Petit humain, mais qu'as-tu fait ? Ouvrir ce livre, pris de curiosité ! Quelle grave erreur, car dès maintenant, les contes te garderont pour eux !
La seule manière de t'en sortir, c'est de te battre et survivre. [RPG Survival Conte&Humain]

Partagez | 
 

 [/!\] Henry Jekyll [Terminée]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
avatar


Date d'inscription : 04/01/2014
Messages : 29

Still There
Lecteur ou Conte (lequel) ?: Conte
Arme(s): Edward
Un petit mot ?:

MessageSujet: [/!] Henry Jekyll [Terminée]   Sam 4 Jan 2014 - 18:35
/!\Déconseillé aux âmes sensibles et aux plus jeunes /!\



Carte d'identité

Nom : Jekyll
Prénom : Henry
Surnom : /
Sexe : Masculin.
Âge : Trente ans depuis longtemps maintenant.
Origine : Le Monde des Humains, Londres, Angleterre, XIXè siècle (L'étrange cas du docteur Jekyll et de M. Hyde)
Orientation Sexuelle : Qu’est-ce donc que cela ? Est-ce nécessaire ? Hommes, femmes, peu importe l’âge, peu importe la condition, seule compte la jouissance et la possession...

Tout sur votre personnage
Physique :

"La beauté survivait à tout, à l'humiliation, à la contrainte, à la douleur, tant que subsistait une résistance. [...]"

Henning Mankell


Comment définir la Beauté, cette notion tellement subjective que chaque personne en a sa propre vision ? Chaque personne sur cette terre possède son propre idéal, alors est-ce  réellement possible de rassembler toutes ces différences en un seul mot ? Vous me répondrez non, sans aucun doute, mais si je vous disais, moi, que c’était tout à fait admissible, me croiriez-vous ? De nouveau, la réponse serait négative, et pourtant, il me suffirait de vous décrire cet homme pour que vous changiez d’avis. La Beauté semble s’être accrochée à lui pour se personnifier, se dévoiler au monde, sans la moindre censure, dans sa plus simple existence.

Cette incarnation dépasse de peu le mètre quatre-vingt. Mais la taille n’a plus grande importance à partir de cette hauteur critique. Ses épaules carrées ne sont pas surdéveloppées, sans pour autant se trouver trop fines. Les proportions considérées comme parfaites. L’ensemble de son corps semblent répondre à ces critères de perfections. Un peu comme si le nombre d’or avait été créé dans l’attente de le rencontrer. Sa peau elle aussi semble dépourvue de défauts, aucune impureté, rien qui ne puisse ternir son esthétique. Pour la préserver des éléments, il porte de sombres costumes, éclaircis seulement par la présence d’une chemise crème et d’une cravate colorée. La plupart du temps, celle-ci prend la teinte de ses yeux, un bleu nuit dans lequel il est possible de se perdre aussi facilement que dans l’immensité de l’obscurité nocturne. Ceux-ci ne sont pas toujours visibles, dissimulés derrière le voile couleur jais de ses cheveux, assez longs pour protégé sa nuque des méfaits du soleil. Les derniers accessoires composant sa garde-robe sont des gants noirs, des bottines tout aussi sombres ainsi que quelques chapeau sans grande originalité, unis et toujours noirs. Comme si le standing de sa position d’antan, dans ce passé très lointain dont les souvenirs s’effacent, lui est toujours acquis. Ces vêtements sont la seule mémoire qu’il conserve de cette période de sa vie. Tout le reste, il l’a simplement oublié.

A chacune ses apparitions, son visage semble ravir la gent féminine, tout comme cette voix basse mais si douce qu’il utilise. Oh, tout ceci ne laisse pas les hommes indifférents, même si ces derniers n’éprouvent alors qu’une amère jalousie. Parfois, alors que se dévoilent ses fines lèvres et ce nez discret, un de ces personnages est envahi par la haine. Sentiment sombre, vulgaire mais tellement délivrant. Laisser échapper chaque contrariété, la jeter au visage de la dernière en date pour le défigurer, le faire souffrir, encore et toujours jusqu’à l’entendre gémir, la voix déformer par la peur, son arrogance effacée derrière l’odeur d’urine qu’il n’a pu contenir. Oui, humilier contente la haine. Et voilà ce qu’ils essaient de faire le soir venu, lorsque le dandy quitte la pièce. Ils le prennent à partie. Dans cette ruelle baignée par la pénombre, ils le suivent donc, comme certaines femmes avant eux, mais alors leur vue semble se troubler. Les contours si agréables du corps qu’ils filent se troublent et tombent dans l’ombre...


[...]"La résignation, elle, entraînait la laideur, le tassement, le délabrement mortel."

Henning Mankell


Son esprit se résigne et ne peut empêcher cette transformation. En a-t-il seulement envie ? Cette sensation de délivrance qui s’empare de lui dans ces moments... Mais vous le comprendrez plus tard. Les genoux contre le sol, salissant ses vêtements impeccables, il subit cette douleur sans une plainte. Bientôt, très bientôt, il pourra la chasser, mais avant ça... Les traits si fins de son visage semblent se dessiner de manière plus grossière, sa peau douce se couvre d’imperfections. Sa chevelure elle-même se défait, laissant place à de longues mèches grasses tombant sans ordre sur ses épaules. Seule la couleur de ses yeux ne semble pas perturber par ces changements. Pourtant, ce regard nocturne a pris la couleur de la glace et le vice l’éclaire sans retenue.

Puis tout s’arrête. Un soupir rauque s’échappe de cette bouche devenue si laide. La silhouette qui se relève alors n’a plus le moindre point commun avec la précédente. Petite, mais aussi beaucoup plus charpentée, bien trop large pour pouvoir être belle. Sans grandeur, elle semble posséder une puissance à l’état brute, capable de briser n’importe quel objet par la puissance de ces mains trop grosses pour pouvoir appartenir à ce corps. Devant ce qu’ils considèrent comme une monstruosité flottant dans des vêtements bien trop amples, leur première réaction est le recul. Un pas. Le temps de se ressaisir, de calmer leurs sens, et ils retrouvent leur aplomb bourgeois. Ils prennent alors leur voix hautaine, dégoûtés du spectacle désolant auxquels ils assistent.

« Auriez-vous vu passer un homme par ici, il y a quelques minutes ? »

Cette réplique, toujours la même à quelques différences de langages près, fait sourire l’étrange individu. Ce rictus étire ses lèvres pour dévoiler des dents mal ordonnées, parfois même cassées, et d’une couleur jaunâtre. A nouveau, les riches reculent avant de retrouver son assurance. Le monstre avance alors, boitant à moitié, manquant de trébucher en se prenant dans ce pantalon qui est bien trop grand pour lui. Arrivé à moins d’un bras de distance de ces braves bourgeois, il leur fait signe de se baisser pour leur confier à l’oreille ce qu’il sait. Les hommes répugnent d’abord avant de se laisser convaincre. Si c’est nécessaire pour se venger de cet insolent, tout sacrifice est possible. Ils plient alors l’échine pour se mettre à son niveau, goutant alors l’odeur âcre de la transpiration, mais là n’est pas le plus dur pour eux, car quand il ouvre la bouche, la pestilence ne fait que croitre. Ils retiennent un haut-le-cœur tandis qu’imperturbable leur interlocuteur leur répond d’une voix rocailleuse.

« Il se trouve en face de vous... »

Pas le temps de se remettre de leur surprise, le genou noueux de ce cauchemar vient briser le leur dans un craquement sinistre. Ils tentent de crier, mais leur gorge est soudain broyée par la puissance de ces mains disproportionnées. L’horreur teinte leurs traits mais ils ne peuvent rien faire. Leurs bras s’agitent, fouettent l’air, griffent, mais n’ont aucun effet. Cette boule de chair informe qui les assaille ne se préoccupe aucunement de ces coups désespérés. Au contraire, il rit. Un rire affreux, où l’amusement n’a d’amour que pour la torture. Ce corps sans talents jouit de la situation, parfois dans un sens inavouable. Mais qu’importe ! Lui, l’immonde, le disgracieux, peut s’approprier toute chose, le prendre autant de fois qu’il le souhaite, sans prendre en compte cette vie qui s’éteint, qui s’est éteinte...

Ses méfaits accomplis, il titube. Son équilibre se brise. Maudite transformation, prévisible, mais qui arrive toujours trop tôt. De ruelles désertes en ruelles désertes, il rejoint un sanctuaire. Un lieu qu’il conserve pour ces moments délicats où sa faiblesse est bien trop visible. Là il se terre, souffrant en silence de cette croissance accéléré jusqu’à retrouver la Beauté. Parce que son corps n’est rien sans elle, mais qu’en compensation, la Laideur elle aussi l’habite...


Caractère :

"C'est important de savoir que notre laideur, quelle qu'elle soit, cache une certaine beauté."

Jean Grégor


Lorsque vous le voyez, vous ne pouvez résister. Cet homme est si bon. Distant mais toujours avec un petit mot attentionné, un brin d’humour léger. Tout son corps semble exhaler une pureté et une douceur inimaginable. D’un sourire, il vous conquiert. Vous vous demandez comment on peut être si bienveillant sans parvenir à imaginer la réalité. L’hypocrisie ne vous parait pas possible. Son jeu d’acteur est trop bien ficelé. Malheureusement, toutes ces bonnes attentions ne sont que fictives. Une nécessité pour rester en vie, rester libre. Si l’on découvrait ce qui se trame dans ce si joli crâne, sa place ne serait plus parmi la population, mais derrière quatre murs dépourvus de fenêtres. C’est dans ces pièces que sont emprisonnés le Mal et ses Vices, aberrations insupportables... Puisque ce sont bien eux qui pourrissent au sein de cet être à l’apparence si parfaite. Ils n’ont de cesse d’empoisonner son esprit. Oh cela ne le gêne pas outre mesure, ces pensées malsaines l’amusent mais il sait que dévoiler au grand jour, elles seraient rejetées par cette conscience morale absurde que lui-même possède.

Après tout, qui pourrait voir en ces plaies béantes la moindre sensualité ? Chaque patient qu’il soigne, parfois blessé par un animal enragé, n’est pour lui que le visionnage d’une douce pornographie. Le sang, cette chair à l’état brute qu’il est possible d’effleurer à main nue. Comment ne pas y percevoir de l’érotisme ? Alors tout le monde est à égalité, ces lésions n’ont aucun sexe ni même d’âge. Ce ne sont que des zones de jouissance... Parfois sa curiosité est trop grande et ses doigts effleurent cette zone à vif, faisant réagir son corps avec délice. Les patients se plaignent mais il peut répondre avec l’arrogance du médecin. Lui possède le savoir, les connaissances pour guérir ces blessures, alors qu’est-ce que cette légère douleur si cela lui permet d’évaluer sa gravité, de comprendre comment la guérir. A cet instant, ces imbéciles se taisent ! Ils ne peuvent mettre en doute cette parole... Pas celle d’un homme si extraordinaire qui ne froncerait pas les sourcils à moins que ce ne soit strictement nécessaire.

Henry bouillonne. Jour après jour, il supporte cette vie où il ne peut exprimer ce qu’il ressent de peur d’effrayer. Imaginer sa joie en découvrant cet étrange cocktail. Finie l’inimité devant ses pensées refoulées. Elles peuvent enfin s’exprimer dans la monstruosité de cet être sans retenue. Tous ces désirs les plus fous sont assouvis sans tâcher sa coquille si pure qu’il entretient. Peu lui importe l’esprit, tant que reste les apparences... Et sous cette nouvelle forme, plus rien ne le retient. Sa prétention n’a plus la moindre limite. Sa perversion n’est que la continuité de sa générosité première. Après tout, même sous cette seconde forme, il offre sans rien demander en échange. Que pourraient-ils lui donner de plus ? Assouvir est une récompense suffisante...


"Do what you what you want, ‘till you find what you’re looking for."

Evanescence


Lui offrir le bénéfice du doute en lui attribuant deux personnalités distinctes serait une douce hérésie. La différence de comportement ne peut être manquée, flagrante et dichotomique. Et pourtant, ce ne sont pas deux entités qui partagent ce corps, ou pas exactement. Ces deux facettes antinomiques sont une seule et même personne. Cette idée vous est difficile à supporter ? Malheureusement, ce n’est que la triste vérité. L’unique point les opposant se trouve être la morale, la conscience. Quand la Laideur fait son apparition, rien d’autre n’a d’importance que ses envies, ses pulsions, sa soif viciée... Le Bien et le Mal se confondent en un concept sans frontière embrassant chaque acte sans classement. Blesser, tuer, profiter d’une candeur excessive, pervertir, détruire, aliéner... Quelle importance tant que cela sert ses intérêts ?

Seulement, derrière cette Laideur plane la Beauté. Mais ne croyez pas qu’elle vous sauvera. Oubliez cette pensée naïve. Ces actes que vous subissez ne sont pas de sa faute, alors pourquoi devrait-elle s’en soucier ? Sa conscience n’en est pas atteinte puisque ce n’est pas son corps magnifique qui en est la cause. Et puis... Qu’y a-t-il de mal dans ces tableaux créés par cette folie ? Elle ne fait que les admirer, est excitée par ces couleurs chaudes. Mais n’y succombe pas. Ses vices restent cloitrés en son sein, leur horreur ne pouvant être liée à une telle esthétique. Votre seule chance reste le public. Oui, si jamais vous étiez surpris dans votre si pitoyable position, alors elle devrait jouer le jeu. Les apparences, voilà tout ce qui importe. Ses paroles ne sont que mensonges, ses réactions fausses ne sont qu’un masque. L’Enfer est devant vous, deux faces pour un seul esprit...


"En amour, il y en a toujours un qui souffre et l’autre qui s’ennuie."

Honoré de Balzac


C’est sans doute là le dernier point à traiter. Qu’est-ce que l’Amour pour cet étrange individu ? Une couverture, un moyen de s’afficher en temps qu’être normal, sans défaut. Détourner les regards de possibles doutes. S’il aimait une femme, alors il ne serait pas accuser par ses détracteurs et par l’Eglise. Mais quel ennui... Préserver les apparences, être attentionné, romantique pour ne pas faire naître de soupçons. Et si jamais cette comédie devient trop longue, alors il lui suffit de jeter. Cruel, oui, ses partenaires en souffrent, mais préfèreraient elles le voir tel qu’il peut être ? Parfois, l’envie de se dévoiler, de se laisser aller se fait tentante, difficilement maîtrisable, mais il se retient. Ce genre d’incidents pourrait ruiner sa couverture. S’il veut leur montrer, il doit d’abord les meurtrir en les abandonnant. Alors pourquoi soupçonner le responsable de cette rupture ? Il est bien plus facile d’imaginer un nouveau soupirant éconduit.

L’Amour n’est donc rien de plus qu’un sentiment inconnu qui doit être simulé pour survivre. Et si cela lui permet d’assouvir certains besoins avec la Beauté, cela n’a rien de dérageant...

Histoire :

Première partie : A quel âge est-il possible différencier le Bien du Mal ?


La cour du jardin est mon terrain de jeu. Un bac à sable, quelques étendues verdoyantes parsemées d’arbres pour l’ombre... Malheureusement, tout coin de paradis sur terre à ses contreparties. Ici, ce sont les souris. Ou peut-être est-ce que ce sont des mulots, ou encore des musaraignes ? Comment pourrais-je le savoir à seulement sept ans ? Entre nous, c’est une guerre sans fin. Je détruis leur cache dans mon bac tandis qu’elles se dépêchent de miner mon territoire. Finalement, pour ne pas perdre de bataille, je décide de surveiller à longueur de temps ce domaine sur lequel je règne en maitre. Jour après jour, les habitudes des petits mammifères s’ancrent dans mon esprit. Mes parents me laissent faire, après tout, les lubies enfantines sont parfois difficiles à comprendre. Pour mon âge, je suis patient, et pendant une semaine complète, mon observation se poursuit. Ce n’est que le weekend suivant que j’agis.

Les pièges placés la veille se sont refermés sur ces maudits rongeurs. Assis dans le jardin, mon cœur bat la chamade. Enfin, elles vont avoir leur leçon. Je dépose près de moi couteau et ciseaux chipés dans la cuisine quelques minutes plus tôt. Comment procéder ? Mon regard se pose sur ces animaux sans cervelles essayant de fuir, en vain. Cette lâcheté semble faire réagir une part de moi. D’un geste rapide, la paire de lames vient trancher la queue d’une des souris qui se met aussitôt à piailler. Ce son sème la panique parmi mes victimes qui se jettent les unes contre les autres. Comme c’est amusant ! Le sang doucement s’écoule de la plaie. Pas assez vite à mon goût et je décide de lacérer la pauvre bête. Seulement, encore jeune, il est difficile de faire un travail soigneux. L’excitation n’aidant pas, elle meurt trop rapidement. Déçu, je m’empare à nouveau des ciseaux pour retenter l’expérience quand ma mère appelle. Mince... J’avais oublié le départ !

* Tant pis, laisse-les ainsi * me souffle une petite voix dans ma tête. Pourquoi ne pas lui obéir ? N’est-ce pas la même chose que quand mes parents ordonnent ? Je referme donc rapidement le piège et retourne dans la bâtisse, laissant derrière moi les quelques accessoires utilisés. Je pourrais reprendre dès mon retour.

[...]
Jamais weekend ne me parut plus long que celui-ci. Mes mains tremblent d’impatience. Posséder une vie, décider de l’arrêter si nécessaire, la tourmenter, quoi de plus incroyable comme sensation. Je suis tel Dieu, le droit de donner et reprendre m’appartient. Oh que cette sensation est douce. Elle comble chaque parcelle de mon corps d’une infinie tendresse, d’une douceur que j’ai du mal à retrouver dans les étreintes maternelles qui m’avaient toujours paru inégalables jusque-là. Plusieurs fois ils vérifient ma température, pensant que cette agitation est la conséquence d’une fièvre, mais rien. Comment pourraient-ils imaginer ce qui m’arrive ? Comment pourraient-ils comprendre ? Et enfin le moment du retour arrive. A peine sorti de la voiture, je me rue dans le jardin retrouver mes petites victimes.

Le spectacle qui s’offre alors à moi m’effraie. Mes actes ne sont riens, après tout ce ne sont que de vulgaires animaux, mais entre eux... Comment peuvent-ils s’entre-dévorer de la sorte ? Le cadavre laissé quelques jours plus tôt n’est plus qu’un amas de chairs sanguinolentes. L’agitation n’est plus, elles se repaissent de leur congénère, leurs petites moustaches prenant une couleur brune avec le sang séché qui les recouvre. Figé devant cette scène, je mis un moment pour entendre les pas derrière moi. Ai-je crié ? Je ne m’en souviens plus. Mes yeux se posent sur les instruments de mort utilisé le samedi et j’ai juste le temps de les subtiliser à la vue de mon père avant de fondre dans ses bras. Comédie pour ne pas que ce visage soit vu. Bien sûr qu’il y a de l’effroi devant ce cannibalisme inattendu mais ce qui point derrière cela, c’est bien de l’excitation !

Se résoudre à aller si loin pour survivre, si loin pour se débarrasser de ce qui nous dérange...

Quel courage !

Quelle force de résolution !

Perdu dans ces considérations, je ne fais pas attention à ma mère qui prend le relais pendant que mon père débarrasse le jardin de cette nuisance. Je ne lui en veux pas. Même si c’était amusant de jouer avec les souris, celles-ci m’ont ouvert un nouvel horizon. L’être humain pourrait être mon aire de jeu. Moi-aussi je voudrais tester ce cannibalisme. Une fois rentrés, assis sur les genoux maternels me berçant lentement, je faillis m’en ouvrir à eux avant qu’ils ne parlent. Quelle chance... Ils ne disent rien sur mon implication mais m’explique ce comportement. Il n’est pas normal. Ce ne sont que des animaux, il ne faut pas en tenir compte. Nous autres, humains, ne nous abaissons pas à de tels actes. Ne pas se laisser impressionner par tout ça. Continuer à éviter les comportements violents.

Même si me viennent à l’esprit les guerres dont on a parlé en cours où cette horreur est bien présente, j’acquiesce. Evidemment. Que puis-je faire de plus à cet instant ? Seulement, certaines choses se sont brisées en moi ce jour-là qui ne pourront être réparées. Ça ne m’inquiète pas. Il me suffira d’être discret et tout se passera bien. Tant qu’un masque orne mon visage le reste du temps, personne ne devrait s’en rendre compte.

Moi, Henry Jekyll, je vais avancer plus loin que les autres avant moi. Médecine, torture... Quelle différence ? L’une soigne l’autre. Les connaissances nécessaires sont les mêmes. Mon avenir se dessine en même temps que le sourire sur mes lèvres. Ils prennent ça pour un encouragement par rapport au menu du soir. Tant mieux pour moi, tant pis pour eux...


Deuxième partie : La première transformation


Il y a des scènes qui marquent un enfant. Même en ayant atteint l’adolescence, en commençant à vouloir en connaître plus sur la vie, sur la création, sur les relations, surprendre son père avec une domestique en fait partie. Deux corps fondus l’un dans l’autre, la sueur perlant sur leur peau, des grimaces de plaisir marquant leur visage. Mes yeux ne peuvent plus se détacher de ce qui se déroule alors. Cela me répugne, mais pas seulement. De l’excitation. L’Homme dans son attitude la plus bestiale. Quelle différence alors entre nous et un animal ? Pourtant, la sensation qui me reste quand enfin je fuis les lieux, c’est de la haine. L’aversion la plus totale pour cet être abjecte qu’est mon père. Comment peut-il lui faire ça ? Ma mère, cet ange, ce miracle qui prend soin de nous, nous donne  l’amour que l’on souhaite. Même si je conserve en moi cette volonté de torture, de Mal, je peux sentir ce qu’elle a à nous offrir. Mes poings se serrent tandis que je rejoins ma chambre, en claquant la porte avec force pour interrompre cette horreur. Pas précipités. Bien, mais ils paieront.

Ça, je le jure, ils paieront !

Mais patience... Comme avec les rongeurs, il me faut prendre le temps. C’est la première fois depuis ce jour que je prévois à nouveau quelque chose de cet acabit. Mais pas sans aller au bout, non. Ils méritent ce que je prépare, oui, ils le méritent tellement. Quinze minutes plus tard, je descends pour trouver mon père assis dans un fauteuil, journal à la main, tandis que la domestique vaque à ses occupations, poussières, cuisine... Aucun d’entre eux ne semble gêner. Aucun d’entre eux n’a l’impression d’avoir été surpris. L’homme me sourit, me parle, me questionne sur ma journée. Colère et rage s’emparent de moi, mais le masque créé au fil des années ne cède pas. Je souris.

« Très bien, Père. Vous avez fini plus tôt aujourd’hui ? »

Des explications vaseuses s’ensuivent. Plus de clients, une petite toux – qu’il feint d’avoir à ce moment précis – il s’est dit que ce serait mieux de rentrer se reposer. * Se reposer ? Ça ? * Mon esprit bouillonne à cette évocation. Mais je lui assure qu’en effet, c’était préférable avant de retourner à mes leçons. Là, je réfléchis. Il me faut les surprendre à nouveau, être certain des jours où j’aurais une chance de les surprendre. Et alors...

* Et alors quoi ? Que crois-tu pouvoir faire ? * Cette voix, je m’en souviens. C’est déjà elle qui, des années plus tôt, m’avait parlé lorsque se tortillaient des souris sous mes yeux. A cette époque, même si la suite m’avait perturbé, ce fut aussi le début de ma compréhension. Je lui fais donc confiance. Ce qu’elle me dira de faire, je le ferais. * Alors attendons le moment... * Oh oui, avec plaisir, guide-moi. Je veux comprendre ce que tu essaies de m’apprendre. Grandir, atteindre mes objectifs. Qu’importe si pour cela ma famille doit être détruite. Ce père adultère ne mérite pas de nous avoir, ma mère et moi. Nous n’avons pas besoin de lui. Elle m’a moi, ce sera suffisant.

Je remplacerais ce père indigne !

[...]
Deux mois ont passé quand enfin mon plan est établi. Leurs rencontres se font le lundi et le jeudi, à partir de 16h. C’est si simple, il me suffit de quitter les cours plus tôt. Simuler la maladie n’est pas plus dure à faire que le reste de mes fausses émotions. A pas de loup, j’ouvre la porte. La maison semble silencieuse, mais en tendant l’oreille je les perçois. Gémissements étouffés, chairs qui claquent, tels deux animaux, ils ont commencé. Le sourire qui étire mes lèvres est un mélange de dégoût et de soulagement. Bientôt, tout cela sera terminé ! Dans la cuisine, je prends le long couteau que la domestique utilise parfois pour couper les volailles. Puis, mes jambes me guide avec lenteur jusqu’à la chambre dont proviennent ces sons si abjectes. La porte grince lorsque je la pousse et le visage de ces bêtes s’emplit de surprise, avant que ce ne soit la peur qui l’emporte en voyant l’arme que serre ma main. Ils n’ont pas d’autres sorties. Leurs corps s’éloignent, nus, encore suant. L’homme qui m’a engendré essaie de prendre la parole, mais je ne veux rien entendre.

« Continuez, ne vous préoccupez pas de moi... »

Fermeture de la porte, double tour, la salle est prête. La femme tente de se cacher, cherche ses vêtements tandis que l’autre me regarde, les yeux écarquillés, ne cachant même pas cette nudité si gênante. Finalement, elle passe devant moi et je lui colle ma lame sous la gorge avec un rictus carnassier.

« J’ai dit continuez... »

« Sinon quoi ? Tu la tues ? » Rires. Humiliations. Ils ne me prennent pas au sérieux. C’est vrai. Que suis-je ? Ai-je le courage de le faire ? Puis-je me dévoiler ainsi sans détours ? N’est-ce pas trop tôt ? Aide-moi...

* Tes désirs seront exaucés, laisse-toi faire... *

La sensation qui suit semble me déchirer de l’intérieur. J’ai l’impression que mon corps se métamorphose et en regardant mes mains, je les vois rapetisser. Cela m’effraie, mais aussitôt la voix dans ma tête reprend. * Ne t’inquiète pas. Observe juste. Regarde ce que l’on peut faire lorsque l’on tombe les interdits... * Cette idée me fait peur, mais impossible d’empêcher ce qui m’arrive. Mes genoux cèdent et tout mon corps hurle de douleur tandis qu’il rétrécit. Mais les cris qui résonnent proviennent de cette trainée ! Libérée de mon emprise, elle se réfugie dans les bras de mon père. C’est la dernière chose dont je me souvienne. Après cela, j’ai l’impression d’être prisonnier d’une cage sombre où rien ne peut m’atteindre...


Ça y est ! Enfin, il me relâche. La liberté, quelle douce sensation. Mon corps est laid, mais la perversion a un prix. Et puis qu’importe cette amas de chair, la jouissance n’a pas besoin de Beauté pour s’exprimer. Lentement, je me relève pour les observer. L’homme, le père de mon hôte, ne cesse de l’appeler.

« Moi, c’est Edward, vieux déchet. »

Voix rocailleuse, désagréable, qui a le même effet qu’un coup de couteau pour lui. Je souris. Puis, comme Henry avant moi, leur demande de continuer. Leur excitation s’est éteinte, je le vois, mais cela n’est rien. Il refuse, m’appelle à la raison, se rapproche de moi et le premier coup s’envole, déchire la chair, fait gicler le sang dont l’odeur se répand rapidement, métallique. Il plaque aussitôt sa main sur la blessure. Reflexe de médecin sans doute. L’homme appuie tandis que la femme revient. Je lui ordonne sous peine de représailles et elle cède. Oui, enfin. L’humiliation se peint sur leur trait. Mais très vite, l’homme prend plaisir alors de nouveau j’ordonne et les chair claquent. L’excitation devient forte. Je veux participer, m’approche et l’oblige. Il implore de cesser cette mascarade, cette horreur, alors je m’écarte, la laissant souffler tandis que je l’approche lui. La lame siffle et sa gorge s’ouvre, il s’écroule, la piège sous son poids et je le rejoins. Le sang poisse mon corps. La femme hurle mais ne peut rien faire d’autre que subir.

Puis, dans un geste rageur, le couteau vient lui transpercer le ventre sans que cela ne m’arrête. Ses entrailles se répandent sur le sol, mais elle ne meurt pas instantanément. Les larmes ne s’arrêtent plus de couler. Puis vint la jouissance et je me retire de ce corps sans vie. Je finis juste de mettre en scène le crime quand une douloureuse sensation prend possession de moi. La transformation ? Déjà ? Mon corps maculé s’éloigne du centre de la pièce, laissant derrière lui des empreintes. Elles mèneront à la salle de bain, se laver sera le premier réflexe de Henry. Après ça, les traces du meurtrier disparaitront. Et ils ne retrouveront jamais le coupable, il n’existe pas, il n’est qu’un alter-ego une ombre qui surgit parfois...



Lorsque je reprends conscience, la première chose qui me frappe est l’odeur de la pièce. Forte, elle m’attache un haut-le-cœur. Mes paupières s’ouvrent alors sur ce spectacle morbide. Je ravale la bile et me rue dans la salle de bain. Tout mon corps tremble. Est-ce moi ? Est-ce vraiment moi qui en suis le responsable ?

« Non ce n’est pas moi ! »

Ce cri résonne entre les quatre murs. Mes souvenirs sont vierges, mais mon corps, lui, me dit la vérité. Ce sang qui me couvre des pieds à la tête ne peut avoir qu’une unique origine. Qu’ai-je fait ? La voix ne répond pas à cette interrogation silencieuse. Elle n’en a pas besoin. La réponse nait d’elle-même : exactement ce que je voulais faire. Rien de plus. Il a payé. Elle aussi. C’était tout ce que je souhaitais sans avoir le courage de le faire consciemment alors... Alors il est venu à mon secours. Il voudrait que j’élimine les traces maintenant, aussi, mécaniquement, je chauffe de l’eau pour éliminer ce fluide qui brunit ma peau. Après m’être rhabillé, je quitte la maison, tel un zombi pour tomber sur ma mère dans les bras de laquelle je tombe en balbutiant des mots à peine intelligible, laissant simplement résonner « assassin » et « père ».

Le cri qui retentit quelques secondes plus tard me déchire les tympans. Je suis tellement désolé de te blesser, mais il le fallait. C’était un mal nécessaire. Mais désormais, tout ira bien. Je te le promets. Il te le promet aussi, j’en suis certain. Tous deux, nous serons l’homme de ta vie.


Troisième partie : Dépression et tragédie



Pourquoi ? Pourquoi cette réaction, maman ? Je ne comprends pas, cet enfoiré te trompait, il piétinait ta confiance... Tu ne le dis pas, mais cela te rendait malheureuse, non ? Alors pourquoi es-tu si malade de ne plus l’avoir ? Explique-moi, je t’en prie ! Je meurs de te voir ainsi, dépérissant en pensant à la mort de cet homme qui n’avait aucun égard pour toi. Ne te suffis-je pas ? Mon Amour à moi n’est pas assez grand pour soigner tes peines ? Pourquoi ? Je t’aime tellement, ce que je fais l’est uniquement pour toi. Le reste n’a que peu d’importance. Complexe œdipien ? Bien sûr, mais cela ne semble rien changer pour toi. Coquille vide siégeant dans ton fauteuil, tu ne bouges absolument plus, et je souffre de t’observer ainsi. Qu’est devenue la femme magnifique qui vivait ici autrefois ? Cette question me tourmente minute après minute, jusqu’à devenir obnubilant, au point où il me faut me cacher. Pourquoi ? Parce que cette sensation de transformation commence à s’emparer de moi...

Au début, je ne m’en souciais pas, au contraire, cela me permettait de quitter cette vie. Oublier, se perdre dans l’opium de cet être abject qui me remplaçait... A mon réveil toutefois, il y avait parfois des faits étranges qui m’étaient raconté. Et ce n’était pas le pire ! Si sa voix parvenait à m’atteindre lorsque j’étais moi, ce n’était pas mon cas. Il était incontrôlable, une bête immonde, un concentré de ce qui était le plus noir en moi, mais sans les barrières de la morale. Je tentais de lutter contre lui, de l’empêcher de prendre possession de moi dès qu’il le souhaitait, en vain... Cette aberration de Nature était ma création et il ne pourrait mourir tant que je vivrais. Ce constat me glaça et, comme ma mère, je plongeais dans le spleen. Je m’enfermais dans ma chambre avec l’espoir que la clef serait assez bien cachée pour l’empêcher de se montrer. Mais ce fut pire, le temps qu’il perdait à s’échapper l’obligeait à s’attaquer aux domestiques. Violences en tout genre leur étaient infligées et cela me donnait envie de vomir. Oui, j’avais voulu achever ces rongeurs, oui, tuer mon père infidèle était aussi de mon initiative, mais ces actes me semblaient moraux ! Ils avaient cherché ce qui leur arrivait... Seulement là, il n’y avait plus de limites. Il vivait sans contrainte, prenait ce qu’il voulait, il fallait que cela cesse !

Je suis donc allé trouver ma mère. Cette loque sans vie qui siégeant jour après jour dans un fauteuil. A même le sol, je m’assis près d’elle, lui prenant ensuite la main pour attirer son attention. Ses yeux descendent sur moi et cette vision parvient à lui arracher un sourire triste. Mieux que rien, non ? S’il n’est plus là, lui, moi au moins, je ne l’abandonne pas pour une autre. Je commence alors à lui parler. Le monstre en moi essaie de s’y opposer, ne cesse de me dire que ce n’est pas une bonne idée, mais je continue. Le visage pâle et sans expression de ma mère commence à se charger de colère froide. Ses joues rosissent de rage en comprenant ce que j’ai fait, ce qu’il a fait. Elle repousse ma main sans la moindre douceur, se lève et s’éloigne de moi. C’est à ce moment que ses mots giclent hors de sa bouche. Aiguisés, tranchants, ils me transpercent, me blessent, me tuent. Je ne comprends pas. Tout ce qui a été fait était pour la protéger alors pourquoi ? Ses gestes accompagnent alors sa parole, une gifle claque sur ma joue, puis une autre, et encore une... Elle s’acharne sur moi, et cela ne fait que déclencher la transformation. Je n’essaie même pas de l’empêcher, sa réaction m’a chargé de haine et d’incompréhension.

Remarque-t-elle les modifications qui s’opèrent ? Voit-elle seulement à quel point son fils est laid à cet instant ? Comprend elle que ce n’est plus moi qui suis aux commandes désormais ? Cette idée lui parait-elle simplement possible après tout ce que je lui ai dit ? J’ai peur que non... Tout ce qui compte à ses yeux, c’est ce maudit homme qui m’a engendré !

* Alors elle doit mourir, non ? *
« Oui, elle le doit, c’est nécessaire... Elle sera heureuse au moins, peut-être même le retrouvera-t-elle ! »
* Tu te libèreras de son emprise... *
« Et je te comprendrais ? »
* Bien sûr ! *
« Alors je pourrais te parler, moi aussi ? »
* Exactement. *

Ce dialogue avec moi-même la fait hésiter un instant. La voix qui sort de ma bouche est étrange. Ce n’est plus celle si belle à laquelle elle est habituée, mais ce n’est pas encore l’horrible son rocailleux de mon alter-ego. La métamorphose s’opère et je commence à comprendre pourquoi certains disent qu’amour et haine sont les mêmes sentiments : ils sont si proches ! Dans les deux cas, un être s’impose à nous à chaque instant.

* Alors vas-y Edward. Sors là de ma vie, fais la quitter mon esprit... La mort est un bon remède, non ? Même si cela prend du temps, l’oubli l’accompagne toujours. *
« A vos ordres, mon cher maître. »

Cette réplique la laisse perplexe. Comme je la comprends... Pauvre femme ! Elle n’a fait que précipiter sa chute. Pour se reprendre, elle tente de me gifler une nouvelle fois. J’arrête sa main, attrapant son poignet avec la force qui est mienne. Cela la surprend, Henry n’est pas aussi puissant. Elle essaie de me frapper à nouveau, mais je l’en empêche avant de la faire tomber à la renverse. Elle hurle alors mon poing vient fracasser cette bouche si parfaite. Ses lèvres si douces se posant sur le front de Henry explosent et font gicler un sang rouge si frais. Cette odeur à sur moi l’effet d’un aphrodisiaque. Mais elle se débat toujours un peu trop alors je frappe ce visage si beau. Cela l’envoie rencontrer Morphée ou l’un de ses confrères. J’hésite à continuer, ne voulant pas que mon hôte se rebelle à nouveau ou me haïssent maintenant que nous nous sommes réconcilier. Une pause de courte durée car déjà sa voix retentit en moi.

*
Elle n’est plus rien. Laisse-toi simplement aller... *

Comme cela est doux à mes oreilles. Mes gestes sont avides, ils déchirent ces vêtements recouvrant ces courbes parfaites. Cela doit m’appartenir. Mes lèvres se posent partout, embrassent, lèchent, sucent... C’est à moi ! Oui, et cette flagrance ferreuse qui emplit l’atmosphère, je ne peux résister et la fait mienne. Cela semble la réveiller, la sortir de la torpeur de mes coups. En comprenant, elle commence à se débattre, à hurler, mais je lui fourre ses guenilles dans la bouche et continue. Ses coups commencent pourtant à être douloureux alors j’y réponds. Violence et érotisme, les piliers de mes vices. Plus rien ne lui appartient. Quand elle reprend à nouveau ses esprits, elle semble résigner, alors à quoi bon la laisser vivre. Sans m’arrêter, mes mains viennent enserrer sa gorge. Son corps réagit, réflexe de survie, essaie de me désarçonner, mais il est trop faible et bientôt la vie s’en échapper irrémédiablement. Mais pour moi, ce n’est pas fini. Cette silhouette qui m’a tant tourmenté doit être réduite à l’état de charpie, souillée sans vergogne.

Ce n’est que plusieurs heures plus tard que je me décide à m’arrêter. Les domestiques ne devraient plus tarder à se poser des questions sur le silence de leur maitresse. Me retirant de cet être sans vie qui fut la mère de Henry, je la saisis et monte dans la salle de bain. Le sang perle sur le sol et mes empreintes semblent servir de guide pour trouver la trouver. Je la dépose sur le sol de la pièce et observe mon art, ce chef d’œuvre de monstruosité. Y-a-t-il seulement une partie de ce corps qui ne soit pas brisé ? Normalement, non, pas si mon travail a été aussi précis que ce que je crois. A l’eau, je frotte mes pieds sanglants et retourne chercher mes affaires.

*
Laisse-moi revenir... *

Oui Henry... C’est à ton tour maintenant. Allongé sur son lit, j’attends son retour. Cela met du temps. Nous ne parvenons pas encore à déclencher cette métamorphose. Mais finalement, la sensation arrive. Je ferme les yeux et serre les mâchoires. Je le laisse revenir sans crainte désormais. Il ne luttera plus contre moi. Nous sommes un, nous sommes Henry, mais nous sommes aussi Edward...


J’ouvre les yeux dans la pénombre de ma chambre. Un sentiment de vide s’empare aussitôt de moi, puis les souvenirs de ce que j’ai autorisé. Seulement, il n’y a pas de dégoût comme pour mon père. Non, juste le vide laissé lorsqu’une vie quitte ce monde. Je m’habille avec des gestes précautionneux et attend le signal. C’est un livre à la main que j’entends finalement le hurlement d’une des domestiques découvrant le corps de ma mère. Je jette le bouquin sur le lit et cours, descends les marches quatre à quatre pour la rejoindre. Elle me repousse mais je tente de passer tout de même. Lorsque mes yeux rencontrent ceux bouffis par la mort de la femme étendue là, je feins de m’effondrer. Un homme me prend par les épaules et me guide dans une autre pièce. Il m’explique tout, me dit que la police a été appelée. Que je ne dois pas m’inquiéter. Mais de tout cela, je m’en moque. Seule la liberté compte désormais. Seul, sans attaches, et en accord avec moi-même, je vais pouvoir tracer ma vie.

Celle d’un brillant médecin pour Henry Jekyll et celle d’une brute sanguinaire avec Edward Hyde. Mais en réalité, il n’y aura qu’une personne, qu’un esprit, qu’une pensée qui me dirigera. Crains-moi, Angleterre, crains cet être qui a été engendré sur tes terres...


Quatrième partie : Progression et disparition


Les quelques années me séparant de ma majorité se sont écoulées avec lenteur. Les tuteurs nommés pour gérer la petite fortune restant de mes parents ne m’ont que peu laissé de liberté. Mais ce n’est qu’une histoire de jours désormais. A cette heure, ils comprendront qu’il ne faut aller contre Henry Jekyll. Bien sûr, je ne suis pas grand-chose pour le moment, mais il ne me manque que peu de connaissances avant de pouvoir reprendre le cabinet paternel. Même si je déteste cet homme, son legs m’est tout de même utile. Sa réputation m’a été transmise et je n’aurais aucune peine à me faire une clientèle. Mieux encore, leur mort atroce m’a confié la pitié de tous ces gens naïfs. « Pauvre petit, les assassins n’ont même pas été arrêtés. »

S’ils savaient...

Quelle joie ce serait de voir leur réaction. Leur mine horrifiée devant la vérité dans son plus simple appareil. Oui, quel bonheur immense, une jouissance nouvelle peut-être. Mais ça n’est pas possible. Je chéris trop la liberté. Il ne me reste d’ailleurs que deux liens, deux hommes qui n’auront bientôt plus la moindre influence sur ma vie. Pas uniquement sur la mienne d’ailleurs... Cette idée fait naître un rictus carnassier sur mes lèvres et j’entends le rire d’Edward se propager dans mon esprit. Lui aussi a hâte. Ses sorties se font rares ces derniers temps, mais il est toujours présent. Comme moi, il patiente, sachant qu’il ne tardera plus à laisser éclater son imagination, sa frustration.

Et finalement, il arrive...

Je tremble d’impatience et mon esprit bouillonne. La transformation se rapproche. Je le sens, et lui aussi. Mes tuteurs sont souriants lorsque nous pénétrons dans le petit cabinet de travail où nous attend un homme de lois. Un discours, long, ennuyeux, mais qu’il faut supporter en sentant quelques picotements dans ses membres dus à l’imminence du changement. Des signatures, des poignées de mains et me voilà enfin propriétaire exclusif de l’ensemble des biens des Jekyll ! Ils me proposent alors de prendre le thé. Une ultime rencontre pour parler de ces années de cohabitation. J’accepte, évidemment, et l’excitation d’Edward se propage en moi. La violence n’est pas la seule chose qui lui manque et le fait de ne pas affronter de femmes ne semblent pas le rebuter. Pourquoi le devrait-elle ? La jouissance n’attribue pas de sexe aux choses alors pourquoi lui devrait s’en préoccuper ? Non, tant que l’acte a lieu, il se moque bien du genre de sa victime. Parce qu’il est bien impossible de lui donner un autre nom, non ? Ce ne sont que de vulgaires morceaux de chair servant uniquement à assouvir ses pulsions. Des proies qu’il pourchasse jusqu’à ce que la mort raidisse leur corps, et même cela ne l’arrête pas. Cette partie du rituel est celle qui me répugne le plus, mais pour lui, c’est l’une des meilleures. C’est le moment où plus rien ne peut l’empêcher de contrôler ce corps.

La discussion se poursuit, mais je ne suis qu’à peine ce qu’il se passe. A quoi bon, tout cela sera fini dans peu de temps. Le sac déposé dans l’entrée contient les vêtements propres pour mon départ. Mon esprit commence à se vider et la douleur se propage. Je tombe à genoux devant l’air effrayé de mes tuteurs. L’un se précipite vers moi tandis que l’autre semble vouloir contacter un médecin. Je l’arrête d’un geste de la main.

« Ce n’est rien. » parviens-je à articuler et, comme son acolyte, il vient s’accroupir près de moi pour me soutenir. Je leur cache mon visage et leur peur semble les aveugler suffisamment pour le reste de mon corps. Mes pensées cèdent lentement la place à Edward...

« Coucou mes agneaux. »

Cette voix fait naître en eux de la stupeur. Celle-ci se transforme en frayeur en apercevant l’être qui se dresse désormais à la place de Henry. Oui, craignez-moi, cela aussi fait naître en moi de nombreux sentiments. Avant même que le premier son ne sorte des lèvres du plus laid des deux, je lui tranche la gorge à l’aide du couteau emporté à cet effet. Pas moyen de revenir jusque moi, acheté à un mendiant des mois plus tôt, ses souvenirs ne remonteront pas aussi loin. Pas avec la quantité d’alcool qu’il a pu acheter... Ce geste semble avoir rendu con compagnon muet. Heureusement pour moi, mais pour sa possible survie. Mes mains l’agrippent et l’entraînent au sol, le baignant dans cette marre de sang. L’imbécile égorgé est le seul à essayer de hurler, mais ne réussit qu’à produire un gargouillis inintelligible qui prolonge le mutisme de l’autre tuteur. Puis, tout cela s’arrête. Et cela semble lui donner le courage de se révolter. Il se cambre, essaie de me désarçonner, comme l’avait fait ma mère avant lui, mais sans plus de réussite. J’approche doucement ma bouche de son oreille pour lui murmurer quelques mots.

« Tout ira bien mon mignon, n’aie pas peur... Et tu survivras. »

Le ton est doux malgré ma voix éraillée. Va-t-il se laisser convaincre ? Jusqu’où l’Homme est-il capable d’aller pour sa survie ? Sa rébellion s’atténue et la résignation se lit dans son regard. Quelle naïveté ! Mais ça n’en sera que plus facile... La trahison est tellement belle à observer. Je lui intime le silence, me relève et attend de voir s’il compte donner l’alerte. Cette idée ne semble même pas lui venir à l’esprit, aussi vais-je verrouiller sans crainte la porte d’accès. Je retourne ensuite m’agenouiller à ses côtés pour lui embrasser la joue, le cou, avant que ce ne soit ses lèvres. Cela le dégoutte, je le sens. L’homosexualité est un pêché pour ce pauvre croyant. C’est même un crime en Angleterre. Mais quel autre choix a-t-il ? Je continue donc l’exploration de ce corps entretenu pour plaire. Ses joues rougissent, mais ce n’est pas de timidité. L’humiliation est intense pour lui. Horrible à supporter. Le pire moment doit être celui où je pose mes lèvres sur son entrejambe. Il lutte contre sa répugnance mais se dégoute aussi de trouver cela agréable.

Les larmes commencent à rouler sur ses joues quand il me voit nu au-dessus de lui. Peut-il subir pire outrage ? Jouir pour un homme. Seulement ce n’est pas fini... Quand il le comprend, la dernière étincelle de dignité quitte son regard. Il n’est plus que honte. Rien d’autre. Malmené, pris par un être qu’il a aidé durant des années, transformé en sodomite. Et le pire, j’en suis certain, reste le plaisir qu’il éprouve, cette sensation agréable qui remonte le long de son corps. Il ne crie pas vraiment, mais gémit. Cela m’encourage. Finalement, la différence est tellement minime entre les deux. Au moment fatidique, je lui fracasse le crane du poing et il s’écroule, inconscient. Combien de temps demeurera-t-il ainsi ? Dix minutes, peut-être un peu plus. Le temps pour moi de m’occuper du deuxième homme. Il faut que la dernière scène qui marque son esprit avant son abandon complet soit marquante. Quoi de pire que ce que je fais ? Et mon pari fonctionne. Ses yeux se vident. Il comprend, cherche à hurler mais le bâillon l’en empêche. Je finis de m’attribuer ce corps avant de le tuer. Lentement, commencer par le mutiler. La douleur manque parfois de le faire s’évanouir, mais de bonnes claques le ramènent à la réalité. Puis, je n’y parviens plus. Son corps ne réagit plus, son cœur ne bat plus. Il n’est plus rien. Alors, comme avec mon père, je mets en scène les corps, humilie la famille...


Sans encombre, je rentre chez moi. La transformation m’a pris dans leur salle de bain. En sortant, les domestiques me demandent si leurs maîtres ont besoin d’eux. Je secoue la tête en guise de réponse. Les rassure, leur dit qu’ils ont simplement besoin d’un peu de repos. Ils me croient, bien sûr, pourquoi mentirais-je ? Alors ils patientent tandis que je rentre tranquillement chez moi. Du temps de gagner. Bien sûr, je serais suspecté, mais quelles preuves auront-ils ?

Les jours passent et l’affaire ne fait pas la une des journaux. Cela ne m’étonne pas vraiment. Quel tollé ce serait de découvrir les vices de ces deux hommes de la haute société... Pour rester discret et ne pas montrer trop d’intérêt pour mes anciens tuteurs, je me mets à lire. Ce n’est pas une passion nouvelle, mais jamais je ne lui ai attribué autant de temps. Finalement, une semaine s’étant écoulé, je décide de leur rendre visite et trouve porte close. Feignant la curiosité, je frappe à la porte de leur voisin, espérant apprendre quelque chose, mais ils haussent simplement les épaules, ignorant tout. Je ne me doute de rien à cet instant. Je sais évidemment ce que j’ai fait, ce qu’Edward a fait, mais la suite ? L’idée d’être suspecté m’a traversé l’esprit, mais sans pour autant m’effrayer. Pourtant...

Deux jours plus tard, des coups sont portés à la porte de mon manoir. Je repose le livre à la vieille couverture de cuir sur ma table pour jeter un œil à la fenêtre. La police ?

* Ne t’inquiète pas... *

Oui, à quoi bon ? Tandis que, j’entends mes domestiques ouvrir la porte, je me rassieds et entame la lecture de ce livre étrange. La première page laisse apparaître un poème. Je ne connais pas ce livre, et la poésie ne m’attire pas plus que ça, mais quand je m’apprête à le refermer, quelque chose m’en empêche. Après tout, pourquoi pas ? Le début m’intrigue et je continue, me plongeant totalement dans le texte. Le bruit des pas qui approchent ne m’atteint même pas et je finis par déclamer la suite.

« Et quant à moi, je ne suis là
Que pour t'emm'ner jouer là-bas.
Je n'ai plus rien à relater,
Juste Happy End à te souhaiter ! »

De l’autre côté, les policiers sont surpris de ces paroles mais suivent à l’intérieur les domestiques. Ils se figent tous devant mon absence. Moi-même m’étonne du lieu dans lequel j’ai atterri. Une certaine crainte m’envahit avant de voir la lettre à mes pieds. Mes mains la décachètent rapidement pour découvrir le mot laissé à mon attention, du moins, je le suppose.

Pour rentrer chez toi, il te faut chercher ! Mais chercher quoi ? La clé !
Un sourire nait sur mes lèvres. Finalement, malgré mon ignorance, cela me parait intéressant. Eviter une possible peine de prison pour participer à un jeu... Quoi de mieux ? L’esprit partagé entre méfiance et excitation, je pars à la recherche d’une route, rangeant le morceau de papier dans ma veste. Ce lieu inconnu ne demande qu’à être découvert. Peut-être même qu’Edward pourra s’amuser un peu. Cette pensée le fait sourire, je le sens. Nous allons essayer de nous amuser un peu...


Cinquième partie : Etablissement et changements


Comment décrire ce qui m’arrive en ces lieux inconnus ? Ce qui m’entoure est différent de ce que j’ai connu jusque-là. C’est un peu comme un retour en arrière... Un voyage dans le temps qui m’aurait permis de voir le passé, mais sans retour possible. D’ailleurs, comment serait-ce possible puisqu’aucun des royaumes ne m’est connu ? L’excitation première qui m’avait saisi en débarquant ici s’est évaporée pour laisser place à une sorte de paranoïa. Je ne vois pas comment m’en sortir. C’est ainsi, surveillant chaque passant, sursautant dès que l’on m’adresse la parole, que j’ai vécu les premiers mois de cette existence. Seulement, petit à petit, mes vices se sont réveillés et avec eux, la présence d’Edward. Il m’a redonné confiance et j’ai pu reprendre mon avancée. Ainsi, j’ai pu vendre mes services de médecins à Cannibale Village, augmentant doucement ma réputation jusqu’à être capable, après quelques années de m’installer. Pendant ce temps passé, certains de mes patients disparaissent. La cause ? Personne en ville ne la soupçonne, ils pensent tous que ces gens étaient des lecteurs ayant fini par rentrer chez eux. Mais la réalité est tout autre. Edward, de plus en plus difficile à contrôler prend parfois possession de moi dans les moments les plus déplaisants. Il est alors nécessaire de se débarrasser de ce témoin. Nul ne doit savoir. Pas encore...

Puis, il devient plus puissant, et parvient à sortir durant plusieurs heures en ville. Sa réputation se répand telle une trainée de poudre. Un être abject, mais riche, vivrait parmi eux. Où se terre-t-il, personne ne le sait, mais quand il fait son apparition, les rues semblent se vider. Rencontrer cet être qu’ils abhorrent les dégoûte et les effraient en même temps. La peur d’être contaminés, la peur d’être attrapés... Ils ne savent pas exactement ce dont il est capable, mais à voir les moins prudents d’entre eux ressortir d’entre ces mains dans un triste état leur suffit à savoir qu’ils ne veulent pas en faire l’expérience.

Ces transformations me fatiguent de plus en plus. J’ai l’impression de ne plus dormir, chaque fois que je ferme les yeux, il prend possession de moi. Suis-je encore réellement humain ? Suis-je encore un lecteur comme ils appellent les gens comme moi ici ? Je n’en ai pas l’impression. Enfermé dans mon cabinet de travail, j’essaie de réfléchir à un moyen de le contrôler. Ses vices ne me dérangent pas, non, au contraire, j’aime savourer les souvenirs qu’ils laissent dans mon esprit lorsque je reprends le contrôle, mais je voudrais simplement me reposer... Gérer ces moments, pour ne pas tomber inutilement malade. Je me mets même à prier, implorer pour que, même si cela me mène à quitter l’humanité, son contrôle soit mien. Jours après jours, nuits après nuits, j’espère que cette prière sera entendue.

Et finalement, mon vœu est exaucé. Vous ne pouvez imaginer le bonheur qui m’envahit lorsque je le comprends. Alors que les prémices de ma métamorphose se font sentir, je pense non et tout s’arrête. Edward se plaint, mais je lui souris  mentalement.

« Pas ce soir... Je suis fatigué. »

Il ne répond pas. Que peut-il dire ? Seulement, il essaie de sortir encore et encore, sans parvenir à rompre ma volonté. Alors, c’est l’abdication. Résigné, il me laisse la victoire. * Pour cette fois * me souffle-t-il, même s’il sait que dorénavant, il n’aura plus la même liberté. Sous mon contrôle, je le laisse sortir quand ma volonté de nuire se fait trop grande pour être ignorée. Tenir ma réputation de médecin au fil des années est important pour continuer de vivre paisiblement ici. Depuis ce jour, caché parmi toutes mes fioles, un des récipients porte une étoile, incrustée dans les parois de verre. J’ai fini par comprendre qu’elle est la clé pour rejoindre l’ancien monde, mais que dorénavant, ceci m’est impossible.

Triste ? Pas vraiment. Soulagé plutôt, de pouvoir tout maîtrisé, de démolir la vie des gens avec Edward pour essayer de la reconstruire avec moi. Imaginez-vous l’excitation qui m’envahit lorsque je vois ce qu’il a fait ? Mes mains en tremblent parfois. Mes patients pensent que c’est de la rage envers l’individu qui les a attaqués, alors que ce n’est que de la joie. La jouissance du pouvoir que je possède alors que tous l’ignorent. Oui, je suis libre et maître de moi-même ! Je peux faire ce qui me plait, ma qualité de gentleman ne pourra être remise en cause... Quel doux plaisir !

Et vous, viendrez-vous me voir ?
Comme je l’espère...

Votre but dans tout ça ? Vivre sans les freins de la morale et de la conscience, en restant un parfait gentleman.
Autre chose à dire sur votre personnage ?

  • En renonçant à son humanité, il a pu maîtriser ses transformations, les déclencher quand il le souhaite.
  • Sa clef est une fiole, celle dont le verre est orné d'une gravure représentant une étoile. Il la conserve toujours sur lui, dans une boite pour éviter de la briser.


Détails pour nous
Groupe de Votre Personnage : Coquelicot

Une Demeure ? Manoir Jekyll, à Cannibale Village.

Un Rang Personnalisé ? /

Le forum & vous
Votre Prénom : /
Votre Âge : /
Comment avez-vous connu le Forum ? Top site ou google.
Qu'en pensez-vous ? Plutôt agréable et bien fait.
Que pensez vous du thème ? Clair et sympa.
Des Suggestions ? /
Code : [validé par Hansel]
Quelques mots ? /


Dernière édition par Henry Jekyll le Lun 20 Jan 2014 - 14:51, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar


Date d'inscription : 18/09/2009
Age : 23

Messages : 1307
Localisation : Je t'attends dans mon manoir ♪

Still There
Lecteur ou Conte (lequel) ?: Hansel et Gretel
Arme(s): J'en ai trop pour les citer toutes. Mais sur moi, mon fidel couteau de poche!
Un petit mot ?: Qui a dit que les bonbons n'étaient pas dangereux ?! Ahah!

MessageSujet: Re: [/!\] Henry Jekyll [Terminée]   Lun 20 Jan 2014 - 14:37
Bonjour et bienvenue !

Tu as fait là une très très bonne fiche, ce fut un véritable plaisir de te lire! Toutes mes félicitations, j'ai hâte de te voir à l'oeuvre en RP Suspect

Au vu de ton caractère je préfère te classer dans le groupe Réglisse et non Coquelicot ; en effet, maintenant qu'Henry a le contrôle sur ses transformations, il est beaucoup moins impulsif et il réfléchit à deux fois avant de s'adonner à des actes barbares.

J'ai, avant de te valider, également trois remarques à te faire :

- Tu dois absolument avoir ta clé sur toi, sinon, ce n'est pas du jeu pour les lecteurs~  
- Merci de te choisir un avatar
- Il te faut créer et compléter ton Still There, dans ton profil !

Une fois ces modifications et ajouts opérés, tu peux me prévenir sur ce topic et je procéderai à ta validation Very Happy

Au plaisir !


Fortes Fortuna Juvat.

Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar


Date d'inscription : 04/01/2014
Messages : 29

Still There
Lecteur ou Conte (lequel) ?: Conte
Arme(s): Edward
Un petit mot ?:

MessageSujet: Re: [/!\] Henry Jekyll [Terminée]   Lun 20 Jan 2014 - 15:11
Bonjour,

Il me semble que ça doit être bon. En tout cas, si ma clé peut rester une fiole que je conserve sur moi...

Après pour le groupe, c'est vous qui voyez, je pensais que le côté Edward, même contrôlé, faisait plus de lui un Coquelicot... Vue que rien n'empêche Henry de le faire sortir quand il le souhaite, sur un caprice. Après, Réglisse me convient aussi. ^^
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar


Date d'inscription : 18/09/2009
Age : 23

Messages : 1307
Localisation : Je t'attends dans mon manoir ♪

Still There
Lecteur ou Conte (lequel) ?: Hansel et Gretel
Arme(s): J'en ai trop pour les citer toutes. Mais sur moi, mon fidel couteau de poche!
Un petit mot ?: Qui a dit que les bonbons n'étaient pas dangereux ?! Ahah!

MessageSujet: Re: [/!\] Henry Jekyll [Terminée]   Lun 20 Jan 2014 - 15:57
Tout est bon, je te remercie ! J'avais cru comprendre que tu cachais ta fiole dans ton laboratoire mais si tu avais  l'intention de la garder sur toi, tout va bien  Razz 

Henry est un Réglisse alors qu'Edward est en effet un véritable coquelicot. Cela dit, la "personnalité" première et dominante reste celle d'Henry. Si à l'inverse Edward était celui qui avait le contrôle sur Henry, je l'aurais bien sûr mis en Coquelicot... Mais comme tu joues Henry, comme l'indique le nom que tu as choisi pour ton compte, ce choix me semble justifié...! Enfin, pour tout avouer, ces deux groupes sont cousins alors ce n'est pas très important et tu pourras quand même tuer qui tu veux sur un caprice Suspect

Tu es validé, darling !

Have fun  Like a Star @ heaven

Edit : Souhaites-tu que je te crée un cabinet médical au Cannibal Village?


Fortes Fortuna Juvat.

Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar


Date d'inscription : 04/01/2014
Messages : 29

Still There
Lecteur ou Conte (lequel) ?: Conte
Arme(s): Edward
Un petit mot ?:

MessageSujet: Re: [/!\] Henry Jekyll [Terminée]   Lun 20 Jan 2014 - 16:16
Merci beaucoup.

Pour le cabinet, je pensais le faire dans le manoir... Par contre, je n'ai pas encore fait la description, est ce que je pourrais vous l'envoyer plus tard ? Yaura sans doute une porte "cachée" pour faire rentrer discrètement Edward, le manoir donnant sur deux rues, comme dans la nouvelle de Stevenson.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar


Date d'inscription : 18/09/2009
Age : 23

Messages : 1307
Localisation : Je t'attends dans mon manoir ♪

Still There
Lecteur ou Conte (lequel) ?: Hansel et Gretel
Arme(s): J'en ai trop pour les citer toutes. Mais sur moi, mon fidel couteau de poche!
Un petit mot ?: Qui a dit que les bonbons n'étaient pas dangereux ?! Ahah!

MessageSujet: Re: [/!\] Henry Jekyll [Terminée]   Lun 20 Jan 2014 - 17:22
J'ai essayé de lire cette nouvelle en anglais et conséquence : je n'ai jamais réussi à la finir xD je devrais réessayer maintenant que je suis meilleure ! Du coup non je vois pas trop le manoir, mais tu me donneras la description dans les temps voulus ;)


Fortes Fortuna Juvat.

Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé



MessageSujet: Re: [/!\] Henry Jekyll [Terminée]   
Revenir en haut Aller en bas
 

[/!\] Henry Jekyll [Terminée]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Happy End :: Hors-RPG :: • Fiches Validées :: Contes-
Top-Sites


Merci ♥