Petit humain, mais qu'as-tu fait ? Ouvrir ce livre, pris de curiosité ! Quelle grave erreur, car dès maintenant, les contes te garderont pour eux !
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 Cours de boucherie botanique (PV Barry) [Terminé]

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MessageSujet: Cours de boucherie botanique (PV Barry) [Terminé]   Mar 30 Avr 2013 - 22:06
Réussir à cuisiner des champignons sauce phénix…faire chanter des pâquerettes…transmettre le virus du Purpura Rhumatoïde à un lapin nain…
Il y a de tout mais surtout il n’y a de rien hélas. Des grimoires remplis de formules creuses mais qui sait, certain peuvent toujours avoir envie de maudire un marin unijambiste. Il y en a pour tous les goûts.  
Soleyl referma le livre qu’elle feuilletait paresseusement du bout des ongles, pour dérouler un vieux parchemin. Toutes ces pages jaunies par le temps remplies de formules plus ou moins efficaces étaient contenues dans un vieux coffre. Une de ces vielles boites qui avait suscité l’intérêt de Soleyl y il a plusieurs années de cela, puis était tombée dans l’oubli, avait fait office de chaise, pour finalement aujourd’hui être rouverte. Le constat n’était pas alarmant, mais malgré les avertissements de Mii, la poussière n’avait pas pu s’empêcher de grignoter deux ou trois papyrus.

La Caterpillar espérait pouvoir retrouver parmi toutes ces vielles pages, une formule pour bannir la poussière. Ce serait éphémère, mais c’était pour donner une bonne leçon à cette vilaine présence qui adorait s’étendre sur les meubles et les tissus. Malheureusement, bon nombre de grimoires étaient rédigés par des alchimistes douteux ou par des personnes peu scrupuleuses ayant la prétention de se désigner comme sorcier.
La sorcellerie ça ne s’invente pas. Beaucoup des formules rédigées dans ces livres semblent dérisoires, futiles, et ne suscitent pas beaucoup l’intérêt, sauf si vous êtes un musicien jardinier souhaitant avoir des pâquerettes en guise de choriste. C’est vrai pourquoi ne pas avoir des formules pour l’immortalité, maîtriser le feu, les sorciers n’ont donc comme seules préoccupations les vocalises botaniques ? Bien sûr que non, ceux qui se sont essayé à la magie on bien entendu tenté de reproduire des sorts bien plus valorisants. Malheureusement en souhaitant invoquer le Léviathan, il arrive bien souvent de se retrouver avec une sardine à trois queues crachant des moules marinières. A défaut de pouvoir se vanter d’avoir trouvé la formule permettant d’invoquer la terreur des océans, on publie le résultat obtenu des fois qu’il intéresse un amateur de sardine aux moules marinière.
Il ne faut pas généraliser, parfois en remaniant la formule ou en la lisant autrement on obtient de bons résultats. Soleyl avait plaisir à relire ces livres, ils apportaient toujours un peu plus de savoir que la jeune femme abandonnait dans un coin de sa tête, attendant que ce savoir resurgisse cent ans plus tard au court d’une conversation n’ayant rien à voir sur le sujet.

De sortilèges en malédiction, Mii laissa glisser l’après-midi. Alors que celui-ci touchait à sa fin, elle n’avait toujours rien trouvé concernant la poussière et s’était donc mit en tête d’essayer de faire chanter des tulipes à défaut d’avoir des pâquerettes sous la main. La formule n’était vraiment pas compliquée, il suffisait de suivre la partition indiquée sur le grimoire. Soleyl avait modifié cette dernière afin qu’il y est plus de note grave. Les tulipes sont plus sérieuses que les pâquerettes et sont donc sensibles à ce genre de délicatesse.  Après quelques minutes, les fleurs dans le pot commencèrent à s’agiter, et à émettre de faibles voix. On ne saisissait pas grand-chose, surement parce qu’elles manquaient d’eau. La jeune femme enveloppée dans son kimono se releva avec difficulté pour aller chercher un peu d’eau. Une gorge ça s’accorde et s’entretien comme un instrument de musique, même si vous n’êtes qu’une plante.
Les fleurs hydratées, on discernait mieux leur chant :

♪ London Bridge is falling down, falling down, falling down, London Bridge is falling down, my fair lady ~

La comptine s’arrêta, soudainement. On devinait une ombre derrière une des fenêtres de la boutique. Sur une note plus grave, les fleurs reprirent.

♪ Your echoppe is falling down, falling down, falling down, your echoppe is falling down my fair seller ~

L’ombre disparu de la fenêtre et se dessina sur le visage de Soleyl.


Dernière édition par Mii Soleyl le Dim 1 Déc 2013 - 15:29, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Cours de boucherie botanique (PV Barry) [Terminé]   Jeu 2 Mai 2013 - 22:22
Fin d’après-midi. Début de soirée. Lorsque les ombres s’étendent à l’infini. Si vous saviez à quel point il aime cette période de la journée. Lorsque le soleil disparait, et laisse place à la nuit. Ça ne parait rien comme ça, mais Barry Blood lui, voit sous ses yeux comme s’éteindre une vie. Et parfois, le soleil se marie aux nuages et pare l’atmosphère de rouge. À ce moment-là, Barry se sent tout chose. Son rythme cardiaque double, ses tendons saillants exercent leurs tensions et ses pupilles se dilatent, comme s’il avait une soudaine envie sexuelle, ou qu’il était en manque de drogue. Mais rien de tout cela en réalité. Ce dont il manque, c’est de sang. Et ce soleil rouge qui se couche, est la représentation de ce qu’il aime : la mort sanglante, la mort lente et écarlate.

Et aujourd’hui, le soleil couchant est rouge dans ce pays qu’il ne connaît pas encore. Au loin, presque à l’horizon, caché par des arbres, il aperçoit le haut d’un chapiteau de cirque. Barry adore le cirque, particulièrement les lanceurs de couteaux. Un jour, l’un d’eux avait raté son tir et le poignard avait atteint l’œil de la cible. Une date particulièrement heureuse pour Barry. Mais aujourd’hui le cirque devrait attendre. Un jour peut-être, il s’y rendrait.

Pour le moment, son attention s’était portée sur une bicoque non loin, à environ trois sillons de lui. Et il s’en approchait d’un pas rapide. Le soleil rouge avait fait son œuvre il avait activé les envies sombres qui l’habitaient. Mais il n’y avait pas âme qui vive à cet endroit. Son envie se faisait grandissante. Il aurait tué pour ne serait-ce qu’une goutte. Il devrait tuer pour ne serait-ce qu’une goutte. Plus il s’approchait, plus son pas était vif. Chaque seconde était une torture. Non seulement pour lui, mais aussi pour le prochain humain qui croiserait sa route et devrait se voir endurer le résultat de ces secondes de manque. Le soleil dessina son ombre sur le mur. Bientôt il ferait nuit. Bientôt, la mort serait là. Intérieurement, Barry priait lui-même ne sait quel Dieux de lui offrir un humain. Il ralentit le pas, écrasa son envie en attendant de pouvoir la libérer, car si humain il y avait dans ce qui apparaissait maintenant comme étant une boutique, il ne fallait pas l’effrayer. Il inspira un grand coup et entra.

La première respiration lui fut douloureuse et il hoqueta à cause de la poussière qui imprégnait l’atmosphère. Cette première surprise passée, il se ressaisit et inspecta la pièce du regard. A quelques pieds, se trouvait une femme, grande et brune. Ses bras et ses jambes étaient très allongés, lui donnant un air insectoïde. Il la salua d’un signe de tête et se mit à arpenter les étagères de ses doigts filandreux, à la recherche de quelque ouvrage intéressant parmi la quantité de livre. Quantité qui l’impressionnait assez en réalité. Y avait-il des livres d’anatomie ? Il en prit un au hasard. Point d’anatomie dans celui-ci. Et, paradoxe étrange, ce livre était l’un des plus poussiéreux (probablement parce que personne ne l’avait consulté depuis longtemps) et pourtant, Barry l’ouvrit a une page notifiée : « transformer la poussière en canari »

Apres l’avoir survolé, Barry referma le livre et regarda la fille. Il s’aperçut alors que les fleurs devant lesquelles elle se trouvait chantaient une douce mélodie en anglais.il se dit que si chaque livre permettait de telle chose, il pourrait s’en servir pour devenir riche. Mais alors, pourquoi cette fille ne s’en servait elle pas à cet escient ? Elle ne semblait pas pauvre mais n’était certainement pas riche. Elle portait en effet un kimono de moyenne facture sur elle. Etait-elle une de ces geishas dont il avait souvent entendu parler ? Si oui, il se demandait combien il pourrait bien acheter sa virginité. Tuer la première fois dans l’œuf, il ne l’avait jamais fait. Cela ne pouvait être que bénéfique pour lui.
Il tacha de refréner encore quelques minutes le manque qui lui titillait les sens. Il s’autorisa une caresse à l’un de ses rasoirs préféré et demanda ensuite :

« Combien pour ce grimoire ? J’espère que vous ferez un prix pour un gentilhomme comme moi, car je n’ai pas beaucoup d’argent avec moi »


Ses rasoirs frémissent dans leurs étuis. Ne fuit pas, il a besoin de sang. Et tu vas le lui donner de bon cœur.
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MessageSujet: Re: Cours de boucherie botanique (PV Barry) [Terminé]   Jeu 9 Mai 2013 - 15:26
Eveiller des fleurs pour qu’elles fassent éclore mille et une notes, accueillir des clients louches et désintéressés, ce genre de pratiques nécessitent-t-elles de la magie ? La clochette fêlée de l’entrée avait tenté d’annoncer la venue d’un visiteur, mais devant l’apparence de celui-ci, elles s’étaient tut, pour ne laisser que les tulipes faire entendre leurs voix végétales. Soleyl, toujours assise au sol, daigna à jeter un œil à l’homme. C’était une ombre, une ombre mauvaise qui longe les rues, s’entiche d’une silhouette et ne la lâche plus jusqu’à l’aube, quand la silhouette ne bouge plus.

Mii n’avait pas vraiment des pouvoirs de prédicatrice, oh non, mais on se détache rarement de son aura, et celle que dégageait l’homme était déjà suffisamment souillée, quand à l’avertissement des fleurs, ce n’était qu’un avertissement de plus. La chenille se s’offusqua pas d’avantage, se contentant de surveiller discrètement les déambulations du visiteur dans l’échoppe. Elle avait reçu bon nombre de personne peu fréquentables entre ces murs, ici on ne juge pas à la tête du client, l’argent est le meilleur des avocats, il est capable de faire parler tout le monde. Cette boutique était « réputée » pour accueillir toute sorte d’individu, et tant qu’on avait de quoi payer la propriétaire, celle-ci fermait les yeux sur tout. Chez la Caterpillar c’est un autre monde, ce que l’on fait au-delà de sa porte l’intéresse bien peu, même si elle est au courant de tout.

Pourtant cet homme…il n’avait pas de désirs précis, son regard transparent n’accrochait pas les objets disséminés çà et là. Non ses yeux glissaient d’une étagère à l’autre, sans conscience et c’est avec cette même attitude qu’il s’empara d’un livre. Je feuillète histoire de dire que j’ai feuilleté, mais que voulait-il exactement ? Mii était patiente, elle profita des déambulations de l’individu pour allumer sa pipe duquel s’échappa une légère fumée violette. Les voix des fleurs se tarissaient, devenant presque murmure, les pétales cherchaient à se recroqueviller. Le message est passé ne vous en faites pas. Le bourdonnement de leur voix devenait désagréable à Soleyl. Il n’y avait pas de formule pour les faire taire malheureusement, bah elle trouverait bien.
L’homme soudain se tourna vers elle, le livre à la main :

- Combien pour ce grimoire ? J’espère que vous ferez un prix pour un gentilhomme comme moi, car je n’ai pas beaucoup d’argent avec moi


Un gentilhomme hein ? Décidément l’autre monde possède une notion bien étrange du mot « gentilhomme ». En revanche les deux mondes s’accordaient sur la même chose, les gentilshommes sont des menteurs. Soleyl posa ses yeux vert sur l’inconnu, chargé d’ombre, et souffla un filet de fumée. Elle daigna à répondre détachant ses mots avec lenteur, son regard suivant la fumée qu’elle venait de souffler :

- Le grimoire est vraiment ce qui vous intéresse ? Je doute qu’un… « gentilhomme » comme vous possède un intérêt pour l’art de faire tourner un âne en bourrique ou autres pratiques de ce genre.

La chenille observa le ruban de fumée qui avait pris la forme d’un serpent et tournait autour du visiteur.

- Très cher et adorable monsieur…

Elle esquissa un sourire, la fumée qui s’échappait de sa pipe devint noire, danger, danger ~

- Et si vous me parliez de l’objet de votre visite, ce fameux objet qui éclaboussera votre aura déjà si sombre.


La Caterpillar lâcha un soupir, et un large nuage de fumée noire emplit la pièce. Elle voulut poser ses yeux sur le visiteur, mais il avait totalement disparut dans la fumée. Pourtant cette ombre est toujours plus noire que n’importe quel brouillard, une tâche d’encre sur du velours noir.
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MessageSujet: Re: Cours de boucherie botanique (PV Barry) [Terminé]   Ven 21 Juin 2013 - 13:19
Etrangement, cette fille ne semblait en rien intimidée par Barry, alors qui paraissait évident à présent qu’elle eut compris que ce dernier ne lui voulait pas que du bien. Un instant pourtant, Barry avait pensé payer ce livre avec ce qui lui restait d’argent et partir le lire tranquillement à l’ombre d’un arbre, à la lumière du soleil rouge qui commençait à disparaitre. Pensée sensée au fond, mais saugrenue s’il en est dans l’esprit d’un homme qui a passé la plus grand partie de sa vie a tuer pour le sang, et uniquement pour le sang. De toutes les manières, cette idée mourut comme elle était née : rapidement.

- Le grimoire est vraiment ce qui vous intéresse ? Je doute qu’un… « Gentilhomme » comme vous possède un intérêt pour l’art de faire tourner un âne en bourrique ou autres pratiques de ce genre.


De l’esprit. Pour dissiper le malaise qui planait depuis son entrée, cela semblait être une bonne idée. Mais ce type de réflexion n’étanchait en rien sa soif d’écarlate. Plus les secondes passaient, plus Barry voyais à travers la poitrine de cette femme son cœur palpitant. Son cœur qui véhiculait plus d’un gallon de sang à travers toutes ses veines et artères. Laquelle ce boucher trancherait-il en premier ? Il n’avait que l’embarras du choix parmi la quarantaine d’artères du corps humain.

Très cher et adorable monsieur… Et si vous me parliez de l’objet de votre visite, ce fameux objet qui éclaboussera votre aura déjà si sombre.


 En disant ces mots, elle laissa s’échapper un filet de fumée. Ce filet fit légèrement tousser Barry. Un filet noir. Mais les braises de sa pipe étaient rougeâtres. A l’image du soleil, à l’image des tulipes chantantes, à l’image encore une fois du sang. Tout ce monde semblait penser Sang. Tout ce monde lui criait Sang. Il lorgnât alors la tige des tulipes. Tiges qui véhiculaient la sève. Un peu comme une artère. Voilà comment il allait commencer.

Barry s’avança alors vers cette femme insecte et ses chères fleurs. Il se saisi lentement d’un de ses rasoirs tout en avançant. Saisissant le pot de terre cuite avec délicatesse, pour ne pas effrayer ces tulipes, il répondit…

« L’objet…

Lentement…

…De ma visite…

A voix basse

…très chère ?

Il commença.

Vous parlez donc…

A découper

…De vous…

La tige des fleurs.

…à la troisième personne ? »

Les fleurs s’étaient tut. Elles gisaient au sol. Barry dirigeât alors son rasoir contre la gorge de cette femme.

« Et si vous me disiez plutôt votre nom ? »

Gentlemen, il n’allait pas la tuer sans savoir qui elle était. En attendant sa réponse, il déplaça sa lame un peu plus bas et trancha vif un mèche de cheveux noir. Il les portât ensuite à ses narines tout en gardant le rasoir à portée d’artère. Une odeur de tabac froid. Et d’autres odeurs qui ne disaient rien d’autre à Barry que ce qu’il pouvait déjà voir. Il lâchât la mèche qui allât rejoindre les fleurs vaillamment tombées.

L’artère tibiale postérieure. C’est par là qu’il allait commencer. Cette artère était la plus grosse se trouvant dans la jambe. S’il y avait une chance même infime qu’après cela ses jambés immenses rétrécisse, autant lui rendre ce service avant de la tuer. Descendant lentement, il plaça sa lame à hauteur du début de l’artère. Il commencerait par une petite entaille, à peine profonde. Puis il en ferait d’autres, de plus en plus profondes, de plus en plus saignantes. Le premier coup fut alors porté.

L’entaille comme prévu, n’était pas très profonde. Elle ne saignât d’abord pas. Seule la chaire à vif paraissait. Rose foncée, elle appelait autre chose. Elle appelait le sang. Et le sang vint. S’amassant d’abord au creux de la plaie, elle débordât rapidement et un mince filet sanglant coulât le long du mollet. Une goutte tombât, puis deux, et encore. Enfin les plaies des fleurs au sol présentaient leurs rougeurs à leur tour. Et pour Barry, ces simples gouttes étaient un cadeau du ciel.

Des que ce liquide rouge était apparu, il n’avait plus vu que cela. L’odeur caractéristique métallique, il l’avait tout de suite sentie. Elle l’avait obnubilé, elle avait effacé l’odeur ambiante. Il embrassât la plaie et se lécha ensuite le pourtour des babines, gouttant au sang de ce corps qui lui était promis.

Et toi, veux-tu gouter à ton sang ? C’est peut-être le denier plaisir que tu auras.
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MessageSujet: Re: Cours de boucherie botanique (PV Barry) [Terminé]   Dim 30 Juin 2013 - 22:52
Faire taire l’ouragan, apaiser le volcan, semer dans la bise des graines de brise pour qu’elle cesse de souffler violemment. Malheureusement Soleyl était incapable de tels miracles. On n’offre pas des tulipes à un carnivore assoiffé de sang, de même que l’on ne peut le raisonner avec des discours. Non, pour des chasseurs comme ceux-là il n’y a que deux solutions : se laisser dévorer, ou passer de proie à prédateur. La jeune femme n’avait envie d’être ni l’un, ni l’autre. Dans cette description de la chaine de la vie, elle était plutôt un rapace. Pourtant le corbeau au plumage le plus sombre ne peut échapper à la vue perçante du prédateur, qui sait reconnaitre les plumes d’ébène, mais dans la noirceur de la fumée.

Il était sur elle, les tulipes ne chantaient plus, tout juste avaient elles eu le temps d’entamer un requiem. Imitant la Caterpillar, l’étranger s’était mis à découper ses mots. Mais à l’inverse de Mii, le son était tranchant comme un couperet. La voix de la chenille était lente, comme une goutte de rosé qui prend le temps de se détacher, de la feuille à laquelle elle est accrochée. Mais le couperet a raison de la feuille, toujours ~

- L’objet de ma visite très chère ? Vous parlez donc de vous à la troisième personne ?

Il marqua une pause, mirant le long corps blanc,  pour savoir qu’elle partit de la porcelaine il allait briser en premier.

- Et si vous me disiez plutôt votre nom ?

La proximité avec les lames ne permettait pas à Soleyl de prendre d’initiatives trop risquées. La proximité avec les yeux de l’étranger également. Vides, pas une émotion malgré le vif désir qui l’animait. Ces yeux-là étaient aveugles de pitié, ne savaient que refléter la souffrance sans pouvoir l’interpréter ou la comprendre. Tout en lui transpirait l’avidité de la violence et pourtant il semblait vouloir prendre son temps et ne découpa qu’une fine entaille dans la jambe de Mii. Raisonnable...mais… Quand un fou paraît tout à fait raisonnable, il est grandement temps, croyez-moi, de lui mettre la camisole.

La douleur fit tressaillir la femme-chenille, qui ne trouva rien de mieux en cet instant de citer Edgar Poe dans son esprit. Il était temps de se ressaisir, oh Dieu qu’elle détestait ce mot.
Il lui lécha avidement sa plaie, ah on est sensuel. Tu veux du charme, pourquoi pas, on vend bien de tout ici. Elle lui saisit doucement le menton pour l’amener à sa hauteur, prenant garde à ce que les rasoirs ne veuillent pas l’entailler en chemin. Ce geste se déroula avec lenteur, elle eut le temps de lui répondre enfin.

- Je me considère comme trop importante pour me qualifier comme le commun des mortels.

Son visage était à la hauteur de celui du visiteur. On pouvait voir une rigole de sang s’enfuir de sa lèvre. Le geste de Mii fut plus vif que d’ordinaire, elle s’était rapproché de lui, il s’était laissé faire, sans doute curieux. Que pouvait donc lui faire cette femme. Armée certes d’un poignard caché dans son kimono. Elle n’en fit pas usage. Contre les canons, faites fleurir des œillets, contre les missiles, laissez voler les oiseaux, contre la caresse des lames, déposez donc un baiser. Elle l’embrassa. Un baiser sensuel, à trois personnes. Dans de la bouche de la chenille s’échappa une grosse araignée qui s’engouffra dans celle de l’étranger.

-          Maintenant que nous sommes intimes, vous pouvez m’appeler Soleyl…

Il recula, visiblement surpris, peut-être l’avait-il avalé de travers. Eh oui, même les chenilles ont leur venin. Soleyl profita de cet effet pour basculer en arrière et se remettre debout. Là elle se mit à tousser et à cracher de la fumée noire. Un épais nuage qui plongea la boutique dans un noir total. Elle ne pouvait que vomir cet écran noir après ce baiser au gout si détestable. Mais c’était bien utile, car elle disparut dans les tréfonds de la boutique, dans l’espoir de trouver une formule, mais de toute façon ce n’était pas une femme d’action.
La chenille en danger ne peut que se terrer dans son cocon, pour attendre ses ailes de papillon qui la feront s’envoler loin du prédateur.
Ah…tu as déjà eu ta chance Mii, maintenant tu ne peux que te cacher, poignard en main.


[Si il y a quelque chose qui te gêne dis le moi ^^’ Soleyl est un peu magicienne, mais n’est pas capable de grand-chose surtout dans l’urgence. La balle est dans ton camp ~]
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MessageSujet: Re: Cours de boucherie botanique (PV Barry) [Terminé]   Lun 2 Sep 2013 - 22:40
Le gout du sang sur ses lèvres était délicieux. Il ne l’appréciait pas particulièrement en tant que saveur physique, mais le gout qu’il évoquait pour lui était plus gouteux que le reste. Il évoquait la douleur. La douleur qu’éprouvait les autres, et pas lui. En revanche, seul le sang humain trouvait sens à ses yeux. Le sang d’un arachnide quelconque n’avait pas le moindre sens. Il avait vérifié par l’expérience que les insectes et les arachnides ne possédaient pas de terminaisons nerveuses, et ne ressentaient donc à priori pas la douleur. De plus, le sang de ces êtres est la plupart du temps noir, nuance dépourvue de vie. L’acte de tuer ces animaux était, pour Barry, équivalent à tuer un être déjà mort. Aucun sens donc.

En revanche, la vie des humains lorsqu’elle s’écoule de leurs artères, révèle une couleur écarlate, rouge synonyme de passion. Cette passion qui anime beaucoup d’hommes et de femmes est ce pour quoi ils sont prêts à se battre et se débattre longtemps. C’est cette passion qui donne son sens à l’action de Barry. C’est ce désir de vaincre la mort, quand bien même elle parait inéluctable.

Aussi fut-il surpris lorsque, au lieu de paniquer comme l’avait fait tant d’autre de ses victimes, au lieu de tenter de le frapper comme beaucoup d’autres avant elles l’auraient essayé, au lieu de s’essayer à le désarmer d’une quelconque façon comme toutes ses proies l’avait fait, elle l’embrassa a pleine bouche, engouffra sa langue au plus profond, vers ses amygdales. Il fut surpris et dégouté. Elle ne se battrait donc pas ? Était-elle déjà morte qu’elle ne voulait alors plus se débattre pour la vie ? Était-elle vraiment cette femme insecte qu’elle semblait être ?

Billevesées que ces pensées. Car alors qu’il s’apprêtait à partir, en ne lui donnant comme adieux qu’une gifle de dégout, il sentit un souffle de vie la traverser et arriver droit sur sa langue. Ce souffle était pourvu de huit pattes, et il manqua de l’avaler. Il la recracha directement. La croquer n’avait pas de sens, nous l’avons vu tout à l’heure. En revanche, cette bestiole innocente encore et courant sur le parquet de manière désordonnée, même si en elle-même ne voulait rien dire, cachait bien ce secret qu’avait Soleyl (puisque ce semblait être son nom), ce désir de vivre qu’il avait cru absent un moment. Un sourire se format sur les lèvres de Barry. Le combat commençait réellement. Et cette Soleyl pris les devants en jouant un coup d’avance : un nuage noir, épais comme le brouillard de Londres, s’installa dans la pièce. Lorsque Barry releva la tête, il n’y voyait pas à 1 mètre. Intéressant ce nouveau défi. Tuer à l’aveugle. C’était un peu comme jouer à la loterie : on ne savait pas ce qui allait tomber.

Cette pensé arracha un nouveau sourire à Barry qui, sans attendre, commença à fendre l’air de sa lame. Sans coordination dans un premier temps. Rapidement. Puis, lorsqu’il eut heurté une troisième fois un mur ou un meuble, il ralentit le rythme. D’après ses souvenirs, l’image qu’il avait de la boutique et les endroits où il avait rencontré un obstacle, il réussit à reproduire une image mentale de l’endroit. Alors, il prit un deuxième rasoir, le déplia, et se saisi d’un troisième, puis d’un quatrième. Ses quatre bourreaux placés entre ses doigts, il recommença à fendre l’air, de manière méthodique cette fois. Il commença en éliminant les coins. Il prenait note de chaque son, de chaque élément qui le faisait trébucher ou qu’il rencontrait sur le chemin qu’empruntaient ses rasoirs. Plus les éléments s’ajoutaient à l’image mentale qu’il avait de la pièce, plus ses gestes étaient rapides.

Cette fumée avait un pouvoir relativement puissant, car bien qu’il rencontrât un mur à plusieurs reprises, la porte et la fenêtre demeuraient introuvables cela l’aurait aidé à dissiper toute cette purée de pois, et cette femme-insecte n’aurait plus eu qu’à lui offrir ses ailes de papillon sur un plateau en or. C’est alors qu’enfin, ses lames mordirent férocement un coffre ouvert. Le seul coffre ouvert lorsqu’il était entré. Parfait. Barry se souvenait de l’endroit de la sortie par rapport à ce point de repère. Il y marcha droit, et ouvrit la porte sans hésitation. La fumée se dissipa lentement. Mais alors que les secondes s’écoulaient, il y voyait de plus en plus clair. Dès qu’il fut en mesure de l’apercevoir, il fonça sur elle avant qu’elle ne réagisse.
D’un geste sûr, il l’immobilisa de nouveau et ouvrit une deuxième entaille, plus haute de 4 ou 5 centimètre et légèrement plus profonde. Cette fois, le sang suinta directement sous forme d’une petite gouttelette, puis s’écoula lentement.

« À terme, expliqua-t-il, le sang ne s’écoulera plus lentement. Ni même rapidement. A terme, ton sang sera expulsé à une vitesse folle. Celle de tes battements de cœur. Puis cette vitesse ralentira progressivement. J’entaille, le cœur fait le reste. »

Barry aime aussi ce paradoxe que quelque chose d’essentiel à la vie, comme un battement de cœur, puisse devenir le glas cinglant d’une mort inéluctable. Et alors que le sang s’écoule le long de ta jambe Soleyl, Barry choisi avec soin lequel de ses rasoir fera la prochaine entaille, encore plus profonde.
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MessageSujet: Re: Cours de boucherie botanique (PV Barry) [Terminé]   Dim 29 Sep 2013 - 21:14
Remonter le temps, le renvoyer loin, et avec lui le sang et les rasoirs. Ou laisser couler sa vie lentement en même temps que ce liquide écarlate qui s’enfui le long de sa jambe. Torpeur puis longue éternité, lutte acharnée vers un destin incertain ? Soleyl aurait bien aimé avoir son jeu de tarot en main, mais dans l’immédiat ce n’était pas vraiment ce qu’elle cherchait. Enfin tout était bon à prendre, et rien ne l’était. Pourquoi cette boutique, sa maison, s’était-elle soudainement transformée en caverne sombre et close, sans échappatoire, sans chaleur…


Il ne fallait pas trop exagérer non plus, ce n’était pas la première situation de crise que la jeune femme rencontrait. A quand ce genre d’attaque remontait-elle ? Soupir…la chenille était trop fatiguée pour tenter de se rappeler. Pensez-vous, elle venait en moins de cinq minutes, d’user de deux subterfuges et avait dû se lever précipitamment. Tant d’efforts, c’était épuisant. Quelle chance avait les tulipes, les racines encrée dans la terre, ne cherchant qu’un peu d’eau et de lumière pour vivre…Pourtant Mii se remémora les entrailles de tiges et de pétales répandues sur le sol et tâcha de concentrer son esprit sur autre chose que la botanique.



La sombre et épaisse fumée ne tiendrait pas longtemps face à l’ouverture d’une porte ou d’une fenêtre. Le noir individu finirait par s’en débarrasser, encore un drame à venir. L’air frais allait chasser les odeurs d’encens et de fleurs séchés. Décidément, il y a des jours où faire chanter les tulipes n’est pas une bonne idée…botanique ! Encore…Soleyl cherche autre chose !


La jeune femme parvint à trouver sa bibliothèque et longea le dos des livres avec sa main. Grey était passé depuis peu et avait tout rangé…cela avait bien sûr pour conséquence qu’elle n’y trouvait plus rien ! De toute façon, la vendeuse ne pouvait pas se permettre de lire tranquillement des lignes, tandis que le sifflement des lames résonnait entre les murs en bois, fendant au passage, meubles et voiles suspendues. Les pupilles de la chenille prirent la teinte sombre du nuage dans la pièce. Ça commençait à bien faire. Pourquoi de tous les objets qui étaient mis en vente ici, fallait-il que ce soit le sang  de la vendeuse qui intéresse le visiteur. Il y a de ces originaux…
Tandis qu’elle posait une main crispée sur une énième couverture, Soleyl sentit un contacte familier, celui de huit pattes large et velues.
 
-          Tu tombes bien Chayr-Ming, aides moi à trouver un ouvrage capable de résister à des rasoirs…j’aimerais éviter qu’une autre de tes sœurs finissent dans une bouche gorgée de sang.

 
Mii se redressa se rendant compte qu’elle distinguait sa main blanche posé sur le livre. Le temps était écoulé.
 
-          Vite…
 
Fut le seul mot qu’elle put prononcer avant d’être projeté en arrière, entourée entre quatre rasoirs et leurs horribles propriétaires. La jeune femme ne put s’empêcher de lever les yeux au plafond, lasse d’être mise au sol encore une fois. Trop de choc d’un coup pour un corps larvaire habitué à paresser sous l’ombre des fleurs fanées. Corps encore une fois souillé de rouge tandis que l’ombre au rasoirs se lançait dans un nouveau discours qu’à terme la chenille n’écoutait plus.  Satisfaire le client n’était plus vraiment à l’ordre de cette soirée sordide, aussi reporta-t-elle son attention sur ce qui se passait trois étagères plus haut. Un livre était en train de trembler, et ce mouvement le rapprochait dangereusement du bord. Chayr-Ming avait trouvé. Il fallait éviter que la chute n’attire l’attention de l’étranger. Et Soleyl se surprit elle-même à penser si rapidement à cela, et encore plus d’avoir l’idée lui permettant de détourner l’attention du tortionnaire.



Au moment où le livre entama sa route vers le sol, la jeune femme fit mine de vouloir se défendre en élevant un bras. Tendre un ruban dans le courant du vent aurait eu un effet similaire, tant le coup était porté avec faiblesse, et fut vite désamorcé par l’homme. La chenille reprit sa position initiale d’insecte captif. Mais, le livre avait chuté sans que cela éveil l’attention de l’autre, et s’était ouvert à une page qui absorba l’attention de Soleyl. Ok il fallait gagner du temps. Dans son état elle n’était plus trop en mesure de prononcer des phrases réfléchies, aussi, laissa-t-elle sa vague de pensées se déverser entre les étagères de livre :
 
-          Le corps de la mère était horriblement mutilé. Tous les os de la jambe et du bras gauche plus ou moins fracassés ; le tibia gauche brisé en esquilles, ainsi que les côtes du même côté. Tout le corps affreusement meurtri et décoloré. Il était impossible de dire comment de pareils coups avaient été portés. Une lourde massue de bois ou une large pince de fer, une arme grosse, pesante et contondante, aurait pu produire de pareils résultats, et encore, maniée par les mains d'un homme excessivement robuste. 我的 Avec n'importe quelle arme, aucune femme n'aurait pu frapper de tels coups. La tête de la défunte, quand le témoin la vit, était entièrement séparée du tronc, et, comme le reste, singulièrement broyée. La gorge évidemment avait été tranchée avec un instrument très affilé, très probablement un rasoir.

Alexandre Etienne, chirurgien, a été appelé en même temps que M. Dumas pour visiter les cadavres ; il confirme le témoignage et l'opinion de M. Dumas.

Quoique plusieurs autres personnes aient été interrogées, on n'a pu obtenir aucun autre renseignement d'une valeur quelconque. Jamais assassinat si mystérieux, si embrouillé n'a été commis à Paris, si toutefois il y a eu assassinat.
 
Soleyl récitait de mémoire, ce texte sorti du labyrinthe que formait son esprit, et ce soir, on suivait le chemin d’Edgar Poe. Peu importe, durant le monologue, l’homme la regardait de façon pour le moins perplexe, et à la fin en eu assez et abattit sa main sur la bouche toujours en mouvement, de la jeune femme pour la faire taire.
Patience c’est presque terminé.
Tandis que chaque mots s’étaient échappé de sa bouche, intarissable, ses yeux devenus noirs s’étaient appliqués à lire la page du livre tombée à terre. Le regard strié par les mèches de cheveux qui la voilait, on pouvait difficilement deviner qu’elle lisait un livre, et qu’au fur et à mesure où chaque ligne lui revenait en mémoire, elle s’appliquait, du bout de l’orteil, à tracer le pentacle qui figurait sur la page jaunis, avec son propre sang. Enfin, les mots de la formule, elles les avaient glissés dans son discours, elle n’était pas achevée quand l’homme l’interrompit, la main bloquant ses paroles. Elle réussit toutefois à articuler :
 
-          這把刀是背著我的請
 
Et comme la formule le prédisait, elle fit jaillir son poignard de sa manche. Soleyl tourna la lame et le sang gicla. Elle s’était poignardée l’épaule sans aucune hésitation. Son kimono commençait à lentement prendre une couleur de mort tandis que le liquide s’écoulait à présent de sa jambe et de là où la pointe avait frappée. L’homme avait relâché sa pression. La femme pouvait difficilement percevoir une once d’émotion derrière ce visage camouflé par les ténèbres de la pièce et de son âme. De plus, la douleur commençait à se faire trop intense. Elle ne put que sourire quand elle vit que le motif écarlate, qui se dessinait sur son kimono, était en train de se reproduire à l’identique sur l’épaule de l’homme.
Une blessure pour une blessure. Désormais pour chaque coup qu’il porterait à la chenille, le même lui serait offert à l’identique, par le pentacle tracé. La malédiction ne se lèvera seulement quand il s’effacera. Et le sang s’en va difficilement, surtout quand on prête serment dessus. Vas y frotte, taillade le plancher si tu le souhaite, il ne partira que quand…ah ça je l’ignore, il faudrait tourner la page du livre pour cela, et savoir lire ce qu’il y est écrit.
祝你好運...
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MessageSujet: Re: Cours de boucherie botanique (PV Barry) [Terminé]   Jeu 31 Oct 2013 - 18:08
Ce sera toi. Toi mon ami, le rasoir d’or qui fera l’entaille charnière. Toi mon ami qui tranchera l’artère juste assez pour que le sang jaillisse en un mince filet, comme un fil de soi rouge lancé à travers l’espace.


Barry avait fait son choix. Le rasoir d’or serait la clef. Le rasoir d’or serait le couperet. L’entaille la plus importante, l’entaille charnière comme il aimait l’appeler, était la troisième ou quatrième entaille selon l’artère ou la veine qu’il avait décidé de sectionner. C’était l’entaille la plus importante car, au-delà du fait que le sang jaillisse de manière si fine et distinguée, c’était aussi la première des entailles pouvant s’avérer mortelle. Si Barry s’arrêtait à cette simple entaille, le sang s’écoulerait inéluctablement du corps de sa victime à un rythme très lent. La coagulation n’était pas un problème car les battements du cœur évacuaient régulièrement le sang séché, empêchant la plaie de se refermer dans les minutes qui suivaient. Une victime ainsi mutilé, si elle était immobilisé, pouvait mettre jusqu’à 24 heure pour mourir.


Aussi était-il vraiment important de choisir le fil qui allait infliger cette blessure avec le plus grand soin. Ici, le choix était fait. Une lame d’or était appropriée pour inaugurer la première victime de ce monde où il avait débarqué. Cette femme était une occasion… en or de montrer qui il était. Et tandis qu’il choisissait sa lame, Soleyl récitait une sorte de fable peu cohérente à laquelle Barry ne prêtait qu’une attention limitée.


Mais alors qu’il allait porter le coup, infliger cette plaie charnière, la femme insecte se rebella brusquement. Elle fit jaillir un poignard affuté de sous sa tunique. Barry dans un geste de désespoir se protégea le visage et sauta en arrière pour que l’arme ennemie ne l’atteigne pas. À son grand soulagement, il ne ressentit aucune douleur. Néanmoins, alors qu’il s’apprêtait à devoir relancer une chasse au papillon, il vit que Soleyl n’avait pas bougé de sa position, mais avait retourné le poignard contre elle. Un tel désespoir dégouta Barry qui envisagea rapidement de la laisser ici sans se soucier plus de son sort. Une telle femme, aucunement habitée par le désir de survivre et préférant mourir de son propre chef ne méritait pas que l’on s’attarde sur elle. Quand bien même une évasion avait été tentée quelques minutes auparavant. Et dire que Barry allait user de son rasoir d’or pour porter la blessure charnière. Quel gâchis.


Mais les secondes passèrent et Barry ressentit une démangeaison à l’épaule. Démangeaison qui se mua rapidement et douleur. Puis le sang jailli comme par magie, et l’incrédulité de Barry disparut pour faire place au soulagement et à la jubilation la plus totale. Ce n’était pas par désespoir que Soleyl s’était infligé cette blessure, mais au contraire, elle voulait vivre et était prête à mutiler son corps pour ça. Un sortilège de retour de blessure et cette femme pensait s’en sortir indemne ? Ce fut l’effet inverse. Barry était plus déterminé que jamais à donner à cette femme la plus belle et la plus artistique des morts qu’il ait put distribuer. L’asymétrie serait le maître mot de cette œuvre. Ou plutôt l’antisymétrie.


Depuis le début, Cette femme insecte n’avait fait que faire osciller Barry entre deux bords. Ainsi, il était tantôt décidé à la tuer, tantôt dégouté de son attitude et désintéressé d’une telle créature. L’antisymétrie à l’état pur. C’est dans cet état d’esprit que Barry allait tuer Soleyl. Il l’immobilisa a nouveau et lui murmura à l’oreille :


-tu m’as inspiré très chère... Tu seras l’un de mes chefs d’œuvre.


Il éloigna le poignard d’eux, afin qu’elle ne puisse plus lui infliger de blessure supplémentaire, puis il se mit au travail. Rapidement, il dessina avec le premier de ses rasoir deux entailles identiques aux précédentes, mais verticales et croisant une veine et non pas une artère. De la même manière, le sang perla. De la même manière, il y appliqua les lèvres. Il trempa alors ses doigts dans la blessure qu’il avait à l’épaule en grimaçant de douleur, puis mélangea les goutes ainsi récoltées avec celles qui brillaient déjà sur les jambes de Soleyl. Et alors il ressentit une petite brulure à l’entrejambe. Il se grata pour évacuer cette gêne, et ce qu’il sentit sous ses doigts le paralysa.


Son pantalon était légèrement humide. Et à y regarder de plus près, une tache rougeâtre apparut. Il comprit rapidement ce qui arrivait. Soleyl n’avait pas uniquement lancé à Barry un sort lui permettant de faire endurer les blessures qu’elle s’infligeait. Elle avait lancé un sort qui copiait toute ses blessures à l’identique, y compris celles que lui infligeait les autres. Barry était piégé. De colère, il leva son rasoir puis se ravisa. Si la joue de la femme insecte était entaillée, celle de Barry le serait aussi. Œil pour œil.


Désespéré, Barry lança ses rasoirs à travers la pièce et se mis à réfléchir intensément à ce qu’il devait faire. L’un de ses rasoirs vint trancher l’un des pétales d’une des tulipes restée à terre et quelques secondes plus tard, une mèche de cheveux tomba à terre. Heureusement pour lui, le rasoir n’avait pas sectionné le pistil.
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MessageSujet: Re: Cours de boucherie botanique (PV Barry) [Terminé]   Mar 19 Nov 2013 - 21:13
Tout inverser, tout retourner, pour revenir à une parfaite égalité. Les revirements se font parfois  dans le sang et c’est le cas de celui-ci. Une blessure pour une vie, tel est le prix. Soleyl s’y connait assez en transaction pour le savoir. Un sortilège en ultime recours pour chasser les murmures de requiem qui habitent ses murs, avant qu’ils ne deviennent qu’une litanie ultime, un au revoir funeste adressée à la propriétaire, oui avant tout cela, on songe à Edgar Poe. Que ferait-on sans ce brave homme délicieusement perturbé ?
Il y a néanmoins un autre perturbé dont on se passerait volontiers. L’homme à l’âme noire, déchirée par ses propres lames, éclaboussé du sang de ses victimes qui se mêlent à son corps quand il s’en délecte du bout des lèvres. La jeune femme ne sentait que violence et une soif qui ne pourrait jamais être étanchée. Un esprit perdu en errance dans les brumes obscur du genre humain. Porte interdite qui certain pousse, et rare sont ceux qui arrive à la refermer.

Tout cela au fond elle l’avait senti avant même qu’il ne pénètre la boutique, par l’obscur présage délivré par ses fleurs. Depuis qu’il était ici, malgré le départ de la fumée, il planait toujours une atmosphère lourde en obscurité.
Quand bien même tout cela aurait dû faire fuir la jeune femme de sa boutique, elle restait là. Car la chenille jamais ne quitte son cocon, avant de devenir papillon. Même si un vilain insecte vient le dévorer, la chrysalide meurt avec son occupant à l’intérieur.

Soleyl commençait à voir les lignes de la charpente en bois se faire courbe. Elle qui n’avait jamais aimé les choses droites et rectiligne, elle était servie. Le sang s’échappant de ses quelques plaies mais surtout de son épaule, emportait un peu plus de sa vie et de son énergie vitale déjà si rare dans ce long corps oisif.
La vendeuse tenta tout de même de se redresser en maintenant le poignard là où il était. Pour le moment c’était ce qu’il y avait de mieux à faire, elle le retirerait quand la sécurité serait en meilleur forme et ainsi prévenir tout risque d’hémorragie. Son dos dans lequel coulait sa chevelure noir vint s’adosser à l’étagère remplie de livre. Le regard vacillant, ayant pris une teinte gris clair chercha l’homme du regard, puis se furent à ses lèvres de l’interpeller, via des mots hachés :

- Avant…de vous en prendre une nouvelle fois à moi…je vous conseille de bien réfléchir.



Elle désigna la marque rougeâtre de son sortilège :

- Cette malédiction nous lie tous les deux…si…je décide de me blesser à nouveau vous subirez également la blessure…si je décide de blesser un autre être vivant je serais seule à en subir les conséquences…et cela fonctionne…de même…pour vous…

Malgré le voile de torpeur qui l’attirait de plus en plus et celui de ses longs cheveux, la jeune femme ne put s’empêcher d’esquisser un sourire et d’ajouter :

- Alors on va être sage n’est-ce pas ? Plus de mal aux fleurs ?


Les gouttes de sang qui s’échappait du corps de Soleyl, s’écoulaient lentement contre le tissu de son Kimono, contre la porcelaine de sa peau, contre le bois de l’étagère. Plus ou moins lentement, elles venaient se briser en petits éclats pourpres sur le parquet, et à chaque nouvelle tâche, une petite horde d’insecte venait se regrouper autour de la propriétaire de la boutique. Il ne tarda pas 0 y en avoir des centaines de toute sorte, grouillant au sol comme un tapis vivant. Et plus les rangs grossissaient plus ils emplissaient la pièce au point qu’on ne savait plus où poser le pied. Attrapant délicatement l’araignée qui avait poussé le livre de sort, Mii la caressa lentement en s’adressant au sombre client :



- Maintenant vous allez me faire le plaisir de partir…

Ses yeux vinrent accrocher les cavités ténébreuses de l’homme, les pupilles de la jeune femme avaient virées à l’écarlate :

- Il serait fâcheux que vous marchiez sur un insecte en voulant m’attaquer une nouvelle fois…ce serait fatal…

Comment faire chanter les fleurs ? Oh à quoi bon le savoir, il y aura toujours des ombres pour venir souffler le feu de vos enchantements. La botanique ou la boucherie ? Ni l’une ni l’autre n’ont un dénouement heureux. Un pentacle sanglant orne finalement le parquet. Les âmes grises poursuivront leur chemin d’errance, tandis que l’âme noir rôdera toujours, prête à mettre fin à leur promenade…à moins qu’elle ne marche sur un insecte…
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MessageSujet: Re: Cours de boucherie botanique (PV Barry) [Terminé]   Dim 1 Déc 2013 - 0:11
La colère lui déforme les traits. Il n’en a jamais ressenti une si vive. Tout son corps, tout son esprit, son essence même veut la tuer. Violement. Tant pis pour le rituel, elle se bat après tout, elle mérite de remporter ce qui s’avèrerait être l’une des seule mort violente qu’il distribuerait. Ce sont des éditions très limités ces morts, il n’en donne jamais d’habitude. Pas assez de rage de vivre dans ses victimes pour qu’elles la mérite. Mais manifestement alors qu’il a enfin trouvé une personne à son goût, il ne peut plus porter le coup fatal.


« Haha, très chère, vous n’auriez sut tomber plus mal ! Devant vous se tient un homme qui n’a aucune peur de la mort et qui l’accueille à bras ouverts ! »


Billevesée.  Ce coup de bluff, ce mensonge de la dernière chance était mal préparé, fais dans l’urgence et la  précipitation. Et cela se voyait comme le nez au milieu de la figure. De grosses gouttes perlaient sur son front, la panique le gagnait rapidement. Interdiction de la tuer. Interdiction même de tuer. Cela signifiait beaucoup pour Barry. Cela signifiait une mort intellectuelle lente et douloureuse, une descente aux enfers qui promettait d’être longue comme une vie et de le faire souffrir plus que milles de ses rasoirs n’auraient pu le faire.


La main toujours sur son épaule, il commença à arpenter l’espace autour de lui de manière désordonnée, comme dans le but de tomber par hasard sur une solution qui le sauverait des tourments qui s’annonçaient. Bien entendu, nulle réponse ne vint et quand 5 minutes furent passées, Barry renonça. Il se tourna vers Soleyl, toujours à terre, et lui lança le regard le plus noir qu’il possédait. Toute sa haine y était contenue, il aurait pu tuer avec ce simple regard. Mais au lieu de cela, il s’avança vers elle et arracha un petit bout de sa robe pour en faire un garrot. Il retira ensuite violement le poignard des mains de l’insecte et de sa plaie, ce qui eut pour effet de faire couler de manière assez abondante le sang entre ses doigts. Il alla ensuite chercher derrière le comptoir de la boutique un certain objet.


Et alors qu’il cherchait, la douleur qu’il ressentait à l’épaule se fit plus vive, rapport à l’entaille qu’il avait surement élargie en retirant l’arme de l’épaule de Mii. Mais cela lui était égal, il devait absolument effectuer quelque chose avant de partir. Lorsqu’il en eut trouvé un, il retourna vers Mii, ramassa ses rasoirs tombés a terres et en plaqua un contre la gorge de la femme qui était toujours son otage. En rangeant les autres rasoirs dans leurs étuis respectifs, il lança l’injonction suivante :


« Tu ne vas pas bouger, ou sinon je n’aurais aucun scrupule à nous trancher la gorge. Si tu ne me laisse pas faire ça, alors je n’ai même plus de raison de vivre. »


Et cette fois-ci, Barry était sérieux. Si elle s’opposait à lui et à son geste, la lame leur trancherais la jugulaire. Sans plus de palabres, Blood plaqua alors le flacon trouvé derrière le comptoir contre l’épaule de Mii afin de l’emplir de son sang. Lorsque ce fut fait, il le referma soigneusement et s’éloigna en direction de la sortie. Il lança une dernière parole :


« Je me plaindrais au service client »


Et s’en alla en claquant la porte. Aller le plus loin possible, c’était à présent le plus important. Peut-être l’effet s’atténuerait, voir s’éteindrait avec la distance ? Mais alors, comment le saurait-il ? Cette fiole de sang serait sa meilleure amie pour un temps. Le temps de trouver une solution à ce problème. Et Barry se fit la promesse que si jamais le sortilège ne s’évanouissait, alors il reviendrait ici même et tuerais Mii de la plus belle manière : en se tranchant lui-même les veines après lui avoir fait boire son propre sang.


Ça, c’est une mort artistique.
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