Petit humain, mais qu'as-tu fait ? Ouvrir ce livre, pris de curiosité ! Quelle grave erreur, car dès maintenant, les contes te garderont pour eux !
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 Sauvez ma journée, s'il vous plait... [Comte de Monte Cristo]

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MessageSujet: Re: Sauvez ma journée, s'il vous plait... [Comte de Monte Cristo]   Mar 11 Fév 2014 - 8:55
Malgré ses efforts, le Comte ressentait toujours cette haine émanant du colporteur. Et ce n’étais pas faute d’essayer de le passer de son côté mais il semblait ressentir ce désir insatiable de vengeance qui ne s'éteindrait qu’avec la déchéance la plus totale de sa cible. Si seulement il pouvait se détacher de cette soif de souffrance, il le ferait mais cela lui était impossible. Ces recherches sur le sujet ne menaient pour l’instant nulle part. Il avait fallu d’un instant de déconcentration pour se voir priver, peut-être à jamais de sa vengeance. Sous ses pensées, il ne peut que restreindre une certaine tension dans son geste mais cela passa bien vite. Son invité faisait tourner son verre avec l’habilité d’un habitué et cela ne fit que confirmer inutilement que sa maladresse de tout à l’heure n’était qu’une farce destiné à ennuyer le propriétaire des lieux.

« Tant que j’ai de quoi vivre confortablement, c’est suffisant. Une grande fortune demande beaucoup trop de responsabilités, ce doit être difficile à gérer. Surtout si vous êtes seul… »

Le Comte ne voyait pas les choses sous cet angle mais d’un œil extérieur cela pouvait sembler logique. Il acceptait donc la charge qu’il lui imposait et surtout qu’il ne voulait pas lui-même se l’imposer. Mais ce n’était pas ces mots qui avait le plus marqué le Comte, c’était les derniers mots. Il hésitait entre trois hypothèses pour cette fois. Soit, il parlait de Monte Cristo, soit il parlait de lui soit il lui mentait pour cacher le fait qu’il ne vivait pas seul. Il penchait plutôt pour la dernière car les livres surement écrit par un membre de sa famille venaient bien de quelque part. A Crudélis ou plus loin mais cet étrange colporteur ne vivait pas seul, il aurait pu en mettre sa main à couper.

« Pendant le repas, je n’ai pas pu m’empêcher de remarquer l’absence d’une présence féminine –hormis celle charmante d’Haydée. N’êtes-vous pas marié? »

Voilà donc, le but de ces quelques mots, c’était pour amener cette question. Il reconnaissait cette technique pour la pratiquer lui-même sur certains de ces invités, il cherchait à en savoir plus sur le Comte pour découvrir ses faiblesses et une femme en était une superbe qu’il serait dommage de manquer.

« Non, je n’ai pas cette chance. Je n’ai pas encore trouvé la bonne personne j’imagine. Et vous ? Un bel homme comme vous doit posséder une compagne à sa mesure. »

Retour de la question classique sans que cela ne soit vu comme une faute de gout ou une phrase mal placée. De plus, les derniers mots avaient pour but de cerner l’égo de son invité. Après tout, quelqu’un comme lui devait surement penser qu’aucune femme ne lui était digne à moins qu’il n’ait trop peur que ce soit une faiblesse. Mais peut-être aussi qu’il se trompait et qu’une femme l’attendait quelque part. Mais il en doutait. Le repas touchait à sa fin et il libérerait bientôt Michael de la prison mentale qu’avait soigneusement tissé le Comte et qui ne ferait que se resserre r durant ces quelques jours. Monte Cristo se leva dans un mouvement souple et presque gracieux malgré sa haute taille.

« Si vous voulez bien me suivre, j’imagine que êtes curieux et surement impatient de découvrir votre chambre. »

Il le guida à travers des couloirs déjà empruntés pour arriver devant une porte finement ouvragée. Il la poussa et laissa à son invité tout loisir de découvrir l’espace qui lui était alloué durant tout ce temps. Comme le reste du manoir, la décoration était fastueuse mais pas trop lourde. Le grand lit à baldaquins trônait au centre de la grande pièce et une étagère bien fournie couvrait l’un des murs. Il espérait que cette attention plairait à son invité. Deux tableaux de paysages étaient accrochés aux murs, l’un de Queer Tales et l’autre de l’autre monde. La pièce était dans les tons bleu-vert. Des couleurs froides qui n’enlèveraient rien à la chaleur de la pièce puisqu’un feu ronronnait doucement dans la cheminée. Une armoire également prenait une place importante. Elle était en partie remplie par des vêtements de la plus fine soie et bien évidemment neufs.

« J’espère qu’elle vous convient. Vous pouvez disposer comme bon vous semble de cette pièce. Il y a quelques affaires dans la penderie si vous souhaitez les utiliser, elles sont là pour vous. »

D’un geste ample, il désigna la grande armoire en bois sombre. Puis esquissa un sourire chaleureux. Il lui désigna ensuite un pompon qui pendait près de la porte.

« Vous pouvez faire appel à Haydée en tirant sur cette clochette. »

Il prit bien soin de ne pas préciser à quel point la jeune femme lui obéirait et dans quelles mesures mais il pensait qu’en ayant donné son assentiment qu’il n’avait qu’à demander cela suffirait pour qu’il fasse confiance à la belle musicienne.
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MessageSujet: Re: Sauvez ma journée, s'il vous plait... [Comte de Monte Cristo]   Mer 12 Mar 2014 - 22:24
Michaël se redressa sur sa chaise. Cette pièce, avec les innombrables plats entamés sur la table, lui portait sur les nerfs. S’il restait trop longtemps, il risquait de vraiment se sentir mal d’ici peu de temps.

« Non, je n’ai pas cette chance. Je n’ai pas encore trouvé la bonne personne j’imagine. Et vous? Un bel homme comme vous doit posséder une compagne à sa mesure. »


La flatterie maintenant? Eh bien, on ne recule devant rien… Une injure franche et directe aurait été nettement préférable. La sensation de nausée revint, accompagnée d’une rage glacée, lui donnant une fois encore l’envie quasi-irrépressible de lui crever les yeux et, en bonus, de lui trancher la langue. Ne me parle plus jamais ainsi. Je t’interdis de t’adresser à moi de cette manière. Tu me dégoûtes. Tu souffriras pour cela, pour tout le reste, pour ce que tu es. Je…

L’ainé Zamenis retrouva un semblant de calme sous ses cheveux blonds. Il lui fallait reconnaitre que la question le contrariait autant que cette répugnante flatterie. Il avait tué de ses propres mains sa dernière petite amie parce qu’il détestait son père. Tout son amour sera toujours si infime face à la haine qu’il peut contenir… Lui capable d’étrangler une femme qu’il aime, de poignarder son meilleur ami sans broncher, craignait désormais de s’attacher à qui que ce soit, par peur de le faire souffrir par la suite. Evidemment, il ne pouvait se couper de tout lien affectif, mais il restait cette retenue, au-delà du mensonge quotidien.
Le Serpent est capable d’aimer. Mais lorsque la haine prend le dessus, aucun autre sentiment ne compte. Ni les siens ni ceux d’autrui.
 
Son visage resta posé, son accès de colère fulgurant passa le temps d’un lent cillement. Michaël releva les yeux vers le Comte et répondit d’une petite grimace accompagnée d’un haussement d’épaules éloquent: « Nous voilà dans le même cas. »
 
Oh non, certainement pas. Ils n’étaient pas semblables. Ils n’avaient aucun point de comparaison, aucune ressemblance. Cette simple perspective l’horrifiait.
 
Sans avertissement aucun, le Comte se leva. Le jeune homme esquissa une expression interrogatrice.
 
« Si vous voulez bien me suivre, j’imagine que vous êtes curieux et sûrement impatient de découvrir votre chambre. »


Pas vraiment non. Je suis surtout impatient de me débarrasser de toi.

Son hôte se décidait enfin à le laisser en paix? Où la visite de la chambre serait suivie d’une interminable discussion au coin du feu?
Michaël vida le fond de son verre avant de se lever à son tour puis d’emboiter le pas au maitre des lieux; rien que de quitter la salle à manger fut un profond soulagement. Il devra trouver des stratagèmes pour éviter quelques repas au manoir. Cherchant à dresser une carte mentale de sa prison dorée, il s’aperçut qu’ils avaient déjà traversé ces couloirs, si sa mémoire ne le trompait pas. Son guide s’arrêta enfin devant une porte qu’il ouvrit, dévoilant une chambre fort luxueuse; l’ainé Zamenis n’était pas certain d’avoir déjà eu droit à un tel confort.
Le Comte désigna l’imposante armoire par l’un de ses gestes ample et pompeux, avec un sourire amical qui déstabilisa une fois encore le Serpent.

« J’espère qu’elle vous convient. Vous pouvez disposer comme bon vous semble de cette pièce. Il y a quelques affaires dans la penderie si vous souhaitez les utiliser, elles sont là pour vous. »


Porter des vêtements appartenant au Comte? Le jeune homme en frissonna de dégoût. Continuant la visite de la chambre, son hôte lui présenta une cordelette terminée par un pompon relativement ridicule.
 
« Vous pouvez faire appel à Haydée en tirant sur cette clochette. »

Bon à savoir. Pouvait-il désormais quitter cette pièce et épargner à Michaël les désagréments de sa présence?
L’ainé Zamenis fit lentement le tour de la chambre, mimant la curiosité émerveillée, avant de se tourner vers le maitre des lieux.
 
« Merci beaucoup, Monsieur le Comte. Votre générosité ne peut que positivement me surprendre, j’espère que ma présence en ces murs brisera cet ennui qui est la croix des hommes puissants...»
 
Vous brisera tout court.
 
«… si tel est l’unique agrément que je puisse vous apporter. Si vous n’y voyez pas d’inconvénient, j’aimerais me retirer maintenant, la journée fut longue. Veuillez m’excusez de mettre un terme à cette soirée pour le moins… intéressante. »
 
Un air de malice, mi amusé et amusant, mi inquiétant, teinta sa dernière phrase. Rien de menaçant cependant, seulement ce léger sourire à la fois amical et énigmatique que l’on adresse à un adversaire lors d’une partie de poker. Il hésita un instant à serrer la main de son hôte afin de prendre congé, mais la simple pensée de ce contact lui inspira presque un mouvement de recul.
 
« Que votre nuit soit agréable, Monsieur le Comte. Reposez-vous bien. »
 
D’avantage de sous-entendus à peine perceptibles dans cette politesse. Quoique cela doive être plutôt impoli que l’invité prenne ainsi l’initiative de souhaiter le bonsoir à son hôte, le chassant quasiment de la chambre. Pourrez-vous dormir sur vos deux oreilles en sachant que je suis dans votre manoir, libre de mes mouvements?  
 
Et décidément, il faudra qu’il cesse de mettre tant d’ironie dans ce «Monsieur le Comte»…
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MessageSujet: Re: Sauvez ma journée, s'il vous plait... [Comte de Monte Cristo]   Ven 14 Mar 2014 - 9:02
Son compliment ne passa aussi bien qu'il ne le prévoyait puisqu'il discerna pendant un battement de cil, à peine plus, une expression de colère envers lui. Le Comte ignorait ce qu'il avait fait pour faire ressortir tant de haine. Et cet instant confirma à l'aristocrate qu'il cachait bien un sentiment violent et le nourrissait au fil du temps qu'il passait en sa compagnie. Il finit par répondre à la question du Comte avec une grimace voulue cette fois-ci et une phrase vague et peu précise comme ils s'échangeaient depuis un moment déjà.

« Nous voilà dans le même cas. »


Ce n'était pas grand chose mais il savait maintenant que son unique point faible restait cette personne dont il ne voulait pas aborder le sujet. Cet autre Zamenis de qui il vendait les livres. Le Comte le guida à sa chambre et déclama les politesses d'usage. Le sourire chaleureux qu'il arborait semblait perturber son invité. Était-il si difficile de déchiffrer les traits entrainés du Comte au mensonge, à la tromperie et à la manipulation ? Oui, absolument et même si le colporteur était très doué à ce jeu, il n'avait pas l'âge ou l'expérience du Comte en la matière. Il vagabonda dans la chambre comme pour s'approprier les lieux. Et même si c'était totalement feint, cette attention fit plaisir au Comte. Il se doutait que dès qu'il aurait quitté la pièce, sa curiosité deviendrait plus réel mais ça il n'aura pas l'occasion de le constater.

« Merci beaucoup, Monsieur le Comte. Votre générosité ne peut que positivement me surprendre, j’espère que ma présence en ces murs brisera cet ennui qui est la croix des hommes puissants...»

La citation de la phrase qu'il avait prononcé marqua un peu plus les sourire du Comte et il confirma d'un hochement de tête les paroles de son invité.

«… si tel est l’unique agrément que je puisse vous apporter. Si vous n’y voyez pas d’inconvénient, j’aimerais me retirer maintenant, la journée fut longue. Veuillez m’excusez de mettre un terme à cette soirée pour le moins… intéressante. »

Il avait du cran à moins que ce ne soit un manque total de savoir-vivre mais le Comte penchait plutôt pour la première solution. Le colporteur le congédiait sans plus de précautions que cela. Qui plus est avec un sourire plus ou moins sincère mais surtout teinté d'une ironie. Mais le Comte ne s'en formalisa pas, bien au contraire. C'était ce qu'attendait Michaël alors il allait faire exactement le contraire.

« Oui, bien sur. Veuillez me pardonner de vous retenir aussi longtemps. C'est que j'ai rarement l'occasion de converser avec une personne telle que vous. Et je suis sur que votre simple présence ne sera pas que mon seul agrément. »

Son sourire toujours posé sur ses traits cachait bien des choses. C'était si infime dans les gestes du Comte. Il n'était absolument pas vexé par l'attitude de son invité mais au contraire, appréciait cette initiative qui changeait un peu de ces dignitaires et autres politiques qui venaient le plus souvent chez lui. Ce n'était pas tous les jours que l'on rencontrait personne aussi intéressante et il était heureux que celui-ci ait accepté son invitation de plusieurs jours. Et il espérait également percer le secret de cette haine qu'il lui vouait et était curieux de savoir la forme qu'elle prendrait.

« Que votre nuit soit agréable, Monsieur le Comte. Reposez-vous bien. »


« Je vous souhaite également une excellente nuit. »


Ce furent ses derniers mots avant qu'il ne quitte la pièce et ne rejoigne sa chambre. Il laissa Michaël à ses pensées et ses réflexions... et à ses projets de vengeance si c'est bien ce qu'il préparait. Il sonna Haydée qui lui apporta de la lecture. Ce n'est que quelques heures plus tard après avoir refermer la dernière page du roman qu'il éteignit la bougie et se plongea dans les méandres des rêves, posant sa lecture sur la table de chevet. La dernière chose qu'il vit avant d'éteindre la lumière fut un nom écrit en gros sur la page de couverture : Zamenis...
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MessageSujet: Re: Sauvez ma journée, s'il vous plait... [Comte de Monte Cristo]   Mer 26 Mar 2014 - 22:03
Par tous les saints qu’invoquent les Lecteurs, le Comte se décidera-t-il à sortir de cette pièce?! Si Michaël ne se contenait pas –et si l’idée de toucher ne le dégoûtait pas autant– il l’aurait déjà jeté dehors manuellement.
 
« Oui, bien sûr. Veuillez me pardonner de vous retenir aussi longtemps. C'est que j'ai rarement l'occasion de converser avec une personne telle que vous. Et je suis sûr que votre simple présence ne sera pas que mon seul agrément. »


Alors arrête de me retenir, barre-toi!
Et puis ça veut dire quoi, «une personne telle que vous»? Au moins, le fait d’être mit à la porte ne l’avait pas vexé. Pour une fois, le Serpent n’avait même pas cherché à le contrarier: il souhaitait juste qu’il disparaisse de son champ de vision, le plus rapidement possible. Quitte à se montrer maladroit.  
 
Après lui avoir rendu sa politesse: « Je vous souhaite également une excellente nuit. », le maitre des lieux se décida à quitter la pièce. Michaël resta immobile, tendu, observant la poignée de la porte, écoutant les pas s’éloigner dans le couloir. Etait-il vraiment parti? Etait-il ENFIN parti?
Un profond soulagement saisit le jeune homme, qui se laissa tomber sur le lit. Toute cette tension se décida à refluer, le laissant vide et épuisé. Il retira sa cravate pour la jeter au hasard dans la chambre. Fin des faux-semblants. Maintenant seul, il n’était plus obligé de mentir.
 
Après quelques minutes de repos, le visage enfouit dans le creux de son coude, il se redressa à regret. Réfléchir. Trouver comment se tirer de cette insoutenable situation. Trouver comment détruire le Comte.
Michaël balança également son veston et ses chaussures dans un coin de la pièce avant d’en faire le tour, avec plus d’attention cette fois-ci. Son sac avait été posé contre un mur; l’idée que la frêle Haydée ait eu à transporter ce lourd paquetage l’attrista. De plus, retourner le chercher dans la bibliothèque lui aurait fourni une excellente excuse pour une promenade nocturne dans le manoir.
 
Après avoir fouillé l’armoire ne contenant que des vêtements de la plus haute qualité et parcouru les titres des livres entreposés sur l’étagère, le Serpent s’intéressa aux tableaux. Si l’un des paysages lui était familier, l’autre restait à ses yeux pour le moins… exotique. Un panorama du monde des Lecteurs?
Le tableau, les livres d’Arthur Rimbaud et autres auteurs Lecteurs-Narrateurs… Décidemment, le Comte accordait beaucoup d’intérêt à l’autre monde. Par curiosité pour un lieu inconnu, inaccessible? Parce qu’il en venait et que sa contrée d’origine lui manquait? Recherche d’une passion au mystère inaccessible, éternelle, afin de combler un ennui profond?
 
Trop d’incertitudes. Ne pas pouvoir cerner le Comte correctement afin de savoir où toucher juste le contrariait.
Assit sur le lit, le regard plongé dans les flammes, le Serpent songea au programme de la soirée. Visiter le manoir. Parler à Haydée. Voilà de quoi l’occuper pour une partie de la nuit. Il attendit un long moment ainsi, organisant un discours cohérent dans son esprit histoire d’avoir l’air crédible face à la jolie domestique. Le Comte semblait être du genre à se coucher tard, mieux valait rester dans cette chambre une petite heure afin de diminuer les risques de le croiser au détour d’un couloir.
 
Une fois ce temps réglementaire écoulé, Michaël récupéra la clé dans son veston pour la glisser dans la poche arrière de son pantalon (bien plus prudent) avant de se glisser dans l’encadrement de la porte. Pieds nus, il se déplaça le plus discrètement possible de pièce en pièce. Quelle quête inutile. Espérait-il vraiment trouver des squelettes dans les placards? Si le Comte avait quelque chose à cacher, le laisserait il bien en évidence? L’ainé Zamenis ne pouvait se permettre de fouiller l’immense manoir de fond en comble, pas en une nuit, pas avec le maitre des lieux peut-être encore éveillé.
 
Le Serpent erra donc dans les interminables couloirs sans savoir ce qu’il cherchait, craignant d’ouvrir certaines portes et ainsi tomber nez-à-nez avec le Comte; quoique venir le réveiller en prétextant une insomnie et l’empêcher de s’endormir restait une hypothèse tentante, surtout après l’avoir congédié si impoliment pour la soirée. Cela pourrait au moins irriter son hôte. Hélas, suivre cette idée impliquait d’avoir à supporter sa présence après avoir eu tant de mal à s’en débarrasser, et l’image du Comte avec la tête du type mal réveillé le fit frémir d’horreur. Le désagrément causé valait-il tant de souffrance de son côté? Difficile à dire.
 
La fin de sa tournée fut décevante. Le jeune homme n’avait rien trouvé d’intéressant, passer devant la bibliothèque sans pouvoir la saccager fut frustrant, tout comme se trouver aux cuisines sans poison à portée de main –en tant que Serpent, sans doute devrait-il songer à en avoir toujours sur lui, tiens, cela lui évitera de se trouver aussi démuni.
 
Sa conversation avec Haydée fut tout aussi décevante. Déjà peu ravie d’être abordée à une heure si tardive, elle nia en bloc toute hypothèse d’un quelconque caractère immoral chez le Comte. Lorsque Michaël, voulant également croire en la droiture sans faille du Maitre, exposa avec inquiétude l’idée quand, dans ce cas, son Ombre avait peut-être prit sa place pour commettre les méfaits dont le jeune homme avait entendu parler dans les rues du Cannibale Village et pour allumer cette lueur de malignité aperçue dans les yeux dépareillés, la domestique rejeta cette possibilité avec plus de force encore. Mais il put voir sur son visage la peur, cette simple question «Et si c’était vrai?» que la terreur et la raison rejette immédiatement.   
Il ne pouvait plus guère faire grand-chose. Haydée avait subi un tel conditionnement qu’il lui faudrait des jours pour faire naitre le moindre doute dans sa jolie tête. Il la quitta après moult excuses, mais il se devait de lui faire part de ses craintes, car elle était la première personne à être en danger et à pouvoir venir en aide au Comte si un espoir subsistait. A elle de décider.
Se faire passer pour un sauveur afin de s’attirer la loyauté éternelle de sa servante. Quel abject enfoiré.
 
 
Echec sur échec. Quelle soirée pourrie.
Dans ce cas, il ne sera pas le seul à passer une mauvaise soirée.
 
Quelques minutes plus tard, après de laborieuses recherches, il frappa doucement à la porte de la chambre du maitre des lieux.
 
« Monsieur le Comte? Monsieur le Comte…! Pardonnez-moi mais… Je vous en prie…»
 
La panique s’immisça dans sa voix sur la dernière phrase, la faisant dérailler vers les aigus. De manière générale, sa tirade fut hachée, comme entrecoupée de sanglots contenus. Le jeune homme se laissa tomber contre la porte –de quoi alerter d’avantage son hôte– avant de se décaler pour s’adosser contre le mur. La terreur pure inscrite sur son visage, les larmes aux yeux, il serrait ses mains tremblantes contre sa poitrine, comme si cela pouvait l’aider à vaincre la sensation d’étouffement, à calmer les battements frénétiques de son cœur.
 
«Je vous en prie, gémit-il entre deux inspirations trop rapides, je vous en prie… »
 
Bon, cette simulation parfaite n’avait rien de glorieux. Mais comment réagira le Comte en voyant son invité en pleine crise d’angoisse sur le pas de sa porte? Réveil difficile s’il en est. Cela impliquait de passer pour un hystérique et de gâcher son répit nocturne, mais gâcher également celui de son hôte était suffisamment délectable pour souffrir le déshonneur de cette scène et d’avoir appelé le Comte à l’aide. Bien que cela soit un mensonge, cela le répugna suffisamment pour lui coller des frissons, autre symptôme visible de la crise d’angoisse.
La probabilité que le Comte remarque la simulation n’était pas négligeable, mais le Serpent restait suffisamment bon acteur pour au moins lui donner le doute. Même une personne connaissant parfaitement sa personnalité Serpent aurait peur en cet instant de le trouver si misérable, en lutte avec une angoisse irraisonnée, tout simplement malade de terreur, tentant de contenir ses larmes et entrant en hyperventilation pour contrebalancer cette horrible sensation d’étranglement.
 
Et oui, pour ceux qui doutent encore, il agissait ainsi juste pour le plaisir d’être agaçant.    
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MessageSujet: Re: Sauvez ma journée, s'il vous plait... [Comte de Monte Cristo]   Jeu 27 Mar 2014 - 13:37

La fumée s’échappa tout juste de la bougie encore chaude quand le Comte se releva incapable de trouver le sommeil après une telle soirée. Il ralluma donc la chandelle et alla à son bureau. Le Comte passa une longue robe de chambre de la plus fine soie aux motifs complexes et d’une grande minutie. Les fils d’argents ressortaient à la lumière de la bougie sur le vêtement bleu. Assis à son bureau marqueté, il sortit un lourd registre ainsi qu’une grande feuille blanche. Il ouvrit l’épais volume à la dernière page écrite. Les longues listes de chiffres s’étalaient sur le page à moitié remplie. Après un rapide calcul, il s’empara sa plume, le manche était ciselé dans de l’argent par un orfèvre de sa connaissance et une longue plume blanche y était enchâssée. Il écrit les résultats et ses observations. Sa belle écriture traçait sur le papier les mots, les phrases et les chiffres sous le son légèrement crissant de la superbe plume. Et tandis qu’il effectuait cette action machinale, il laissa ses pensées s’évader vers son invité qui devait surement dormir à cette heure avancée de la nuit.

C’était vraiment un curieux personnage qui avait frappé à la porte de son manoir. Le colporteur avait une telle frimousse d’ange qu’il devait en berner plus d’un. Et le voir s’acharner à ennuyer un noble tel que lui, sans grand succès, était très plaisant. Malgré tout, une telle haine cachée pouvait faire de grands dégâts et il espérait que même si il venait à détruire quelque chose, ici, il épargnerait la précieuse bibliothèque. Etant un homme de livres, Monte Cristo comptait sur cela. Soudain, interrompant ses pensées, il entendit quelqu’un frapper à la porte. Ne voulant pas risquer de réveiller les personnes qui dormaient en disant d’entrer, il se leva et alla ouvrir la porte. C’était Haydée. Le Comte se demandait ce que pouvait lui valoir une visite à cette heure si tardive. Il s’effaça pour la laisser entrer et la fit s’assoir sur le lit. Elle lui raconta comment Michael me voyait et ce qu’il avait essayé de faire. Ainsi donc, il avait tenté de rallier la belle musicienne à sa cause, quel dommage pour lui qu’elle me soit si fidèle. Il devait se mordre les doigts ne pas avoir pu atteindre le Comte par elle. Mais rien dans le comportement de Monte Cristo ne pouvait être interprété comme poursuivant de sombres desseins. Il y avait veillé. Le Comte rassura la charmante jeune femme en lui disant qu’elle se faisait surement des idées sur Michaël et qu’en tant qu’hôte, il se devait de l’accueillir quel que soit son ressentiment à son égard. Il venait de renforcer encore un peu plus son apparence de générosité et de bonnes manières dans le cœur d’Haydée. Il faudra qu’il trouve un moyen de remercier le colporteur pour ça…

Les pleurs de la musicienne se tarirent et elle esquissa un sourire timide. Il lui conseilla de prendre du repos et de ne plus penser à cela. Elle quitta donc la chambre du Comte et rejoignit sa chambre. Il retourna à ses comptes et reprit la lente progression de l’encre noire guidée par la plume sur le papier. Mais à peine avait-il écrit une phrase qu’à nouveau, quelqu’un frappa doucement à la porte de Monte Crsito. Il se leva à nouveau et se demanda ce qu’avait pu oublier Haydée. Mais avant qu’il n’ait atteint la porte, c’est une autre voix qu’il entendit. Ainsi donc après l’avoir « chassé » de sa chambre, le voilà qu’il venait toquer à sa porte et à une heure bien tardive.


« Monsieur le Comte? Monsieur le Comte…! Pardonnez-moi mais… Je vous en prie…»


Voilà qui était des plus étranges. Le Comte ne l’aurait jamais crut capable de s’abaisser à le supplier ainsi et de ressentir une telle panique. La voix de son invité était montée dans les aigus et il pouvait percevoir, des sanglots réprimés. Intrigué par ce soudain revirement de comportement, un bruit sourd retentit comme si le colporteur venait de s’écrouler sur la porte.  

«Je vous en prie, je vous en prie… »


Quand le Comte ouvrit la porte, il vit son invité dans un état pitoyable. Des larmes traçaient de profonds sillons dans le visage d’ange du blond. Ses mains tremblantes, enserrait sa poitrine, sa respiration était sifflante et entrecoupée. Tous les symptômes d’une crise d’angoisse. Et cela pouvait être compréhensible quand on dormait chez des inconnus. Mais c’était une crise superbement fausse. Il voulait jouer la comédie et bien il allait être servi. Une expression inquiète vient se poser sur les traits du Comte, il l’attrapa par les épaules et le conduisit à l’intérieur de sa chambre avant de le faire s’assoir à l’endroit exact où s’était tenue Haydée, quelques minutes plus tôt.

« Du calme, respirez. Voulez-vous un verre d’eau ? »


Il savait feinter l’inquiétude à merveille, à force d’années de mensonges et de manipulation, les expressions les plus courantes lui étaient devenues comme une habitude. Un léger tremblement agita ses mains pour parfaire son masque. Il ne prit pas la place à côté de son invité, il pouvait pousser le vice encore plus loin. Il alla tirer sur une cordelette semblable à celle que le Comte lui avait montrée dans sa chambre. Haydée accourut en un instant, pas encore endormie. Elle avait encore les yeux rouges mais elle n’avait pas repleurer depuis sa visite.

« S’il te plait, Haydée, va chercher un verre d’eau, notre invité ne se sent pas bien. »


Puis il retourna s’enquérir de l’état de Michaël. Il venait une nouvelle fois de paraitre comme le plus aimable des hôtes mais derrière des lignes étaient tendues à savoir qui se ferait avoir le premier. Monte Cristo s’interrogeait encore sr les raisons de cette visite en fanfare à cette heure de la nuit. Surtout qu’il n’avait pas été discret. Il avait joué le grand jeu pour le Comte mais à quoi était destinée cette comédie. Simplement à voir l’intérieur de la chambre du Comte pour en découvrir plus sur lui ? Ou alors parce que l’ennui le tenait ? Le Comte était seulement certain d’une chose, ce n’était pas parce que sa compagnie lui manquait...
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MessageSujet: Re: Sauvez ma journée, s'il vous plait... [Comte de Monte Cristo]   Sam 29 Mar 2014 - 22:20
Michaël entendit la porte s’ouvrir juste à côté de lui, puis aperçut du tissu bleu jetant des reflets argentés que les larmes éparpillaient; ainsi prostré, les larmes aux yeux, il ne voyait plus grand-chose.  
Deux mains le saisirent par les épaules –mauvaise initiative; le Serpent ne supportait pas que l’on touche à son épaule blessée– la présence du Comte se fit étouffante. L’ainé Zamenis faillit le repousser, horrifié par ce contact, mais se laissa docilement entrainer dans la chambre, vaguement titubant. Une fois assit sur le lit (plus confortable encore que celui auquel il avait eu droit) il put relever la tête vers son hôte, présentant un visage suppliant. Celui du Comte exprimait l’inquiétude. Son numéro semblait fonctionner. Quoique, restons prudent ; la haine apportait inévitablement sa vieille camarade la méfiance avec elle. Le Narrateur savait à quel point Michaël détestait et se défiait du Comte.  
 
« Du calme, respirez. Voulez-vous un verre d’eau ? »
 
Que veux-tu que je fasse d’un verre d’eau, abruti? Le jeune homme ne répondit pas: en était-il seulement capable dans un tel état? Il tenta cependant de suivre le conseil de son hôte, sans grand succès. Chaque inspiration était une lutte, qui plus est coupée de sanglots étouffés. Tandis que le Comte s’empressait de tirer une de ces fameuses cordelettes à pompon, le jeune homme ramena ses jambes contre sa poitrine, ses mains tremblantes lâchèrent sa chemise pour enserrer ses épaules. Recroquevillé, sanglotant, la frayeur sur ses traits, il ressemblait à un enfant que l’on venait d’enfermer dans le noir, en proie aux monstres qui peuplent son imaginaire.
 
La belle servante apparu peu de temps après à l’encadrement de la porte.
 
« S’il te plait, Haydée, va chercher un verre d’eau, notre invité ne se sent pas bien. »
 
La domestique s’éclipsa immédiatement. Ainsi, le Comte n’hésitait pas à la déranger en pleine nuit pour lui demander quelque chose d’aussi insignifiant? Ne pouvait-il pas le chercher tout seul? Foutu riche oisif.
 
Ce dernier revint vers Michaël, qui se recentra sur son jeu. L’une des caractéristiques de la crise d’angoisse est sa fulgurance, peut-être était-il temps de retrouver un peu de calme. Le jeune homme plongea son visage dans ses mains. Cela renforça au départ la sensation d’étouffement, il retint son souffle de longues secondes. Enfin, les symptômes refluèrent progressivement, sa respiration redevint presque régulière et ses larmes se tarirent. Des frissons parcouraient toujours son corps et il ne cessait de trembler, mais cela restait un moindre mal.
Ses pieds nus regagnèrent le sol, il posa les coudes sur ses cuisses et resta un long moment le visage au creux de ses mains, seulement tiré de son immobilité par les saccades que les frissons et tremblements lui infligeaient. Il soupira profondément, glissa les doigts dans ses cheveux avant d’écarter définitivement les paumes de son visage afin de se redresser lentement.
 
La mine défaite, des traces de larmes sur ses joues, des lambeaux d’angoisse errant au fond de ses yeux couleur soir d’été tel des nuages d’orage, Michaël avait piteuse allure. Comme on reprend pieds avec la réalité, comme l’enfant effrayé découvre en allumant la lumière qu’il n’y a aucun monstre dans sa chambre, il s’aperçut que le Comte l’observait et qu’Haydée attendait, le verre d’eau entre les mains. Les yeux de la domestique étaient rouges, d’avoir pleuré sans doute. Un frisson glacé, non feint celui-ci, traversa l’échine du jeune homme. Le Comte n’avait pas questionné la servante à ce sujet… parce qu’il connaissait la cause de ce chagrin?
Ne nous emballons pas. Peut-être considérait-il que le moment n’était pas approprié, ou qu’il s’en fichait tout simplement. La haine et sa copine méfiance, encore…
 
L’ainé Zamenis leur adressa à tous deux un sourire douloureux de fragilité et accepta le verre.
 
« Merci beaucoup, Haydée. » murmura-t-il avec un regard d’excuse, tant de l’avoir dérangé pour cela que de l’avoir fait pleurer, espérant qu’elle saisirait le message.
 
Il réussit à porter le verre d’eau à ses lèvres sans en renverser et le but d’une traite histoire de s’en débarrasser, puis le déposa sur la table de nuit, faute de mieux. Le Serpent regarda enfin le Comte, pitoyablement vulnérable, la gêne ayant remplacé la panique dans ses yeux.
 
« Je suis vraiment désolé… »
 
Voix à peine audible, aussi frêle que son allure générale.
Bon, il ne mentait pas complètement, il était navré d’avoir dérangé Haydée, mais le Comte avait tiré sur la sonnette à pompon, pas lui.
Maintenant libéré de sa crise factice, il fit le point sur la situation. Le maitre des lieux était vêtu d’une riche robe de chambre brodée d’argent –les fameux reflets scintillants dans ses larmes. Quelle idée d’utiliser des tissus aussi riches pour des vêtements prévus pour dormir ou rester chez soi à rien faire? Et puis, si lui se trainait une sacrément sale tête à cause de sa comédie, celle de son hôte ne l’était pas suffisamment. S’il se fiait à la bougie posée sur le bureau aux côtés d’un énorme livre couvert d’une écriture manuscrite, l’homme ne dormait pas au moment où l’ainé Zamenis frappa à sa porte. Décevant. Il lui faudra cependant jeter un coup d’œil sur ce livre.
 
Le Serpent n’eut guère à feindre le malaise ; cette pièce l’oppressait. De manière générale, tout ce qui appartenait au Comte le révulsait, son manoir lui semblait un lieu abominable. Mais la chambre même de cet homme, son espace personnel, l’enfermait dans une proximité qu’il ne pouvait supporter. Il faudra bien, il l’avait cherché après tout.
Ne restait qu’à faire durer le plaisir. Harcèle-le jour et nuit, Zamenis. Peu importe ta souffrance, celle d’Haydée. Cela n’a pas d’importance.
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MessageSujet: Re: Sauvez ma journée, s'il vous plait... [Comte de Monte Cristo]   Dim 30 Mar 2014 - 21:46
La jolie musicienne revint vite parmi eux avec en main le précieux verre d’eau, utile seulement à l’image qu’il pouvait donner. Quelle vaste comédie. Et dire que la belle Haydée ne se rendait pas compte de la feinte des sentiments exposés. Il enferma son visage dans la prison de ses mains surement pour tenter de calmer cette crise d’angoisse factice. Car il est vrai que cela ne pouvait durer trop longtemps, d’une parce que cela ne correspondait pas aux symptômes de la crise d’angoisse et de deux, le Comte ne savait jusqu’où allait les limites de Michaël dans cet état de faiblesse qu’il affichait si volontairement. La honte devait le ronger. Enfin c’est ce qu’imaginait le Comte.

Il s’était recroquevillé sur la couche luxueuse de Monte Cristo. Sa respiration se calma doucement malgré les sanglots qui le secouaient encore. Il mimait décidément très bien cette crise et si le Comte n’avait pas perçu cette fierté et cette duperie qu’il connaissait au colporteur, il se serait faire berner par ce si bon jeu d’acteur. Il finit par se calmer et passa la main dans sa crinière blonde avant de se redresser et de récupérer un semblant de savoir-vivre. Mais son visage portait les stigmates de sa crise. Des sillons argentés, une lueur dans les yeux, et quelques fois, un frisson qui s’emparait de son corps, c’était les signes les plus évidents. Mais il avait quelque chose derrière cela. Et le Comte donnerait cher pour le savoir. Un sourire déchira son visage brisé et s’empara du verre d’eau que lui tendait la belle musicienne.


« Merci beaucoup, Haydée. »


Sa voix n’était qu’un filet, un murmure qui n’était perceptible que par le silence qui régnait dans la pièce. Il avala le contenu du verre en une traite avant d le poser sur la table de chevet, non loin du livre de son frère. Heureusement qu’il l’avait entièrement vidé, il aura été capable de renverser ce qu’il restait sur le livre de son frère. Simplement pour empêcher le Comte de le lire, ne sachant surement p as qu’il l’avait déjà terminé. Son masque parfait d’inquiétude était toujours porté sur les traits du Comte et quand Michaël posa ses yeux sur le maitre des lieux, c’était la gêne qu’il pouvait y lire. Comme s’il s’excusait de se montrer dans un tel état au Comte.

« Je suis vraiment désolé… »


Il semblerait que ses excuses aient passés la barrière de ses lèvres. Monte Cristo allait de surprise en surprise mais il remarquait le regard appuyé à Haydée suite à ses mots. Ainsi il ne s’excusait tellement pour le déranger et l’inquiétude qu’il a pu causer mais pour ses paroles déplacées qu’il avait adressé à la jolie servante. Sa voix n’avait pas été plus forte surtout dû à sa gorge encore nouée par les quelques sanglots qu’il lui restait après cette crise. Un malaise restait dans les gestes et dans le regard du blond mais le Comte voyait que ce n’était plus lié à son angoisse, enfin pas celle qu’il avait simulé. Etre ici, semblait le rendre mal alaise, comme si la haine qu’il lui vouait s’ajoutait celle de tout ce qui lui appartenait. Il y avait plus que sa présence, le Comte en était persuadé. Monte Cristo alluma la bougie qui se trouvait sur sa table de chevet et il refixa son attention sur le colporteur.

« Ne vous excusez pas pour cela. Je ne dormais pas. »


Il fit une pause avant de reprendre, toujours peaufinant son inquiétude qu’il fit transparaitre dans sa voix.

« Vous vous sentez mieux ? Que puis-je pour vous soulager ? »


Le Comte avait bien une idée, il pourrait surement disparaitre ou mourir dans d’atroces souffrances, infligées par le colporteur. Voilà qui soulagerait surement le poids qui se trouvait en Michaël. Mais il n’avait pas tellement envie de passer par cette étape...
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MessageSujet: Re: Sauvez ma journée, s'il vous plait... [Comte de Monte Cristo]   Sam 5 Avr 2014 - 15:55
Le jeune homme tenta de retrouver un minimum de contenance, essuyant ses yeux d’un revers de manche en un geste très enfantin. Les mains toujours enfouies dans ses manches, il se frotta le visage pour en faire disparaitre les larmes, qui tachèrent le tissu noir de sa chemise en traces plus sombres encore.
Efforts bien futiles. Les tremblements n’avaient cessés, et quelques sanglots passaient quelquefois sa gorge serrée avec un petit bruit de chiot qui gémit, apportant de nouvelles larmes aux coins de ses yeux. Tellement pitoyable. Le Comte paiera pour lui avoir fait jouer une telle comédie.     
Ce dernier alluma une chandelle sur la table de nuit où Michaël avait abandonné le verre d’eau.
 
« Ne vous excusez pas pour cela. Je ne dormais pas. »
 
Echec confirmé.
En revanche, si l’on se fiait à son air inquiet, ce numéro n’était pas entièrement un échec. Hélas, le Serpent ne se fiait absolument pas à son hôte; continuer à jouer les divas sans savoir si cela avait un impact réel ou s’il se ridiculisait seulement l’agaçant horriblement.

« Vous vous sentez mieux ? Que puis-je pour vous soulager ? »

 
Disparaitre. Simplement disparaitre. Met immédiatement un terme à ta méprisable vie après avoir détruit tout ce qui t’appartiens. Si tu n’en es pas capable, je le ferais pour toi.

Ce qui me soulagerait d’avantage serait que tu n’ais jamais existé, pour ne même plus avoir à porter tes traces en ma mémoire. Même si j’arrive à me débarrasser de toi, l’idée que le souvenir de ton visage, tes yeux, ta voix, tes mots, ton maintien, ta suffisance me suivra jusqu’à la fin de mes jours me donne envie de me frotter le cerveau avec une brosse savonneuse, pour le purifier en t’effaçant à jamais.
Disparais. Crève. Pleure et traine-toi dans les ruines de ton manoir, au milieu des cendres de tes précieux livres. Regrette d’être né, comprend l’erreur de ton existence. Expie le crime d’être TOI.
 
Michaël releva vers le Comte son habituel visage troublé lorsqu’il ne comprenait pas que l’on ne lui tienne pas rancune (expression relativement sincère, tant de gentillesse était surprenante… et louche). D’ailleurs, déjà que son hôte était bien plus grand que lui, s’il restait debout, l’ainé Zamenis assit sur le lit devait lever exagérément la tête pour lui faire face, accentuant cette impression d’être un gamin pleurnicheur. Détail perturbant.
Il toussota pour s’assurer que rien n’entravera sa voix déjà peu assurée avant de murmurer :
 
« Merci beaucoup, c’est vraiment très aimable à vous… Je crois que ça va mieux à présent. Je vais vous laisser dormir en paix. Encore désolé de vous avoir dérangé. »
 
Cela s’adressait tant au maitre des lieux qu’à la jolie servante.
Le Serpent se releva lentement, vérifia qu’il tenait bien sur ses jambes avant de se diriger vers la porte d’une démarche d’homme ivre. Mais lorsqu’il posa la main sur la poignée et se tourna vers le Comte pour lui souhaiter le bonsoir, une vague d’effroi le submergea. Il ne pouvait pas abaisser la poignée. Il ne pouvait pas sortir de cette chambre, hors du halo rassurant des chandelles, des présences humaines ici présentes. A croire que la cause de sa crise d’angoisse se tenait dans le couloir, n’attendant que le moment où il partirait pour lui bondir à la gorge.
Le jeune homme resta un instant immobile, toute sa concentration posée sur sa main inerte. Il marmonna un juron entre ses dents et, avec un «Sssssssshhhh» désespéré, son poing heurta la porte en un geste de rage impuissante. Nouveau temps d’arrêt, l’avant-bras appuyé contre le bois ouvragé et le front contre son poing serré, il prit de profondes inspirations.
 
Michaël fit enfin volte-face, le rouge aux joues, honteux de dévoiler tant de lâcheté. Mais cette terreur irraisonnée refusait de le laisser en paix. Les attaques de paniques sont si difficiles à gérer…
 
« Ne me laissez pas seul… » souffla-t-il doucement, les yeux baissés, près à fondre en larmes, tant d’embarras que de crainte d’être mit à la porte, jeté en pâture à cette créature impalpable qui attendait dans le couloir.
 
Tu y as cru? Tu ne te débarrasseras pas de moi si facilement.
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MessageSujet: Re: Sauvez ma journée, s'il vous plait... [Comte de Monte Cristo]   Dim 6 Avr 2014 - 16:45
Heureusement que son invité avait les yeux penchés sur ses genoux sinon le Comte aurait pu y lire cette haine et cette envie de le voir éradiquer de la surface de la terre, qu’il ne soit plus que cendres et encore même là, le Comte était persuadé qu’il lui vouerait encore une haine sans limite car il existait une trace de sa présence. Comment il le savait, car il avait déjà ressenti cette haine, pour celui qui lui avait pris plus que sa vie. Préférant ne pas se laisser entrainer par sa propre rancœur, il se concentra plutôt sur son petit invité. Ce n’est que quand il releva exagérément la tête vers celle du Comte, qu’il remarqua que le colporteur n’était pas très grand. Il faut dire que le Comte voyant rarement quelqu’un d’en bas, sa haute taille lui permettait de dominer tout le monde. Il se racla la gorge avant de parler d’un voix fluette et à peine audible, heureusement qu’aucun autre bruit ne venait déranger le calme de la chambre.

« Merci beaucoup, c’est vraiment très aimable à vous… Je crois que ça va mieux à présent. Je vais vous laisser dormir en paix. Encore désolé de vous avoir dérangé. »

Une nouvelle fois, il ne s’adressait pas qu’au Comte, il s’adressait aussi à la jolie musicienne. Il se leva doucement, peu assuré sur ses jambes mais tenant tout de même debout. Monte Cristo avait tendu les bras prêt à le rattrapait si jamais elles lui avaient fait défaut. Arrivé en titubant devant la porte de la chambre, la main sur la poignée, il se retourna vers ses hôtes surement pour leur souhaiter une nuit sereine mais il se figea dans cette position, comme s’il craignait d’abaisser la poignée finement ouvragée et rejoindre sa propre chambre. Était-ce un nouveau tour de sa comédie jouée aux deux spectateurs. Mais sur cette expression le Comte eut un doute. Jouait-il encore la comédie ? Le poing du blond vint s’abattre sur la porte, le front apposé sur cette dernière, il se retourna alors vers le maitre des lieux et sa servante. Sa respiration était irrégulière malgré les efforts de Michaël pour la réguler.

« Ne me laissez pas seul… »

Ses joues avaient rosies et ses yeux étaient baissés sur le parquet qui bordait la descente de lit du Comte. Monte Cristo ferma les yeux un instant, semblant réfléchir aux différentes options qui lui restaient. Il pouvait confier Michaël à la belle Haydée mais il manquerait les réactions du colporteur ou il pouvait l’inviter à rester dans sa chambre cette nuit, profitant ainsi de sa compagnie.

« Je ne peux pas laisser mon invité dans un tel état d’égarement. Ma chambre est votre pour tout le temps dont vous aurez besoin. Haydée, laisse-nous, va te reposer. »

La jolie musicienne laissa les deux hommes dans leur face-à-face. Le Comte gardait toujours son air un peu inquiet et invita le blond à s’assoir autour d’une petite table ronde qui comportait un très joli vase en porcelaine aux motifs complexes et contenant un magnifique bouquet, aux fleurs diverses et rares. Il tira une chaise de bois sombre recouverte de tissu bleu finement brodé et invita Michaël à s’y assoir. Il fit passer le vase sur une commode posée contre le mur et posa juste à côté la bougie, les éclairant au mieux. Enfin d’une manière plus subtile, il l’avait placée afin de pouvoir éclairer le visage de son invité en laissant des zones d’ombre sur son propre visage.

« Pour vous changer l’esprit que diriez-vous de l’exercer à un petit jeu de stratégie ? »


Il se dirigea vers la grande armoire et ouvrit les battants, laissant apparaitre une partie de sa garde-robe ainsi que quelques livres, du genre de l’épais registre ouvert sur le bureau du Comte. Il ne prit qu’un instant avant de s’emparer d’une boite aux motifs de batailles. Il vint s’assoir face au blond et ouvrit le coffret sur des pièces de nacre et d’ébène. Il pouvait encore refuser, Monte Cristo ne voulait pas forcer; la seule question qui lui tournait dans la tête était : Acceptera-t-il son défi ? S’engagera-t-il dans cette partie où la stratégie se fait reine pour protéger son secret, son roi. Risquera-t-il un échec...
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MessageSujet: Re: Sauvez ma journée, s'il vous plait... [Comte de Monte Cristo]   Dim 6 Avr 2014 - 23:41
Michaël attendait le verdict, adossé à la porte, les yeux rivés sur un nœud dans le bois du parquet pour ne pas avoir à soutenir le regard dépareillé du Comte.
Allait-il le jeter dehors afin d’être tranquille où supporterait-il la présence de la loque peureuse? Les rôles qui s’inversent sont toujours tellement cocasses…
 
« Je ne peux pas laisser mon invité dans un tel état d’égarement. Ma chambre est votre pour tout le temps dont vous aurez besoin. Haydée, laisse-nous, va te reposer. »

Michaël put lire en cette simple phrase à quel point cette crise imaginaire lui donnait l’air stupide.
Point positif, le Comte laissait à Haydée le privilège d’aller se coucher. Pauvre petite, jusqu’à présent elle souffrait d’avantage que son maitre. Le Serpent devrait songer à trouver un moyen de limiter ce genre de dommage collatéral…
 
Le jeune homme s’écarta donc de la porte afin de permettre à la jolie servante de quitter la pièce, lui souhaitant du bout des lèvres de se reposer. Pour une fois qu’il n’était pas hypocrite, il craignait de le paraitre. Quelle dure condition que celle de menteur près à tout pour détruire une existence.
 
La porte claqua, laissant les deux hommes seuls dans la chambre. Et maintenant? Que vas-tu faire de ton invité en état d’égarement, Monsieur le Comte?
Le maitre des lieux, son visage exprimant toujours une certaine inquiétude, débarrassa une table basse d’un volumineux bouquet de fleurs dans un vase d’une rare beauté, avant de lui faire signe de s’assoir sur une chaise tendue de tissu superbement brodé –à croire qu’il collectionnait ces sièges coûtant un mois de salaire. Michaël obéit docilement à ce geste, de toute manière ses jambes le portaient à peine dans son état de fébrilité. Il s’essuya une dernière fois les yeux, sa respiration reprenait un rythme moins douloureux.
 
Son hôte récupéra la chandelle sur la table de nuit afin de la rapprocher en la posant sur la commode, à côté du fameux vase. Le Serpent aurait accepté un mois de corvée en enfer pour qu’un accident arrive et mette le feu aux superbes fleurs pour la plupart inconnue à son esprit néophyte en botanique.
Eh bien, déplacer un vase ainsi qu’une bougie, le riche oisif pouvait faire des choses sans assistance?
 
« Pour vous changer l’esprit que diriez-vous de l’exercer à un petit jeu de stratégie ? »
 
Le jeune homme hocha la tête
en murmurant un remerciement, guère en position de discuter face à la générosité du maitre des lieux. Ce dernier fouilla son armoire dans laquelle l’ainé Zamenis ne manqua pas de jeter un coup d’œil curieux; elle ne contenait hélas rien de particulièrement intéressant, juste un nouvel étalage de faste complètement présomptueux. Le Comte en extirpa finalement une boite qu’il posa sur la table basse avant de l’ouvrir, dévoilant des pièces noires et blanches, respectivement taillées dans de l’ébène et de l’ivoire s’il ne se trompait pas.
Sinon des trucs… simples, qui ne soient pas finement ouvragés ou confectionnés dans une matière rare et précieuse, tu en possèdes…? Cette décoration commence franchement à devenir étouffante.
 
Des échecs? Existait-il jeu plus ennuyeux en ce monde que des échecs?!
Le jeune homme n’était même pas certain d’offrir une résistance convenable au Comte; ce type semblait professionnel à ce genre de jeu tordu et barbant, tandis que le Serpent y avait à peine joué une dizaine de fois dans sa vie. C’est tout juste s’il se souvenait des déplacements des pièces.
 
Il fixa un instant le contenu de la boite, un peu hésitant. Il n’était pas au mieux de ses capacités cognitives après une attaque de panique. Mais son hôte n’avait pas tort, ce jeu absorbant était le bienvenu pour lui changer les idées et permettre de passer une nuit agréable malgré tout. Ce n’est pas l’objectif.
 
« Cela fait une éternité que je n’y ai pas joué… » dit-il sur le ton de l’aveu, comme une excuse préalable de se montrer piètre adversaire. Sa voix retrouvait un peu de force, s’élevant à peine au-dessus du murmure.
 
Il s’empara des deux rois de couleurs opposés, interposa plusieurs fois leurs places dans son dos puis présenta aux Comte ses deux poings fermés. Semblant prendre conscience de la futilité de ce geste, il esquissa un sourire gêné.
 
« Mon père faisait toujours cela quand j’étais gamin. C’est lui qui m’a appris à jouer. Je voulais toujours mélanger les pièces et le laisser choisir, pour élaborer des stratégies ou tricher un peu afin d’obtenir la couleur que je souhaitais… Mais mon père ne s’est jamais fait avoir. »
 
Un peu de couleurs revenaient à ses joues, autres que le rouge de la honte. Ses souvenirs lointains lui redonnait un peu d’entrain, l’angoisse refluait, doucement, tout doucement, comme un fauve se retire dans sa tanière. Cet accès de bavardage n’était qu’un flambeau agité pour la faire fuir.
Son fantôme de sourire s’évapora cependant lorsqu’il s’aperçut que ses mains tendues au-dessus de la table tremblaient toujours. Il se concentra pour atténuer ces frémissements.
 
Mensonge. Son père n’avait que très peu joué avec lui dans son enfance, encore moins aux échecs. C’était un honnête homme travaillant dur pour gagner sa vie et nourrir sa famille, aussi rentrait-il tard le soir, trop épuisé pour satisfaire les caprices de son fils ainé. Ce fut pire encore à la naissance du petit dernier…
Un honnête homme. Tsssss. Tu n’as pas été capable de suivre ses traces, Zamenis.
Michaël reproduisait le même schéma avec son frère, il s’en rendait bien compte. Combien de fois était-il rentré de ses tournées épuisé et, affalé dans un fauteuil, ignoré les coups sourds que Denitry frappait dans les murs en un appel alors qu’ils ne s’étaient pas vus depuis plusieurs jours?
Non, il noircissait le tableau. Combien de fois ses pas l’avaient-ils directement dirigé vers la chambre de son cadet alors que la fatigue l’empêchait d’aligner deux pensées cohérentes, justement pour ne pas agir comme leur père? Bien plus souvent. Mieux valait ne pas ressembler du tout à son géniteur que de n’en prendre que les défauts.
 
Certes il mentait, mais cela donnait un aspect beaucoup plus naturel à cet échange. Il aurait pu lui raconter la véritable version de l’histoire, tout aussi inutilement anecdotique; à ses 19 ans, il travaillait dans une boutique minable où à peine cinq clients par jours passaient l’encadrement de la porte. Aussi le propriétaire, s’ennuyant à mourir, lui apprit les rudiments des échecs, au milieu de dizaines de jeux de cartes. Ils avaient passés tous deux de longs après-midi assis dans l’arrière-boutique à attendre qu’un client se pointe, jusqu’à ce que son patron ne soit obligé de le mettre à la porte car il ne pouvait plus se permettre le luxe de payer un assistant, certainement engagé juste pour se sentir moins seul. Il devait s’ennuyer atrocement à l’heure actuelle sans personne à qui distribuer des cartes…  
Mais l’ainé Zamenis ne ressentait aucunement l’envie de confier des pans de sa vie au Comte, aussi dérisoires soient-ils.

Délaissant l’observation de ses mains tremblantes, il releva vers son hôte des yeux ayant retrouvé un peu de limpidité.

 
« Je vous en prie, faites votre choix. »
 
Pas de "Monsieur le Comte" sarcastique cette fois…
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MessageSujet: Re: Sauvez ma journée, s'il vous plait... [Comte de Monte Cristo]   Lun 7 Avr 2014 - 20:00
Malgré le dérangement la nuit ne s’annonçait pas si mal, finalement. Il aurait l’occasion d’observer les réactions du blond sans paraitre indiscret et pouvait profiter d’un partenaire pour ce jeu dont il appréciait la stratégie. Le Comte remarqua le long moment que le colporteur prit pour admirer le jeu qui semblait quasiment neuf. Il semblait peser le pour et le contre d’une telle partie, puis finalement il se laissa tenter. Après tout, même si le jeu n’avait pas sa préférence, il détendait les esprits.
 
« Cela fait une éternité que je n’y ai pas joué… »
 
Il savait donc y jouer, ce qui était une bonne chose, il n’aurait pas affaire à un néophyte mais cela en disait long sur son niveau. Michaël n’était pas un maitre dans ce jeu. Tant pis, il restait un adversaire et cela passerait le temps. Cela permettrait peut-être à son invité de se changer les idées et de surmonter sa fausse crise de panique. Il s’empara des deux rois et les passa dans son dos avant de présenter ses deux poings fermés au Comte. Un peu surpris par cette méthode, il haussa un sourcil en attendant l’explication de ce geste.
 
« Mon père faisait toujours cela quand j’étais gamin. C’est lui qui m’a appris à jouer. Je voulais toujours mélanger les pièces et le laisser choisir, pour élaborer des stratégies ou tricher un peu afin d’obtenir la couleur que je souhaitais… Mais mon père ne s’est jamais fait avoir. »

Encore en mensonge même si celui-ci contenait un fond de vérité. Il était vraiment très doué pour ça. Et si le Comte ne connaissait pas sa propension aux mensonges, il laisserait passer la plupart des indices qui le menait à cette conclusion. Le visage de son invité avait repris un peu des couleurs de la vie et le Comte lui offrit un sourire encourageant. Le blond tenait toujours ses deux poings fermés, tremblant un peu.
 
« Je vous en prie, faites votre choix. »

Ne voulant pas le faire attendre plus longtemps, il tapota l’une des mains pour dévoiler le roi noir, son préféré et celui qu’il avait l’habitude de jouer. Il sortit le plateau et commença à disposer le reste des pièces sur le dallage noir et blanc. Monte Cristo ne savait pas si c’était fait exprès qu’il ait tiré le noir mais en tout cas, cela lui convenait parfaitement, cela ne servait à rien d’avoir l’avantage de commencer contre un adversaire tel que le serpent. Le Comte appuya son coude sur la petite table et déposa son menton sur sa main, attendant le premier coup de son invité. La partie avait déjà commencée bien qu’aucune pièce n’ait encore bougé et que les rois étaient encore en possession du colporteur.
 
« Vous voulez que je vous rappelle les déplacements de chaque pièce ? »
 
Une simple petite question qui s’expliquait par le manque de pratique de son invité. Bien qu’il se souvienne quelle pièce est maitresse, elle n’est pas la plus dure à retenir et il existe certaines variantes de ce jeu qui peuvent fausser certains déplacements.

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MessageSujet: Re: Sauvez ma journée, s'il vous plait... [Comte de Monte Cristo]   Jeu 24 Avr 2014 - 13:36
Attendez… Même s’il détenait les deux rois, le Serpent ne serait-il pas en train de perdre le contrôle de la situation? Enfin, il ne l’avait jamais vraiment eu en cette demeure –terriblement frustrant– mais il avait débarqué en pleine nuit en mimant une attaque de panique pour être CHIANT, et voilà qu’il acceptait gentiment de faire plaisir au Comte en jouant aux échecs pour passer agréablement la nuit? Rien ne va plus! Il fallait arranger cela au plus vite.

Son hôte tapota sa main droite, (il aurait pu éviter de le toucher pour faire son choix, mais passons ce désagrément supplémentaire) qui détenait le roi noir. Pur hasard. Michaël lui tendit son dû et, peu certain de la disposition des pièces sur le plateau, regarda le Comte faire avant de suivre son exemple. Il y eu un instant de flottement, durant lequel son adversaire –qu’il était doux de pouvoir légitimement placer le mot « adversaire » sur l’homme qui lui faisait face– l’observa, le menton dans la main, l’air d’attendre. D’ailleurs, pourquoi tant de pénombre autour de lui? Michaël ne pouvait distinguer nettement les traits de son visage, et ses yeux dépareillés juraient beaucoup moins. D’accord, tu joues avec l’éclairage. Roi noir enveloppé d’ombre, roi blanc jeté en pleine lumière.  

« Vous voulez que je vous rappelle les déplacements de chaque pièce ? »


Cette simple question fit comprendre au jeune homme pourquoi son hôte attendait : les blancs sont censés commencer. Il réfléchit un bref instant à la proposition. Ecouter le Comte lui faire un exposé sur des connaissances qu’il détenait en grande partie? Insupportable. Mais au vue des lacunes laissées par le temps et l’indifférence à ce jeu, un rappel ne serait pas de refus. Michaël entreprit de récapituler lui-même les déplacements des pièces ; n’obtenant aucune objection de son adversaire, ce fut sans doute un sans-faute.
Un détail le harcelait : devait-il poser un enjeu particulier à cette partie? Où au moins en proposer un avant que le Comte ne pose ses conditions, ce qui serait bien plus dangereux pour lui? Cependant, connaissant son niveau aux échecs et celui supposé du Comte, ses chances de gagner étaient infimes, mieux valait éviter de risquer quoi que ce soit. Il préféra taire cette idée d’enjeu et croiser les doigts pour que son hôte n’y songe pas.

Il regarda son adversaire, attendant une correction à son exposé ou une information qu’il aurait oubliée, lorsqu’un détail parut le perturber. Il se leva pour déplacer la chandelle afin d’éclairer les deux parts de la table plus équitablement. Retrouver l’éclat des yeux vairons et toute la netteté du visage du Comte ne lui plaisait pas particulièrement, mais essayer de percer ses pensées était déjà une tâche difficile, il ne pouvait se dispenser de l’étude de ses expressions faciales. Il songea à nouveau à faire brûler le bouquet de fleur, mais la thèse de l’accident ne passerait pas.  

« Désolé, je vous voyais à peine… »


Ça, c’est fait. Même pas besoin de mentir.
Le jeune homme regagna sa place et réfléchit un instant, fixant le plateau. Lorsqu’il tendit la main pour saisir une pièce, il figea son geste en s’apercevant que sa main ne tremblait plus. Un sourire soulagé traversa son visage. La crise était derrière lui.
Il déplaça enfin le cavalier et attendit la riposte de son adversaire. A l’attaque...
Que c’est barbant. Il faudra vraiment trouver un moyen de rendre cette soirée intéressante pour lui… et formidablement agaçante pour le Comte.
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MessageSujet: Re: Sauvez ma journée, s'il vous plait... [Comte de Monte Cristo]   Sam 26 Avr 2014 - 23:30

Quand le Comte posa sa question, le blondinet sembla se rappeler une des règles principales qui est que ce sont toujours les blancs qui commencent. Il put ensuite voir très nettement l’expression de sa réflexion se fixer sur son visage d’ange. Il devait chercher dans ses souvenirs les règles de ce jeu ? A moins qu’il ne chercher simplement un moyen de ruiner la soirée du Comte ? Il était toujours difficile de savoir les véritables raisons et les véritables pensées qui pouvaient agiter un esprit et seules des suppositions pouvaient combler ce blanc laisser par l’incapacité des hommes à comprendre les pensées des autres. Finalement il livra une indication au Comte qui pouvait être si facilement faussée mais que le Comte choisit de suivre. Son invité récita les déplacements des pièces, se remémorant ainsi les règles du jeu sans besoin qu’il ne dise un mot. Il se contenta d’hocher la tête une fois son exposé terminé. Monte Cristo ne vit rien à redire et il attendait maintenant simplement le premier déplacement de son adversaire. Mais quelque chose semblait le perturber. Michaël se leva afin de bouger légèrement la chandelle. Un léger sourire vint se poser sur les lèvres du Comte. Soit.

« Désolé, je vous voyais à peine… »

Cela donnait donc cela quand il disait une phrase vraie en étant sincère. Le Comte se disait que c’était surement la phrase la plus vraie qu’il lui avait débité. Cela le surprit un peu même s’il n’en montra rien. Ce n’était pas parce que le colporteur les avait mis un pied d’égalité en ce qui concernait la lumière qu’il fallait qu’il laisse échapper ce genre de détails, bien au contraire. Finalement, le blond regagna sa place et réfléchit un instant en fixant les pièces d’ivoire. Son cavalier amorça les hostilités. C’était rare de commencer une partie par un cavalier mais c’était une intéressante ouverture. Le Comte se doutait bien qu’il n’était pas un joueur ordinaire. C’était à son tour, il commença avec son ouverture habituelle, un simple pion, d’une seule case. Celui juste en face du cavalier, comme une provocation. Le soldat simple pion, qui s’avance pour faire face à un chef de file, un cavalier, haut perché sur son destrier. Se laissera-t-il piéger par la provocation du petit soldat au risque de se faire tuer par ses camarades ? Viendra-t-il prendre la place juste à côté de lui pour lui faire ravaler son arrogance ? Son déplacement effectué, le Comte retourna à sa position et posa une question à son invité en l’accompagnant d’un geste de manche en direction de la tenue de Michaël.

« Les tenues que j’ai mises à votre disposition ne sont pas à votre convenance ? Je peux les faire changer si vous le souhaitez. »

C’était une question banale qui ne servait qu’à combler le silence de ces parties de réflexion, où la concentration était indispensable. Mais même si Monte Cristo aimait le calme et le silence des parties d’échecs, il ne pouvait dans ces conditions pas tester son jeune invité. Il est vrai que sa réflexion et les mouvements de ces pièces peuvent indiquer certains détails au Comte mais rien ne valait une conversation en bonne et due forme où le choix des mots était tout aussi important que le ton employé et sous le coup d’une intense réflexion certains détails pouvaient être oubliés et les fautes étaient plus fréquentes. C’était cette faille que cherchait le propriétaire des lieux.
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MessageSujet: Re: Sauvez ma journée, s'il vous plait... [Comte de Monte Cristo]   Mar 3 Juin 2014 - 18:07
Le Serpent soupira intérieurement. Quelle idée de revenir auprès du Comte après avoir eu tant de mal à s’en débarrasser? Et puis, cet ahuri pensait-il vraiment que quelqu’un aurait envie de jouer aux échecs après une crise d’angoisse? Le message inscrit sur le petit minois de blondinet pleurnichant fut pourtant assez éloquent et simple: «Je vais très mal»! Et pour obtenir quelle réponse?! « Mais oui mais oui, tiens jouons aux échecs ça va te changer les idées.» Mais quel… Tth!

Résumons la situation, relevons les points importants: le Comte avait-il découvert la simulation, d’où le fait qu’il lui propose cette ridicule partie d’échec après une attaque de panique, ou était-il tombé dans le panneau? Note: se référer à son expression inquiète.
Ensuite, savait-il que Michaël avait parlé à Haydée? Cette absence de réaction face au visage défait de la jeune femme restait troublante. Si oui, si la jolie servante s’était confiée à lui, le Serpent se trouvait dans un sacré pétrin. A surveiller.
Enfin, si possible, retourner cette foutue chambre et jeter un coup d’œil au livre manuscrit posé sur le bureau.


Ce fut au tour de son hôte de déplacer une pièce, un simple pion qui vint faire face au cavalier blanc. Michaël tenta de recentrer son attention sur le jeu, histoire que le Comte ne voit croit pas qu’il y mettait de la mauvaise volonté.

Le maitre des lieux prit soudainement la parole, désignant dans un froissement soyeux la tenue de l’ainé Zamenis. Après réflexion, ce dernier songea que ce n’était pas forcément une bonne idée de débarquer devant un comte pieds nus, sans veston ni cravate. Même en robe de chambre son interlocuteur paraissait moins négligé.
Ce n’était pas ce qui dérangeait réellement Michaël: en plus d’avoir à supporter cette partie d’échec, il fallait taper la causette? Il songea à se jeter par la fenêtre immédiatement, hélas les volets étaient fermés.    

« Les tenues que j’ai mises à votre disposition ne sont pas à votre convenance ? Je peux les faire changer si vous le souhaitez. »

Qu’est-ce que tu as contre mes vêtements? Je ne les aime pas non plus, mais je les porte justement pour faire bonne impression aux bourges comme toi.
A ma convenance? Je n’en sais rien, je ne les ai pas regardées, et j’ai encore moins l’intention de les porter.
Dans ce cas, fallait-il jouer l’invité ingrat malgré lui et prétendant que ces tenues ne lui allaient pas pour donner une corvée supplémentaire au Comte? Enfin, corvée supplémentaire… un ordre de plus à donner à la pauvre Haydée conditionnée. Tssssss…

Et puis, pourquoi cette histoire de vêtements? Les tissus devaient être enduits de poison ou infestés de puces pour que son hôte désire tant qu’il les porte…! A moins que cette faveur supplémentaire soit un moyen de resserrer l’étau autour de l’ainé Zamenis, les tenues de soie deviendront sa camisole. Michaël s’imagina un instant porter les mêmes vêtements que le maitre des lieux, Comte de Monte Cristo version blonde et hétérochromie en moins. Il en frémit d’horreur.  

Tant pis, il lui faudra se rabattre sur la dernière solution: sourire bêtement et esquiver la question.

Michaël présenta donc au Comte un petit sourire gêné (version idiot du village qui se rend compte qu’il n’a pas agi correctement) avant d’admettre :

« Veuillez m’excuser, mais je n’ai pas pris le temps de regarder le contenu de la garde-robe que vous avez généreusement laissé à ma disposition… Comme je vous l’ai dit j’étais épuisé, je me suis donc écroulé sur le lit ainsi vêtu pour me réveiller et être saisit de cette… regrettable crise, dont je m’excuse encore. »

Il baissa les yeux vers le plateau, déplaça un pion afin de libérer l’accès aux pièces importantes sans répondre à la provocation de cet autre pion juste sous le nez de son cavalier. Il enchaina sans regarder en direction de son interlocuteur, suivant le fil de ses pensées:

« D’ailleurs, toutes mes excuses pour avoir pris congé avec si peu de civilités et d’être venu tambouriner à votre porte au milieu de la nuit… quel invité déplorable. Cela m’a beaucoup rassuré d’apprendre que vous ne dormiez pas. Si je puis me permettre, que faisiez-vous donc à une heure si indue? »

Qu’il est mignon, l’invité qui se repend de sa mauvaise conduite. Mais en se montrant si fragile, en donnant des explications à son comportement semi-hostile ou prétendument maladroit, peut-être réussira-t-il à regagner l’amitié de son adversaire et à lui faire baisser sa garde. Malgré tout, cette débauche de politesse lui laissait un goût désagréable sur la langue, il siffla entre ses dents pour s’en débarrasser et s’en rendit compte trop tard. Bien joué Zamenis, le sifflement reptilien juste après tes excuses, rien de tel pour paraitre sincère! Il faudra vraiment se défaire de ce tic. Rattrape le coup maintenant.

Juste après avoir laissé échapper un «Sssssssshh» empreint de dégoût, Michaël passa la main dans ses cheveux d’un mouvement presque rageur, comme s’il avait en premier lieu voulu se frapper le front puis s’était ravisé au dernier moment.    

« Je m’en veux tellement de vous causer autant de désagréments! J’espère vraiment que ma présence dans votre chambre ne vous dérange pas trop… »

C’est pas passé loin. Allez, dis-moi que je t’agace, cela me ferais tellement plaisir.
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MessageSujet: Re: Sauvez ma journée, s'il vous plait... [Comte de Monte Cristo]   Mar 3 Juin 2014 - 21:09
La surprise et l’incompréhension se peignirent sur le visage de son invité, ainsi sa question l’avait perturbé. Bien. C’était le but du Comte, l’amener sur un terrain inattendu ou il lui serait plus facile de tomber. Une légère ombre de frayeur passa sur ses traits mais ce fut si infime que Monte Cristo faillit passer à côté. Finalement voulant faire bonne impression et ne sachant surement pas quoi répondre au propriétaire des lieux, il se contenta d’un sourire niais qui se mariait très bien avec sa frimousse d’ange mais qui ne collait pas avec l’image que le Comte avait de son invité. Il était loin d’être idiot et même ce sourire parfaitement stupide ne cachait le brillant cerveau manipulateur qui était celui de Michaël.

« Veuillez m’excuser, mais je n’ai pas pris le temps de regarder le contenu de la garde-robe que vous avez généreusement laissé à ma disposition… Comme je vous l’ai dit j’étais épuisé, je me suis donc écroulé sur le lit ainsi vêtu pour me réveiller et être saisit de cette… regrettable crise, dont je m’excuse encore. »


Le Comte balaya d’un geste de la main ses excuses comme si le désagrément engendré ne valait même pas la peine de telles excuses. Ce qui était vrai pour lui. Même si le mensonge de Michaël était des plus flagrants, puisqu’il savait de source sure, qu’il avait rendu visite à Haydée. Ainsi son excuse ne tenait pas la route et le Comte pouvait sans peine imaginé que son invité n’aimait pas les tenues qu’ils avaient fait mettre dans l’armoire. Encore que si ça se trouve il ne l’a réellement pas ouverte, et c’est simplement pour ne pas avoir à être reconnaissant du Comte pour ces habits qu’il n’y a pas touchés. Les hypothèses pouvaient être nombreuses mais l’important était connu de Monte Cristo. Il n’avait pas ouvert l’armoire, avait rendu visite à sa charmante musicienne et avait simulé une crise d’angoisse pour venir embêter le propriétaire des lieux en pleine nuit. Surement dans l’espoir de le réveiller ou de l’interrompre.

Il s’empara d’un pion pour le déplacer sur l’échiquier, nul doute qu’il n’était pas un grand amateur de ces réflexions et de ce dallage noir et blanc. Le Comte répondit à son mouvement par un autre en écoutant la suite des excuses inutiles du colporteur.


« D’ailleurs, toutes mes excuses pour avoir pris congé avec si peu de civilités et d’être venu tambouriner à votre porte au milieu de la nuit… quel invité déplorable. Cela m’a beaucoup rassuré d’apprendre que vous ne dormiez pas. Si je puis me permettre, que faisiez-vous donc à une heure si indue? »

Il devait en embobiner plus d’un avec ces phrases complexes qui cachaient plus qu’elle ne le laissait entendre. Il avait remarquablement bien glissé sa question sur les activités nocturnes du Comte. Mais avant qu’il ne formule sa réponse à son invité, Monte Cristo fut interrompu par un sifflement qui semblait être l’un des tics nerveux du sympathique serpent qui lui faisait face. Si le Comte pensait ses excuses sincères, il aurait de sérieux doutes après ce sifflement dégouté. Il ne savait pas ce qu’il avait encore fait pour déplaire à son invité, à moins que ce ne soit son propre comportement qui l’insupporte. Devoir se répandre en excuses devant quelqu’un tel que le Comte pouvait être l’une des raisons qui amenait le dégout dans ces gestes. Il remarqua l’erreur qu’il venait de faire et chercha rapidement un moyen de se rattraper et de faire comme si de rien n’était, comme si ces excuses étaient réellement sincères et empreinte d’une sympathie pour le maitre des lieux. Le voir essayer de se donner un tel air était des plus amusants à observer. Même s’il ne connaissait pas les raisons de sa venue ce soir, il savait en outre qu’elle lui était agréable et qu’il avait rarement pu observer un tel comportement de duperie et de fourberie, du moins si finement jouée. Bien sur, il n’était pas encore au niveau du Comte et le feinté serait surement plus ardu qu’il ne le pensait mais le voir essayer était une distraction idéale pour Monte Cristo.

Il se rattrapa donc et y réussit plutôt bien pour la situation dans laquelle il était tombé. Il se passa la main dans les cheveux d’un geste énergique, empli d’une certaine marque de colère comme s’il s’en voulait de le déranger ainsi, aussi tard et qu’il avait tenté de se punir en s’infligeant un coup sur le front avant de se raviser. C’était plutôt bien trouvé.

« Je m’en veux tellement de vous causer autant de désagréments! J’espère vraiment que ma présence dans votre chambre ne vous dérange pas trop… »

Pauvre petit qui ne cherchait qu’à bien faire. Le Comte riait intérieurement de la manière dont son invité se rabaissait pour essayer de l’atteindre. Il lui offrit un sourire chaleureux et vint appuyer son menton sur ses mains jointes.

« Vous ne me dérangez absolument pas, bien au contraire, je ne faisais qu’un peu de tri dans certaines affaires sans grande importance qui réclamaient mon attention. Il est rare que je me couche tôt. »

Il avait finalement répondu à sa question car il voulait savoir ce qu’il allait faire de cette information. Chercherait-il à creuser alors que Monte Cristo n’a pas laisser tellement d’ouverture pour poursuivre ou bien changerait-il de sujet pour ne pas attirer l’attention alors qu’il a déjà commis tant d’erreur en une seule soirée ?
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MessageSujet: Re: Sauvez ma journée, s'il vous plait... [Comte de Monte Cristo]   Mar 12 Aoû 2014 - 22:28
Le Comte répondit à Michaël par trois mouvements: un geste ample et un chouia pompeux comme le jeune homme les détestait pour balayer ses excuses (pour la difficulté que j’ai eu à les formuler, tu pourrais au moins les accepter), le déplacement d’une pièce sur l’échiquier, et poser tranquillement son menton sur ses mains pour accompagner ses paroles d’une impression de totale décontraction, donnant au Serpent la furieuse envie de renverser la table à laquelle il était accoudé, histoire de lui faire perdre un peu de sa superbe.

« Vous ne me dérangez absolument pas, bien au contraire, je ne faisais qu’un peu de tri dans certaines affaires sans grande importance qui réclamaient mon attention. Il est rare que je me couche tôt. »

Pfff, génial comme informations. Mettons-les de côté, on ne sait jamais.
« Bien au contraire »… Simple hypocrisie? Mensonge pour dissimuler les désagréments que cela lui causait? Comment être privé de sommeil par un invité au départ désagréable puis finalement obséquieux pouvait le satisfaire?
Parce que tu es un sujet de curiosité, il te l’a avoué. D’ailleurs, retomber autant dans les faux-semblants te pénalise, il repère bien mieux les mensonges que les demi-vérités.


Une expression soulagée détendit les traits de Michaël, chassant la colère honteuse.

« Ah… Vous m’en voyez soulagé. »

Encore un gros mensonge, mais il fallait rester cohérent. Rattrapons-nous.

« Si je puis me permettre… D’après vos dires, vos journées vous paraissent ennuyeuses, suffisamment pour vous donner envie de lire des romans aussi bas-de-gammes que ceux que je vends… alors   pourquoi attendre une heure si tardive pour vous occuper de ces quelques affaires sans importance? »

Inutilement mesquin, mais agréable. Pour un type qui se plaint de s'ennuyer et ne fiche rien de ses journées, ne pas profiter du bienfaisant sommeil grignoteur de temps était en effet pour le moins étrange.

Sur ces mots, il déplaça une pièce et, attendant que le maitre les lieux réplique tant par la parole que sur l’échiquier, laissa errer son regard dans la pièce. Bouquet de fleur posé près de la chandelle, armoire ne contenant rien d’intéressant, livre manuscrit sur le bureau, lit aux dimensions imposantes, table de nuit sur laquelle reposait le verre d’eau vide et encore un bouquin… Tiens, cette couverture, les quelques lettres qu’il arrivait à discerner sur la tranche… Un roman de Denitry. Le Comte ne perdait pas de temps.

« A propos des livres bas-de-gamme, vous en avez entamé un… Jusque-là, est-il à votre convenance? Votre avis de bibliophile m’intéresse beaucoup. »

Disons plutôt que Denitry sera ravis de connaitre l’avis d’un Comte à la bibliothèque démesurée sur ses écris. Cependant, Michaël fut sincèrement curieux ; qu’est-ce que son adversaire avait perçu entre les lignes? Avait-il remarqué dans le style d’écriture la jeunesse de son auteur? Est-ce que le nom Zamenis écrit sur la couverture avait seulement attiré son attention?
Et qu’est-ce qu’il en avait à cirer, franchement? Le Serpent ne comprit pas son soudain intérêt sur le sujet; parce que c’était un des meilleurs livres de son cadet? Tssss, rien de plus mignon que les liens fraternels…
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MessageSujet: Re: Sauvez ma journée, s'il vous plait... [Comte de Monte Cristo]   Mer 13 Aoû 2014 - 22:57
Le Comte ne cherchait pas à cet instant à énerver son invité mais il semblerait que pour Michaël cela faisait partie intégrante de l’existence du Comte. Et malheureusement le noble ne savait quoi faire pour se changer ce statut. Il avait l’impression qu’il aurait beau essayer encore et encore, il n’aurait que de la haine et le mépris de cet homme, ce qui le désolait un peu. Mais là n’était pas la question, il était impossible de revenir sur cette première impression qu’avait été celle de Michaël. Il ne pouvait faire qu’admirer ses qualités et son talent de menteur et son inventivité en matière de complot.

« Ah… Vous m’en voyez soulagé. »

Du soulagement de savoir qu’il n’avait pas dérangé le Comte ? Nooooon. Il savait que le colporteur faisait tout ce qui lui était possible pour le déranger et lui faire afficher autre chose que ce sourire avenant, légèrement teinté d’inquiétude. Mais cela ne risquait pas d’arriver du moins pas pour l’instant.


« Si je puis me permettre… D’après vos dires, vos journées vous paraissent ennuyeuses, suffisamment pour vous donner envie de lire des romans aussi bas-de-gammes que ceux que je vends… alors pourquoi attendre une heure si tardive pour vous occuper de ces quelques affaires sans importance? »


Le Comte était assez surpris même si personne n’aurait pu le dire, vu que rien ne bougea sur le masque sans faille du propriétaire des lieux. La question était intéressante et le déplacement de son adversaire aussi. Monte Cristo avait l’impression qu’il prenait une pièce au hasard et l’avançait sur l’échiquier selon son déplacement correct. Pris par le plateau, il ne répondit pas tout de suite à son invité. Il bougea à son tour l’une des pièces à un endroit ou elle serait surement sacrifiée quand il remarqua le regard de Michaël sur les objets qui remplissaient joyeusement la chambre. Il s’attarda notamment sur la table de chevet et à n’en pas douter sur le livre qui s’y trouvait.


« A propos des livres bas-de-gamme, vous en avez entamé un… Jusque-là, est-il à votre convenance? Votre avis de bibliophile m’intéresse beaucoup. »

Enfin une question sincère ou il trouvait de l’intérêt pour la question, enfin toute démesure contenue. Après tout, le Comte avait cru comprendre au travers des lignes de ce roman qu’il y avait plus qu’un nom en commun entre l’auteur et son invité. Restait à prouver sa théorie, ce qui ne saurait tarder.


« C’est un excellent divertissement. Votre petit frère à une plume très légère. »

Le Comte avait choisi le frère car il ne voyait quel autre membre de sa famille serait aussi jeune, un cousin peut-être mais il ne voyait pas la colporteur à quelqu'un de sang si éloigné. Il avait remarqué certaines tournures de phrases typiques d’un langage enfantin ainsi qu’une écriture très imagée et pleine de sentiment. Pour le reste le nom et son intérêt un peu particulier pour son avis sur ce roman avait bouclé le tout, restait à savoir s’il avait vu juste.

« Et je ne trouve pas que les livres que vous m’avez vendus soient « bas-de-gamme » comme vous dites si bien. Chaque livre à une histoire intéressante, renferme un trésor, une réflexion, un regard différent sur le monde et surtout elle reflète l’esprit de son auteur. Il est facile de trouver mille et une vérités cachées entre les pages d’un bon livre. »



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MessageSujet: Re: Sauvez ma journée, s'il vous plait... [Comte de Monte Cristo]   Mer 10 Sep 2014 - 20:30
Sans prendre la peine de relever la pique gratuite de Michaël, le Comte répondit à sa dernière question :

« C’est un excellent divertissement. Votre petit frère à une plume très légère. »

Le jeune homme laissa flotter sur son visage une expression d’étonnement amusé, qui pouvait tant correspondre à la surprise que son hôte ai touché juste qu’à celle qu’il se soit fourvoyé. Michaël ne savait pas encore comment réagir à cette affirmation: il ne souhaitait ni parler de Denitry ni partir sur un trop gros mensonge au risque d’attirer d’avantage la curiosité du Comte sur son frère.  

« Et je ne trouve pas que les livres que vous m’avez vendus soient « bas-de-gamme » comme vous dites si bien. Chaque livre à une histoire intéressante, renferme un trésor, une réflexion, un regard différent sur le monde et surtout elle reflète l’esprit de son auteur. Il est facile de trouver mille et une vérités cachées entre les pages d’un bon livre.»

«Vendus…? » Tssssss. Le Serpent n’avait écouté que d’une oreille ce petit discours, une partie de son esprit accaparée par la première remarque du maitre des lieux. Enfin, il esquissa un haussement de sourcils intrigué, un sourire glissé sur ses lèvres et dans sa voix.

« Seriez-vous devin, Monsieur le Comte? »

Maintenant qu’il avait choisi quelle voie suivre, il put réfléchir d’avantage aux autres paroles de son hôte.
Des vérités cachées… ? S’il se croyait capable de les déceler si aisément, qu’avait-il perçu dans le roman de Denitry? La naïveté enfantine, une intrigue grossière mais aux multiples rebondissements témoignant un manque de maitrise sauvé par une imagination fertile ; cela, c’était facile. Mais tout le reste… Une description parfois lointaine, comme on observe le monde derrière une fenêtre, enfermé dans une chambre comme dans une tour d’ivoire. Une apologie du courage et de l’entraide. Le thème de la perte et de l’abandon, récurent. Des personnages qui revenaient dans plusieurs de ses livres, amis imaginaires dont il n’arrivait pas à se défaire. D’étranges réflexions sur les conséquences des drames, aux finalités douces-amères. Des soupirs dans ces blancs laissés entre les chapitres. Un petit garçon aux jambes paralysées qui suppliait le chevalier Draho de le laisser mourir.
Tout cela, Michaël l’avait vu, glissé entre les lignes, caché derrière les mots. Et toi, Monsieur le Comte? As-tu percé à jour cette partie de l’âme de Denitry Zamenis, celle qu’il n’osait même dévoiler à son frère ainé? N’ayant lu qu’un livre de l’adolescent, son hôte avait certes moins d’indices en main. Les traces de larmes, les mots griffés sur le papier, les feuilles déchirées des manuscrits que le Serpent avait la chance de pouvoir étudier l’aidaient également à comprendre comment son frère écrivait, bonus dont le Comte ne bénéficiait pas. Malgré tout… le jeune homme voulait savoir.  
 

Le Serpent reporta un instant son attention sur le plateau, histoire de se débarrasser. Il pouvait aisément s’emparer de la pièce que son adversaire venait de jouer…ce devait être un piège. Il préféra la laisser tranquille et effectua un autre déplacement.

Gardant son expression de curiosité amusée, Michaël releva les yeux vers le maitre des lieux, décidé à observer le moindre trait de son visage lorsqu’il répondra à sa question :

« Quelles vérités avez-vous perçu dans ce livre? »

C’était un test à peine dissimulé, Michaël s’en rendait compte. Mais il tenait à s’assurer de la vivacité d’esprit de son hôte, ou si la capacité à lire entre les lignes dont il venait de se vanter n’était que de la frime.
Pourquoi y accordait-il tant d’importance… ? Parce qu’il pourra enfin descendre de quelques étages le piédestal du Comte en cas d’échec de sa part? Ce devait être cela…
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MessageSujet: Re: Sauvez ma journée, s'il vous plait... [Comte de Monte Cristo]   Ven 12 Sep 2014 - 14:05
Sa remarque avait plus comme but de combler la conversation que d’en lancer vraiment une. Cela servait de masque à sa déduction. Et il semblerait qu’il ait visé juste puisque Michael ne le reprit pas sur le fait que ce soit son frère. Néanmoins le blond prit une mine surprise et intriguée comme s’il cherchait à savoir ce que cachait le Comte derrière ces paroles. Cherchait-il seulement entre les bonnes lignes du discours de Monte Cristo ?

« Seriez-vous devin, Monsieur le Comte? »


Le Comte se contenta d’un sourire, il aurait bien lâché un éclat de rire mais vu les circonstances et la récente crise « d’angoisse » de son invité, cela aurait de mauvais ton, il ne marqua donc qu’un léger sourire sur ses lèvres.

« Non même si quelque fois, ce don serait fort utile. »

Monte Cristo se demandait ce qui avait amené le colporteur à lui poser cette question. Cela venait-il du fait qu’il avait deviné son lien de parenté avec l’auteur du livre ou simplement parce qu’il prétendait lire entre les lignes d’un livre ? Une fois sa réponse donnée, le blond se reporta au plateau de jeu. Son regard se posa un instant sur la pièce au centre du plateau de jeu qui était facilement prenable. Le piège si évident était en réalité bien plus grand qu’il n’y paraissait. De part son évidence, il en devenait son meilleur atout. Et il avait eu raison de tenter ce mouvement car le blond choisit un autre déplacement que celui de prendre le cavalier au centre du plateau. Il n’avait même pas pris la peine de vérifier ce qui pouvait se passer s’il prenait la pièce et surtout s’il ne la prenait pas. Il était parti du fait que c’était surement un piège et était finalement tombé dedans. Son déplacement effectué, il reporta son attention sur le Comte avec un visage curieux et même amusé. Gommant ainsi toute trace persistante de sa fameuse crise.

« Quelles vérités avez-vous perçu dans ce livre? »


C’était une excellente question, quel dommage que son talent pour la conversation ne soit pas aussi pointu que celui pour les échecs. Il aurait été alors un bien digne adversaire. Michaël cherchait à le tester, à voir jusqu’où sa science des livres et ses talents de déduction allaient. Et il ne serait pas déçu. Le Comte avait presque 400 ans de lecture derrière lui et avec le temps nécessaire à la compréhension des divers sens d’un texte. Analyser celui de son frère fut un jeu d’enfant et c’est par là qu’il commencerait ;

« Si c’est vraiment ce que vous voulez. »

Il fit une pause le temps de ménager son suspense. Monte Cristo jeta juste un bref regard au plateau, il savait déjà son prochain coup mais voulait d’abord répondre à la question avant de déplacer sa dernière pièce.

« Votre frère est jeune, très créatif mais renfermé, si ignorant de la majeure partie du monde qui peut l’entourer. On pourrait croire qu’il s’arrête à la surface des choses mais j’ai bien l’impression qu’il a quelque chose de plus que cela. Car sur certains points, il est d’une précision étonnante. La tristesse et la peur sont très présentes dans ses romans et j’imagine que c’est un simple reflet de lui-même. Beaucoup d’auteurs mettent beaucoup d’eux-mêmes dans leurs romans surtout quand la plume est aussi jeune que votre frère. »

Il fit une nouvelle pause avant de continuer sur le ton de quelqu’un qui résumerait une histoire.

« Il réutilise surement une partie de ces personnages, en n’en lisant qu’un seul il dur de l’affirmer mais je pense néanmoins qu’il le fait car certains sont plus développés que d’autres surement dû à leur utilisation répétée. »

Encore un point qu’il avait crut déceler dans cette écriture enfantine et guidée par l’inspiration plus que par le travail régulier.

« J’aimerais beaucoup faire sa connaissance car même s’il porte un lourd fardeau, il possède une imagination admirable ainsi qu’un profond sentiment de compassion et d’amour qui doit en faire un frère dévoué. »

Nouvelle pause assortie d’un mouvement vers le plateau, sa main vint attraper la reine pour la poser dans la diagonale du roi blanc.


« Je pense avoir répondu à votre question... Echec et mat. »


Un léger sourire qui l’avait accompagné le long de son explication se marqua un peu plus au coin de ses lèvres. S’il avait prit le cavalier, ce mouvement n’aurait pas pu être possible et la partie aurait durée plus longtemps. Mais il s’était laissé avoir par l’apparente facilitée de prendre la pièce et s’était précipité dans le véritable piège.



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MessageSujet: Re: Sauvez ma journée, s'il vous plait... [Comte de Monte Cristo]   Mer 5 Nov 2014 - 19:57
Le Comte esquissa un sourire en répondant à la question sur ses prétendus capacités divinatoires.

« Non même si quelque fois, ce don serait fort utile. »

Tu as bien raison. Si j’avais eu des dons de divination, je n’aurais jamais foutus les pieds dans ton manoir.
Comment Michaël se débrouillait-il pour faire naitre aussi souvent des sourires sur les lèvres de son adversaire alors qu’il souhaitait voir son visage se déformer d’horreur? Ces expressions d’amusement lui étaient insupportables. Un sourire de l’ange en plus de lui crever les yeux? Ou au contraire lui coudre les lèvres pour qu’il ne puisse plus jamais rire? Tentant. Très très tentant.

La voix du Comte le tira de son cruel dilemme :

« Si c’est vraiment ce que vous voulez. »

Oui. Alors vas-y, crache le morceau.

Et quel morceau! Son interlocuteur se lança dans une longue tirade :

« Votre frère est jeune, très créatif mais renfermé, si ignorant de la majeure partie du monde qui peut l’entourer. On pourrait croire qu’il s’arrête à la surface des choses mais j’ai bien l’impression qu’il a quelque chose de plus que cela. Car sur certains points, il est d’une précision étonnante. La tristesse et la peur sont très présentes dans ses romans et j’imagine que c’est un simple reflet de lui-même. Beaucoup d’auteurs mettent beaucoup d’eux-mêmes dans leurs romans surtout quand la plume est aussi jeune que votre frère. »


Pourquoi lui avait-il posé une question réclamant un long développement? Il ne supportait pas d’écouter ce type parler. Son séjour au manoir frôlait décidément le masochisme. Décision prise, si l’occasion se présentait il lui infligerait le sourire de l’ange puis recoudrait les plaies, lèvres comprises. Le Comte se tairait enfin…

« Il réutilise surement une partie de ces personnages, en n’en lisant qu’un seul il est dur de l’affirmer mais je pense néanmoins qu’il le fait car certains sont plus développés que d’autres surement dû à leur utilisation répétée. »

Bien joué, elle n’était pas facile à trouver celle-là.

« J’aimerais beaucoup faire sa connaissance car même s’il porte un lourd fardeau, il possède une imagination admirable ainsi qu’un profond sentiment de compassion et d’amour qui doit en faire un frère dévoué. »

Que le Comte rencontre Denitry… ? Oh pitié non. Il était absolument hors de question que le jeune écrivain entre en contact avec un être aussi abject, il subissait déjà suffisamment d’ondes néfastes en fréquentant le Serpent quotidiennement et en ayant, qui plus est, le sang Zamenis dans les veines.
Quoique… Cela représentait une bonne base pour un nouveau plan, cette possibilité n’était pas à écarter ; avoir des valeurs et protéger autrui n’était pas franchement le genre de Michaël. S’il lui fallait utiliser son frère il le ferait, inutile de se voiler la face.


« Je pense avoir répondu à votre question... Echec et mat. »

Michaël baissa les yeux vers le plateau. Ah oui tiens. Le précédent coup était un piège, si le jeu avait un tant soit peu intéressé le jeune homme, il l’aurait remarqué. Tant pis.

Double victoire du Comte. Bien bien bien BIEN.
Sa défaite aux échecs, il s’en fichait, quant aux capacités d’analyses du maitre des lieux, il devait lui reconnaitre un certain talent. Non ce qui le dérangeait, c’était cette insupportable satisfaction que son adversaire en tirait.

Que faire désormais? Une deuxième partie d’échec le ferait mourir d’ennui. Prendre congé? Non, ce serait accorder à son hôte sa part de repos, Michaël n’avait pas passé un aussi mauvais début de nuit pour finalement laisser le Comte dormir tranquillement ; s’il avait dû partir, ç’aurait été en plein milieu de cette partie d’échec, afin de frustrer son adversaire d’une victoire facile. Trop tard.  


Le Serpent esquissa un léger sourire, le regard toujours posé sur les pièces de l’échiquier. Impossible de regarder son adversaire en face pour le complimenter.

« Félicitation, Monsieur le Comte.»


« Je choisis mes amis pour leur apparence, mes relations pour leur caractère et mes ennemis pour leur intelligence », écrivait Oscar Wilde…
Cette citation qui lui revenait pour la seconde fois depuis son séjour au manoir alluma une étincelle dans son esprit. Quand y avait-il songé en premier lieu? Lorsque le Comte avait affirmé avoir lu l’intégralité des livres de sa bibliothèque. Mais…
Zamenis, tu es stupide?! Comment as-tu pu passer à côté d’un tel indice?

Le jeune homme se leva pour s’approcher de la bougie, tendant la main vers la flamme. Il n’avait pas vraiment froid –juste un peu à cause de ses pieds nus– mais une vieille manie, certainement due à son côté ophidien, le poussait à rechercher les sources de chaleur. Et puis, c’était un bon prétexte pour ne plus rester gentiment assis face au Comte. Toujours par habitude, il s’amusa à passer les doigts au-dessus de la flamme le plus lentement possible sans se brûler, laissant sur sa peau de noires trainées de suie.

Michaël prit la parole ; son ton était bas et mesuré, son débit presque lent.

« Den…  pardon, Denitry sera sans nul doute ravi de rencontrer un homme tel que vous, ce serait un honneur pour nous deux que vous acceptiez de l’accueillir. Comme vous l’avez fait remarquer, il ne connait pas grand-chose à ce vaste monde, cela lui ferait du bien de voyager un peu… De manière générale, votre analyse fut incroyablement juste, j’en suis sincèrement impressionné… Enfin, si vous avez lu tous les livres de votre bibliothèque, étudier celui de Denitry ne devait pas présenter de grande complexité. Cependant… cette bibliothèque contient tant d’ouvrages qu’une vie entière ne suffirait pas, ne serait-ce que pour tous les feuilleter. La sagesse des vieillards, l'ennui de l’éternité… quel âge avez-vous, Monsieur le Comte? »


Le jeune homme se décida enfin à regarder son interlocuteur. Un étrange contraste se créait entre la lumière orangée de la chandelle et le bleu sombre de ses yeux. Dire qu’il ne relevait que maintenant l’hypothèse que son hôte soit un Conte. Quel idiot.
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MessageSujet: Re: Sauvez ma journée, s'il vous plait... [Comte de Monte Cristo]   Ven 21 Nov 2014 - 17:13
La partie s’acheva sur une victoire du Comte mais ce n’était pas surprenant son invité n’était pas vraiment en train de réfléchir à la partie. Pourtant Monte Cristo avait cherché à lui lancer un point pour rendre le jeu plus intéressant mais il avait foncé dans le piège tête baissée plongée dans des pensées surement plus agréable comme la prochaine qu’il ferait pour essayer d’ennuyer, d’énerver, en tout cas de faire réagir le maitre des lieux. Un sourire amusé était posé sur les lèvres du Comte. Les yeux baissés sur l’échiquier, le serpent prit la parole.

« Félicitations, Monsieur le Comte.»

Monte Cristo pouvait très bien imaginer combien ces mots coutaient à son invité. Et il reconnaissait par là non seulement la victoire aux échecs mais également celle sur son analyse. Du moins, c’est ce qu’il pensait. Michaël se leva et avança vers la source de lumière. Le Comte songea un instant que la lourde tapisserie au-dessus ou simplement le bouquet de fleurs feraient un excellent combustible si une envie pyromane s’emparait de son invité. Mais il aurait fallu pour cela qu’il trouve une bonne raison à son acte et quelque chose d’aussi évident était difficile à justifier. Comme Monte Cristo connaissait sa nature, il devait faire preuve de beaucoup plus d’imagination pour accomplir un méfait. Et cela amusait le Comte de le voir hésiter, réfléchir, ruser pour trouver la faille dans l’esprit du propriétaire des lieux.

Le serpent s’empara du chandelier mais ne mit pas en œuvre la possibilité de faire brûler quoi que ce soit. Il passa sa main au-dessus de la flamme vacillante mais ne sembla pas réagir à la chaleur douce de la bougie. Ses doigts prirent une légère teinte noire mais il ne s’en formalisa pas. Michaël commença alors à réagir au long discours du conte sur son frère et ses écrits. Néanmoins, un point chiffonna le maitre des lieux. En prenant ainsi la source de lumière, il changeait les ombres et pouvait ainsi donner plus de profondeur au visage du Comte ce qui pouvait accentuer certaines expressions. Le Comte était à partir de cet instant beaucoup plus vigilant sur les émotions qu’il pouvait afficher sciemment ou non. Mais il trouvait que c’était une bien faible raison surtout qu’il avait déjà bougé le chandelier pour n’éclaire pas que son visage. Il y avait surement autre chose derrière ce geste. Monte Cristo ne voyait ce qu’il avait dit de particulier pour donner une nouvelle idée à Michaël. Il ne pensait pas qu’il essayerait de faire brûler quelque chose sans excuse soigneusement préparée mais il y avait bien quelque chose d’autres. Et ce quelque chose nécessitait plus de lumière. Cherchait-il à voir à détail de la tenue du Comte ? Cela semblait peu probable surtout qu’il ne semblait pas particulièrement apprécié l’étrangeté des yeux vairons de Monte Cristo. Pourtant il ne voyait pas ce qu’il pouvait cherche de plus, de différent sur le Comte.

« Den…  pardon, Denitry sera sans nul doute ravi de rencontrer un homme tel que vous, ce serait un honneur pour nous deux que vous acceptiez de l’accueillir. Comme vous l’avez fait remarquer, il ne connait pas grand-chose à ce vaste monde, cela lui ferait du bien de voyager un peu… De manière générale, votre analyse fut incroyablement juste, j’en suis sincèrement impressionné… Enfin, si vous avez lu tous les livres de votre bibliothèque, étudier celui de Denitry ne devait pas présenter de grande complexité. Cependant… cette bibliothèque contient tant d’ouvrages qu’une vie entière ne suffirait pas, ne serait-ce que pour tous les feuilleter. La sagesse des vieillards, l'ennui de l’éternité… quel âge avez-vous, Monsieur le Comte? »

L’idée d’accueillir le frère de ce personnage si intéressant enthousiasma le Comte. Il accompagna les premières phrases de Michaël d’un hochement de tête ravi, le sourire aux lèvres, les yeux semi clos comme il le faisait souvent. Monte Cristo salua aussi le talent du serpent pour dévier sur le sujet qui l’intéressait. Ce n’était pas tant son frère qu’il souhaitait évoquer mais bien le détail qu’il cherchait sur le Comte. L’âge du grand lecteur, c’était ce qu’il cherchait à savoir. Ainsi le fait qu’il ait lu tous les ouvrages de la grande bibliothèque du manoir avait fini par faire son chemin dans l’esprit du blond. Et il cherchait surement la petite étoile qui indiquait la clé détentrice de tant de pouvoirs sur les contes. Pour lui compliquer la tâche et comme s‘il effectuait un réflexe,  il porta la main à sa poche pour attirer l’attention de son invité dessus. Comme il avait fait passer ça pour un réflexe et non comme un acte réfléchit, Michaël pourrait croire que c’était là qu’il gardait ce précieux trésor. Il avait mis des années à forger ce réflexe pour qu’il soit parfaitement naturel, ce qui faisait que maintenant à chaque fois qu’il mentionnait sa clé, sa main se dirigeait vers sa poche gauche. Les pensées du Comte étaient tournées vers autre chose, pour arriver à telle déduction, il devait soit être un lecteur bien informé soit un conte lui-même. Cette information n’était pas donnée à tout le monde et l’idée que Michaël soit un conte se fit plus présente à son esprit. Il se lança alors un défi celui de découvrir quel conte se cachait derrière le blondinet aux allures d’ange.

« Un certain nombre d’années, ce qui explique que j’aime tromper l’ennui par des entretiens avec les personnes qui passent la porte de ma demeure ou par des jeux. Même si c’est principalement la lecture qui a ma préférence, comme vous l’aurez deviné. »

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MessageSujet: Re: Sauvez ma journée, s'il vous plait... [Comte de Monte Cristo]   Mer 10 Déc 2014 - 22:21
La possibilité de rencontrer Denitry parut ravir le Comte, ce qui n’arrangea que moyennement Michaël. Ce plan ne restait qu’un dernier recours mais si le maitre des lieux était vraiment emballé par l’idée, il risquait de se montrer insistant. Encore un problème à anticiper…

Plus intéressant, lorsque le Serpent posa la question fatidique à propos de l’âge de son interlocuteur, la main de ce dernier s’éleva pour se porter à sa poche. Comme si cette interrogation lui avait fait songer à un objet précieux et qu’il vérifiait compulsivement qu’il soit bien à sa place. Par exemple… une clé ?  
Oh… aurait-il touché juste pour une fois ?

« Un certain nombre d’années, ce qui explique que j’aime tromper l’ennui par des entretiens avec les personnes qui passent la porte de ma demeure ou par des jeux. Même si c’est principalement la lecture qui a ma préférence, comme vous l’aurez deviné. »

Un aveu à demi-mots? Ou le Comte s’amusait-il à entretenir l’ambigüité afin que le Serpent s’acharne dans son erreur?
Non… Il était sûr de son hypothèse. Tout à fait certain.
Alors… Sa clé se trouvait-elle vraiment dans sa poche gauche? Bien que ce mouvement de vérification ressemble réellement à un réflexe, Michaël se doutait que son adversaire n’était pas homme à commettre ce genre de maladresse. Le Serpent avait appris à éviter de porter son attention –et par conséquent celle de son interlocuteur– sur sa clé le peu de fois où l’on avait évoqué la possibilité qu’il soit un Conte. Ce geste du Comte restait un indice non-négligeable mais… méfiance.
Tth. C’est tellement agaçant.  


« Je vois », répondit-il simplement avec un humble sourire.

Atteindra-t-il lui aussi le stade de cet ennui profond d’avoir trop vécu ? A moins qu’il ne puisse au contraire jamais trouver de repos ; tant d’années à vivre, tant de gens à rencontrer, tout autant de possibilités de haïr. La haine, combustible inépuisable qui le fera tenir debout, pendant des siècles s’il le faut…

Enfin, s’il avait l’espoir de vivre aussi longtemps. Le Serpent restait de faible constitution et doué pour chercher les ennuis –et les trouver. (C’était son père qui utilisait cette expression, s’il se souvenait bien). Parmi tous ceux qu’il avait fait –ou fera– souffrir, l’un d’entre eux finira bien par se venger en le tuant dans une ruelle sombre. Jusque-là, il avait eu la chance de tomber principalement sur des minables qui préféraient s’apitoyer sur leur sort ou se jeter du haut d’un pont lorsqu’ils étaient incapables de supporter la douleur. Tsssssss.  

Michaël préférait éviter de se projeter aussi loin, l’avenir ne lui apparaissait guère comme un joli chemin rassurant qui traversait un quotidien sans heurts ni une promesse attrayante d’inconnu, miroitante de tout son mystère. Lui, le Serpent, n’avait pas la vanité de croire qu’un futur radieux lui serait réservé ni qu’il soit capable d’éviter de créer la souffrance. A partir de là, qu’espérait-il? Limiter les dégâts peut-être. Préserver un cocon autour de son petit frère, son seul lien avec l’humanité. Infime protection éphémère, que dira-t-il lorsque Denitry se rendra compte que l’ainé Zamenis ne vieillissait plus? Quand il lui demandera quel Conte il est devenu?
Encore un problème à anticiper… quelle plaie.

« Tth ! »

Le jeune homme écarta vivement sa main de la chandelle. Accaparée par ces sombres pensées, son attention avait délaissé son jeu idiot de passer les doigts à travers la flamme, qu’il n’effectuait plus que machinalement. La brûlure ne présentait rien de grave, il reposa simplement le chandelier à sa place initiale et, privé de son occupation, fit quelques pas dans la pièce.

Il prit finalement la parole, doucement et sans cesser de déambuler, comme s’il réfléchissait à voix haute ; les regards qu’il posait de temps en temps sur son interlocuteur prouvait cependant qu’il s’adressait bien à lui.

«Des visites et des jeux… ? Vous disiez plus tôt que vous ne receviez que peu de monde, du moins pas assez à votre goût. En plus de cela, vous n’avez pas de famille à choyer… hormis l’agréable compagnie d’Haydée, vous devez vous sentir bien seul.»

Il soupira, cessa ses pérégrinations pour s’adosser à un pilier du lit à baldaquin, continua de parler tout en essuyant les traces de suie sur ses doigts.

« Ce doit être si ennuyeux… vous possédez tous les biens matériaux dont on puisse rêver, des serviteurs pour effectuer toutes les tâches plus ou moins ingrates, alors même si vos affaires doivent être difficiles à gérer, cela ne suffit pas à occuper vos journées. Le temps s’étire, les heures se confondent tant que travailler la nuit ne vous pose aucun problème. En vérité… on dirait que vous n’avez plus rien à découvrir, plus rien à atteindre. Vous êtes au sommet, mais une fois que l’on a attend son objectif et qu’on l’a savouré, est-ce que l’on continu de vivre dans la plénitude jusqu’à ce qu’un évènement vienne tout bouleverser? Cette période de plénitude, bien que certainement agréable à vivre, avez-vous hâte qu’elle prenne fin? N’est-elle qu’une succession de journées identiques et insipides dans toute leur facilité ? »

Il se tu un bref instant le temps de réfléchir à la suite, puis trouva enfin la métaphore lui permettant d’illustrer ses propos.

« Admettons que… les multiples années que vous avez vécues sont une étendue de sable dans laquelle vous marchez ; même si ce sable est doux, fin et doré, il n’empêche que vous vous y enfoncez et qu’il ralentit les pas. Quant aux années à venir, elles sont un océan qui s’étend à perte de vue. Il offre en effet l’espoir d’un nouveau continent, que ce soit la mort ou le fameux évènement qui viendra bouleverser cette plénitude triste et monotone comme une mer d’huile sur laquelle vous navigueriez depuis des années… Oui, ce doit être si ennuyeux… »

Nouveau silence, le jeune homme médita quelques secondes en se mordillant un ongle, lorsqu’une prise de conscience soudaine le fit presque tressaillir, il releva vers le Comte un visage embarrassé.

« Pardon, je me suis emporté, le sujet était assez fascinant… veuillez m’excusez si je me suis trop avancé. »

Une conversation est un jeu de faces dont les règles sont fort simples : ne pas perdre la face, ne pas attaquer la face de l’autre, ne pas laisser envahir son territoire, ne pas envahir le territoire de l’autre ; la face étant image sociale que chaque interlocuteur souhaite donner et le territoire la partie qu’il souhaite dissimuler.
Jusqu’à présent, Michaël et le Comte avaient –presque– suivit ces règles, surtout en ce qui concernait la protection de leurs faces et de leurs territoires. Quant aux attaques, elles furent trop prudentes pour être véritablement offensives.

L’ainé Zamenis venait de tenter de poser un pied sur le territoire de son adversaire ; si celui-ci s’en insurgeait (car le Comte était suffisamment intelligent pour comprendre le but de cette initiative), mieux valait s’excuser d’avance de s’être montré "maladroit".

Faire perdre la face et envahir le territoire mental. Enfin un jeu qui plaisait au Serpent.
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MessageSujet: Re: Sauvez ma journée, s'il vous plait... [Comte de Monte Cristo]   Sam 3 Jan 2015 - 23:35
Le Comte savait qu’il ne serait pas simple de trouver quel personnage se trouvait derrière les belles manières de son invité. Mais il aimait les défis et un de plus surtout aussi complexe que celui-ci, lui occuperait l’esprit un moment. Après tout le temps a toujours été son allié jamais son ennemi. Monte Cristo voyait bien qu’il avait donné à réfléchir au colporteur. Seul un léger sourire marqua ses lèvres alors que son esprit cherchait déjà ce que le Comte avait voulu dire.

« Je vois »


Le propriétaire des lieux lui laissa le loisir de se plonger dans ses pensées alors qu’il jouait toujours avec la flamme vacillante de la chandelle. Le Comte se demandait s’il pensait à sa qualité de conte ou à l’avenir qui l’attendait. S’imaginait-il comme le maitre des lieux ? A la grimace et au sifflement qu’il lâcha Monte Cristo en eut une assez bonne idée. Un sifflement d’ailleurs. C’était une bien étrange façon de manifester son désaccord et sa contrariété. Un lien s’établit entre cette vérité et son hypothèse que son invité soit un conte. Non, c’était beaucoup trop simple. Le Comte espérait qu’un homme de sa trempe était plus intelligent pour laisser un indice aussi flagrant à qui les guette. Il semblait avoir terminer un pan de sa réflexion puisqu’il reposa le chandelier à sa place et commença à faire les cents pas dans la pièce suivi par le regard intrigué du Comte.

«Des visites et des jeux… ? Vous disiez plus tôt que vous ne receviez que peu de monde, du moins pas assez à votre goût. En plus de cela, vous n’avez pas de famille à choyer… hormis l’agréable compagnie d’Haydée, vous devez vous sentir bien seul.»

Le Comte baissa les yeux et étouffa un léger rire. C’était donc l’une des « inquiétudes » de son invité. Son manque de compagnie ? Il en doutait mais il le laissa continuer pour voir où il comptait aller. Il reposa son dos sur l’un des montants du baldaquin et poursuivit comme le maitre des lieux n’avait rien fait pour l’interrompre ou lui intimer une certaines retenue sur ces futures paroles.

« Ce doit être si ennuyeux… vous possédez tous les biens matériaux dont on puisse rêver, des serviteurs pour effectuer toutes les tâches plus ou moins ingrates, alors même si vos affaires doivent être difficiles à gérer, cela ne suffit pas à occuper vos journées. Le temps s’étire, les heures se confondent tant que travailler la nuit ne vous pose aucun problème. En vérité… on dirait que vous n’avez plus rien à découvrir, plus rien à atteindre. Vous êtes au sommet, mais une fois que l’on a attend son objectif et qu’on l’a savouré, est-ce que l’on continu de vivre dans la plénitude jusqu’à ce qu’un évènement vienne tout bouleverser? Cette période de plénitude, bien que certainement agréable à vivre, avez-vous hâte qu’elle prenne fin? N’est-elle qu’une succession de journées identiques et insipides dans toute leur facilité ? »

Perspicace et percutant. Dommage qu’il soit loin de la vérité. Monte Cristo avait crut à cela mais il c’était il y a longtemps. Il avait passé cette étape depuis presque aussi longtemps. Il y avait encore tant de choses à découvrir, de nouvelles personnes à rencontrer, sans oublier cette vengeance qui rongeait toujours l’âme du propriétaire. Mais ça le blondinet ne le savait pas. Il est vrai que quelque fois, il trouvait les journées longues et étrangement semblables mais il y avait des différences, le Comte les traquaient et les décortiquaient pour tromper son ennui. Après tant d’années vécues, il n’y a plus grand-chose qui peut passionner un homme mais le Comte a trouvé dans la succession des jours, une source infinie de détails, de connaissances qu’il se faisait un devoir de collecter. Pourquoi ? Simplement car il en avait envie. Jamais il n’a cessé d’apprendre et de découvrir, de chercher des réponses et de les trouver. Une seule question l’importait plus que les autres dans ces heures, c’était le moyen pour un conte d’aller dans le monde des Lecteurs afin d’y accomplir sa vengeance, d’en mettre le point final. Tout était prêt ne lui restait que ce moyen à trouver et ce n’était pas chose simple. En attendant il devait se contenter d’échanger et de converser avec les gens de passage qu’ils soient contes ou lecteurs afin d’agrandir sans cesse la somme de ses connaissances.

« Admettons que… les multiples années que vous avez vécues sont une étendue de sable dans laquelle vous marchez ; même si ce sable est doux, fin et doré, il n’empêche que vous vous y enfoncez et qu’il ralentit les pas. Quant aux années à venir, elles sont un océan qui s’étend à perte de vue. Il offre en effet l’espoir d’un nouveau continent, que ce soit la mort ou le fameux évènement qui viendra bouleverser cette plénitude triste et monotone comme une mer d’huile sur laquelle vous navigueriez depuis des années… Oui, ce doit être si ennuyeux… Pardon, je me suis emporté, le sujet était assez fascinant… veuillez m’excusez si je me suis trop avancé. »


Les lèvres du Comte s’étirèrent en un sourire charmeur. C'était une belle métaphore.

« Ne vous excusez pas, c’est intéressant de voir votre raisonnement et d’entendre vos conclusions. Mais pour vous aider à préciser votre pensée très réfléchie permettez-moi de vous dire que l’ennui est une chose que j’avais du mal à tromper. Mais en des moments comme celui-ci, je pense pouvoir affirmer qu’il ne conviendrait pas décrire mon état d’esprit. »

En s’excusant par avance, il avait bien joué sa pièce. Mais le Comte avait plus d’un tour dans son sac et comme aux échecs, Michaël était bon joueur mais trop sur de lui. Il devrait savoir qu’une partie ne se termine pas quand le fameux « échec et mat » a retentit. Elle est infinie car à la fin de la partie, le roi comme le pion retournent dans la même boite et se préparent pour la partie suivante. Le colporteur cherchait à percer les défenses, il cherchait la faille dans l’armure rutilante du Comte. Ce qu’il ne pensait pas c’est qu’avant de chercher à toucher son adversaire à son point faible, il fallait bien vérifier les siens. Le Comte se leva dans un mouvement ample et gracieux.

« Croyez-vous que le temps peut rendre les jours apathiques, monotones et si semblables ? Sincèrement, je vous répondrais que oui mais l’important est de distinguer chaque jour. Peut-être en cherchant de nouvelles expériences ou... en remarquant les changements que subissent nos proches... »

En se levant, Monte Cristo cachait une partie de la chandelle de grandes ombres couvraient désormais le visage du maitre des lieux alors qu’il avait laissé un pan de lumière qui éclairait le colporteur. Un léger sourire marqua son visage mais d’un mouvement de manche, il se tourna et son visage fut de nouveau éclairé. Son visage arborait une mine réjouie et amicale.

« Mais assez parler de cette histoire de temps qui passe. Vous avez peut-être envie de vous reposer après tant d’émotions. »

Le Comte lui offrait une porte de sortie s’il le souhaitait. Mais le blond pouvait aussi rester même si cela pouvait paraitre légèrement impoli, le maitre des lieux lui laissait le choix. Il préférait bien évidement qu’il reste. C’était tellement divertissant de voir le vendeur de livres s’acharner à dénouer une vérité bien trop enfouie pour qu’elle soit discernable.

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MessageSujet: Re: Sauvez ma journée, s'il vous plait... [Comte de Monte Cristo]   Ven 16 Jan 2015 - 23:16
Encore un sourire du maitre des lieux. Bon sang, ce sourire était un mobile de meurtre à lui tout seul. Lui casser les dents? Peut-être même plus facile à faire que le sourire de l’ange et les lèvres cousues. Enfin, réussir à associer les trois serait un bonus inespéré. Oui, sceller sa bouche mutilée en y enfermant les éclats d’émail…  
Cela faisait beaucoup de violence sous ses cheveux blonds en peu de temps, cela lui arrivait rarement de rêver d’infliger la souffrance physique. Hélas, ne réussissant pas à définir comment toucher le Comte psychologiquement, cela restait son dernier recours. Il fallait bien qu’il s’amuse.


« Ne vous excusez pas, c’est intéressant de voir votre raisonnement et d’entendre vos conclusions. Mais pour vous aider à préciser votre pensée très réfléchie permettez-moi de vous dire que l’ennui est une chose que j’avais du mal à tromper. Mais en des moments comme celui-ci, je pense pouvoir affirmer qu’il ne conviendrait pas décrire mon état d’esprit. »

Il ne le prenait pas mal? Excellente nouvelle. Michaël cessa de se mordiller les ongles et leva vers les Comte le visage attentif d’un élève écoutant son vieux maitre, la tête légèrement penchée sur le côté.
Mais oui mais oui, il est toujours très intéressant d’observer son petit sujet d’expérience.
Le maitre des lieux se leva, gagnant ainsi en prestance dans son rôle d’homme sans âge dispensant son infini savoir, impression renforcée grâce au jeu de clair-obscur qui le plongea dans une ombre mystérieuse. Toujours aussi pompeux… et pourtant si fascinant. Lui reconnaitre ce genre de qualité insupportait le Serpent. Cela le faisait douter, alors que la haine était son automédication pour éviter à son esprit de sombrer dans le chaos de la controverse. Qu’il était désagréable que ce genre de type, parce qu’il méritait l’admiration, mette une goutte de poison dans son remède…

« Croyez-vous que le temps peut rendre les jours apathiques, monotones et si semblables? Sincèrement, je vous répondrais que oui mais l’important est de distinguer chaque jour. Peut-être en cherchant de nouvelles expériences ou... en remarquant les changements que subissent nos proches... »

T’as pas de proches.
Etait-ce une référence à un lointain passé? Lui, pauvre Conte, avait-il vu sa famille vieillir et périr alors qu’il restait prisonnier du temps? Michaël se prit à espérer. Ce devait être si douloureux.
Den…

Le jeune homme chassa cette dernière pensée de son esprit. Ce n’était pas le moment de réfléchir à ce désagrément ; son hôte venait de lui fournir des informations de premier ordre. Que lui prenait-il de se confier de la sorte? La fatigue? A moins que grâce à son petit numéro de pauvre garçon désolé et confus, Michaël ai réussi à regagner sa confiance?
Ou alors tout n’était que mensonge.

Le Serpent voulu étudier son visage pour y lire la duplicité, hélas l’obscurité qui enveloppait le Comte ne le lui permit pas. Qu’il est malin…
L’homme se déplaça, la lumière tomba sur ses traits, dévoilant un visage avenant.
Si insupportablement malin.

« Mais assez parlé de cette histoire de temps qui passe. Vous avez peut-être envie de vous reposer après tant d’émotions. »

Une vente de livre ratée, un repas, une simulation de diva en manque d’attention, une partie d’échec et des conversations hypocrites? La soirée fut clairement pal-pi-tante. Seule la haine intense dans l’esprit de Michaël lui avait apporté "tant d’émotions".

Et puis… Il mettait fin à la conversation au moment où cela devenait intéressant?! Serait-ce la preuve qu’il craignait que le jeune homme continue à creuser dans cette voie?
Peut-être, peut-être pas…
Sa première envie fut de refuser et de rester plus longtemps. Il avait l’impression de tenir un bon filon et craignait de le perdre. Qui plus est, il avait décidé de pourrir le sommeil de son hôte, alors autant continuer.

Cependant… le Serpent sentait quelque chose. Il ne devait pas oublier qu’il était également observé, le Comte s’amusait bien avec son rat de laboratoire. C’était léger, infime, mais il lui sembla qu’il ne le poussait pas à partir, non, il souhaitait qu’il reste. Il  jouait avec son esprit de contradiction. De plus, Michaël était fatigué, il risquait de commettre des erreurs.
Et il détestait que cet homme le pousse autant à la paranoïa.
Tant pis, repli stratégique.

Le jeune homme soupesa la proposition en regardant la porte d’un air anxieux, se demandant si la cause de son attaque de panique se tenait toujours dans le couloir, prête à lui sauter à la gorge.
Il soupira, murmura tout doucement « Ça devrait aller… », puis se tourna vers son hôte.    

« Vous avez raison, je vais vous laisser… Merci pour tout. Encore désolé de vous avoir dérangé. Passez une bonne nuit, Monsieur le Comte. »

Il se détacha du pilier du lit à baldaquin afin de s’incliner en une révérence et s’avança vers la porte. Il mit une seconde de trop avant d’abaisser la poignée, en proie à une légère angoisse qu’il n’arrivait à dissimuler. Enfin, le jeune homme passa la porte et, sur un dernier sourire adressé à son hôte, la referma.

Seul dans le couloir obscur, le Serpent posa son front contre le mur et poussa un profond soupir qui se mua en sifflement. Toute la tension de dissipa, ne laissant que l’épuisement. Il rejoignit sa chambre sans difficulté aucune, y retrouvant un feu mourant et ses affaires éparpillées. Il prit la peine de rassembler ses vêtements pour les poser sur une chaise et ajouta sa chemise et sa ceinture sur le tas. Se rapprochant comme à son habitude de la source de chaleur, il s’assit à même le sol pour tisonner les braises. Rien de tel que de regarder un feu pour mettre de l’ordre dans ses pensées.
Il resta face à la cheminée une dizaine de minutes, retraçant chaque instant depuis son entrée au manoir, tentant de déceler des détails, décortiquant chaque mot du Comte.
Tth, ne pense pas à lui juste avant d’aller te coucher, tu vas faire des cauchemars.

Michaël secoua la tête. Ce n’était plus la peine, il était trop épuisé pour aligner deux pensées cohérentes, ce n’était pas maintenant qu’il aurait une révélation au sujet de son hôte.  

Il reposa le tisonnier et se laissa tomber sur le lit –bigrement confortable–, regardant à la lueur orangée des flammes les deux tableaux suspendus au mur. Queer Tales, monde des Lecteurs. Monde des Lecteurs, Monte Cristo…
Il ferma les yeux et s’endormit presque aussitôt.
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MessageSujet: Re: Sauvez ma journée, s'il vous plait... [Comte de Monte Cristo]   Mer 25 Mar 2015 - 13:41
La proposition du Comte sembla le perturber comme s’il s’attendait à autre chose de la part du propriétaire. Son temps de réponse fut assez long surement le temps de peser le pour et le contre de rester en compagnie du Comte. Il chuchota trois mots dans un murmure, le silence faisant part entière de la vie de Monte Cristo, il n’eut pas de mal à les comprendre. Il ne savait pas si c’était volontaire de lui laisser ces trois mots mais le Comte fit semblant de n’avoir rien entendu et se contentait d’attendre la réponse à sa proposition.

« Vous avez raison, je vais vous laisser… Merci pour tout. Encore désolé de vous avoir dérangé. Passez une bonne nuit, Monsieur le Comte. »

Michaël reprit appui sur ces pieds avant d’effectuer une révérence cordiale mais complètement fausse. Arrivé devant la porte, il mit une seconde avant d’appuyer sur la poignée et cet instant d’hésitation n’échappa pas au Comte.

« Si jamais cela vous reprenais, n’hésitez pas à revenir, vous connaissez le chemin et je ne compte pas me coucher tout de suite. »


Le Comte s’inclina et laissa son invité prendre la porte et s’enfoncer dans le couloir de son Manoir. La porte se referma et le Comte se retourna vers le plateau laissé en l’état. Michaël n’était pas un si mauvais joueur, seulement il étai trop imprudent presque pressé et il manquait des opportunités, des opportunités qu’il était facile de retourner contre lui. Le maitre des lieux rangea les pièces du jeu dans la boite de bois sombre. Il alla reposer la boite à sa place avant de s’approcher de la chandelle, il l’attrapa et l’amena sur son bureau. Maintenant qu’il était pleinement réveillé autant faire quelque chose, son esprit vif avait été piqué par la partie de ce soir et il ne réussirait surement pas à dormir. Il repassa un instant son regard sur les lignes qu’il avait déjà écrite et poursuivit son écriture.

...

L’aube perça et déposa ses doux rayons dans la chambre du Comte, il était toujours attablé et était sur la deuxième chandelle. Il avait bien avancé et avait eu quelques idées pour la journée à venir. Haydée entra quelques minutes après alors que le Comte était en train de s’habiller dans un vêtement plus simple que le kimono de la veille. Elle l’aida à se vêtir d’un pantalon large noir et d’une chemise aux manches de feu. Il lui indiqua son programme de la matinée ainsi que les quelques consignes qu’elle ferait passer à ses employés. Il lui donna également quelques lettres qu’il avait écrites pour ses affaires. Ce n’était pas urgent mais si cela pouvait être fait avant la levée de l’après-midi cela l’arrangeait. Il précisa qu’il allait faire un tour au jardin et qu’elle devait surveiller le réveil de leur invité et qu’elle l’enverrait ensuite le rejoindre, s’il le souhaitait. Et surtout qu’elle devait se tenir à son entière disposition. Le Comte passa une longue cape bleu nuit sur ses épaules et sortit dans l’air frais du matin.


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Sauvez ma journée, s'il vous plait... [Comte de Monte Cristo]

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