Petit humain, mais qu'as-tu fait ? Ouvrir ce livre, pris de curiosité ! Quelle grave erreur, car dès maintenant, les contes te garderont pour eux !
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 Derrière la fumée, se cache un petit coeur d'argent [pv Jeremiah][Terminé]

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MessageSujet: Derrière la fumée, se cache un petit coeur d'argent [pv Jeremiah][Terminé]   Jeu 19 Déc 2013 - 14:41
S’envole bien loin le joli papillon, aspiré par la fenêtre qui le déchire en méandres mauves. Une autre vague arrive, bleue cette fois-ci, à nouveau le vent léger de la fenêtre ouverte, la disloque complètement. Le bleu si opaque devient transparent, pour n’être réduit qu’à l’état de spectre, odorant mais invisible.

Soleyl regardait se jouer ce spectacle depuis son grand lit, la tête renversé, ses cheveux coulant en cascade jusque sur le parquet poussiéreux. Des grands yeux clairs qui regardait ce qu’elle créait depuis ses lèvres : des formes psychédéliques, colorées et éphémères, qui naissait de sa bouche sous forme de fumée recraché à chaque bouffée qu’elle tirait de sa pipe.

La fenêtre ouverte achevait son travail en laissant jaillir une petite brise qui cassait toutes les formes qu’elle créait. C’était rare que la jeune femme aère les pièces. Mais l’air était décidément trop vicié, emplit de la douleur sourde de cette scène, qui s’était déroulé il y a quelque jour de l’autre côté de son miroir, avec son ombre. Vicié aussi au rez-de-chaussée, emplit de l’atmosphère sanglante et des idées noires que son visiteurs violent avait oublié en partant de chez elle. Le pentacle écarlate était toujours imprimé sur le parquet, la malédiction n’était toujours pas levée, ni pour Soleyl, ni pour son charmant visiteur à l’âme noire.
Pourtant le carré de ciel que la vendeuse entrevoyait depuis son lit, n’avait rien pour réchauffer les cœurs. Le soleil paraissait dans une épaisse couverture de nuage gris. Et ne laissait qu’à une chenille sans vigueur, un ciel sans chaleur.

Le temps maussade, les idées noires tachant les murs, et les vilaines blessures, tout cela conduisait Mii à une désagréable torpeur. Non pas comme ces moments où elle aimait laisser aller son esprit vers un monde de sommeil. Là, l’évanouissement pesait comme une menace, et ses plaies qui ne cicatrisaient pas, pouvait bien finir par l’emporter. C’était un comble d’avoir tant d’objets à sa disposition et de ne pas pouvoir s’en servir ou bien de n’avoir que les mauvais.

La plupart des merveilles qui reposaient sur les étagères de la Caterpillar, avaient des vertus extraordinaires. Mais certains objets rebelles, ne daignaient fonctionner qu’entre les mains de ceux qui se montraient dignes d’être leur propriétaire. Ils attendaient, tels des orphelins que l’on vienne les chercher.
La chenille soupira, laissant un long voile de fumée grise envelopper l’atmosphère et se mêler à celle dégagée par les bâtons d’encens. Mais au lieu de se diriger vers la fenêtre, le filet descendit se perdre dans marches de l’escalier tordu.

La jeune femme leva un sourcil, puis entreprit de ce redressé. Un présage…elle était toujours attentive aux petits détails de la vie, pouvant lire entre les murs et à travers la plus épaisse des fumées. Intuition juste, puisque la clochette fêlée de l’entrée poussa un petit gémissement lorsque la porte la cogna, au même moment, Soleyl se redressait sur ses longues jambes et entreprit de descendre les escaliers. Au fur et mesure de sa progression, elle tenta de mettre de l’ordre dans sa longue robe orientale, et se fit un rapide chignon dans lequel elle piqua une plume d’oie qui trainait là.

Au terme de sa descente, elle put, voir son client, un jeune…vide. La fumée grise qui l’avait annoncé avait choisi la bonne couleur. Une âme grise presque existante, sous l’emprise d’idées malsaines et tordues, cachées au plus profond d’un tout petit cœur. C’est ce que cet homme brun à la beauté insolente lui inspirait. Méfiance et prudence pourtant, il ne dégageait pas la même hostilité que le boucher qui lui avait laissé toutes ses blessures qui la faisait souffrir.
Vaporeuse et abstraite, sa voix telle la fumée, s’envola de ses lèvres pour recouvrir l’homme qui venait d’entrer :
 
-Bonjour et bienvenu…ceci est une boutique que puis-je faire pour vous ?
 
Une fumée mauve de la même couleur que ses iris qui venait de changer, vint envelopper l’étranger à la suite de ses paroles et prit la forme d’un papillon.
Ame grise au cœur vide, trancheras-tu mon petit insecte comme le vent tout à l’heure ? Ou bien pourra-t-il s’évaporer, pour ne devenir qu’une présence odorante et incolore ?


Dernière édition par Mii Soleyl le Sam 2 Aoû 2014 - 14:17, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Derrière la fumée, se cache un petit coeur d'argent [pv Jeremiah][Terminé]   Ven 27 Déc 2013 - 0:06
Il marchait dans les rues, avec d'autres gens. Des amants en balades, des amis visitant des boutiques, des âmes isolées en quête de quelqu'un, quelque chose, ou rien. Des âmes innocentes, pour la plupart, qui allaient et venaient le cœur léger, ou tracassées par leurs petits soucis du quotidien. Telle était la foule dont il faisait partie. Que n'aurait-il pas donné, en cet instant, pour être tranquillement installé chez lui parmi ses compagnes, ou, mieux encore, pour voir tout ces gens du bas peuples gratifié de l'état de cadavres.

C'est avec ces sombres pensées que Jeremiah fendait les rues, marchant d'un pas vif pour fuir tous ces... gens. Sortir dehors et arpenter les villes était une chose qu'il détestait. D'une part car il détestait sortir, d'autre part parce qu'il adorait rester chez lui, et, enfin, parce que les vivants avaient, en plus de leurs innombrables tares, l'incroyable don de le répugner d'une façon extrême, et ce, par leurs simple présence. Mais tout ceci était bien habituel pour lui (ce qui ne l'empêchait pas d'être d'une humeur absolument massacrante; mais cela aussi, il en avait l'habitude).

Ainsi, s'il était aujourd'hui à arpenter le Small Fair, c'était pour une bonne raison. Il avait, depuis la réouverture de sa boutique, pu acquérir une certaine somme d'argent, qu'il comptait bien mettre à profit pour ses affaires personnelles. Aussi, après plusieurs jours à retarder cette journée, il s'était mis en route, l'humeur noire, dans le but d'acquérir divers objets plus ou moins louches. Et l'endroit principal qu'il voulait visiter était la boutique de Mii. Boutique dans laquelle il s'empressa d'entrer en arrivant, échappant ainsi à la foule.

Jeremiah n'eut pas le temps de refermer la porte (ce qui fut pourtant très rapide) que la propriétaire du magasin descendait déjà, comme si elle avait eu présage de son arrivée. Il faut dire qu'un tel phénomène ne semblait pas improbable avec cette... femme. Mystérieuse et mystifiante, toujours enveloppée de fumée, les geste lents et le regard lourd, et un corps aussi grand que bien formé. Un style qui réussissait même à plaire à Jeremiah.

-Bonjour et bienvenue… ceci est une boutique que puis-je faire pour vous ?

Pourtant même les dons presque magiques qu'elle possédaient ne semblaient lui permettre de passer au travers du masque de Jeremiah... Un masque de chair, cette fois ci, celui du visage qu'il portait aujourd'hui, mais qui n'était pas celui qu'il possédait il y a de nombreuses années de cela... Car Jeremiah, bien avant son « emprisonnement », bien avant qu'il ne meure, bien avant même qu'il ne rencontre Elizabeth, était déjà venu dans cette boutique. Oui, cela remontait à bien, bien longtemps... Pourtant, la boutique était toujours là, et Mii toujours la même. Seul lui même avait changé. Il avait transcendé son état de simple homme, et changé d'apparence du tout au tout. Ne restaient que ses idées, toujours aussi majestueusement morbides.

Ne faisant guère attention au nuage de fumée qui lui avait été craché dessus, et qui ne parvenait ni à le faire tousser, ni à lui piquer les yeux, Jeremiah se plia à l'obligation inutile qu'étaient les formules de politesse.

-Bonjour...

Il n'était donc pas ici par hasard. Pour ses besoins spéciaux, il avait parfois besoin d'outils qui l'étaient tout autant. Et seul Mii en possédait la plus vaste quantité et la plus originale. Mais sa présence ici avait aussi un autre intérêt... La patronne du magasin elle même.

Sachant cela, toute personne connaissant bien Jeremiah (il n'en restait que peu de vivantes) s'inquièterait pour la pauvre Mii. Pourtant, ce n'était pas pour s'en prendre à sa vie qu'il était là. Elle était seulement une des très rares personnes de ce monde dont la présence ne le dégoutait pas. Non pas qu'il ne l'aurait pas préféré morte que vivante... Mais elle avait un comportement des moins détestables. Cloitrée dans sa boutique enfumée, elle restait à l'écart du monde, quand bien même beaucoup venaient la voir. Elle n'agissait jamais, et se contentait de son simple rôle. Du moins était-ce comme ça qu'il la voyait. Rajoutez à cela sa langueur et sa paresse, qui la rendaient bien moins vivante que beaucoup d'autres, et voilà quelqu'un que Jeremiah pouvait tolérer. Le seul bémol étaient les propos inutiles qu'elle se plaisait parfois à faire.

Aussi pouvoir côtoyer quelqu'un qu'il ne haïssait pas du plus profond de son être était fort appréciable, et un atout de choix quand à savoir quelle boutique visiter. Elle n'était pas de ces vendeurs pomponnés et répugnant, harcelant sans répit pour vendre de ridicules babioles.

Jeremiah contemplait l'intérieur de la boutique, cherchant à comprendre le pourquoi et le comment d'objets entassés ça et là. Il ne se souciait guère encore de répondre à la question de Mii. S'il pouvait trouver un objet intéressant par lui même, cela lui économiserait la peine de devoir lui demander, et de surement subir un de ses insupportables bavardages. Malheureusement, il y avait une troisième raison à la présence de Jeremiah ici, qu'il se remémorait enfin. Parler allait être nécessaire... Il s'adressa à la propriétaire de la boutique, le regard porté sur un étrange objet qui se pouvait bien être une arme.

-Dites-moi... Parmis tout ce que vous vendez, avez vous des informations?...

D'un geste nonchalant, Jeremiah sorti deux papiers, chacun des deux possédant un dessin au crayon: le portrait de deux femmes, qu'avait fait Jeremiah, avec un talent insultant compte tenu du peu d'estime qu'il apportait à ce genre d'art.
Sur le premier était représenté son Elizabeth, telle qu'il s'en souvenait, et sur le deuxième, un portrait de Gretel Friedrich, image presque identique à celle que lui avait dessiné son frère, Hansel Friedrich, plusieurs jours auparavant.

-Je recherche ces deux personnes... Peut être avez vous quelques indices à monnayer...


Elizabeth... Bien sur qu'il la cherchait, depuis toujours, partout où il pouvait, et toujours aucune information. Mais il ne pouvait se résoudre à la croire disparue. Gretel, elle, n'était rien d'autre qu'une personne qu'il voulait ajouter à sa collection. Et si son frère remuait ciel et terre pour la retrouver, rien ne l'empêchait de capturer cette proie par lui même... Autant dire que pour les deux personnes, de nombreux moyens avaient déjà étés déployés, sans succès. C'était presque par désespoir que Jeremiah demandait cela à Mii. Pourtant, si quelqu'un avait bien une chance de vendre quelque chose d'aussi rare que ces informations, c'était bien elle. Et contre de l'argent, nul doute qu'elle pouvait tout vendre.

Jeremiah attendait la réponse de Mii Soleyl. Mais celle ci n'avait pas encore répondu, regardant les deux dessins à travers l'épais brouillard de sa fumée aux formes envoutantes, mortes et immatérielles.
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MessageSujet: Re: Derrière la fumée, se cache un petit coeur d'argent [pv Jeremiah][Terminé]   Jeu 9 Jan 2014 - 14:18
S’envole, s’épuise et se perd dans l’air, le papillon disparait, enveloppant dans ses méandres, l’être gris qui venait d’entrer. Il ne s’en soucia guère, laissant l’insecte éphémère achever sa courte vie. Il ne prononça qu’un simple « Boujour » sonnant comme un lugubre requiem. Regard fuyant, il semblait avoir laissé son esprit hors de cette boutique et pourtant…On sentait un désir brulant dans sa tête, non menaçant pour Mii heureusement, mais duquel elle pourrait surement tirer profit.

Le regard de l’individu accrocha le Naginata, posé avec nonchalance au sommet d’une pile de linge. Mais les iris reprirent leur balayage à travers la pièce, aussi volatile et lente que la fumée qui s’échappait des bâtonnets d’encens.
Soleyl aurait pu d’avantage parler pour rompre ce silence. Mais elle n’en avait ni la force, ni l’envie, et se contentait d’observer le client du haut de sa marche d’escalier. Il y avait quelque chose en lui de fascinant. On ne trouve pas forcément plus d’intérêt dans les choses encombrées, le vide seul peut suffit à éveiller la curiosité. C’était le cas en ce moment. L’homme se tenait distant, comme pour mieux cacher ses secrets. En avait-il seulement ? Tout ce qu’il inspirait à Soleyl, était une sensation de vide abyssale, qui ne pouvait être comblé que par de sombres desseins.
Saisissant un moment d’éveil de la part de son client, la vendeuse, fit le tri dans ses idées pour écouter sa demande.
 
-Dites-moi... Parmis tout ce que vous vendez, avez vous des informations?...
 
La femme chenille hocha la tête, alors qu’elle aurait en temps normal, surement préféré un long discours décousu. Ce genre de monologue où ses interlocuteurs peinaient généralement à retrouver le fil de la conversation. Mais la saveur des mots ne signifiait plus rien pour le moment, c’était la douleur physique qui dominait, semblant griser le ciel au dehors, l’air au-dedans, et la présence de l’individu tout aussi terne, n’arrangeait en rien les choses.
Celui-ci sorti deux feuille de papier qu’il montra à la vendeuse, accompagnant ce geste vaporeux d’une phrase sans conviction, les mots dit sous la contrainte sont vides de sens.
 
-Je recherche ces deux personnes... Peut être avez vous quelques indices à monnayer...
 
Le regard, jusqu’à présent métallique de la chenille, se colora d’une teinte plus clair, presque jaune. Retrouver deux personnes, voilà qui n’était pas trop fatiguant. La fumée ambiante se dissipant, elle souffla une nouvelle fois pour l’épaissir d’avantage. De ses lèvres naquirent deux formes d’oiseau qui vinrent se poser sur les feuilles tendues. Le premier vint se poser sur le portrait de la plus jeune des filles dessinées, et au moment de se disloquer, prit une teinte rose. L’autre, au contact du deuxième dessin, se colora d’un mauve très clair, et disparu presque immédiatement.
Les cils de Mii se joignirent le temps d’un battement d’aile de papillon, qui signifiait qu’elle prenait en considération les informations qu’elles venaient d’acquérir.
Se saisissant du premier portait elle l’examina d’avantage et enfin daigna répondre à son invité :
 

-Je ne vous apprendrais surement rien en vous dévoilant l’identité de la personne figurant sur ce morceau de papier.
 
Mii avait en effet deviné, sans trop de mal, qu’il s’agissait de Gretel Friedrich. Elle reprit sur ce même ton monocorde fidèle à elle-même.
 

-D’après ce que j’ai pu constater, elle s’est absenté récemment, mais le fait que la fumée ai pris une forme d’oiseau, signifie qu’elle doit être bien loin.
 
Prenant le deuxième portrait entre ses mains, elle l’examina en profondeur et poursuivit :
 
-Il en est de même pour celle-ci, elle se trouve loin de nous pour le moment, sa présence est presque imperceptible en ce monde, elle a disparu il y a très longtemps…
 
Ces informations n’apportaient surement pas grand-chose de nouveaux à l’homme. Mais cette petite introduction à voix haute, permettait à Soleyl de faire une mise au point pour elle-même. Penser à voix haute lui arrivait souvent, ainsi elle retrouvait plus facilement le fils de ses propres pensées, emmêlées par le temps qui passait.
Ses pieds nus quittèrent la marche où elle se tenait. Elle descendit, et ralluma un bâton d’encens. Sa voix s’éleva à nouveau :
 
-Pour retrouver des personnes, on ne suit pas les mêmes chemins d’un individu à l’autre. Les routes ne sont pas toutes aisées…-souffle de fumée- le parcours dépend du lien que l’on a avec ses personnes.
 
Les iris devenus orangés, de la chenille, se posèrent sur le client, comme une interrogation. C’était pour voir s’il suivait. Rien n’était moins sûr. Même fatiguée, les mots coulaient en abondance, sans barrages. Elle compléta sa pensée :
 
-Ce que j’essaye de dire, c’est que si vous avez un lien fort avec l’une de ses deux personnes, ce qui semble être le cas, il sera bien plus simple de la retrouver même si celle-ci a disparu depuis longtemps.

 
Le vide se combla. Mii le sentit immédiatement à la fin de sa phrase. Si l’individu avait posséder sa particularité, de changer la couleur de ses yeux selon ses pensées, il est incontestable que ses iris seraient devenus d’un doré très intense. Dévoilant un sourire elle ajouta :
 
-Si vous posséder un objet appartenant à l’une de ses personnes je vais pouvoir faire quelque chose pour vous. L’idéal serait un cheveu, ou même un objet très cher à cette personne…le sort de cette investigation dépend donc de vos possession très chers ~
 
Elles se sont envolées, loin, loin, mais même derrière la fumée opaque, la présence ne s’efface pas…
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MessageSujet: Re: Derrière la fumée, se cache un petit coeur d'argent [pv Jeremiah][Terminé]   Lun 27 Jan 2014 - 23:30
-Je ne vous apprendrais sûrement rien en vous dévoilant l’identité de la personne figurant sur ce morceau de papier.

Voilà qu'elle commençait. Parler pour ne rien dire. Mais le plus dur était encore à venir

-D’après ce que j’ai pu constater, elle s’est absenté récemment, mais le fait que la fumée ai pris une forme d’oiseau, signifie qu’elle doit être bien loin.

Crispation. Une nouvelle qui n'était pas bonne à entendre, bien qu'elle fut prévisible. Et toujours ce bavardage. Une pause coula, dont Jeremiah inspira tout le silence. Tenter de garder un minimum de calme...

-Il en est de même pour celle-ci, elle se trouve loin de nous pour le moment, sa présence est presque imperceptible en ce monde, elle a disparu il y a très longtemps…

Et soudain, une haine venue de nul part. L'envie de tout briser dans ce magasins, d'envoyer valser les objets fragiles, d'exploser les meubles, de saigner à mort la propriétaire au corps encore chaud. Cela ne se laissât pas paraître sur le visage de Jeremiah, qui pour plus de précaution s'était retourné, comme dans la contemplation de quelque objet. Il ne doutait pas pouvoir contenir toute sa colère ; il était habitué. Mais quand elle surgissait d'un seul coup, il était difficile de n'en rien montrer. Il reprit le total contrôle de son expression, non sans bouillir de rage.

-Pour retrouver des personnes, on ne suit pas les mêmes chemins d’un individu à l’autre. Les routes ne sont pas toutes aisées… Le parcours dépend du lien que l’on a avec ses personnes.

Ne s’arrêtera-t-elle donc JAMAIS ? Qu'avait-elle à dire, encore, qui vaille la peine après tout ça ? Rien que ses divagations sans queue ni tête. Jeremiah ne pensait déjà plus qu'à partir. Pourtant, il avait encore autre chose à faire ici...

-Ce que j’essaye de dire, c’est que si vous avez un lien fort avec l’une de ses deux personnes, ce qui semble être le cas, il sera bien plus simple de la retrouver même si celle-ci a disparu depuis longtemps.

Des inepties, encore, TOUJOURS. Pourtant cette phrase-ci semblait posséder un sens. Ne pouvait-elle donc pas tout énoncer clairement, simplement ? Devoir subir ses propos était déjà suffisamment désagréable, voilà qu'il devait en plus en chercher le sens ? Tout ça pour Elizabeth, disparue dans la nature, et sûrement perdue à jamais. N'aurait-elle pas pu mourir sur le sol même où Jeremiah l'avait laissé, de nombreuses années de cela, au lieu de partir Diable sait où ? Au moins tout aurait été fixé. Quelques coups de bistouris, un peu de retouches, et il aurait pu passer cette journée tranquillement installé chez lui... Au lieu de cela, non, il devait encore comprendre les paroles de cette divagatrice.

Un lien fort... Voilà quelque chose qu'il pouvait comprendre. Quelque chose, même, qu'il arrivait à ressentir, de son cœur froid, quand il pensait à toutes les poupées qui l'attendaient chez lui. Toutes celle avec lesquelles il avait vécu, et qui avaient été détruites. Mais de là à dire qu'il possédait un lien fort avec Elizabeth... Certes, il l'avait accueillie, la laissant vivante, et avait pris soin de la garder près de lui. Pour autant, il ne l'avait toujours considérée que comme la moins déplaisante des êtres humains, bien qu'un être absolument... Fascinant. Et la seule compagnie un tant soit peu mouvante qu'il puisse tolérer tout en conservant un état de bonheur. Elle était idéale... Et unique. Et maintenant, il était obligé de lui courir après, gaspillant son temps et arpentant ce monde répugnant, la haine au ventre.

-Si vous possédez un objet appartenant à l’une de ses personnes je vais pouvoir faire quelque chose pour vous. L’idéal serait un cheveu, ou même un objet très cher à cette personne…le sort de cette investigation dépend donc de vos possession très chers ~

A ces propos, enfin utiles, Jeremiah eu un instant d'espoir, bien vite dissipé pour raccueillir le terrible orage de ses idées sombres. Elizabeth n'avait jamais rien possédé à elle. Tout ce dont elle profitait, habits, lotions, parfums, tout appartenait à lui même. Tant de choses qu'il utilisait pour ses poupées et dont il la faisait profiter. Qu'en aurait-elle fait par elle même, de toute façon ? Si Jeremiah ne prenait pas soin de la vêtir, elle n'aurait sûrement jamais pris la peine de le faire par elle même, quitte à rester nue. A vrai dire, la seule chose qu'elle possédait véritablement était le pendentif en forme de cœur qu'il lui avait donné. Mais cet objet était parti avec sa propriétaire... Quand à ce qui était de cheveux ou de tout autre chose, cela faisait bien trop longtemps désormais qu'Elizabeth avait disparue pour qu'il puisse retrouver quoi que ce soit. A quoi bon cette mystificatrice donnait-elle des espoirs, si ce n'était que pour faire réaliser qu'ils étaient vains ? Voilà qui avait achevé de rendre à Jeremiah son habituelle humeur massacrante. Pourtant, cela ne lui donnait que plus envie encore de retrouver Elizabeth.

-Je n'ai rien...

Un silence plana, Jeremiah ruminant ces mauvaises nouvelles. Il considéra un instant l'idée de faire de Mii une de ses victimes. Il en aurait bien besoin pour le moral, et la femme n'était pas déplaisante. Et au moins lui aurait-elle été utile à quelque chose. Alors qu'il la toisait, leurs regards se croisèrent un instant, et Jeremiah se sentit pénétré par celui de Mii, comme si elle pouvait soudain lire ses intentions. Il se détourna vivement. Peste soit d'elle. Il eu envie de sortir sa dague dissimulée pour l'enfoncer dans la gorge de cette femme. Mais cela, bien que très plaisant, était irraisonnable. Il songea à partir quand soudain il se souvint de l'autre raison de sa présence ici. Il se retourna vers Mii, ses envies meurtrières brièvement disparues.


-Je suis aussi à la recherche d'un objet... Particulier. Une arme, capable de porter des coups mortels... Sans pour autant tuer.


Une demande qui pouvait être étrange de la part de Jeremiah, autant que de tout autre personne d'ailleurs. Mais il avait sa petite idée derrière la tête en cherchant cet objet mystérieux... De toute façon, qui pouvait lui reprocher de vouloir ne pas tuer ?... Du moins pas tout de suite...
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MessageSujet: Re: Derrière la fumée, se cache un petit coeur d'argent [pv Jeremiah][Terminé]   Jeu 3 Avr 2014 - 21:35
Le vide est comblé. D’un intérêt futile et éphémère, aussi futile et éphémère qu’un papillon. Mais cet homme n’est qu’un roc, une immense pièce de granite, qui pourtant à l’intérieur de lui-même demeure complètement creux. Alors cet intérêt qu’il manifesta aux dernières paroles de Mii, celle-ci le senti immédiatement. Oh elle aurait aimé user de cet intérêt, pourtant il disparut en un battement d’aile, vite submergé par quelque chose de plus sombre. L’unique nuance de gris, que le visiteur avait jusqu’alors toujours présenté, s’assombri pour devenir noir.

De sombres desseins s’insinuaient en lui, lentement, comme un serpent. Cet homme n’était pas toujours vide, parfois le temps passant, rendait changeant, même les êtres semblant dénué d’émotions. Et chez celui-là, quelques minutes de trop passé à bavasser semblaient le plonger dans une colère noire. En d’autres jours, Soleyl se serait surement amusé à parler encore plus que d’habitude, pour le seul plaisir de faire monter cette rage, jusqu’à ce qu’elle comble les moindres parcelles de son être. Mais jouer avec le feu, elle l’avait déjà fait, une autre brulure serait fatale, c’est pourquoi elle se contenta de laisser la fumée se dissiper, aussi bien dans la pièce, qu’entre elle-même et son client, afin qu’il n’y est pas d’autre brasier risquant de la blesser.
La chenille écouta avec toute l’attention dont elle était capable - et c’était bien peu -, la demande de l’homme :

- Je suis aussi à la recherche d'un objet... Particulier. Une arme, capable de porter des coups mortels... Sans pour autant tuer.

Quoi ? Et que faisait-il de sa proposition précédente. Mentalement, la Caterpillar se repassa en arrière, le film de la conversation précédente. Qu’avait-il répondu à sa proposition ? Surement du négatif, sinon il ne se serait surement pas lancé dans une nouvelle demande. Mii avait écouté distraitement, voire pas du tout, concentrée qu’elle était sur ce vide qui se comblait, et ces mains creuses, qui pouvaient faire jaillir du manteau, une corde, un couteau, un poignard. Tout ce qui avait le don de vous rendre vide de vie, et de combler de plaisir celui qui actionnait ces outils.

La chenille en était persuadée, cette personne n’avait rien de recommandable. Une âme grise en errance, laissons la passer, avant qu’elle ne se teinte de noire. Et justement, Soleyl laissa passer un moment de silence, durant lequel, elle inspira une nouvelle rasade de tabac, qu’elle recracha doucement dans un filet de fumée gris. Dans cette manœuvre, la vendeuse prit soin d’éviter le client. Tant d’efforts, il avait intérêt à la rémunérer correctement au moins !
Dans un froissement de tissu, la Caterpillar se déplaça en passant devant l’homme pour rejoindre le fond de sa boutique, laissant trainer sa robe orientale sur le sol.

-Je vais voir ce que je peux faire, attendez-ici.


Silencieusement, ce qui tenait du miracle tant les tapis étaient encombrés, la chenille disparue derrière les rideaux du fond. La fumée grise et les volants de ses vêtements, lui donnait une attitude spectrale. Si cela continuait, qu’elle ne trouvait pas un moyen rapidement de retrouver la santé, c’est bien à un véritable fantôme auquel Soleyl ressemblerait.
Arrivée près d’un empilement de coffre et de caisse en bois, la vendeuse se stoppa et balaya l’ensemble du regard.

-Oui cela devrait convenir…murmura-t-elle.

Mii attira près d’elle une petite caisse de bois où il était inscrit « fragile », et se hissa dessus. Ainsi, la femme-chenille pouvait mieux atteindre un coffret qui se situait tout en haut de la pile de malles et de coffres. Ses pieds nus retrouvèrent le contact du sol, et elle fit le chemin du retour, un coffret bariolé de torsades noires et blanches entre ses mains.

Arrivé en face de l’homme, la main blanche caressa la surface en bois, faisant voler un peu de poussière au passage. C’était vraiment du bel ouvrage. La vendeuse fit jouer les gonds du coffret qui s’ouvrirent dans un râle faible. A l’intérieur, il y avait plusieurs plantes séchées, prisonnières entre des plaques de verre. Soleyl les poussa sur les côtés, et plongea sa main au fond de la boite et en ressorti une longue dague, prisonnière d’un fourreau de cuire aux même motifs que ceux du coffret. Elle posa la boite sur le comptoir derrière, et sorti la dague du fourreau. La lame semblait tout à fait ordinaire, quoi que très pointue. Tout en haut était gravée une croix catholique, à laquelle pendait une goutte d’eau. Vraiment un très bel ouvrage. Mii aurait pu passer des heures à compter l’histoire de cette dague. Oh ce n’était pas un objet unique, elle en possédait bien d’autres dans sa boutique. Ces dagues avaient des propriétés bien particulières, plongé dans un liquide, elles en absorbaient les propriétés pour toujours. Cette dague-là avait été enduite d’eau bénite, celle de Queer Tale, qui soigne les blessures. Ainsi, c’était une lame, à double tranchant. L’un blessait et l’autre soignait, ça en revanche, elle pouvait l’expliquer à son client sans le faire déborder de rage :

-Cela devrait vous convenir, d’une façon astucieuse, la lame de cette dague, blesse comme toutes les autres, mais elle soigne en même temps, même en cas de coup mortel.


Elle la tendit à l’homme ainsi que le fourreau, et recula d’un pas pour qu’il puisse apprécier la qualité de son arme, mais aussi pour se ménager une distance de sécurité, au cas où il aurait aimé tester son acquisition. La chenille ajouta :

-Bien entendu, la douleur, elle, se fait parfaitement ressentir, comme avec une dague ordinaire.

Son dernier mot se perdit dans un long souffle de fumée. Durant le temps où l’homme examina la dague, Soleyl se vida de son souffle, sans chercher à le reprendre, pour fixer son attention sur les mouvements de l’homme. Pour deviner quand ce regard transparent se remplierait de pulsion violente. La Caterpillar était parfaitement immobile, laissant une araignée noire, lui courir tout le long du bras. Ne pas trembler, même si le silence fait monter la tension.
Finalement l’homme la regarda, ce contact visuel rempli à nouveau les poumons de Mii, et lui donna la force de parler à nouveau, de choses qui peuvent fâcher :

-Cela vous fera 25 Vincents.

Avant que l’homme n’est prononcé un mot, elle enchainé, assez rapidement, par rapport à l’ordinaire :

-Mais le prix peut augmenter, car je maintiens mon offre, je peux retrouver l’une de ses deux personnes, celle à qui vous tenez le plus, ce ne sera pas précis sans objet lui appartenant, mais je peux au moins vous la situer.

Ne t’envole pas trop loin, reviens petit papillon égaré, il y a une chrysalide vide qui veut te retrouver. Serait-ce pour combler son manque de violence ? Ou un tout autre sentiment dont il semble incapable ?

-Alors ?

[hors rp: J'ai honte cette réponse est vraiment nulle !!!]
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MessageSujet: Re: Derrière la fumée, se cache un petit coeur d'argent [pv Jeremiah][Terminé]   Mar 22 Avr 2014 - 23:00
-Je vais voir ce que je peux faire, attendez ici.

Mii s'en alla, en silence, dans ce qui semblait être l'arrière boutique. Ce qui était un soulagement pour Jeremiah. Il souhaita qu'elle n'en revienne jamais, bien que cela eu joué contre lui. Décidément, elle qu'il pensait pouvoir supporter sans un mal trop lourd, ne faisait que l'énerver de plus en plus avec le temps. Elle avait passé une bonne minute à l'observer dans les détails. Même alors qu'il se retournait, il sentait la brûlure de ses yeux sur sa nuque. Elle avait même croisé son regard. Et Jeremiah avait l'étrange impression qu'elle pouvait, de cette façon, observer ses pensées elles-même. Ce qui, bien sur, ne faisait qu'assombrir encore plus son cœur, si tant est qu'il en eu encore un. Il avait voulu la gifler plus d'une fois, ôter ce regard introspecteur à coups de poing, écraser son visage jusqu'à ce qu'il ne soit que bouillie. Pourtant, il le savait, s'il devait s'en prendre à elle, il prendrait le soin de laisser son corps intact. Après tout, elle pouvait trouver sa place dans sa collection de poupée. Même si, n'étant pas non plus spécialement à son goût, il la laisserait sûrement de côté.

Mais déjà la concernée s'en revenait, cette fois ci plongée dans l'admiration de la boite qu'elle tenait. Toutes ces divagations avaient permises à Jeremiah d'oublier un peu de sa colère. Aussi la boutiquière, qui semblait s'être désintéressée de lui, ne s'attirait plus de foudres aussi noires qu'un instant avant. Lui même porta son intention sur l'objet, dans l'attente de quelque chose qui, peut-être enfin, ne le désappointerait pas.

Il ne le fut pas quand Mii sortit la dague de la boîte. Il n'accordait aucune importance aux ornementations ou toute autre futilité. Mais il sut en voyant la lame que cette arme était réellement dangereuse. Couper des chairs ne devrait pas poser problème avec cet instrument. Ou du moins, les planter. La longueur de la lame, en plus de sa pointe aiguisée, la rendait prédestinée pour ce but. Et malgré tout elle était assez fine pour pouvoir se dissimuler à la place de celle qu'il possédait déjà. Voilà qui pour une fois commençait bien. Toutefois, il fallait attendre d'en savoir plus sur les propriétés de cet objet avant de pouvoir se réjouir.

-Cela devrait vous convenir, d’une façon astucieuse, la lame de cette dague, blesse comme toutes les autres, mais elle soigne en même temps, même en cas de coup mortel.

Intéressant. Très intéressant. Oui, c'était cela, exactement cela qu'il voulait. Il pris la dague, que lui tendait Mii, tout en prenant soin de ne pas la toucher elle. Il la soupesa, testa sa poigne sur l'arme. Seule une crainte pouvait rester.

-Bien entendu, la douleur, elle, se fait parfaitement ressentir, comme avec une dague ordinaire.

Non, il n'y avait plus de crainte. C'était parfait. Voilà l'outil qu'il voulait. Pouvoir tuer à volonté plusieurs fois une même personne. Lui planter un couteau dans le cœur, lentement, la laisser tomber à terre, puis qu'elle baigne dans son sang, immobile. Et pouvoir recommencer une heure après. Pouvoir profiter du contact tranchant de la lame sur le corps, et toujours avoir des parties intactes où laisser glisser l'arme à nouveau. Et tout cela avec la douleur, toujours, infinie, qu'auront ses victimes. Qu'ils souffrent, encore et encore, sans pouvoir mourir, jusqu'à ce qu'ils supplient d'être tués définitivement. Et les martyriser encore. Jusqu'à, peut être, que ce soient leurs âmes elles-même qui meurent. Où jusqu'à ce que Jeremiah se décide enfin à jouir entièrement du crime. C'était parfait. Parfait.

Il jubila intérieurement quelques instant, sans en laisser rien paraître dans son regard. Et puis il reporta son intention sur la personne forcément exécrable qui lui faisait face. Pour sur, elle ne le laisserait pas repartir ainsi avec l'objet. Il fallait bien que cette commerçante crache son prix vulgaire. Qu'elle le fasse payer. Jeremiah avait horreur des histoires d'argent. Car tout tournait toujours autour de ça, et que ce n'était qu'une préoccupation purement humaine. Pourtant, lui plus que tout autre, en avait besoin pour son confort. Énervant. Cela était purement énervant.

-Cela vous fera 25 Vincents.

Avant même qu'il ne put la maudire, Mii enchaînât :

-Mais le prix peut augmenter, car je maintiens mon offre, je peux retrouver l’une de ses deux personnes, celle à qui vous tenez le plus, ce ne sera pas précis sans objet lui appartenant, mais je peux au moins vous la situer.

Vraiment ? Vraiment ? Ne pouvait-elle le dire plus tôt, cette souillon, cette catin, cette sa... Non, du calme. IDIOTE. Du calme. Sale petite... Non, du calme. Elizabeth. Elle pouvait la situer. Qu'elle le fasse, alors !

-Alors ?

-Alors retrouvez là.

La réponse avait fusée, froide et implacable, laissant pour une fois paraître l'agitation qui régnait en Jeremiah. Il chercha l'image d'Elizabeth, qui avait été négligemment posée sur le comptoir. Il la saisit et la brandit en face de Mii, sur laquelle il avait bien envie de tester sa dernière acquisition. Après tout, si la dague était fidèle à ce qu'en disait la marchande, elle ne pourrait pas en mourir. Jeremiah la serrait si fort que ces doigts auraient du blanchir... S'ils n'étaient pas déjà d'une pâleur extrême. Il reposa la photo sur le comptoir, engaina sa nouvelle arme, qu'il rangea dans sa veste. Et il en sortir une bourse pleine de quelques dizaines de vincents, qu'il faillit jeter en pleine figure à Mii. Mais il se contenta de la poser rageusement à côté de la photo.

-Alors ? Retrouvez là !

Il avait prononcé ces mots rapidement, en serrant les dents, ce qui lui fit se rendre compte à quel point son état se laissait transparaître. Un espoir si soudain, après qu'il ait été brisé. Pourquoi avait-elle démentit pouvoir la retrouver ? Peu importait la façon dont Jeremiah avait pu interpréter les choses. Pour lui tout n'était que de la faute de Mii. Et sous le coup de cette émotion soudaine et violente, toute la démesure de sa haine se faisait ressentir. Un rien manquât pour que le coup partit. Pourtant Jeremiah se ressaisit. En un instant son visage se recomposa pour redevenir la masque de neutralité qu'il arborait toujours en public. Ses doigts se décrispèrent. Seule une flamme, dans son regard, subsista, signifiant toute sa volonté, et son impatience, à ce que Mii révèle cette information primordiale. Il devait retrouver Elizabeth. Il le devait.

Allez ! Qu'attends-tu, misérable insecte ? Crache tes propos, Dis les !
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MessageSujet: Re: Derrière la fumée, se cache un petit coeur d'argent [pv Jeremiah][Terminé]   Mar 29 Avr 2014 - 17:48
Finalement Mii s'était un peu trompée. Ce n'était pas une chrysalide totalement vide qui lui faisait face, non pas tout à fait. Un insecte attendait à l'intérieur, prêt à déployer des ailes aux motifs sanglants. Un vilain papillon noir, qui attendait le bon moment pour crever sa prison et révéler sa vraie nature, une nature meurtrière.
Ça, la chenille venait de le constater, à peine avait-elle achevée sa dernière phrase, qu'aussitôt dans un élan soudain, le client se mua en colère pure. Cette émotion semblait emplir chaque parcelle de son corps, comme si il n'y avait rien eu d'autre. La rage faisait vibrer son corps et l'animait entièrement, rien d'autre ne filtrait à part cela, si ce n'est que de l'impatience.

-Alors retrouvez là.


Soleyl était désemparée, ses yeux étaient absorbés par la contemplation de cet être à la nature si indéfinie. Un grand vide qui se remplissait du rouge de la colère de temps en temps, mais n'abritait pas celui du sang en apparence. Mais de quoi était-il donc fait ? Serait-ce un fantôme, un mage doué d'un pouvoir étrange ? La question lui brulait les lèvres, mais les choses pour le moment étaient telles, que la chenille jugea préférable de ne rien demander. Après tout, les secrets dévoilés peuvent semer la mort, et elle n'avait pas survécut au client précédent pour mourir des mains de celui-ci.

-Alors ? Retrouvez là !

Il lui avait brandit le dessin de la jeune fille, et sa phrase répétée sonnait comme un ordre ultime, un dernier avertissement avant...avant quelque chose qu'il n'est pas préférable de connaitre. En tout cas ce n'était pas le dessin que Soleyl fixait à ce moment mais toujours l'individu si étrange. Le visage de celui-ci se décrispa, le corps se vidait de sa colère, redevenant creux à nouveau. Les yeux de Soleyl s'éclairèrent un instant d'une teinte rouge, puis redevinrent de la teinte bleu métallique qu'elle avait au départ. Des iris noyées dans un regard vide de vie. Puis elle se saisit de l'esquisse, recula jusqu'au comptoir enseveli sous des dizaines de documents manuscrit, et attrapa un rouleau jaunis qu'elle étala.
C'était une carte de Queer Tale, aussi récente que possible. Procéder à un rituel de localisation nécessitait, bien entendu, toujours une carte. Dans le cas présent, sans objet de la personne à localiser, la manœuvre était extrêmement éprouvante et extrêmement difficile. Cela ne lui plaisait pas de réaliser cela, mais après tout, Mii l'avait cherchée. Toujours avide de gain. Enroulé dans la carte, il y avait une sorte de petit pendentif, représentant une rose des vents aux terminaisons très pointues. L'objet était accroché à une chaîne d'argent. La chenille le prit en main, posa le dessin sur un coin de la carte bien en évidence, puis s'adressa au client:

-Je ne vous demanderais qu'une chose, pour que ça réussisse, vous devez penser à elle, vous n'avez qu'à appeler son nom dans votre esprit, je me charge du reste, soyez patient...

Les yeux de la vendeuse se baissèrent sur la carte. Sa pipe ne fumait plus, elle la rangea dans un plis de sa robe. Approchant sa main libre du médaillon, elle se piqua le doigt sur la branche nord de la rose des vents où était accrochée la chaine. Une goutte de sang perla sur l'objet, puis fut aussitôt aspirée, comme si la pointe l'avait bue. Soleyl, tenant la rose par la chaîne, l'éleva au dessus de la carte et la fit se balancer. Ses yeux étaient à présent clos, et si on ignorait le balancement du médaillon, son corps était parfaitement immobile. C'est dans cette posture que la chenille passa les premières trente secondes. Puis ses lèvres s'animèrent également, elles récitaient à voix basse des mots semblant venir d'une autre langue. Les syllabes s'enchaînaient, s'allongeaient pour être correctement prononcées, elles avaient une teinte exotiques.

Les secondes se muèrent en minutes, le balancement régulier du médaillon venait rythmer le temps passant. Soleyl récitait toujours quelque chose entre ses lèvres. Puis soudainement, le médaillon se balança de moins en moins vite, à la place il se mit à tourner sur lui même, pourtant la main de la vendeuse n'exerçait aucun mouvements pour l'influencer. Une minute supplémentaire s'écoula, au bout de la branche sud de la rose des vents, celle du bas, une goutte de sang apparut, accrochée. La perle écarlate se détacha et vint éclater sur la carte de Queer Tale. Enfin la Caterpillar pu ouvrir les yeux. Elle posa le médaillon et se pencha sur la tâche rouge. La goutte de sang avait atterrit sur Nobody Island, plus précisément, sur l'emplacement du Dernier Village. Epuisée Soleyl s'adressa au client sans même le regarder:

-Elle se trouve au Dernier Village, sur Nobody Island, je ne peux pas être plus précise.


Sans attendre de réponse de la part de l'homme, elle se saisit de la bourse d'argent qu'il lui avait nonchalamment donné. Mii commença à en extraire les pièces, puis quand elle fut satisfaite, lui rendit la bourse. Elle lui avait prit 28 Vincents.

-Ce sera tout ?

Soleyl l'espérait. Voir cette âme grise s'en aller était désormais son souhait le plus chère, devant celui de connaitre la nature de son client. Toujours indéterminée, mais une certitude était acquise. Cet homme était vide, au sens propre, elle ne savait comment et aurais bien aimée le découvrir. Mais au diable tout cela, la fatigue était trop forte désormais, ses paupières étaient lourdes de sommeil, et ses blessures chargées de douleur. Envole toi vite papillon cendré, et laisse moi en paix ~
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MessageSujet: Re: Derrière la fumée, se cache un petit coeur d'argent [pv Jeremiah][Terminé]   Dim 27 Juil 2014 - 23:37
Deux grands yeux vides. Une silhouette immobile. Telle un corps figé par la mort dans une position quelconque. Et pourtant, en tendant l'oreille, en s'approchant tout près de sa bouche, on pouvait entendre le faible son d'une respiration. Elizabeth. Une femme sans âme, ou si bien cachée qu'on ne pouvait la discerner. Un être inutile en somme. Rien qu'une marionnette aux fils cassés. Pas même toujours capable d'obéir aux ordres. Un poids mort. Une victime attendant l'heure de sa mort définitive. Elizabeth. Une personne dont aucun homme ne voudrait, ni ne nécessiterais la présence. Il fallait bien alors ne pas être un homme, pour vouloir à tout prix la retrouver. Elizabeth. Un simple nom qui hantait Jeremiah. La seule personne qu'il pouvait apprécier sans que son cœur ait cessé de battre.

A présent ce n'était plus qu'une question de secondes, avant qu'il ne sache enfin. Quelques secondes qu'il aurait voulu tuer, si cela était possible, pour qu'elles ne se dressent plus entre lui, et la réponse qu'il attendait. A présent, il trépignait d'impatience. Et comme sous chaque excès de sentiments, il voulait s'en débarrasser par le soulagement qu'était sa propre violence. Frapper, planter, trancher, laisser couler le sang, pour que son âme, s'il en avait encore une, s'apaise enfin. Et puis, continuer.
Mais comme toujours en public, il ne pouvait se permettre un tel comportement. Il devait le contenir. L'emmagasiner. Jusqu'à être prêt à éclater. Alors, quand il pourrait enfin, il laisserait tout sortir. Et quelqu'un en paierait forcément le prix.

C'est dans cet état d'esprit que Jeremiah attendait, impatient. Ce n'était que le temps que Mii réunisse le peu de matériel nécessaire : une carte et une sorte de pendentif étrange. Pourtant cela avait suffit à exaspérer un peu plus Jeremiah.

-Je ne vous demanderais qu'une chose, pour que ça réussisse, vous devez penser à elle, vous n'avez qu'à appeler son nom dans votre esprit, je me charge du reste, soyez patient...

Elizabeth. L’appeler était devenu une habitude pour Jeremiah, que ce soit en pensée ou en murmure. Parfois, quand il se surprenait à parler, seul, il avait l'impression de s'adresser à elle. Mais il n'y avait nul autre personne que celles, mortes, de sa collection. Alors il continuait son occupation, comme si de rien n'était, ou s'en allait voir l'une de ses silencieuses compagnes. Elizabeth. Il ne savait dire même en quoi il pouvait tant tenir à elle. Elle était pour lui la création parfaite, la meilleure, et de loin, de ses poupées. Et pourtant il n'avait jamais abusé d'elle, d'aucune façon, et ce quand bien même elle n'aurait pu résister. Il l'avait considéré d'une façon presque religieuse.
Mais tout cela, Jeremiah le chassait de son esprit. Il ne voulait pas y penser. Elizabeth. Elle n'était que la plus précieuse de ses possessions, et il voulait la retrouver.

Une éternité sembla passer pour Jeremiah, dont l'esprit concentré sur Elizabeth n'oubliait pas son impatience. Enfin, un résultat sembla apparaître, sous la forme d'une tâche de sang sur une carte, dont il s'empressa de regarder l'emplacement.

-Elle se trouve au Dernier Village, sur Nobody Island, je ne peux pas être plus précise.

Pourquoi parlait-elle encore, si c'était pour dire ce genre de futilité ? Il avait bien vu l'endroit indiqué. Nobody Island ! S'il y avait bien un endroit reculé dans Queer Tales, c'était celui là. Il maugréait déjà à l'idée d'un si long voyage. Pourtant, lui même ne pouvait s'empêcher de ressentir de la joie en cet instant. Il avait enfin, après tant de temps, l'information qu'il voulait. Une fois arrivé sur cette île, rien ne serait plus simple que de remettre la main sur Elizabeth. Elle n'aurait nul part où se perdre où il ne pourrait la retrouver. Sous l'effet de cette nouvelle, même le visage de Jeremiah laissa échapper un sourire qui n'était désagréable, peu habitué qu'il était à cacher ces sentiments là. Pourtant, il ne lui vint même pas à l'esprit de remercier en quoi que ce soit Mii. Il l'avait en l'instant totalement sorti de ses pensées, ce qui était pour le mieux. Elle y revint pourtant bien trop vite.

-Ce sera tout ?

La commerçante avait pris soin de prélever sa paie de la bourse. Jeremiah n'avait même pas regardé combien. Il s'en souciait peu. Bien sur, Mii, elle, avait du y faire bien attention. Voilà bien quelque chose qu'il détestait en elle, cette basse avidité pour l'argent. Il se saisit de sa bourse et la rangea dans sa veste, avant de toiser la grande femme. Elle lui avait, au final, était bien utile. Ce qui ne lui était pas suffisant pour éprouver de la reconnaissance. Il ne fit que hocher la tête d'une façon presque imperceptible en guise de réponse. L'entretient n'avait que trop durer. Il lui fallait retourner chez lui, se calfeutrer, se réconforter, se défouler, peut-être même trouver une nouvelle victime, avant de se préparer à son prochain voyage. Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas fait couler de sang, et il avait une nouvelle arme à tester. Oui, du sang... Une goutte en perlait encore au doigt de Mii, dont elle s'était servi pour retrouver Elizabeth. Le sang, c'était la réponse à tous ses maux... Oui, c'était sur. Il y aurait une nouvelle personne au manoir, aussi tôt que possible. Il ne partirait qu'après en avoir pleinement profité...

Alors, bravant la foule qui l'attendait dehors, et sans un regard pour Mii, Jeremiah quitta la boutique, tel un fantôme qui n'avait hanté ce lieu que pour un temps, et s'en était finalement lassé. Il disparut alors même que la porte se refermait sur un souffle de vent frais.

Serrant le manche de son poignard, que personne ne pouvait voir, ses yeux filaient d'une personne à l'autre. Tout dégoutté et haineux qu'il était alors de ces gens, il guettait, cherchant celui ou celle qui, souffrant, ferait alors son plus grand plaisir.
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Derrière la fumée, se cache un petit coeur d'argent [pv Jeremiah][Terminé]

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