Petit humain, mais qu'as-tu fait ? Ouvrir ce livre, pris de curiosité ! Quelle grave erreur, car dès maintenant, les contes te garderont pour eux !
La seule manière de t'en sortir, c'est de te battre et survivre. [RPG Survival Conte&Humain]

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 Un roi pour une poupée [PV Hansel]

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MessageSujet: Un roi pour une poupée [PV Hansel]   Jeu 11 Juil 2013 - 23:45
Il pleuvait. Le ciel de sa seule teinte grise s'étendait à l'infini. Ce n'était qu'un fin crachin, mais il durait déjà depuis quelques jours, formant ses flaques d'eau et de boue. C'était un calme début d'après-midi où les quelques rares passants trottinaient jusque chez eux, brandissant bien droits leurs parapluies au dessus de leur tête, le regard perdu dans la brume légère qui les entourait.

Au centre de ce terne décor se tenait une maisonnette, depuis peu remaniée en boutique. On pouvait y lire sur un écriteau aussi gris que la pluie « Poupées et marionnettes ». Pour peu que cela nous intéresse et que l'on s'approche, on voyait à travers les vitres épaisses diverses créations de tout genre, poupées de cire autant que de chiffons, marionnettes peintes à la main avec un certain soucis du détail, affichant des visages criant de réalisme, d'autres en bois brut, même quelques unes de métal, automates sans mécanisme dont on ne saurait quoi faire. Pourtant elles, comme tout ce qui habitait ce magasin, fascinaient au regard, obligeant n'importe quel curieux ou amateur de belles choses à pousser la modeste porte, à entrer, à voir quelles autres merveilles était cachées au fond de cette boutique.

Et le visiteur imaginaire que nous sommes rencontrerait alors Jeremiah de Belzé, pour l'instant occupé à dépoussiérer une étagère, qui, comme tout le reste de la pièce, en avait bien besoin. Cela se sentait même, décevant quelque peu le visiteur, qui au final se demande si les poupées et marionnettes ont la qualité qu'elles semblent avoir, ou pour d'autres les mettant au contraire à l'aise, dans cette ambiance de vieille boutique ou l'ont s'attendrait à dénicher un trésor caché encore plus beau que tout le reste. Personnellement, la vue de tant de poupées le regard braqué sur moi m'effraieraient, tout autant que la présence de leur propriétaire. Mais après tout, je ne suis qu'un modeste narrateur.


Jeremiah de Belzé, debout de toute sa hauteur, s'affairait donc, plumeau à la main, à faire rejoindre à la poussière d'une étagère le sol, ou beaucoup trainait déjà. Et cela l'agaçait au plus haut point. Il était Jeremiah de Belzé, l'être au dessus des hommes et de la mort, et subissait le travail d'un vulgaire domestique. Mais il n'avait pas vraiment le choix. Il n'avait dans sa vie actuelle aucune connaissance encore dotée de sa conscience propre (et cela était pour le mieux) alors, il devait bien s'occuper des taches bassement terrestres. Mais cela l'agaçait au plus haut point. Il ne venait d'ailleurs pas souvent dans sa boutique, préférant le confort de sa maison, ou étant occupé pour d'autres taches plus essentielles. Pourtant même lui devait bien gagner de l'argent, aussi arrivait-il certains jour, comme il aurait pu ne pas venir, retournait l'affichette de la devanture pour en révéler le côté « Ouvert », et attendait sa clientèle en espérant qu'elle ne vienne pas. Cela l'aurait agacé aussi.

Ah, si Elizabeth était là, elle aurait pu s'occuper de tout ça, et faire le ménage. Elle devrait être là. Cela l'agaçait. Où pouvait-elle bien être?

« Ah, Elizabeth... » soupira-t-il.

Sortant de ces songes pour se remettre à sa tache, il se rendit compte que cela l'agaçait, l'agaçait, l'agaçait... Au plus haut POINT.

Le plumeau voltigea à travers la pièce, finissant sa course derrière le comptoir. La main de Jeremiah était crispée, tandis que l'autre formait un poing serré si fort que ses veines auraient pu en éclater, si tant est que du sang y coula encore. Son expression n'était que haine, la bouche entrouverte pour ne pas briser ses dents à force de les serrer. Un réflexe dont il avait vite pris l'habitude pour ne pas avoir à changer sa dentition à chaque fois. Il resta plusieurs instant, immobile, ses tempes ne battant pas comme elles auraient du le faire. Il cherchait quelque chose à frapper, quelque chose à détruire, quelque chose, quelque chose, un humain peut être. Mais il ne pouvait pas, pas sans sortir et détruire son image, pas sans révéler sa nature et se retrouver traqué par des insectes insignifiants qui profiteraient de leur nombre pour le retrouver et l'emprisonner. Il savait tout ça. Il le savait.

Serrant sa main tendue en même temps qu'il la ramenait à lui, il s'exhorta à se calmer. Il pensa à Agathe qui l'attendait chez lui, dans la robe bleue qu'il lui avait mis avant de partir, assise sur le fauteuil, un bras sur le dossier, prêt à l'accueillir. Il ferma les yeux, souffla un grand coup (si tant est que cela serve) et repris le contrôle de son esprit. Pourtant lorsque, lucide, il regarda la pièce qui l'entourait, cela l'agaça à nouveau. Cette journée ne serait que du temps perdu ou désagréablement passé. Peut être même les deux. Sa boutique était pleine à ras-bord de poupées diverses et variées qu'il avait conçu sans plaisir, et qu'il regardait de la même façon. Il n'y avait rien à faire mis à part cette maudite poussière.
Il abandonna donc cette idée. Rester dans la saleté ne lui plaisait guère, mais il ferait avec. Ce n'était pas comme si cela pouvait concerner quelconque autre.

Il s'assit donc derrière son comptoir, son regard vide ne regardant pas le mur d'en face, mais plutôt le gouffre de sa mémoire. Il revoyait chaque poupée avec lesquelles il avait vécu. Il revoyait les longues heures qu'il avait passé à les tuer. Il revoyait Elizabeth. Il revoyait ses souvenirs heureux, avec un goût de nostalgie et de colère. Cela lui passait toujours le temps.

« Ah, Elizabeth... »

Et le temps passa.


Et puis quelqu'un poussa la porte de sa boutique. En silence, car aucune clochette n'y était installée. Mais Jeremiah était vif, essentiellement à porter la foudre de sa colère sur celui qui venait briser sa tranquillité de par ses gesticulations. Un homme. Inintéressant. Une expression presque joviale. Stupide. Inintéressant. Perte de temps. Qu'il parte, qu'il parte, qu'il parte. Il détourna le regard pour essayage de l'ignorer.

Pourtant un quelconque instinct lui fit, contre toute attente, regarder à nouveau en direction de l'importun. Rien que du coin des yeux, il n'y avait guère intérêt à plus. Il l'observa, et se rendit à l'évidence. Il savait qui était cette personne. Hansel Friedrich. Roi de Necis. Un homme qui savait-il n'habitait pas loin de chez lui. Les perspectives changèrent. De la réputation qu'il avait, cet homme n'avait pas l'air d'avoir un esprit intéressant, comme le laissait penser son expression. Quelques rumeurs lui vantaient certes des faits macabres, mais cela ne faisait pas de lui un génie, si tant est que tout cela fut vrai.
Mais il était un roi. D'hommes. Jeremiah de Belzé ne pouvait qu'être au dessus de lui. Il restait un roi malgré tout. S'il pouvait avoir chez lui son cadavre, cela ferait un magnifique trophée. La preuve, dont il ne pourrait se vanter qu'à lui même, que nul homme ne l'égale. Il pourrait l'articuler en table basse et poser ses pieds dessus. Cette idée le séduisit. Il l'avait décidé, en un instant. Il ferait de cet homme une de ses poupées. Dans l'immédiat, deux solutions pour cela. Soit l'amener dans l'arrière boutique pour, comme d'habitude, lui trancher la gorge, soit l'amener à le revoir dans un coin discret. Non, il fallait que ce soit l'arrière boutique. Il le voulait au plus vite. Il y aurait encore la macération du corps, cela prenait trop de temps. Et puis la préparation. Extirper les organes. Pas la peine de lui fabriquer un cœur, il serait un meuble. Il aurait bien aimé le tourner en ridicule avant. Mais cela prendrait du temps aussi. Maintenant. Maintenant. Maintenant. Mort.

« Bonjour, lui dit Jeremiah avec entrain. Bienvenue dans ma boutique. Vous êtes intéressé par une poupée, ou bien cherchez-vous simplement un coin pour vous abriter par ce temps? »

Il sourit en laissant échapper un léger rire amical.

« Si c'est le cas, je peux vous offrir une tasse de thé bien chaud. J'en ai juste derrière »


Simple, mais cela avait déjà fait ses preuves. Jeremiah savait son jeu de comédien idéal. Et, cela était rare, une certaine joie accompagnait son sourire feint. Une joie macabre. Il sourit d'autant plus.
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MessageSujet: Re: Un roi pour une poupée [PV Hansel]   Dim 14 Juil 2013 - 19:01
Hansel Friedrich commençait sérieusement à s’impatienter. Grâce à sa boussole, chaque pas le rapprochait de son but, et pourtant, après toutes ces semaines, impossible de mettre la main sur Gretel. Sa volonté n’avait pas disparu mais sa patience, elle, avait atteint ses limites. Lorsqu’il la retrouverait…. Eh bien…. Il ne savait pas ce qu’il ferait, mais c'était certain, elle ne l’oublierait pas de si tôt !

Tout en maugréant de la sorte, Hansel poussa la porte de la première boutique qu’il trouva sur son chemin. Il était trempé et, bien que ne craignant pas particulièrement maladie,  il lui semblait que s’abriter un instant était plus prudent. Il n'osa pas faire un pas de plus une fois la porte refermée car ses chaussures risquaient de répandre l'eau sale et la terre accumulée sous ses semelles. Il se contenta de jeter un coup d'oeil panoramique au magasin. Toutes sortes de poupées y étaient entreposées. Le blond ne savait pas si cela était morbide ou très mignon, car leur réalisme était frappant. L'artisan devait être un fin connaisseur de l'anatomie humaine.

Une poupée en particulier attira son attention. Pareille à n'importe quel jouet de petite fille, il s'agissait d'une petite enfant aux longs cheveux blonds et aux grands, grands, yeux bleus. Elle portait une robe bleu et blanche ravissante. Hansel se demandait si elle plairait à sa soeur... Il n'en savait trop rien à vrai dire, car depuis peu, il ignorait si sa soeur était ou non une petite fille. Jusqu'à lors, le doute n'avait pas été permis sur cette question. Gretel était sa petite soeur adorée et elle resterait toujours sa soeur et toujours petite. Pouvait-il dire de même aujourd'hui? Un voile de tristesse se posa sur ses yeux dorés;  était-ce donc là ce que ressentait tous les parents lorsque les enfants quittaient le nid?

Heureusement, Hansel n'eut pas le temps de se perdre d'avantage :

-  Bonjour ! Bienvenue dans ma boutique. Vous êtes intéressé par une poupée, ou bien cherchez-vous simplement un coin pour vous abriter par ce temps? Si c'est le cas, je peux vous offrir une tasse de thé bien chaude. J'en ai juste derrière.

Il fixa le maître du magasin et, toujours immobilisé devant la porte, le gratifia d'un petit sourire poli.

- Une tasse de thé? Je n'en bois plus depuis que ma route à croisée celle d'Edward Deakin, ce fichu animal. Cela dit, je n'en buvais pas non plus avant.

Pourquoi précisait-il une chose d'aussi peu d'importance? Hansel commençait à se faire bavard, il devait surveiller ce genre de penchant très désagréable !

- Mais merci pour votre invitation, elle me suffit amplement. Je m'excuse de venir vous importuner alors que je n'ai pas un sous en poche. Je n'ose pas non plus faire le tour de votre boutique, trempé comme je suis. J'espère que vous ne me chasserez pas dehors pour autant !

Hansel ne soupçonnait pas du tout les intentions du conte face  à lui. Cela ne l'empêchait pas d'être naturellement prudent. S'il avait refusé son invitation car, en effet, il n'aimait pas le thé, une deuxième de la sorte lui mettrait la puce à l'oreille. Attirer sa victime dans l'endroit clef de sa propriété était une astuce qu'il n'ignorait certainement pas. En attendant, il se sentait réellement gêné d'occuper la boutique sans autre raison que celle de se protéger de la pluie. Les règles de politesse et les convenances n'étaient pas méconnues par le roi de Necis, bien qu'il lui arrive de les transgresser à loisir.


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MessageSujet: Re: Un roi pour une poupée [PV Hansel]   Ven 20 Sep 2013 - 21:33
Silence silence silence silence SILENCE !

Jeremiah bouillonnait intérieurement. Des nombreuses choses qui avaient le don de l'énerver tout particulièrement se trouvaient les bavardages. Il n'avait retenu du discours du visiteur à peine plus que son refus. Chaque mot qui avait suivi avait été une pique, une véritable douleur mentale. Toutes ces formules de politesse, toutes ces informations sans importance. Silence. Il voulait qu'il s’arrête de parler. Quitte à le frapper, quitte à le tuer. Silence.

D'un point de vue extérieur, Jeremiah gardait le même visage souriant. Il savait séparer ses pensées de son expression et de ces gestes quand il le fallait, ne se trahissant en de rares occasions. Bien sur, cela lui coûtait énormément, et pouvoir assommer son interlocuteur, affichant le rictus rageux qui correspondait à son mental, lui aurait procuré un soulagement infini.

« Pas de thé » « Ne marchera pas dans la boutique ». Voilà tout ce dont Jeremiah avait besoin. » Ne se doute toujours de rien ». Comment aurait-il pu.
« Espère se protéger du temps un moment dans la boutique ». Cela était important aussi. Il avait encore du temps devant lui pour trouver un moyen... Le constat était malgré tout évident, il ne l'aurait pas aujourd'hui. C'était une grande frustration. Il avait envie d'attaquer son visiteur sur place, de mettre fin à toutes ces complications. La brume régnait, dehors, et les visiteurs étaient rares. Cela n'était pas inenvisageable. Aller chercher un couteau. Se rapprocher innocemment. Porter un coup fulgurant à la jugulaire. Laisser l'autre se répandre sur le sol, de son sang et de ses cris inarticulés. Le regarder gesticuler avec ridicule, cependant que la mort voile l'incompréhension dans ses yeux. Une véritable jouissance.

Un fantasme. Un risque évident. Plus que le meurtre, plus que ses poupées, Jeremiah tenait à passer inaperçu, usant d'une prudence extrême, presque paranoïaque. Il suffisait d'un seul badaud passant devant la vitrine, jetant un simple regard... Et finit la liberté. Finit ses petites affaires. On lui mettrait des bâtons dans les roues, non, de véritables menottes aux poignets. Il faudrait fuir. Passer inaperçu, changer. Pour enfin pouvoir revenir. Un jour, il s'attarderait à chercher comment exterminer la population entière d'un seul coup. Cela lui rendrait un fier service, un soulagement, même. Le seul défaut serait qu'il ne profiterait pas pleinement de l'acte...

Ce serait donc la seconde solution. L'amener à se revoir. L'obliger à revenir, à le faire tomber dans un piège dont il ne pourrait se défendre. Mais par quel moyen ? Il ne suffirait pas de lui demander, quelle qu'en soit la raison. A moins qu'il puisse avoir envie d'une commande spéciale, une poupée faite sur demande... Certes le roi avait une sœur, mais de quel âge... Et il était peu probable qu'il puisse désirer une poupée pour lui même. Il semblait plutôt d'un genre aventurier, à parcourir le monde par but où par plaisir, en goûtant le sel au passage. Vagabond était peut-être un terme plus adapté, trempé, les bottes pleines de boue qu'il était... Jeremiah ne savait pas s'il se pouvait se fier à cette impression. Paradoxalement à son talent de comédien, il n'avait jamais été doué pour deviner la nature ou les intentions des gens, même quand celles ci pouvaient être évidentes. Cela aurait été utile ; mais ne pouvait certainement pas l’intéresser.

Il allait tout de même poursuivre cette idée. Il avait beau être roi, il n'en restait qu'un homme. Avec ses goûts et ses faiblesses. Or, l'alcool et le jeu en étaient, les deux tout à la fois, de très classiques.  L'idée était là. Plus qu'à la mettre en place. Avec feinte convivialité.

« Oh, ne vous inquiétez pas... Je dois bien vous avouer que par ce temps, la clientèle est rare et l'ennui se fait ressentir. Vous me faite passer le temps en quelque sorte »

Briser la relation commerçant-client. Se rapprocher de l'autre, ou du moins feindre que ce soit le cas. Qu'il ait confiance, qu'il joue le jeu. Le sourire de vendeur était tombé, place au visage de l'homme, avec ses tracas et ses distractions.

« Attendez moi un instant »

Jeremiah partit dans l’arrière boutique, ramenant une petite table et deux chaises, qu'il plaça à l'entrée même de la boutique. Il invita son visiteur à s’asseoir, côté porte, et repartit chercher ce qu'il lui manquait encore. Une bouteille d'alcool et ses deux verres, dix dés, et deux pots pour aller avec. Il ne laissait pas le choix à Hansel. Puisqu'ils avaient du temps à passer, autant le passer avec plaisir. Jeremiah ne comprendrait jamais l’intérêt de ce genre de choses.

Il servit l'alcool pour eux deux et donna à Hansel cinq des dés et un des pots.

«  Un poker menteur. Vous connaissez ? »

Jeremiah but une gorgée d'alcool, invitant son interlocuteur à faire de même, et brisant toute méfiance quand au possible empoisonnement du liquide. Les gens étaient parfois si méfiants... Et puis, Hansel pouvait bien être de ce genre de personnes qui n'ont pas assez bu tant que la bouteille n'est pas vide. Cela restait bien la seule chance de l'avoir dans la journée ; et même de le garder au chaud pour pouvoir en profiter plus tard...

Quand au poker menteur, c'était un jeu simple, et passablement répandu à Queer Tales. Chaque joueur secouait ses dés dans le pot, reposait le tout et regardait les chiffres sans les montrer aux autres. Alors le jeu commençait, chaque joueur annonçant à son tour un nombre des chiffres donnés sur la totalité des dés, devant augmenter à chaque fois ce nombre. Jusqu'à ce qu'un joueur traite le précèdent de « menteur », gagnant si l'annonce était fausse, perdant si elle ne l'était pas.

« Et si nous faisions un pari ? Oh rien de bien important, ne vous inquiétez pas. Voyons voyons... Je sais ! Si vous gagnez, je vous offre une de mes poupées au choix. Libre à vous de venir la prendre quand vous la voudrez. Si je gagne eh bien... J'aimerais vous prendre comme modèle pour une poupée, un autre jour... Vous devrez venir chez moi pour que je vous modélise. Après tout, ce n'est pas tout les jours qu'on à la chance de recevoir un roi dans sa boutique »

Sourire, petit clin d’œil. Jeremiah voulait installer une certaine complicité. Peut être même l'illusion d'une bonne entente, voir un début d'amitié... Ce n'était pas gagné. Encore une fois, malgré ses talents de comédien, Jeremiah n'y connaissait pas grand chose en relations humaines.

Sans attendre l'avis d'Hansel, Il agita ses propres dés, et claqua son pot sur la table.
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MessageSujet: Re: Un roi pour une poupée [PV Hansel]   Mar 22 Oct 2013 - 21:52
Je m'excuse profondément pour ce retard!! J'ai vraiment adoré ta réponse. Mais j'ai peur que la mienne n'aie pas été très inspirée..... J'espère qu'elle te conviendra quand même ><


Play your game



Le moins qu’il puisse dire, c’était que ce vendeur avait un talent incontestable pour mettre à l’aise son client. Ou victime, le terme était au choix. Sa force de persuasion sauta aux yeux du roi de Necis. Ce dernier ne put que s’assoir en face de son hôte. Cela le laissa vaguement confus un court instant. Comment cet homme avait-il pu lui faire ce tour, à lui? Sans s’en rendre compte, Hansel était enchainé à sa chaise, obligé de jouer à quelconque jeu, sans presque mot dire. Pis, un paris était en jeu et il se sentait dans l’incapacité de le refuser. Cette façon d’imposer sa volonté à autrui si simplement, si naturellement… Oui, cet homme était un maitre de la manipulation. C’était l’évidence.

« Quelque chose me dit que vous êtes un commerçant redoutable. J’accepte avec joie votre proposition! Même si j’ai l’impression de gagner sur les deux tableaux. Si vous faites aussi des statues, je louerai vos services également. Les places centrales de quelques villages à Necis ont besoin d’ornements », sourit-il sur le ton de la plaisanterie.

Hansel reconnaissait volontiers la valeur de son travail et l’habilité de son discours. Perdre ou gagner lui importait peu. Ce n’était qu’un jeu, après tout… Il était encore loin de se douter du véritable enjeu en cause.

« Avant de commencer, j’aimerai connaitre le nom de mon adversaire. »

Une fois les présentations faites, la partie commença.

La bataille fut difficile, le jeu égal. Leurs capacités de dissimulation se valaient, mais celle de Jeremiah était peut-être encore plus performante qu’à son habitude. Sa motivation était proportionnelle au but qu’il souhaitait atteindre. Malgré les efforts du blond, Jeremiah le battit avec une certaine avance. Hansel n’était pas mauvais perdant, mais avec ce jeu qui relevait d’un de ses talents naturels, il se sentit quelque peu contrarié par sa défaite.

« Eh bien… Vraiment, vous m’impressionnez. Heureusement que vous n’incarnez pas le conte de Pinocchio ! Je vous aurais coupé le nez avec plaisir pour me venger. »

Mais même un peu contrarié, Hansel était loin de perdre son amabilité et son sens de la convivialité. Il n’aurait pour rien au monde voulu afficher clairement sa déception, ou tout du moins, sur un ton sérieux. Il était plutôt heureux de rencontrer un tel adversaire.

« J’aurais bien voulu ramener une de vos poupées à ma petite sœur, c‘est dommage. Elle les adorerait. D’ailleurs… »

Il ouvrit son sac, posé à côté de lui, et en sorti une feuille cartonnée. Sur sa surface, un portrait, celui de Gretel. Avec 20 ans d’étude du corps humain, Hansel n’avait aucun mal à rendre la ressemblance frappante. Il était capable de dessiner n’importe quelle position du corps humain, muscle ou squelette les yeux fermés. Tout comme son hôte, très certainement.

« Voici le portrait de ma sœur. L’auriez-vous aperçue en ville, par hasard? Si vous avez une quelconque information à son sujet, je suis prêt à me mettre immédiatement à votre disposition pour assumer la conséquence de ma défaite, ahah! »

Malgré un effort continuel pour ajouter une touche d'humour à ses propos, obtenir des renseignements était d'une importance vitale à ses yeux. Rien ne comptait plus que cela. Son sérieux apparaissait clair comme de l'eau de roche. Qui aurait pu douter de l'étendu de l'amour qu'il vouait à sa petite sœur?


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MessageSujet: Re: Un roi pour une poupée [PV Hansel]   Lun 11 Nov 2013 - 0:37
Le bouillonnement continuait. Celui de Jeremiah. Cet Hansel était bien trop bavard. Bien trop. Bien trop. Il plaisantait. C'était si ENERVANT.

Du calme. Du calme.

« Avant de commencer, j’aimerais connaître le nom de mon adversaire. »

Le salaud. Non seulement il parlait sans cesse, mais il obligeait Jeremiah à en faire de même. Donner son nom. C'était inutile, il mourrait de toute façon. Il n'avait pas besoin de savoir ça. Pourtant, cela faisait partie de la mise en scène. Se lier, se rapprocher, pour mieux le poignarder. Cette simple phrase coûta beaucoup à Jeremiah, mais il dut la prononcer, choisissant le minimum de mots :

«Jeremiah de Belzé »

Le ton n'était pas sec, le sourire n'était pas tombé. Sa façade restait parfaite. Pourtant ses pensées n'étaient que rage et mépris. Et ennui. Les jeux ne l’intéressaient pas. Et celui ci n'offrait pas même de challenge intéressant.
Des dés pipés, bien sur. Il avait donné à son adversaire des dés aux chiffres prévisibles. Ainsi, ses chances de victoires augmentaient considérablement. Ainsi, il gagna. Parfait. Il aurait donc, tôt ou tard, ce roi chez lui, dans son manoir de la Dead forest. A l'abri des regards. Il le piégerait. Le capturerait. Le torturerait. Le tuerait. Et même alors, il continuerait à prendre plaisir contre son gré. Même si son gré aurait disparu...

Cette pensée lui remontât quelque peu le moral. Certes tout reposait sur la promesse d'un homme quand à un pari... Mais ces idiots là avaient un honneur qu'ils ne trahissaient pas. C'était aussi pourquoi ils étaient faibles... S'attacher à quelque chose d'aussi futile. Une pensée. C'était incompréhensible pour Jeremiah. Aussi prenait-il plaisir à détruire ces choses insupportables et illogiques qu'étaient les âmes humaines...

« ...n’incarnez pas le conte de Pinocchio ! Je vous aurais coupé le nez avec plaisir pour me venger.»

La bestiole avait dit quelque chose. N’arrêtait-elle donc jamais ses jérémiades ? Troubler ainsi des pensées si plaisantes avec sa voix nasillarde. Celui là aura pleinement mérité sa mort.

« J’aurais bien voulu ramener une de vos poupées à ma petite sœur, c‘est dommage. Elle les adorerait. D’ailleurs… »

Oui, la mort. Qu'avait-on à faire de sa stupide sœur. C'était exaspérant. EXASPERANT.

« Voici le portrait de ma sœur. L’auriez-vous aperçue en ville, par hasard? Si vous avez une quelconque information à son sujet, je suis prêt à me mettre immédiatement à votre disposition pour assumer la conséquence de ma défaite, ahah! »

C'était exas... Un instant.

Une lumière passa dans l’œil de Jeremiah. Le portrait était dessiné à la main, mais avec un tel réalisme... La fille qui était devait ses yeux, sous ses trais immobile, possédait une certaine beauté... Voilà quelque chose qui n'agaçait pas Jeremiah. Des portraits ne bougeaient pas. Ils étaient comme la vision de ses poupées. Il pouvait apprécier un corps ou un visage sans subir les mouvements ou bavardages qui allaient avec. Et cette fille, ainsi dessinée, était intéressante.
Après tout, quitte à avoir le roi chez lui... Autant posséder de même sa sœur, qui pourrait être une agréable compagne. Sa seconde concubine. Et quel plaisir serait-il que de dévergonder cette femme sous le regard mort de son propre frère...

Ça y est, Jeremiah souriait déjà de manière plus franche... Bien qu'il dût cacher l'expression d'extase de son visage qui aurait pu passer pour perverse, et ainsi faire fuir sa proie.

Jeremiah ne mit qu'un instant à avoir toute cette réflexion, et répondit sans hésitation.

« Ce visage me dit quelque chose. Il me semble bien l'avoir déjà croisé quelque part, mais impossible de me souvenir où... Mais bien sur, elle est déjà passée devant ma boutique ! Elle est restée plusieurs minutes derrière la vitrine à regarder mes poupées sans entrer... Je m'en souviens car je me suis dis qu'elle ferait un excellent modèle... Malheureusement, je ne peux vous dire où elle est partie. »

Un grand mensonge. Cela où la vérité, Jeremiah ne faisait pas la différence et racontait tout du même ton.

« Vous me voyez désolé de ne pouvoir vous en dire plus. Cela étant, j'ai une connaissance qui pourrait vous aider. On l'appelle Gerbille, du fait de son physique. Il traîne habituellement au bar du Lupin Rouge, au Castle village. Ce n'est pas quelqu'un de très recommandable, mais il s'y connaît beaucoup en personnes disparues. »

Ceci, ce n'était pas un mensonge. Jeremiah s'était fait quelques sombres connaissances. Pour certains, trafiquants d'esclaves. D'autres, des détectives aux méthodes peu orthodoxes. Des personnes qui pouvaient, sans le savoir (ou sans vouloir savoir) lui livrer des victimes intéressantes, ou le mettre sur la piste d'Elizabeth. Gerbille était un « informateur », qui connaissait les allées et venues de toute sorte de personnes, malgré qu'il semble toujours vissé au même coin de son bar. Paradoxalement, il était aussi doué qu'il était méconnu. Cet homme misérable vendait de bonnes informations contre une bouteille de piquette, et se contentait de ce pauvre mode de vie. Un personnage pour le moins étrange, bien qu'il ait toujours totalement désintéressé Jeremiah en lui même.

Ainsi, Hansel retrouverait sûrement le chemin de sa sœur. Ainsi, plus qu'un pari, il aurait une dette envers Jeremiah. Ainsi, il viendrait dans son filet, et ramènerait avec lui sa chère sœur. Tôt ou tard...

« Je suis certain qu'il saurait où se trouve votre sœur. Aussi... Comme je vous l'ai dit, j'aurais aimé la prendre comme modèle. Quand vous parviendrez à la retrouver, promettez moi que vous viendrez tout deux à mon manoir, que je fasse des poupées à votre effigie. Je vous en offrirai même une de chaque, et vous me ferez un peu de publicité ! »

Le rôle du commerçant sympathique, qui prend plaisir à aider les gens, sans oublier de faire tourner son petit commerce. Voilà qui saurait être crédible. Jeremiah affichait un sourire jovial. Il l'était. Plus rien ne pressait pour lui. Il voulait saisir ses deux proies en même temps. S'occuper d'eux deux ensemble. Détruire deux esprits liés, un roi et sa sœur, Hansel et Gretel. Les voir enrager, ou chercher du réconfort dans le regard de l'autre, quand il les ferait souffrir. Ce serait une première. Ce serait sûrement plus jouissif qu'à l'ordinaire. Magnifique. Il voulait que ça se passe ainsi. Et sinon, si jamais il venait à tomber sur la jeune fille avant Hansel, il se ferait un plaisir de la garder au chaud pour l'appâter lui. Il mènerait sa quête par deux chemins...

Jeremiah avait beaucoup parlé. Il avait rendu un service en donnant des informations utiles. Et il jubilait intérieurement. Autant dire que rien de cela n'était courant. Mais il avait deux magnifiques prises à faire. Finalement, cette journée n'aurait pas été perdue. Magnifique. Magnifique. Il les tuerait. Magnifique.

Va donc chercher ta sœur, mon petit roi ~
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Arme(s): J'en ai trop pour les citer toutes. Mais sur moi, mon fidel couteau de poche!
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MessageSujet: Re: Un roi pour une poupée [PV Hansel]   Dim 8 Déc 2013 - 16:30
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Etait-ce son imagination, ou quelque chsoe s'était allumé dans le regard de Jeremiah? Hansel n'eut pas le temps de répondre à sa propre question, car déjà son hôte lui faisait entendre tout ce qu'il rêvait enfin de savoir. Ce furent ses yeux à lui qui brillèrent d'avantage, tandis que son visage exprimait  à la fois la surprise et le ravissement. Ainsi, Gretel était passée par là? Etait-elle seule ? Quand l'avait-il vu? Avait-elle l'air effrayée? Semblait-elle en bonne santé? Hansel était sur le point de l'assomer de ces questions quand Jeremiah s'excusa de ne pouvoir l'aider plus. Avait-il dit tout ce qu'il savait?

- Gerbille... Au bar du Lupin Rouge, répeta-t-il à voix basse.

Son poingt se serra et ses traits se crispèrent. Ce type pouvait s'attendre à avoir de la visite! Il vallait mieux pour lui qu'il puisse l'aider, car auquel cas, la déception d'Hansel serait grande et l'évacuer n'irait pas sans douleur pour autrui.

- Je suis certain qu'il saurait où se trouve votre sœur. Aussi... Comme je vous l'ai dit, j'aurais aimé la prendre comme modèle. Quand vous parviendrez à la retrouver, promettez moi que vous viendrez tout deux à mon manoir, que je fasse des poupées à votre effigie. Je vous en offrirai même une de chaque, et vous me ferez un peu de publicité !

Hansel posa sa main sur l'épaule du brun, signe de sa reconnaissance. Il la serra avec fermeté.

- Merci. Je vous revaudrai ça, et viendrai avec ma soeur si je le peux. Vous êtes le bienvenu à Necis également, n'hésitez pas à me prévenir si vous passez par la capitale.

Il laissa retomber sa main et enfila son manteau, prêt à sortir.

- Au revoir !

Et le voilà déjà à détaler dans la rue, qu'importe la pluie, direction le Lupin Rouge. Laissant derrière lui cet agréable artisan... Qui avait certainement en tête mille et une idées pour le piéger et pour lui faire payer sa familiarité. A quand le prochain round?


Fortes Fortuna Juvat.

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MessageSujet: Re: Un roi pour une poupée [PV Hansel]   
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Un roi pour une poupée [PV Hansel]

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