Petit humain, mais qu'as-tu fait ? Ouvrir ce livre, pris de curiosité ! Quelle grave erreur, car dès maintenant, les contes te garderont pour eux !
La seule manière de t'en sortir, c'est de te battre et survivre. [RPG Survival Conte&Humain]

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 Visite Surprise [Pv Hansel]

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MessageSujet: Visite Surprise [Pv Hansel]   Ven 31 Jan 2014 - 10:45
Les journées sont parfois monotones en tant que médecin. Elles se répètent inlassablement voyant défiler les mêmes symptômes, prodiguer les mêmes conseils... Oui, cela n’a rien d’enviable comme situation. Bien sûr, ceci n’est que la phase quotidienne et routinière de mon travail. Heureusement, il y a parfois des évènements bien plus passionnants. Je peux par exemple vous parler de cette plaie suintante traitée la semaine dernière !

~~~~~
En voyant entrer cet homme à l’air hagard, soutenu par deux de ses homologues, j’ai d’abord pensé que ce n’était qu’un virus de plus terrassant un villageois mal préparé. Seulement, ma théorie s’est vite effondrée lorsque mes yeux se sont posés sur la tâche sombre qui s’élargissait au niveau de ses abdominaux. Cet échec instinctif ne m’a pas perturbé, obnubilé que j’étais par ce que cet épanchement signifiait. L’après-midi touchait à sa fin et la fatigue commençait à poindre, mais l’excitation qui s’empara de moi la chassa. Mon cœur se mit à battre la chamade tandis que mes pas me précipitaient vers la petite pièce adjacente à mon cabinet que je réservais à ce genre de cas. Plus austère, elle en était plus simple à nettoyer après coup. En dépit de mon agitation, ma voix resta calme quand je leur intimai de déposer l’homme sur la table métallique. Ils cherchèrent bien à fuir la scène, mais d’un ordre pressé, je les en empêchai, avant d’ajouter d’une voix plus douce.

« Je vais avoir besoin de votre aide... »

C’était vrai, mais ce n’était pas la seule raison. Si la vision de la chair me faisait réagir ainsi, observer son impact sur des étrangers parvenait à doubler mon plaisir. Cela ne manqua pas d’ailleurs, lorsque j’écartai les pans de tissus recouvrant la plaie béante qui avait dû être faite à l’aide d’un couteau - une querelle de bar peut être ? Mais qu’importe - le visage des gaillards pâlit. La carrure n’avait aucune influence sur le courage d’un Homme à voir ce genre d’horreur. Devant ce déploiement d’entrailles sanguinolentes, il me fallut quelques secondes avant de reprendre la parole. Si mes « assistants » prirent cela pour un choc, la réalité était tout autre. Mon esprit s’était fait assaillir par Edward !

* Laisse-moi sortir ! *

Il savait que ce n’était pas possible, mais il se devait d’essayer. Quand je fus sûr de mon contrôle, mes lèvres réclamèrent ciseaux, alcools, fils et aiguilles. La première bouteille, un whisky de mauvaise facture, servit à calmer la douleur du pauvre homme tandis que je me servais de l’autre pour nettoyer la plaie. Ses cris résonnèrent dans la pièce et je finis par placer un mors entre ses dents, évitant qu’il se morde la langue en serrant les mâchoires. Je poursuivis la tâche avec application sous les regards maladifs de ses deux acolytes. Pendant tout ce temps, Edward, lui, m’envoyait des images qui ne me laissaient pas indifférent. Ses pénétrations en tout genre de la plaie, la jouissance que cela pourrait m’apporter. Oui, on ne pouvait nier que c’était tentant ! Mais ça ne devait pas l’être pour Henry, pas pour cet être respecté en ville. Non, je devais conserver ma réputation pour me fondre dans la masse et continuer de lâcher Edward de temps en temps pour me libérer des frustrations de la société.

Finalement, il fut temps de recoudre le tout. Je demandai à l’un des hommes de se laver les mains avant de m’aider à maintenir la peau pendant que les miennes s’acharnaient à recoudre l’ensemble. Il me fallut de longues minutes avant de terminer mon travail. Mon patient avait un moment plus tôt tourné de l’œil, mais sa poitrine se soulevait toujours régulièrement m’affirmant qu’il vivait encore. Ce n’était que la première étape...

* Tu me le laisseras une fois sorti ? *

« Il va s’en sortir docteur ? »

« La plaie ne saigne plus, donc c’est bon signe. Il reste à savoir s’il s’en sortira au final ou non, et ça je ne peux le garantir. Malgré tout, je pense que oui. En attendant, il va passer quelques jours ici. »

Oui ! Voilà, l’unique réponse qu’attendait Edward. Le reste n’était qu’un blabla destiné aux imbéciles, une façade pour ma couverture. Il lui faudrait être patient pourtant, le temps que la nouvelle de survie se répande. C’était capital pour la suite du plan. Les deux hommes semblèrent soulagés et cette fois, je les laissai partir sans rien dire.

« Bientôt Edward... » murmurai-je alors à la pièce vide. Il ne répondit pas, mais son excitation manqua de me faire défaillir. C’était une jouissance forte, soudaine, qu’il était difficile à contenir. Cela fit naitre un sourire sur mon visage au moment où un domestique vint me trouver. L’expression que j’affichais sembla le rassurer. De sa voix douce, il me demanda s’il devait me servir un remontant pour le diner. J’acquiesçai simplement tandis qu’il repartait vers les cuisines. Après avoir nettoyé mes instruments et la pièce, le repas fut servi dans mon salon et à peine une heure plus tard, j’étais étendu sur mon lit, assoupi, l’esprit empli de viscères sanglants dans lesquelles mon corps se complaisait de toutes les manières possibles...

~~~~~
Enfin ! Quatre jours qu’il me laissait patienter. Quatre jours que l’odeur du sang imprégnait chacun des pores de sa peau sans avoir l’opportunité de m’y frotter. Libéré de toute prison, je sautai sur mes proies. D’abord les domestiques à assommer, puis la porte à forcer pour imiter un malfrat et finalement le patient. Il commençait à reprendre ses esprits, sans être capable de se déplacer encore. Ce soir-là, il avait pris le repas avec ses amis dans la petite pièce. J’en poussai la porte quelques heures plus tard sans le réveiller. Une fois mon travail commencé, il me faudrait faire vite. Qui sait qui, à l’extérieur, entendrait ses cris et se précipiterait ici...

Silencieusement, je refermai les lanières de cuir qui l’avaient entravé les premiers jours, alors que sa conscience n’était pas encore revenue. J’aimais les voir se débattre, en vain, mais aujourd’hui, je devais faire vite. Henry lui faisait prendre des calmants pour l’aider à dormir aussi déchirai-je lentement ses bandage avant de couper les fils maintenant la plaie fermée. Ce dernier geste fit tressaillir le blessé qui sortit de sa torpeur. Aussitôt, je plaquai une main contre sa bouche, la deuxième venant défaire mon pantalon. Ses yeux s’exorbitèrent et il se débattit, rouvrant plus vite encore sa blessure qui se mit à suinter. Nu, la main toujours posée sur sa bouche, je vins embrasser son cou, caressant son torse avant de descendre vers son abdomen. Finalement, je mordis sa lèvre en empoignant ses intestins. Le hurlement qui suivit résonna dans l’ensemble du manoir et je n’attendis pas pour profiter de cette chair béante. Fortifié par ses cris, la jouissance s’emparait de mon corps jusqu’à l’instant final où tout s’arrêta. La douleur eut raison de lui et avant de m’échapper, je répandis ses entrailles sur le sol.

L’agitation se mit à régner dans la rue et je me dépêchais remonter. Me transformer prit quelques minutes. La suite du plan était simple, me frapper l’arrière de la tête moi-même pour simuler une agression...


~~~~~
Les jours ont filé depuis cet incident. Cela ne fait que quelques jours que j’ai repris le cours normal de mes consultations. Même si ce n’est que simulation, il est important de se rendre humain en montrant que de telles scènes nous choquent. Ainsi, même en ville, je me suis fait discret, évitant les lieux fréquentés, préférant les promenades solitaires aux discussions. Combien de temps avant de se remettre ? Difficile de le dire avec précision. Un mois ? Peut-être plus ? Tant que mes soins ne s’en ressentent pas, les villageois devrait me rester fidèles malgré mes humeurs taciturnes. Je salue le dernier rendez-vous de ma journée avant d’appeler mon domestique. Celui-ci verse aussitôt une rasade de whisky dans un verre avant de se retirer. Avant qu’il ne sorte, je le préviens de ma balade à venir. Il hoche la tête, me promettant que le diner serait prêt à mon retour. Un remerciement et le remontant avalé d’une traite, mes pas me guident vers l’extérieur. Seulement, en ouvrant la porte, je tombe nez à nez avec un inconnu. La première réaction activée en moi est la méfiance. Que me veut cet étranger ? Il n’a pas vraiment l’air malade. Ses vêtements sont simples mais semblent propres, ce n’est donc probablement pas un mendiant venu chercher charité chez un médecin. Alors qui ? Peut-être que son problème n’a rien de physique après tout... C’est rare, mais certaines personnes viennent me consulter seulement pour parler de ce qui les tracasse. Une oreille attentive et quelques calmants suffisent souvent dans ces cas-là. Pourtant, mon instinct me souffle que ce n’est pas le cas.

* Peu importe, je peux nous en débarrasser, tu sais... *

Je le musèle mentalement. Un nouveau crime en si peu de temps dans l’enceinte de mon manoir attirerait trop l’attention. Ce n’est pas le moment de se faire chasser. La discrétion est mon outil, est son outil même. S’il se fait attraper, plus jamais il n’aura la liberté de jouir et, quand en voyant ces pensées se dessiner dans mon esprit, Edward se rétracte pour me laisser gérer cette situation. Le temps de la surprise écoulée, mon visage affiche un sourire détendu malgré mes yeux vidés de toute émotion par la fatigue et la lassitude d’une fin de journée.

« Bonjour Monsieur. Que puis-je faire pour vous ? »

Difficile de faire plus simple, plus banal. Seulement, rien d’autre ne me vient à l’esprit, ou en tout cas, rien de réalisable. Torturer ce joli corps fait bien partie de mes possibilités, mais je ne peux me le permettre. C’est aussi le cas pour toutes les scènes toutes plus extravagantes les unes que les autres qui font échos à cette première idée. Non. Pas encore, pas ici...

* Et ailleurs ? *

Ailleurs, tout peut se faire bien sûr mon cher Edward... Il sourit à cette idée et mon esprit lui répond, faisant monter mon excitation. Cela serait intéressant. Sauf si cet homme ne souhaite qu’être écouté, là ça deviendrait rébarbatif. Mais d’un autre côté, ça ne serait qu’une motivation de plus pour mettre à exécution mes pensées...
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MessageSujet: Re: Visite Surprise [Pv Hansel]   Ven 31 Jan 2014 - 23:27
Celui qui mérite de mourir


Hansel fixait un corbeau sur l'immeuble d'en face. Il lui semblait énorme. Et libre aussi, ce qui attisait son envie. Stupide volatile. Las, il se leva et s'approcha de la fenêtre pour l'ouvrir brusquement.  L'animal s'envola sans demander son reste mais cela ne l'apaisa pas pour autant.

Ces derniers temps le blond se sentait perpétuellement de mauvaise humeur. Il fallait avouer qu'il ne manquait pas de raison de l'être ; sa sœur l'avait fui sans laisser de nouvelle, Hans était à presque deux jours de calèche et faisait aussi le mort, son bureau ne désemplissait pas de paperasse et ses sujets continuaient de se plaindre à propos de la dernière révolution des ombres : « Les dirigeants n'ont rien fait pour nous, des traîtres sont parmi nous et personne ne s'en occupe, la dirigeante Gretel a fui ses responsabilités, Hansel complote contre la reine Lisbeth... » Toutes ces rumeurs insolentes ! Hansel avait envie d'écraser ces bouches sous ses poings avant d'en arracher leurs dents. Une après une.

Sa rage ne désemplissait pas. Dire que toutes ces histoires lui avaient fait quitter son cher manoir... Ce manoir où il avait grandi avec sa sœur, ce manoir où il avait reçu l'amour de ses habitants, ce manoir où il les avait sacrifié pour cette sotte qui maintenant le trahissait...

Non, il ne pouvait pas penser ainsi. Il regretta presque immédiatement d'avoir ressenti une si noire colère contre sa cadette. Tuer ses parents adoptifs, cela avait été son choix, son idée. Personne ne le lui avait imposé ; Personne d'autre que lui n'était à blâmer.

Où es-tu Gretel ? Se demanda-t-il en regardant le ciel nuageux.

Tristement, il sortit d'un tiroir de son bureau une boussole. C'était un des nombreux artefact magique qui existait en ce monde. En prononçant le nom de ce que l'on cherchait, l'aiguille en indiquait la direction. Il l'avait acquis il y avait deux mois, quand il était parti à la recherche de sa cadette à travers les quatre royaumes. Finalement, il n'avait pas eu tant l'occasion de s'en servir... Après sa rencontre avec son ombre, un mois plus tard, il s'était convaincu que sa place était ici, à la capitale de Necis. Chez lui, parmi les seins. Pourtant... Il continuait de regretter sa décision Aurait-il donc dû continuer ses recherches ? Sans une once d'émotion, si ce n'était l'amertume, Hansel appela sa sœur :

« Gretel. »

La pointe fit le tour d'elle même deux fois avant de s'arrêter sans hésitation vers l'Est.

« Hans. »

La flèche resta à sa place, sans ciller. Candis, évidemment. Nobody Island, peut-être... Ses yeux dorés n'arrivaient pas à détourner les yeux de cette boussole. Il la serra plus fort dans ses mains.

« Ma place, mon bonheur, ma raison de vivre, et eux, tu saurais me dire où ils sont, stupide boussole ? »

C'était peut-être un peu trop demander. L'aiguille tourna, tourna, tourna... Sans s'arrêter.

Tu essayes peut-être de me dire que je suis déjà là où je dois être ?

A cette idée il sourit avec cynisme et jeta l'objet fou sans façon au fond du tiroir. Il s'assit, ferma les yeux un instant... Les rouvrit et reprit la boussole en main.

« Quelqu'un qui mérite de mourir. »

***


Hansel laissa derrière lui le QG de la capitale, un château modeste mais bien gardé qui abritait en son sein l'organisation cruciale du royaume. L'administration, salles de réceptions, garde manger pour les états d'urgences, etc. C'était ici qu'il résidait désormais. Il ne se sentait pas chez lui, mais il se demandait s'il existait encore un endroit qu'il pourrait nommer ainsi.

Il avait voulu savoir où se trouvait une personne qui méritait de mourir. Parce que la soif de sang qui l'étouffait, il devait l'assouvir. Trop longtemps il l'avait refoulé, trop occupé à courir après ses proches et à résorber les problèmes causé par la révolution des ombres. Combien de temps avait-il attendu... ? Deux mois, trois … ? Qu'importe. Maintenant, il le devait. Tuer. N'importe qui, n'importe où. En pleine rue, dans un parc, chez un particulier... Ce n'était pas dans ses manières habituelles mais cela importait peu également. Il avait lui aussi droit à un coup de sang. Toujours afficher son sourire aimable, écouter les gens se plaindre de sa lenteur, faire de son mieux sans  se sentir satisfait... On lui pardonnerait de vouloir expier cette frustration. Même s'il se fichait royalement du pardon d'autrui.

Il était Hansel Friedrich, après tout. Personne ne le prenait pour un enfant de cœur. Tous savaient que sous ce sourire aimable se cachait un être cruel, capable du pire comme du meilleur. N'était-ce pas pour ça qu'il était leur roi ? Parce qu'il tuait sans façon, pourvu que cela serve son intérêt et celui de ceux qu'il aimait ? Or, il les aimait tous, n'est-ce pas ? Les habitants de Necis.

Son pas s'arrêta devant un manoir coquet. La boussole s'affolait.

« Eh bien, n'est-ce pas le manoir du docteur Jekyll ?... »

Hansel connaissait tous les principaux protagonistes de la capitale. Les meilleurs chocolatiers, épiciers, cafés, artisans, et médecins, bien entendu... Il n'était pas rare qu'il leur fasse de petites visites totalement improvisées. Il aimait connaître ces gens, deviner leurs vices et problèmes. Il ne cherchait nullement à les exploiter ; enfin, pas sans raisons... Non, il souhaitait simplement récolter toutes les informations possibles. C'était vital. Le savoir était la meilleure arme, selon lui.

« Qui pourrait donc mériter de mourir dans une si charmante demeure ? »

Il sourit largement et ses yeux brillèrent d'excitation. Que signifiait exactement « mériter de mourir » ? Pour Hansel, il y avait tant de réponses possibles qu'il valait mieux expliquer qui ne le méritait pas... Mais il pouvait bien donner quelques exemples : les lecteurs, les contes concurrents. Si la première catégorie était assez réduite, la seconde, par contre... Il pouvait aussi ajouter « les ennemis de mes amis, les amis de mes ennemis ». Cela aussi, ça faisait un sacré paquet de monde. Que dire des « assassins sans foi ni loi, qui doivent savoir que leur vie ne vaut pas mieux que celles qu'ils prennent » ? C'était la définition même des âmes de son royaume ! Ahahah. La sienne aussi, n'est-ce-pas...

Ainsi donc, n'importe qui pouvait être sa cible. La boussole ne l'avait sûrement mené là que car le manoir se trouvait près du château.

Il ne manquait plus qu'à déterminer dans quelle catégorie la cible qu'il s'était choisi rentrait, désormais. Enfin, encore fallait-il qu'il la trouve... Hansel marcha jusqu'à la porte, sans cesser de réfléchir, après avoir rangé sa boussole. Le manoir Jekyll... Quelqu'un y était mort récemment. D'une façon horrible, qui plus est. Peut-être que le coupable s'y trouvait encore ? Difficile à dire. En tout cas, Hansel ne suspectait pas particulièrement le docteur (Henry, c'est ça?). Il n'en avait jamais entendu que du bien et il ne s'agissait, de ce qu'il en savait, que d'un simple habitant parmi d'autres.

La porte s'ouvrit sans qu'il s'y attende ; il n'eut même pas le temps de frapper à la porte.

« Bonjour monsieur. Que puis-je faire pour vous ? »

Hansel lui offrit un sourire, toujours radieux, toujours le même.

« Vous faites déjà beaucoup pour moi, docteur Jekyll. »

Sur cette phrase mystérieuse, il souleva un chapeau imaginaire en faisant une petite courbette.

« Je me présente : Hansel Friedrich. Nous sommes presque voisins. J'habite juste là », dit-il en montrant du doigt le château qui dépassait un peu des immeubles.




Spoiler:
 


Fortes Fortuna Juvat.

Spoiler:
 


Dernière édition par Hansel Friedrich le Lun 17 Mar 2014 - 13:24, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Visite Surprise [Pv Hansel]   Lun 17 Fév 2014 - 14:45
Dès que l’inconnu ouvre la bouche, ma méfiance surgit et Edward s’en excite, évidemment. La moindre de mes humeurs le pousse à croire qu’il est sur le point de sortir. Doux espoirs, mais se révélant parfois justifiés. En l’occurrence, laisser libre cours à sa folie meurtrière en plein jour, devant le manoir et avec le témoignage probable de mes domestiques serait une grave erreur. Je ne suis pas réellement attaché à ce lieu, seulement, la sécurité qu’il me procure ainsi que la réputation dont je jouis me permettent une vie agréable. Contenant donc la montée de violence qui me submerge, je parviens à prendre un air vaguement intrigué par ses paroles. Qu’ai-je donc pu faire à cet homme pour lui rendre service ? Une seule certitude, il n’est jamais passé entre mes mains pour une quelconque maladie ou blessure. Pourtant, c’est là l’unique possibilité que j’aie pour rendre service à quelqu’un. En tout cas, à ma connaissance... A moins d’avoir tué un de ses ennemis ? Mais là encore, ce n’est pas possible, comment pourrait-il être au courant ? Que reste-t-il alors ? Rien. Pas la moindre réponse ne me vient à l’esprit. Ce manque de connaissance quant aux motivations de cet homme augmente ma vigilance. Pour le plus grand bonheur de mon alter-ego.

Lorsque finalement, l’inconnu se présente, cela ne fait que renforcer ma suspicion. Suivant son indication, je découvre le château des suzerains. Cet inconnu serait donc le roi de Necis ? Que peut bien me vouloir l’un des dirigeants du royaume ? Encore une fois, aucune idée ne vient répondre à mes interrogations. Aurait-il découvert l’existence d’Edward et remonté la piste jusque moi ? * Impossible ! * Je suis d’accord avec lui, il n’a eu aucune chance de le découvrir. Pas sans que l’un de nous s’en rende compte. La paranoïa qui nous habite lors de nos changements d’apparence peut difficilement permettre à un tiers de nous surprendre. Alors quoi ? Aurait-il des soupçons par rapport au mort de la semaine dernière ? Comment pourrait-il en avoir ? Bien sûr, j’ai été interrogé, une banalité tout à fait logique compte tenu de la localisation du crime, mais ils n’ont rien pu trouver. Rien. Le néant ! Mais peut-être ont-ils voulu bluffer ? Si tel est le cas, mon silence ne doit pas s’éterniser. Agir comme si je n’avais rien à me reprocher. D’ailleurs, est-ce totalement faux ? Non. Celui qui a assassiné, ce n’est pas le docteur Jekyll, mais bien ce cher monsieur Hyde. Je décide donc d’éclaircir mon visage d’un timide sourire, à la fois distant et respectueux.

« Oh, je ne pensais pas que vous vous déplaceriez pour rencontrer un simple médecin. »

Pas de titre. Je ne suis pas certain de celui que porte l’homme qui se dresse devant moi. Seulement, assez de déférence pour ne pas paraître grossier. Même s’il ne m’impressionne nullement, ne pas se faire d’ennemi haut placé est souvent préférable. Qui sait ce dont cet homme est capable. Détruire mon existence et me chasser doivent faire partie des capacités conférées par le pouvoir qu’il possède. Je n’ai pas réussi à vivre si longtemps sans me faire prendre pour finir en exil à cause de mon ego, ou du sien. Comment puis-je affirmer que lui aussi a un « moi » surdéveloppé ? N’est-ce pas le cas de toute personne ayant un minimum de pouvoir ? Selon moi, même les plus modestes finissent par se faire corrompre par la puissance... Plus cette sensation de domination est grande, longue et plus il est difficile de s’y soustraire, de l’abandonner. Et connaissant la durée de vie d’un compte, imaginez quelle dose d’égo ce Hansel peut posséder. Bien sûr, cela se résume à l’avis d’un simple médecin, pas de quoi en faire une généralité ou une parole à prêcher.

« Mais je vous en prie, entrez. J’allais sortir, mais nous serons probablement plus tranquilles entre ces murs. »

Rouvrant rapidement la porte, je la tiens pour permettre à cet « invité » d’entrer. L’un des domestiques, surpris par ce retour précipité, vient à notre rencontre et je lui intime d’un signe de tête de préparer le salon pour recevoir. Pas besoin de paroles, il comprend tout de suite ce qu’il a à faire et disparait à l’étage. Pendant ce temps, je ferme la porte derrière Hansel, présentant rapidement la salle d’attente ainsi que mon cabinet de travail. Rien de très passionnant, juste un gain de temps pour permettre à la pièce à l’étage d’être prête pour nous. Quand le temps nécessaire me parait écoulé, je prends la direction des escaliers. Le valet sort tout juste de la pièce et cède la place en s’inclinant. Invitant l’homme à en faire de même, je m’installe dans l’un des confortables fauteuils du salon.

« Que souhaitez-vous boire ? »

Tout en le questionnant, je montre d’un geste la petite table sur laquelle reposent de nombreuses bouteilles. Juste derrière, comme caché dans la pénombre, le domestique attend pour procéder au service.

« Bien sûr, si vous préférez une boisson chaude, Damien peut tout à fait vous satisfaire. »

Enfoncé contre le dossier, mon regard se fige sur Hansel, attendant sa réponse et aussi ce qu’il attend de moi. Après tout, personne ne se déplace ainsi chez un inconnu sans raison, non ? J’aurais très bien pu poser directement la question, mais cela aurait pu sembler impoli et cela n’est pas dans mon intérêt. La discrétion est l’arme principale de ma survie. S’attirer les foudres d’un puissant personnage ne m’aidera en rien. Affichant toujours ce léger sourire, j’attends patiemment que mon vis-à-vis se décide à parler.
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MessageSujet: Re: Visite Surprise [Pv Hansel]   Mar 18 Mar 2014 - 10:42
Ah, si seulement Hansel pouvait entendre les pensées inquiètes du docteur. Il l'aurait tout de suite rassuré ! Qu'importait qu'il soit un meurtrier en série, un menteur ou un manipulateur. Tout ce que le blond pouvait voir en un tel personnage, c'était un frère d'arme. Un frère d'arme dont il aurait aimé couper la tête par pur divertissement, mais un frère d'arme tout de même. Son humeur à couper au couteau était passagère, peut-être aurait-il adoré, un autre jour, prendre un thé et discuter de politique avec ce monsieur, plutôt que d'élaborer le dessein de l'attacher à une chaise et de lui ouvrir l'estomac. Tout était question de hasard, se plaisait-il parfois à penser. Bien qu'à vrai dire, il préférait ne pas laisser ce dernier prendre une trop grande importance dans sa vie.

Non, Jekyll n'avait rien à craindre. A vrai dire, son petit secret plairait beaucoup à Hansel, s'il avait seulement l'opportunité de le connaître. Un ex-lecteur schizophrène et meurtrier en série, quelle bombe ! Pourquoi se priver d'une telle perle ? Il l'aurait plutôt suivit du regard un moment, guettant l'occasion de se mesurer à lui et de le terrasser à la loyale. Que voulez vous, Hansel avait une âme de compétiteur.

« Oh, je ne pensais pas que vous vous déplaceriez pour rencontrer un simple médecin. Mais je vous en prie, entrez. J’allais sortir, mais nous serons probablement plus tranquilles entre ces murs.  »

C'est qu'il allait lui donner l'impression d'être indésirable... ! Quel drôle  de bonhomme. Hansel ignorait encore s'il devait apprécier la simplicité de ses paroles ou s'il devait se méfier de celui qui ne lui reconnaissait aucun traitement de faveur. Les petites gens étaient les premiers à utiliser des formules d'usages... Alors ce docteur ne faisait pas partie des petites gens, en déduisait-il. A quel point se pensait-il grand ?

« Je suis navré de vous importuner. Mon affaire ne sera pas trop longue, si je bénéficie de votre collaboration. » se contenta-t-il de répondre sur un ton égal mais courtois.

Il franchit la porte à la suite du brun. Ses yeux, soudain plus froids que la glace, fixaient les épaules et le dos de son hôte. Son cœur battait-il plus vite en sachant que le plus puissant du royaume se trouvait en sa demeure ? Cela ne pouvait lui être égale. Son pouls devait bien s'être accéléré un peu, que ce soit par méfiance, inquiétude, surprise ou excitation. Les quatre en même temps ? Quelque chose lui disait que cet homme était malin. Tant mieux, il aimait ça.

« J'ai hâte de voir à quoi ressemble votre cabinet » dit-il, comprenant que le docteur était sur le point d'entamer une visite du manoir. « J'ai entendu beaucoup de bien sur la qualité de vos soins. Où avez-vous appris votre métier? »

Son ton était plus que naturel mais une personne méfiante comprendrait très bien où il pouvait en venir. Personnellement, Hansel connaissait le moindre muscle, le moindre os, le moindre cartilage du corps humains, petit, grand, épais, mince, féminin ou masculin. Il connaissait le bruit spécifique de leur déchirement. En somme, il aurait pu être un excellent chirurgien, tant le corps humain n'avait aucun mystère pour lui. Et il était inutile de préciser comment il avait obtenu ce savant savoir. Qu'en était-il d'Henry Jekyll ?

La suite de la visite se poursuivit sans événements notables. Une conversation banale s'était engagée sur la difficulté et l'exigence de ce métier. Des mots vides de sens, prononcés par pure politesse pour n'offenser aucuns des protagonistes en présence. Il semblait impensable de traiter du sujet de sa venue sans une bonne tasse de café. Cela dit, Hansel n’hésitât pas à insister sur certains détails qui attirait son attention. Comment utiliser tel ou tel ustensile, était-il difficile de le maîtriser, pour quelle opération exactement existait-il... Chaque indice qu'il pouvait glaner était bon à prendre. Comment était mort cet homme, encore ? Le crime avait été horrible, épouvantable, d'une sauvagerie sans nom. Ces instruments avaient-ils pu servir ? La main d'un expert avait-elle frappée ou cela avait-il été à la portée d'un novice ? Hansel aurait aimé avoir vu le corps. Il était trop tard, maintenant. M'enfin, rien ne disait que la personne qui méritait de mourir avait un lien avec ce cadavre en pièce. Juste une piste parmi d'autre.

Enfin, la visite s'acheva. Ils s'installèrent dans un salon coquet et confortable. Ça payait bien, d'être médecin. Avait-il obtenu cette maison par héritage ou grâce au fruit de sa sueur ? Hansel ignorait tout de cet honorable docteur. On ne pouvait connaître tous les habitants de sa ville, même ceux qui constituaient le pilier d'une société prospère et bien portante. Il pallierait à ce défaut concernant cet habitant-ci plus tard.

« Que souhaitez-vous boire ? » avait demandé son hôte en s'assaillant.

Grave erreur, constata Hansel. S'asseoir alors que son interlocuteur était debout... Quel novice. Risquer d'entraver ses propres mouvements, se mettre volontairement en situation d'infériorité. Il était étrangement plus facile de manipuler ou de mettre mal à l'aise celui qui était confortablement installé dans son siège alors qu'on était bien planté sur ses deux pieds... C'est pourquoi Hansel avait pris l'habitude de ne jamais discuter de chose sérieuse en étant assis, quand bien même son interlocuteur faisait de même. Il haïssait par dessus tout se sentir entravé, prisonnier d'un meuble. Et aujourd'hui, si aucune discussion sérieuse n'était vraiment au programme, il avait besoin de se sentir puissant pour mieux percer à jour le secret de ce manoir. Henry Jekyll était une cible comme une autre de ce désir meurtrier qui l'étouffait. Voir tous ces charmants instruments un peu plus tôt n'avait qu'accru son excitation.

« Bien sûr, si vous préférez une boisson chaude, Damien peut tout à fait vous satisfaire. »

Saisissant un bibelot entre ses mains pour l'examiner, le jeune homme (plus si jeune que ça comme s'en doutait le doc') répondit :

« Depuis que j'ai découvert le café, je raffole de cette boisson. Les lecteurs apportent parfois du bon. Je les adore ! Une source inlassable de distraction. » conclut-il en reposant l'objet sur la petite table basse dans un bruit sec.

« Cela dit, un verre de Whisky m'ira aussi bien. » finit-il en jetant un œil vers le brun.

Il balaya ensuite la pièce du regard, distraitement, avant de revenir vers Henry, infime sourire aux lèvres. La partie pouvait enfin commencer. Hansel ignorait encore quoi dire jusqu'à ce que ses lèvres s'ouvrirent : l'improvisation était un exercice auquel il se livrait rarement. Mais quand l'enjeu était faible, cela constituait un très bon entraînement quant à sa capacité d'adaptation.

« Je suppose que vous ne m'en voudrez pas d'en venir directement à la raison de ma venue. » Il marqua une pause pour avoir l'aval implicite de son hôte. « J'ai l'absolue certitude qu'une personne, en ce moment même et entre ces murs, mérite de mourir. Hormis moi-même, évidemment ! »

Évidemment. Ce ne serait pas drôle sinon. Hansel adorait lancer ce genre de formule abrupte et inattendue au visage de ces interlocuteurs. Il observait la moindre réaction qui pouvait sous-entendre un indice, une faille, et ce malgré cet air enjoué et détendu.

« J'ai une affaire à régler avec cette personne, une affaire qui ne peut être discutée qu'avec elle. Vous êtes le maître de maison, monsieur Henry Jekyll. Avez-vous une idée de qui cela pourrait être ? »

Pour une raison inconnue, il adorait ce nom. Il aurait pu prononcer « Henry Jekyll » sur tous les tons, toute la journée. Comment un nom pouvait-il sonner si bien ?

« N'ayez surtout pas peur de cette expression hasardeuse et fourre tout. Qui n'a jamais mérité au moins une fois de crever ici bas ? Simple figure de style. » Ajouta-t-il comme si cela allait de soi.

Il n'avait pas non plus envie de faire croire au cher docteur qu'il était le seul visé par ses insinuations. Tous l'étaient, de la cuisinière jusqu'au maître du manoir.

Tout de même, c'était beaucoup de travail pour dénicher un défouloir. La prochaine fois qu'une telle envie lui prendrait, il irait voir dans une petite ruelle étroite si quelqu'un de s'y était pas perdu.



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MessageSujet: Re: Visite Surprise [Pv Hansel]   Dim 30 Mar 2014 - 18:15
Attendant sa réponse, j’observe mon invité, s’il peut être appelé ainsi. Je suis peut-être celui lui ayant proposé d’entrer, mais mes choix n’étaient pas nombreux. Même si ma notoriété me place parmi les quelques personnes influentes de la ville, aller à l’encontre des dirigeants du pays est exclu. Pas encore. Il me faut beaucoup plus de pouvoir pour y parvenir et ce n’est pas ma priorité. Le présent est plus important, trouver des victimes et maîtriser cet être se conduisant comme chez lui dans ma propre maison. Pourquoi touche-t-il à ça ? Ne peut-il pas être plus doux ? Et que veulent dire ces paroles ? "Je les adore" dans cette ville peut avoir tellement de significations. Est-ce un cannibale, un tueur comme je le suis moi-même ? Dans une autre vie, cette possibilité aurait été rapidement rejetée par mon esprit. "Comment un homme régnant sur un royaume pourrait-il se conduire ainsi" me serais-je demander. Mais à Queer Tales, cela ne choquerait personne si cela finissait par se savoir. Les moyens d’accéder au pouvoir sont rares. La force, la ruse... Et gouter à l’un comme l’autre peut nous rendre accroc.

* Alors mon cher Henry, tu le crois comme toi ? *

En réalité, je n’en ai pas la certitude encore. Mais il se dégage quelque chose de cet homme, une assurance qui ne peut pas uniquement être due à sa position sur l’échelle sociale. Comme si m’affronter, là, maintenant, ne l’effraie pas. D’ailleurs pourquoi le serait-il ? C’est Edward qui est un combattant aguerri. Moi, je ne suis que la façade perverse qui préserve sa folie meurtrière. Malgré cela, je suis capable de repérer un danger, et cet homme en est un. Clairement. En entendant sa commande, je me relève pour aller jusqu’aux bouteilles. Devant Damien, mes lèvres laissent échapper la demande d’un thé. Celui-ci opine et descend tout de suite tandis que mes mains retournent un verre pour y verser le liquide ambré désiré. Pendant ce temps, je le vois continuer de regarder autour de lui. Que cherche-t-il ?

* Qu’y a-t-il à trouver ? *

Bonne question. Les preuves de ses agissements sont bien en lui, scellées par Edward et les instruments de tortures se trouvent tous dans son cabinet médical. Ce salon est d’une banalité déconcertante. Livres, fauteuils, tableaux... Qu’est-ce qu’un gentleman peut désirer de plus ? De quoi peut-il avoir besoin de plus ? De rien. Je n’ai besoin de rien de plus pour conserver mon image de médecin respectable. Finalement, au moment où Damien revient, je présente son verre à cet homme qui ne semble pas vouloir s’asseoir.

* Ce dont tu devrais te méfier... *
« Tenez. »

J’acquiesce mentalement et c’est cet instant qu’il choisit pour débuter son discours. Comprenant que la discussion ne le regarde pas forcément, mon domestique quitte la pièce en silence. Ma tasse fumante a été déposée sur la petite table près du fauteuil où je me suis assis un peu plus tôt. Je ne regagne pas ma place, restant debout, une main contre le dossier en observant cet homme étrange, hochant simplement la tête pour approuver ses dires. Cette introduction ne m’intéresse pas. Ce n’est qu’un mur de politesses pour ne pas directement entrer dans le vif du sujet. Et quel sujet !

Un masque de surprise se greffe sur mon visage. Que cherche vraiment cet homme ? Dans mon esprit, un débat houleux commence entre Edward et moi-même. La question centrale étant de savoir s’il fallait tuer cet homme tout de suite ou si ses paroles ne sont que poudres aux yeux. Un pétard envoyé dans une souricière pour effrayer ceux qui veulent sa peau. Mais qui tomberait dans un piège aussi ridicule ? Surtout avec ces justifications qui ne me semblent pas très élaborées. Accepter de dire qu’un de mes employés pourrait mériter la mort, ce serait comme annoncer que cela ne me dérange pas. Et qui n’est pas chamboulé par la pensée que l’un de ses domestiques puisse mériter de mourir ? Oui, l’évidence même, un autre méritant. Plus l’homme parle et plus je me sens insulté. Même s’il m’a démasqué, ce serait me sous-estimer que de croire que cette révélation suffirait à me faire sortir de mes gonds. D’ailleurs, de la surprise, mon expression revient tranquillement à la neutralité.

« Croyez-vous que j’aurais engagé une telle personne en connaissance de cause ? »

Ma voix reste douce, sur un ton calme quoi que contenant une nuance de reproches. Comme pour renforcer mon accusation, mes bras se croisent sur ma poitrine en signe de rejet. Malgré l’indifférence de mes traits, une pointe de colère se fraie un chemin jusqu’à mes yeux, juste ce qu’il faut pour être repérée, avant de disparaître tout comme la tension. Mes mains s’écartent et je laisse échapper un soupir en souriant.

« J’ai bien peur que la seule personne répondant à votre demande se trouve en face de vous. »

Cette révélation passée, je marque une légère pause avant de reprendre. Argumentation ? Explication ? Oui et non. Ce qui suit n’est qu’un simple étalage de faits.

« Quel médecin ne mériterait pas de mourir ? Nos diagnostics ne sont pas infaillibles et il arrive que nous fassions des erreurs. »

Nouvel arrêt pour chercher les bons mots. Ce n’est pas chose aisée que de critiquer ainsi sa profession même si nous faisons peut-être partie des meilleurs en ce monde.

« Dans ce cas, la mort peut-être inévitable... Il est même possible que nous sauvions un Homme presqu’intraitable et qu’une maladie bénigne nous échappe totalement. Seulement, c’est une chose avec laquelle nous devons vivre. Combien de personnes sauvées pour un échec ? Voilà la véritable question que se posent les médecins pour continuer à avancer en croyant en eux. »

Je réfléchis à nouveau un court instant avant de laisser tomber sur un ton morose la fin des faits.

« Certains n’y arrivent pas. Ce sont les plus dangereux. Comment avoir confiance en quelqu’un qui ne peut même pas se fier à lui-même ? »
* Bien résumé. *
* Merci... *
« Alors ? Que me voulez-vous maintenant qu’il semble clair que je suis celui que vous recherchiez ? »

Le regard désormais fixé sur mon visiteur, j’observe sa réaction. Que va-t-il dire ? Que va-t-il faire ? Est-ce ce qu’il attendait en venant ici ? Nous ne sommes plus que tous les deux dans cette pièce, s’il souhaite m’attaquer, les domestiques arriveront-ils à temps pour l’en empêcher ou devrais-je me défendre moi-même en me laissant guider par les connaissances d’Edward ? Patienter est ma seule alternative désormais.

* Que vas-tu me faire maintenant que tu as ta réponse ? *

Cette interrogation fait frissonner mon alter-ego. L’excitation enfle. S’il y a danger peut-être pourra-t-il sortir se défouler ? Une semaine lui semble déjà être une longue attente, mais il s’y était préparé : Commettre le crime au sein même du manoir allait le contraindre au régime un moment. Seulement si la situation l’exige...

* Oh oui... Faites que la situation l’exige... *
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MessageSujet: Re: Visite Surprise [Pv Hansel]   Jeu 17 Avr 2014 - 21:40



Un choix qui n'en n'est pas un


« Tuer cet individu tout de suite » ? Quel humour décapant ! Mais Hansel aurait été fort vexé qu'on le sous-estime à ce point. Il aurait aurait été d'avantage vexé d'apprendre que le médecin ignorait son Conte et sa réputation. Allons, était-ce seulement possible de ne pas le savoir? Il n'avait  pas à pâlir face au règne de Lisbeth Reader à Crudelis et ses meurtres de Lecteurs avait toujours fait grand bruit. Lorsqu'il y a vingt ans, Hansel Friedrich avait été désigné roi, toute la population avait eu l'occasion d'apprendre son passé : Son abandon par ses parents biologiques, le meurtre de sa famille d'adoption, ceux des Lecteurs ayant le malheur de se perdre dans la forêt morte... Et il osait se demander s'il valait mieux le tuer tout de suite ou s'il devait attendre ? Il osait supposer que ses domestiques pourraient l'aider s'il décidait de l'attaquer ! Des deux, le blond aurait eut le droit de sentir le plus insulté. D'où sortait cet ignorant ? De la plus profonde des campagnes de Necis ? Grâce soit rendue au Narrateur, Hansel ne pouvait avoir vent de ce qui se tramait sous cette chevelure brune. Sans quoi, il aurait déjà brisé ce verre de whisky sur cette dernière. Même si cela aurait été du gâchis... Il était particulièrement délicieux.

« Croyez-vous que j’aurais engagé une telle personne en connaissance de cause ? »

Pourquoi pas ? Hansel avait bien engagé des ministres pour leur férocité et leur manque de pitié. Il ne faisait pas bon d'être un opposant au ministre de la Justice en ce moment à Necis!

« J’ai bien peur que la seule personne répondant à votre demande se trouve en face de vous. »

Ce furent au tour des yeux dorés d'Hansel de briller. Il serra d'avantage son verre entre ses doigts alors qu'un sourire commençait à s'étirer sur ses lèvres. C'était tout ce qu'il voulait entendre. Des aveux, une provocation, ou bien au contraire, un déni évident ou maladroit. Mais la suite s'avéra fort décevante. Hansel noya son chagrin dans l'alcool et but son verre d'une seule traite alors qu'il écoutait vaguement sa justification pleine de bon sentiment. Qu'est-ce qu'il ne fallait pas entendre... Un médecin pareil ! Cette profession rendait-elle mollasson par nature ? Ou bien était-il simplement un électron à part, un sujet égaré de Candis ? Hansel ferma les yeux alors qu'il finissait enfin sa tirade. Il se devait d'être d'avantage tolérant : cet homme sauvait des vies, alors que lui en prenait. Quoi que, n'en sauvait-il pas à sa manière en envoyant des gardes patrouiller dans les villages troublés, en  punissant les infanticides et en assurant la vie économique de Necis ? Qu'importait pour le moment, ils ne se livraient pas à une compétition. Le fait était qu'Hansel avait besoin de gens comme lui, généreux, patients et bons, prêts à tendre la main. Parce que c'était ça un médecin, n'est-ce pas ? Il se refuserait à assassiner par simple plaisir une pièce si utile de son échiquier. Les médecins n'étaient pas si nombreux... Les études coûtaient chères, elles étaient longues et difficiles. Il y avait d'avantage de malades que de professionnels, chacun d'entre eux étaient donc importants. C'était encore plus vrai en campagne, la capitale n'était pas à plaindre. Peut-être était-ce la source de la richesse du docteur... Sur cette dernière pensée, Hansel posa son verre vide dans un bruit sec et déplaisant.

« Cela n'arrange pas du tout mes affaires. »

Contrarié, il n'y avait aucune trace de sourire sur son visage.

« C'est malheureux, mais je vais devoir vous laisser et aller interroger moi-même vos employés. »

Cela ne valait pas la peine d'une discussion. Il n'avait pas besoin de son autorisation pour écorcher  un cuisinier ou une femme de chambre. Il dépassa Henry sans ajouter un mot et se dirigea vers la porte arrière, par laquelle Damien s'était éclipsé. Puis, quelque chose titilla soudainement sa curiosité : Henry, peut-être par le fruit du hasard, s'était mis debout. Y avait-il une quelconque déduction à tirer ? Avait-il flairé un danger, ou se sentait-il simplement plus à l'aise ainsi... ? Il n'en était pas certain. Mais Hansel n'avait pas besoin de ce qu'on appelait certitudes, la plupart du temps, son instinct suffisait. Et il ne risquait jamais grand chose à se tromper. Ainsi, il se retourna, intrigué. Un nouveau sourire fleurit sur les commissures de ses lèvres :

« Docteur... Si jamais vous m'avez menti... Si jamais vous m'avez menti avec une telle conviction, avec l'air si honnête et franc... »

Il se sentit excité, son cœur battit un peu plus vite. Cette fois, son sourire dévoila ses dents.

« Oui, si vous êtes capable de cacher une nature aussi ignoble que celle qui a taillé en pièce cet homme au sous-sol, laissez-moi vous offrir une place au sein de mon administration. »

Il se retourna tout à fait.

« Nous cherchons toujours des médecins prêts à tester de nouveaux vaccins sur des prisonniers. Des cas de peste auraient été découverts au nord du royaume et notre savoir scientifique est bien moins développés qu'à Candis, où les lecteurs partagent volontiers leur savoir avancé. Pour rattraper ce retard, nous avons déployé une grande campagne d'expérimentation et de recherches. »

Son ton sérieux n'était pas de la poudre aux yeux. Ces cas étaient réels et leur médiocre technique médicale l'était aussi. Les Lecteurs fuyaient particulièrement Necis et ainsi, le royaume ne bénéficiait pas de leur connaissance venu d'un autre monde et d'un autre siècle. Sur ce point, Candis dépassait de loin le royaume de l'Ouest. Et le Narrateur savait  à quel point Friedrich détestait se faire devancer par ce royaume de pacotille. Hansel aurait adoré découvrir que sous ce masque de médecin propret se cachait un boucher sans pitié ; il n'avait rien à craindre de lui. Au contraire, il ne pourrait être plus ravi de savoir qu'un tel jeu d'acteur existait ! Mentir au roi, c'était quand même quelque chose. Une audace tout à fait valorisante. Une audace qui ne devait pas craindre de droguer, mutiler ou enfoncer des sérums aux effets inconnus à quelques condamnés à mort. Une audace utile au bien commun, en somme...

« Mais si vous me dites que vous refusez d'y participer, alors je comprendrais que vous êtes en effet un médecin qui mérite de mourir. Seulement, ce seront les familles des malades qui se chargeront de votre cas. Quant à moi, je m'en irais régler celui d'un de vos domestiques... »

Ah, mais... Il se pouvait bien qu'il n'y ait aucun masque dans cette affaire. Et que le brun fut un véritable honnête homme. Dans ce cas, quelle déception ! Mais cela ne l'empêcherait pas d'accepter sa proposition, surtout maintenant qu'il avait compris que la vie d'un de ces employés était en jeu. Vérifions que cet homme tienne sincèrement à ces derniers !


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MessageSujet: Re: Visite Surprise [Pv Hansel]   Lun 28 Avr 2014 - 20:15
Va-t-il continuer à traiter ce qui l’entoure avec si peu de douceur ? Continuer de faire résonner ces bruits secs et agaçants ? Continuer à venir titiller Edward ? Celui-ci piaille d’impatience en moi, espérant, priant, implorant... Sa voix hurle dans mon esprit ! Sortir, sortir ! Montrer à cet homme que tout dirigeant qu’il est, il ne peut me traiter de la sorte. Cette sensation s’insinue en moi de plus en plus rapidement et ses premières paroles menacent de faire craquer le masque, font vaciller les remparts de ma conscience. Homme ou Monstre ? Qui a sa place à cet instant ? Protéger ma maisonnée est-il plus important que la vie de ce dirigeant ? Oui évidemment ! Et si ce crime ne risquait pas de la perdre complètement, alors j’aurais déjà libéré mon alter-ego. La lutte est terrible et ce fichu roi ne fait rien pour l’arranger. Au contraire. Pense-t-il que s’en prendre à mes domestiques lui apporterait une réponse ? N’ai-je pas été franc et direct. Personne ici, hormis moi ne peut correspondre à sa description. S’il continue à vouloir s’insérer dans mon existence, c’est la sienne qui risque d’être troublée. Seulement, malgré l’orage qui éclate sous mon crâne, mes traits restent figés en une expression de calme.

En le voyant se diriger d’un pas assuré vers la porte qui le mènerait au rez-de-chaussée, mes sourcils se froncent. Même un gentilhomme se froisse des impolitesses et je ne compte pas déroger à la règle simplement pour qu’il écarte ses soupçons inutiles. Je me prépare même à faire un pas vers lui pour l’empêcher d’aller plus loin lorsqu’il se ravise finalement, m’observant à nouveau. Le sourire qui dérida alors son visage fait naître une pointe de surprise sur le mien. Qu’y-a-t-il de drôle dans sa situation ? Il ne se doute certes pas de cette épée de Damoclès qui pend au-dessus de sa tête, mais rien dans mon silence ni dans mon expression ne peut prêter à une telle marque d’amusement. Puis les mots viennent éclaircir la brume de mon esprit...

Qu’est-ce donc que cette divagation ? Croit-il que l’appât d’une position dans les sphères du gouvernement peut me conduire à me trahir moi-même ? Même Edward se replie en entendant ces paroles. Tentantes ? Bien sûr qu’elles le sont ! Quel être de mon espèce ne serait pas attiré par de telles promesses ? Qui oserait renoncer à cette immunité alors que chaque jour qui passe nous rapproche de notre fin. Et ce n’est certainement pas une "Happy End" qui m’attend. Si seulement j’étais capable de déterminer la véracité de ses dires...

Si je refuse et qu’il me tendait un piège, je gagne.
Si je refuse et qu’il était sérieux, j’ai connaissance de ce qui doit faire partie de ses secrets.
Si j’accepte et qu’il me tendait un piège, je perds.
Si j’accepte et qu’il était sérieux, je me retrouve à sa merci.

Le calcul n’est-il pas simple ? Seul le refus m’offre des solutions concrètes. La possibilité qu’il essaie de m’assassiner pour me faire oublier ses paroles ? Je ne pense pas que cela soit dans ses intérêts. Aucun jugement ne pourrait être porté contre lui sur les simples accusations d’un médecin, aussi influent puisse-t-il être. Surtout quand celui-ci n’a aucune preuve pour étayer ses paroles. Non, décidément, cette solution me semble la plus correcte. Toutefois, avant de lui fournir ma réponse finale je le laisse terminer. Une bien bonne idée, comme me le dit Edward au moment même où le roi achève son monologue. La place dans l’administration n’était que les prémices, et la position de chercheur me semble bien plus attrayante. Il n’en reste pas moins que cela peut être un piège. Mais quel médecin refuserait de tester des traitements ? Surtout si les cobayes en question ne sont que les représentants de la lie du royaume. Et ce n’est pas tout, refuser serait condamner un de ses domestiques. Sans être un sentimental, je me suis habitué à ceux qui me servent actuellement et devoir en recruter de nouveaux ne m’enchante guère.

Ce n’est donc pas un choix qu’il m’offre. Au contraire même, ce n’est rien d’autre qu’une menace vaguement déguisée. Croit-il que ce sera suffisant pour m’avoir ? Pauvre fou ! Tu auras de moi que ce que je voudrais, rien de plus, rien de moins. D’ailleurs, pense-t-il vraiment que des familles mécontentes pourraient m’avoir ? Si la haine à mon égard se répand, il me suffit de fuir. Si la fuite ne parvient pas à éloigner les révoltés, alors ils mourront. Voilà tout. Pourquoi se soucier de cadavres en sursis ? Parce qu’ils peuvent me surprendre ? Non, cela fait des années que je sais que je ne suis qu’une cible en devenir. Une erreur et votre nom encensé peut devenir la source d’un dégoût universel. Les familles ne m’effraient pas. Rien ne m’effraie réellement. Hormis la mort peut-être ! Mais qui n’en a pas peur ? Même les immortels craignent que leur éternité prenne fin !

Le visage neutre, j’ouvre alors la bouche  pour répondre. Une poignée de secondes s’est écoulée depuis la fin de sa tirade, une minute tout au plus, assez pour ne pas paraître complètement préparé, mais suffisamment pour ne pas laisser planer d’hésitation. La réflexion le ferait douter de la réalité de mes paroles. Et quand il s’immisce en vous, il revient toujours, tel un fourbe, susurrer à votre oreille que le mensonge est peut-être tout proche... Ce poison ne doit pas atteindre cet homme. Ce n’est pas dans mon intérêt.


« Il vaudrait mieux, pour tout le monde, que vous ne touchiez pas à mes domestiques. »
* Commencer par une menace, ce n’est pas forcément malin mon cher. *
* Mais c’est parfois un mal nécessaire... *
* Nous verrons si l’avenir te donne raison ou tort. *
« Et si vous pensez que je suis responsable de ce massacre, c’est simple, prouvez-le. Mais comme je vous l’ai déjà dit, personne d’autre ici n’a à souffrir de vos soupçons. De ce fait, je me dois de refuser d’intégrer votre administration. Cela m’éloignerait certainement de mes buts premiers d’ailleurs... »

Je marque une courte pause, attrapant la tasse pour en avaler quelques gorgées brûlantes. Au fond de moi, Edward semble se trémousser. La situation ne lui plaît pas. Le danger me guette, nous guette même. Le petit récipient retrouve sa place en douceur, sans véritable bruit et mon regard vient de nouveau se fixer sur cet "invité" de marque. Un léger sourire naissant  vient éclaircir quelque peu mes propos.

« Toutefois, l’idée de recherche me semble tout à fait différente. Comment avancer sans expériences ? Et si ces cobayes auraient fini par être exécutés, pourquoi s’en vouloir de les utiliser avant que leur fin ne soit décidée ? »

Oui voilà ce qu’est, pour moi, un véritable médecin. Un homme capable de prendre ses responsabilités. Que vaut une vie si elle permet d’en sauver bien plus ? La science a une force incroyable, elle peut réaliser d’innombrables exploits si les moyens nécessaires nous sont donnés. Si sa proposition m’apporte ces moyens, pourquoi refuser ? Tant que je suis libre de tenir mon cabinet comme je l’entends et surtout de conduire mes recherches suivant un plan préétabli par mes soins, qu’ai-je à perdre ? Ma réputation ? Ces mêmes familles qu’il pense capable de me tuer si je refuse ne feront rien si je leur apporte un traitement. Qu’importent les méthodes ! L’Homme est une race faible qui ne pense qu’à sa petite existence, rien d’autre ne l’intéresse. N’est-ce pas cela qui me guide actuellement, ma survie ? Si, bien sûr, quoi d’autre ? La volonté de sauver l’autre, ma conscience ? Quelles foutaises ce serait ! Surtout en considérant qu’Edward est là, à la limite de mon esprit, prêt à surgir à tout instant...

« Si votre proposition de recherche tient, alors voyez-la comme acceptée. Cependant, si vous touchez à mes domestiques... »
* Tu pars sur une pente glissante mon cher. *
* Tu crois ? *
* Pas la peine d’être ironique, je voulais être sûr que tu en étais conscient... *
* Comme si tu ne le savais pas déjà ! *
« ... Ce ne sera pas moi que les familles des victimes auront dans leur viseur. »

Pas besoin de préciser que son sort serait différent du mien, je le pense assez intelligent pour le savoir. Trop de gardes sont là pour le protéger. Mais peuvent-ils le défendre contre une révolte ? Même discrète, se contentant de fuite et de non-paiement... Combien de temps tiendra-t-il ? Et si la rébellion gagne les rangs de son armée ? Mais nous n’en sommes pas là. Voir sa réaction, la suite en dépendrait. Chez moi, il est seul, sans allié, et je possède une carte maitresse dont il ignore tout...

* Ravi que tu me voies ainsi. *
* C’est ce que tu es, je suis juste réaliste et pragmatique. Si j’ai besoin de toi pour notre survie, alors je te laisserais agir... *
* Je te remercie malgré tout, même si tes paroles ne sont pas véritablement gratuites. *

Mon esprit laisse échapper un petit rire pour Edward qui sourit à son tour.

* Attendons alors... *
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MessageSujet: Re: Visite Surprise [Pv Hansel]   Sam 10 Mai 2014 - 14:07


Tic, Tac, Tic, Tac. Non, le crocodile ne se cache pas sous le canapé de ce cher Henry ; Il s'agit simplement des secondes qu'Hansel compte avec amusement. Le médecin reste de marbre, ou presque. Son expression prouve une légère surprise, peu probablement feinte, puisque sa proposition sort de nulle part. Il a réussi à la prendre au dépourvu. Ravi, Hansel ne garde pourtant qu'un très léger sourire sûr de lui. Évidemment, qu'il est sérieux. On ne plaisante pas avec la mère patrie. Malgré tous ses travers, on peut difficilement accuser l'actuel souverain de prendre à légère sa populace et ses terres. Alors, doc', est-ce que devenir le sauveur des petites gens t'intéresse ?

« Il vaudrait mieux, pour tout le monde, que vous ne touchiez pas à mes domestiques. »

Visiblement, oui. Tout du moins, le sort de tes domestiques ne t'est pas indifférent ; ce n'est pas plus mal, un peu de compassion et d'intérêt pour autrui n'a jamais tué personne. Au contraire ! On est plus vivant que jamais quand on se soucie des autres. Mais, peut-être qu'il ne s'agit que d'une parole lancée en l'air, histoire de se faire passer pour ce qu'il n'est pas ? Ce serait bien dommage. On ne menace pas le roi sans avoir les tripes d'aller jusqu'au bout. Pas le moins du monde impressionné, Hansel attend la suite avec une certaine impatience. Jusqu'où ira-t-il pour le défier et lui prouver qu'il aime son indépendance ? Cette audace lui plaît, elle est bien loin de l'agacer. Il la trouve même candide.

« Et si vous pensez que je suis responsable de ce massacre, c’est simple, prouvez-le. Mais comme je vous l’ai déjà dit, personne d’autre ici n’a à souffrir de vos soupçons. De ce fait, je me dois de refuser d’intégrer votre administration. Cela m’éloignerait certainement de mes buts premiers d’ailleurs... »

Maintenant, la chose semble l'agacer. Refuser son offre ! Ses sourcils se froncèrent et ses lèvres se serrèrent en signe de désapprobation. Il jetait aux orties une offre si alléchante, en dépit de sa position sociale et de son propre métier de médecin ? Était-ce là ce qu'il devait comprendre ? Un secret aussi lourd que la peste rampante ne pouvait être confiée à un lâche. Il l'avait livré un peu trop vite, trop sûr de lui. Maintenant que ce dernier était à découvert et entre les mains de cet animal  arrogant, ce dernier mourrait. Que de retournement de situation ! Le silence pesant qui s'était installé allait être sur le point d'être rompu par un couteau lancé entre ses deux yeux bruns, mais Henry fut plus rapide. Hansel rabaissa très lentement la main qui avait commencé à longer sa cuisse pour saisir un des ses petits couteaux dissimulés dans son dos. Il l'écouta sans cacher sa défiance, et ses yeux lançaient presque des éclairs. Au moindre faux pas, Hansel était décidé à le faire déchanter.

«  Toutefois, l’idée de recherche me semble tout à fait différente. Comment avancer sans expériences ? Et si ces cobayes auraient fini par être exécutés, pourquoi s’en vouloir de les utiliser avant que leur fin ne soit décidée ? »

Ah, les voilà enfin d'accord sur un point. Le blond, sans se relâcher, tendit d'avantage l'oreille.

«  Si votre proposition de recherche tient, alors voyez-la comme acceptée. Cependant, si vous touchez à mes domestiques...  Ce ne sera pas moi que les familles des victimes auront dans leur viseur. »

Une autre menace ? Ça commençait à faire beaucoup en seulement cinq minutes. Hansel eut un sourire mauvais, qui en aurait effrayé plus d'un. Il répondit du tac au tac, de nouveau serein :

« Je vous inviterai bien à préciser  votre menace, si seulement celle-ci était digne d'intérêt. »

Franchement, qui s'insurgerait pour la mort de quelques domestiques, innocents ou non ? Premièrement, personne ne le saurait. Secondement, même si cela venait à se savoir, cela ne ferrait même pas cligner de l’œil les voisins du manoir. Necis n'était pas un pays de non droit, mais presque. Hansel faisait de son mieux pour ébaucher des règles de savoir vivre, mais parfois, ce gouffre légal et ces mœurs sans vergognes l'arrangeaient, il fallait le dire. Alors quoi ? Parlait-il plutôt du fait qu'il refuserait de se pencher sur ses recherches si l'un de ses protégés perdait la vie ? Hum, cela semblait plus probable, voilà donc où il voulait en venir. Si la disparition de ces poupées vides d'intérêts ne gênait que leur maître, il était certain que celle de millier de compatriotes agiterait la colère des sujets. Et Hansel avait mieux à faire qu'à gérer le mécontentement de la foule aux grilles de son château. N'était-ce pas pour cela qu'il avait lancé ces expérimentations et réunis les meilleurs médecins du pays ?

Sachant désormais que la discussion était sur le point de trouver une conclusion heureuse pour les deux parties – et la troisième si on incluait les autres habitants de la maison, Hansel s'approcha d'Henry. Un sourire ravi ornait son visage rayonnant. Oublié l'agacement, oublié l'envie meurtrière qui lui tenaillait le ventre depuis ce matin : mieux qu'un divertissement, Hansel avait ajouté une pièce maîtresse à son échiquier. La partie était loin d'être gagnée contre la maladie insidieuse, mais  le blond ne doutait pas qu'il se rapprochait aujourd'hui d'une solution viable. Son attitude amicale tranchait avec celle de tout à l'heure, mais elle était tout à fait sincère.

« Mais enfin, passons. »

Il avait franchi les quelques mètres qui les séparaient et se trouvait maintenant à un mètre de lui. C'était bien assez près pour essuyer un coup de couteau, mais il se sentait néanmoins en sécurité. Henry n'avait rien à gagner en l'attaquant.

« Je suis absolument ravi que vous acceptiez ma proposition. Je vous en suis reconnaissant, tout comme le seront les habitants de Necis quand vous sauverez leur vie. »

Il jeta un œil aux alentours avant de poursuivre.

« Avez-vous de quoi noter ? Avant de partir, j'aimerai vous donner l'adresse et le nom de la personne à qui vous devrez vous adresser pour adhérer au programme de recherche. »

Henry savait maintenant qu'Hansel en avait fini avec sa visite. Du moins, pour aujourd'hui. Tout en ne le quittant pas des yeux, il se demandait qui était cet homme. Il en était intimement convaincu, Henry Jeckyll était bien plus que ce qu'il ne laissait transparaître. Son calme olympien malgré le danger perceptible, la maîtrise de ses silences, ses mots habiles...  Cet homme était intelligent. Et les gens intelligent, lorsqu'ils habitent à Necis, ne cachent jamais rien de bon.

Malheureusement, le seul témoin qui aurait pu prouver la véracité de son intuition reposait désormais sous terre.

Ce n'était rien. Hansel aimait aussi les mystères...

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MessageSujet: Re: Visite Surprise [Pv Hansel]   Lun 21 Juil 2014 - 15:20
Observer un individu apporte tellement d’information. Savoir quand nait l’agacement, quelle parole prononcer pour y parvenir... Ces petits détails pouvant paraître insignifiants et qui ont pourtant une si grande importance. L’homme en face de moi ne semble pas habitué à subir de refus. Enfin, pas exactement, s’il peut le supporter, ce n’est sans doute pas gratuitement. Son visage affiche d’ailleurs une expression qui n’a rien d’amical avant que je n’accepte son offre de recherche. Etait-il sur le point de m’attaquer ?

* Pauvre fou... *

Se ruer ainsi, en territoire inconnu et en affrontant une personne dont on ignore tout, hormis son métier me semble presque suicidaire. Malgré cela, je ne peux m’empêcher de sourire intérieurement en voyant ce regard assassin. Une mimique qui agace bien plus Edward. Lui, le prédateur, le meurtrier de sang-froid, ne prend pas aussi bien son attitude belliqueuse. Il tente de faire pression sur mon esprit pour retrouver la liberté, le temps d’une attaque, l’espace d’un battement de cœur, le dernier pour l’un des protagonistes présents dans mon salon. Seulement, cela n’arrive pas. Autant ne pas s’attirer les foudres du gouvernement. Qu’importe ses tentatives ridicules d’intimidation ou ces propositions alléchantes que peu de gens aurait osé refuser.

D’ailleurs, que se passe-t-il quand l’un de ses subordonnés échoue ? Son attitude me donne la vague impression qu’il ne survie pas assez longtemps pour réellement s’en soucier. Mon choix me semble de plus en plus judicieux au fil des minutes. Ce sourire presque haineux qui habite son visage au moment de prendre la parole apporte une preuve de plus, s’il en fallait encore. Tout ça pour quelle raison ? Montrer un peu plus de cette arrogance caractérisant les grands de ce monde. Si je ne doute absolument pas de sa capacité à se défendre, il est quand même tellement simple d’afficher cette prétention quand une armée est prête à nous défendre. De là à le prendre pour un lâche, il n’y a qu’un pas que je ne franchis pas. Son attitude malgré son actuel esseulement me l’interdit. Certes, une agression entre ces murs serait punie plus tard, mais il prend tout de même le risque que celle-ci soit une simple vengeance post-mortem... Mais encore une fois, je ne bronche pas. A quoi bon ? Je suis tellement bien placé pour savoir que la réaction d’une victime est ce qu’il y a de plus jouissif ! Son inactivité rend l’acte bien plus terne, sans vie. Et ce ne sont pas ses paroles venant titiller mon amour-propre – surtout celui d’Edward en réalité – qui changeront quelque chose. S’il pense que ma menace n’est pas à prendre au sérieux, c’est un avantage pour moi...

* Laisse-moi sortir malgré tout, que je lui montre à quel point ta menace peut être intéressante... *
* Calme-toi... Seuls les chiens aboient pour montrer leur agressivité. *

La pique fait immédiatement, clouant le bec de mon alter-ego qui retourne observer la scène tranquillement. Sans doute juste à temps puisque le roi s’approche de moi en ayant perdu toute trace d’animosité. Est-il à ce point lunatique ? C’est un trait de caractère bien dangereux mis entre des mains aussi puissantes, surtout si vos moyens de défenses ne sont pas optimisés... Pauvre peuple. Pourtant, que ferait-il sans un dirigeant de cette trempe à sa tête ? C’est une réponse à laquelle je n’ai pas de réponse. L’obtenir par l’expérience ? A cette distance, cela n’aurait rien de très compliqué. C’est même très tentant, et les encouragements d’Edward pour aller dans cette direction ne m’aident pas à faire refluer cette vague d’impulsivité. Heureusement, la voix de mon invité me ramène à la raison. Passons ? Voilà tout ce qu’il trouve à dire après m’avoir ainsi excité ? C’est à la fois décevant et bien plus sécurisant. Qui sait ce qu’un affrontement aurait pu donner... Si les capacités d’Edward sont remarquables, le temps du changement laisse tout de même un avantage certain à notre adversaire. Mais passons, comme l’a si bien dit cet homme.

Est-il désormais en train de faire dans le social après avoir voulu me sauter à la gorge ? Être capable de changer d’attitude aussi souvent en si peu de temps ne m’inspire aucune confiance. C’est un peu comme avoir une bombe à retardement à ses côtés, sans avoir la moindre vision sur le compteur. Est-ce dans deux minutes, deux jours ou deux ans que l’explosion aura lieu ? Non, la méfiance est de mise. Après tout, n’est-ce pas un beau discours de politique qu’il me tient là ? Promesses et éloges dans un premier temps avant de casser du sucre sur le dos des pantins manipulés à la première erreur voulu. Mais s’il me prend pour un vulgaire pion, il déchantera. Bien sûr, ni Edward ni moi ne sommes impossibles à manipuler. Le réel problème ne réside pas dans la manipulation, mais dans sa découverte. Dieu seul sait ce que ferait ce cher Hyde en apprenant la vérité, enfin, Dieu et sans doute moi aussi...

« Bien sûr. »

Comme un brave domestique, je laisse paraitre le peu de soumission que je suis capable de supporter. M’éloignant enfin de Hansel, bien trop proche et souriant à mon goût, je tire d’un des tiroirs de l’armoire une épaisse page de papier ainsi qu’une plume usée et un pot d’encre. Le tout se retrouve sur la table basse, prêt à être utilisé. A peine une minute plus tard, je me retrouve en possession d’un nom accompagné d’une adresse. Mon prochain lieu de pèlerinage apparemment. Si les expériences commençaient à me manquer, il faut croire que ce n’est maintenant plus qu’une question de temps avant de pouvoir y gouter de nouveau. J’ai hâte ! Une hâte qui se transforme en impatience pour Edward. Mais il n’est pas encore temps de la laisser éclater. Ce soir peut-être... Mais avant tout, terminer les formalités pompeuses des hautes sphères de ce monde...

« Laissez-moi vous raccompagner. »

Sur le chemin du retour, je laisse échapper quelques banales questions sur l’évolution de la maladie ainsi que les divers progrès déjà effectués par mes futures collègues. Rien de véritablement intéressant en soi. S’il est venu me chercher, c’est que ces résultats n’ont rien de probants. Aider peut parfois être bénéfique, aussi bien pour mon sombre alter-ego que pour ma réputation... Arrivés devant la porte massive nous coupant de la rue, j’actionne la poignée et laisse le roi sortir le premier, restant moi-même sur le pas.

« Au-revoir, merci de votre visite et de votre patience. »
* Tu ne peux pas faire plus pompeux ? *
* Les apparences mon cher, les apparences... *

Moue renfrognée dans mon esprit qui m’amuse plus qu’autre chose tandis que ma visite de la journée s’éclipse dans les rues. Je referme la porte pour retrouver l’intimité et la solitude de mon salon. Un verre de whisky m’attend déjà à côté des quelques mots laissés par Hansel. Damien a beau tout ignorer de ma personnalité multiple – s’il est possible de la décrire ainsi – il n’en est pas moins un serviteur dévoué arrivant à savoir ce dont j’ai besoin... M’installant sur le sofa, je prends une gorgée du liquide ambrée, fermant les yeux pour en apprécier le goût. Le calme se réinstalle lentement en moi et c’est ce moment que je choisis pour lire une nouvelle fois ce message.

« Ai-je bien fait d’accepter ? »

La pièce a beau être vide, je vois bien Edward opiner avec conviction. Nous verrons si l’avenir lui donne raison, mais tant que cela ne me mène pas à ma perte, je me moque bien des répercutions que cela peut avoir...
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Visite Surprise [Pv Hansel]

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