à la ronde. Bien qu'il s'agissait de la première fois qu'il mettait les pieds dans ce village -sa renommée n'avait pas réussi à le faire venir visiter- il n'avait donc, grâce à ce repère, aucun mal pour parvenir là où il le souhaitait. Et puis lorsqu'il en aurait fini avec cette affaire, il irait tester le restaurant, il mourrait de faim après tout, tellement d'ailleurs, qu'il aurait pu dévorer un type encore vivant, si celui-ci se prenait à se scarifier sous ses yeux. La senteur aigris du sang du chien lui picotait le nez, et même si cela ne le tentait pas le moindre du monde, cela avait mis ses sens en éveil, et donc en appétit.

Il ouvrit l'entrée à double battant non sans une certaine classe -selon lui. Il ne captait pas du tout l'ambiance que l'église était censée dégager. Même s'il connaissait la religion chrétienne grâce à un heureux hasard, et bien qu'il l'ait trouvé très intéressante, son éducation avait fait qu'il ne ressentait aucun respect pour ce genre d'endroit. Il trouvait même cela de très mauvais goût. Des vitraux étaient cassés par endroit et laissé filtrer un peu plus de lumière dans cet espace assez obscure, d'autant plus au niveau où il se trouvait d'ailleurs. Il faisait bien noir là où il était. Un rond de lumière se dessinait beaucoup plus en avant, rayonnait sur une dizaine de mètres autour de l'autel. Tiens il venait juste de se souvenir de l'eau bénite. C'était bien dommage, il n'avait pas pris de petite fiole avec lui pour en remplir. Étrangement la dernière qu'il avait ne se trouvait plus dans la remise. Encore un coup de l'ignoble volatile supposa-t-il. Bon, il n'allait pas y passer la journée non plus. Il fit un pas en avant, résolu, lorsqu'une nouvelle odeur vint surgir à ses narines. Du sang frais, le sang d'un humain qui se répandait dans les environs. Il s'arrêta. Maintenant qu'il y prêtait un peu plus d'attention l'église semblait en bazar, des bancs se retrouvaient les pieds en l'air en tout sens. Cela lui rappelait hier, il se sentait dans la peau de Medb à présent, face à un désordre sans nom, et sans cause. Il chercha une masse, un corps humain quelque part, tout devant la rangée des bancs, il lui semblait apercevoir quelque chose de ce style, à terre. Il voulu s'approcher lorsqu'un son s'éleva dans les airs, une voix plutôt.


« Alors, Uvi, on ne parle plus ? Je te connais si bien... Tous tes points faibles... Tu es à ma merci, Darling... Je vais te réduire au silence... Tu vas me supplier.... Je te l'assure...»

Hmm ? Il s'approcha, sifflotant toujours, tenant sa pelle qu'il avait posée sur son épaule. Au fur et à mesure il apercevait un petit bout de corps en plus. Un bras tendu avec entre les doigts une lame fut pourtant tout ce qui retint son attention. Tiens tiens... ça lui rappelait quelque chose...mais quoi ? Il arriva bientôt à la hauteur de la personne. La blessure, les yeux fous, la flaque de sang, mais surtout le sang qui sortait de la blessure, quelle belle plaie. Ses pupilles brillaient d'envie, elles dégustaient avant ses papilles les vilaines. Il resta tout de même à bonne distance, il n'avait pas oublié le regard démentiel, presque fiévreux, qui semblait habiter l'inconnu face à lui. Il n'essaya même pas de retirer cette arme de ses mains, si l'autre aimait se faire du mal, ce serait au plus grand bonheur du Bleu. Et s'il tentait une attaque envers lui, ma foi, il verrait comme il avait appris à manier avec grâce la pelle qu'il tenait entre ses doigts gantés. Ah mais oui, c'est vrai ! Il détourna son regard de la vue du sang, qui semblait vouloir l'hypnotiser. Il était venu ici pour une raison. Il se rappelait le plan, il se rappelait la suite de la lettre de Roman concernant sa découverte. Ce que les brigands avaient enterrés se trouvait...juste en dessous du maso. Il fit une moue, dommage, il n'était pas d'assez bonne humeur pour être polit.

-Ok, allez faire mumuse entre vous-même et vous-même un peu plus loin, je n’ai pas que ça à faire figurez-vous.

Oh Hans, l'être de patience. Sitôt la phrase finie, que le conte attrapa de sa main libre le poignet tenant l'arme et traîna ce jeune homme -oui, il avait eu le temps de remarquer cela, même s'il avait une bouille presque aussi adorable que la sienne- jusqu'à la rangée de gauche. Ensuite il fit demi-tour d'un pas nerveux, jusque là où s'étaler la première tâche de sang. Il retira son chaperon qu'il envoya sur le banc le plus proche et regarda les dalles d'un air sceptique. Il aurait préféré ne pas avoir de probables distractions alors qu'il allait effectuer cette tâche ingrate, mais il ne pouvait pas non plus le virer de là, l'étranger, il sentait tellement bon. Il envoya donc à son intention quelques mots.

-Ne beuglez pas trop fort en déversant vos tripes sur le sol je vous prie, je serais terriblement tenté de venir vous aider dans ce cas là.

Il retira ses gants, et se positionna de manière à ce qu'il fasse face au blondinet. Il avait repéré la fente, en carré, sur une bonne largeur. Il planta la pelle à l'endroit où elle paraissait le plus largeur. Il ne savait pas quelle heure il était, mais il n'y avait pas une minute à perdre.


[déso pour l'attente ^^ corrigé ^^]
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MessageSujet: Re: « God bless us All » ; Troubles mentaux ; et autres soucis. { Pv ; Grisélidis   Dim 25 Nov 2012 - 14:57
    -II-

    Le jeu ne fait que commencer, mon bel enfant.


    " Ira ". La douce colère, qui colère tes veines d'un venin rouge. C'est un déchaînement d'émotions. Cette tempête qui gronde dans ton coeur, et qui finit par jaillir, avec force et fracas. Violence. Insulte. Agression. Meurtre. La première personne sur la liste de tes victimes n'est autre que moi. Ou toi. Je n'en sais rien. On se mélange, on ne se distingue plus.

    Parfois, je me demande si le problème ne vient pas de moi. Existes-tu vraiment ? Ou n'est tu qu'une création fourbe de mon esprit ? Je n'en sais rien. Je ne sais jamais rien. Je suis dépassé, déboussolé. Il n'y rien faire. Le monde tourne, encore, jour après jour. Sans moi. Je ne suis plus le fil. Je... n'appartiens plus à ce monde ? C'est bizarre. J'y comprends de moins en moins. Je suis comme un enfant, qui ouvre ses yeux perplexes sur le monde. Peut-être que toute cette histoire est une mascarade créée de toute pièce. Peut-être n'est ce que ce qu'on appelle de la... schizophrénie ? Je doute plus, de jour en jour. Mais, tout ça est bien trop réel. Ce ne peut-être que du faux non ? Doute. Doute. Incertitude.Ce bruit indistinct. Ce murmure silencieux. Le chuchotis qui berce tes nuits. Je suis ta conscience, baby, ce bout d'être qui vit dans ta tête. Je suis là. Toujours. Jusqu'à la fin. Ce fin que tu ne connaîtras sûrement jamais. Je suis ce parasite qui vit de toi, en toi. Car oui, je suis devenu le parasite. L'indésirable. Paradoxe. Tu sais, Scarlet, j'en suis venu à oublier qu'il s'agit de mon corps. Parfois, lorsque j'en parle, le considère comme le tien. Ta présence se fait de plus en plus importante. Tu parviens désormais à m'ignorer totalement, la quasi-majorité du temps. Ce dédain de ta part me fait mal. Scarlet, c'est étrange, tu ne trouves pas ? Je me sens seul, sans toi. J'aimais bien tes crises folles, pleines de rage m'ordonnant le silence.
    A présent, c'est à peine si j'existe. Je ne suis plus. Du moins, pour les autres. Et pour toi, également. Est ce que j'existe encore ? J'en doute parfois, tu sais. Mais je reste convaincu de ma présence dans ce monde. Je suis certes, qu'un fragment épars de pensée dans ta tête. Mais je suis là. « Je pense, donc je suis. » J'assiste aux événements, comme un spectateur. Un triste spectateur, impuissant face à tes péchés.
    Ne m'oubliez pas. Pitié. Ne m'oubliez pas. J'existe. J'existe. J'existe. Je le sais. J'existe. Même si vous n'entendez pas mes cris. Je suis là. Le désespoir, et une furieuse envie de pleurer m'envahit. Pourtant, tes conduits lacrymaux demeurèrent secs. Je n'ai plus la moindre once de contrôle sur mon.. notre ? Corps. Est-ce là le signe que je m'affaiblis ? Ou alors, est-ce toi qui devient de plus en plus fort ?...Enfin. C'est une interrogation stupide. Cela revient au même. J'ai l'impression que c'est le début de la fin. « Until the End. »
    J'ai peur. Si peur de disparaître. Je ne veux pas..mourir. Je veux être. Le néant, ces ténèbres m’effraient plus que tout. Je ne me rendrai sûrement pas compte du jour où je « m'éteindrais ». Mais j'en ai peur quand même. L'idée que me corps demeure vivant, sans que son âme y soit me donne envie de hurler. Je me sentirai souiller. Oui. J'éprouve encore ce genre de sentiment envers mon enveloppe charnelle. Qui est devenue tienne. Tu m'as souillé, encore et encore. Telle la catin que tu es, tu es passé de bras en bras. De sexe en sexe. C'est une sorte de quête sans fin. Te sentirais-tu vide, Scarlet ? L'excès des conquêtes brille dans tes yeux. Tu es une sorte de Dom Juan à ta manière. La conquête. La saveur de la victoire sur tes lèvres. Le reste t'importe peu. Cette gourmandise folle. Elle te détruira. Ce sucre dans lequel tu baignes. Les baises que tu accumules. Tu en as besoin. C'est physique.
    Alors, je réalise ce vide, qu'il existe en toi. Tu es vide. Tu sonnes creux. Et inconsciemment, tu le sais. Rien ne pourra le combler, mon pauvre. Rien. Tu continueras à ressentir ce besoin, encore et encore. Un âme telle que la tienne ne connaît que la démesure. La satisfaction perd certains de ses sens, pour toi : Il n'y plus de limite à tes yeux. Même ta propre douleur ne t'importe plus. Je ne te comprendrais jamais, Scarlet. Peut être que ça n'a que pour but de me montrer mon incompréhension sur le monde. Je n'ai jamais rien compris.

    Une chose était sûre, dans la situation actuelle. La douleur lancinante qui nous transperçait de part en d'autre. Dieu. Pourquoi ? Depuis le temps que je n'ai pu faire face à un réel ressenti physique, pourquoi faut-il que la première chose que je goûte, depuis mon amnésie des sens soit cette douleur ? Elle pulsait. Devenait de plus en plus violente.
    Et toi, de cette douleur, tu en jouissais. A la fois sadique, tu te réjouissais de ma douleur. Tu te repaitrais de mes cris. Masochiste, en même temps. Car cette douleur, nous la partageons. Mais, étrangement, elle te procure un intense plaisir. Ta main continue de trembler autour du manche, la moiteur de tes mains couvrant peu à peu celui-ci de sueur. Une sueur froide te courrait dans le dos. Le sang, vermeil chaud, tranchait avec la pâleur de tes doigts, qui enserrait le manche du scalpel d'une poigne ferme, paranoïaque. Avais-tu l'impression que, si tu laissais ce scalpel, toute ta conscience se disperserait ? Diantre. Tu étais tellement accaparé, obsédé par moi, que tu n'avais sûrement pas entendu la lourde porte en bois de l'église s'ouvrir, puis se refermer, ainsi que les pas qui remontait le long de l'allée centrale de l'église. Les pas résonnaient lourdement, dans l'immensité vide de l'église. Le son faisait échos contre les hautes voûtes, et revenaient avec fracas. Pourtant, tu y étais sourd.... Non. Les pas s'étaient arrêtés. Ils s'étaient immobilisés derrière nous. Tu sentais un regard perçant, sur toi. Sur toi... Ou sur cette flaque qui se dessinait à tes pieds ? Sa voix retentit dans ton dos. Tu ne te retournas pas, laissant les mots ricocher. Tu ne savais pas encore quoi faire. Mais l'excitation se dessinait intérieurement... Qui était-ce donc ? Un brigand, un assassin, venu chercher un abri ? Des pilleurs ? Ils avaient bien mal choisi leur endroit... Ici, il n'y avait rien. Hormis des pierres, et du vitrail cassé. Ou encore, était-ce ce pauvre prêtre, venu à la rencontre de quelques fidèles Lecteurs, invisibles en ces lieux ? Ces lieux étaient beaucoup trop perdu. Trop lugubre, pour attirer quelques confessions de pêcheurs perdus.

    -Ok, allez faire mumuse entre vous-même et vous-même un peu plus loin, je n’ai pas que ça à faire figurez-vous.

    Aussitôt ces mots prononcés, l'inconnu se dirigea vers toi, et saisit ta main tenant le scalpel, pour t'entraîner plus loin. Tu faillis réagir promptement, t'apprêtant à dégainer un trocart, destiné à être planté dans la main indésirable. Puis, tu te ravisas. Tu venais d'apercevoir son visage. Plutôt joliment fait. Pour ne pas dire beaucoup. Intérieur, tu te mis à sourire. Finalement.... Il se pourrait bien qu'arriver dans une église perdue n'avait pas que de mauvais côtés... Tu te laissa donc faire, remarquant tout de fois l'attirance, le regard particulièrement appuyé de l'inconnu sur sa plaie.. Il était vrai que tout ce vermeil qui en coulait était fort... attirant.

    -Ne beuglez pas trop fort en déversant vos tripes sur le sol je vous prie, je serais terriblement tenté de venir vous aider dans ce cas là.

    Tu ignoras la menace à moitié déguisée. Quelle stupidité. Comme si tu avais besoin de quiconque pour nous détruire, pour nous ronger l'âme à petit feu. Cependant, tu te composas un visage d'enfant, doté d'une expression choquée, marquée sur le visage... Un regard innocent, implorant, aux pupilles légèrement brillante, comme si remplie de larme. Tu humidifias tes lèvres, les mordilla un peu... Tu fixais l'inconnu. Il venait de planter une pelle dans une interstice du sol, d'un air déterminé. Toi, tu restas figé là, l'observant. Tu ne proposas bien sûr pas ton aide. Pas tout de suite. Pourquoi creuser ici, dans cette église miteuse ? Renfermerait-elle un trésor ? Tout cela devenait plutôt intéressant. Dieu merci, tu n'allais pas moisir ici jusqu'au lendemain. Parce que oui, tu pouvais attendre patiemment d'être renvoyé dans l'autre monde mais... La patience n'est pas ton fort, je crois bien. Surtout que... Ton regard se dirigea vers une des flaques sur le sol, dans laquelle baignait des cadavres de sucrerie. Ça n'allait pas le faire. Ton stock était presque vide. Je dis bien presque. Tes poches restaient quelque peu boursouflées par la présence de bonbons multicolores, mais tu savais pertinemment que tu ne tiendras pas le reste de la journée avec ça. Il fallait que tu te casses d'ici. Sous peine de faire une crise d'hystérie, comme un drogué en manque. Tu te tournas vers l'inconnu, toujours avec cette expression implorante, choquée. D'un geste tremblant, tu lâchas le scalpel avec un gémissement d'effroi, et tu le contempla un instant avec stupeur. La peur se lisait sur ton visage. Un air d'incompréhension. Tu ressemblais à un enfant déboussolée. Quelle belle hypocrisie. Lentement, tu relevas la tête vers l'homme, qui te dépassait en taille. Enfin. Tout le monde te dépasse en taille. Hormis les enfants. Mais, eux, ils ne comptent pas.
    Tu le regardas fixement, de tes grandes pupilles émeraudes. Ton corps était noué, tendu, crispé par ce qui semblait être de l'effroi. Mais qui n'était que du mensonge, en réalité. Tu n'avais pourtant pas de plan précis en tête. Tu voulais juste t'amuser. Être pris en pitié. Sentir de l'attention sur toi.

    " Qui es-tu ? Et que veux-tu ? " Tu pris un air de martyr sur sa croix. " Pitié... Ne me fais pas de mal... Je peux t'aider, pour tout ce que tu voudras. Mais sors-moi de là..." Le sang continuait à couler sur notre cuisse. Tu glissa un regard épouvanté vers la plaie, choqué, ton visage exprimant une douleur inexistante. " Protège moi de [j]lui[/i]. Et tu auras tout ce que tu voudras."

    C'était bien sûr faux. Tes propositions ne reposaient que sur du vent. Car, bien sûr, tu étais bel et bien incapable de lui donner ce qu'il désirait. Tant pis. Tu improviserais. Tant pis également, si tu étais démasqué... Ça ne ferait qu'ajouter au piment de ce jeu. Tu aimais jouer à tromper les Hommes, tâchant de déboussoler leur esprit, juste pour ton plaisir personnel. C'était la jouissance absolue de l'hypocrite, de voir son hypocrisie convaincre. Tu avais du temps à tuer. Autant le tuer en mentant. Un jeu dangereux. Ça t'excitait. Tu ne sonnais pas dans quoi tu t'embarquais. Mais justement, tu adorais ça. L'inconnu, le vagabondage à travers les chemins, les liaisons dangereuses. L’Autre n'avait pas l'air stupide. Tu te souvins de sa fascination pour ton sang... Qui allait dévorer qui ? Il avait l'air pressé, au vue de son empressement à commencer à creuser... Tu te ferais un plaisir absolu à lui faire perdre son temps. Pourvu qu'on s'intéresse à toi, qu'il te regarde, te désire, toi ou ton sang. Ca nourrissait ton égo. Et celui-ci est insatiable. "Joue avec moi, on s'amusera bien..."

( A corriger. Et encore désolée pour le retard ;__; )
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MessageSujet: Re: « God bless us All » ; Troubles mentaux ; et autres soucis. { Pv ; Grisélidis   Mar 11 Juin 2013 - 0:29
shoveled bloody

Le sang qui maculait la pelle un instant plus tôt se mélangea à la poussière, sur la dalle - elle-même déjà barbouillée - et autour, tombant en petit fragment tout juste secs. L'énervement de Hans connaissait en ce moment une vague de calme, une retenue. Il se sentait un peu comme la rivière tumultueuse qui, soudainement, se déversait dans une étendue d'eau. La chute ou plutôt, l'inertie de la chute, lui permettait de lâcher prise un instant. Dans un sens, cela relevait du miracle lorsque l'on s'apercevait que tout son environnement semblait ligué contre lui. Ce bâtiment froid, mal éclairé, puant le renfermé, avec en prime un sale gosse pleurnichard qui s'amusait à se planter tout seul. Sur ce dernier point il avait renoncé à comprendre ; il n'avait jamais vu l'utilité du masochisme physique, il trouvait cette pratique tout à fait barbante. D'ailleurs lorsque l'une de ses victimes révélait posséder ce défaut, il la trucidait sans détour avant de passer à autre chose. Mais enfin, il reconnaissait une grande qualité à cette pratique : il pouvait apprécier le spectacle tout en effectuant une autre tâche. Et puis il avait faim. Le problème avec son régime, était que la sélection de la viande était d'autant plus ardue. Il devait se servir dans une chaire qu'il savait saine, il ne voulait pas se risquer à attraper la maladie des gueux ou certains maux des prostitués. Or...comment dire...l'inconnu face à lui ne paraissait pas très « sain ». Une des raisons - notamment - pour lesquelles il ne souhaita pas que ce type s'approche de lui, était bien qu'il craignît - maintenant qu'il avait posé ses gants - de se trouver contaminé si l'autre s'amusait à le repeindre de son propre sang.

Le Grisélidis creusait toujours, mais il fallait l'avouer, à un rythme très peu soutenu. Il était beaucoup trop déconcentré par l'énergumène en face de lui. Il fallait ce le dire, il n'avait jamais vu une personne dans un état pareil. Rien que ses vêtements loqueteux, ou plutôt, cet assemblage approximatif de vêtements loqueteux, était aberrant en soit. Autant de couleurs...lui donnait mal à la tête au fur et à mesure que son regard dérivait dessus. L'odeur de sang ajouté empirait tout. Il passait son temps à déglutir, jetant des regards furtifs au timbré entre deux pelletés. Hans regrettait terriblement de ne pas s'être arrêté au restaurant pour casser la croute. De toute manière il était presque sûr que Roman était mort. À lui courir autant après son pessimisme à ce propos avait redoublé. Aujourd'hui comme hier, et certainement tel que demain, rien ne ramènerait le garçon. Disparut, englouti par l'eau limpide d'un brouillard matinal, quelque part, sans que personne ne s'en soucia, personne sauf Camille. Et maintenant lui.

Il eu une pensée ironique en levant les yeux une énième fois sur l'inconnu. Son regard en profita pour se faire la malle sur les pierres et verrerie de l'édifice. La maison « sacré de dieu » selon certain lecteur... le destin en avait fait plus un refuge de malfrat qu'autre chose. Un coffre volé avait été enterré dessous, elle se faisait squatter par des malades mentaux et par à peu près n'importe quel escroc estropié. Son seul mérite était d'avoir une eau aux effets miraculeux. C'était certainement la seule raison pour laquelle personne n'avait encore démonté l'édifice. Les pierres pourraient pourtant être bien plus utiles ailleurs...mais cette bénédiction mêlée aux croyances paysannes l'avait sauvegardée. Son regard redescendit sur le garçon affligé. Il avait les cheveux en bataille, d'un blond passé et verdâtre. Pendant un moment il se demanda les origines d'une couleur pareille. En effet bien qu'à Queer Tale la couleur des cheveux ou de vos iris pouvait varier dans différent ton sans que cela ne soit vraiment quelque chose d'extraordinaire, c'était la première fois qu'il voyait ce genre de couleur, tout en dégradé. Cela ne ressemblait pas à des mèches rajoutées...plus...comme s'il y avait deux types de cheveux sur la tête de ce malheureux. Cette pensée le chiffonna un instant puis il se concentra à nouveau sur son activité : creuser. Et tandis qu'il parvenait mieux à faire abstraction de ce qu'il l'entourait, ce blond délavé vint capter à nouveau son intention.


" Qui es-tu ? Et que veux-tu ? Pitié... Ne me fais pas de mal... Je peux t'aider, pour tout ce que tu voudras. Mais sors-moi de là...Protège moi de lui. Et tu auras tout ce que tu voudras."

Pendant un instant, ses yeux avaient suivi ceux de l'implorant alors que le sang s'étendait sur la cuisse, roulait jusqu'à la jambe. Il s'arrêta dans un grand soupir, plantant la pelle dans le sol meuble. Il ne lui faisait définitivement pas confiance, il avait l'air complètement fou. Le Grisélidis comprit parfaitement où il voulait en venir lorsque l'autre disait « lui », il avait perdu la raison, pensait qu'une autre personnalité habitait son corps, et se faisait du mal pour l'extirper... lorsqu'il n'était encore qu'un enfant perdu dans les ruelles sombres, il lui était arrivé de tomber sur ce genre de personnes, dans leur coin, se parlant et se persécutant elle-même. Il trouvait cela...tout à fait risible, ce genre d'individu lui donnait plus envie de les tourmenter plutôt que de les aider. Après tout, un fou était fou, il ne voyait pas vraiment comme il était possible de les aider. Pourtant...malgré qu'il le trouva louche, ce détail sur la pigmentation de cette chevelure...lui faisait dire que ce qu'il disait n'était peut-être pas si faux que ça. Il ne dit rien et laissa quelques minutes s'écouler comme ça, il le détaillait simplement. À vrai dire, il ne savait pas vraiment comment réagir, là, tout de suite. D'un côté il l'aurait bien assommé d'un bon coup de pelle, comme cela il n'aurait plus à s'embêter avec lui. D'un autre, il pouvait toujours lui être bien utile et puis... Hans était un jeune homme curieux et joueur de nature, il avait envie d'en savoir un peu plus sur « son état mental ».

-« Lui » ? Nous ne sommes que deux ici. À moins que vous ne soyez possédé par une sorte d'esprit vengeur...à la vue de votre plaie. Suivant ces mots il ria légèrement, de la même manière que l'on rit aux élucubrations d'un homme éméché.

Il marqua un temps de pause, offrit un sourire avenant à l’inconnu, puis, laissant planter là sa pelle, alla remettre ses gants. Il entreprit ensuite de relever le banc renversé, y repositionner correctement son manteau, avant de s’y affaler d’une manière très détendu, trop détendu même pour être   respectueuse envers l’inconnu face à lui. Mais après tout, vu l’état dans lequel il était, le bleu doutait beaucoup du fait que l’on se soit jamais assis de manière approprié en face de se…blond ? Verdâtre ? Il esquissa un demi-sourire sans aucune sous-pensée. Il était juste épuisé mentalement, il venait juste de se rendre compte de quelque chose d’absolument évident. Il n’y avait certainement plus de coffre dessous, et même si il y en avait un, que contiendrait-il, de l’or ? des vincents ? des bijoux ? Il leva les yeux sur le plafond décrépît. Tout ceci…ne lui était d’aucune utilité dans sa quête. Il se sentait risible… il n’avait rien en fin de compte. Ou plutôt, il y avait incroyablement perdu. Il ne savait même plus s’il devait se féliciter pour son initiative, après tout ce n’était qu’une servante comme les autres, et il ne l’appréciait aucunement plus que les autres. Il soupira une nouvelle fois. Décidément, comment avait-il fait pour s’ennuyer au point de parcourir Queer Tale pour de telles sottises ?

Une goutte d’eau tomba sur sa joue, le fit sursauter sur le moment. Il l’essuya tandis que son regard se dirigea vers la tâche sombre qui recouvrait une bonne partie du plafond. Il haussa un sourcil, il fallait croire que cet endroit n’était absolument pas sûr. Un jour, le tout s’écraserait sur la tête d’un pauvre type qui passait par là, et ça ferait jaser tout le monde dans ce village. Et peut-être tout Queer Tales. Mais quelque part, Hans était persuadé que même si l’église s’écroulait sur elle-même, le bassin remplie d’eau bénite, se tiendrait là, debout, comme invincible face aux intempéries. Selon le bon vouloir du narrateur. Le narrateur… sa vue se fixa sur le maigre ; si le narrateur était créateur de toute chose ici bas, il l’imaginait bien aussi paumé que la personne en face de lui, ou tout simplement aussi présomptueux que…quel était son prénom déjà ? Joachim non ? Il plia sa jambe de manière à ce que l’un de ses pieds se repose au bord de son autre cuisse, au début de son genou. Mais maintenant qu’il était là, autant se divertir non ?


-Pourquoi pas après tout. Je veux dire, vous, comme moi, sommes ici pour des raisons qui pourraient paraitre obscures à l'un comme l'autre. Mais cet endroit n'est-il pas fait pour les personnes comme nous ? Il me semble que nous sommes tous deux en quête de réponses...ou de ce qui s'y apparente. Déclara-t-il.

Il délassa le ruban de sa botte la plus proche, et l'enroula autour de son poignet avant de se lever. Il se dirigea vers l'inconnu, ralentissant lorsqu'il fut tout près de lui, comme hésitant, cherchant du regard un quelconque signe signifiant que ce jeune homme refusait ostensiblement toute approche. Hans ne crut rien percevoir, et avec le plus grand naturel du monde, vint s'accroupir en face de lui et lui bander sa cuisse sanglante à l'aide du ruban. Il déglutit le plus discrètement possible, tandis que ses doigts fébriles serraient le nœud. Pour le rassurer, il se força à lui sourire, avant de lever une de ses mains au niveau de son visage, et d'attraper une mèche de ses cheveux qui lui paraissait si étrange. Il ne les tira point, il voulait simplement les caresser, il leur apportait beaucoup d'intérêt, plus qu'à leur propriétaire en fait. Il décida de finir son discoure de plus-tôt, à ce moment, jugeant que la proximité des deux êtres étaient propices à essayer de faire de lui....son larbin.

-J’ai bien peur que vous ne me soyez pas d’une grande…à part si vous vous sentez d’attaque pour creuser à ma place. Je suis d’une nature fébrile, et cela fait des heures que je marche, votre plaie est…superficielle, j’écouterais votre demande si vous consentez à m’aider. Il enroula la mèche autour de son doigt avant de la relâcher. Il y a des chances pour qu’un recèle de bandit soit enterré là, mais pour tout vous dire, ce n’est pas ce que je cherche, et je ne suis pas vraiment dans le besoin…ce coffre pourrait être à…vous ?

Il avait presque murmuré le dernier mot. Puis, sans un bruit, il releva son genou à terre, et alla de nouveau s'affaler sur le banc. Après tout, si quelqu'un pouvait faire ce boulot ingrats à sa place, il ne s'en porterait que mieux, et il pourrait réfléchir à la suite plus facilement. Oui, il fallait qu'il réfléchisse à ce qu'il allait faire... Si ce qui se révélait sous cette terre lui était inutile comme il le présageait...il n'aurait plus vraiment de quoi continuer son enquête. Il se résignerait donc...sûrement. Et il faudra bien qu'il relâche la pression de ses derniers jours, ou plutôt, sa frustration. La pelle était toujours teintée de rouge, elle avait même laissé sa marque dans la terre. Si quelqu'un soulevait de nouveau la dalle un jour, il pourrait se poser des questions sur ce qui s'était passé ici...ou peut-être que Hans devrait lui donner quelque chose de plus tangible, à ce futur visiteur. Ses yeux se posèrent sur l'être face à lui, leurs bleus semblaient plus assombrie de par les intentions meurtrières de leur propriétaire que de par l'ombre naturelle qui régnait dans ce cloaque religieux.


[désolé pour le retard...je pense avoir corrigé mais en mettant les codes j'ai vu une faute (que j'ai corrigé ensuite) que j'avais déjà corrigé avant...parfois word me joue des tours u__u j'espère que ce n'était qu'un cas isolé]
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MessageSujet: Re: « God bless us All » ; Troubles mentaux ; et autres soucis. { Pv ; Grisélidis   Mer 7 Aoû 2013 - 14:49

    Superbia. L'Orgueil. Ce mot te définit à merveille je trouve. Tu méprises tout le monde. Sauf toi-même. Rien ne valait la peine d'exister, sauf toi. Tu avais cet horrible sentiment de préciosité, celui qui m’écœure tellement. En fait, toute ta personne m’écœure. Tes pores suintent le mépris, tu le vomis par ces lèvres pécheresses. Tu méritais tout, et tous devait t'être redevable. Moi y compris. Redevable de quoi ? De parasiter mon corps ? Sale vermine. Tu n'es rien.
    Une gifle mentale accueillit ces mots. Tu ne voulais pour rien au monde les entendre.
    Je crois qu'en fait, tu t'efforces toi-même de croire à ta propre importance. A ton utilité dans le monde. Sous peine de sombrer dans la folie. Encore ce vide, dans ta poitrine. Tu ne devais rien à personne. Ni amour, ni tendresse. Rien. La vie n'avait rien voulu te donner. Sauf quelques mauvais choix, et quelques mauvaises rencontres. Et puis ce don... C'était les autres, qui n'avaient pas sû le comprendre. Qui n'avaient pas su l’apprécier, te vénérer comme il se doit. On se devait de bénir les élus. Ils n'avaient pas su... Alors, ils n'existaient plus à tes yeux. Tu étais comme un roi, régnant sur un peuple ignorant. Mais un jour, un jour viendra. Et ils verront tous...

    Tu trouvais la notion de Dieu étrange. Et tu t'interrogeais parfois sur son utilité. Tes voyages dans le monde des lecteurs t'avaient surpris, par l'omniprésence de cette figure invisible, peu importe la civilisation. Tous, s'étaient représenté un Être supérieur, les gouvernant tous, et leur donnant la voie. Le fait que toutes les civilisations l'aient fait était, surprenant, avouons le. Cela voudrait-il dire que s'imaginer une force supérieur les gouvernant était à ce point impératif ? Fascinant.

    Et pendant ce temps, tu continuais de saigner. Vide toi de ton sang, fais une anémie, et tombe dans les pommes, par pitié. Cela nous laisserait quelques instants de répits. Et l'autre creusait toujours. Ciel. Tu te demandais pourquoi diable l'inconnu était venu creuser dans un endroit pareil. Tu jetai un regard circulaire autour de toi. De plus, il ne semblait pas vouloir creuser dans le but d'y enterrer un corps. Diable, pourquoi ? Cela excitait ton attention... Venait-il cacher quelque chose ? Ou au contraire était-il un pilleur comme cent milles autres, qui avaient arraché chaque détails de valeurs qu'on pouvait trouver dans cette maudite église... Dorure, tapisserie, tout y étaient passé.
    Tu frottas ta main dans tes cheveux, cela te démangeait sur le crâne. Le sang sur ta main laissa dans les mèches verdâtres une trainée de rouge brunâtre.
    L'inconnu en face de toi, après que tu ais prononcé ta tirade suppliante, planta sa pelle dans le sol, comme blasé.


    -« Lui » ? Nous ne sommes que deux ici. À moins que vous ne soyez possédé par une sorte d'esprit vengeur...à la vue de votre plaie.

    Hmmm, une plaie ? Mais voyons. Il ne voyait pas que c'était bien plus qu'une plaie ? A mes yeux, il s'agissait d'une déchirure béante dans ma chair ! Pas une vulgaire plaie, aux bords bien lisses ! J'avais envie de soupirer.Tu allais encore jouer le jeu de la victime. Ton jeu favori, en fait. Tu aimais tellement geindre longuement, et te plaindre, te faire plaindre surtout. Qu'on te caresse, qu'on t'adore... Comme un genre de poupée. Tu aimais te coller aux gens, les parasiter, sucer leur sève, leur énergie, argent, amour, qu'importe. Profiter d'eux, du mieux que tu pouvais. Parfois, faire la victime te menait vers la Libération. C'est à dire, à te débarrasser définitivement de moi. Mais cela n'avait pas toujours les effets attendus... Comme cette fois, le jour de ta rencontre avec le Rossignol. Et son diadème sensé te débarasser du parasite... Mais au final, c'était moi qui avait repris le contrôle sur toi. Hm. Je trouve ça d'ailleurs assez éloquent, concernant l'identité du véritable propriétaire de ce corps.

    L'autre avait définitivement cessé de creuser, et avait remis ses gants, pour s'affaler de manière peu gracieuse sur un banc. Et surtout, il ne cessait d'esquisser ce sourire perturbant, infiniment hypocrite et vide de toute émotion, mais qui se voulait poli et rassurant. Je détestais ça.


    -Pourquoi pas après tout. Je veux dire, vous, comme moi, sommes ici pour des raisons qui pourraient paraitre obscures à l'un comme l'autre. Mais cet endroit n'est-il pas fait pour les personnes comme nous ? Il me semble que nous sommes tous deux en quête de réponses...ou de ce qui s'y apparente.

    Tu esquissas un sourire mielleux. Oh que non que cet endroit n'était pas fait pour toi. Ton esprit est trop malade, trop dépravé pour être dans une église, haut lieu de la pureté... Quoique... Vu la manière dont tu te considères comme un Dieu, siéger dans cette église décrépie te correspondait assez bien. Tu n'avais qu'à devenir un Dieu de la débauche et de l'abandon, et te voilà dans l'endroit idéal pour toi. D'un geste vif, tu appuyas prestement sur la blessure, tout en serrant légèrement la mâchoire. Ta résistance à la douleur était, il faut l'avouer, assez incroyable. Moi, oh... Moi, je poussai tout simplement un long glapissement de douleur silencieux.

    L'autre finit par s'approcher de toi, et noua un ruban autour de ta cuisse, d'un geste quasi-sensuel à tes yeux. Sale putain. Ses doigts s'attardèrent sur tes cheveux, sur lesquels tu sentis une discrète caresse. Le contact te fit frissonner tout entier. L'inconnu avait ce visage délicat et noble, à la limite du méprisant... Et dieu seul sait à quel point tu adorais ça. Il te semblait que ses doigts étaient glacials, mais infiniment brûlant à la fois...

    -J’ai bien peur que vous ne me soyez pas d’une grande…à part si vous vous sentez d’attaque pour creuser à ma place. Je suis d’une nature fébrile, et cela fait des heures que je marche, votre plaie est…superficielle, j’écouterais votre demande si vous consentez à m’aider. Il y a des chances pour qu’un recèle de bandit soit enterré là, mais pour tout vous dire, ce n’est pas ce que je cherche, et je ne suis pas vraiment dans le besoin…ce coffre pourrait être à…vous ?

    Tu haussas un sourcil, l'air suspicieux. Puis un deuxième. Ton expression était passé de charmeuse à torve. Tu toisais l'autre, toujours avec ton sourcil relevé ( tu en avais baissé un, entretemps. ), d'un regard oblique, et désabusé. Très sérieusement ? Qu'avait-il en tête ? Tu te demandais très sérieusement si l'autre avait des yeux potables. Beaucoup de gens de nos jours avaient besoin de verres correcteurs, pour corriger leur vision. Tu te disais que peut-être qu'il faisait parti de ces gens-là. Parce que... vu ta carrure, te demander de creuser quoique ça soit semblait être une plaisanterie, en fait. Tu mesurais 1m56. Ce qui voulait dire que tu dépassais la pelle que d'une petite vingtaine de centimètres. Décidément, c'était ridicule. Comment l'inconnu espérait-il que ton corps de gringalet puisse soulever une pelle aussi massive ?

    Mais il y avait bien un trésor là-dessous. Tu regardai la terre déjà légèrement retournée. Que pourrais-tu trouver en creusant ? Des vincents ? Des bijoux ? Rien de tout ça t'intéressait vraiment ! Le seul amour de ta vie était bien évidemment le sucre. Et tu doutais très sérieusement qu'un bandit soit assez dégénéré pour enterrer du sucre. Enfin, du moins, du sucre dans un endroit aussi humide. Tu jetai un énième coup d’œil aux flaques où se décomposaient tes sucreries d'amour... Tu tâta tes poches, constatant avec désarroi qu'elles étaient désespérément vide.

    " Et qui t'as dit que je m'intéressais à ce trésor ? J'ai vraiment l'air si miteux que ça ? " Tu ricanas doucement, avant de continuer. " Je veux bien t'aider. Mais j'espère que j'y trouverai vraiment un quelconque avantage.. Les gens aiment bien me rouler dans la farine tu sais...  On m'a dit que c'est parce que j'avais l'air bête... Trouves-tu toi aussi que j'ai l'air bête ? Enfin, qu'importe... Roule moi aussi dans la farine, si ça t'amuse. Mais fais en sorte que je m'amuse moi aussi, hein."

    Tu fis quelques pas vers l'emplacement de la pelle, où se trouvaient aussi les dalles tâchées de ton sang. L'oxydation avait transformé le beau rouge carmin en en brun rougeâtre. Triste que la belle couleur du sang ne se conserve pas.

    " Tu penses que je vais arriver à la soulever, cette pelle ? Elle doit pratiquement faire mon poids tu sais ? Oh, et tu n'aurais pas un bonbon pour moi ? "

    Le masque du petit garçon en détresse s'était effacé, tandis que tu fixais l'inconnu droit dans les yeux, lui offrant un magnifique sourire hypocrite.

    " Et puis... Nous ne sommes définitivement pas seuls ici, tu sais. "
    Tu laissas échapper un énième gloussement amusé.

    Restait à savoir qui de nous deux était l'esprit vengeur. Pour ma part, je connais la réponse.
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MessageSujet: Re: « God bless us All » ; Troubles mentaux ; et autres soucis. { Pv ; Grisélidis   
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« God bless us All » ; Troubles mentaux ; et autres soucis. { Pv ; Grisélidis

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