Petit humain, mais qu'as-tu fait ? Ouvrir ce livre, pris de curiosité ! Quelle grave erreur, car dès maintenant, les contes te garderont pour eux !
La seule manière de t'en sortir, c'est de te battre et survivre. [RPG Survival Conte&Humain]

Partagez | 
 

 [Intrigue 1] C’est une bonne chose d’avoir peur, ça prouve au moins qu’on a encore quelque chose à perdre.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
avatarPestiferéPestiferé


Date d'inscription : 12/09/2012
Age : 26

Messages : 387
Localisation : Quelque part entre ici et ailleurs mais pas là.
Emploi/loisirs : Serviteur de la belle Aurore Boréale
Humeur : Neutre

Still There
Lecteur ou Conte (lequel) ?: Lecteur
Arme(s): Fils d'aciers
Un petit mot ?: Liberté

MessageSujet: [Intrigue 1] C’est une bonne chose d’avoir peur, ça prouve au moins qu’on a encore quelque chose à perdre.   Lun 1 Juil 2013 - 0:14
Quelle est la différence entre rêve et réalité ? Elle est parfois si infime qu’il est presque impossible de la déceler. Dès son arrivée à Queer Tales, Grey s’est posé cette question : est-il en train de rêver ? Mais cela semblait si réel qu’il commença à y croire. Sa rencontre avec la belle Aurore et son passé, identique au sien, convainquirent le roux qui s’habitua à la vie dans ce monde. Pour la première fois de sa vie, il se sentait à sa place et vraiment utile. Pas le poids qu’il était pour sa famille mais une aide précieuse et un véritable marionnettiste. Il avait trouvé son bonheur.

Mais que se passe-t-il le jour où tout s’écroule, le jour où vos yeux s’ouvrent sur votre vie d’avant ? C’est ce qui arriva à Grey. Il s’était couché comme à son habitude dans sa roulotte après sa dernière ronde parmi les tentes du cirque. Mais quand il rouvrit ses yeux, ce n’est pas le décor aux couleurs chaudes de sa chambre mais le blanc si pur d’un lieu qu’il ne pensait pas revoir un jour. Son ancienne chambre que le rouquin pensait avoir oublié mais qui restait gravé dans sa mémoire au fer rouge. Comment pouvait-il oublier cette période de sa vie ?

Ainsi son court séjour à Queer Tales n’était qu’un rêve ? Un de plus ? Il ne pouvait le croire. Grey se mettait à douter de la réalité. Qu’elle était-elle ? Celle de sa chambre blanche ou celle du chaleureux sourire de sa maitresse qui illuminait ses jours. Il se prit la tête dans ses mains espérant faire disparaitre cette vision qu’il ne supportait plus. Maintenant qu’il avait gouté au bonheur, il ne voulait pas y renoncer. Le roux redressa la tête pour retomber à nouveau sur son bureau de verre qui ne reflétait que le blanc, couleur qu’il avait fini par détester.

Il se leva, pensant chasser cette vision, de tout son cœur, il voulait que ce ne soit qu’un rêve et qu’il allait se réveiller parmi les personnes si différentes, de Queer Tales qu’il avait appris à apprécier. La peur commençait à s’installer dans le cœur du roux, il ne voulait pas recommencer cette vie-là. Dans son dos, son ombre s’amusait de cette situation, si la peur gagnait complètement sur Grey, elle pourrait prendre possession de son corps et faire ce qui lui chante. Encore un peu, elle serait enfin libre.

Le rouquin cherchait un moyen de se sortir de ce cauchemar car qu’est ce que ça pouvait être d’autre ? Il tenta tout pour se réveiller mais rien ne marchait, il était prisonnier de cette pensée, de cette pièce, de cette vie...

A moins que ? Une idée germa dans l’esprit du roux, s’il retrouvait le livre qui l’avait mené dans ce monde, il pourrait rejoindre sa maitresse, le cirque et toutes les personnes qu’il n’avait pas encore rencontrées. L’ombre grommela si l’espoir le gagnait c’était fichu. Grey se creusa les méninges pour se rappeler les derniers événements avant qu’il ne se fasse aspirer par Queer Tales. Le temps était passé dans ce monde de contes et cela remontait à loin. Il se rappelait le grand trou noir, le sommeil qui s’était emparé de ses muscles, la petite comptine qui figurait en première page... Mais où était-il à ce moment là ? Le roux chercha dans quelles circonstances il avait lu le vieux livre.

Le grenier ! Il se souvenait qu’il avait épuisé la grande bibliothèque familiale et était parti en quête de lecture dans les combles de la maison, c’est là qu’il avait trouvé le livre magique. Grey sortit en trombe de sa chambre et monta quatre à quatre les marches de l’escalier qui menait à l’endroit où ; il espérait, que son cauchemar se terminerait. Mais son ombre n’avait pas dit son dernier mot, et quand il poussa la porte de son vieux grenier, il vit son père bruler le livre dans lequel il portait tant d’espoir. Le roux hésitait entre la haine et l’abattement. Celui qu’il croyait être son père se retourna pour lui faire face mais ce n’était pas le visage de celui qui la vu naitre mais c’était le sien.

Enfin pas tout à fait, le rouquin remarqua quelques différences dans l’expression du visage qui lui étaient inconnues.


« Tu n’as plus aucune chance de retourner auprès de ta précieuse Aurore, laisse moi prendre ton corps ! »

L’abattement et la peur finirent de l’installer dans le cœur de Grey. Les mots de ce double étaient si tranchants et si bien choisis. Il savait jouer la corde sensible du marionnettiste. Ses jambes se dérobèrent sous lui tandis qu’une goutte argentée traçait un sillon brûlant sur la joue du roux. C’était impossible. Il s’était habitué à la folie ambiante du Small Fair, ses longs voyages dans les différentes contrées du monde des contes. Tout cela était-il fini ? Son ombre approchait pas à pas, elle sentait qu’il faiblissait, il ne cherchait même pas à lutter. Elle continuait à asséner ses mots pour achever la résistance du roux.

« De toute façon tu étais inutile, un incapable. Elle devait te garder car tu avais un bon numéro mais tu es comme tous les monstres des cages que tu gardais. La tienne était juste plus discrète mais tu étais aussi en cage, privé de ta liberté. Un monstre inutile de plus dans le grand cirque de ta belle. Et où est-elle maintenant ? Elle te laisse tomber, seul face à ton pire cauchemar. Ce qui prouve que tu n’étais rien pour elle. Tu n’es rien. »


Chaque mot était comme un coup de poignard porté au cœur du roux. Lentement mais surement l’ombre se préparait sa place dans le corps de Grey. Les souvenirs de sa vie au cirque défilaient devant ses yeux et rien de ce qu’il voyait ne semblait contredire les paroles de son ombre. Puis ce fut le noir. L’obscurité envahit le rouquin. Plus de blanc trop pur de sa chambre quelques étages plus bas, plus des belles couleurs chatoyantes de sa roulotte, plus de ce rose qu’il aimait tant et qui allait si bien à sa maitresse, rien que du noir.

Du noir et une note. La chose peut être étrange mais le roux connaissais cette note par cœur, il l’avait fait vibrer sur les cordes d’un piano, c’est la première note du morceau qu’il avait composé pour Elle. La mélodie s’éleva dans l’air, comme venant de nulle part, tranchant le noir épais qui enveloppait le roux aussi surement qu’une lame aiguisé découpait une peau fragile. Une légère lueur rose se mit à briller au rythme de l’harmonie qui s’élevait lentement.

Les notes s’égrenait et sortait Grey de sa torpeur comment quelqu’un qui ne le considérait pas, pouvait-il lui inspirer si belle mélodie et si beau sentiment. L’espoir commençait de nouveau à poindre et l’ombre sentait le corps du marionnettiste lui échapper. C’était son Aurore, sa déesse et même si elle le détestait, il se devait de la servir et ce n’est pas une ombre, son reflet sombre qui allait l’en empêcher. Il lutta contre lui-même, contre ses peurs, contre ses craintes pour Elle. Peu à peu, il regagnait le terrain qu’il avait abandonné par lâcheté à son ombre.

La scène se délitait, les murs semblaient fondre, le feu s’éteignit, découvrant un livre intact. Un sourire revint sur les lèvres de Grey, il s’en saisit, le serra contre lui. Puis avec une précaution infinie, il en ouvrit la couverture pour voir se détacher sur la page jaunie, les vers de la comptine. Il prit grand plaisir à lire ses quelques lignes et se sentit ramener à la réalité.
Son ancien grenier laissa place au bois des murs de sa roulotte colorée, le parquet se changea en lit recouvert de sa couverture orange. Il passa sa main sur sa joue qui gardait la trace des larmes qu’il avait versées. Ce n’était qu’un cauchemar.

Le roux reposa sa tête sur son oreiller puis s’endormit pour de bon cette fois-ci, un sourire serein gravé sur les lèvres.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 

[Intrigue 1] C’est une bonne chose d’avoir peur, ça prouve au moins qu’on a encore quelque chose à perdre.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Happy End :: × The Dark Wood Circus :: × Roulotte de Grey-
Top-Sites


Merci ♥