Petit humain, mais qu'as-tu fait ? Ouvrir ce livre, pris de curiosité ! Quelle grave erreur, car dès maintenant, les contes te garderont pour eux !
La seule manière de t'en sortir, c'est de te battre et survivre. [RPG Survival Conte&Humain]

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 Le Serpent, pourrisseur d'existence professionnel

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Date d'inscription : 16/10/2013
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Localisation : Partout où il est possible de vendre des livres et dans le coeur de son petit frère <3
Emploi/loisirs : Emploi: colporteur, loisir: vous pourrir la vie
Humeur : Dépend du rôle à tenir~

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Lecteur ou Conte (lequel) ?: Conte, le Serpent
Arme(s): Des mots, sinon tout ce qui lui tombe sous la main
Un petit mot ?: Je suis un enfoiré. Mais qu'est-ce que ça soulage!

MessageSujet: Le Serpent, pourrisseur d'existence professionnel   Mer 16 Oct 2013 - 23:06

Carte d'identité

Nom : Zamenis
Prénom : Michaël
Surnom : le Serpent, bien qu'il ne l'apprécie guère
Sexe : masculin
Âge : 22 ans d'apparence, 25 ans d'âge réel
Origine : Queer Tales
Orientation Sexuelle : Fondamentalement hétéro, mais il peut faire un écart de temps en temps si cela sert ses intérêts

Tout sur votre personnage
Physique :
Cahots de la route, odeur de foin. Michaël Zamenis était plus ou moins confortablement installé à l’arrière de la charrette d’un paysan qui avait gracieusement accepté de l’emmener jusqu’au prochain village. Histoire de s’occuper, il feuilletait les manuscrits de son frère cadet, Denitry "Den" Zamenis, qu’il amenait chez l’imprimeur, raison de ce voyage. Sa lecture présente était particulièrement troublante. Denitry était persuadé que Michaël ne lisait jamais les romans qu’il écrivait, aussi se permettait-il quelques reprises des récits de son ainé, ou des anecdotes de la vie quotidienne. Cela, Michaël le savait. Mais cette fois, l’histoire et les personnages étaient bien trop réels à son goût…
 
«(…) Cette fois pourtant, laissez-moi vous parler de la réalité derrière la fiction. De ce narrateur sans visage qui manipule le destin des personnages dont vous suivez les aventures. Vous parler de moi, de mon existence, tout aussi insignifiant et sans visage que je suis à vos yeux. (…)»
 
«Une autobiographie? Quelle idée!»
Ce ne fut qu’un murmure, mais à l’avant de la charrette le paysan se retourna, croyant que son passager s’était adressé à lui. Le jeune homme le détrompa d’un geste de la main accompagné d’un sourire factice. Il reprit sa lecture.

«(…) Je ne peux vous parler de la vie que je mène actuellement sans vous présenter mon frère ainé, celui à qui je dois quasiment tout à ce jour. Vous le connaissez sûrement, au moins de vue, c’est lui qui vous a vendu le livre que vous tenez dans les mains.
Michaël à 25 ans, mais n’a subis aucune altération du temps depuis ses 22 ans. De taille moyenne, il dépasse légèrement le 1m75. Un corps plutôt svelte, pas très musclé, mais nerveux, taillé pour la course; un physique plus adapté à la fuite que pour chercher la bagarre, en somme. Pourtant, ses vêtements dissimulent quelques profondes cicatrices, dont une assez impressionnante sur l’épaule droite. Un jour, peut-être oserais-je lui demander d’où elles viennent.
Ses habitudes vestimentaires, parlons-en justement. Dans son métier, il est préférable de faire bonne impression dès le premier coup d’œil, des habits simples et propres sont essentiels. Du moins, c’est ce qu’il m’a toujours dit. Aussi est-il vêtu le plus souvent de l’ensemble presque strict chemise noire, veston et pantalon de coupe droite, tous deux de couleur beige, cravate –le Narrateur sait à quel point cet accessoire l’insupporte, son premier geste en rentrant à la maison est de la retirer- ainsi que d’un long manteau lorsque le temps se fait plus frais. Sans doute apprécierait-il d’avantage des vêtements plus décontractés.
Quant à son visage… encadré de cheveux blond, il est plutôt agréable à regarder, sans en faire un Adonis; enfin, il m’est difficile de juger. Ses traits sont assez expressifs, exprimant fidèlement ses sentiments. Il dispose cependant de deux atouts; ses yeux sont d’un très beau bleu sombre -couleur des abysses marins, ou d’un ciel d’été en fin de soirée, quand le soleil est couché et que les étoiles ne sont pas encore levées, nimbant la voute céleste d’un bleu roi et pur-, et sa voix est en parfaite harmonie avec cette couleur, agréable et chaude. Parfois, quand je ferme les yeux en l’écoutant parler, j’ai l’impression d’être entouré d’une douce tiédeur, comme si je m’enveloppais dans un pan d’azur.
Je regrette parfois de ne pas lui ressembler d’avantage, lorsque je vois dans le miroir mes cheveux d’un châtain fade, mes yeux d’un bleu commun. (…)»
 
«Tsssss… Qu’est-ce que tu fabriques, Den? Pourquoi écris-tu cela…?» marmonna Michaël, incapable de refermer le manuscrit. Cette fois-ci, le paysan ne se retourna pas.


Caractère :

«(…) Comment décrire correctement le caractère de Michaël? J’essaye de rester objectif, mais mon rôle de petit frère me pousse toujours à l’idolâtrer ou à le dénigrer.
Michaël est un garçon agréable. Enfin, il n’a rien de particulier, il est presque banal, mais sa compagnie est fort appréciable, sa conversation construite et intéressante, ses sourires doux, ses éclats de rire délicieux à entendre. En un mot: sympathique. Un jeune homme que l’on est heureux de compter parmi ses amis et dont je suis fier d’être le petit frère.
Bien sûr, comme tout être humain normalement constitué, il quelques défauts. Légèrement susceptible, c’est vrai. Un brin égoïste, mais rien de flagrant. Pas un modèle de courage, mais en revanche il est entêté. Sachant qu’en plus de cela, sa masse musculaire n’a rien d’impressionnant, il préfère éviter les affrontements directs. En plus de cela, il est particulièrement rancunier. Mais au fond, je suis sûr que c’est quelqu’un de bien.
«Le Serpent» est un surnom qui lui colle à la peau depuis des années, à son grand dam, dû à son tic de langage, qui lui fait siffler des sortes de «Ssssssshhh» entre ses dents lorsqu’il est énervé ou agacé, ou encore un «Tsssss» ou un « Tth!» hautain. Notre nom de famille, Zamenis, est un malheureux hasard qui complète cette comparaison (Zamenis est un genre de serpent de la famille des Colubridae, auquel appartient, pour le plus célèbre, la couleuvre d’Esculape.) (…)»
 
Un sourire triste glissa sur les lèvres de Michaël.
«Est-ce comme cela que tu me vois? Tu es si loin du compte.»
 
Denitry ignorait tant de choses. Son analyse était juste, mais elle ne représentait qu’une part de la personnalité de son frère ainé, la version officielle. Après tout, il n’avait aucun accès à l’autre partie, celle qui justifiait réellement le surnom de Serpent. Son frère ainé faisait toujours de son mieux pour la lui dissimuler. Pour la dissimuler au monde entier.

La mentalité profonde de Michaël s’éloigne de cette image de gentil garçon passe-partout qu’il cultive; les apparences sont importantes, n’est-ce pas? Sinon, il ne s’embêterait pas à porter cet espèce d’uniforme trop propre ni cette fichue cravate. L’ainé Zamenis porte en lui tous les vices que l’on attribue au serpent; fourbe, traitre, tordu, perfide, sadique, menteur, manipulateur, lâche, s’amusant à vos dépends. S’il a bel et bien réglé ses comptes avec sa conscience presque inexistante, assumant mentalement cette partie peu glorieuse de son être, il évite de s’en vanter; aussi endosse-t-il une multitude de rôles qu’il peut jouer à la perfection, créant une dualité quasi-constante entre ce qu’il pense réellement et ce qu’il exprime ouvertement. Car Michaël présente de nombreux troubles du menteur compulsif –mentir est devenu pour lui bien plus aisé que de dire la vérité, cette vérité qui fait de lui un jeune homme méprisable.
De ce fait, la confiance que l’on peut lui accorder est limitée. Très, très limitée. Voire inexistante. Sa parole n’a aucune valeur, sa langue bifide peut prononcer un serment dans la sincère intention de le tenir, puis la trahir dès que les événements se corsent.
Il exécute un perpétuel numéro d’équilibriste, marchant sur des frontières si fines qu’elles en sont invisibles, même à ses yeux. Cela fait longtemps qu’il ne sait plus où se trouvent les limites exactes entre affection, haine et indifférence, vérité et mensonge, sincérité et jeu d’acteur. C’est cette instabilité constante dans ses paroles, ses actes, ses émotions, qui le rend si dangereux, qui empêche de lui accorder la moindre parcelle de confiance.
 
Pour ne pas arranger ce portrait déjà peu flatteur, le Serpent porte une tare plus dangereuse encore que les nombreux défauts cités précédemment: sa disposition à la haine.
Haïr de manière disproportionnée, jusqu’à la folie, jusqu’à ressentir le besoin profond de détruire l’objet de son méprit par tous les moyens. Cependant, torturer à mort une personne qu’il n’aime pas n’a à ses yeux rien d’intéressant; il n’a aucun goût prononcé pour le sang, les viscères répandues ou les os broyés. Même si ça défoule, parfois. Non, vous anéantir de l’intérieur est beaucoup plus amusant.
 
Il ne vous raye pas du monde directement, il va détruire les liens qui vous retiennent à ce monde; vos proches, la manière dont les gens vous perçoivent, vos biens matériaux, les lieux que vous aimez. Comme on ronge les racines d’un arbre. Il vous disloque lentement, en brisant votre vie morceau par morceau, en fragments douloureux qui entaillent votre âme avant de disparaitre à jamais hors de votre portée. Jusqu’à ce moment où vous constatez que vous marchez sur des ruines et des cadavres, à perte de vue. Que vous reste-t-il? La vie, bien entendu. Mais pour quoi faire? Vous ne vivez plus ni pour rien ni pour personne. Plus rien ne vous rattache à ce monde, vous n’avez plus de raison d’exister. Recommencer une nouvelle vie, mais vous garderez toujours les cicatrices que ces fragments aiguisés vous ont laissés. C’est à cet instant qu’il a réussi. Lorsque vous n’êtes plus rien qu’un gouffre de solitude, entouré d’un vide que vous ne pouvez combler. Un arbre aux racines saccagées, renversé,  n’ayant plus qu’à mourir lentement. Alors, dans un dernier élan de cynisme, alors qu’il vous a tout arraché, peut-être vous fera-t-il cadeau d’un joli mouchoir pour pleurer.
 
Evidemment, il n’a pas toujours accès à votre entourage. Dans ce cas, il vous détachera du monde d’une autre manière: en vous persuadant que vous n’y avez plus votre place, en utilisant des paroles insidieuses. Vous persuader, petit à petit, de sa voix si délectable à écouter, que vous ne valez rien. Que vous n’avez plus votre place nulle part, que ce monde se passerait de votre présence. Qu’il prononce ces mots avec dans les yeux tout le dégoût et la haine que vous lui inspirer, ou en se faisant passer pour un allier qui tente de vous porter conseil, il atteindra presque toujours son objectif.
 
Alors, ne valait-il pas mieux mentir? Dissimuler encore et toujours derrière ses traits de jeune homme banalement gentil toute l’horreur qu’il pouvait contenir, pour lesquels il ne se cherche aucune excuse, aucune circonstance atténuante.
Je suis un enfoiré. Mais qu’est-ce que ça soulage! 
 
Il est le Serpent. Celui qui s’enroule autour de votre monde. Pour le détruire.


Histoire :

Avec l’impression désagréable de s’immiscer dans l’esprit de son frère, il reprit sa lecture. Il devait absolument savoir jusqu’où Denitry était au courant sur ses actes.
 
«(…)  Je ne connais pas toute la vie de Michaël, mes seules connaissances de son jeune âge me viennent de quelques anecdotes contées par nos parents. De toute évidence, il avait alors un caractère ambivalent, se montrant odieux avec les personnes qu’il n’appréciait pas, d’une gentillesse exemplaire avec ses amis d’enfance. Pour reprendre les termes exacts de notre père, «son incroyable capacité à chercher les ennuis –et à les trouver- lui fut conférée à cette époque». 
Michaël a quitté la maison assez tôt, il revenait de temps en temps. Assez rarement, quand on y pense. Il ne semblait jamais particulièrement enchanté de venir, mais il finissait souvent par céder aux supplications de notre mère et aux miennes. A l’époque, je donnais tout mon possible pour l’embêter, comme tout petit frère digne de ce nom, et il m’a parfois collé quelques claques lorsqu’il n’y avait pas de témoins. Malgré ces incartades propres aux fratries, j’étais heureux de le voir, surtout qu’il se montrait gentil avec moi, exception faite de ces paires de gifles souvent méritées. On peut dire que tout allait bien; du moins, notre situation familiale n’avait rien d’anormal.

C’est un jour de printemps que cette normalité se dilua. J’avais alors 11 ans. Nous devions refaire la toiture de la maison devenue fort branlante suite à un orage particulièrement violent. Nous avions envoyé une missive à Michaël pour qu’il vienne nous aider. Seule une lettre de sa part vint à nous. Il ne pouvait pas faire le déplacement, son travail actuel ne le lui permettait pas. J’avais été déçu. Aujourd’hui, dois-je me réjouir de son absence? Que ce serait-il passé s’il avait été là? L’aurais-je perdu aussi, ou aurait-il réussit à limiter les dégâts?
La toiture s’est purement et simplement écroulée pendant les travaux. Je me souviens seulement de mon père disparaissant sous des décombres, d’un cri de ma mère vrillant mes tympans, d’un nuage de poussière qui m’étouffait, d’une poutre s’abattant sur mon dos. Rien de plus.  

Nos parents sont morts dans cet accident. Par miracle, j’ai survécu. Enfin… Comment aurais-je pu en sortir indemne? Les miracles jouent souvent de mauvais tours. Tout le bas de mon corps est entièrement paralysé. De manière générale, j’ai du mal à bouger, mes articulations sont raides, mes membres refusent de m’obéir. Ça fait mal quand je force trop.
N’est-ce pas risible? Mon frère ainé surnommé le Serpent et moi, obligé de ramper pour me déplacer. Ce doit être la malédiction Zamenis.
Lorsque je fus définitivement tiré d’affaire, car durant une journée entière mon âme a oscillé entre rester dans mon corps meurtri ou s’en échapper, la question fut de savoir ce que l’on allait faire de moi. Je me souviens de mon soulagement lorsque Michaël a déclaré qu’il s’occuperait de moi.
Même si le décès de nos parents ne l’avait que passablement chagriné, cet incident l’avait mis dans une colère noire, si noire que j’avais parfois peur d’être avec lui. Surtout dans l’état d’impuissance dans lequel je me trouve. J’étais terrifié à l’idée qu’il me tue afin de se débarrasser du fardeau que j’étais devenu, puis je me rassurais en songeant qu’il avait lui-même réclamé que je reste chez lui. 
Quatre jours après l’accident. Ce fut la première et dernière fois que je le vis se comporter de manière si étrange et inquiétante. Depuis, je crains toujours de le fâcher. Je ne veux plus jamais le voir en colère.
Ce jour-là, j’avais compris la cause de la rage que couvait mon frère. Il incombait la responsabilité de l’accident aux villageois présents à cet instant. Pour être franc, je pense que pour ne pas se sentir coupable de son absence, il rejetait le blâme sur ceux qui étaient là.
J’avais pourtant tenté de le raisonner. Cette conversation est gravée au fer rouge dans ma mémoire.

«Michaël, ils n’y sont pour rien! C’était un accident, un ac-ci-dent! Personne n’y pouvait rien. C’est sans doute même grâce à eux que je suis en vie aujourd’hui! On ne peut pas leur en vouloir pour un soi-disant crime qu’ils n’ont pas commis! Je ne peux pas leur en vouloir.»

Le regard qu’il avait posé sur moi à cet instant m’avait fait frissonner. Un concentré de colère brûlant sous une plaque de glace. Sa voix restait douce et calme, mais chargée de menaces; le contraste était terrifiant.

«Tsss! Tu ne leur en veux pas…? Alors je les détesterai pour toi. Et si je peux haïr pour deux, je peux haïr pour dix, pour mille. Je peux porter la haine du monde entier.»

Ce fut la dernière fois que je le vis dévoiler autant sa rage. Dès le lendemain, il était redevenu le jeune homme sympathique que je connaissais. Il s’est même excusé de son comportement de la veille.
Dans les jours suivants, d’étranges malheurs touchèrent les villageois présents lors de l’accident. Les blessés succombèrent à leurs plaies pourtant en voie de guérison, les indemnes virent leurs familles disparaitre. Je sais, oh, je sais que Michaël n’y est pas étranger. Je n’ai jamais osé, jamais voulu lui demander quoi que ce soit à ce sujet. 

(…) Michaël fut tellement courageux. Lui qui vivait en parfaite indépendance depuis quelques années déjà se retrouvait du jour au lendemain avec un gamin paraplégique sur les bras. Pourtant, il n’a pas failli. Entre les petits boulots et prendre soin de moi, il n’avait plus une seconde pour lui. J’étais si égoïste, plongé dans mon malheur, persuadé qu’il devait faire de son mieux pour m’en soulager. Il prenait soin de moi comme on s’occupe d’un enfant en bas âge, impotent que j’étais devenu. Combien de fois s’est-il relevé en pleine nuit parce que je l’appelais en pleurant quand mon dos brisé me faisait souffrir, les cernes dessinant des trainées de khôl sous ses yeux? Combien de fois un sourire mensonger et immensément rassurant est venu masquer son profond dépit lorsqu’il découvrait que j’avais salis mes draps?

Heureusement le temps passe. Cela fait déjà trois ans. J’ai appris à me débrouiller seul. La douleur s’est atténuée, jusqu’à devenir inexistante. Madame Nelly, une voisine fort sympathique, solide matrone d’une douce rudesse,  prend le relai à mon chevet lorsque Michaël part longtemps.
Avec mon frère, nous avons établis un mode de communication particulier, un genre de morse à coups de manches à balais dans les murs, le plancher ou le plafond, qui nous permet de transmettre quelques messages sans avoir à nous déplacer.
Surtout, nous avons trouvé l’arrangement qui nous permet de survivre. Dans ma fade existence immobile, l’imagination me sauve de l’ennui. Je me suis mis à écrire, des romans de quatre sous que Michaël vend à travers Queer Tales, parmi d’autres livres que l’imprimeur lui confie. Pourtant, nous savons parfaitement que nous ne sommes pas faits pour nous entendre, cette complicité s’est installée uniquement parce que nous faisons des efforts, parce que nous sommes obligés de cohabiter; je dépends de lui, il doit s’occuper de moi. Malgré cela, on s’en sort bien, tous les deux… (…)»


La suite était une succession d’instant cristallisés de la vie de Denitry; les visites de Madame Nelly, la solitude accompagnée de la sensation d’abandon lorsque Michaël partait longtemps en voyage pour vendre leurs romans, l’horreur dégoûtée devant son impuissance de gosse handicapé, le bonheur immédiat d’entendre le code à coups sourds qui annonçaient le retour de son frère.
 
Michaël abandonna l’autobiographie, laissant son regard errer sur le paysage en mouvement. N’était-ce pas mignon? Le grand frère qui prend ses responsabilités pour s’occuper de son cadet paralysé et orphelin. Au-delà des responsabilités, qu’y avait-il? Le jeune homme l’ignorait lui-même. L’affection qu’il portait à Denitry était partiellement factice, une fois encore il avait perdu la limite entre sincérité et mensonge. Enfin, son frère était relativement heureux, c’était l’objectif.
Cette lecture l’avait rassuré; Denitry ne savait rien sur lui. Evidemment, il avait des doutes sur les décès des villageois, le contraire l’aurait clairement élevé au rang de crétin congénital. Cela ne représentait pas grand-chose. Il ne connaissait pas le Serpent.
 
 
Bien sûr qu’il avait tué les gentils voisins venus aider à réparer la toiture blessés lors de l’accident. Les plaies ne s’étaient pas infectées toutes seules. Ce fut si facile. Il était le fils de victimes qui venait jouer les garde-malades. «C’est de notre faute si vous avez cette affreuse fracture ouverte, c’est normal que je vienne prendre de vos nouvelles, alors si vous avez besoin de quoi que ce soit n’hésitez pas… Allons madame, je vais changer son bandage, continuez ce que vous avez à faire, vous devez être débordée depuis que votre mari est alité.»
Bien sûr qu’il avait persécuté les familles des gentils voisins venus aider à réparer la toiture qui s’en étaient sortis sans une égratignure. Les enfants ne s’étaient pas accidentellement noyé dans l’étang, ni fait de malencontreuses chutes mortelles. Les femmes ne s’étaient pas suicidées toutes seules.
Il les avait détruits, tous, rongés par un mal qui pourrissait leur corps ou leur âme. Ce furent ses premiers meurtres, il se contentait avant l’accident de coups bas tordus et vicieux. C’est là qu’il est devenu un Conte, qu’une étoile s’est gravée sur cette feuille de papier pliée en quatre au fond de sa poche, un poème que Denitry lui avait écrit. Pourquoi à ce moment? Parce qu’il s’était laissé engloutir par la haine dévorante, le bonheur de manipuler, la cruauté qui le protégeaient de toute pitié? Parce qu’il avait abandonné ses dernières parcelles d’humanité pour n’être que l’allégorie du Serpent?  
Ce ne fut qu’un début. Parmi les nombreux autres méfaits du même acabit, certains apparaissent dans les livres des Lecteurs…  

~~~~
 
Fraicheur, pureté de l’air, vent constant. Du haut de Great Mountain, la vue était superbe, l’horizon une ligne infinie. Michaël s’intéressa d’avantage à l’extravagant personnage à ses côtés et à la machine plus extravagante encore postée quelques mètres plus loin.
Répondant au nom d’Aloysius Redwan Ammon, plus communément appelé Rê, l’homme était un doux-dingue fébrile, au final attachant. L’énorme machine derrière lui était le résultat de sa folie douce mais obsessionnelle; un amoncellement étrange de loupes, de miroirs, tous de tailles disproportionnés, posés sur des bras articulés.
 
«Donc, cet appareil permet…»
«D’allumer le soleil. Oui oui. C’est sa fonction depuis des siècles.»
 
Amusé, intrigué, Michaël s’approcha de l’appareil, mimant la curiosité émerveillée.
 
«Comment cela fonctionne?»
«Euh, hum… Tu vois, quand les rayons du soleil sont concentrés par une loupe, il est possible de faire brûler du papier, ou du bois sec. Eh bien, hum… Comment dire? Avec cette machine, je concentre la lumière des étoiles que je réverbère vers un miroir central, placé devant une loupe; avec ce rayon d’étoiles, j’embrase l’horizon. Je fais cela depuis toujours. Toujours.»
 
C’était touchant de naïveté. Le Serpent observa l’homme d’un œil sceptique. Pas plus de 40 ans, cheveux longs attachés sur sa nuque, mais dont de nombreuses mèches s’éparpillaient, malmenées par le vent. Yeux constamment écarquillés, presque transparents. Maigreur inquiétante.
 
«Depuis toujours? Quel âge avez-vous?»
«Depuis la création du monde j’allume le soleil. C’est ma fonction. Je dois le faire, sinon ce serait une catastrophe. Tu imagines? Une catastrophe.»
«Evidemment. Nous serions tous perdus.»
 
Décidément, cette histoire amusait Michaël. Il avait envie de faire semblant d’y croire. Au moins jusqu’à l’aube. Jusqu’à ce qu’il puisse démontrer à Rê l’inutilité de sa mission. Il n’avait absolument rien contre ce doux-rêveur, il ne le détestait d’aucune manière. Sans doute était-ce de la simple cruauté gratuite, l’envie de lui mettre le nez dans sa folie, de lui montrer tous le temps, le sommeil, le talent gâché pour une tâche inutile qui, pourtant, régissait sa vie.
 
«Vous pourriez me montrer, cette nuit?»
 
Rê le considéra avec stupeur, de ses yeux clairs soulignés d’ombre.
 
«Tu… tu me crois? Vraiment? Tu ne me prends pas pour un menteur, voire même un fou?»
«Bien sûr que non. Je serais honoré d’assister à un tel spectacle, Aloysius Redwan Ammon.»
 
L’air profondément ému, l’homme serra la main du Serpent entre les siennes.
 
«Je t’en prie, appelle-moi Rê, comme le début de Redwan. Rappelle-moi ton nom…?»
«Michaël Zamenis. Pour vous servir.»
 
 
Cette nuit-là, Michaël avait observé Rê s’activer, manier loupes et miroirs selon des angles précis connus de lui seul. Le Serpent s’était amusé à lui poser des questions sans doute débordantes d’inutilité, mais qui lui permettait de sonder la profondeur de la folie de l’homme.
 
«Comment faites-vous les nuits nuageuses?»
«La lumière des étoiles est plus puissante que n’importe quel nuage.»
«Avez-vous déjà essayé d’allumer le soleil ailleurs qu’à l’est?»
«Tu es fou? C’est dangereux de vouloir perturber l’ordre naturel des choses.»  
 
Silence. Crissement des bras métalliques, miroitement des verres grossissants ou réfléchissants. Rê reprit la parole, voix hésitante, mais sincère.
 
«Je suis heureux que tu sois ici avec moi. C’est la première fois que l’on croit à mon travail. Ma fonction est pourtant de la plus haute importance. Mais non. Tout le monde me prend pour un timbré. Je t’aime bien, Michaël. Merci.»
«Je vous en prie. C’est un plaisir pour moi d’être ici.»
 
Il avait dû réprimer un sourire mesquin avant de répondre. Moi aussi je t’aime bien, au fond. Pourtant je vais te faire souffrir. Parce que je ne crois pas en ton travail.
Rê leva une énième fois la tête vers le ciel.
 
«Il est bientôt l’heure.»
«Vraiment?»
 
Michaël se leva calmement. Ramassa une pierre,  plus grosse qu’un poing, la soupesa. Puis, rapide comme un reptile qui se glisse entre les pierres chaudes, il courut jusqu’à la machine et fêla le miroir principal en multiples éclats. Il se tourna vers Rê. Jamais, au grand jamais, il n’avait vu une telle terreur sur le visage d’un homme. C’était fascinant. Tellement, tellement fascinant. Il dû cependant reculer lorsque le doux-dingue se précipita vers lui, ou plus exactement le miroir fragmenté, dont il étudia les dégâts, l’horreur gravée sur ses traits.
 
«Qu’est-ce que… Pour… Pourquoi as-tu fais cela? Est-ce que tu te rends compte de ce que tu viens de faire?! Si je ne peux pas allumer le soleil, nous resterons plongés dans une nuit éternelle…! Bon sang Michaël, qu’est-ce qui t’as pris?!»
 
La panique rendait sa voix saccadée, hachait ses mots. Le Serpent s’approcha de lui, posa une main sur son épaule. Contrairement à Rê, son ton restait posé, comme on explique un problème compliqué à un vieil ami.
 
«Voyez-vous, il était temps que vous compreniez que cette machine est inutile. Que le soleil n’a pas besoin de la main de l’homme pour se lever chaque matin. Il était temps que cette folie cesse, Aloysius Redwan Ammon.»
 
L’incompréhension se joint à la terreur, faisant briller de larmes contenues les yeux transparents.
 
«Alors toi non plus tu ne me croyais pas… Je te faisais confiance, pourtant.»
«Ce fut une erreur de votre part. Je suis sincèrement désolé.»
«Tu sais ce qu’est la sincérité?»
«Théoriquement.»
 
Rê abandonna la conversation. Le temps lui était compté, il devait trouver un moyen d’allumer le soleil avant que l’harmonie terrestre ne se détraque. Tentant le tout pour le tout, il orienta le miroir fragmenté vers l’horizon. De minutes en minutes, le ciel s’éclaircit. Rê laissa échapper un profond soupir de soulagement lorsqu’enfin, le soleil darda ses rayons.
 
«Nous avons évité le pire, heureusement que le miroir n’était pas complètement brisé. Est-ce que tu te rends compte de la catastrophe que tu as failli engendrer?! Va-t’en. Ne remet jamais les pieds ici.»
 
Michaël n’obéit qu’à un seul des ordres qui lui furent donnés. Il quitta les lieux. Mais revint la nuit tombée. Une fois encore, il tenta de détraquer la machine dont Rê avait remplacé le miroir central, pour le plaisir d’admirer à nouveau l’horreur parfaite sur le visage de l’homme. Une fois encore, Rê trouva le moyen «d’éviter la catastrophe». Cela dura plusieurs nuits. C’était devenu un jeu pour l’un, un calvaire pour l’autre. Jusqu’à ce que le Serpent soit accueilli par la pointe d’une lance. Ce n’était plus drôle. Il ne comptait pas risquer sa vie pour un simple divertissement. Il abandonna définitivement ce sommet de Great Mountain, laissant derrière lui Rê, l’homme qui embrasait l’horizon par la lueur concentrée des étoiles afin d’allumer le soleil. 

~~~~
Sur la liste des personnes qu’il haïssait le plus, il y avait Orphée. Parce qu’il n’avait pas réussi à le briser. Parce que ce type avait failli le tuer. Parce que, pour la première fois, il avait éprouvé un certain remord pour avoir tué quelqu’un pour rien; pauvre Eurydice, mourir à cause d’un homme comme lui. Sssssshhhh...
 
Suite à un nouveau déménagement –dès qu’il s’installait trop longtemps quelque part, on se rendait compte qu’il n’était pas étranger aux problèmes qui apparaissaient dans les alentours– il s’était posé avec son frère dans un village étrange; les âmes des défunts y étaient asservies par un couple, Hadès et Perséphone, qui avait élu domicile dans des mines proches, se créant un royaume souterrain. Ce concept lui avait plu; les gens avaient horriblement peur de la mort en ces lieux, leurs agonies n’en seraient que plus intéressantes.
 
La première fois qu’il avait vu Orphée, il s’était dit que cet homme pouvait être intéressant. Surtout si on prenait en compte les éloges d’Eurydice à son égard. Par curiosité, Michaël lui avait adressé la parole. Il avait suffi d’à peine une minute. Alors qu’il parlait, attendant une réponse quelconque, il avait vu dans le regard qu’Orphée portait sur lui qu’il savait. Il savait ce qui se cachait derrière les mensonges, le Serpent derrière Michaël. Troublé, l’ainé Zamenis avait purement et simplement prit la fuite. Je ne veux plus qu’il me regarde. Je ne veux pas qu’il voit cela.  
 
Aussi facilement que l’on actionne un interrupteur, l’esprit de Michaël avait converti une potentielle affection en un «Orphée est un obstacle. Je le déteste.» Simple mécanisme de défense, manichéen.
Heureusement, ils ne se voyaient que très rarement. Pour le Serpent, c’était déjà trop. Pourtant, le musicien ne s’était montré désagréable avec lui à aucun moment; il l’avait même aidé une fois, alors que Michaël était dans les ennuis jusqu’au cou, et surtout, il n’avait jamais divulgué la vérité sur le Serpent. Mais il y avait toujours cette lueur dans ses yeux quand ils se posaient sur Michaël, qui semblait murmurer «Je sais qui tu es». Moi, je ne sais pas qui tu es. Comment peux-tu te permettre de percer les secrets des gens alors que tu es incapable de donner ton nom? Est-ce un défi entre deux porteurs de masques? Je ferai tomber le tien.    
 
Cet objectif se révélait difficile à atteindre. Comment pouvait-il faire souffrir Orphée? Qu’est-ce qui pouvait bien toucher ce type? Il ne savait quels mots pouvaient le blesser. Aucune chance de le torturer.  Michaël n’avait aucun appuies pour utiliser sa méthode habituelle; il ne pouvait rien arracher à cet homme qui vivait en vagabond, sans attaches affectives ni matérielles. Lui voler sa clé? Impossible. Alors... Ne restait qu’Eurydice, cette pauvre fille amourachée, la seule personne qu’Orphée était susceptible d’apprécier.
 
Endossant le rôle d’un ami inquiet, Michaël avait discuté avec Eurydice: «Je suis vraiment désolé, mais il y a certaines choses qu’il faut que tu sache à propos d’Orphée. Il parait que…» Technique de la fausse rumeur. Hélas –surtout pour elle– elle refusa d’y croire. Comment pouvait-elle lui porter un amour si fort? Le Serpent ne comprenait pas. Ne pouvait pas comprendre.
 
S’il désirait atteindre Orphée, il lui fallait faire pire.
Phase première du plan: mettre des mômes dans des situations dangereuses pour «occuper» Orphée. Ce fut long à préparer, mais pas difficile en soi; le rôle du gentil grand frère, il commençait à le maitriser.
Phase deux: emmener Eurydice dans la forêt proche. La poignarder.
Phase trois: s’inquiéter de la disparition d’Eurydice; retrouver son corps par hasard ou en organisant une battue.
Phase quatre: accuser Orphée. Après tout, il avait toujours un couteau sur lui, et Eurydice le retrouvait souvent dans cette forêt, n’était-il pas le suspect idéal? Pendant qu’on y était, imputons-lui la cause des disparitions d’enfants.
Serait-ce suffisant? Le décès d’une poignée de gosses et surtout de la femme qui l’aimait suffiraient-ils à le détruire? Michaël l’espérait.
 
Le plan avait fonctionné jusqu’au stade «tuer Eurydice». Il se souvenait encore de la souffrance, de l’incompréhension sur le visage de la jeune femme lorsque la lame avait traversé son ventre. Un cri affreux qui fend l’air aussi sûrement que le couteau avait déchiré les chairs. Le sang, les larmes, la terreur, la souffrance, l’incompréhension. Sang, larmes, encore.

« Pourquoi…?»


Combien de fois avait-il entendu cette question, posée entre deux sanglots? S’agenouillant près d’elle, il prit le temps d’y répondre. Elle avait le droit de connaitre la cause de sa mort, cette pauvre, naïve victime. Triste dommage collatéral.

«Ce n’est pas contre toi, Eurydice, sache-le… mais tu es la seule personne qu’Orphée est susceptible d’apprécier. Si tu meurs, cela devrait lui faire suffisamment de mal…»


Etait-ce censé la rassurer? Pas vraiment. Parfois, c’était agréable de dire la vérité. A qui irait-elle la répéter, Hadès et Perséphone? Tth. Il continua de parler, sans vraiment savoir pourquoi, sans doute juste pour le plaisir d’exprimer ce qu’il pensait réellement. Parce qu’elle avait le droit de savoir.

«Il devrait découvrir ton corps dans quelques jours. Cela ne va pas être facile de te retrouver dans cette forêt. Et pour pouvoir m’en prendre à toi, il a fallu que je l’occupe. Quelques gosses du village sont dans des situations pour le moins périlleuses, je me demande combien il pourra en sauver… Avec un peu de chance, pas beaucoup. Cela ne lui plaira pas. Et tu seras l’ultime plaie, celle qui l’achèvera.»


Cette femme allongée sur le sol, une plaie ignoble déchirant ses entrailles, son sang se répandant sur l’herbe, visage implorant mouillé de larmes, qui venait d’apprendre qu’elle allait mourir pour faire souffrir l’homme qu’elle aimait… Quelle triste vision. Michaël la contempla, puis le sang sur ses mains. Il avait commis ce crime atroce. Alors pourquoi ne ressentait-il rien d’autre qu’une vague pitié pour la blessée? Pourquoi cette agonie ne lui inspirait ni peine, ni plaisir sadique? Raison de plus pour espérer qu’Orphée serait touché par la mort d’Eurydice. Pour que quelqu’un pleure sa disparition. Son assassin en était incapable.

«J’espère sincèrement qu’il t’aime, Eurydice. Sinon, ta mort n’aura aucun sens… dans tous les cas, il ne te mérite pas.»


Il était temps de mettre un terme à ses souffrances. Pauvre Eurydice. Tu n’avais pas à finir ainsi. Tu valais mieux que cela. Au moment de lui porter le coup de grâce, ce fut au tour de Michaël d’être traversé d’une vive douleur, une lame plantée dans son épaule droite. Un couteau avait fendu l’air, comme le cri d’Eurydice. Sang, incompréhension, peur, souffrance, sang encore. Pas de larmes, juste de la colère. Il ne l’avait ni vu, ni entendu arriver.
Un Orphée trempé, dont l’avant-bras présentait une vilaine morsure, se tenait près d’Eurydice. Une main pressée sur la blessure, il tentait d’enrayer l’hémorragie. Michaël se redressa difficilement. Un sifflement contrarié lui échappa. Son épaule le faisait souffrir, le métal dans sa chair qui ripait sur l’os à chaque mouvement était affreusement désagréable. Et oui, il se permettait de se plaindre après avoir infligé à autrui une douleur dix fois supérieure.
Orphée releva les yeux vers lui. D’un ton anormalement calme, il lui ordonna d’aller chercher un médecin. Le premier réflexe de Michaël aurait été de lui dire d’aller se faire voir et que si médecin il y avait, ce serait pour son épaule. Pourtant, à sa grande honte, il obéit. Parce que le regard d’Orphée était sans appel, emplit d’une froideur dissimulant une colère contenue. Le Serpent n’aurait pas donné cher de sa peau en cas de refus de sa part. Alors, malgré l’insupportable douleur, il avait couru jusqu’au village, aussi vite que ses jambes rapides pouvaient le porter, laissant derrière lui un sillage de sang en pointillés, évoquant vaguement ceux tracés sur les cartes au trésor. Il avait fui la clairière, le corps supplicié d’Eurydice. Fui le regard d’Orphée, une fois encore.
Une fois son point d’arrivé atteint, Michaël s’écroula littéralement sur le perron de la première maison qu’il trouva. Toute force l’avait abandonné à partir du moment où il avait vu les habitations, alors qu’il venait de faire une course à travers la forêt. Syndrome du secours. Cri d’effroi de l’insouciante mère de famille qui avait ouvert la porte après avoir entendu un choc contre le bois. Des murmures, parmi lesquels «Amenez-le chez le médecin, enfin!» ressortit. Les mots qui franchirent les lèvres de Michaël le surprirent lui-même.

«Attendez… Eurydice est dans la forêt, gravement blessée. Elle a absolument besoin d’un médecin, sinon elle va mourir…»


«Où exactement? Tu peux nous donner des points de repère?»

«Suivez le sang… Le trésor est au bout.»


Il ne comprenait pas, pas du tout. Etait-ce du courage, de l’altruisme, du repentir? Non. L’impression tenace que s’il avait réclamé des soins sans donner l’état et la position d’Eurydice, Orphée serait mystérieusement apparu pour l’achever sans état d’âme.
On l’avait tout de même soigné, recousu, retenu à la vie alors que l’hémorragie était importante. Il avait pensé à Denitry. Que deviendrait son frère s’il disparaissait? Qui s’occuperait du cadet Zamenis? Et qu’est-ce qui lui prenait, à penser aux autres, alors qu’il frôlait la mort?
 
Le Serpent s’en était sorti. Pas Eurydice. Tous les gamins étaient sains et saufs. Il avait tout de même lancé la dernière phase de son plan: accuser Orphée. Pas un des gosses n’avait osé démentir.
Trois jours après le décès d’Eurydice. Michaël, assit sur un banc dehors, faisait distraitement tourner entre ses doigts le couteau qui avait failli l’emporter dans la tombe. Orphée était apparu près de lui, comme un spectre. L’ainé Zamenis observa le musicien, sourire provocant accroché aux lèvres, espérant avoir relevé le défi, avoir fait tomber le masque d’Orphée. Rien de tel. Pas la moindre fêlure. Visage perpétuellement impassible, regard ne reflétant pas la moindre douleur. Il récupéra simplement son arme entre les mains du blessé. La conscience de sa mort imminente, fulgurante, traversa l’esprit de Michaël. Il fixa son bourreau, attendant la sentence. Il n’avait pas la force de fuir. Inutile. Une fois encore, sa pensée dériva vers Denitry. Est-ce qu’on lui expliquera quel monstre était son frère ainé?
Sans un mot, Orphée fit disparaitre le couteau et s’éloigna, laissant un Serpent profondément stupéfait, perplexe. Complètement perdu, comme à chaque fois que l’on ne lui rendait aucune rancune; ne connaissant aucun pardon, il était toujours figé d’incompréhension lorsqu’un ennemi le graciait; un simple «je ne t’en veux pas» suffisait à lui faire perdre tous ses moyens. Une voix féminine le fit tressaillir. «Vous osez revenir ici? Après avoir tué Eurydice, vous venez en finir avec ce jeune homme?» Regain d’espoir. La fausse accusation ferait-elle vaciller Orphée?
Nouvelle déception. Le musicien n’y avait accordé qu’indifférence, pas même prit la peine de se défendre. Il disparut.
Ce fut la dernière fois que Michaël le vit, pourtant son souvenir refusait de s’effacer, autant que la cicatrice qui le faisait toujours souffrir les jours d’humidité. Son plus grand échec, un homme qu’il haïssait et qu’il n’avait pu briser, l’impression d’une tâche inachevée mais insurmontable.
Nouveau déménagement. Peur viscérale qu’Orphée le retrouve pour lui faire la peau.    

~~~~
Voyage à Nivis. Ayant enfilé son rôle de colporteur, Michaël frappa à la porte d’une mignonne maisonnette. Il savait parfaitement que la propriétaire de la demeure n’était autre que Blanche Neige, mais il tenait à tenter de lui vendre quelques livres, si possible ceux appelant des suites; cela leur ferait une cliente supplémentaire, et non des moindres. Hélas, la porte resta close. Après une longue hésitation, le Serpent préféra rester dans les alentours afin d’attendre le retour de la souveraine; n’ayant entendu aucune rumeur à propos d’un quelconque déplacement important de Blanche, elle ne devait pas être bien loin.
Cherchant un endroit confortable où il pourrait s’installer pour patienter, il vit un grand arbre dont le tronc lui apporterait sans nul doute un appuie confortable, le feuillage une ombre agréable. Mais en s’approchant du pommier –car il s’agissait bien d’un pommier– il en constata l’étrangeté de ses fruits, tous de couleurs variés et absolument pas naturelles.
Bien qu’intrigué, Michaël était cependant trop prudent pour oser goûter l’une des étranges pommes; il était bien placé pour savoir qu’on ne pouvait avoir confiance en rien ni en personne. Trouvant dans cet arbre un excellent moyen de passer le temps, il abandonna son sac contre le tronc avant de grimper entre les branches. Pour savoir quelles conséquences entrainaient l’ingurgitation de l’une de ces pommes colorées sans y goûter soi-même, il suffisait de débusquer un cobaye.
 
Assit dans un équilibre précaire, Michaël comptait sur sa position élevée afin de voir arriver quelqu’un, que ce soit Blanche Neige ou un sujet d’expérience. Personne à l’horizon. Ce serait trop simple, les règles de l’ennuie s’alliaient immanquablement à celles de l’attente.
Il se rappela soudain que dans son enfance, Denitry adorait monter aux arbres. Sa paraplégie ne le lui permettait plus. Cela ferait peut-être plaisir à son petit frère s’il l’emmenait faire une balade en forêt, un de ces jours. Mais comment le faire grimper à un arbre…?
 
Le Serpent en était au stade de sa réflexion où il se demandait comment il pourrait se procurer une poulie, lorsqu’une silhouette se profila enfin dans son champ de vision. Une femme, de toute évidence. Le temps qu’elle s’approche du pommier multicolore, poussée par la curiosité, Michaël descendit quelques branches afin d’être à sa hauteur. Lorsqu’ils furent suffisamment proches, le jeune homme salua l’arrivante avec un charmant sourire. La femme lui jeta un regard perplexe, se demandant sans doute ce qu’il fichait là-haut; question qu’il se posait aussi, au final.

«Bonjour, mademoiselle. Puis-je vous être utile?»
«Bonjour… Qui êtes-vous?»
«Le Serpent, gardien de ce pommier. Me feriez-vous l’honneur de me donner votre nom?»

La femme hésita. Elle semblait perdue, ballottée d’incompréhension.

«Eve.»
«Très joli prénom, il vous sied à merveille. Dites-moi Eve, puis-je vous aider?»
«C’est-à-dire que… mon compagnon ne devrait pas tarder à arriver…»

Le Serpent posa sur elle un regard compréhensif depuis son perchoir.

«Je crois que vous ne comprenez pas. Laissez-moi vous expliquer; ce pommier pour le moins singulier produit des fruits aux vertus bénéfiques, différentes selon la couleur. J’ai pour mission d’aider les braves gens tel que vous à trouver quelle pomme conviendrait à leur besoin. Y a-t-il un problème qui vous préoccupe? Un souci de santé, une histoire de cœur?»


Le visage d’Eve s’éclaira d’une lueur d’espoir, qui s’éteignit rapidement.


«Je… préfère attendre Adam, enfin, mon compagnon.» Elle sourit tristement. «Vous savez, on me dit souvent que je suis sotte, je préfère éviter de prendre des décisions inconsidérées.»

Poisson ferré. Attrapant une pomme au hasard –verte fluo– le Serpent se suspendit tête en bas à une branche. Ainsi, son visage arrivait exactement à hauteur de celui de la femme; à l’envers, certes, mais cette proximité ajoutait d’avantage de poids à ses propos. Il lui tendit le fruit avec un sourire perfidement compatissant.

«Sotte, dites-vous? Sssssshhh… Alors cette pomme vous apportera la connaissance. Vos yeux s’ouvrirons, vous serez en mesure de dissocier le bien du mal. N’est-ce pas ce dont vous avez le plus besoin?»

Eve hésita longuement, ses yeux brillants passant tour à tour du fruit surnaturel au visage retourné qui lui faisait face. Douce tentation. Enfin, avec un remerciement, elle s’empara de la pomme et mordit dedans. Michaël regagna une position plus confortable afin d’étudier le phénomène à son aise, impatient d’en voir les conséquences, conservant cependant un visage amical, avenant, pour ne pas inquiéter la femme. Mais il ne se passa rien. Absolument rien. Eve ne tomba pas raide, empoisonnée, sa peau ne devint pas vert fluo, elle ne parut pas non plus soudainement investie de connaissances universelles. Aussi fallait-il le lui faire croire s’il ne voulait pas perdre toute crédibilité. Une silhouette masculine apparaissait au loin.

«Dites-moi Eve, est-ce une bonne chose de voler de l’argent à un passant dans la rue?»
«Non, c’est mal de voler… Enfin, cela dépend de si nous sommes vraiment dans le besoin, mais dans tous les cas, le vol n’est pas une solution. Je crois…»
«Vous voyez? Vous avez eu accès à la connaissance, vous êtes en mesure de dissocier le bien du mal; n’est-ce pas ce que je vous avais promis?»

De la surprise, puis une joie sans borne traversèrent les yeux de son interlocutrice. Les nuages de sa constante incertitude désormais chassés, le visage de la femme rayonnait d’une assurance nouvelle. Ce furent les traits du nouvel arrivant qui s’assombrirent lorsqu’il trouva sa compagne si joyeusement pimpante en pleine discussion avec un jeune homme. Michaël bénit sa position surélevée qui lui évita sans le moindre doute de se prendre le poing d’Adam en pleine figure (la femme l’avait appelé comme cela, non...?), ainsi que l’intervention immédiate d’Eve qui lui présenta l’étrange fruit avec un sourire de petite fille.

«Adam! C’est merveilleux, il faut absolument que tu goûtes à cette pomme; elle donne le savoir! Tu te rends compte?»


L’homme hésita un instant, son regard suspicieux passant du fruit vert fluo au Serpent qui affichait une mine avenante, de toute évidence plus inoffensif qu’un chaton coincé en haut d’un arbre; son expression s’adoucissait cependant considérablement lorsque ses yeux se posaient sur sa compagne qui continuait d’insister lourdement. Il mordit dans la chair si singulièrement colorée.
Ce qui suivit, jamais, au grand jamais Michaël n’avait espéré un tel résultat.
Le surprenant pouvoir de cette pomme verte fluo était donc d’échanger les âmes de ceux qui la croquaient.  Le Serpent rit tellement au spectacle de ces deux pauvres victimes qui ne comprenaient rien à cette situation et qui cherchaient comment l’inverser qu’il faillit en tomber de son perchoir.

Hélas, cette étonnante mascarade déplut à la souveraine des lieux; Blanche Neige, de retour à sa demeure et de fort méchante humeur (certainement due à un nouvel échec dans ses éternelles conquêtes masculines), chassa tout ce petit monde du Strange Apple Fruit, étendant sa malédiction aux frontières de son Royaume. Michaël avait depuis longtemps passé outre cette interdiction et repris ses tournées à Nivis, mais point encore osé reparaitre devant la reine (essentiellement à cause de la chasseresse qui l’avait menacé de ses flèches acérées). Si sa mission première, vendre quelques livres à Blanche, fut un échec total, le divertissement qui en découla valait peut être ce sacrifice. Et puis, rien ne l’empêchait de tenter à nouveau sa chance, la souveraine de Nivis avait très certainement oublié cet épisode…
 
~~~~
 
Cahots de la route, odeur de foin. Le jeune homme soupira. Pourquoi tous ces souvenirs venaient l’assaillir maintenant? Il n’avait aucune envie d’y songer. Il posa la main sur son visage, un moyen factice de se dissimuler à ses pensées le temps qu’elles retournent s’enfouir au fond de sa mémoire.
Ses yeux se posèrent à nouveau sur l’autobiographie de son frère. Même si Denitry ne savait pas grand-chose, il y avait dans ces pages quelques preuves accablantes qui risquaient de lui porter préjudice.
«Désolé Den…»
Calmement, méthodiquement, Michaël déchira le manuscrit en morceaux trop petits pour être identifiables et les éparpilla dans le vent, laissant au zéphyr le bon soin de les faire disparaitre.


Votre but dans tout ça ? : Rien de particulier... Vivre, faire vivre son frère, et pourrir la vie des gens qu'il déteste

Autre chose à dire sur votre personnage ? : Le conte représenté est le Serpent que l'on retrouve un peu partout, soit: Apophis, de la mythologie égyptienne; le serpent qui tua Eurydice; le serpent de la Genèse; et dans son modus opérandi, Nidhogg et Jörmungand, de la mythologie nordique, sont rapidement évoqués.  
Il garde toujours dans sa poche un papier soigneusement plié sur lequel Denitry lui a écrit un poème; telle est sa clé. S'il en est séparé, il en viendra à se haïr lui-même. Et on sait qu'il peut aller loin pour faire souffrir une personne qu'il déteste...

Détails pour nous
Groupe de Votre Personnage : Hum... C'est un Réglisse, non?

Une Demeure ? : Une maison au Castle Village

Un Rang Personnalisé ? : Fourbe, sadique et adorable~

Le forum & vous
Votre Prénom : Charlène (oui, c'est encore mooâââ)
Votre Âge : 19 ans, maintenant...
Comment avez-vous connu le Forum ? : C'est la troisième de mes personnalités multiple à venir squatter ici
Qu'en pensez vous ? : Juste génial, dommage que le parfait n'existe pas, sinon il le serait
Que pensez vous du thème ? : Même réponse qu'à la question précédente
Des Suggestions ? : Nop
Code : { Validé par Charles }
Quelques mots ? : Enfin un perso qui me permet de libérer mon sadisme!
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MessageSujet: Re: Le Serpent, pourrisseur d'existence professionnel   Mar 22 Oct 2013 - 11:01
Re-Bienvenue !

Quelle fiche agréable et très bien écrite, j'ai beaucoup aimé la présentation de ton personnage vu par son frère cadet et les différentes histoires! Il s'agit là d'un personnage fort intéressant et légèrement déstabilisant 8D
Pour moi, tout est en ordre mais si un admin veut passer derrière, il peut ^^.



Chieur ? :
 
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MessageSujet: Re: Le Serpent, pourrisseur d'existence professionnel   Mar 22 Oct 2013 - 11:10
Bonjour Amé ^^ !

Alors que dire ...ta fiche est super ! C'est toujours un régale de te lire ! Je te valide donc.

Comme d'habitude, pour la maison tu peux me donner par mp la nom et la description.
[alala en même temps Charles, mais comme tu as pas précisément validé je post tout de même]


Dernière édition par Grisélidis Hans le Mar 22 Oct 2013 - 14:27, édité 1 fois
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Arme(s): /
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MessageSujet: Re: Le Serpent, pourrisseur d'existence professionnel   Mar 22 Oct 2013 - 14:23
Merci de penser à remplir ton still there~


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{Savais-tu que la mort avait un visage ? ♥️}

Le vrai Joachim...♥️
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Lecteur ou Conte (lequel) ?: Conte, le Serpent
Arme(s): Des mots, sinon tout ce qui lui tombe sous la main
Un petit mot ?: Je suis un enfoiré. Mais qu'est-ce que ça soulage!

MessageSujet: Re: Le Serpent, pourrisseur d'existence professionnel   Mar 22 Oct 2013 - 20:26
Merci beaucoup à tous! *Profondément touchée*
Je m'occupe de tout cela dans les plus brefs délais
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MessageSujet: Re: Le Serpent, pourrisseur d'existence professionnel   Mar 22 Oct 2013 - 21:33
D'ailleurs, le physique de Michael me fait penser à celui de Rose, l'ex de Joachim xD Il en aurait bien fait son quatre heure! (la joueuse aussi)

J'ai hâte de voir tes rp ;p


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MessageSujet: Re: Le Serpent, pourrisseur d'existence professionnel   Mar 22 Oct 2013 - 21:36
Euh... Tu arrives presque à m'inquiéter x)
Merci, je vais faire de mon mieux!
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MessageSujet: Re: Le Serpent, pourrisseur d'existence professionnel   
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Le Serpent, pourrisseur d'existence professionnel

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