Petit humain, mais qu'as-tu fait ? Ouvrir ce livre, pris de curiosité ! Quelle grave erreur, car dès maintenant, les contes te garderont pour eux !
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 Sauvez ma journée, s'il vous plait... [Comte de Monte Cristo]

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MessageSujet: Sauvez ma journée, s'il vous plait... [Comte de Monte Cristo]   Dim 27 Oct 2013 - 22:10
« (…) Quéri s’apprêta à partir, mais se retourna au dernier moment: «Il y a une autre raison à ton retour.» La lame du couteau dérapa contre la pierre à aiguiser avec un crissement désagréable. Nao ne répondit pas tout de suite, faisant certainement le tri entre ce qu’il devait cacher et ce qu’il pouvait révéler. Le murmure régulier reprit. «Il y a longtemps, j’ai commis une erreur, dit-il enfin d’une voix blanche. Une terrible erreur. J’ai dû partir.» Quéri devina que son père n’en dirait pas plus. Il hocha doucement la tête et se retourna. La voix de Nao surgit soudain dans son dos: «Quéri… ne va pas chez les Hommes Cachés.» C’était presque une supplique. Mais le jeune homme ne pouvait rien promettre. Il partit sans un mot.»
 
Michaël se tu, reposa le livre sur ses genoux. L’homme qui lui faisait face ne montrait aucun signe d’ennui, ne parut pas non plus troublé par le silence qui venait de s’installer.
 
«Le chapitre est terminé, les deux heures sont écoulées, indiqua le jeune homme. Voulez-vous que je continue la lecture?»
«Non, tu peux t’en aller.»

Michaël se leva, prenant soin de faire crisser sa chaise, posa le livre sur la table avec un claquement sourd, effleura la main de l’homme avant de la lui serrer. Tant de petits détails ritualisés auxquels il fallait prendre garde.
 
«Au revoir, M. Gardiner. Je reviendrai demain, à l’heure habituelle.»
«A demain, mon garçon. Merci de m’accorder de ton temps.»
«C’est naturel, vous n’avez pas à me remercier», répondit l’ainé Zamenis, un sourire dans la voix sans que ses lèvres ne quittent leur position neutre.
C’est surtout parce que tu me payes, qu’est-ce que tu crois?
 
Il ne put réprimer un frisson lorsque les yeux recouverts d’une taie laiteuse semblèrent se poser sur lui. Il quitta la maison en claquant la porte, fut éblouit par un rayon de soleil. Le temps était plus que clément en cette fin d’après-midi.
Deux heures de lecture quotidienne durant une semaine, telle était sa mission. C’est cela quand on essaye de vendre des livres à un aveugle.
 
 
Le Serpent arpenta les rues du Cannibale Village, l’air détendu, sûr de lui, une vague cruauté dansant sur ses traits comme s’il ruminait un sale coup. Mains dans les poches, son sac se balançant sur son épaule régulièrement au rythme de ses pas, il n’accordait aucune attention aux badauds qu’il croisait.
 
A la fois peu rassuré et d’humeur médiocre, Michaël observait du coin de l’œil chaque villageois. Il n’aimait pas du tout cet endroit, la simple pensée de devoir y rester trois jours encore le désespérait. Aussi conservait-il ce rôle de méchant décontracté comme armure dissuasive; cela tenait cette bande de péquenauds cannibales à distance.
Normalement, ses tournées à Necis étaient rapides, il s’attardait le moins possible dans ce royaume. L’aveugle était un sacré contretemps, une semaine entière à trainer dans ce village alors qu’il avait promis à Denitry qu’il rentrerait vite… Ssssssshhh. Enfin, le vieil infirme le payait considérablement pour les séances de lecture; Michaël ignorait s’il devait remercier ou maudire son timbre de voix qui avait immédiatement séduit l’oreille fine de M. Gardiner.
Au moins, durant ces quatre jours d’escale involontaire il avait pu se passer les nerfs sur la famille d’une vieille harpie. Doux réconfort.

 
Le Serpent s’arrêta devant l’entrée du manoir aux proportions colossales autour duquel il tournait depuis son arrivée au Cannibale Village. Sans doute était-il temps d’enfiler le manteau du gentil colporteur et de tenter de vendre quelques livres à quelqu’un de riche et de lettré. Du moins, espérons-le.
 
Conservant la décontraction, Michaël chassa la cruauté de son visage pour une expression beaucoup plus avenante. Son poing frappa à trois reprises la lourde porte du manoir. Il pria pour que le propriétaire soit plus intéressant que les pécores qui entouraient sa demeure. S’il le pouvait, il brûlerait entièrement ce foutu village. Enfin, pas tout de suite, il y avait M. Gardiner qui lui devait de l’argent et un potentiel bon client; ce serait dommage de les perdre, attendons au moins la fin de la semaine…       
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MessageSujet: Re: Sauvez ma journée, s'il vous plait... [Comte de Monte Cristo]   Lun 28 Oct 2013 - 10:56
Appuyé contre sa lourde bibliothèque, il désespérait de trouver quoi que ce soit d’intéressant, il avait déjà tout lu, tout vu. Il lui arrivait de se demander pourquoi il restait en vie et ces dans ses instants que sa haine sourde pulsait comme une poison, il ne pouvait s’en défaire et ne voulait pas non plus s’en défaire. C’était sa seule vraie force. Il avait déjà commencé à faire des recherches. Il savait comment un lecteur sortait de ce monde mais aucun conte n’avait encore voulu partir, le Comte devait expérimenter. Sa première expérience serrait de convaincre de manière plus ou moins agréable, un conte de lui prêter sa clé pour qu’il puisse essayer de partir. Il avait déjà tenté plusieurs fois avec la sienne et avait failli devenir complètement fou.

Il se ressaisit, évitant de penser à ce souvenir désagréable pour se concentrer sur un événement plus festif qui le distrairait peut-être, il comptait organiser une grande fête pour la pleine lune. Cela lui laissait deux semaines complètes pour faire les préparatifs et pour lancer les invitations. Le Comte alla s’assoir à son bureau encombré de hautes piles d’ouvrages en équilibre, ses dernières lectures. Il sortit une feuille de parchemin et sa plume pour lister les invités, il entra le bout de sa plume dans son encrier quand la belle Haydée vint frapper délicatement à la porte de la bibliothèque.


« Entre, Haydée. »


Elle poussa doucement la lourde porte ouvragée avant d’annoncer qu’un visiteur avait frapper à la porte et qu’il attendait dans le vestibule. Elle précisa qu’il était colporteur de livres. Cela pouvait se révéler intéressant. Et cela serait d’autant plus intéressant s’il le recevait dans sa bibliothèque qui couvrait une grande partie de son rez-de-chaussée, ce qui n’était pas rien vu la taille colossale du manoir.


« Je le recevrais ici. Merci. »


La frêle poupée quitta alors la pièce et mena son invité jusqu’à sa pièce préférée. Quand l’homme qui avait frappé à sa porte passa celle de la bibliothèque, le Comte se leva et ajouta


« Bienvenue au Manoir Monte Cristo. »

Sa grand silhouette enchâssée dans un costume élégant avait salué de manière légèrement condescendante son invité, après tout, il n’avait pas son titre, ni sa richesse. Ce n’était qu’un colporteur et il se devait de tenir son rang.


« Qu’est ce qui vous amène chez moi ? Monsieur... »


Le Comte indiqua la chaise libre face au bureau à son invité et prit place de l’autre côté du meuble de bois marqueté sur lequel reposait un certain nombre de livre en tout genre.
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MessageSujet: Re: Sauvez ma journée, s'il vous plait... [Comte de Monte Cristo]   Mar 29 Oct 2013 - 19:29
Ce fut une fort jolie demoiselle qui vint lui ouvrir. Surprit par cette apparition, Michaël mit une seconde de trop avant de la saluer poliment et de lui exposer les raisons de sa visite. Ce n’était peut-être pas une si mauvaise semaine, finalement. La jeune femme lui annonça qu’elle allait prévenir son maitre, «Monsieur le Comte», de sa venue; elle l’invita donc à attendre dans le vestibule. Evidemment, c’était toujours mieux que de patienter sur le perron, à observer les motifs dans le bois de la porte.
Il entra. Quelle idée d’inviter un Serpent en sa demeure…
 
L’ainé Zamenis suivit des yeux la belle demoiselle lorsqu’elle s’éloigna prévenir son maitre. Il fit ensuite le tour du luxueux vestibule où il patientait. Un comte, rien que cela. Jusque-là, il pouvait faire un récit véridique de cette visite à Denitry sans qu’il soit insipide; un magnifique manoir habité par un comte et un ange frêle… certainement de quoi inspirer son frère pour un prochain roman.
La jeune femme revint assez rapidement pour lui annoncer que l’illustre propriétaire de la demeure était enclin à le recevoir. Quel honneur. Il la suivit jusqu’à une pièce où elle lui fit signe d’entrer avant de s’éclipser. Michaël eu tout juste le temps de la remercier. Il vérifia rapidement sa tenue, rajusta son sac sur son épaule gauche, puis ouvrit la porte.
 
Une bibliothèque. Une immense, gigantesque bibliothèque. N’était-ce pas parfait? A moins que le Comte n’ai justement suffisamment de lecture, qui plus est bien plus intéressante que des romans écrits par un gamin de quatorze ans et quelques livres à l’eau de rose pour femmes au foyer.
Le maitre des lieux se leva à son approche. Une quarantaine séduisante, des vêtements d’excellente facture, de longs cheveux bruns, mais détail perturbant, des yeux vairons tous deux de couleurs superbes et surnaturelle, l’un jaune, l’autre rouge. Ils étaient plus troublants encore que ceux, laiteux, de l’aveugle, qui avaient déjà le don de mettre Michaël mal à l’aise.
 
«Bienvenue au Manoir Monte Cristo.»
 
Si la voix de l’homme était agréable, son ton l’était moins. Bien poliment, il l’écrasait de sa supériorité. La main du Serpent eu un infime tressaillement, il avait failli serrer le poing.
 
Ne me prend pas de haut, sale bourge!
Ce type avait réussi à l’agacer d’avantage. Après réflexion, mis à part la belle demoiselle, il n’y avait rien à garder dans cette saloperie de Cannibale Village.
Puisque le Comte le prenait pour un malpropre, il avait envie de se comporter comme tel. S’essuyer les pieds sur le coûteux tapis, laisser des traces de doigts sales sur les pages des livres, puis partir en dérobant l’argenterie et, pourquoi pas, la jolie servante.
Tss tss tss, du calme. C’est un client. Un client riche.
Rester poli, garder son rang inférieur, donner régulièrement du «Monsieur le Comte». C’est parti pour le rôle du sympathique bouseux un peu moins stupide que la moyenne.
 
«Qu’est-ce qui vous amène chez moi ? Monsieur...» continua son hôte, lui désignant une chaise d’un geste courtois avant de se rassoir derrière son bureau.
 
Le jeune homme esquissa une révérence lorsqu’il répondit en premier lieu à la question implicite du maitre des lieux.
 
«Michaël Zamenis, Monsieur le Comte. Merci infiniment de m’accorder un peu de votre temps.»
 
Le Serpent posa doucement son lourd paquetage sur le sol, soucieux de ne pas faire de bruit et, par conséquent, de rester discret. Il marqua ensuite une seconde d’hésitation avant de prendre place sur la chaise indiquée par le Comte, un peu gêné de s’assoir sur cet objet qui, bien que prévu à cet effet, devait coûter l’équivalent d’un mois de travail. Une fois installé face à son hôte, mains paisiblement posées sur les genoux, le luxueux bureau mettant entre eux une distance respectable, il reprit la parole avec le même mélange d’assurance et de respect qu’il avait utilisé pour se présenter.
 
«Quant à ma présence en votre demeure… Disons que je vous offre l’opportunité de compléter votre bibliothèque, même si les livres que je peux vous proposer sont d’une qualité moindre aux merveilles que vous possédez.»
 
Il tendit la main vers l’un des ouvrages posés sur le bureau, tenté de le feuilleter, mais se rétracta. Comment pourrait-il ne serait-ce que poser les doigts sur une couverture si finement ouvragée? Qui plus est, il n’avait pas la permission du Comte.
 
C’est ennuyeux.
Il préfèrerait largement poser les pieds sur le bureau comme un malotru, se balancer sur sa chaise à un mois de salaire et défier son interlocuteur d’un sourire insolent en cornant les pages de ses si précieux bouquins. Il se ferait mettre à porte sans ménagement, mais ce serait bien plus drôle. Il rêvait de voir le visage du Comte se tordre de colère. Il voulait l’énerver, le contrarier, lui pourrir sa journée.
 
Michaël fit glisser vers son hôte quelques livres tirés de son sac, cinq pour être exact; trois d’entre eux portaient le nom de son frère sur la page de titre. Parmi ceux-là se trouvait même le roman qu’il lisait à M. Gardiner.
 
«Ce sont là des lectures reposantes, des romans légers qui permettent de passer agréablement le temps. Si vous êtes d’avantage porté sur des ouvrages plus sérieux, je peux m’en procurer dans les plus brefs délais.»
 
Il accompagna sa réplique d’un petit sourire qui creusa des fossettes dans ses joues, un peu embêté de présenter de si piètres lectures à un homme de haut rang. Mais après tout, il n’était qu’un pauvre hère, il ne pouvait guère offrir mieux.
Pas vrai, Monsieur le Comte?
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MessageSujet: Re: Sauvez ma journée, s'il vous plait... [Comte de Monte Cristo]   Jeu 31 Oct 2013 - 10:01
Sa manière d’accueillir le colporteur n’avait pas plut à ce dernier, cela se voyait tout de suite, il avait pris la mouche à cause de la supériorité affichée du Comte. Peut-être allait-il réviser son jugement sur son invité finalement. Le Comte était tout à fait prêt à faire des efforts pour s’attirer les faveurs de son invité, il agissait toujours ainsi, prêt à se plier en quatre pour arriver à toucher les personnes qu’il connaissait, pour savoir ce qu’ils cachaient afin d’utiliser cela contre eux au besoin...

Après une légère révérence, il répondit au Comte sur sa demande de nom pas entièrement formulée mais qui avait suffit puisqu’il y répondit, dévoilant son nom au propriétaire des lieux.


« Michaël Zamenis, Monsieur le Comte. Merci infiniment de m’accorder un peu de votre temps. »

Michael posa donc son lourd sac sur le sol comme s’il craignait d’abimer le couteux tapis avant de prendre place de manière tout aussi délicate sur la chaise. De peur de la briser ? Ou de honte de s’assoir sur ce genre de mobilier classieux ? Peu importait, le Comte voulait se racheter de son comportement à son arrivée et tentait de trouver une raison qui permettrait d’adoucir les angles entre lui et son invité.

« Quant à ma présence en votre demeure… Disons que je vous offre l’opportunité de compléter votre bibliothèque, même si les livres que je peux vous proposer sont d’une qualité moindre aux merveilles que vous possédez. »

Il est vrai que le Comte pouvait d’avoir la plus complète et la plus couteuse collection de livre. Mais, il apercevait entre les mots du colporteur, un reproche de l’avoir traité ainsi à son arrivée. Ce n’est pas parce qu’il avait de nombreux ouvrages décorés ou de haute littérature qu’il refusait automatiquement un livre moins important. Au contraire, il se dit que ça pourrait le changer de ses lectures habituelles. Il vit son invité tendre le bras vers l’un des nombreux ouvrages qui parsemait son bureau avant de se rétracter.

« Ce sont là des lectures reposantes, des romans légers qui permettent de passer agréablement le temps. Si vous êtes d’avantage porté sur des ouvrages plus sérieux, je peux m’en procurer dans les plus brefs délais. »

Il assortit cette légère description par une sortie de cinq livres relié avec une simple couverture de cuir et composé de papier peu couteux mais enfin cela valait tout de même le coup d’y jeter un œil. Il remarqua que sur trois des livres se trouvaient le nom qu’il lui avait donné : Zamenis, un membre de sa famille probablement. Le Comte s’empara du premier livre de la pile, s’appropriant le livre d’abord en caressant lentement la couverture, puis il l’ouvrit en écoutant le bruit des pages craquées sous la pliure. Puis il demanda poliment en gommant cette condescendance qu’il avait eue à son arrivée.

« Puis-je en lire un passage pour découvrir un peu le style de l’auteur ? »


Après la réponse brève de son invité, il se plongea dans la lecture du roman, puis après quelques secondes il releva la tête et s’excusa.

« Pardon, mais quand j’ai un livre entre les mains, je perds le sens des convenances, souhaitez-vous feuilleter vous aussi, l’un de mes ouvrages ou faire le tour de ma bibliothèque pour que vous vous fassiez une idée de mon style de lecture, le temps de ma lecture. »

Il désigna tour à tour, le bureau et les livres qu’il supportait et les hauts rayonnages qui s’étendaient à perte de vue. Toute trace de sa noblesse avait disparut et on avait l’impression qu’il parlait à un ami de longue date et non à un inconnu qu’il venait à peine de rencontrer. Il s’était livré un peu à Michael et il avait hâte de savoir la réaction de son invité. C’était un de ses passe-temps préférés mais il ne recevait que peu de visites et celle-ci risquait d’être fort intéressante. Le Comte voyait de nombreux affrontements dans le comportement du jeune homme et il lui tardait d’en connaitre un peu plus sur lui.


« Oh et si vous désirez boire quelque chose, n’hésitez pas, Haydée que vous avez déjà rencontrée, ce fera un plaisir de vous servir, j’ai dans mes réserves d’excellents crus qui ne demandent qu’à être partagés. »

Puis il se replongea dans la lecture du roman.
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MessageSujet: Re: Sauvez ma journée, s'il vous plait... [Comte de Monte Cristo]   Ven 8 Nov 2013 - 22:35
Le Comte prit un des livres. C’était un roman de Denitry. La tranche émit un léger craquement en s’ouvrant pour la première fois. Les gestes de l’homme envers l’objet qu’il tenait entre les mains prouvaient l’essentiel; il aimait réellement la lecture, sa bibliothèque surchargée n’était pas uniquement là pour lui donner l’air cultivé ou le fruit d’un héritage.  
 
«Puis-je en lire un passage pour découvrir un peu le style de l’auteur ?»
 
Il lui demandait la permission? Etrange.
Le ton du maitre des lieux avait changé, on le sentait moins hautain. Qu’est-ce que cela cache? Michaël répondit rapidement un simple «Oui, bien sûr», de toute évidence ravi que le Comte accorde de l’intérêt aux ouvrages.
 
Le style de l’auteur? Il y avait quelque chose d’à la fois professionnel et maladroit dans l’écriture de Denitry. A la fois réaliste et peu plausible. Dans l’ensemble, un texte rêveur, touchant. Ce devait être de famille. Ils étaient tous deux de sacrés baratineurs.
 
Au moins, tant que son hôte lisait, ses yeux vairons n’étaient pas posés sur Michaël, ce qui soulageait considérablement le jeune homme; son regard le perturbait réellement. S’il avait la possibilité de crever l’un de ses yeux, lequel serait-ce? Le rouge ou le jaune? Choix difficile, ils étaient aussi improbables et insoutenable l’un que l’autre.
Le répit fut de courte durée, le si troublant regard se releva vers le Serpent.
 
«Pardon, mais quand j’ai un livre entre les mains, je perds le sens des convenances, souhaitez-vous feuilleter vous aussi, l’un de mes ouvrages ou faire le tour de ma bibliothèque pour que vous vous fassiez une idée de mon style de lecture, le temps de ma lecture.»

Pas de soucis, j’avais déjà trouvé une
occupation.

Encore un peu et on s’approchait de la franche camaraderie. Pourquoi ce soudain revirement? Le Comte lui laissait beaucoup de liberté, et ainsi de nombreuses opportunités de faire quelques crasses.  
Une expression de surprise émerveillée envahit le visage de Michaël, son regard survola rapidement les étagères; lui, simple colporteur, avait l’opportunité de parcourir une si belle bibliothèque. Cela tenait du rêve éveillé.
 
«Oh et si vous désirez boire quelque chose, n’hésitez pas, Haydée que vous avez déjà rencontrée, se fera un plaisir de vous servir, j’ai dans mes réserves d’excellents crus qui ne demandent qu’à être partagés.»
 
La voilà donc, la franche camaraderie. Louche, vraiment louche.
L’idée de taper allègrement dans la réserve de grands crus du Comte lui était agréable, mais la prudence l’incitait à ne jamais accepter de boisson ni de nourriture chez les clients. On ne pouvait faire confiance à personne en ce monde, il était bien placé pour le savoir. Tant pis, c’était pourtant une opportunité de revoir la belle demoiselle. Il devait cependant prendre garde à ne pas trop s’attacher, peut-être devrait-il lui faire du mal si son maitre éprouvait de l’affection pour elle.   
 
Le jeune homme eu un léger froncement de sourcil intrigué en penchant la tête sur le côté, l’air d’un chat sauvage auquel une bonne âme proposerait de la nourriture; mélange de défiance et de reconnaissance envers ce geste généreux.
Finalement, il baissa humblement les yeux vers ses mains toujours sagement posées sur ses genoux.
 
«Merci beaucoup Monsieur le Comte, mais je vais devoir décliner votre dernière offre. Je suis profondément honoré que vous me permettiez de parcourir votre magnifique bibliothèque.»
 
Reprenant contenance, il releva son regard sur son hôte qui s’était déjà replongé dans la lecture de l’œuvre du cadet Zamenis (Eh, tu écoutes ce que je te raconte?), pour déclarer d’un ton plus professionnel:
 
«Si vous avez la moindre question au sujet des livres, faites-moi signe, j’y répondrais dans la mesure de mes moyens.»

 
Il hésita un court instant avant de se lever, pas tout à fait certain d’en avoir le droit, puis s’approcha de l’étagère la plus proche, prenant garde à éviter de faire du bruit afin de ne pas déranger le Comte dans sa lecture. S’emparant d’un livre au hasard après avoir fait mine de le choisir avec soin, il pencha la tête vers l’ouvrage pour observer discrètement le maitre des lieux du coin de l’œil. Son hôte semblait lui aussi plongé dans le roman de Denitry. Etais-ce vraiment le cas?
 
L’opportunité était trop belle. La bibliothèque, immense, lui permettait d’agir discrètement hors de vue du maitre des lieux. En quoi, il l’ignorait encore. Cependant, une profonde méfiance le retenait.
L’opportunité était justement trop belle. Le Comte le surveillait-il discrètement, attendant de voir si le colporteur allait effectivement se comporter en gueux illettré? L’image de ces yeux vairons capables de se déplacer de manière indépendante, comme ceux d’un caméléon, s’imposa à son esprit. Beuark. Michaël voulait bien reconnaitre qu’il était mauvaise langue sur cette simple pigmentation dépareillée, mais n’était-ce pas l’apanage du Serpent?
 
Michaël reposa le livre –pas à la place où il l’avait pris– avant de longer les étagères afin d’étudier la topographie des lieux et de se faire une idée du style de lecture du Comte, comme celui-ci l’avait proposé. Les livres qui encombraient les rayonnages traitaient de sujets en tous genres, mais, ô félicité, la majorité étaient des romans. Ses misérables bouquins avaient une chance, finalement.
 
Dans ce cas, il était préférable de se tenir à carreau jusqu’à ce que son hôte fasse un choix. Garder une bonne image, lui être sympathique. Sifflez et j’accoure, ô noble, richissime érudit.    
Tsssss… C’est ennuyeux.     
      
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MessageSujet: Re: Sauvez ma journée, s'il vous plait... [Comte de Monte Cristo]   Sam 9 Nov 2013 - 13:25
«Merci beaucoup Monsieur le Comte, mais je vais devoir décliner votre dernière offre. Je suis profondément honoré que vous me permettiez de parcourir votre magnifique bibliothèque.»

Il hocha brièvement la tête et continua à parcourir les fines lignes noires. L’histoire commençait bien, le style était intéressant même un peu rêveur mais c’était le genre de livre qui tenterait d’acquérir au moins pou compléter sa collection et faire revenir cet intéressant personnage qu’était Michaël. Cet homme semblait le mépriser pour ce qu’il était mais se montrait d’une politesse extrême presque forcée.

«Si vous avez la moindre question au sujet des livres, faites-moi signe, j’y répondrais dans la mesure de mes moyens.»


Son ton était tout ce qu’il avait de professionnel et il traitait le Comte en client mais quelque chose semblait rebuter le jeune homme. Ce qui expliquais son refus du vin qu’il lui avait proposé et cela intriguait beaucoup le Comte qui se demandait de plus en plus ce qu’était venu faire Michaël ici. A moins qu’il ne soit de la région, il ne connaissait pas les goûts du Comte en matière, il n’avait pas tellement cette réputation de collectionneur à travers les différents royaumes et à sa tenue et ses manières, le Comte voyait bien qu’il n’était pas de la région et qu’il était seulement de passage. Malgré cela le Comte espérait réussir à le faire revenir dans sa demeure.

Le colporteur s’était levé et avait sorti un livre des rayonnages, le Comte lisait à moitié et du coin de l’œil dans une technique perfectionnée au fil du temps il observait les réactions de son invité. Faire semblant de lire en présence d’inviter lui avait valu de s’en rendre compte de certaines choses. Michaël semblait hésiter sur le comportement à adopter. Sa méfiance vis-à-vis du Comte jouait dans la décision qu’il prit, il n’en avait aucune idée, il cherchait simplement à découvrir les secrets et le véritable caractère de son invité. Il passait dans les rayons lisant rapidement les titres qui ornaient les couvertures plus ou moins vieillies. La collection contenait des ouvrages de toutes sorte qu’i avait amassé par différents moyens plus ou moins légaux.

Quelques lignes de plus convainquirent le Comte de s’approprier ces ouvrages qui iraient à merveille s’incrustés dans ses étagères. Il en prit un autre d’un des auteurs différents et commença à lire ce nouveau livre sans même jeter un regard sur les activités de Michaël. C’était la force du Comte, il savait quand faire attention à ses invités et quand les laisser vagabonder dans sa demeure et il avait bien souvent usé l’excuse de lire un livre pour ça. En montrant à son invité que les livres l’intéressait, il se plaçait comme client et par là il s’assurait que le blond qui parcourait sa bibliothèque ne tente pas quelque chose de compromettant au risque de perdre un client potentiel et non des moindres. Le Comte avait conscience et de sa fortune et la manière dont il l’affichait lui assurait que Michaël le savait aussi. Et pour un colporteur s’assurer de la fidélité d’un client tel que le Comte était une chose à faire. Dantès venait de s’attirer les faveurs de son invité même si ce dernier ne l’appréciait pas vraiment.


« Monsieur Zamenis, puis-je vous demander le prix de ses ouvrages ? »

Une phrase des plus banales avec ce qu’il fallait de professionnalisme avec aussi cette arrière fond qu’il prenait quand il devait négocier un prix et qui montrait clairement qu’il ne se ferait pas avoir par rapport au prix véritable de ces œuvres. Le Comte sonna également Haydée qui apparut quelques instants après dans l’encadrement de la haute porte. Elle vient jusqu'à se penchée vers le Comte.

« Apportez nous la dernière bouteille que j’ai acquise, s'il vous plait. »

Puis en se tournant à nouveau vers Michaël, il précisa.


« J’ai pour habitude de ne jamais commercer sans un bon verre. Le partagerez-vous avec moi ? »
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MessageSujet: Re: Sauvez ma journée, s'il vous plait... [Comte de Monte Cristo]   Jeu 14 Nov 2013 - 22:17
Après avoir parcouru quelques étagères dont il s’était réellement intéressé au contenu, Michaël se rendit compte que cette bibliothèque contenait vraiment des trésors de rareté; entre autre, des livres venant du monde des Lecteurs, rien que cela! Intrigué, il feuilleta un recueil de poèmes, Une Saison en Enfer d’Arthur Rimbaud. Les quelques textes qu’il eut le temps de lire l’émerveillèrent. Comme quoi, les Lecteurs pouvaient se révéler d’excellents Narrateurs… Surtout que Rimbaud avait commencé à écrire très jeune, comme Denitry. Il devrait songer à lui en parler, cela remonterait sans doute l’estime de soi et la motivation de son petit frère d’avoir un tel sujet de comparaison.  
Plongé dans le recueil, il tressaillit lorsque la voix du Comte s’éleva dans la pièce.    
 
«Monsieur Zamenis, puis-je vous demander le prix de ces ouvrages ?»
 
Ah, voilà une bonne nouvelle. Reposant à regret l’œuvre de Rimbaud –à sa juste place cette fois-ci– il revint dans la périphérie proche du bureau pour voir de quels livres il s’agissait. Pendant ce temps, le maitre des lieux sonna la jolie servante qui apparut comme par magie moins d’une minute plus tard. 
 
«Apportez nous la dernière bouteille que j’ai acquise, s'il vous plait.»
 
Une bouteille…? Le ferait-il exprès?
Le Comte s’adressa à lui afin de lui exposer le programme des négociations.
 
«J’ai pour habitude de ne jamais commercer sans un bon verre. Le partagerez-vous avec moi?»
 
Espèce de sale… Tth! Il se fiche de moi!
Obéissant à son maitre, Haydée était déjà repartie. La porte qui claqua doucement derrière elle sembla fermer au Serpent toute possibilité de révoquer cet ordre.
C’en était assez. Fini de se tenir tranquille. Les hostilités étaient déclarées.
Une fois encore, la perplexité du chat errant devant un bol de lait offert par une main inconnue envahit son visage. Il esquissa enfin un sourire à la fois gêné et reconnaissant.
 
«Difficile de refuser une offre si généreuse, Monsieur le Comte… De plus, je ne tiens pas à bouleverser une si agréable habitude.»
 
Il reprit sa place face à son hôte, le bureau dressant une barrière entre eux. Silencieux, il préféra attendre le «verre de la paix» avant d’entamer le discours de colporteur sur le prix des livres.
Surtout qu’à présent, malgré la réaction encourageante du Comte, leur échange commercial risquait de tourner court. Quel crétin tu fais Michaël, risquer de perdre un riche client bibliophile. Tu es décidément un abruti. Mais ce type l’a cherché.
 
La jolie demoiselle revint peu de temps après, tenant entre ses mains fines un plateau soutenant une bouteille ainsi que deux verres, qu’elle disposa sur le bureau avant de déboucher la bouteille, servir le précieux vin à la robe rouge rubis et disparaitre comme elle était apparue.
Elle avait ouvert la bouteille sous ses yeux, elle n’avait donc pu y ajouter un poison quelconque. Peut-être y avait-il des traces de produits mortels à même le verre, mais elle semblait les avoir disposés indifféremment. Le Serpent doutait désormais fortement d’un empoisonnement, mais il était bien trop rancunier pour abandonner sa mesquine revanche.
 
Avant que le Comte ne lui propose de goûter au grisant nectar, Michaël tendit une main timide vers la bouteille afin d’en étudier l’étiquette. Trop timidement hélas; son geste peu assuré fut maladroit, entrainant la chute de l’objet. Le tapis amortit considérablement le choc, aussi la bouteille de verre ne se brisa pas; cependant, le liquide rouge rubis se répandit sur la magnifique tenture.
L’ainé Zamenis se précipita pour redresser la bouteille et ainsi limiter les dégâts déjà conséquents. Le précieux vin gâché, le superbe tapis dans un état difficilement récupérable. Il releva vers le maitre des lieux un regard empreint d’effroi.
 
«Je… Je suis vraiment désolé…»
 
La tête rentrée dans les épaules, l’air tant coupable que honteux, le jeune homme attendait que s’abatte sur lui une colère tant redoutée que méritée.
C’était quitte ou double; soit le Comte se montrait indulgent envers cette ridicule maladresse (être obligé de passer pour un parfait crétin, quel plan foireux!) ou se laisserait attendrir par son air de bambin  qui attend sa correction après une bêtise, et ils reprendraient tranquillement leur discussion sur le prix des livres; sinon, il se ferait mettre à la porte après une sacrée engueulade. Aucune de ces solutions ne lui déplaisait. Avoir réussi à lui faire perdre un excellent cru  et pourrir son luxueux tapis était déjà une réussite, cela suffirait à  contrarier un minimum son hôte, tout en gardant un client de première classe. Si celui-ci se fâchait, la réussite n’en serait que plus grande, mettre le Comte en colère et lui gâcher sa journée était l’objectif du jour. Evidemment, d’autres réactions étaient envisageables. En prévision des plus dangereuses, Michaël était déjà prêt à détaler. 
Cela commence enfin à devenir intéressant.             
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MessageSujet: Re: Sauvez ma journée, s'il vous plait... [Comte de Monte Cristo]   Ven 15 Nov 2013 - 8:47

L'expression de Michaël était des plus intéressante, on aurait dit une souris qui vient de se faire coincer mais essaye toujours de caresser le chat. En proposant ce verre, le Comte avait quasiment obligé son invité à le boire même s'il n'en avait aucune idée. L'arrivée d'Haydée laissa un temps supplémentaire au Serpent pour répondre ou tenter de trouver une solution pour lui permettre d'échapper à cela. Une fois la bouteille et les deux verres posés sur le bureau qui séparait à nouveau les deux hommes, le blond prit la parole.

« Difficile de refuser une offre si généreuse, Monsieur le Comte… De plus, je ne tiens pas à bouleverser une si agréable habitude. 


Une réponse des plus polies et si le Comte n'avait pas su la réticence de son invité à boire avec lui, cela serait passer inaperçu. Il était décidément très fort pour cacher ce qu'il pensait vraiment, ce qui supposait un esprit complexe. Ce genre d'esprit qu'aimait à rencontrer le Comte. Michaël regarda l'étiquette assez ancienne posée sur la bouteille mais dans un geste de maladresse... ou volontaire il n'était pas sur, il lâcha la précieuse bouteille. Le tapis moelleux amorti sa chute mais le contenu se déversa et se répandit sur le tapis tout aussi précieux. Le liquide rouge s'étala tel une tâche de sang fraîche. Le Comte se leva pour voir l'étendue des dégâts. Avant qu'il est pu dire quoi que ce soit, Michaël s'excusa pour ce geste.

«Je… Je suis vraiment désolé… »

C'était décidément un excellent menteur, Il avait réussit à faire croire à un accident ce qui ne nuirait pas à leurs affaires mais surtout il avait réussi à trouver une faille aux convenances pour faire une bêtise qui serait chèrement payée par le Comte. Mais ce dernier avait déjà une autre idée en tête. A cette excuse balbutiante, il répondit pas un rire qui emplit la bibliothèque. C'était une réaction des plus inattendues et cela ne manqua pas de surprendre son invité. Il devait surement s'attendre à une colère ou à un renvoi ou simplement à une poursuite des négociations mais le Comte n'aimait pas faire les choses comme attendues. C'est donc un rire qu'il offrit à Michaël avant de se reprendre et de préciser sa pensée.

« Ne prenez pas cet air coupable. Je comptais le changer de toute façon. Malheureusement je crois que nous n'aurons pas l'occasion de goûter à cet excellent cru. »


Un sourire chaleureux ornait le visage du Comte mais tout comme le serpent cachait sous ses traits une duplicité des mieux dissimulée. Des années d'entrainement lui avait permis de faire passer cette duplicité au rang d'indécelable. Mais il comptait pas en rester là et comptais bien profiter de cet accident à sa faveur.


« Je devrais donc déroger à mes habitudes. Quel dommage tout de même pour ce superbe tapis. Savez-vous qu'il a... enfin avait été tissé des plus fines tisserandes de Candis ? »

Ce détail précisait bien la valeur excessive de ce tapis maintenant irrécupérable tâché plus par une vengeance que par le vin en lui-même. Il savait reconnaître ce genre de chose. La vengeance était son domaine et c'était purement et simplement ce à quoi il venait d'assister. Après restaient à savoir les motifs de cette vengeance. Venait-il pour quelqu'un qui lui en voudrait à Queer tales ? Ou était-ce simplement à cause du comportement premier du Comte et de son mépris pour le noblesse ? Ces questions tournaient dans la tête du Comte tandis qu'il continuait sur sa lancée et allait proposer un marché qui ne conviendrait surement pas au colporteur mais qui serait difficile à refuser. Cela permettrait à Monte Cristo de savoir aussi jusqu'où vont les talents de marchand et de baratineur de son invité.

« Je pense que vous pouvez bien m'offrir ces quelques ouvrages en dédommagement de ce tapis. Ce n'est pas grand chose et cela me ferait grand plaisir de n'accepter que ces livres de votre part. Qu'en dites-vous ? »


Quelques mots bien choisis suffisait à mener Michaël où il le voulait. Le Comte était impatient de savoir la réaction du colporteur. Il voulait seulement tester le serpent pour voir jusqu'où il irait. Ce visiteur avait sauvé une journée des plus banales et en sauverait surement d'autres...
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MessageSujet: Re: Sauvez ma journée, s'il vous plait... [Comte de Monte Cristo]   Dim 24 Nov 2013 - 22:13
Jeté sous le faisceau insoutenable des yeux du Comte qui le regardait de haut –lui étant debout, et Michaël toujours à genoux sur le tapis abimé– le jeune homme commençait à se sentir mal. Il avait la désagréable impression que le maitre des lieux arrivait à voir les affreuses pensées qui s’agitaient sous ses cheveux blonds, ce dont il n’avait pas l’habitude. Rares étaient ceux qui voyaient le Serpent derrière Michaël. Il était alors préférable de limiter les mensonges; aussi ne prit-il pas la peine de cacher son malaise, facilement imputable à la faute commise.
Contre toute attente, le Comte éclata de rire. Le visage de Michaël refléta une surprise qu’il n’eut besoin ni de feindre ni de dissimuler.
 
«Ne prenez pas cet air coupable. Je comptais le changer de toute façon. Malheureusement je crois que nous n'aurons pas l'occasion de goûter à cet excellent cru.»

L’homme esquissa un sourire qui rassura immédiatement le fautif.

                                                qui laissa Michaël indécis. Si le sourire lui paraissait sincère, les sentiments qui le faisaient naitre ne l’étaient pas forcément, ou n’annonçaient rien de bon pour son cas. Peut-être n’était-ce qu’un délire paranoïaque, mais le Comte était intelligent, le jeune homme préférait s’en méfier comme de la peste ou de la générosité gratuite.
Le Serpent se releva lentement et posa la bouteille vide sur le bureau, espérant que le vin qui la couvrait laisserait des traces sur le bois précieux. Craignant désormais qu’une expression trop mensongère le trahisse, il conserva un visage empreint d’une légère perplexité plus ou moins véridique.
 
« Je devrais donc déroger à mes habitudes. Quel dommage tout de même pour ce superbe tapis. Savez-vous qu'il a... enfin avait été tissé des plus fines tisserandes de Candis ? »

Je m’en tamponne l’oreille avec une patte antérieure d’alligator femelle
. Et je pense que tu t’en fiche tout autant. A moins que l’homme soit réellement déçu pour la magnifique tenture, ce qui serait plus agréable à l’esprit de Michaël.
    
« Je pense que vous pouvez bien m'offrir ces quelques ouvrages en dédommagement de ce tapis. Ce n'est pas grand-chose et cela me ferait grand plaisir de n'accepter que ces livres de votre part. Qu'en dites-vous ? »

J’en dis que tu n’es qu’un abject enfoiré d’une finesse hors-norme.
Michaël se doutait qu’il aurait à rembourser l’innommable gâchis qu’il avait causé, ne céder que quelques livres était une solution plus qu’avantageuse. Pourtant…
Pourtant cet arrangement lui déplaisait. Il était temps de mettre un terme à cette mascarade; ce rôle le lassait, avoir à se rabaisser devant le Comte l’agaçait. Surtout que le maitre des lieux l’avait démasqué. Le Serpent ignorait jusqu’à quel niveau l’homme avait percé ses mensonges, mais c’était déjà trop. Peut-être tombait-il dans le piège de son hôte en laissant tomber le masque, mais il s’en fichait.      
 
Abandonnant le rôle du paysan intimidé comme on jette un manteau, Michaël prit appuie sur le dossier de la chaise. Il posa sur le Comte un regard à mi-chemin entre colère et admiration, un sourire insolent accroché aux lèvres. Vieux réflexe, sa main gauche vint couvrir une partie de son visage, comme à chaque fois qu’on le poussait à dire la vérité; c’était le dernier moyen qu’il avait de se dissimuler.     
 
 «Ssssssshhh… C’est de bonne guerre… Le problème est que je ne suis absolument pas fair-play. Je suppose qu’il est inutile de perpétuer cette comédie de grands salons… alors jouons franc-jeu: j’ai besoin d’argent, vous en possédez plus que vous ne pourrez en dépenser dans votre vie. Je me fiche de votre tapis et de votre grand cru, je ne considère aucunement avoir une dette envers vous; alors remballez votre soi-disant générosité, et si vous désirer ces livres, achetez-les. Si je veux assurer la survie de la fratrie Zamenis, je n’ai intérêt à ne faire ni cadeau ni crédit, et encore moins à une personne telle que vous.»
 
Le Serpent n’avait aucunement levé la voix, son ton restait posé, mais chargé de menace, de haine contenue, créant un contraste inquiétant.
Après quelques secondes, il soupira un nouveau «Sssssssshhh», sa main gauche se posa doucement sur le dossier de la chaise. Voilà, tu as eu ce que tu voulais, le spectacle est terminé, le Serpent retourne se cacher dans son trou.
Le colporteur reprit un visage cordial ainsi qu’un ton professionnel, comme si rien ne s’était passé:
 
 «Chaque livre coûte 6 vincents, Monsieur le Comte, aucune négociation n’est envisageable.»
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MessageSujet: Re: Sauvez ma journée, s'il vous plait... [Comte de Monte Cristo]   Lun 25 Nov 2013 - 10:00
Ce n'était décidément pas quelqu'un de banal qui avait frappé à sa porte et tant mieux, le Comte n'aimait pas s'ennuyer et avec un tel homme à observer il pouvait en avoir pour des heures. Combien de temps tiendrait Michaël avant de se dévoiler entièrement au Comte ? Arriverait-il à lui faire tomber le masque qu'il portait. Après avoir récupérer la bouteille vide, il se releva en prenant appui sur la chaise et là, le Comte vit son vrai visage. Finalement il n'avait pas à attendre trop longtemps. Dantès avait été plus fin que son invité et avait réussit à percer ce camouflage que portait le colporteur depuis son arrivée. Ses traits se firent plus dur et il cacha une partie de son visage sans savoir que  même un demi-visage était facilement interprétable pour le Comte surtout quand ce sont des expressions aussi vives que la colère ou l'admiration qui se mêlait sur les traits du blond comme s'il hésitait entre les deux.

« Ssssssshhh… C’est de bonne guerre… Le problème est que je ne suis absolument pas fair-play. Je suppose qu’il est inutile de perpétuer cette comédie de grands salons… alors jouons franc-jeu: j’ai besoin d’argent, vous en possédez plus que vous ne pourrez en dépenser dans votre vie. Je me fiche de votre tapis et de votre grand cru, je ne considère aucunement avoir une dette envers vous; alors remballez votre soi-disant générosité, et si vous désirer ces livres, achetez-les. Si je veux assurer la survie de la fratrie Zamenis, je n’ai intérêt à ne faire ni cadeau ni crédit, et encore moins à une personne telle que vous. »

Le sifflement que produisit son invité le firent penser à un serpent et cette duplicité qu'il cachait derrière son masque avenant confirmait cette idée du Comte. Et au delà de la simple apparence de Michaël, c'était son discours qui avait changé. Il essayait de se sortir de la toile finement tissée du Comte, s'en empêtrant encore plus dedans. Car derrière les reproches adressé au Comte et à sa bienveillance plus ou moins fausse, il lui donnait de précieux point d'appui pour ses prochains fils. La toile se refermait déjà sur le Serpent vicieux qui s'était introduit dans sa demeure et qui n'en ressortirais que contrarier. Puis un nouveau sifflement retentit avant qu'il ne retrouve son masque de commerçant aimable mais il s'était dévoilé c'était trop tard, le masque n'était plus qu'un accessoire. Rien ne servait plus de se couvrir. Quand on connait une plaie on la reconnaît partout qu'elle que soit son masque et s'il avait vraiment voulu rester caché il n'aurait pas du l'enlever en tout cas pas en présence du Comte.

«  Chaque livre coûte 6 vincents, Monsieur le Comte, aucune négociation n’est envisageable. »

Un nouveau retentit venant de la part du Comte. La situation l'amusait beaucoup et il était content d'avoir eu cette visite qu'il le changeait de son quotidien et il espérait bien réussir à faire revenir ce colporteur qui devait par ses manœuvres habiles, réussir à plumer un certain nombre de personnes. Malheureusement pour lui, le Comte ne ferait pas partie de ces personnes trop naïves ou trop faibles pour jouer avec quelqu'un de son intelligence. Car oui, il était intelligent et rusé et sentait aussi un peu cruel mais peu importait. Le Comte était confiant dans ses capacités, il avait manipulé surement plus que cet homme.


« Vous êtes quelqu'un de vraiment à part Monsieur Zamenis. »


Retour aux formes de politesse sans que le Comte n'ai eu besoin de se révéler tel que le Serpent  l'avait fait. Avec un dernier coup d'œil au tapis qui saignait, il le reporta sur son invité ayant remarqué que ses yeux vairons déstabilisaient le colporteur.

« Malheureusement je ne peux accepter... de ne pas négocier, c'est dans ma nature. Et ce que vous avez fait à mon tapis sans même des excuses sincères mérite dédommagement. Vous l'avez vous même admis : c'est de bonne guerre. Et je n'aime pas que l'on ne respecte pas les règles du jeu et encore moins que l'on ne soit fair-play. »

Il fit une pause dans son discours le temps de prendre une respiration profonde, sa voix toujours calme et posée avec ce qu'il fallait de convenance et de politesse.


« Vous désirez quelque chose de moi mais vous faites tout pour que je ne vous le donne pas. Je pourrais être l'un de vos clients réguliers sauf que je ne le serais même pas une fois si le crime que vous avez commis dans ma propre demeure reste impayé. Vous me comprenez ? »

Sa voix s'était faite plus dure mais n'en restait pas moins polie et un fin sourire étirait toujours ses lèvres. Ses mains jointes à hauteur de son menton se décroisèrent pour attraper l'un des livres du colporteur, un du frère de son invité.

« Je suis un collectionneur et ces livres m'intéressent mais pas assez pour vous les acheter et laisser mon mobilier souffrir de vos accès. Mais... »


Il laissa un blanc plus théâtral que nécessaire.

« ... je suis prêt à vous laisser revenir avec de nouveaux ouvrages que je ne manquerais pas de payer. »

Deux choix s'offraient à nouveau à Michaël. Il pouvait faire du Comte, l'un de ses clients les plus fidèles ou repartir sans rien avec simplement l'amertume d'une journée gâchée mais pas celle qui pensait. Quoi qu'il fasse, le Comte garderait un bon souvenir de cette journée des plus distrayantes.

Hors rp:
 
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MessageSujet: Re: Sauvez ma journée, s'il vous plait... [Comte de Monte Cristo]   Mar 10 Déc 2013 - 22:49
Une fois encore, le Comte éclata de rire. Michaël fut un peu moins surprit, il savait désormais qu’il en fallait d’avantage pour ternir l’humeur de son hôte. 

«Vous êtes quelqu'un de vraiment à part Monsieur Zamenis.»

Peu convaincu du caractère mélioratif de cette phrase, le Serpent ne répliqua rien. La seule certitude qu’il en avait acquise était l’inutilité complète de continuer à tenir son rôle, aussi l’abandonna-t-il complètement. Fini la timidité gênée de pauvre bouseux jeté dans un manoir bourgeois, fini la gentille politesse commerciale.

Il ne restait que Michaël Zamenis, sans mensonges, sans artifices. 

«Malheureusement je ne peux accepter... de ne pas négocier, c'est dans ma nature. Et ce que vous avez fait à mon tapis sans même des excuses sincères mérite dédommagement. Vous l'avez vous même admis: c'est de bonne guerre. Et je n'aime pas que l'on ne respecte pas les règles du jeu et encore moins que l'on ne soit fair-play.
»

Dans ce cas, il était sacrément mal tombé. Si Michaël pouvait reconnaitre ses erreurs, s’en excuser ou se montrer intègre était hors de son domaine de compétence. En tout cas, ce refus n’arrangeait pas le colporteur. Il ne souhait guère se mesurer au Comte. Les combats de front n’étaient pas son point fort, la fuite et les coups bas restaient pour lui les solutions les plus sécuritaires.     

«Vous désirez quelque chose de moi mais vous faites tout pour que je ne vous le donne pas. Je pourrais être l'un de vos clients réguliers sauf que je ne le serais même pas une fois si le crime que vous avez commis dans ma propre demeure reste impayé. Vous me comprenez?»


Clair comme de l’eau de roche, d’une logique implacable. Le jeune homme s’était compromit en laissant tomber le masque, il en payait les conséquences. Il s’y attendait un peu, il n’y avait jamais rien de bon à cesser de mentir. Simuler et dissimuler, telle était sa devise qu’il avait eu le malheur d’enfreindre.
Un petit froncement de sourcils presque réprobateur lui échappa lorsque son hôte s’empara du livre de Denitry feuilleté plus tôt.

«Je suis un collectionneur et ces livres m'intéressent mais pas assez pour vous les acheter et laisser mon mobilier souffrir de vos accès. Mais...»


Son mobilier... pour ce qu’on en avait à foutre. Puisque sa dégradation n’attristait pas le Comte, Michaël avait déjà rayé ce détail de la liste de ses intérêts. Il attendit avec une légère inquiétude que le maitre des lieux termine sa tirade. 


«... je suis prêt à vous laisser revenir avec de nouveaux ouvrages que je ne manquerais pas de payer.»

Décidément, l’ainé Zamenis n’arrivait pas à définir s’il ressentait pour le Comte un certain respect ou une sorte de mépris rageur. L’homme l’impressionnait tout autant qu’il l’agaçait. Qu’importe, s’empêtrer dans ses sentiments restait son lot quotidien, il devait trouver une solution rapidement. Si compter le riche bibliophile parmi ses clients représentait un avantage indéniable, Michaël n’avait ni envie de céder ni même de remettre les pieds dans ce manoir. Réussir à combiner les deux tenait de l’impossible. «Tsssssss.» 

Ainsi un dilemme s’imposa à lui: prendre la fuite pour ne plus jamais revenir dans ce village pourrit jusqu’aux fondations ou régler ses comptes tout de suite avec l’homme aux insupportables yeux vairons?

En vérité, cette affaire de livres lui semblait désormais futile, absurde. Il ne souhaitait pas se battre contre un tel homme pour quelques bouquins de quatre sous. Non, il n’en voulait pas à au Comte pour cela, il ne cherchait pas la confrontation pour sauver son honneur de colporteur. De toute manière, le Serpent n’avait aucun honneur. Le véritable problème, ce qui le mettait en colère jusqu’à le pousser à oublier son rôle et se compromettre, le problème était que…

Michaël n’aimait pas le Comte. Pas du tout.
Les raisons de ce rejet n’en étaient pas moins futiles et absurdes. Un ton trop hautain pour une mauvaise journée, un regard dérangeant qui voyait au-delà des apparences, un esprit trop vif, une admiration pour cet homme qu’il ne pouvait assumer. En passant tous ces éléments en revue, le Serpent révisa son jugement.
Il détestait le Comte.

Tout devenait tellement plus simple avec cette simple pensée. Un sentiment dévastateur qui unissait son esprit en une seule pensée vengeresse et obsessionnelle. Cela l’empêchait de douter, de se perdre encore et encore dans ses émotions contradictoires, bancales, qui le rendaient si instable. 

Simuler et dissimuler, haïr et détruire.

Le temps de cette "révélation", Michaël resta parfaitement immobile, ses yeux bleus fixés sur le Comte. Une poignée de secondes, il eut l’air totalement renfermé, inexpressif. Enfin, il cilla, détourna le regard pour le poser successivement sur la tache envahissant le tapis puis sur les cinq livres. Ah oui, ils en étaient là… Finalement, le Serpent devrait jouer encore un peu la comédie, juste pour cacher sa haine. Exercice difficile mais maitrisé suite à de nombreux entrainements.

Son silence, bien qu’il lui parut durer une éternité, s’était en vérité étendue moins d’une minute. A première vue, un simple petit temps de réflexion. 
La main du jeune homme s’éleva pour dissimuler son visage, mais cette fois il s’aperçut de son tic et avorta son geste. Une ébauche de sourire peu amical étira un coin de ses lèvres, sa tête s’inclina sur le côté.

«Me laisser revenir? Tth! Hélas Monsieur le Comte, si je venais à reparaitre devant vous, vous n’apprécierez certainement pas ma visite.»

Ce sera tellement dommage de malmener Haydée et de détruire une si belle bibliothèque, qui contenait jusqu’aux œuvres d’Arthur Rimbaud. Rimbaud, le poète qui a fini sa carrière en tant que trafiquant d’armes, ces magnifiques fusils qui pouvaient tuer un homme à distance d’une simple pression sur une gâchette. Michaël était bien déçu que ce genre d’arme n’existe pas à Queer Tales, cela l’aurait souvent arrangé.

«Mais si vous y tenez, gardez donc ces ouvrages. Je resterai au Cannibale Village jusqu’à la fin de la semaine, si cet échantillon vous plait, faites-moi quérir afin que je vous en propose de nouveaux que vous payerez. (Il esquissa un haussement d’épaule.) J’admets que cet arrangement ne me plait que moyennement, mais au final c’est le plus avantageux pour nous deux… Cela vous convient-il?»

Le Serpent ne se montrait pas particulièrement subtil, plutôt semi-menaçant. Il ne cherchait plus à mentir, le Comte voyait trop clair dans son jeu.

Un seul but hantait Michaël. Dans cet échange, le maitre des lieux perdrait d’avantage qu’il gagnerait. Peu importe le tribut qu’il devra lui-même payer. 
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MessageSujet: Re: Sauvez ma journée, s'il vous plait... [Comte de Monte Cristo]   Jeu 12 Déc 2013 - 23:36

Le choix semblait ardu pour son invité car il prit un temps de silence qu’il mettait surement à profit pour peser le pour et le contre. Il avait abandonné son masque de gentil colporteur pour se montrer sous son vrai visage et cela n’était pas pour déplaire au Comte qui lui avait réussit à conserver le sien, de gentil aristocrate. Il se demandait quelles pensées passaient dans l’esprit de Michaël. Puis finalement après un silence plus court qu’il ne l’aurait cru, son invité donna sa décision... ou presque.


« Me laisser revenir? Tth! Hélas Monsieur le Comte, si je venais à reparaitre devant vous, vous n’apprécierez certainement pas ma visite. »

Il esquissa un mouvement pour cacher son visage comme s’il voulait mettre à nouveau un masque mais il arrêta son geste en cours, comprenant surement que c’était inutile avec le Comte qui voyait clair dans le jeu du colporteur, du moins le pensait-il. Mais qui sait ce que pouvait cacher cette frimousse d’ange. Un léger sourire étira les lèvres de son invité mais ce n’était pas le genre de sourire que l’on aimait voir. Il était plein de malice et était peu avenant. Le Comte se souciait peu de la menace qu’avait mise le blond dans sa phrase. Il avait vexé son invité et il se doutait que cela ne lui plaisait guère de devoir céder les livres mais il voulait voir ses premières réactions et il avait réussit au-delà de ses espérances. Il s’était dévoilé plus qu’il ne l’aurait pensé.

« Mais si vous y tenez, gardez donc ces ouvrages. Je resterai au Cannibale Village jusqu’à la fin de la semaine, si cet échantillon vous plait, faites-moi quérir afin que je vous en propose de nouveaux que vous payerez. J’admets que cet arrangement ne me plait que moyennement, mais au final c’est le plus avantageux pour nous deux… Cela vous convient-il? »


Un sourire, amical celui-là, s’épanouit sur le visage du Comte qui était pleinement satisfait. Il gardait les livres mais aussi son sujet d’observation dans les environs au moins pour quelques temps. Il ne manquerait pas de faire à nouveau appel à la compagnie de Michaël. Il passa de l’autre côté du bureau ignorant la menace sous-entendue du discours de son invité.

« Cela me convient parfaitement. »


Le Comte lui indiqua la porte d’un grand mouvement ample qui gonfla son kimono lui donnant une carrure impressionnante malgré sa taille fine. Il ne souhaitait pas son départ direct et joignit à son geste une explication.

« Souhaitez-vous vous détendre un peu avant de retourner là où vous loger ? Le Manoir ne manque pas de distraction. A moins que vous veniez d’arriver ? Dans ce cas permettez-moi de vous offrir le gîte et le couvert. Ce serait un véritable honneur pour moi si vous acceptiez. »

Il n’avait pas vraiment laissé le temps à son invité de répondre à sa première question car il voulait exposer sa proposition qui provoquerait une nouvelle réaction que le Comte s’empresserait d’analyser et d’ajouter à ses connaissances déjà assez précises liées au caractère et au comportement du colporteur qui avait frappé à sa porte plus tôt dans la journée. Une pensée agita le Comte bien que rien ne transparaissait dans sa conduite, comment de yeux si clairs et qui semblaient si pur pouvaient être à ce point corrompus par la noirceur de l’âme de son propriétaire ? Cette réponse resterait surement un moment sans réponse. Cela avait probablement un rapport au passé de Michaël peut-être même que cela avait un lien avec les romans signés du même nom de famille. Il espérait en apprendre plus en les lisant. C’est souvent en s’intéressant à la famille surtout par les écrits que l’on comprend mieux une personne...
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MessageSujet: Re: Sauvez ma journée, s'il vous plait... [Comte de Monte Cristo]   Ven 13 Déc 2013 - 21:22
Son hôte se fendit d’un large sourire assez avenant, qui laissa une fois encore Michaël perplexe. Le Serpent s’était montré relativement désagréable, le Comte avait certainement comprit que le colporteur qu’il invitait en sa demeure n’était pas quelqu’un de recommandable, alors comment pouvait-il lui retourner cette espèce de… sympathie? De la simple politesse aristocratique? Ecœurant. Se fichait-il carrément de lui? Probable, et rageant. Une véritable empathie? Surprenant et… troublant.
L’homme contourna le bureau pour s’avancer vers l’ainé Zamenis. Ce dernier dû contenir un mouvement de recul; il ne voulait pas que ce type l’approche. Du calme, un peu de sang-froid… 

«Cela me convient parfaitement.»

 
Forcément, tu as eu ce que tu désirais. Ne te réjouis pas trop vite, tu finiras par tout perdre.

Le Comte lui désigna la porte d’un large mouvement du bras qui fit voler des pans de tissu. Il l’invitait à partir? Parfait! Michaël espérait quitter le manoir afin d’avoir le temps de réfléchir à un moyen de faire vaciller son hôte actuel. Comment le faire souffrir, à petit feu, jusqu’à ce que les blessures deviennent trop cuisantes pour être supportables. Comment lui arracher toutes ses possessions, les unes après les autres, ou tout d’un coup, en une apocalyptique apothéose. Lui faire perdre tous les appuis sur lesquels se reposait son assurance pour le changer en une loque morveuse et suppliante. Quoique le Comte était bien capable de tenter de garder sa fierté jusqu’au bout. Ce n’en serait que plus intéressant.  

«Souhaitez-vous vous détendre un peu avant de retourner là où vous loger? Le Manoir ne manque pas de distraction. A moins que vous veniez d’arriver? Dans ce cas permettez-moi de vous offrir le gîte et le couvert. Ce serait un véritable honneur pour moi si vous acceptiez.»


Ce n’était pas suffisant finalement, tu veux encore t’amuser?

La réponse qui se forma dans l’esprit du jeune homme était aussi simple que peu flatteuse pour son hôte: il voulait partir le plus rapidement possible. La présence du Comte l’insupportait. Ses yeux vairons, son regard, son visage, sa voix, ses mots, sa manière de les prononcer, ses vêtements, ses gestes, sa posture, ses pensées difficilement accessibles, sa manière d’être, son être tout entier, tout apparaissait à Michaël comme détestable. Par extension, chaque pièce, chaque pierre du manoir lui semblait hostile. Dormir dehors était une perspective bien plus envisageable que de passer la nuit entre ces murs.
Ne t’emporte pas. Réfléchis. Rester en la haïssable compagnie du Comte présentait quelques avantages. La possibilité de le connaitre d’avantage, afin de déterminer comment toucher juste. Commencer un long travail de sape dans l’esprit de son hôte au fil des conversations. Visiter un peu le manoir au profit d’une malheureuse insomnie peut-être… Ou simplement lui faire passer une mauvaise soirée.

Considérant que le maitre des lieux se trouvait décidément trop près de lui et qu’il commençait à lui pomper son oxygène, Michaël recula de deux pas. Il fixa un instant le Comte droit dans les yeux d’une manière frôlant l’impudence, se demandant une fois encore quel iris, rouge ou jaune, il crèverait s’il en avait l’occasion. Enfin, il poussa un soupir et croisa le bras sur sa poitrine, le regard toujours rivé dans celui de son interlocuteur.  

«A quoi jouez-vous? Ma compagnie ne promet pas d’être agréable, vous le savez parfaitement. Alors pourquoi souhaitez-vous me garder ici au lieu de me faire déguerpir au plus vite? Si ce n’est que de la politesse, vous n’avez pas à vous en embarrasser avec moi.»


Il accentua malgré lui cette tirade d’un long «Sssssssssshhh…» en guise de nouveau soupir.

«En tout cas, j’accepte votre proposition, que vous la regrettiez ou non. (Il s’inclina en une révérence qui, bien que correctement exécutée, n’avait rien de respectueux.) Merci de m’accueillir en votre demeure, Monsieur le Comte.»

Son expression se fit cependant plus dure, son ton plus cassant, lorsqu’il reprit:


«Je tiens cependant à obtenir une réponse à ma première question: à quoi jouez-vous?»

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MessageSujet: Re: Sauvez ma journée, s'il vous plait... [Comte de Monte Cristo]   Sam 14 Déc 2013 - 21:56
Le Comte s’en doutait en s’approchant de lui, il le mettait et il ne tarda à faire deux pas en arrière pour mettre une distance entre l’aristocrate et lui-même. Il ne pouvait lui en vouloir, il se doutait bien qu’il mettait mal à l’aise son invité. Monte Cristo laissa le blond s’éloigner et prendre une position de défense en croisant les bras sur sa poitrine. Le Comte se demandait jusqu’où il le craignait voire s’il n’y avait pas plus derrière cette méfiance et cette agressivité envers lui. Il connaissait les ravages de la haine et de la vengeance et il commençait à se demander si le colporteur n’avait pas ce genre de sentiment à son égard. Quelque soit les sentiments de Michaël, ils n’étaient pas tellement positifs et quand il plongea son regard des les yeux vairons du propriétaire des lieux, il put y lire une sensation qu’il voyait tout les jours dans ses yeux quand il pensait à sa vengeance. Un sourire plus prononcé marqua le visage du Comte alors qu’il reconnaissait ce sentiment.

« A quoi jouez-vous? Ma compagnie ne promet pas d’être agréable, vous le savez parfaitement. Alors pourquoi souhaitez-vous me garder ici au lieu de me faire déguerpir au plus vite? Si ce n’est que de la politesse, vous n’avez pas à vous en embarrasser avec moi. »


Il le savait parfaitement et c’est surement pour cela qu’il l’avait invité. Et bien que la politesse joue un rôle dans sa proposition, c’est principalement sa curiosité et son intérêt pour la personnalité de son invité qui l’avait motivé à formuler cette étrange question. La toute première demande attira plus particulièrement l’attention du Comte. C’était surement un jeu mais les règles n’étaient pas encore clairement définies et elles n’étaient que rarement énoncées.

Un
« Sssssssssshhh… » agacé s’échappa des lèvres pincées de son invité. Ce qui le fit ressembler étrangement à un Serpent. Et le Comte pensa que ce surnom lui convenait parfaitement. Au premier abord peu dangereux mais en réalité sournois et glissant sans possibilité de réellement le saisir avec cette dualité que l’on attribue souvent.

« En tout cas, j’accepte votre proposition, que vous la regrettiez ou non. Merci de m’accueillir en votre demeure, Monsieur le Comte. »

Il s’inclina d’une courbette ironique. Le Comte était ravi d’apprendre que Michaël allait rester. Monte Cristo allait appeler la belle musicienne quand son hôte puisqu’il avait changé de statut en acceptant de loger au Manoir mais il reprit la parole.

« Je tiens cependant à obtenir une réponse à ma première question: à quoi jouez-vous? »


Une simple question qui avait déjà fait réfléchir le Comte. Il se dit qu’il pouvait bien lui offrir cette réponse qui ne couterait pas grand-chose à l’aristocrate. Il ne se considérait pas comme dans un jeu mais si son invité le pensait il se devait de lui répondre.


« Je ne pensais pas que c’était un jeu. Mais si vous voulez vraiment une raison à mon invitation, c’est une simple question de... curiosité. »

Cet aveu ne plairait sans doute pas au colporteur mais c’était là sa décision et il ne pouvait plus retourner sur sa parole. Il avait posé sa question et avait accepter sa proposition, rien ne plaisait plus au Comte que cette situation où il pourrait en savoir plus sur cet individu des plus original. Il fit venir Haydée et lui demanda.

« Peux-tu préparer une chambre pour notre ami et faire dresser un couvert de plus, notre hôte va rester un peu. »

Le jeune femme s’inclina et alla exécuter les ordres de celui qu’elle considérait comme son maitre. Il prit alors place sur l’un des deux fauteuils près de la cheminée. Une table basse entre les deux débordait de livres. Il indiqua l’autre fauteuil avant de se poser sur le sien. Sans le bureau qui faisait barrière entre les deux hommes, il serait plus agréable de parler.

« Abordons des sujets plus agréables voulez-vous ? Vous qui vivez dans un monde de livres, lisez-vous beaucoup ? Il me plairait de deviser avec vous sur la littérature. »

Le Comte affichait toujours ce sourire avenant et avait un des tons plus courtois. Il n’aurait pas trop à attendre avant qu’Haydée  n’annonce le repas du soir.
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MessageSujet: Re: Sauvez ma journée, s'il vous plait... [Comte de Monte Cristo]   Sam 21 Déc 2013 - 0:39
Michaël commençait à se sentir mal. Sa haine le dévorait, et même si sa relation étrange avec le Comte lui permettait de laisser filtrer un peu de rancœur, cela ne représentait rien comparé à ce qu’il devait contenir. Et cela jusqu’au lendemain… Etait-ce vraiment une bonne idée d’accepter de rester, d’avoir à supporter cette atmosphère étouffante et surtout, la présence du maitre des lieux? D’avoir sous les yeux l’objet de son aversion sans même l’excuse d’un rôle à jouer pour s’empêcher de le détruire?
Pour ne pas arranger les choses, une foule de pensées contradictoires, de remises en question couraient sous son crâne, lui rappelant à quel point sa haine était arbitraire, tous les sacrifices et atrocités auxquels il devrait consentir pour le simple plaisir malsain de voir le Comte souffrir.
Tu es le Serpent, une allégorie du mal, de la fourberie, du mensonge. Tu es irrécupérable.

Tssssss. Je suis au courant, merci. Et puis, j’ai déjà connu des situations plus difficiles. Tout ira bien… pour moi.  
 
Son hôte eu l’honnêteté de répondre, visiblement sincèrement, à l’interrogation de Michaël, le ramenant à l’instant présent.
 
«Je ne pensais pas que c’était un jeu. Mais si vous voulez vraiment une raison à mon invitation, c’est une simple question de... curiosité.»
 
Génial. Le voici devenu bête de foire, simple sujet d’expérience. Au moins désormais, il savait que le Comte l’observait; par conséquent il devrait d’avantage prendre garde à ses faits et gestes pour ne pas se trahir. Foutu riche oisif. A ne rien faire de la journée, il s’ennuie. Au moins, il eut le mérite d’être franc.

Du mérite… quel mot étranger pour le Serpent…
 
 Une fois encore, l’homme sonna sa servante qui apparut peu de temps après à l’encadrement de la porte.
 
«Peux-tu préparer une chambre pour notre ami et faire dresser un couvert de plus, notre hôte va rester un peu.»

En entendant le Comte le qualifier d’ami, le Serpent manqua de lui fracasser la bouteille vide sur le crâne, histoire de lui apprendre à l’insulter de la sorte.   

Haydée s’éclipsa. Servile créature. La retourner contre son maitre sera l’une des premières choses à faire.
Le Comte se dirigea vers l’imposante cheminée de la pièce, devant laquelle se dressaient deux fauteuils ainsi qu’une table basse chargée de livres. Il désigna poliment l’un des fauteuils à Michaël, l’invitant à s’y assoir, avant de s’installer. Le jeune homme se posa face au maitre des lieux, tant à contrecœur qu’avec soulagement; sa fureur contenue l’emplissait d’une trop grande énergie pour rester assit, mais en même temps, son malaise menaçait de le faire vaciller. 
 
«Abordons des sujets plus agréables voulez-vous? Vous qui vivez dans un monde de livres, lisez-vous beaucoup ? Il me plairait de deviser avec vous sur la littérature.»

Toujours ce maudit sourire… La conversation du Comte? Agréable? Quelle plaisanterie… Michaël n’avait aucunement envie de discuter avec lui, tant dégoûté d’entendre le son de sa voix que d’avoir à lui confier quoi que ce soit. Pourtant, qu’il le veuille ou non, cela faisait partie de son plan, et le sujet abordé n’était pas encore un terrain glissant, même s’il ne pouvait plus vraiment mentir. Jouable.

 
Hélas sur ce sujet, il risquait de décevoir le Comte. C’est vrai, il vivait dans un monde de livres, mais uniquement parce que Denitry lui en avait offert l’opportunité. Au final, c’était pour lui un métier comme un autre, et il en avait fait des dizaines. Il aimait lire pourtant, mais n’en avait guère souvent l’occasion; prendre soin de son frère, courir d’un bout à l’autre de Queer Tales… Au final il ne pouvait que survoler les ouvrages qui alourdissaient son sac, afin de mieux préparer son discours pour les vendre.
 
Accoudé au bras du fauteuil, le pouce sous le menton et l’index le long de la tempe, Michaël répondit enfin, d’un ton plus posé que celui employé lors de sa dernière prise de parole.
 
«Je crains de ne pouvoir vous apporter grand-chose… Je vis en effet entouré de livres, mais mon métier ne me donne pas le temps de les lire. Ironique, n’est-ce pas? »
 
Son regard dériva vers les ouvrages qui encombraient la table basse, puis vers les étagères surchargées.
 
«C’est dommage, d’ailleurs… Un instant de lecture est un instant précieux. On gagne toujours quelque chose en se plongeant dans un livre, quel qu’il soit; des connaissances nouvelles, des fragments de rêve, les pensées profondes de l’auteur, ou simplement quelques heures de tranquillité…»
 
Malgré le dégoût que cette vision lui inspirait, il posa à nouveau les yeux sur le Comte. Aucune animosité dans son expression ni dans sa voix, une trêve trouvée sur un terrain d’entente.
 
«Vous avez beaucoup de chance de posséder tant d’ouvrages, qui semblent tous plus merveilleux les uns que les autres; est-il possible que vous les ayez tous lu? Vers quels auteurs, quelles histoires vont vos préférences?»
 
 Malgré l’évidente réticence de Michaël à converser avec le Comte, sa curiosité semblait sincère. En fin de compte, son discours était anormalement authentique. Il n’en avait pas l’habitude.
Si la langue bifide du Serpent ne peut plus proférer de mensonge, elle ne sélectionne que les paroles appropriées. Il attendait que le maitre des lieux lui réponde, chaque information récoltée pouvait se révéler importante. Surtout sur un sujet qui, de toute évidence, passionnait le Comte.

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MessageSujet: Re: Sauvez ma journée, s'il vous plait... [Comte de Monte Cristo]   Sam 21 Déc 2013 - 23:19
Le colporteur prit ses aises sur le luxueux fauteuil tandis qu’il poursuivait dans la direction qu’avait indiqué le Comte en matière de conversation. Le ton de son invité était plus posé mais il n’avait remis son masque de gentil vendeur de livre, il gardait cette étincelle fourbe dans le regard qui n’échappait pas au maitre des lieux.

«Je crains de ne pouvoir vous apporter grand-chose… Je vis en effet entouré de livres, mais mon métier ne me donne pas le temps de les lire. Ironique, n’est-ce pas? »


Il était en effet courant que les métiers du livre empêchaient souvent ceux qui les pratiquaient de profiter des plaisirs de la lecture. Ce que ne manqua pas de préciser Michaël. Détachant ses yeux bleus azur du regard prenant du Comte, il les posa sur les  nombreux livres de la collection de son hôte, passant de ceux qui encombraient la table basse et ceux qui débordaient des lourdes étagères. Il suivit le mouvement de son invité pour lui aussi posé un œil plus distant qu’à l’habitude. Pour lui cette abondance d’ouvrages était naturelle et ne le choqua mais il essaya de se mettre à la place de son invité et cela lui marqua encore un peu plus son sourire.

«C’est dommage, d’ailleurs… Un instant de lecture est un instant précieux. On gagne toujours quelque chose en se plongeant dans un livre, quel qu’il soit; des connaissances nouvelles, des fragments de rêve, les pensées profondes de l’auteur, ou simplement quelques heures de tranquillité…»


Le Comte ne pouvait qu’être d’accord surtout en possédant une telle collection et une telle passion pour la lecture. La tension dans l’air semblait s’être apaisée au fur et à mesure des mots qui se déversaient dans l’air. Mais il n’était pas dupe et se doutait bien que cette atmosphère agréable pouvait à tout moment basculer. Maintenant qu’il connaissait la véritable nature de son invité, il serait plus prudent même si l’envie d’en savoir plus le titillait. Il serait fidèle à lui-même tant qu’il ne verrait pas la bonne opportunité, celle qui lui permettrait de ce dont il était capable.

«Vous avez beaucoup de chance de posséder tant d’ouvrages, qui semblent tous plus merveilleux les uns que les autres; est-il possible que vous les ayez tous lu? Vers quels auteurs, quelles histoires vont vos préférences?»

Ses questions semblaient sincères pourtant le Comte aurait pensé qu’il aurait beaucoup de mal à intéresser son invité. Il se disait qu’il avait bien choisit son sujet et ne le regretterais pas. Et même s’il devait se dévoiler un peu, il le faisait volontiers car il sait que Michaël ne percerait jamais les secrets du maitre des lieux qu’il gardait plus surement qu’un dragon garde son trésor. Le Comte posa son coude sur l’accoudoir et fit un mouvement délicat de la main qui semblait englober toute la bibliothèque.


« C’est l’avantage des gens oisifs que de pouvoir s’adonner au plaisir de la lecture et je puis vous assurer qu’il n’y a pas un seul des livres qui se trouvent dans cette pièce que je n’ai eu l’occasion de lire. »

La pointe d’humour qu’il avait glissé en debout de phrase était un nouveau test pour son invité. Il savait c’était ainsi que Zamenis l’imaginait et il n’éprouvait aucune gêne à se traiter de la sorte surtout pour voir une des réactions si surprenantes du colporteur.

« Et en ce qui concerne mes préférences, je n’en ai aucune. Je suis très curieux de nature et la lecture de tous les sujets me permet de la satisfaire... Tout au moins entre deux ouvrages. »

Le Comte parlait par grandes phrases mais il n’arrivait pas à corriger ce défaut qui pourrait le faire passer pour plus hautain qu’il ne le voudrait.

« Et vous ? Une préférence ? Dans ceux que vous avez eu l’occasion de lire. »


Le vendeur de livre semblait l’observer autant qu’il le faisait avec lui et un spectateur extérieur à cette scène s’en amuserait surement.

« Quel dommage que vous ne restiez pas plus longtemps sur la région, je vous aurais fait profiter de ma collection. C’est toujours un plaisir de faire partager de nouvelles lectures avec quelqu’un qui les apprécient. »
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MessageSujet: Re: Sauvez ma journée, s'il vous plait... [Comte de Monte Cristo]   Jeu 26 Déc 2013 - 18:47
Le malaise de Michaël ne semblait guère décidé à s’arranger; il venait de s’apercevoir que sa main libre –l’autre soutenant sa tête– tremblait sous la tension accumulée. Contenant un «Tth!» irrité face à cette démonstration de faiblesse, il serra le poing, espérant faire cesser ces mouvements incontrôlés qui menaçaient de se répandre. Les yeux vairons de son interlocuteur avaient-ils saisis les frémissements de ses doigts? Il pria pour que ce ne soit pas le cas.
La main du Comte, elle, traça dans l’air un mouvement presque précieux pour désigner l’ensemble de la pièce.
 
« C’est l’avantage des gens oisifs que de pouvoir s’adonner au plaisir de la lecture et je puis vous assurer qu’il n’y a pas un seul des livres qui se trouvent dans cette pièce que je n’ai eu l’occasion de lire. »
 
Le jeune homme sourit à la plaisanterie. De l’autodérision? Mauvais signe. Les personnes susceptibles sont plus faciles à atteindre. Mais le Serpent avait le don de mal choisir ses ennemis…
En tout cas, le fait que le Comte ai réussi l’exploit de lire tous les ouvrages de cette bibliothèque restait impressionnant, oisif ou pas. Michaël osait à peine imaginer l’étendue des connaissances stockées sous les longs cheveux bruns. «Je choisis mes amis pour leur apparence, mes relations pour leur caractère et mes ennemis pour leur intelligence», écrivait Oscar Wilde. Suivre le modèle de lord Henry, bien joué Zamenis…    

« Et en ce qui concerne mes préférences, je n’en ai aucune. Je suis très curieux de nature et la lecture de tous les sujets me permet de la satisfaire... Tout au moins entre deux ouvrages. »


Une note hautaine pointait dans sa voix, celle-là même qui avait tant agacé Michaël dès les premiers mots du Comte. Désormais, il ne s’en formalisait plus. Ce n’était qu’une tare parmi d’autres.

Plus dérangeant, cette réponse ne lui apportait pas grand-chose. Il lui faudra prendre le temps d’y réfléchir.
 
« Et vous? Une préférence? Dans ceux que vous avez eu l’occasion de lire. »
 
L’ainé Zamenis ne ressentait aucunement l’envie de répondre. Mais qu’il le veuille ou non, c’était les bases d’un échange poli, et il se devait de les suivre s’il comptait garder cette apparente trêve. Aussi se pencha-t-il sur la question, son index tapotant sa cuisse à un rythme régulier afin de dissimuler les tremblements de sa main. Devait-il en profiter pour faire sa publicité en parlant des écrits de Denitry?
Certainement pas. Il ne voulait pas que la conversation dérive vers son frère. Denitry Zamenis était le seul être en ce bas-monde que le Serpent devait protéger (après sa propre personne, évidemment), son dernier lien avec un semblant d’humanité, de normalité. Aussi refusait-il de partager la moindre information sur cette unique vie qu’il préservait avec cet homme qu’il rêvait de faire disparaitre.
 
« Quel dommage que vous ne restiez pas plus longtemps sur la région, je vous aurais fait profiter de ma collection. C’est toujours un plaisir de faire partager de nouvelles lectures avec quelqu’un qui les apprécient. »
 
Le sourire amusé esquissé plus tôt réapparut sur les lèvres de Michaël, puis se mua en un bref éclat de rire. Aucune saccade moqueuse ni désagréable dans cet accès d’hilarité étrangement doux à entendre. De même, aucune ironie dans sa voix lorsqu’il prit la parole.
 
«C’est une aimable intention, vraiment. Cependant, mettre des livres si précieux entre les mains d’une personne aussi maladroite que moi, n’est-ce pas un peu dangereux? Vous devez avoir en effet des journées bien oisives pour tenter de telles expériences. Auriez-vous le goût du risque, Monsieur le Comte?»  
 
A l’évocation de sa prétendue maladresse, son regard se tourna furtivement vers la bouteille vide qui trônait sur le bureau. Ses paroles n’étaient pas intentionnellement menaçantes, elles visaient juste à mener le maitre des lieux sur la dernière question.   
Au moins, rire lui avait permis de dissiper un peu de tension, sa main ne tremblait plus.
 
«Les journées que je passerai à Necis ne seront guère chargées, si vous m’en donnez l’autorisation, je serais heureux de m’adonner au plaisir oisif de la lecture en empruntant les ouvrages qui emplissent votre bibliothèque. Je vous promets d’y faire attention. Comme cela, je pourrais vous apporter une réponse valable à mes préférences de lecture.»  
 
Il accompagna sa promesse d’un mignon sourire à fossettes. Pour ce que valait sa parole, il pouvait formuler autant de serments qu’il le souhaitait…
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MessageSujet: Re: Sauvez ma journée, s'il vous plait... [Comte de Monte Cristo]   Jeu 26 Déc 2013 - 22:01
Un rire jaillit de la gorge de son invité sans qu’il soit forcé ou teinté d’ironie. Un réel amusement transparaissait dans la voix de Michaël. Cela faisait plaisir au Comte même s’il savait que ça n’en gommait pas entièrement les sentiments de haine qu’il avait sentie précédemment. Mais il y avait là de l’espoir et pourrait-il se faire un ami plus qu’une expérience de cet invité particulier. Masi l’espoir n’était pas une émotion que le Comte connaissait bien et il la laissa de côté, la gardant pour plus tard selon le déroulement des événements.

«C’est une aimable intention, vraiment. Cependant, mettre des livres si précieux entre les mains d’une personne aussi maladroite que moi, n’est-ce pas un peu dangereux? Vous devez avoir en effet des journées bien oisives pour tenter de telles expériences. Auriez-vous le goût du risque, Monsieur le Comte?»


Le rire du Comte s’éleva dans la pièce. Il est vrai que la maladresse même exagérée du blond, n’était plus à prouver mais la réponse à la deuxième question répondait à la première. Dantès aimait particulièrement le risque, il lui permettait de sortir de son quotidien. Que ce soit dans le choix d’une lecture insolite à l’invitation qu’il avait lancé, le risque était présent chez le Comte, ce n’était plus à prouver non plus. Si bien qu’il ne se donna même pas la peine de lui répondre préférant laisser un mystérieux sourire flotté sur ses lèvres tandis que ses mains se joignaient sous son menton, toujours appuyé sur les accoudoirs, cette position conférait toute la profondeur du mystère qu’il cherchait à ménager autour de cette question.

Un regard en direction du bureau sur lequel reposait encore la bouteille à présent vidée de son contenu sans avoir pu être dégustée, venait illustrer ses propos et montrer de manière des plus éloquentes la véritable mesure de sa maladresse. Mais malgré cela, le Comte doutait de la réelle bêtise de son invité. Cela pouvait tout aussi bien être une vengeance bien déguisée en un vulgaire accident. Il avait l’habitude de déceler ce genre d’action vu le nombre qu’il en avait mené dans son autre existence et dans celle-ci et il pensait bien que cette maladresse en était une. Il ne le dirait jamais à Michaël mais c’était ça qui faisait la beauté du geste. De là il pouvait jouer sur ce qu’il savait tout en faisait croire qu’il ne le savait pas. Ce genre de manipulation était la routine du Comte et une des plus ne changeraient rien au bon déroulement de sa vie bien au contraire.


«Les journées que je passerai à Necis ne seront guère chargées, si vous m’en donnez l’autorisation, je serais heureux de m’adonner au plaisir oisif de la lecture en empruntant les ouvrages qui emplissent votre bibliothèque. Je vous promets d’y faire attention. Comme cela, je pourrais vous apporter une réponse valable à mes préférences de lecture.»  

Un sourire équivalent s’épanouit sur les visages des deux hommes qui se faisaient face. Le Comte ravit par cette nouvelle ne se priverait pas de la compagnie de ce colporteur qui avait frappé à la bonne porte. L’association de la lecture à l’oisiveté l’avait également poussé à lui rendre son sourire. Car vu la somme de livres qu’avec lu le bibliophile son invité venait d’enfoncer le clou du peu de travail que fournissait le Comte. Mais cela ne le dérangeait guère et il s’était lui-même décrit comme tel. C’était ça l’avantage de jouer de l’autodérision car une insulte faite pouvait être ainsi esquivée. Comme venait de le prouver cet exemple. Il répondit alors à son invité en précisant un point de détail qui lui tenait à cœur.

« Si vous me promettez également de me tenir compagnie ces quelques jours, j’en serais même ravi. Ma demeure vous sera ouverte tout le temps que vous souhaiterez rester à Necis. »


Malin, il n’avait pas précisé à quelles conditions, ni si cette offre était valable s’il ne revenait que dans longtemps, lors d’un ces prochains séjours mais c’était tout lui. Tant qu’il restait dans le vague, il pouvait jouer et manipuler à sa guise. De plus, il jouait sur quelque chose qui était instable et qui ne valait surement pas grand-chose. Il mettait en jeu la parole de son invité et elle ne semblait pas des plus fiables contrairement à celle du Comte qui absolument inébranlable mais ça, Michaël l’ignorait.


« Ce serait pour moi un grand honneur si vous choisissiez mon manoir pour reprendre des forces avant de repartir sur les routes. D’ailleurs où celle-ci vous mèneront ? »

Par là, il espérait en savoir un peu plus sur son invité. Soit il lui donnerait sa prochaine destination, soit il chercherait à esquiver la question, soit, et c’est ce qui intéresse le plus le Comte, il donnerait son lieu d’habitation. Il voulait savoir quel royaume avait façonné son invité et cela lui permettrait peut-être d’amener le sujet de sa famille et si ses déductions étaient justes à l’écrivain de la famille qui semblait être un sujet sensible chez Michaël...  
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MessageSujet: Re: Sauvez ma journée, s'il vous plait... [Comte de Monte Cristo]   Sam 28 Déc 2013 - 17:59
Le Comte rit et sourit aux répliques de Michaël, ce qui suffit à éparpiller les miettes de bonne humeur que le jeune homme avait réussi à récolter afin de faire bonne figure. Il voulait se rendre un minimum sympathique, pas faire plaisir à son hôte! La simple idée d’avoir illuminé sa journée donna une fois encore l’envie au Serpent de lui fracasser un objet quelconque sur le crâne pour rectifier son erreur.  
Pour ajouter à sa frustration, l’homme aux yeux vairons avait esquivé sa question sur son goût du risque d’un sourire énigmatique qui pouvait prendre une multitude de significations; la mise en évidence de son amour du danger ou au contraire une nette préférence à garder le contrôle en toute circonstance? Aux vues du personnage qui lui faisait face, ces deux hypothèses –les plus probables – se valaient.
 
« Si vous me promettez également de me tenir compagnie ces quelques jours, j’en serais même ravi. Ma demeure vous sera ouverte tout le temps que vous souhaiterez rester à Necis. »


Quel honneur. Michaël comptait bien rester, mais certainement pas pour ravir le maitre des lieux, ni pour le plaisir de sa compagnie. La perspective de passer trois jours encore au manoir, sous l’insoutenable regard dépareillé, manqua de lui donner de nouveaux tremblements.

Pourtant, sa situation se présentait plutôt bien; le voici invité dans l'immense demeure avec une certaine liberté de mouvements. De plus, le Comte semblait l’apprécier (son précédent numéro ne fut pas vain, malgré de déplaisir extrême de le voir si enjoué), le contact s’en trouvait favorisé. Il lui fallait prendre garde cependant: son hôte était loin d’être un idiot, et le considérait comme un sujet de curiosité, rendant la prétendue liberté de mouvements du Serpent moins étendue qu’il ne le souhaiterait.
 
Plaçant un filtre sur ses sentiments, le jeune homme laissa flotter sur ses traits une légère satisfaction (aux origines douteuses, mais imputable à l’invitation du maitre des lieux), et dissimula au mieux l’horreur que ce séjour lui inspirait.  
 
« Ce serait pour moi un grand honneur si vous choisissiez mon manoir pour reprendre des forces avant de repartir sur les routes. D’ailleurs où celle-ci vous mèneront ? »

Michaël répondit avec la spontanéité et le naturel du parfait menteur.

 
«Après Necis, je continuerai ma tournée à Crudelis. Merci de m’accueillir pendant mon séjour au Cannibale Village. Quant au fait de vous tenir compagnie, si cela peut vous faire plaisir, vous avez ma parole. Y a-t-il autre chose que je puisse faire pour vous? J’ai vraiment l’impression d’abuser de votre générosité, c’est assez gênant…»

Devoir proposer son aide à ce type. Quelle bassesse. Mais puisqu’un embryon de bonne entente commençait à se développer, il ne fallait pas le laisser mourir. La soirée promettait d’être sacrément longue…
La destination de son voyage n’était pas tout à fait exacte; si Michaël se rendait à Crudelis, c’était pour rentrer chez lui; il trainait déjà plusieurs jours de retard à cause de l’aveugle, Denitry s’inquiétait certainement. Mais bon, le Comte ne voulait pas son adresse ainsi qu’un plan pour s’y rendre, pendant qu’on y était? Le Serpent avait dit où les routes le mènerait, répondant à la question avec une fausse exactitude.
 
Si les remerciements et le soudain accès de civisme laissaient paraitre un léger effort, ils démontraient également un souci de bonne volonté. Le colporteur, bien que potentiellement désagréable, n’était pas ingrat.
La soirée sera vraiment, vraiment longue…
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MessageSujet: Re: Sauvez ma journée, s'il vous plait... [Comte de Monte Cristo]   Sam 28 Déc 2013 - 21:47
Sa réponse ne se fit pas attendre et il répondait avec une aisance tranchait avec le peu de confiance qu’il affichait face au Comte depuis le début. Même si il essayait de la cacher il n’était pas à l’aise face à l’assurance et la bonne humeur que montrait le propriétaire des lieux.

«Après Necis, je continuerai ma tournée à Crudelis. Merci de m’accueillir pendant mon séjour au Cannibale Village. Quant au fait de vous tenir compagnie, si cela peut vous faire plaisir, vous avez ma parole. Y a-t-il autre chose que je puisse faire pour vous? J’ai vraiment l’impression d’abuser de votre générosité, c’est assez gênant…»


Il était passé rapidement sur sa destination au déplaisir du Comte même s’il n’en montrait rien. Mais soit, la suite du discours de Michael lui plaisait tout autant. Ainsi il se mettait à son service au moins pour une chose. Le Comte ne pouvait résister à une telle occasion.

« Je saurais vous demandez si vous pouvez faire quelque chose pour moi. »


Ainsi il se gardait cette proposition pour plus tard sans avoir à forcer. Il était heureux de pouvoir compter sur ça pour une autre occasion. Car sur l’instant rien ne lui venait et chaque en son temps, il saurait profiter de ces quelques mots. Pour éviter que cette phrase se retrouve seule et qu’elle prenne trop d’importance aux yeux de son invité pour qu’elle ait tout son poids et toute la surprise qui l’accompagnait avec. Il poursuivit donc abordant un tout autre sujet.


« Mais pour l’instant parlons d’autre chose. Avez-vous fais de bonnes affaires ou de bonnes rencontres durant votre tournée ? Car j’imagine que si vous n’avez pas le temps de lire vous avez tout le loisir de faire des rencontres plus ou moins agréables... »


Il ne se plaçait pas dans l’une ou l’autre des catégories, seul lui devait choisir s’il considérait Monte Cristo comme une bonne ou mauvaise connaissance. Avant que Michaël n’ait pu répondre, Haydée frappa à la porte et entra silencieusement. Un regard suffit pour faire passer ce qu’elle avait à dire au Comte. Il acquiesça et se leva, invitant  le colporteur à faire de même.

« Le dîner est servi, si vous voulez bien me suivre. Cela ne nous empêche pas de poursuivre notre discussion. »


Il se dirigea vers la haute porte de la bibliothèque. Il mena son invité dans les longs couloirs du manoir, jusqu’à la salle à manger. Au centre de la pièce au haut plafond siégeait une table largement suffisante. Dessus s’étalait des mets venant de différentes contrées comme aimait le faire Monte Cristo. Il aimait la variété et son repas n’en faisait pas exception. Il prit place sur l’un des sièges, et fit signe à son invité de faire de même.
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MessageSujet: Re: Sauvez ma journée, s'il vous plait... [Comte de Monte Cristo]   Lun 6 Jan 2014 - 23:26
 La réponse du Comte tira un signal d’alarme dans l’esprit de Michaël.  
 
«  Je saurais vous demandez si vous pouvez faire quelque chose pour moi. »
 
Cela semblait anodin, mais en tant que manipulateur tordu et un soupçon paranoïaque, le Serpent comprit rapidement l’erreur commise en lui proposant un service; pour le coup, même l’instabilité de ses promesses ne le sauverait certainement pas, peu importe ce que lui demandera son hôte… Qui paraissait avoir une mauvaise idée en tête. Ssssssshhh. Ne lui tend plus jamais de perches pareilles, Michaël! Se rendre sympathique, tu as d’autres bonnes idées dans le genre!?
Le jeune homme reprit rapidement contenance. Il pouvait s’en tirer. Cela dépendrait de la requête du maitre des lieux. Et puis, peut-être se montrait-il trop méfiant, la demande du Comte ne lui sera pas forcément néfaste. Dans tous les cas, cette dette flottait au-dessus de sa tête telle une épée de Damoclès.    
 
«Mais pour l’instant parlons d’autre chose. Avez-vous fais de bonnes affaires ou de bonnes rencontres durant votre tournée ? Car j’imagine que si vous n’avez pas le temps de lire vous avez tout le loisir de faire des rencontres plus ou moins agréables...»

«Mais pour l’instant parlons d’autre chose »… La diversion n’était franchement pas discrète. Cependant, le nouveau sujet de conversation offrait à Michaël une grande diversité de réponse. Mais son objectif n’était pas de meubler la conversation, mais de faire parler le Comte…

L’arrivée pourtant discrète d’Haydée le coupa dans sa réflexion. Sans qu’elle ne prononce le moindre mot, le maitre des lieux se leva en l’apercevant. Sa tranquillité n’étant qu’apparente, le Serpent quitta le fauteuil un peu trop précipitamment sur l’invitation de son hôte, soulagé de ne plus avoir à rester assit. Hélas, l’accumulation de rage, de tension, d’aversion manquaient de le faire vaciller et trembler encore, il dû mobiliser toute sa concentration pour maintenir un air de décontraction superbement imité.    
 
« Le dîner est servi, si vous voulez bien me suivre. Cela ne nous empêche pas de poursuivre notre discussion. »
 
Le dîner… Une épreuve supplémentaire. Le jeune homme avait presque oublié cet obstacle à l’approche imminente. Tout ce qui venait du maitre des lieux ne lui inspirait qu’un profond dégoût; devoir partager sa nourriture, à sa propre table, lui coupait presque l’envie d’avaler quoi que ce soit jusqu’à la fin de ses jours tant cette perspective le répugnait. 
 
Michaël suivit le Comte le long des couloirs, tentant de mémoriser la topographie des lieux, jusqu’à atteindre une salle à manger aux dimensions aussi colossales que le reste du manoir. Une table disproportionnée supportait un nombre de plats tout aussi disproportionné pour seulement deux personnes. Simple étalage de richesse, tant inutile qu’ostentatoire? Tth.
 
Malédiction. Un simple dîner promettait déjà d’être difficile, mais en plus de cela son hôte avait prévu un banquet. Le Serpent songea prétendre se sentir mal afin d’y échapper. Aux vues de son état actuel, un malaise passager serait tout à fait crédible sans qu’il ai besoin de simuler. Il présenterait là une preuve de faiblesse –bien que passer pour plus fragile qu’on le l’est peut s’avérer pratique– et le but était de rester le plus longtemps possible avec le Comte pour analyser le moindre de ses mots, de ses gestes, comme ce dernier semblait le faire sur son «invité-sujet-de-curiosité».     
 
Tant pis, il devra faire preuve d’un peu de courage (oui, cela lui arrive parfois), prendre gentiment place à table, partager le dîner du Comte et lui faire la conversation. Beuark. S’il ne tenait tout le repas, il pourrait toujours se prétendre malade.
Simuler et dissimuler.
 
En aucun cas son visage ni ses gestes n’avaient trahis son hésitation, et le bref arrêt marqué en entrant dans la pièce semblait surtout dû à la surprise de découvrir une table si incroyablement garnie. Toujours sur l’invitation du maitre des lieux, il s’installa à ses côtés. Sortie de nulle part, Haydée s’empressa de servir les deux personnes attablées. Conservant une expression neutre, Michaël désespérait à chaque nouvel élément que l’ange frêle ajoutait à son assiette, qui finit rapidement par déborder de mets variés; était-ce pour la simple éthique de servir correctement les invités, ou la jeune femme songeait-elle qu’un colporteur d’une vingtaine d’année passant son temps à sillonner les routes devait constamment mourir de faim? L’ainé Zamenis la remercia cependant avant qu’elle ne s’éclipse.
 
Son regard se posa à nouveau sur le Comte; sa vue devenait de plus en plus difficile à soutenir, l’hypothèse d’arracher ces affreux yeux vairons se concrétisait chaque minute d’avantage dans l’esprit du Serpent. Posséder couteaux et fourchettes à portée de main n’incitaient guère à la retenue. Plus tard, laisse-lui le temps de voir sa déchéance…      
 
Au lieu d’une mutilation ou tout autre acte violent qui lui traversait l’esprit, Michaël offrit à son hôte un petit sourire gêné.
 
«Pardon, vous m’aviez posé une question… Vous aimez les récits de voyages? Il est vrai que j’ai eu l’occasion de rencontrer quelques personnes fort particulières, dans le bon comme dans le mauvais sens.»
 
Alors le Serpent conta. Un exercice quotidien pour lui, Denitry le harcelait pour connaitre chaque détail de ses tournées dès qu’il rentrait à la maison. Exposer ce qu’il restait racontable, dissimuler ce qui ne l’était pas. Anecdotes plus ou moins modifiées, évènements réels ou inventés. Michaël s’amusa à brasser tout cela en une succession d’histoires, se demandant si le Comte réussira à séparer la vérité du mensonge. Entre autres se mêlèrent dans son récit l’évocation de Rê et de sa machine à allumer le soleil (en passant sous silence les tentatives du jeune homme à détraquer ladite machine), sa rencontre avec un enfant sauvage dans la forêt de Nivis (inventée de toute pièce), la fois où une jeune fille fuyant un père tyrannique  l’avait malgré lui impliqué dans sa fugue en le suivant dans sa tournée pour se rendre chez une tante, marquant le début d’une histoire d’amour aujourd’hui révolue (à cause du décès prématuré de la demoiselle des mains de Michaël; le chagrin de son salopard de père fut délectable), et enfin comment il se retrouvait coincé au Cannibale Village pour faire la lecture à un aveugle.     
 
Il parla longuement, observant discrètement chaque réaction de son interlocuteur, trouvant là un nouveau moyen de paraitre agréable à son hôte, mais surtout une excellente excuse à la lenteur avec laquelle son assiette se vidait. Mais arriva l’instant critique où il risquait d’ennuyer le Comte, aussi mit-il un terme à son récit pour le questionner, une lueur de curiosité dans les profondeurs de ses yeux bleu abysse.
 
«Et vous, Monsieur le Comte? Vous avez dû recevoir dans votre manoir des invités de toutes sortes, puisque vous permettez même aux colporteurs de franchir votre porte; mais vous avez certainement l’habitude de visites plus prestigieuses. Lesquelles vous ont marqué?»
 
A son tour de parler. Le Serpent avait joué le jeu, le maitre des lieux pouvait difficilement se soustraire à conter quelques anecdotes, au risque de paraitre impoli. C’était là une bonne occasion de connaitre ses relations. L’ainé Zamenis espérait surtout être en mesure de déceler le mensonge chez le Comte s’il suivait l’exemple de son invité sur la manière de rendre un récit intéressant…
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MessageSujet: Re: Sauvez ma journée, s'il vous plait... [Comte de Monte Cristo]   Mar 7 Jan 2014 - 22:09
Son invité était restait parfaitement silencieux durant la traversée lui permettant ‘observer plus attentivement sa démarche discrètement. Certains pas semblait assurés et d’autres beaucoup moins comme s’il réfléchissait et qu’il hésitait entre deux comportements, ce qui était peut-être le cas. Le Comte avait pu constater la dualité du colporteur. Observant les décors qui ornaient les couloirs, il devait tenter de mémoriser la configuration du manoir et cela laissait quelques traces dans ses pas. Mais arrivés devant la salle, aucune hésitation n’était visible. C’était un excellent comédien, rien ne transparaissait sur ce visage habitué à mentir et à tromper.

« J’aime varier les goûts et les saveurs des différentes régions de Queer Tales. J’espère que cela sera à votre convenance. »


Michaël affichait un sourire un peu gêné qui cachait surement bien des pensées sinistres. Le Comte pouvait presque sentir la haine de son invité dans l’atmosphère de la salle. Haydée s’installa dans un coin et commença à jouer de la harpe. Et pourtant les notes légères n’arrivaient pas à effacer cette sensation mauvaise qui émanait du colporteur. Il ne savait pas ce qu’il lui avait fait mais il savait ce qu’il ressentait même si absolument rien ne figurait sur son visage d’ange blond.


« Pardon, vous m’aviez posé une question… Vous aimez les récits de voyages ? Il est vrai que j’ai eu l’occasion de rencontrer quelques personnes fort particulières, dans le bon comme dans le mauvais sens. »

Monte Cristo acquiesça ravit que son invité se livre à de telles confidences, il se doutait bien que plus de la moitié de son récit serait de simples mensonges mais il était tout ouïe et attendait avec impatience le récit des voyages imaginaires de Michaël. Il commença alors avec l’aisance de celui qui le fait régulièrement. Il mêlait adroitement vérités et mensonges si bien que le Comte ne parvenait pas toujours à déceler le vrai du faux. Néanmoins, les histoires étaient charmantes et le bibliophile, friand de ces anecdotes posait sur son invité un regard brillant de curiosité. Et il mangeait à peine plus vite que son invité. Le Comte mesurait chaque geste, il sentait très bien que Michaël les observaient mais l’habitude de jouer un rôle et de faire comme si il était autre, rendait ses gestes fluides et paraissaient les plus normaux du monde. Un sourire intéressé vient se poser sur ses lèvres tandis que le conteur finissait son histoire. Monte Cristo se doutait qu’il regorgeait encore d’une foultitude d’anecdotes mais quelque chose l’avait arrêté alors qu’il aurait pu écouter encore le colporteur. Le mélange de réalité et de fiction était si invisible qu’il se plaisait énormément à se laisser voyager sur les mots de son invité.

« Et vous, Monsieur le Comte? Vous avez dû recevoir dans votre manoir des invités de toutes sortes, puisque vous permettez même aux colporteurs de franchir votre porte; mais vous avez certainement l’habitude de visites plus prestigieuses. Lesquelles vous ont marqué? »


C’était à son tour, le Comte devait lui aussi se prêter au jeu de l’histoire détaillée avec les multiples rencontres qu’il avait pu faire, aux nombreuses personnes qui avaient frappées à sa porte. Mais allait-il le faire ? Il pouvait simplement dire que sa vie était des plus ennuyeuses et que la compagnie de voyageurs ne suffisait que rarement à le soustraire de son ennui quotidien. Mais il voyait bien la curiosité non feinte qu’il lisait dans le regard de Michaël et se dit que cela pourrait être amusant. Une question lui trotta dans la tête alors qu’il allait commencer. Son invité saurait-il lui aussi différencier le vrai du faux ?

« Croyez-moi, je n’ai pas tant de personnes qui viennent s’arrêter dans ce manoir. Je pense qu’il est un peu trop imposant. C’est vrai que je reçois quelques fois, des personnes importantes mais ce sont surtout des voyageurs qui osent venir frapper à ma porte. Je crains que ce ne soit très intéressant. »


Il laissa un silence appuyé avant de reprendre.

« Mais soit, vous avez répondu honnêtement à ma question, j’en ferais donc de même. »

Il marqua un peu plus le mot « honnêtement » montrant volontairement qu’il avait remarqué les nombreux mensonges qui ont ponctué son récit. C’était assez discret mais comme son interlocuteur faisait attention à ce genre de détail, il ne manquerait pas de sentir cette légère pointe d’ironie. Cela passé, le Comte commença son récit, maniant habilement mot et geste comme une pièce de théâtre mille fois jouée. Sa voix prit rapidement le rythme du conteur comme l’avait fait un peu plus tôt Michaël et comme lui, il mêlait mensonges et vérités dans un ballet improbable et pourtant efficace. C’était souvent les choses les plus improbables que l’on croyait le plus volontiers. Il termina son récit, à peu près en même temps que son assiette.

« Et je suis enchanté de faire de nouvelles rencontres qui brise cet ennui qui est la croix des hommes puissants. »

Son verre de vin à la main, il cherchait à savoir ce qu’avait pensé Michaël de son récit. Il inclina son verre vers son invité.


« Un verre ? C’est un qui vient de Crudélis, celui-ci. Peut-être sera-t-il plus à votre goût ? »


Il fit passer dans son sourire qu’il n’avait pas oublié le sort de la bouteille qu’il avait présenté au colporteur dans la bibliothèque. Ce n’était qu’un petit incident mais cela avait permit au Comte de contempler la profondeur sombre de l’âme de son invité et cela le passionnait, il n’avait rien vu venir et cela était rare pour lui de se faire surprendre de la sorte. Mais là, il sentait toujours la haine et l’envie de vengeance qu’i pourrait reconnaitre partout puisqu’elle faisait écho à celle qui noircissait son cœur, enfin ce qu’il en restait. Quel dommage qu’elle soit tournée contre lu, il aurait aimé la faire grandir, il aurait aimé l’aider à échafauder sa vengeance pour qu’elle soit la plus efficace possible. A moins qu’il ne le fasse tout de même. Prendra-t-il se risque ? Encourager l’idée de haine de son invité pour voir ce dont il était capable, s’il était un simple amateur guidé seulement par ses sentiments ou si comme lui, il échafaudait mille plans et mille stratagèmes pour qu’elle soit la plus douloureuse possible. Cette curiosité pourrait coûter beaucoup...

Et alors ?
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MessageSujet: Re: Sauvez ma journée, s'il vous plait... [Comte de Monte Cristo]   Sam 18 Jan 2014 - 16:04
Durant le court silence qui suivit sa question, Michaël remarqua soudain la musique qui emplissait la pièce. En vérité, il l’entendait depuis le début du dîner, mais sa concentration sur son récit et quelques pensées peu exprimables l’avait reléguée au second plan au point que le jeune homme se rendait tout juste compte de son existence. Cherchant l’origine de la mélodie, il aperçut Haydée, dont les doigts délicats caressaient les cordes d’une harpe. Un bref instant, un mélange d’admiration et de désappointement se mêlèrent sur ses traits. S’il pouvait difficilement dénigrer le talent de la demoiselle, il avait un peu de mal à supporter les musiciens peu bavards depuis quelques temps…
Lorsque le Comte prit la parole, seule la contrariété envahit son esprit, imperceptible pour un observateur extérieur. Si la réponse de son hôte l’intéressait réellement, l’écouter parler lui usait les nerfs. 
 
« Croyez-moi, je n’ai pas tant de personnes qui viennent s’arrêter dans ce manoir. Je pense qu’il est un peu trop imposant. C’est vrai que je reçois quelques fois, des personnes importantes mais ce sont surtout des voyageurs qui osent venir frapper à ma porte. Je crains que ce ne soit très intéressant. »

Que c’est triste. Le pauvre Comte de Monte Cristo isolé tel un vampire dans son manoir, ne recevant qu’une poignée de voyageurs inconscients et des diplomates obligés de lui rendre une visite de courtoisie.

Une légère déception se peignit sur le visage de l’ainé Zamenis, lui qui attendait avec tant de curiosité les récits du maitre des lieux…
 
« Mais soit, vous avez répondu honnêtement à ma question, j’en ferais donc de même. »
 
Le mot "honnêtement" fut trop appuyé pour être totalement innocent. Il se fichait de lui? Parfait. En décelant les mensonges dans le discours du Serpent, le Comte avait prouvé sa perspicacité. Inquiétant. Avec quelle précision son esprit perçut-il l’infime frontière entre vérité et affabulations? Aucun geste ni expression ne fut significatif, rien qui puisse aider Michaël. Tant de réflexions cachées sous une apparente normalité… Il détestait cet effet de miroir, se trouver des points communs avec ce type lui donnait la nausée.
 
Son interlocuteur entama son récit. Effectivement, il se fichait de lui. Un embrouillamini plausible d’anecdotes réelles et d’histoires montées de toute pièce. Si l’ainé Zamenis avait son avis sur la véracité ou l’inexactitude de certains faits (sans certitude), le reste restait difficilement identifiable. Cet homme était un maitre dans l’art de la tromperie. Ssssssshhh…
Pour parfaire le tableau, les notes de la harpe donnaient au Comte la prestance d’un barde racontant quelques évènements plus ou moins réalistes. Si cela pouvait rendre l’ensemble assez beau, ce détail agaçait profondément le Serpent, lui donnant envie de mettre un terme à cette mascarade. Une rencontre entre professionnels des faux-semblants crée un spectacle vraiment ridicule, devoir y participer le faisait bouillir de rage.
 
Il réussit cependant à absorber tant les mots que la nourriture sans s’enfuir de table pour mettre fin à son calvaire. Craignant d’avoir la tête de quelqu’un qui va rendre tripes et boyaux dans les secondes qui suivent, il posa sur son visage un masque attentif; le Comte remarquerait peut-être ce nouveau déguisement, mais cela valait mieux que l’air presque maladif qui marquait son expression quelques instants plus tôt.
 
« Et je suis enchanté de faire de nouvelles rencontres qui brise cet ennui qui est la croix des hommes puissants. »

Eh bien, monsieur se targue d’être un homme puissant… Un peu vaniteux sur les bords, non?

Enfin, ce n’était sans doute pas uniquement de la vanité. De plus, il venait de fournir au Serpent une information de premier choix : il s’ennuyait réellement.
La phrase du Comte, au ton différent de son précédent récit, tira le jeune homme d’un début de réflexion inquiétant.
 
« Un verre ? C’est un vin qui vient de Crudélis, celui-ci. Peut-être sera-t-il plus à votre goût ? »

Une grimace mi contrite mi amusée étira un coin de ses lèvres.

 
« Avec plaisir Monsieur le Comte, merci beaucoup. »
 
Il recommençait à plonger trop profondément dans les faux-semblants, son hôte risquait de le remarquer. Non, cela ne lui faisait pas plaisir de partager ce verre avec lui, mais aucune autre formule de politesse plus véridique ne lui traversa l’esprit. Il n’acceptait de boire que parce que l’alcool permet de perpétuer un lien de bonne entente. Egalement dans l’espoir d’entrainer le Comte dans les abimes de l’ivresse, même s’il ne comptait guère sur cette probabilité.
Enfin, il devait prendre garde à ne pas sombrer; dans l’obligation de peser chacun de ses mots, sans rôle derrière lequel se cacher, il ne pouvait se permettre de se saouler.  
 
Avant qu’Haydée ou le Comte ne s’en occupe, le jeune homme saisit la bouteille et se servit un demi-verre dans les règles de l’art, sans en verser une goutte sur la table (Provocation? Nooooooon.), avant de resservir son hôte dont le verre était bien entamé.
Le Serpent demanda enfin, gardant cette lueur de curiosité pure dans le regard:
 
« Un homme puissant, dites-vous… Si je puis me permettre la question, comment êtes-vous arrivé si haut? Comment avez-vous obtenu toutes les richesses au milieu desquels vous évoluez chaque jour? Simple héritage ou avez-vous grimpé les échelons à la seule force de votre volonté? »
 
Bien, Michaël semblait simplement faire une fixette sur leur différence de condition. Tant que le Comte prenait cette interrogation pour une simple jalousie de pauvre, cela dissimulait le sens réel de la question.
L’ainé Zamenis porta son verre à ses lèvres. Une vraie merveille. Mais il préférait attendre la réponse du maitre des lieux avant de faire la moindre remarque sur le vin, ce serait idiot de lui offrir une opportunité de se dérober.
 
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MessageSujet: Re: Sauvez ma journée, s'il vous plait... [Comte de Monte Cristo]   Sam 18 Jan 2014 - 21:40
Il était aisé et amusant pour le Comte de voir les différents masques que revêtait son invité. Quelque fois entre deux, il pouvait voir la vraie nature de Michaël. Et il était ravi de la palette et de toutes les nuances qu’ils pouvaient voir sur le visage de son charmant invité. Cela le distrayait au plus haut point et il était absolument ravi qu’il ait décidé de rester quelques jours.

« Avec plaisir Monsieur le Comte, merci beaucoup. »


Le plaisir était tout relatif, il le savait mais il appréciait néanmoins, la remarque polie. Et même s’il semblait remettre son masque de colporteur aimable et bien éduqué, il s’efforçait de le cacher au Comte. La limite entre les deux n’était pas des plus nets mais néanmoins visible pour qui sait regarder. Monte Cristo observait son invité en jouant avec son verre presque vide maintenant. Il le posa juste à temps pour voir Michaël se verser un verre avec une dextérité et une technique surement très travaillée et qui ne laissait plus une seule place à la maladresse flagrante qu’il avait affichée la dernière fois qu’il avait tenu une bouteille de vin. Son tapis s’en rappelait mais en voyant cela, le Comte pouvait admirer toute la duplicité de son invité. Il l’avait fait exprès c’était carrément évident maintenant et Michaël se permettait même de le provoquer. Le maitre des lieux poussa même le vice jusqu’à lui tendre son verre pour qu’il le resserve ce qu’il fit sans maladresse aucune.


« Un homme puissant, dites-vous… Si je puis me permettre la question, comment êtes-vous arrivé si haut? Comment avez-vous obtenu toutes les richesses au milieu desquels vous évoluez chaque jour? Simple héritage ou avez-vous grimpé les échelons à la seule force de votre volonté? »

Ce détail semblait l’intriguer chez le Comte et c’était normal. Il ne devait pas posséder la fortune affichée de Monte Cristo et encore moins celle qu’il cachait mais il semblait y avoir autre chose. Comme lui, il tentait d’en apprendre plus sur son hôte. Et ce genre de questions était un excellent moyen d’obtenir ces informations. C’était bien joué l’un ou l’autre des réponses étaient intéressantes pour Michaël et le Comte ne serait surement pas le dernier à vanter les mérites de son invité. Il était rusé et avait l’habitude de manipuler les gens, cela se voyait mais avec le Comte il avait perdu cette façade si précieuse pour le faire laissant champ libre pour le noble. C’était sa seule erreur, jusqu’à présent...

« Question intéressante. Je crois qu’il a une part de volonté dans chaque fortune de chaque homme puissant même par héritage, il n’est jamais gratuit, ne pensez-vous pas ? »


Comme d’habitude, il ne répondit pas à la question et en posant une nouvelle question à la suite, l’empêchant de finalement répondre à la question de base, cela donnait trop d’informations à son invité. Il n’arriverait pas à avoir le Comte si facilement. Ce serait vraiment trop simple et sans un peu de suspense et de mystère, Monte Cristo ne serait pas... lui.

« Je suis sur que même vous pouvez réussir à faire fortune. En trouvant les bons clients et en faisant fructifier cet argent... »


Le propriétaire des lieux laissait encore une fois, entendre plus que ce qu’il ne disait. Il n’y avait pas de doute sur le fait qu’il se considère comme l’un des bons clients qui peuvent lui apporter un confort supplémentaire voire un peu plus. Et même s’il n’avait pas payer les quelques ouvrages qui reposaient sur son bureau à côté de la bouteille vide, il pourrait lui acheter beaucoup plus tant que c’était de qualité. Il espérait que son invité le découvrirait et qu’il ne se fasse pas un ennemi du Comte. Cet espoir était mince car il pouvait ressentir cette haine et cette contrariété envers lui mais ça ne coutait rien d’essayer de le faire changer d’avis. Mais ce n’est pas la seule chose qu’il essayait de faire sous-entendre. Il voulait montrer qu’il pouvait aider Michaël s’il le voulait. Cela ne représentait pas grand-chose pour lui et il avait toujours eu l’âme d’un mécène...
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MessageSujet: Re: Sauvez ma journée, s'il vous plait... [Comte de Monte Cristo]   Lun 10 Fév 2014 - 20:44
Tenant le pied fin du verre entre ses doigts, Michaël le faisait tourner distraitement, observant les jeux de lumière sur la robe pourpre. Trois jours dans un immense manoir avec une jolie domestique, excellents vins et livres rares à profusion, pourquoi fallait-il que le Comte soit si insupportable pour gâcher ce séjour incroyable? Enfin, si l’on y retirait le caractère méprisable de son hôte, cette description sera parfaite pour Denitry.
 
«Question intéressante. Je crois qu’il a une part de volonté dans chaque fortune de chaque homme puissant même par héritage, il n’est jamais gratuit, ne pensez-vous pas ?»
 
Sssssshhh. Gardait-il des réponses encore plus vagues en réserve? Après toute cette accumulation de tension et de malaise, le Comte n’énervait même plus le Serpent; il le fatiguait.
Michaël répondit d’un lointain sourire, oscillant entre le «Vous avez tout à fait raison, continuez» et le «Vous vous fichez de moi ou vous ne faites même pas exprès d’être agaçant?». Depuis que le Comte lui avait prouvé qu’il saisissait ses mensonges et les lui rendait allègrement, le jeune homme se permettait ce genre de remarque, tant qu’elles restaient implicites, tout comme pour le service du vin réussit; la douce époque où il était serveur, les merveilles de la mémoire procédurale…
 
«Je suis sûr que même vous pouvez réussir à faire fortune. En trouvant les bons clients et en faisant fructifier cet argent...»
 
L’ainé Zamenis avait encore le vague espoir qu’il développe d’avantage sa première déclaration. Tant pis. Il venait d’esquiver superbement la question. Si le challenge se révélait souvent intéressant, Michaël n’était pas du genre à aimer relever les difficultés, moins encore ce soir; cette accumulation de désagréments le lassaient et jouaient avec ses nerfs jusqu’à épuisement. Courage, la soirée ne fait que commencer. Et puis, sa haine l’aidera toujours à tenir debout. Que son corps soit à bout de force ou son esprit las de trop d’atrocités, sa haine ne lui laissera aucun répit. Pas tant qu’elle n’aura connu son apogée, balayé l’être détesté; mais puisque que le Comte lui fournissait un combustible, elle ne s’éteindra pas.
 
«En trouvant les bons clients»… ? Se comptait-il dedans? Tth. Le colporteur avait perdu cinq livres par sa faute. Il comptait donc réellement devenir un client à long terme… cette perspective ne collait pas avec toutes les tortures réalisables ou non qui traversaient l’esprit du Serpent. Abandonner ses envies de destruction pour une vie prospère, tel est le moyen trouvé par le Comte pour se protéger? Va te faire foutre. Tu ne pourras rien m’offrir de plus précieux que ta souffrance.  
 
Continuant de faire tourner le verre posé sur la table, Michaël s’adossa à sa chaise et fit mine de prendre le temps de réfléchir aux propos de son interlocuteur.
 
« Tant que j’ai de quoi vivre confortablement, c’est suffisant. Une grande fortune demande beaucoup trop de responsabilités, ce doit être difficile à gérer. Surtout si vous êtes seul… »
 
Abandonnant la contemplation des reflets rubis du vin, il releva les yeux vers le Comte. Son visage était calme, juste teinté de curiosité et d’une vague hésitation à continuer. Il reprit d’un ton doux, assez lent, celui qui signifie «ne te vexe pas, je demande ça en toute amitié.»
 
« Pendant le repas, je n’ai pas pu m’empêcher de remarquer l’absence d’une présence féminine –hormis celle charmante d’Haydée. N’êtes-vous pas marié? »
 
Comme cela semble maladroit et innocent. Eternel menteur.


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Sauvez ma journée, s'il vous plait... [Comte de Monte Cristo]

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