Petit humain, mais qu'as-tu fait ? Ouvrir ce livre, pris de curiosité ! Quelle grave erreur, car dès maintenant, les contes te garderont pour eux !
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 Un bien beau campement... [Pv Myia]

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MessageSujet: Un bien beau campement... [Pv Myia]   Jeu 20 Fév 2014 - 17:10
Lorsque ses yeux s’ouvrent de nouveau sur le monde, la japonaise semble surprise d’être encore en vie. Certes, elle n’a pas passé une nuit reposante, réveillée par les bruits ou la douleur, mais cela n’empêche pas les prédateurs de la surprendre. Et ce terme ne désigne pas simplement les animaux sauvages... Pourtant, rien n’indique que cette survie la rend heureuse. Son visage est déjà dépourvu d’expressions. C’est un peu comme si vivre n’avait pas d’importance, comme si avoir réussi à résister une nuit de plus était une déception. Yui n’a pourtant rien d’une suicidaire mais son indifférence a atteint de tels sommets que la notion même de vie lui importe peu. Ce n’est pas si simple de lui donner tort. Vivre est une chimère qui dure de nombreuses années avant de se rompre, dévoilant à cet instant la réalité : la puissance de la Mort. Personne ne parvient à lui échapper. Quoi qu’il fasse, qu’importe les sorcelleries ou les potions, la Faucheuse finit toujours par faire son apparition, emportant alors cette âme ignorante qui a tenté de se rebeller. Pauvre folle ! Personne n’est en mesure de la semer...

La Dragibus commence finalement à bouger. Son corps fourbu par sa position proteste contre l’effort nécessaire à la remettre debout. Grimaçant, la jeune femme s’étire, oubliant totalement sa blessure. Celle-ci la rappelle à l’ordre très vite, laissant un gémissement étouffé franchir ses lèvres. Les souvenirs de cette course effrénée, sans véritable but d’ailleurs, lui reviennent alors, jusqu’à ce dénouement désagréable. Revoir la gamine blonde ne lui ferait pas véritablement plaisir... Oh bien sûr, elle ne laisserait rien paraître, les apparences peuvent si facilement dissimuler les pensées. Heureusement pour Cassie, la japonaise ne fait pas partie de ces êtres capables de tuer par contrariété ou simple caprice. Pourtant, ce serait parfois tellement plus simple... Arracher une artère met rapidement fin à des plaintes usantes. Mais cette idée ne lui traverse que rarement l’esprit, seules ces personnes étranges, ne cherchant manifestement pas à s’en sortir, lui inspire cette envie. Passagère, l’indifférence reprenant rapidement le dessus, cette sensation ne laisse derrière elle qu’un vague mépris qui s’efface avec le temps.

Cependant, à l’heure actuelle, ces considérations ne font pas partie de ses priorités. Perdue au milieu d’un paysage qu’elle ne parvient pas à reconnaître, la Dragibus se demande bien dans quelle direction partir. La veille, privée de la plupart de ses sens, elle n’avait pas eu l’impression de tant s’éloigner du sentier, mais la réalité lui saute à présent aux yeux. Revenir sur ses pas ? Si seulement elle pouvait le faire... La seule solution restant ne lui plait pas vraiment : Prendre une direction au hasard et ne jamais la quitter. Cela pourrait finir par payer, mais après combien de temps ? Ses vivres ne sont pas infinis, bien au contraire. D’ailleurs, le plus urgent serait sans doute de trouver une cours d’eau. Cette idée en tête, la jeune fille se mit en marche, préférant monter la côte, le torrent est toujours plus pur en amont. Elle tend l’oreille, essayant de discerner les sons caractéristiques d’un courant. Peut-être devrait-elle même s’y établir un moment, le temps que son poignet ne soit plus un poids mort. Cette idée lui parait plus sure et à la fois dangereuse. S’établir risque toujours d’attirer ces monstres traquant des proies faciles. D’un autre côté, continuer de se déplacer avec un handicap n’est pas moins dangereux. Finalement, ce n’est qu’en trouvant le ruisseau dévalant la montagne qu’elle prend la décision de rester ici plusieurs jours. Avec un peu de chance, les bois alentours l’aideront un peu à prolonger ses provisions.

Pendant une nouvelle heure, Yui remonte le courant, cherchant ce qu’elle considère comme un emplacement idéal. Il apparaît finalement sous les traits d’une petite clairière. Le soleil a presque atteint son zénith, et la japonaise décide de se reposer un instant avant de se mettre à préparer son campement. Entre ses propres connaissances et celles acquises auprès de la chasseresse qu’elle a rencontré par le passé, elle devrait pouvoir s’en sortir. La proximité du point d’eau est déjà un bon début. Préparer un foyer pour son feu serait la prochaine étape. Les nuits sont fraîches et cela permet aussi d’effrayer certains prédateurs. Pas tous, bien sûr, les Hommes, eux, s’en trouvent plus souvent attirés... Il est de toute façon impossible d’être immunisée contre tous les maux alors, autant se protéger contre ce qui nous menace le plus activement.

Son après-midi a donc été partagé entre le ramassage de pierre, celui de bois, et aussi la création d’une sorte de matelas en empilant feuilles mortes et fougères. De cette façon, la Dragibus espère pouvoir se protéger de l’humidité du sol. Pendant toutes ces recherches, la jeune fille a aussi essayé de repérer les quelques sources de nourriture présentes sur ce flanc de montagne. Son dernier travail de la journée consiste donc à revenir vers ces arbustes couverts de baies lui rappelant celles données par son sauveur, la dernière fois. Une fois ramassée une petite cuisine, elle revient sereinement vers son campement. Aucun danger n’a encore tourné autour, mais les bonnes choses ont toujours une fin. La fumée de son feu a peut être finalement attiré les regards. Ou alors est-ce simplement un voyageur qui ne la trouvera pas... Ce dont elle est certaine en tout cas, c’est que ce sont bien des bruits de sabots qui perturbent ainsi la musique de la forêt. Restant sur ses gardes, la japonaise ne quitte pas pour autant la chaleur de son feu...

Quitte à mourir, autant que ça ne soit pas de froid.
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MessageSujet: Re: Un bien beau campement... [Pv Myia]   Sam 22 Fév 2014 - 17:37
Le vent ne soufflait pas ce matin-là, ce qui me permettait de rester assez proche de ma proie sans laisser sentir ma présence. Pour une fois, je n’étais pas dans ma chère forêt mais elle était en extérieur, pauvre petite proie fragile. J’avais guetté cet instant, où elle se déciderait à sortir de sa petite masure. Je m’étais levée à l’aube obéissant à l’ordre de la veille de ma Reine. L’un de ses sujets l’avait contrarié et il était de mon devoir de réparer cette injustice. Chevauchant sur Nocturne j’avais finalement atteint son lieu de résidence, un peu en dehors de la forêt. Et j’avais attendu, profitant de cet instant pour affuter mon poignard ensorcelé et vérifier l’état de mes flèches. L’une était en trop mauvais état pour être utilisée convenablement et je la retournais dans mon carquois avec l’intention de m’en charger plus tard. Puis finalement, il sortit de maison, il ne m’avait pas vu et prenait tranquillement la direction du village. Je le suivais telle une ombre noire silencieuse. J’avais rabattue ma capuche et cela me donnait des faux airs de grande faucheuse. Cela serait suffisant pour l’effrayer juste assez pour que ça soit divertissant.

Quand il remarqua qu’il était suivi, sa réaction ne se fit pas attendre, ma petite proie se mit à courir pensant peut-être qu’elle arriverait à m’échapper. Je le emboitais le pas et finit par le pousser dans la forêt, un domaine qui m’étais plus familier et qui semblerait plus rassurant à cette victime avant de comprendre qu’au contraire c’était sa plus grande erreur. Alors qu’il croyait m’avoir semé, il se permit une pause, il s’appuya sur un arbre pour reprendre son souffle après cette course endiablée. Deux respirations me suffirent avant de me laisser tomber devant lui. Je crus un instant qu’il succomberait à une crise cardiaque mais heureusement ce ne fut pas le cas. Mon arc battit entre mes épaules mais je ne m’en servis pas, il ne le méritait pas. Mon mouvement se continua sur le dégagement de mon poignard de sa gangue de cuir qui vient se terminer sous la gorge du cadavre en sursis. Je pus lire un dernier éclat de peur dans le regard de cette victime commandée avant de le passer au fil de ma lame. Le sang jaillit tachant mes vêtements et recouvrant le sol moussu d’une couche épaisse de son liquide vital qui s’échappait peu à peu de son corps déjà mort. Même s’il aurait mérité de souffrir j’avais déjà gâché ses derniers instants en les emplissant de peur voire même terreur. Cela me suffisait, c’est pour cela que c’était l’artère que j’avais touchée, c’était une mort rapide et presque sans douleur. Ma lame était si effilée qu’il n’avait pas du sentir le contact froid du métal de mon arme et son cerveau avait bloqué le reste de la douleur.

Je le laissais pourrir ici, les animaux de la forêt se chargeraient de dégager le cadavre. J’allais me chercher un ruisseau pour m’enlever le sang souillé qui maculait mes vêtements. Mais la nuit tombait, je n’aurais pas le temps de rentrer et il faudrait que je me cherche mon repas. Je sifflais Nocturne qui me retrouva et fila vers moi de son pas puissant. Ses sabots faisaient trembler le sol, et j’aimais ce son de roulement qui chantait à mes oreilles. Sans s’arrêter, elle passa à côté de moi, j’attrapais au passage sa crinière et me juchait sur son dos. Nocturne repassa au trot car elle savait que je guettais une proie et malgré ma vision fine, il m’était plus facile de pister à vitesse plus lente. Je finis par trouver un lapin qui gambadait dans un espace moins boisé. Mon arc déjà bandé laissa s’échapper le trait qui fila en direction de ma petite proie. Je n’aimais pas tuer les animaux de la forêt et je prenais toujours soin de bien choisir ma victime. Ma flèche toucha sa cible en un tir. Sa mort fut rapide et toujours sans quitter le dos de Nocturne je récupérais mon futur repas.

Soudain alors que je me dirigeais vers une clairière qui avait un point d’eau conséquent, le vent qui s’était levé doucement m’apporta l’odeur d’un feu. Curieuse, je tournais Nocturne pour qu’elle prenne cette direction. Sur le chemin, je remarquais les traces laissées par un humain qui se baladait dans ma forêt. Petit et peu habitué à la marche dans les bois. Quelle ne fut pas ma surprise quand je tombais sur cette jeune fille que j’avais déjà croisée quelques temps auparavant : Yui, si je me souvenais bien. Je voyais qu’elle avait gardé des souvenirs de notre précédente rencontre au vu du feu entouré de pierre et de la petite réserve de bois sec qui se tenait à ses côtés. Elle ne semblait pas très rassurée mais le feu lui donnait un minimum de sécurité. Arrivée non loin, je mis pied à terre, laissant mon cheval à la couleur d’ébène se désaltéré après cette chevauché intensive. Ma longue cape battait sur mes jambes comme ma proie qui s’y trouvait toujours. Le contraste devait être intéressant car le pauvre animal n’avait pas de sang sur lui mais moi j’en étais couverte, bien sur ce n’était pas le mien, ni celui du lapin mais ça, j’étais la seule à le savoir. Je m’approchais du campement de fortune de la jeune fille perdue, encore une fois, marquant de manière plus prononcée mes pas pour ne pas lui faire peur. Mon apparence suffisait largement à cela.


« Bonsoir. Qu’est qui vous amène dans ces bois? »
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MessageSujet: Re: Un bien beau campement... [Pv Myia]   Lun 24 Fév 2014 - 17:05
Les espoirs sont faits pour être piétinés. Certaines personnes en doutent, mais pas la japonaise. Sans vivre dans un pessimisme outrancier, elle n’en est pas optimiste pour autant. Penser qu’il serait possible de ne pas se diriger vers un semblant de civilisation lorsque la nuit tombe et que la forêt vous entoure serait d’une naïveté sans égale. Bien sûr que cette présence va la rejoindre ! Le rythme régulier des sabots sur le sol se rapproche d’ailleurs inexorablement de sa position. Yui tente de se forger un visage confiant, à défaut de pouvoir être menaçant. Suffisant pour s’éviter des ennuis ? Elle a des doutes à ce sujet, mais mieux vaut tout tenter qu’abandonner, l’espoir une nouvelle fois... Combien de temps tiendrait celui-là ? Cela n’aura que peu d’importance au final, les deux options se dessinant devant elle étant la survie ou la mort. Rien d’autre ne lui semble vraiment envisageable. La silhouette a finalement déchiré le couvert des arbres pour la rejoindre.

Le cavalier – ou la cavalière ? – descend alors de sa monture qui se dirige aussitôt vers le ruisseau. Cela ne rassure pas pour autant la jeune fille qui ne voit que cette cape dont la couleur ne lui rappelle que la mort, celle-là même qui a emprisonné le lapin pendant à ses hanches dans un silence éternel. Est-ce son sang qui recouvre ainsi ses vêtements ? Non, ce n’est pas possible, l’animal ne peut pas les avoir autant tâchés. Un animal plus gros peut-être ? Seulement, pourquoi cette personne l’aurait abandonné ? La dernière hypothèse est donc celle d’un Homme. Cette idée la fait frissonner. La Dragibus pourrait alors être la prochaine victime. Tuez une personne et votre conscience s’affaiblit, en tuer une deuxième devient moins difficile et plus vote tableau de chasse s’agrandit, moins vous vous en préoccupez... La plupart du temps, certains assassins pouvant finalement éprouver une vague de remords les menant vers la rédemption, ou leur propre meurtre. Mais tout cela n’est que divagations, rien ne permet à Yui de connaître l’origine de ces tâches.

La distance se réduisant, la japonaise a pu se persuader que cette personne n’est pas un homme. Une de ses inquiétudes s’envole alors : les femmes ne sont pas forcément moins dangereuse, mais il y a des actes qui leurs sont plus difficiles. Reste l’origine de ce sang... Si sa théorie est la bonne, elle pourrait être la prochaine victime de la cavalière. Une idée qui la fait perdre toute couleur. La jeune fille attend donc silencieusement que l’autre se dévoile, révèle ses intentions, fassent quelque chose qui lui dicterait sa conduite. Comme s’il suffisait de le demander, la silhouette prit la parole. Cette voix... La Dragibus ne réussit pas à cacher sa surprise. Est-ce vraiment la Chasseresse ? Un profond soulagement s’empare de son être, ses muscles se détendent et la placent dans une position beaucoup plus décontractée.

Seulement que répondre ? Dire qu’elle est perdue, blessée sans savoir comment elle peut s’en sortir ? Même si c’est la vérité, la japonaise ne souhaite pas ennuyer la cavalière avec tout cela. Peut-être serait-elle capable de la suivre, simplement, et une fois retrouvé un sentier, se repérer et rejoindre une partie habitée du royaume ? Cela lui parait être une bonne idée. Sa voix douce mais toujours aussi inexpressive s’échappe alors de ses lèvres.

« Un simple voyage... Je cherchais un endroit où passer la nuit et celui-ci me paraissait bien. »

Cacher des faits derrière une réalité n’est pas considéré comme un mensonge, non ? Yui n’en est pas certaine, mais elle ne se sent pas coupable pour autant. Maintenant, l’unique élément qui continue de la perturber est cette cape tâchée. Ses yeux ont du mal à s’en détacher. Pourtant, demander ne lui semble pas une bonne idée. Pas parce que cela énerverait la Chasseresse, la mettant en mauvaise posture, mais plutôt parce qu’elle ne veut pas connaître la réponse. Comment se sentir en sécurité si vous savez que votre compagnon a commis un meurtre dans les heures précédent votre rencontre ? C’est impossible. Aussi, la jeune fille se concentre sur le présent et l’arrivée imminente de la nuit.

« Vous voulez passer la nuit ici aussi ? J’ai préparé une sorte de matelas que l’on peut agrandir pour nous deux et ai aussi trouvé des baies dans les buissons autour. »

Cela lui est soudainement apparu comme ridicule. Comme si une émérite traqueuse pouvait avoir besoin d’elle pour survivre ! Seulement ces banalités lui évitent de penser aux sujets plus graves qui pourraient franchir ses lèvres, et c’est là l’important. Sa crainte est toujours présente derrière son masque. Qu’elle connaisse la personne ne change pas les actes qu’elle a pu commettre le jour même et cela ne l’empêchera sûrement pas de l’éliminer, elle, si jamais la Dragibus devient trop encombrante...
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MessageSujet: Re: Un bien beau campement... [Pv Myia]   Lun 24 Fév 2014 - 21:47
J’avançais à pas marqué en direction du petit feu de camp bien nécessaire à la jeune femme que j’avais déjà croisée. Elle avait bien retenue les leçons silencieuses que je lui avais données la dernière fois. Et même si cela n’en faisais pas une campeuse professionnelle cela lui assurait un minimum de confort et de protection. J’avais toujours ma grande cape de voyage qui lui masquait mes traits mais cela ne l’empêcha pas de me reconnaitre au moment où je lui demandais ce qui avait mené ses pas jusqu’à cette tranquille clairière. Là, malgré mon état déplorable et somme toute menaçant elle se détendit très nettement.

« Un simple voyage... Je cherchais un endroit où passer la nuit et celui-ci me paraissait bien. »

Je sentais que ce n’était tout à fait la vérité. Mais je m’en contenterais pour l’instant. Je finirais bien par savoir ce qui avait amené Yui au cœur de la forêt avec cet air aussi perdu que la première fois que je l’avais rencontrée.

« Vous voulez passer la nuit ici aussi ? J’ai préparé une sorte de matelas que l’on peut agrandir pour nous deux et ai aussi trouvé des baies dans les buissons autour. »

Je levais mes yeux vers le ciel et voyait que la nuit était sur le point de tomber, il me faudrait également monter un campement pourquoi ne pas accepter sa proposition. Je pourrais ainsi partager mon repas et mes connaissances.

« Ce serait un plaisir de partager votre campement. Et je ne viens pas les mains vides. »

Je sortis ma prise de tout à l’heure et la présentais à Yui. Je me mis à part pour ne pas la dégouter de cet acte peu encourageant. Je vidais la bête et offrait le reste à la jeune femme. Je choisis l’une des branches les plus pointues du tas qu’elle avait fait et lui tendait la bête ainsi prête.

« Je vous laisse gérer la cuisson. Il faut que je me débarrasse de tout ce sang. »

J’ôtais mes vêtements, sans fausse pudeur. Je n’avais pas à rougir de mon corps et je ne voyais pas pourquoi je m’encombrerais de ce sentiment inutile. Je plongeais dans l’eau fraiche du ruisseau. Le sang qui n’avait pas eut le temps de sécher, s’enleva facilement et teinta l’eau autour de moi de cette teinte rouge qui fuya avec le courant faible mais présent de cette petite rivière. J’en profitais pour rincer mes vêtements qui, bien qu’ayant l’habitude de se faire tâcher de sang, avaient besoin de temps en temps d’un peu d’eau. Une fois propre, je sortais du courant frais et allait chercher l’une des couvertures que j’avais emmené sur le dos de Nocturne. Je passais le lourd tissu sur mes épaules et rejoignait la chaleur du feu qui laissait maintenant échapper une bonne odeur. Je lui offrais un léger sourire et continuais de me sécher.


« C’est mieux ainsi. Comment vous portez-vous ? »

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MessageSujet: Re: Un bien beau campement... [Pv Myia]   Jeu 27 Fév 2014 - 14:45
* N’avait-elle donc pas remarqué l’arrivée de la nuit ? * Cette pensée assaille la jeune fille lorsque le regard de la chasseresse se porte vers le ciel. Elle n’aurait pas cru que cette femme pourrait se faire surprendre ainsi par la Nature. Dans son esprit, depuis leur rencontre, Yui l’imagine un peu comme une gardienne, un être capable de prévoir les réactions de son environnement, de le comprendre et peut-être même de communiquer avec lui. Un peu comme une déesse... Mais les divinités sont-elles susceptibles de se faire avoir par la nuit et le jour ? Pas à sa connaissance, pourtant, pour ne pas supprimer ses croyances, la Dragibus continue d’émettre un doute. Et puis, la possibilité qu’elle ne soit qu’à moitié déifiée peut aussi expliquer cette lacune. En y repensant, elle trouve que cette théorie se tient et s’y raccroche tandis que sa désormais invitée accepte de partager son campement, une nouvelle fois. Dans le même temps, elle lui présente sa proie, et cela la réchauffe d’avance : elle n’aura pas un repas froid ! Comme elle aimerait être capable de se procurer sa nourriture de la même façon...

L’indépendance lui semble être la clef de la survie. Moins les appuis nécessaires sont nombreux, et plus les chances de trahisons sont faibles. Peut-être pourrait-elle lui demander de lui apprendre quelques trucs ? Plus tard... Pour le moment, la chasseresse ne semble pas encline à lui montrer comment préparer la proie. Pour quelle raison ? Ces techniques sont secrètes ? Ou alors, la vision des gestes menant conduisant à un animal ainsi vidé et dépouillé n’est pas rassurante ? Yui ne saurait le dire, mais peu lui importe le dégoût si c’est pour vivre. Avant de dormir, peut-être pourrait-elle se renseigner, si sa compagne de ce soir est d’accord. Celle-ci revient d’ailleurs avec la victime préparée et embrochée sur l’un de ses morceaux de bois. La jeune fille hoche la tête en s’emparant de l’animal qu’elle place aussitôt au-dessus du feu. Pour se rassurer, son esprit semble occulter les derniers mots entendus. Le sang, ses interrogations passées risquent de revenir si elle s’en préoccupe. Heureusement, comme pour lui éviter de trop penser, la chasseresse décide de se déshabiller.

Là. Comme ça. Sans prévenir. Les joues de la Dragibus s’enflamment instantanément devant cette vision. Il n’y a rien de laid devant ses yeux, mais sa pudeur l’empêche de vraiment détailler ce corps ainsi dévoilé. Elle détourne d’ailleurs rapidement le regard pour se concentrer sur un bruit imaginaire provenant de la forêt. Seuls les clapotis de l’eau, lui indiquant que l’autre femme se trouve bien dans la rivière pour reporter son attention sur le feu et son futur repas. Seulement, ce serait vraiment trop facile de finir ainsi, non ? Aussi, en sortant, la chasseresse ne montre pas plus de pudeur et Yui se retrouve à nouveau désemparée devant ce qui s’offre à elle. Heureusement, une couverture finit par recouvrir cette peau blanche, lui permettant d’en finir avec sa gêne. Jusqu’à la prochaine fois, bien sûr. Finalement, elle vient la rejoindre près du feu. Le sourire offert à ce moment lui fait presque plaisir. N’est-ce pas l’une des premières fois où elle observe ce genre de manifestations chez son sauveur d’autrefois ? Peut-être commence-t-elle à se faire à sa présence... Allant même jusqu’à lui demander comment elle va. Cela surprend la japonaise, qui ne pense pas avoir autant d’intérêt. Ce n’est peut-être que politesse, mais habituellement, personne ne lui pose cette question. Comment doit-elle répondre ? Plongeant dans ses vieux souvenirs, elle retrouve ces situations. Forgeant un sourire sur son visage pour l’offrir à la chasseresse, Yui finit donc par répondre.

« Je vais bien. Peut-être même mieux maintenant. Et vous ? »

Elle retourne tranquillement l’animal dont le fumet semble se répandre tout autour. Délicieux, la faisant parfois saliver. Serait-ce le moment pour lui demander ? Peut-être... Que risque-t-elle au final ? Un refus ? Ces choses-là n’ont pas de réelles importances.

« Vous pourriez m’apprendre à attraper un animal ? »

Sa voix n’est pas plus élevée qu’un murmure mais c’est suffisant pour être entendue, surtout d’un chasseur ! Sans ouïe fine, comment peuvent-ils traquer sereinement leur gibier ? En parlant de gibier... Son bras commence à peiner pour tenir et elle décide, sans vraiment y penser de changer de prise. D’une main à l’autre, de validité à blessure... Le poids du lapin est suffisant pour tirer sur ses tendons, la faisant grimacer de douleur avant de lâcher prise. Très rapidement la Dragibus reprend la broche pour la poser sur les pierres autour du feu mais la viande est déjà parsemée de cendres. Ses joues s’embrasent à nouveau tandis qu’elle baisse les yeux. Son poignet la lance et en récupérant leur repas, sa deuxième a subi une légère brûlure.

« Je suis vraiment désolée... »

Les vestiges de sa culture l’oblige à s’incliner devant la chasseresse, genoux au sol, échine courbée, front contre le sol. Elle se sent tellement bête, elle aurait dû se rappeler sa chute. La viande n’est pas perdue, mais elle a l’impression d’avoir failli à sa tâche. En temps normal, Yui aurait même tenu cette position jusqu’à ce que son interlocuteur l’autorise à se redresser mais la sensation sur sa main l’a forcée à se jeter sur ses jambes pour se précipiter vers le ruisseau dont l’eau fraiche réussit à calmer la douleur. Dos tourné à sa compagne, la Dragibus reste ainsi, sans bouger pendant plusieurs minutes, n’osant pas retourner vers le feu ni même ouvrir la bouche...

Désormais, la chasseresse n’accepterait probablement pas de l’aider, si jamais cette idée avait pu lui passer par la tête...
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MessageSujet: Re: Un bien beau campement... [Pv Myia]   Jeu 27 Fév 2014 - 18:49
La jeune femme tenta de se construire un visage souriant mais je savais que ça cachait quelque chose, il était presque impossible de me mentir. Et je sentais bien qu’elle allait me mentir et qu’il y avait quelque chose derrière ça. Je trouverais bien ce qu’elle cachait, chaque chose en son temps.

« Je vais bien. Peut-être même mieux maintenant. Et vous ? »

Joli mensonge mais on voyait qu’elle n’y était pas habituée, elle se trahissait tout de suite. Je fis néanmoins semblant de la croire, si elle ne voulait pas m’en parler, je pouvais le comprendre. Après tout, je n’étais qu’une inconnue, dangereuse qui plus est.

« Je me porte bien, merci. »


La viande grillait tranquillement et sera surement bientôt prête. Un bruit de la nuit attira mon attention. Par réflexe, je portais la main à mon poignard mais ce n’était qu’un petit animal qui retournais chez lui à la nuit tombée. La timidité de Yui était plus que visible. Je sentais qu’elle voulait me demander quelque chose mais aurait-elle le courage de le faire ? Finalement un chuchotis s’échappa de ses lèvres, porteur de sa question. Heureusement que j’avais l’ouïe sinon j’aurais peut-être été obligé de luire répéter.

« Vous pourriez m’apprendre à attraper un animal ? »

C’était une demande des plus étranges, surtout venant d’une fille aussi fragile. Je ne comprenais pas pourquoi elle voulait apprendre ce genre de choses. J’avais même pris la précaution de lui épargner la vue du dépeçage de la bête pour ne pas la choquer. Mais peut-être n’aurais-je pas du ? Elle avait peut-être déjà vu pire. Je me posais beaucoup de questions sur son compte. Depuis notre première rencontre, elle avait quelque chose de particulier qui m’intriguait. Je voyais que son poignet fatiguait mais je ne m’attendais pas à la suite des événements. Quand elle passa la brochette à son poignet, ce qui était la chose la plus logique, son poignet lâcha et fit tomber le repas de ce soir dans les braises rougeoyantes du feu. Elle n’allait donc pas si bien. Elle tenta de rattraper le coup et réussit en partie. La viande avait pris la couleur des cendres. C’était rattrapable, bien évidemment mais la jeune femme se sentait affreusement coupable malgré la douleur qu’elle ressentait.

« Je suis vraiment désolée... »

Puis elle s’inclina d’une manière qui me perturbait, cela ressemblait à une marque de respect et d’excuse. C’était trop dur pour moi de recevoir ce genre de marque car c’était habituellement moi qui offrais cette soumission physique. C’était dur de la supporter diriger vers moi, je n’en étais pas digne. En plus, ce n’était pas sa faute si son poignet lui avait fait défaut. J’allais la relever quand la douleur la fit se diriger vers le ruisseau. Je rattrapais le lapin et l’installais sur des branches en équilibre. Ça tiendrait le temps que je prenne des nouvelles de Yui. Je m’approchais d’elle doucement, j’oubliais de faire du bruit en marchant reprenant mes réflexes et quand je m’agenouillais près d’elle, je ne manquais de la surprendre.

« C’est une foulure ? »
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MessageSujet: Re: Un bien beau campement... [Pv Myia]   Mer 5 Mar 2014 - 11:52
Pourquoi cette question semblait la surprendre ? La pensait-elle trop faible pour pouvoir faire ce genre de choses ? Ou bien trop délicate ? Ce devait être l’impression qu’elle donnait... Sans compter sa précédente rencontre, ces personnes côtoyées avaient toujours cherché à la protéger, à l’aider. Jamais elles n’avaient semblé penser que la Dragibus pourrait être capable de leur faire le moindre mal, à raison. Mais ce n’était pas tout, c’était un peu comme si ils ne la croyaient pas en mesure d’affronter le monde sans aide. Mais pourquoi ne serait-elle pas apte à le faire ? Parce que c’était une femme ? Non, cela lui paraissait peu probable, pas du point de vue de la chasseresse en tout cas. Alors quoi ? Sa frêle carrure peut-être ? Celui lui semblait tellement réducteur. Comme si la puissance physique était si importante pour survivre... Seulement, dans un univers tel que Queer Tales, sa vision n’était sans doute pas souvent partagée. Tous ces monstres aux nombreuses capacités, aussi utiles qu’immorales, devaient voir en elle qu’une vulgaire proie. Un être trop faible pour se défendre qu’ils pourraient posséder de toutes les manières qu’ils souhaitaient. Ces êtres n’étaient que d’abjectes personnages qui ne méritaient qu’à peine de vivre selon la japonaise, mais que pouvait elle y faire ? Rien, une réponse si simple, et qui correspondait malgré tout à la réalité...

Mais désormais, sa main légèrement brûlée plongée dans la rivière, Yui ne pensait plus vraiment à ces considérations-là. Décidément, c’était un échec total. Entre la broche tombée dans les flammes et sa tentative – désespérée – de cacher sa blessure, tout avait raté. Comment pourrait-elle convaincre la chasseresse de lui donner cette leçon maintenant ? Qui s’encombrerait d’une empotée ? Le silence tombé sur le campement pouvait même signifier que sa compagne l’avait déjà quittée. En aurait elle fait autant ? Non, mais la Dragibus ne pensait pas représenter une majorité, bien au contraire. Trop naïve, trop désireuse d’aider pour pouvoir abandonner. Certaines situations pouvaient faire exception bien sûr, si ça vie se trouvait mise en jeu pour un ou une inconnu€ par exemple. Mais ces cas-là n’étaient pas les plus fréquents. Les yeux clos, une erreur de sa part pensait-elle, mais la douleur lui paraissait plus lointaine ainsi, la jeune fille laissait le courant si froid atténuer sa brûlure. A quoi bon se préoccuper du campement plus longtemps, quand elle se retournerait, elle serait seule, et elle doutait vraiment que la chasseresse ne pille ses affaires. Être couverte de sang ne signifiait pas qu’elle n’avait pas de morale. Qui connaissait les raisons de ses actes ?

Quelle ne fut pas sa surprise en entendant la voix de son sauveur d’antan près d’elle. Son cœur manqua un battement et son sursaut faillit la propulser dans le courant. Lorsqu’elle tourna la tête, Yui ne parvint pas vraiment à sourire, essayant déjà de ne s’effondrer. Elle hocha donc la tête, simplement, avant de se relever pour revenir près du feu. La nuit avait recouvert la forêt de son manteau d’ombres et elle s’y sentait plus en sécurité qu’à proximité du ruisseau. Et il y avait le froid aussi... Les flammes la réchauffaient, l’aidait à reprendre contenance après sa frayeur. Elle demeura ainsi, le regard rivé vers le foyer et enfermée dans son mutisme pendant de longues minutes avant d’oser porter ses yeux sur celle qui, à sa grande surprise, n’avait pas repris sa chevauchée pour fuir cette catastrophe ambulante que représentait la japonaise. Comme à chaque fois, elle ne parvenait pas à discerner exactement ses pensées. La jeune fille se sentait comme une amatrice en la matière si elle osait la comparaison.

« Mais ce n’est rien... »

Cette fois-ci, ses lèvres s’étirèrent dans un sourire où l’ombre de la souffrance avait totalement disparu. Sincère, se voulant rassurante, voilà tout ce que pouvait faire la Dragibus. Tout ? Non, elle aurait aimé la questionner à présent sur le sang. Cette image venait de revenir sur le devant de sa mémoire. Peut-être que la chasseresse, aussi forte soit elle, pouvait aussi avoir besoin de se décharger d’un fardeau de temps en temps. Mais Yui serait-elle capable de le supporter ? Oui. Quel qu’il soit. Elle ne le faisait pas pour juger, mais pour aider... Qu’importent les cruautés, qu’importent les jugements qu’elle pouvait porter, les sentences ne pouvaient venir de sa main. Elle n’était que le réceptacle des idées et des actes – passés ou non – et rien de plus. Mais comment le formuler ? Comment la convaincre que cela pourrait rembourser la dette qu’elle aurait en se faisant ainsi instruire. Son regard déclina à nouveau vers les flammes.

« Je n’ai pas grand-chose pour rembourser la dette que j’aurais à votre égard si vous acceptez malgré la situation... Tout ce pour quoi je suis forte, c’est écouter, partager les pensées noires, les tracas, les remords... »

La jeune fille marqua une courte pause, hésitant légèrement à poursuivre mais céda finalement, parlant un peu moins fort encore.

« C’est la seule condition pour ce marché, que vous me laissiez entendre ce qui pourrait vous ennuyer ou vous préoccuper. »

La Dragibus replongea alors dans le silence, repris la broche pour arracher une patte de l’animal puis la tendit à sa compagne. Elle grignota ensuite en silence, chipant par moment une baie pour accompagner sa viande. Elle n’osait plus se déplacer, ignorant totalement les réactions à venir de la chasseresse. Consentement ? Rejet ? Offensive... Comment prévoir ? Comment savoir ? Tout ce que savait Yui, c’était que malgré son aide précieuse, cette personne assise de l’autre côté du feu était dangereuse et qu’elle ignorait totalement pourquoi elle n’avait pas encore été réduite en pièce...
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MessageSujet: Re: Un bien beau campement... [Pv Myia]   Jeu 6 Mar 2014 - 14:55
Même si savais que je la surprendrais à cause du silence que j’avais pris l’habitude de laisser intact, je ne pensais pas à ce point. Elle faillit tomber dans l’eau de la rivière et même si elle était très agréable, elle n’en restait pas moins glacée surtout avec la nuit qui tombait cela n’arrangerait pas sa température. Ma question avait du la surprendre plus pour une raison que j’ignorais. Elle répondit par un simple hochement de tête. Je me redressais et jetais un œil aux environs. Ma vue perçante m’aida à repérer ce que je cherchais. Une plante qui aiderait à soulager sa douleur. Tandis que je scrutais la forêt qui s’épaississait au fur et à mesure de la course de la lune dans le ciel, Yui se rapprocha du feu.

« Mais ce n’est rien... »


Un sourire chaleureux se peignit sur son visage, il ne restait que des traces infimes de la souffrance qui l’avait transpercée. Mais quelque chose tracassait encore la jeune femme. Elle me fixait imaginant surement des théories plus ou moins exactes sur le pourquoi de mes actions, de celles qu’elle avait vu et des autres, comme celle qui m’avait valu un bain. Finalement elle dévoila un morceau de sa pensée.

« Je n’ai pas grand-chose pour rembourser la dette que j’aurais à votre égard si vous acceptez malgré la situation... Tout ce pour quoi je suis forte, c’est écouter, partager les pensées noires, les tracas, les remords... »

Ainsi donc, elle me pensait ronger par le remords ou par un quelconque problème. Si elle savait ce qui m’abritait réellement, je ne pense pas qu’elle souhaiterait le partager avec moi. Je n’avais absolument aucun poids sur la conscience, ceux qui avaient péris sous les coups de ma lame ou sous les pointes de mes flèches avaient reçu leur châtiment qu’il vienne de moi ou de ma Reine, je ne regrettais jamais l’un de mes actes. Alors de là à éprouver du remords... Ce n’est donc pas comme ça qu’elle pourrait « payer » ce qu’elle attendait de moi, surtout qu’habituellement mes services ne se négocient pas ainsi. Il est vrai aussi que l’on me demande rarement mes services pour ce genre de choses, souvent c’est pour verser un quelconque sang, animal... ou humain.

« C’est la seule condition pour ce marché, que vous me laissiez entendre ce qui pourrait vous ennuyer ou vous préoccuper. »

Sa voix fut presque un murmure à la fin comme si elle craignait une réaction violente de ma part. Mais je n’en ferais rien. Vouloir survivre dans un monde aussi hostile que Queer Tales est parfaitement normal et vouloir apprendre auprès de moi, une chasseresse qui a l’habitude de vivre en forêt parait au premier abord, une bonne idée. Mais, voilà, mes services se monnayaient souvent cher mais dans ce cas-là, ne devrais-je pas faire une exception ? Après tout, il y avait quelque chose qui m’intéressait de sa part qui plus est sa volonté et sa force de caractère insoupçonné me plaisait. Elle me dit une cuisse du lapin, je a rejoignis près du feu sans pour autant m’assoir. Il fallait encore que j’aille chercher ses plantes.

« Je peux vous apprendre quelques trucs mais il n’y a rien qui me préoccupe hormis... vous. En échange accepteriez-vous de répondre à certaines de mes interrogations ? Je reviens, prenez le temps d’y réfléchir un peu. »

Je mordis dans la viande tendre et m’éloignais en direction de l’endroit que j’avais repérer. Ce n’était pas les plantes les plus efficaces mais ça ferait l’affaire et c’était toujours mieux que rien. Nocturne releva la tête en voyant que je m’éloignais mais un geste apaisant et elle retourna brouter l’herbe fraiche. Je coupais quelques feuilles d’un arbuste et retournais au camp, j’en profitais par passer près de mon cheval pour récupérer un morceau de tissu. Chargée de cela, je retournais vers le feu.

« Alors ? »

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MessageSujet: Re: Un bien beau campement... [Pv Myia]   Mar 18 Mar 2014 - 19:07
En laissant échapper cette requête, Yui s’était à un refus, ou à diverses réactions, parfois même violentes, mais pas à cette réplique. Que pourrait-elle faire d’informations sur la Dragibus ? Et surtout en quoi était-elle bien capable de la préoccuper ? Si un miroir avait été posé là, la jeune fille se serait observée pour chercher une réponse. Sans résultats, évidemment, qu’est-ce qu’une image pourrait lui révéler ? Rien en elle n’était exceptionnel, une japonaise comme il en existe tant d’autres dans son monde d’origine. Son regard alors ? Cette pointe de tristesse qui subsistait toujours dans le fond de ses yeux pouvait peut-être produire cet effet... Seulement, était-ce si facile à remarquer ? Non, certainement pas. D’un autre côté, elle n’avait pas affaire à un être commun, mais à une chasseresse ! Son regard devait être en mesure de percer de nombreuses carapaces alors peut-être avait-elle pu déceler cette petite brèche dans son âme.

* Impossible ! *

Vraiment ? Etait-ce si improbable ? Queer Tales regorgeant de talents divers et variés, il devait bien exister un être capable de lire en elle. Cette pensée n’avait rien de rassurant pour la jeune fille, bien au contraire. Être hermétique, voilà tout ce qu’elle souhaitait. Glisser sur le monde tel un fantôme sans que la moindre attaque puisse l’atteindre. Une invincibilité certes, mais qui lui interdisait aussi de nuire aux autres, au moins physiquement. Mentalement cependant... Cela restait possible, même si ce n’était pas dans ses habitudes, au contraire.

Que devait-elle répondre ?

Cette question se répétait sans fin dans son esprit. Accepter ? Mais dans ce cas, elle n’aurait pas de réponses à ses propres interrogations. Imposer sa volonté ? C’était complètement impensable. Quand bien même elle essaierait, aurait-elle simplement une chance d’y parvenir ? Vivre dans les forêts à chasser forgeait le corps... La japonaise, elle, ne possédait pas cette musculature forte et discrète. Elle n’avait pas d’armes non plus d’ailleurs. Que lui restait-il dans ce cas ? Un compromis ? Pouvait-elle vraiment marchander ainsi des connaissances ? Avec quelqu’un ne lui paraissant pas dangereux, sans doute, mais dans le cas présent... Bien sûr, Myia ne se montrait pas agressive jusqu’à présent, mais ça ne voulait pas dire que cela ne changerait jamais. Hésitations. Le charme fut finalement rompu par la voix de la chasseresse qui lui demandait ses conclusions. La Dragibus ne répondit pas tout de suite, distraite par le petit chargement de sa compagne. Des plantes et du tissu ? Que comptait-elle faire avec cela ? Empoisonnement ou soin ? Avant de parler, Yui se persuada que la deuxième solution était la bonne. Après tout, pourquoi s’ennuyer à utiliser un poison lorsqu’il lui serait si simple de l’éliminer de  manière plus directe ?

« Pourrait-on couper la poire en deux ? »

Sa voix était indifférente, comme à son habitude, mais l’entrelacement de ses doigts trahissait une légère appréhension. Ce n’était pas marquant, mais elle était persuadée que la Réglisse s’en rendrait compte. Une méthode comme une autre pour montrer qu’elle connaissait sa position. De la soumission ? C’était un peu ça en effet, comme un loup montrerait sa gorge pour se soumettre à sa meute... Mettre à nu son point faible et espérer que l’autre ne planterait pas ses crocs dans cette chair fraiche à sa portée.

« Je veux dire, répondre à vos attentes comme à mes habitudes... »

Tourner autour du pot ? Oui, sans aucun doute. De la même façon qu’un animal tournerait autour de sa proie avant de l’attaquer, comme s’il avait peur d’être abusé par sa vue. Mais dans le cas présent, son but était beaucoup moins offensif. Elle tâtonnait le terrain, guettant une réaction, un tic qui lui indiquerait qu’il n’était pas la peine d’aller plus loin. Mais la chasseresse lui semblait toujours aussi impénétrable. Aussi, prenant une inspiration profonde, la jeune fille se lança.

« Je pourrais répondre à vos questions, et vous, confier quelque chose qui peut peser... » Yui marqua une légère pause avant de continuer sur un ton un peu plus assuré. « Peu importe sa nature... On ne dirait pas, mais de nombreuses choses m’ont été confiées sans que cela ne me choque alors n’ayez crainte... Je suis plus forte que j’en ai l’air, mentalement du moins. »

En finissant sa phrase, la jeune fille baissa les yeux, retombant sur les plantes cueillies par Myia. Celles-ci l’intriguaient toujours autant. Peut-être devrait-elle poser la question aussi ? Cela laisserait le temps à sa compagne d’étudier sa proposition vue que la réponse n’était sans doute pas compliquée pour elle. Au contraire, c’était son élément, sa vie, sa nature. En tout cas, c’était ainsi que la Dragibus le voyait. Aussi désigna-t-elle finalement les herbes de sa main brûlée.

« Elles servent à quoi ces plantes ? »

Elle déposa ensuite un os dans les flammes, terminant ainsi son repas. Les questions étaient posées, restait à attendre leur résultat. Bon ou mauvais, dangereux ou inoffensif, cela, Yui ne pouvait le savoir. Appréhendant autant que son cœur était pressé d’être fixé, elle reprit son indifférence habituelle, se figeant telle une statue de glace...
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MessageSujet: Re: Un bien beau campement... [Pv Myia]   Mar 18 Mar 2014 - 21:19
Je voyais bien que ma proposition faisait réfléchir la jeune femme. Et son hésitation à accepter était compréhensible, ce n’était souvent que quelqu’un demandait à ce que l’on se dévoile. Mais c’était elle qui avait demandé la première et je n’aurais surement pas demandé ce genre de réponses si elle n’avait pas voulu en savoir plus. L’observation m’aurait suffit et j’aurais fini par trouver ce que je cherchais dans un geste ou dans une phrase. J’allais donc chercher des herbes pour soigner sa blessure et passait par les sacs de Nocturne pour attraper un morceau de tissu pour faire un pansement digne de ce nom. Quand je revins demander la conclusion des réflexions de Yui, je n’obtiens qu’un blanc, surement qu’elle n’avait pas terminé de juger le pour et le contre.

« Pourrait-on couper la poire en deux ? »

Proposition intéressante mais je voyais la timidité que ressentait la jeune femme. Ses doigts s’entrelaçaient nerveusement en signe d’anxiété et je voyais bien qu’il lui avait fallut une sacrée dose de courage pour formuler une contre-proposition.

« Je veux dire, répondre à vos attentes comme à mes habitudes... Je pourrais répondre à vos questions, et vous, confier quelque chose qui peut peser... Peu importe sa nature... On ne dirait pas, mais de nombreuses choses m’ont été confiées sans que cela ne me choque alors n’ayez crainte... Je suis plus forte que j’en ai l’air, mentalement du moins. »

Yui tournait beaucoup autour du sujet principal mais c’était un geste trahissant sa timidité mais attestait également d’un certain courage qui ne demandait qu’à se manifester. Ces cours seraient surement plus agréables et surement beaucoup plus intéressant que je ne le pensais. Et je voyais que j’attisais autant sa curiosité qu’elle attisait la mienne, si ce n’est plus. Et quant à sa force mentale, elle m’apparaissait progressivement et j’en étais ravie. C’était surprenant de découvrir une telle force de caractère dans une si faible enveloppe. Pourquoi donc, avait-elle cette tristesse marquée dans le regard pourtant si discrète. Je m’étonnais encore de déceler de telles volontés dans les endroits les plus improbables. Peut-être est-ce ça qui m’a intrigué er m’intrigue toujours chez la jeune Yui.

Tandis que j’écoutais ces mots, je sélectionnais les plus jolis brins que j’avais cueillis. Je voyais le regard insistant de la jeune femme sur ce que je faisais. Je broyais ensuite les feuilles, les effritant pour en faire une poudre fine afin que le pansement soit le plus efficace possible.


« Elles servent à quoi ces plantes ? »

Cette dernière questions était la plus facile de celle qu’elle m’avait posé jusque là. Je finissais le pansement, il me restait plus qu’à l’appliquer sur le poignet de Yui, si elle m’y autorisait.

« Ce sont des plantes inflammatoires. Elles réduiront la brûlure du feu et réduiront les douleurs liées à votre foulure et éviteront les possibles infections. »


Il y avait plusieurs plantes et je savais que cela serait efficace pour les avoir plusieurs fois testées sur moi-même. J’en savais donc l’efficacité. Venait alors les autres réponses qu’elle attendait.

« Quant à notre petit arrangement. Je ne suis pas certaine qu’il soit nécessaire de couper la poire en deux. Je n’ai rien à vous confier qui soit choquant ou non. Et je n’ai que peu de questions à vous adresser. Mais si vous tenez vraiment à apprendre à survivre en forêt ou dans n’importe quel environnement hostile, je veux bien vous donnez quelques pistes. Je n’irais pas jusqu’à dire que je pourrais apprendre la chasse, telle que je la pratique. Mais poser un collet ou choisir un bon endroit pour camper. »
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MessageSujet: Re: Un bien beau campement... [Pv Myia]   Lun 31 Mar 2014 - 16:20
Les yeux de la japonaise continuèrent d’observer les gestes de la Réglisse. Tri, broyage et ensuite ? L’appliquer ? Pouvait-elle lui faire confiance ? Il était tellement simple d’empoisonner une personne à l’aide d’un cataplasme. Dans son esprit, les souvenirs de leur première rencontre et les réactions de la chasseresse à son égard repassaient en boucle. Le seul instant où cette femme lui avait semblé hostile, c’était tout au début, lorsque prise de panique, ses pleurs paraissaient faire réagir la forêt tout autour d’elles. Etait-ce là son point sensible ? Peut-être que si les bois alentours n’étaient pas menacés par sa présence, alors Myia ne s’énerverait pas. Dans ce cas, que risquait-elle ? Et puis, à quoi bon utiliser la nature pour la tuer alors qu’un coup de son poignard serait bien plus simple et rapide ? A la fois méfiante et confiante, Yui tendit ses poignets pour dévoiler à gaucher, un léger gonflement et à droite une rougeur prononcée due au feu.

« Je vous remercie. Vous n’étiez pas obligée de faire ça vous savez. »

Était-ce une hésitation dans ses mouvements qu’elle avait perçue ? Avait-elle marqué un temps d’arrêt lorsque la japonaise avait fini de parler ? Ces questions s’envolèrent avec le contact des pansements sur ses blessures. D’abord, une vague de douleur se répandit dans son corps avant de refluer, replacée par un soulagement. Elle ne savait pas si cela la guérirait, mais ne s’en souciait plus désormais. Personne ne savait réellement à quel point la douleur pouvait obscurcir son jugement avant de l’avoir vécu. Sa vie se retrouvait corrompue par cette souffrance quotidienne qui rendait bougon. Comment voir les bonnes actions quand un simple geste arrachait un gémissement ? Comment accepter le bonheur quand une simple parole faisait vriller ses tympans ? Dans ces conditions, imaginez la délivrance d’un être se voyant libéré de ces sensations. Son esprit s’éclaircit, son existence elle-même semble s’adoucir. Ce fut un peu ce que Yui ressentit à cet instant. Qu’importaient les pauses dans les mouvements ou non, elle ne pouvait voir en la chasseresse que son sauveur, une nouvelle fois. Malgré tout, elle n’abandonnerait pas si facilement son marchandage. Ses lèvres s’étirèrent une nouvelle fois avant de prendre la parole, sans véritable assurance, mais en réussissant à plonger dans le regard de son vis-à-vis, son corps ne tremblant pas telles les branches au vent.

« Si vous n’avez rien à me confier, répondriez-vous à des questions, vous aussi ? Par exemple, pour deux ou trois de vos interrogations, vous accepteriez d’écouter une des miennes. Qu’en dites-vous ? »

C’était du marchandage. Mais d’une nature plutôt compliquée, aucune d’elles ne semblaient vouloir reculer. Si la chasseresse considérait une réponse pour un paiement, ce n’était pas le cas de la Dragibus. Il fallait qu’elle reçoive quelque chose, qu’une parole vienne emplir son vide intérieur. Il lui semblait que c’était peu demander, mais peut-être se trompait-elle ? Son sauveur pouvait ne pas avoir la même notion d’exigence... Mais il y avait un point où leurs idées ne divergeaient pas, c’était les astuces qui pourraient être apprises par la japonaise. Celle-ci approuva d’ailleurs d’un signe de tête.

« Mais oui, ce que vous me proposez d’apprendre me suffit. Je ne pense pas être capable de faire beaucoup plus dans le temps que vous pourrez m’accorder... »

Accompagnant ses paroles, un sourire naquit sur ses lèvres. Sans véritable joie, plutôt comme une excuse, pour se faire pardonner d’être un poids sans grandes capacités. Oui, la jeune fille devait bien l’admettre, elle n’avait rien d’une parfaite débrouillarde. Son campement n’était qu’une pâle copie de ce qu’elle avait vu faire par cette même chasseresse par le passé. Seulement, la viande n’aurait jamais fait partie de ses aliments si elle s’était retrouvée seule. D’ailleurs, la douleur qui l’accompagnait depuis sa chute n’aurait pas non plus été apaisée par des herbes judicieusement choisies. Qu’était-elle en mesure d’accomplir de son propre chef finalement ? A peine assez pour survivre... C’était sans doute pour cette raison qu’elle essayait d’obtenir cette formation, espérant parvenir à un accord cette fois. Tout le monde serait satisfait avec sa dernière tentative, non ? Non ? Comme pour repousser à plus tard la décision finale, Yui reprit d’une voix douce, hésitante, à peine audible.

« Peut-être pourrons nous trouver plus facilement un terrain d’entente après une nuit de sommeil ? Je... Je commence à fatiguer et... Même si vos cataplasmes m’ont soulagée, supporter la douleur toute la journée m’a épuisée... Cela vous dérange-t-il ? »

Joignant les actes aux mots, la japonaise rejoignit sa paillasse précaire, attendant que la chasseresse lui confirme qu’elle pouvait patienter jusqu’à demain avant de se laisser aller et sombrer dans les bras de Morphée...
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MessageSujet: Re: Un bien beau campement... [Pv Myia]   Mar 1 Avr 2014 - 22:46
Plus ou moins confiante, Yui me tendit ses deux poignets douloureux. L’un portait les stigmates laissés par les braises du feu tandis que l’autre était légèrement enflé, elle ne faisait pas semblant quand elle décidait de se blesser. J’avais senti son hésitation avant qu’elle ne se mette en position de faiblesse face à moi. Avait-elle encore peur que je tente quoi que ce soit contre elle ? Il y avait mille et une autres façons de me débarrasser d’elle que de lui coller un pansement d’herbes. Même si c’était l’un de ces moyens, ce n’était pas l’un des plus simples, ni des plus efficaces.

« Je vous remercie. Vous n’étiez pas obligée de faire ça vous savez. »

J’avais marqué un temps avant de glisser la bande de tissus sous le poignet enflé d’abord. C’est la surprise qui m’avait fait stopper mon geste quelques instants. Il est vrai que je n’étais pas obligée de l’aider mais si je le faisais c’est que j’avais mes raisons et elle n’arriverait pas à me faire regretter mes actes. Personne n’a réussit depuis ma Reine et cela n’allait pas changer de sitôt. La pose du bandage arracha une grimace de douleur à la jeune fille, presque aussitôt suivi par une expression de soulagement. Les deux mêmes expressions en un peu moins marquées s’alternèrent sur son visage tandis que je finissais l’autre pansement. Néanmoins, un sourire se fixa sur ses lèvres avant de persister dans son marchandage avec moi.

« Si vous n’avez rien à me confier, répondriez-vous à des questions, vous aussi ? Par exemple, pour deux ou trois de vos interrogations, vous accepteriez d’écouter une des miennes. Qu’en dites-vous ? »

Je haussais un sourcil interrogateur avant de finir par capituler, elle ne cèderait pas. Je devais l’intriguer autant qu’elle attisait ma curiosité. J’allais lui donner ma réponse mais sa manie de toujours vouloir se justifier et donner des arguments à quelque chose qui n’en avait pas besoin m’empêcha de la lui offrir.

« Mais oui, ce que vous me proposez d’apprendre me suffit. Je ne pense pas être capable de faire beaucoup plus dans le temps que vous pourrez m’accorder... »

C’était mieux ainsi, comme ça, cela me laisserais le temps de trouver mes réponses sans qu’elle ne vienne entraver trop longtemps ma liberté. Je la laissais parler même si j’aurais préféré l’interrompre, je voyais que c’était important pour elle. Et puis, l’étiquette était trop ancrée en moi pour que je coupe la parole à quelqu’un encore moins à une femme. Parfois, je détestais cette étiquette...


« Peut-être pourrons nous trouver plus facilement un terrain d’entente après une nuit de sommeil ? Je... Je commence à fatiguer et... Même si vos cataplasmes m’ont soulagée, supporter la douleur toute la journée m’a épuisée... Cela vous dérange-t-il ? »

Enfin une bonne raison de se taire. Je secouais tranquillement la tête pour lui signifier le peu d’importance de sa question. Elle rejoignit le lit de feuille. Je lui glissais une couverture plus chaude et surtout moins humide que le sol avant qu’elle ne prenne place. Voyant que nous nous bougions pour aller dormir, Nocturne s’approcha et vint se cocher non loin de la couverture que j’avais étendue pour moi. La jument renâcla pour que je lui ôte la selle et le licol, ce que je fis bien volontiers. Une fois, déharnachée, elle s’allongea et je coinçais mon dos contre le sien. Je jetais un dernier coup d’œil à la elle endormie qui avait déjà rejoint le monde des rêves avant de plonger dans un demi-sommeil qui me permettais de récupérer de la journée sans pour autant relâcher ma surveillance. La pulsation lente et puissante de Nocturne résonnait dans ma cage thoracique, mon propre cœur s’aligna sur ce battement, son corps me soutenait dans une position semi-assise qui était parfaite pour ce genre d’exercice...

Un sifflement discret mais tenu me sortit de ma torpeur. Je connaissais bien ce son. Le feu avait finit par décroitre et était réduit à l’état de braises tout juste suffisante à maintenir une chaleur minimum mais n’accordait plus la sécurité de longues flammes. Un serpent s’était faufilé discrètement jusqu’à leur campement espérant soit trouver de la chaleur soit son prochain repas. Mon arc trouva sa place qui était sienne au creux de ma main. Je ramenais doucement la corde le long de ma joue, la plume noire venant caresser mes lèvres. Une inspiration de plus et l’animal à sang froid rendrait son dernier soupir. Sentant la menace silencieuse, il se dressa mais c’était inutile, la flèche fila avec une précision infaillible. La pointe acérée vint se ficher dans l’œil à présent vitreux du serpent. Aucun bruit le léger sifflement de la flèche n’avait dérangé le silence de la nuit. La pensée du repas du lendemain décrocha un sourire à la chasseresse, elle n’aurait pas à chasser demain sauf pour son plaisir. Sa proie rangée dans l’une de mes sacoches, je calquais à nouveau ma respiration et les battements de mon cœur sur ceux restés tranquille de ma monture.

L’aube se leva parant le ciel de ses couleurs chaudes, délaissant sa robe de nuit, l’astre diurne fit son apparition à l’horizon. Je goutais à ses rayons matinaux qui venaient caresser doucement ma peau rendue fraiche par la nuit. La rosée étendait son humide manteau sur l’herbe de la clairière. Nocturne se secoua la crinière et commença à brouter en gardant sa position allongée pour ne pas me déranger. Je savourer ces quelques instants de parfaite harmonie et de réveil. Les bruits de la nuit laissèrent place à ceux du jour. Les oiseaux et les autres animaux de la forêt se réveillaient doucement et les arbres semblaient agiter leurs ramures.  
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MessageSujet: Re: Un bien beau campement... [Pv Myia]   Jeu 3 Avr 2014 - 16:55
La chasseresse me fit silencieusement comprendre que cela n’avait d’importance pour elle. Un léger sourire lui répondit, mais au fond de mes yeux, loin derrière la surface, c’était toujours la mélancolie qui siégeait sans partage. Même si elle l’avait remarqué, Myia ne dit pas un mot : l’heure n’était plus aux questions. A la place, elle vint déposer une couverture sur son matelas improvisé. Les feuilles n’étaient donc pas un parfait isolant ? C’était bon à savoir. Remerciant une nouvelle fois sa compagne, silencieusement, Yui s’enroula dans la couverture et sombra presque instantanément. Les premières heures de son sommeil furent lourdes, sans rêves. Un repos total que rien ne semblait pouvoir perturber. Son esprit s’était complètement déconnecté, oubliant la réalité, mettant de côté la possible dangerosité de sa position actuelle...  Plus rien ne comptait, un néant sans émotions. Le paradis.

Puis la vie reprit ses droits. La Dragibus ne sut pas exactement ce qui l’avait tirée de cet état de repos, mais son esprit s’éveilla au monde. Ses paupières restèrent fermées, mais les bruits lui parvenaient. Un sifflement ? Cela ne ressemblait guère à celui d’un reptile. Son cerveau encore ensommeillé chercha une explication dans la Nature avant de se concentrer sur la chasseresse. Un arc, des flèches, un animal approchant, et finalement le projectile qui siffle pour réduire au silence la menace pesant sur le campement. C’était sans doute cette arrivée qui l’avait sortie du noir complet. Elle en était désormais réduite à supporter combiner assoupissement et pensées. Un Enfer où ces dernières se faisaient une joie de tenter de la torturer. Moins son sommeil serait profond et plus elles pourraient avoir d’impact pendant la journée suivante. C’était là leur objectif : arriver à s’exprimer à travers ses expressions, ses paroles pour la faire paraître plus humaine. Seulement, l’humanité ne l’intéressait plus. A quoi bon en faire partie ? Ces êtres n’étaient que des monstres qui prétendaient appartenir à cette classe. Si tel était le cas, alors Yui préférait ne pas l’être !

* Ai-je vraiment le choix ? *

Cette pensée traversa son esprit inconscient comme tant d’autres avant elle. Mais contrairement aux précédentes, elle revenait de temps à autre. Cette interrogation lui paraissait légitime. Pouvait-elle abandonner la "race humaine" ? Pour devenir quoi ? Difficile à le définir. Peut-être était-ce pour cette raison que la japonaise repoussait inlassablement la recherche d’une réponse. La peur ? Oui c’était sans doute ce qui la guidait dans ces moments précis. Cet étrange sentiment parvenait à se frayer un chemin dans son esprit avec la fourberie d’un renard. C’était l’un des seuls d’ailleurs, hormis peut-être la pitié... Mais celui-ci faisait partie intégrante de sa vie. Les gens la plaignaient, elle plaignait les gens. Il n’y avait pas de fin possible. C’était un beau comme le jour et la nuit... Ils s’enchainaient sans vraiment réfléchir, et s’enchaineraient encore bien des années après la mort de la Dragibus. D’ailleurs, il était temps pour l’astre lumineux de faire son apparition.

La fatigue était toujours aussi présente dans les membres de Yui mais son esprit, lui, malgré la fin tourmentée de la nuit, s’était reposé. Les idées claires, avec cette interrogation rémanente en fond, elle ouvrit les paupières. L’heure était encore matinale et il lui sembla qu’il faisait encore froid. Lorsqu’elle repoussa la couverture, ses jambes nues protestèrent. Son corps tout entier se joignit ensuite à cette rébellion. Un frisson la parcourut mais elle se redressa tout de même en position assise. En tournant la tête vers la chasseresse, la japonaise vit qu’elle n’était pas la seule à sortir de la torpeur du sommeil, même si pour sa compagne, cela semblait plus aisé. Même l’animal ne semblait pas gêner par ce début de journée, commençant déjà à prendre ce qui s’apparenterait à un petit-déjeuner. Avant de revenir vers l’âtre qu’il faudra rallumer, la jeune fille étendit sa serviette sur le "matelas" pour la "sécher" avant de la replier, plus tard dans la matinée.

Frissonnant toujours un peu, les bras croisés sur sa poitrine, Yui s’installa devant le foyer où elle déposa les branches ramassées la veille. Puis, attrapant une des quelques allumettes qui lui restait, elle tenta de faire redémarrer le feu, s’aidant de quelques feuilles mortes. Elle resta immobile pendant un certain temps, profitant de la chaleur que commençait à émettre le feu pour se réchauffer et interrompre les frissons qui la parcouraient à intervalles réguliers.

« Votre nuit ne fut pas trop fatigante ? »

Son instinct lui faisait penser que si elle avait  dormir sereinement pendant une grande partie de la nuit, la chasseresse, elle, était restée aux aguets. Sinon, comment aurait-elle pu entendre ce son caractéristique d’une flèche tirée ? Cela aurait pu faire partie de ses songes, mais la Dragibus était persuadée que ce n’était pas le cas. Sa question fut rapidement suivie d’une seconde portant sur leur conversation de la veille. Autant s’y frotter tout de suite et ne pas perdre de temps, Myia n’avait probablement pas l’éternité devant elle pour enseigner quelques truc à une novice... Sa voix tremblait légèrement avec le froid qui n’avait pas encore quitté son corps, mais son ton demeurait assez assuré.

« Avez-vous réfléchi à notre entente ? »


Dernière édition par Yui Tamaki le Mar 8 Avr 2014 - 9:50, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Un bien beau campement... [Pv Myia]   Sam 5 Avr 2014 - 22:47
La nuit n’avait pas été calme et tranquille pour tout le monde, je n’avais pas pensé que mon intervention aurait pu l’a réveillé et même si elle n’avait pas ouvert les yeux, elle avait quitté  la lourde cape de Morphée pour se contenter d’un sommeil agité par des pensées plus ou moins agréables. Mais ce n’était peut-être que des idées que je me faisais, je l’avais juste senti bouger à plusieurs reprises. Les tracas de la nuit s’effaçait sous les caresses du soleil encore doux de cette aube. Sans ouvrir les yeux, je guettais les sons diurnes qui prenaient la place de ceux nocturnes qui avaient bercés ma nuit. J’entendis très clairement le frottement du tissu et le bruissement des feuilles, qui m’indiquait que Yui se levait. Nocturne broutait l’herbe recouverte de rosée, ses muscles roulant sous sa peau et dans mon dos. J’admirais la puissance des muscles qui pouvait courir sous sa peau douce. Une inspiration tranquille de plus et j’ouvris les yeux pour goûter pleinement à cette belle matinée qui commençait. J’avais bien raison, la jument avait commencé à manger tandis que la jeune femme était près de l’âtre et s’était mis en tête de le rallumer. Les rayons faibles de ce matin éclairait et illuminait la clairière. Le reflet de chaque rayon du soleil sur chacune des gouttes de rosée qui parsemait la clairière était un pur ravissement. Yui plia la couverture et sortit une allumette pour faire revenir les flammes dans le petit cercle de pierre. La jeune femme semblait avoir froid ce qui expliquait ses mains enserrées autour de sa taille et sa volonté de raviver le feu. Je ne souffrais pas du froid, pas celui matinal en tout cas. Il fallait une véritable tempête de neige pour me ressentir un quelconque froid, mais la jolie brune n’avait pas ma constitution.

« Votre nuit ne fut pas trop fatigante ? Avez-vous réfléchi à notre entente ? »


Sa voix manifestait bien de la fraicheur dans laquelle elle était enfermée. Je me levais d’un mouvement fluide. Nocturne suivit mon mouvement avant d’aller se chercher d’autres herbes tendres.

« Ma nuit était excellente. Et j’y ai réfléchit. Et voici ma première question : Quel sens voulez-vous donner à votre vie ? »

La question pouvait paraitre étrange mais c’était celle qui m’intéressait. Je ne voulais pas apprendre mon savoir à quelqu’un qui n’avait aucun but, aucune vision de son avenir. A quoi bon apprendre à vivre à quelqu’un qui souhaite ardemment la mort. Si je devais transmettre mes connaissances de survie à quelqu’un, je voulais être sure de savoir que je ne les donnais pas en vain. De plus, cela me permettais de savoir ce qui pousse Yui à agir et à vivre, ce qui faisait qu’elle se donnait de prendre une nouvelle inspiration, de poursuivre son chemin, de demander à une chasseresse de lui apprendre à survivre en forêt. Lui laissant le temps de réfléchir à cette question qui est surement l’une des plus importante et l’une des plus complexes à répondre, je m’approchais de mon apprentie et lui pris les bras. Je défis ses pansements pour savoir à quoi ressemblaient ses blessures après mes quelques soins.


« C’est encore douloureux ? »


Une autre question qui devait interrompre un peu ses pensées et sa réflexion à ma première demande mais celle-ci aussi était importante même si elle concernait plus le présent que l’avenir ou encore que le passé...
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MessageSujet: Re: Un bien beau campement... [Pv Myia]   Mar 8 Avr 2014 - 15:02
Sa première question ? Cela voulait-il dire qu’elle acceptait sa dernière proposition de la veille ? Oui, en tout cas, ce fut la conclusion que tira la Dragibus de cette première réplique matinale. Ça, et le soulagement de savoir que sa nuit avait été reposante. Après cet incident qui lui semblait avoir eu lieu, c’était rassurant. Mais peut-être mentait-elle ? Peut-être n’avait-elle fait que veiller contre l’adversité d’un milieu que l’Homme n’avait pas dompté. Pas encore ? C’était possible, l’humanité était conquérante et semblait vouloir toujours plus. Avidité, envie, arrogance... Oui, ces traits caractérisaient tous ce qu’elle voyait en l’Homme et une fois de plus, cela la rebutait. Ces principes n’avaient rien de louables ! Pire, ils étaient même inutiles, dépourvus de sens. Pourquoi continuer à s’étendre ? Plus le genre humain étendrait sa domination, plus les egos voudront se partager les territoires et conquérir ceux de leurs voisins. N’était-ce pas ce qui était arrivé dans son monde d’origine ? La folie... Cela la dégoutait et son visage se referma imperceptiblement. Le temps de s’en rendre compte et elle reprenait son indifférence amicale coutumière.

Comment répondre à cette question ? Ce n’était pas la plus simple pour commencer. Le sens de sa vie ? N’était-ce pas très philosophique comme interrogation ? Non, c’était celui qu’elle-même lui donnait. Peut-être voulait-elle une réponse plus pratique ? Ou alors voulait-elle entendre un mixe des deux ? Cette femme lui était étrangement fermée. Ses désirs, ses peines, ses joies... Cela lui paraissait obscur. Sa carapace était-elle trop dure, impénétrable ? Comme si, contrairement à certaines personnes s’entourant d’un mur, elle ne voulait pas que cette protection puisse être franchie, qu’importaient les intentions de son interlocuteur. La jeune fille ne pouvait donc se fier qu’à son instinct. Celui-ci ne la trompait que rarement, mais elle pressentait que cette fois, une erreur aurait des conséquences. Pas sur sa vie, mais sur son apprentissage. Un peu comme si tout cela n’était qu’un test. Et peut-être était-ce bien le cas ? Les gestes de la chasseresse stoppèrent ses pensées. Elle faillit esquisser un mouvement de recul avant de comprendre son intention. Les pansements défaits, ses paroles vinrent conforter l’intuition de la japonaise.

Avait-elle encore mal ? La douleur liée à sa brûlure s’était estompée, seule une légère irritation persistait. Pour son autre poignet, ce n'était pas aussi simple. Il ne la faisait plus souffrir, mais c’était parce qu’elle le laissait au repos. Le cataplasme soulageait, mais sans soigner. Il n’y avait rien pour guérir ce genre de blessures hormis le temps et le repos. Une réponse simple à formuler globalement.

« Seulement la foulure. Mais ça ira, il faut juste attendre. »

Sa voix avait retrouvé calme et sérénité. La chaleur du foyer avait fini par payer et ses tremblements avaient cessé. Ne restait plus qu’à définir avec des mots ce qu’était sa vie à ses yeux, ses objectifs. Le plus dur... D’abord hésitante, Yui retrouvait de l’assurance au fil des mots, comme possédée par ce qu’elle disait. Son regard, d’abord dans le vide, se fixa finalement dans celui de la Réglisse.

« J’aimerais continuer à soutenir, à aider, à prêter mon oreille aux autres. Cela peut paraitre ridicule pour quelqu’un de si faible, mais j’ai malgré tout quelques atouts. Et s’ils peuvent aider, autant les mettre à profit... »

Était-ce la bonne réponse ? Y en avait-il seulement une ? Encore une fois, la Dragibus l’ignorait. Une seule chose était sure, elle avait répondu avec franchise, sans détours inutiles. Ce n’était que la première question, d’autres viendraient et, pour le moment, ce n’était pas son tour de les poser. Elle attendit donc tranquillement, rebaissant les yeux vers le foyer. Sa main brûlée attrapa alors une petite branche près d’elle pour remuer les braises. Ce n’était pas nécessaire, mais ça avait quelque chose d’hypnotisant, de reposant... Cela comblait son attente, éveillait ses sens et l’aidait à se sentir prête pour le nouvel assaut interrogatif. Celui qui la séparait de son premier questionnement...
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MessageSujet: Re: Un bien beau campement... [Pv Myia]   Sam 12 Avr 2014 - 21:32
Les émotions passaient sur le visage de la lectrice sans s’y attarder, comme un fleuve ne s’attarde pas sur un rocher, il continue son chemin. Et, elle, suivait le cours de ses pensées sans se préoccupé des obstacles qui freineraient sa vision du monde. Une pointe de curiosité vint se ficher en moi et il me tardait de savoir ce qui l’agitait ainsi et quelle sera sa réponse. Pour m’occuper les mains et l’esprit j’avais entreprit de dénouer les morceaux de tissus. Les herbes, maintenant sèches vinrent se poser sur le sol tandis que le lui demandait si elle ressentait encore une quelconque douleur en ignorant son premier mouvement de recul qu’elle a difficilement retenue quand je me suis approchée un peu trop près. Avait-elle peur de moi ? Il est vrai que je n’étais pas des figures les plus rassurantes au monde mais tout de même, je lui avais prouvé plus d’une fois que j’avais aucune intention de lui nuire sinon ce serait déjà fait depuis longtemps. J’aurais pu le faire de mille et une façons et ce n’était pas après l’avoir soignée en partie et avoir démontrer mon envie d’en savoir plus sur elle que j’allais changer d’avis. Je n’étais pas ce genre de personnes qui échafaudait des milliers de plans et des milliers de manières tordues et pernicieuses de nuire à quelqu’un. Avec moi, la meilleure méthode, la plus efficace et la plus expéditive était encore une attaque directe, sans détour comme l’était pas conversation et ma vie en général.

« Seulement la foulure. Mais ça ira, il faut juste attendre. »


Je hochais simplement la tête, je n’aurais pas pu donner meilleur diagnostic. Il fallait simplement que Yui évite de faire un faux mouvement comme celui d’hier soir, qui en plus de trahir sa douleur, n’aidait pas à guérir. Une attèle aurait pu faire l’affaire mais je doutais qu’elle souhaite s’encombrer de ce genre de procédé de guérison, encombrant et peu pratique. Les tremblements de la jeune femme s’étaient finalement arrêter et c’est d’un ton d’abord hésitant puis plus déterminé qu’elle me livra le but de sa vie et le sens qu’elle voulait lui donner. Une question que l’on posait bien trop peu.

« J’aimerais continuer à soutenir, à aider, à prêter mon oreille aux autres. Cela peut paraitre ridicule pour quelqu’un de si faible, mais j’ai malgré tout quelques atouts. Et s’ils peuvent aider, autant les mettre à profit... »

Une approche directe et sans fioritures, j’appréciais cette franchise non masquée par les détours des mots. Juste ceux qu’il fallait pour répondre clairement à ma question je n’en attendais pas plus et cela suffit à me convaincre de l’aider. Ce n’était pas un grand but et on ne peut pas dire qu’elle avait une ambition folle mais c’était un objectif à sa mesure et qui lui convenait parfaitement. J’aurais du pouvoir le deviner avant quand elle m’a proposé d’écouter tous les remords que je pouvais ressentir. Elle remua légèrement les braises du feu dont la flamme encore timide dansait sous le soleil naissant. Ce geste semblait l’apaiser car ses épaules se détendirent et un sourire discret vint se poser sur ses lèvres. Il était temps pour ma question suivante.

« Comptes-tu rester à Queer Tales ? »

Question plus simple qui en transparence montrait bien le fait que je savais qu’elle était une lectrice, puisqu’un conte ne pouvait quitter ce monde. Mais cela importait peu. Il y avait aussi une volonté de ma part de confirmer que mes apprentissages seront utiles. Je ne connaissais pas grand-chose au monde des lecteurs mais je doutais qu’il y ait beaucoup d’occasion de poser un collet ou de repérer un endroit pour camper, sinon Yui saurait déjà comment faire. J’étais assez intriguée par ce monde, où la survie n’était qu’une chose facultative mais cela passait souvent en arrière-plan, je préférais nettement continuer à découvrir les richesses de Queer Tales et bien que je sois là depuis longtemps, j’ai l’impression de toujours apprendre dans la forêt. Une rivière ne coule pas de la même manière selon les jours, un lever de soleil a toujours une particularité bien à lui qui le rend si magnifique, un chant d’oiseau ne répondra pas aux mêmes interrogations des autres oiseaux... Après sa réponse, je lui laisserais poser l’une de ses questions, ce sera aussi intéressant que l’une de ses réponses car cela montrera les points où sa curiosité est le plus à vif et ce qui peut interpeller les gens quand ils me rencontrent, ce sera une expérience intéressante.
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MessageSujet: Re: Un bien beau campement... [Pv Myia]   Mar 22 Avr 2014 - 17:13
La deuxième question paraissait plus simple. Pourtant, dans l’esprit de la jeune fille, ce n’était pas tout à fait le cas. Rester à Queer Tales ou rentrer dans son Japon natal ? Elle n’aimait pas vraiment ce nouvel univers dans lequel elle évoluait. Trop de violence, trop d’illogismes, trop de mensonges... Mais en le quittant pour revenir dans son monde d’origine, trouverait-elle mieux ? La plupart des lecteurs diraient que oui, mais l’unique différence entre les deux était l’hypocrisie. Ici, personne ne semblait nier les vices dont souffrait le monde alors que dans son pays d’origine... Il lui semblait que chaque Homme portait un masque, que chaque territoire était dirigé par un menteur usant de tous les stratagèmes possibles pour atteindre des sommets, que chaque guerre était justifiée de façon de plus en plus délirante. Franchise ou dissimulation ? Tel était le dilemme de la Dragibus. Vivre dans un monde faux, où le bonheur semblait possible, ou affronter un monde cruel mais sans masques. Comment choisir ? Comment trancher ? D’abord hésitante, la conviction de connaître la réponse s’imposa à elle.

« Oui. »

C’était une évidence. Pourquoi quitter un lieu si c’était pour se remettre à fuir ? Ici, être elle-même n’avait pas l’air d’être un défaut. Les gens ne la regardaient pas comme avant. Et encore, le Japon ne dénigrait pas autant la solitude que les autres pays. Là-bas, le fait d’être solitaire ne sonnait pas comme une tare que chacun devait dissimuler derrière un masque pour éviter d’entendre les murmures sur son passage. Malgré tout, des regards la suivaient parfois : méprisant, narquois, empli de pitié... L’indifférence qui la caractérisait l’empêchait de s’en préoccuper outre mesure. Mais si jamais ces mêmes personnes qui l’observaient se retrouvaient dans sa position ? Oh quel désastre ! Ils se mettaient à déprimer, ne comprenant plus, se recroquevillant sur eux-mêmes...

* Ne faites pas aux autres ce que vous ne voulez pas que l’on vous fasse. Pauvres Hommes. Ou alors, supportez-le, endurez-le, pour en ressortir plus forts ! *

Les pensée de la japonaise s’éloignaient de plus en plus de la chasseresse et il lui fallut faire un effort pour revenir à l’instant présent. Cette réponse plutôt courte lui suffisait-elle ? Voulait-elle des raisons ? C’était une chose qu’elle n’avait pas précisée. Seulement, Yui doutait que ce soit le cas. Cette femme étrange ne semblait pas s’intéresser à ce genre de futilités. A quoi bon écouter une justification quand un jugement ne le nécessitait pas ? A quoi bon la formuler si elle n’avait rien d’original ou d’intéressant ? Economiser ses paroles, se contenter de respecter ses promesses pour pouvoir apprendre. De cette façon, la jeune fille pouvait rester elle-même et la chasseresse ne se trouverait pas saoulée de paroles. Tout le monde y gagnait, non ?

« Obéissez-vous à quelqu’un, quelque chose ? »

Cela pouvait paraître étrange comme question, seulement le souvenir de la veille la fit franchir ses lèvres sans véritable hésitation. Comment pouvait-elle ne rien avoir sur le cœur et être ainsi couverte de sang ? Yui doutait que ce soit le résultat de sa chasse, ou alors c’était une traque particulière. Et si cela avait autant marqué ses vêtements sans atteindre son esprit, la seule raison valable n’était-elle pas l’ordre ? Exécuter une demande, voilà quel était la tâche de certains. Peu importait la moralité de l’acte, l’obéissance était primordiale. C’était ce qui se passait dans n’importe quelle armée, même si la japonaise n’imaginait pas la chasseresse au sein d’une telle organisation, cela n’empêchait pas la possibilité d’être « dirigée ». Par une personne ? Par un dogme ? Après tout, les sacrifices étaient fréquemment utilisés comme preuve de sa croyance. Dans quelle situation se trouvait-elle ? Voudrait-elle seulement répondre à cette question ? Un frisson parcourut son corps en imaginant ce qui pourrait se passer si cela lui déplaisait et qu’elle décidait. La jeune fille le cacha en se frottant les bras, comme si le froid l’avait une nouvelle fois attaquée. Myia ne méritait pas que la Dragibus soit aussi méfiante, pas après le nombre de fois où elle l’avait aidée. Celle-ci ne voulait pas la vexer par cette vigilance trop grande... Attendre désormais, voilà tout ce qu’elle pouvait faire.
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MessageSujet: Re: Un bien beau campement... [Pv Myia]   Sam 26 Avr 2014 - 17:16
La réflexion de Yui se fit plus longue que je ne le pensais. Ma question était-elle plus complexe que je ne le croyais ? Ou bien ne s’était-elle jamais réellement posé la question ? Il est vrai que quand on n’a jamais réfléchit à une interrogation, il est toujours plus long de fournir une réponse à quelqu’un qui vous la pose. Mon regard fut attiré par un renard qui vint se poser dans les fourrés guettant une quelconque proie. Mon instinct de chasseur réfléchissait déjà aux divers moyens de le capturer mais la réponse de Yui me ramena à la raison. J’avais suffisamment à manger pour aujourd’hui et il avait l’air affamé. Une raison de plus de le laisser tranquille. Un simple Oui s’était échappé des lèvres de la jeune femme. Je la savais timide et un peu réservée et une telle réponse ne me surprit et je n’en avais pas besoin de plus. Les raison qui la faisaient choisir Queer Tales plutôt que son véritable monde ne me regardait pas. Enfin la jeune femme posa sa première question.

« Obéissez-vous à quelqu’un, quelque chose ? »

Excellente question. Je ne m’attendais pas à cette demande. J’attendais plutôt une question en rapport avec le sang que je portais hier soir où sur l’un des apprentissages qu’elle voudrait apprendre en premier. Mais cette question qu’elle m’a posé et je vais y répondre, cela n’a pas tellement d’importance pour moi. L’allégeance que je portais à ma Reine n’a pas a restée secrète. Au contraire, il valait mieux qu’elle sache qu’à tout moment je pouvais avoir à la laisser pour rejoindre Blanche-Neige.

« Oui, j’ai prêté allégeance au trône de Nivis. »

Réponse simple à une question simple. Je doute qu’elle réussisse à me poser une question réellement compliquée pour moi. J’avais déjà beaucoup pensé, beaucoup réfléchis. De plus, je n’avais rien à cacher, hormis ce que ma Reine m’avait confié. De cela aucun mot n’en sortirait de ma bouche, jamais. Mais ce genre de question ne viendra surement jamais à l’esprit de la jeune femme.

« Bien, première leçon. »


Je me suis alors levée pour aller chercher dans les sacs de selle, le serpent tué la nuit. La seule chose qui montrait qu’il était mort, était son œil entièrement rouge. Un rouge sombre, presque noir.

« Ce n’est ni la plus amusante, ni la plus agréable mais elle est essentielle. Je vais te montrer ce qui est bon ou non dans un animal que tu souhaite manger. Je t’accorde que le serpent n’est pas la viande qui a le meilleur goût mais c’est ce que j’ai sous la main pour l’instant. »


Puis sortant mon poignard d’un mouvement adroit, je continuais.

« Je te montrerais comment l’ouvrir sans trop te tâcher avec un autre. »

Avec une précision presque chirurgicale, je découpais le serpent de long en large, partant du creux de sa gorge jusqu’au bout de sa queue. Morceau par morceau, je lui montrais ce qu’il fallait garder et ce qu’il fallait jeter. Puis d’un deuxième temps, j’enlevais avec des gestes tout aussi précis, la peau du reptile à sang-froid. Ne restait plus qu’une chose à faire, je découpais des lamelles assez épaisses dans la partie comestible de l’animal avant de les étaler sur quelques braises que je séparais du reste du feu.

« En faisant ainsi, tu peux garder ces morceaux pendant quelques jours et manger froid. Ce qui peut éviter d’avoir à faire un feu pour se nourrir sans pour autant se contenter de baies et de plantes. As-tu des question sur ce point ?»


Le temps que cette petite préparation se termine j’avais le temps de lui poser une autre question qui ne concernait pas forcement l’apprentissage que je lui dispensais. J’avais bien une demande à lui faire mais elle était si complexe et regorgeait de sens différents et de multiples questions que se serait triché de poser une telle question. Il me fallait donc trouver une question plus simple, moins générale.


« D’où viens-tu exactement ? Je sais que tu n’es pas de Queer Tales et que tu es surement des pays asiatiques, vu ton physique mais je préfère que tu me confirme ce que je sais déjà et que tu précise tes origines. »

Je savais bien plus que les deux informations que je lui avais données comme ça. J’avais déjà deviné que ce n’était pas une travailleuse, ni une guerrière, ses mains fines n’avaient aucune callosité et elle n’avait surement touché que des livres. Elle était fragile et curieuse mais pourtant dans son regard on pouvait lire de nombreuses épreuves difficiles et des images qu’une personne si jeune n’aurait jamais du connaitre. Je savais qu’elle n’avait pas vécu dans l’oisiveté et les richesses, car elle souciait peu de ses vêtements abimés et avait un minimum de bon sens et était un peu débrouillarde. Mais je préférais lui laisser me dire dans ses mots ce que j’avais deviné en la regardant.


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MessageSujet: Re: Un bien beau campement... [Pv Myia]   Ven 2 Mai 2014 - 23:29
Allégeance au trône de Nivis ? Etait-ce ce lien qui l’unissait ainsi à la reine qui la faisait se couvrir ainsi de sang ? Pour la Dragibus, cela ressemblait à une évidence. Pourquoi une personne n’hésitant pas à l’aider commettrait un acte capable de la salir à ce point si ce n’était pour protéger un royaume ? Cette pensée la fit frémir et elle fit une nouvelle fois passer ça pour l’invasion du froid sur sa peau. Yui ne savait comment réagir face à une telle nouvelle. Plaindre cette femme pour ce qu’elle était obligée de faire ou au contraire la féliciter de pouvoir protéger ainsi ce qu’elle paraissait chérir. C’était difficile de trancher. Au final, ce fut la pitié qui l’emporta. La japonaise plaignait la chasseresse de devoir ainsi obéir, torturer ou peut-être même tuer simplement à cause de sa naissance ou d’un pacte formé plus tard. Le pire dans tout cela, c’était qu’elle se savait incapable de remédier à cela. Il y avait toujours un moment où, malgré l’horreur des ordres, la loyauté faisait aller de l’avant, oubliant les principes, mettant de côté le bien-fondé de ces actions... Seulement, rien ne permettait à la Dragibus de savoir si c’était le cas pour la femme en face d’elle. Peut-être appréciait-elle vraiment ce qu’elle faisait ! Peut-être que ces bains de sang qu’elle devait mettre en œuvre ne l’écœuraient pas ou plus. Ce serait sans doute sur cette piste que se situerait sa prochaine question... En attendant, ses leçons de survie débutaient.

Lorsque la femme sortit le serpent, Yui eut d’abord un léger mouvement de recul, ne sachant pas vraiment ce que serait son premier enseignement. Toutefois, après une observation plus poussée de l’animal, elle constata que non seulement il ne semblait pas essayer de se mouvoir mais qu’en plus, son œil était ne possédait plus la moindre étincelle de vie. Etait-ce là l’origine du sifflement qui avait éveillé ses sens la veille ? Cela lui semblait possible, mais la question ne franchit pas ses lèvres, son attention portée désormais uniquement sur ce que faisait la chasseresse. Ses paroles imprégnaient son esprit et elle se dit que cette viande, malgré son manque de gout, serait toujours un moyen de survivre. Le plus dur pensa la Dragibus, poursuivant ses réflexions, serait de le capturer et de le tuer. Elle doutait que ce genre d’animal était facile à attraper, surtout pour une débutante. Le premier sentiment qui la traversa lorsque la pointe de la lame vint ouvrir l’animal fut du dégout. Entre l’odeur des viscères et le rouge du sang coagulé par la mort, cela ne lui semblait vraiment pas appétissant. Puis, petit à petit, elle se concentra plus sur l’agilité de sa maîtresse, la précision avec laquelle l’animal se faisait dépecer, la dextérité lui permettant de retirer un à un chaque organe avant de se concentrer sur la chair qu’elle découpa sous forme de lamelle. Ça ne serait pas simple d’égaler une telle performance. Pas avant des années de pratiques peut-être ! Mais là n’était pas son objectif. Survivre avant tout, si par la suite, elle parvenait à approcher son niveau de celui de Myia, elle en serait heureuse, mais ce ne serait pas primordial pour autant.

Finalement, la leçon se termina par l’étalage des bandes de viande sur des braises. Une douce odeur parfuma alors le campement. Celle-ci retira l’expression concentrée de la jeune fille pour la remplacer par un sourire léger adoucissant ses traits. Il n’atteignit certes pas ses yeux, comme souvent, mais il n’en restait pas moins agréable et presque reposant. Pouvoir conserver de la viande plusieurs jours lui paraissait être une bonne nouvelle. Faire un feu n’est pas toujours facile et surtout, la viande crue était plus difficile à conserver dans ce monde. Pas de réfrigérateur, pas d’électricité, il fallait donc improviser, revenir à des méthodes que ses ancêtres, pas si lointains que ça, utilisaient auparavant. Lorsqu’elle lui demanda si elle avait des questions, Yui hésita un moment. Compteraient-elles dans leur petit arrangement ou bien était-ce simplement pour la leçon ? Espérant que ce soit pour la leçon seulement, ses lèvres commencèrent à s’ouvrir mais finalement, ce fut la chasseresse la plus rapide.

Ses origines ? Cette interrogation étonna quelque peu la Dragibus, sans que cela ne se remarque réellement. Elle n’aurait pas cru que ce genre de questions lui serait posé. Quel était l’intérêt de connaitre son lieu de naissance quand elle avait déjà choisi de ne plus y retourner ? Peut-être que cela revêtait bien plus d’importance aux yeux de la chasseresse qu’elle ne le croyait... D’un autre côté, cela ne la dérangeait pas de répondre, au contraire. C’était même de loin la plus simple des réponses qu’elle aurait à formuler jusqu’ici.

« Je suis japonaise, de Nagoya plus précisément. »

Elle ne savait pas si le nom des villes était connu à Queer Tales, mais elle ne voulait pas donner l’impression de ne pas répondre correctement à la question. Elle se tut alors pendant un moment, regardant les flammes et la viande à tour de rôle avant de finalement reporter son attention sur la Réglisse. Ce n’était pas son tour de poser les questions, seulement, elle n’avait pas eu le temps de lui répondre pour la leçon.

« Euh... Pour la leçon... J’ai une question sur le feu. Vous avez dit "pour éviter d’avoir un faire un feu", mais euh... Dans quelles situations ne doit-on pas en faire ? »

Elle avait la même impression que lors de ses années de lycée où, n’ayant pas compris un point qui semblait clair à tous, elle posait la question, subissant les regards amusés des autres élèves. Ces moments étaient loin derrière elle, mais cette situation lui semblait étrangement similaire. Seulement, Yui avait du mal à imaginer la chasseresse se moquer ouvertement d’elle pour ses questions. L’avenir pourrait peut-être lui donner tort, mais elle ne pensait pas. En tout cas, il n’y aurait pas forcément le même mépris... Du moins, elle l’espérait.
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MessageSujet: Re: Un bien beau campement... [Pv Myia]   Sam 3 Mai 2014 - 23:48
« Je suis japonaise, de Nagoya plus précisément. »

On ne pouvait pas dire qu’elle était très douée pour développer et si sa région d’origine ne posait aucun soucis, peut-être que son passé en posant beaucoup plus. J’aurais l’occasion de poser d’autres questions à ce sujet, peut-être faudra-t-il que je me montre simplement plus précise encore dans mes demandes.

« Euh... Pour la leçon... J’ai une question sur le feu. Vous avez dit "pour éviter d’avoir un faire un feu", mais euh... Dans quelles situations ne doit-on pas en faire ? »

C’était une bonne question à laquelle je n’avais effectivement pas donné de réponse. Et les réponses a cette question étaient multiples. Je reconnaissais que cette petite savait où trouver les points manquants, poser les bonnes interrogations et semblait douée pour survivre. Il lui faudrait simplement un peu d’entrainement avant de réussir à se débrouiller pour survivre. Dommage qu’elle soit si frêle, elle aurait surement fait une excellente chasseresse. Mais ce n’était pas ce qu’elle m’avait demandé. Et je devais me concentrer sur ce point. Yui voulait simplement survivre pas se battre, je le sentais. Elle était beaucoup trop gentille pour ça. Il lui manquait un petit truc pour qu’elle saute le pas mais cela ne viendrait pas tout de suite, si ça venait un jour.

« Un feu prend du temps à installer, à préparer et à maintenir, si le temps vous presse, il peut utile de ne pas avoir en faire et si certains animaux sont repoussés par le feu, certains au contraire sont attirés par sa chaleur... comme les serpents. Ils sont moins nombreux rassurez vous mais tout de même, ils ne sont pas à négliger. »

Les morceaux de serpents enfin cuits, je les rassemblais et les glissais dans une sacoche en cuir. J’en tendis une lamelle à Yui qui semblait avoir faim avant de siffler Nocturne. Je plaçais la nourriture dans les sacoches de selle. Il était temps pour sa deuxième leçon : poser un collet. Je caressais les flancs puissants de ma jument couleur de nuit quand cela me donna une idée, la leçon numéro deux ne serait peut-être pas celle là. Ma main remonta pour venir flatter son encolure. Je plongeais mon regard noir dans le sien pour lui faire passer ce que je voulais faire et de l’aide dont j’allais avoir besoin. Elle secoua la crinière pour montrer son manque de motivation mais finit par accepter. Je lui offris un sucre, ce qui lui fit oublier son mécontentement et elle poussa un hennissement joyeux qui fit fuir quelques oiseaux. Je retiens le reflexe de prendre mon arc pour en abattre un ou deux. J’avais une leçon à donner. ce n'était pas une leçon vitale pour survivre en forêt mais c'était un bon exercice et je le savais pour y avoir pris goût, monter sur une telle monture ne s''oubliait pas. Je me retournais alors vers la japonaise.

« Etes-vous déjà monter à cheval ? »


Toujours en train de caresser l’encolure de ma jument, je lui indiquais d’un mouvement de tête le dos de Nocturne. Le cheval noir posa sa tête fine sur mon épaule tandis qu’elle s’approchait.
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MessageSujet: Re: Un bien beau campement... [Pv Myia]   Dim 4 Mai 2014 - 23:23
La jeune femme acquiesça. Cela paraissait logique en y pensant. Toutefois, la japonaise ignorait que le feu pouvait aussi attirer les animaux. Pour elle, le risque était surtout d’être repérée par des êtres dont les motivations n’étaient en rien pacifiques. D’ailleurs, dans son esprit, elle n’avait jamais pris en compte la nécessité de l’entretien. En y réfléchissant, c’était pourtant le plus contraignant, l’allumer ou l’éteindre n’avait rien de compliqué. Ces informations s’ancrèrent dans un coin de son esprit. Peut-être y penserait-elle à deux fois lors de sa prochaine halte avant de préparer un foyer...

La première leçon était apparemment terminée, la chasseresse lui tendit une lamelle de viande encore tiède. La Dragibus la grignota lentement en observant son enseignante préparer son cheval. De son côté, elle récupéra sa petite sacoche et se tint prête pour la deuxième leçon. Quelle serait-elle ? Peut-être des rudiments de chasse ? La jeune fille se doutait que le kyūdō puisse être appris dans un délai relativement court. Mais comme elle l’avait dit la veille, poser un collet pourrait être une piste. Tuer un animal n’était pas dans ses habitudes, mais pour sa survie, il lui faudrait peut-être aller à l’encontre de sa nature. Maintenant qu’elle s’était lancée, la Dragibus ne pensait pas pouvoir revenir en arrière. Ce genre d’occasion ne se produisait pas tous les jours et il serait bête de la laisser passer... Surtout quand le professeur qui s’offrait à nous était de la trempe de la chasseresse. C’était une chance qui avait rarement lieu plus de deux fois dans une vie.

Yui fut tirée de ses réflexions par la voix de Myia qui lui annonçait le thème suivant. L’équitation ? Les sourcils de la japonaise se levèrent de surprise sans qu’elle ne puisse s’en empêcher. Ses pensées n’avaient jamais imaginé ce genre d’apprentissage. Il était vrai qu’une monture serait agréable pour voyager. Marcher permettait d’économiser le peu d’argent qu’elle possédait, toutefois, les ampoules la ralentissaient parfois énormément et dans ces situations, un cheval serait reposant. Elle secoua donc négativement la tête avant de s’approcher de l’animal aux crins noirs. Plus elle avançait et plus un problème semblait s’affichait devant ses yeux. Comment pouvait-elle se retrouver sur le dos de cet animal dont la hauteur était à peu de chose près sa taille ? Elle jeta un œil sur la chasseresse qui ne sembla pas encline à dire quelque chose. La Dragibus se tourna à nouveau vers la jument et, après avoir pris une longue inspiration, tenta d’escalader ce qui lui semblait une montagne. Ses mains se glissèrent dans son encolure avant de prendre impulsion en collant son corps à l’animal. Sa jambe droite passa de l’autre côté de l’animal et, pendant une seconde, elle crut avoir réussi l’exploit dès son premier essai. Ce fut juste avant de se sentir emportée par son élan. Elle pensa une seconde à s’accrocher aux crins de l’animal pour ne pas chuter avant de renoncer. Il n’était pas certain que cela aurait plus à la monture... Elle se retrouva donc rapidement au sol, le dos et le fessier endolori par l’aventure. Se remettant en position assise grimaçante, la jeune femme marmonna.

« Je crois que ce n’était pas exactement ça... »

Le hennissement qui suivit son épopée sonna à ses oreilles et elle ne put s’empêcher de sourire en faisant le tour de l’animal, préférant passer du côté de la tête. Cette fois, la chasseresse lui dit ce qu’elle n’avait pas fait de la bonne façon. C’était donc ça ! Laisser faire l’élève pour voir s’il était capable de se débrouiller seul avant de l’assister si ce n’était pas le cas. La japonaise trouvait cette méthode sympathique, essayer par soi-même avant d’obtenir la solution lui paraissait plus productif. Son corps n’était certes pas du même avis, mais il n’était pas vraiment objectif. Elle renouvela donc l’expérience avec ces conseils et rencontra une nouvelle fois le sol. Ce ne fut qu’au quatrième essai qu’elle parvint à rester en selle, à son grand soulagement. Les rencontres avec le sol n’étaient pas des plus agréables et les plaintes commençaient à être nombreuses.

Malheureusement, Yui pressentait que ce n’était pas encore terminé. Si le début avait été pénible, chevaucher ne s’annonçait pas beaucoup plus simple. Elle hésitait à vraiment agripper l’encolure du frison et ne savait pas vraiment comment s’y prendre pour le faire avancer. Elle se décida finalement à donner un coup de talon dans les flancs de l’animal. Trop fort sans doute puisque celui-ci partit un peu trop vite et elle n’eut pas le temps de s’accrocher et se retrouva à nouveau les quatre fers en l’air. Elle releva la tête pour voir que Nocturne, lui, rejoignait tranquillement sa maitresse, et se laissa tomber au sol pour reprendre son souffle. Ce fut la voix de la chasseresse qui la tira de son répit et elle se remit sur pieds avant de repartir à l’assaut de la belle jument noire...
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MessageSujet: Re: Un bien beau campement... [Pv Myia]   Lun 5 Mai 2014 - 14:21
La clairière était assez grande pour cette leçon. La rivière serait un plus, vu la température du ruisseau, elle ne prendra surement pas le risque d’y tomber plusieurs, si elle y tombe. Mais je pensais que ce serait le cas, vu la surprise qui passa sur son visage quand je lui annonçais ce qu’elle devait faire. Yui répondit à la négative à ma question et elle s’approcha de Nocturne, la magnifique jument faisait à peu près sa taille mais rien d’insurmontable, bien que le regard qu’elle me lança prouvait qu’elle pensait le contraire. Un simple haussement de sourcil répondit à la demande de conseil silencieuse qu’elle avait essayé de faire passer. Apprendre en essayant et en échouant était l’une des meilleures méthodes. Surtout que sur un tel exercice, elle ne craignait que quelques bleus. Elle se lança alors, elle attrapa Nocturne par le garrot et d’une forte impulsion passant sa jambe par-dessus la jument. Mais elle avait mal dosé son impulsion et retomba sur le sol. C’était rare que les premières tentatives fassent passer par-dessus, il était plutôt courant que la jambe ne passe la ligne du dos même si le résultat était le même. Je ne comprenais pas pourquoi elle avait hésité à se rattraper aux crins de Nocturne.

« Je crois que ce n’était pas exactement ça... »

Un léger sourire marqua mes lèvres tandis que Nocturne répondait par un hennissement joyeux. Cela semblât redonner le sourire à la charmante jeune femme qui fit le tour de l’animal en passant derrière moi. Après une derrière caresse sur la tête fine de Nocturne et je passais à mon tour derrière Yui pour lui montrer où s’accrocher et quand s’arrêter. Une main agrippant les crins et le pommeau de la selle, l’autre main posée à plat sur le dos de l’animal, une légère impulsion pour monter à la verticale avant de faire passer la jambe par-dessus. Elle réessaya en suivant mes conseils. De mon côté, je retournais près de la tête de ma jument pour l’inciter à rester immobile, le temps qu’elle comprenne le geste. Il lui fallut plusieurs tentatives et plusieurs rencontres avec le sol avant de trouver le bon geste et de finalement tenir en selle. Je m’éloignais alors afin de la laisser démarrer. Comment elle s’y prendrait ? Comme tout le monde, elle donna un coup dans les flancs de Nocturne, la jument peu habituée à des démonstrations si violentes, partit au petit galop, délogeant sa cavalière qui alla faire un sympathique plongeon dans la rivière glacée. Une fois, le tour de la clairière effectuée, elle revint naturellement à mes côtés, venant de me pousser légèrement de la tête, pour que je la chevauche mais ce n’était pas à mon tour.

« Pas si facile n’est-ce pas ? Prête à recommencer ? Restez bien droite et ne la pressez pas si fort, un simple appel du bout du talon suffit. »

Je l’aidais à remonter sur Nocturne, en lui servant de marchepied, ce qui était bien plus pratique mais qui n’était pas toujours accessible. Une fois assise, je la retiens de la faire avancer.

« Avant de la faire marcher, penchez-vous sur elle. Laissez tomber vos bras le long de son encolure, ressentez les battements de son cœur, ses muscles puissants qui jouent à merveille sous sa peau, sa respiration calme... »

C’était un simple exercice que j’aimais beaucoup pratiquer. Cela l’apaisait et me permettait de caler mon cœur et ma respiration sur la sienne. Ainsi, je sentais mieux ses mouvements et il m’était plus facile de la manœuvrer. Je ne lui demandais pas d’arriver à ce stade mais seulement de passer une étape où elle devait réussir à la comprendre, à la ressentir. Une fois, cela fait, je m’écartais afin de la laisser retenter.
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MessageSujet: Re: Un bien beau campement... [Pv Myia]   Lun 5 Mai 2014 - 23:00
Son deuxième essai ne fut guère plus réussi. Seulement, son point de chute changea. Avait-elle tenu plus longtemps ou était-ce la jument qui avait cherché ce changement ? Il n’était pas possible de le déterminer avec certitude, toutefois, au lieu du sol dur, le sol de la Dragibus rencontra une surface fluide. Le temps qu’elle comprenne ce qui lui arrivait, sa tête était complètement immergée. Elle remonta rapidement à la surface, assez vite pour voir Nocturne rejoindre sa maitresse qui refusa la proposition muette de l’animal. Yui sortit de l’eau maladroitement, ses vêtements moulant son corps avec sensualité, et ne fit qu’acquiescer lorsque la chasseresse reprit la parole. Seulement, avant de la rejoindre, elle alla poser sa veste qui, trempée, gênait ses mouvements. Son chemisier, dernier rempart avant sa peau, la laissait apparaître malgré tout par transparence, mais la jeune fille doutait que ce détail soit important pour sa professeure. En réalité, ce serait sans doute sans importance pour la plupart des femmes et de rares hommes...

La proximité de l’animal chassa ses pensées et la japonaise l’enfourcha à nouveau, avec l’aide précieuse de Myia. Elle s’en voulut tout de même d’humidifier ainsi ses vêtements, mais n’eut pas l’impression qu’une quelconque démonstration d’ennui s’était peinte sur les traits de la chasseresse. Peut-être la dissimulait-elle ? De toute façon, rien ne pouvait être fait pour y remédier désormais et elle donnait déjà ses prochains conseils. Ceux-ci lui parurent aussi concrets qu’abstraits mais elle les nota tout de même. Lui en parler devait avoir son importance et dès que la Réglisse recula de quelques pas, Yui s’exécuta. Son buste vint frôler la peau de l’animal, et la chaleur qu’il dégageait fut agréable pour son corps frigorifiée par sa baignade. Deuxième étape, ses bras glissèrent sur l’encolure de la jument, ses doigts s’emmêlant légèrement dans sa crinière, c’était sa manière à elle de se rassurer. Et finalement, sentir le souffle, les battements du cœur et la puissance des muscles du frison ? Ce n’était sans doute pas la partie la plus simple de l’exercice, mais elle s’y attela avec la rigueur de celle qui ne veut pas perdre de temps en vain. Ainsi au repos, elle parvint à caler son rythme sur le sien.

Seulement, cela ne dura pas. Dès que ses talons touchèrent les flancs de Nocturne, celle-ci commença à avancer au pas et, si elle parvenait toujours à déceler ce que lui avait demandé la chasseresse, il lui était devenu impossible de s’y fixer. Les secousses dues à son avancée l’en empêchait. Ce devait être une question d’habitude... En tout cas, cela lui paraissait logique. Si c’était tellement simple, Myia ne lui en aurait pas parlé.

Concentrée sur ces quelques détails, la Dragibus n’avait pas remarqué que cela faisait presqu’une minute qu’elle était en selle. Un record jusqu’à présent. Grisée par son succès, tenta de le faire passer au trot d’une pression légèrement plus forte. Le changement d’allure faillit la désarçonner mais sa prise sur l’encolure lui permit de tenir. Son équilibre retrouvée, elle eut l’impression d’être ballottée dans tous les sens sans rien contrôler. Après ce premier sentiment combiné au froid dû à sa dernière chute, elle finit par apprécier la sensation de vitesse, sans doute faible par rapport au rythme fou que devait pouvoir prendre le frison si celui lui était demandé. Ainsi installée, le temps semblait passer à toute allure et peut être que la chasseresse voudrait poursuivre sur autre chose. Ce ne fut qu’à cet instant que Yui se rendit compte d’une chose : Elle avait certes fait accélérer sa monture, mais ignorait tout de la façon de l’arrêter.

Etait-ce cette angoisse passagère ou un mauvais mouvement de sa part qui fit faire une embardée à Nocturne ? Toujours était-il que, surprise, la japonaise se retrouva une nouvelle fois dans la rivière glacée. Elle sortit une nouvelle fois de son bain improvisé pour rejoindre la chasseresse au centre de la prairie. De sa main, elle ramena ses cheveux en arrière, en profitant pour essuyer de façon brouillonne son visage. Un sourire se glissa finalement sur ses lèvres légèrement bleuies par le froid avant qu’elle ne prenne la parole. Pas de questions, juste une simple constatation.

« Je crois que l’arrêt n’est pas encore au point. »

Malgré l’impression d’être percluse de douleurs, Yui ne put s’empêcher de laisser échapper un rire léger qui s’envola rapidement. Les leçons avaient beau être sérieuses, elle n’avait pu éviter de prendre plaisir à cette chevauchée. Mais outre les raisons qui l’avaient poussée à s’esclaffer de la sorte, c’était le rire en lui-même qui pouvait être surprenant. Depuis combien de temps cela ne lui était pas arrivé ? Impossible de se remémorer la dernière fois. Ici, seule en compagnie d’une femme qui avait peut-être dû tuer pour respecter ses engagements, la Dragibus se sentait bien, comme libérée... Commençait-elle à étouffer son empathie ? Ou était-ce autre chose ? Il lui faudrait du temps pour valider ou invalider ses hypothèses, mais du temps, elle en avait à revendre, et même plus...
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MessageSujet: Re: Un bien beau campement... [Pv Myia]   Mar 6 Mai 2014 - 20:39
Yui suivit mes conseils à la lettre et l’espace d’un instant elle perçue un fragment de l’harmonie que l’on peut posséder avec un cheval. Puis ayant trouvé son rythme, elle se releva et effleura du talon les flancs de Nocturne. La jument partit d’un pas léger pour faire le tour de la clairière. Je voyais qu’elle était toujours concentrée sur ce que je lui avais dit et elle était un peu trop tendue, elle ne devait pas se sentir tellement à l’aise. Ce qui ne l’empêcha pas de presser sa monture qui s’élança dans un trot joyeux mais là encore, sa tension l’empêchait de profiter pleinement de la chevauchée. Le temps s’écoula au rythme des sabots de Nocturne sur le sol de la clairière. Mais ce que je redoutais fini par arriver, la tension de Yui était trop forte et Nocturne l’avait senti. Elle fit un pas de côté mais ce mouvement inattendu délogea sa cavalière qui retourna barboter avec les poissons. Nocturne revint au petit trot vers moi, je lui glissais ma main sous sa tête pour la caresser afin de la rassurer un peu. Avec l’habitude de m’avoir sur le dos, elle n’était pas rodée à l’angoisse que pouvait ressentir son cavalier. Yui se sécha brièvement avant de me rejoindre.

« Je crois que l’arrêt n’est pas encore au point. »

Un rire délicat envahit la clairière. J’avais rarement entendu un son si pur et malgré la légère surprise, c’était la joie qui dominait sur son visage. Elle avait donc apprécié, monter Nocturne. Bien, car elle allait recommencer et pas plus tard que maintenant. La zone n’était pas la mieux adaptée pour mon cours suivant, il faudrait trouver un bon endroit pour ça et à cheval c’était nettement plus rapide. J’invitais donc Yui à remonter sur Nocturne, sans l’aider cette fois-ci. Deux essais suffirent. D’un mouvement souple, je montais derrière elle. La jument ne bougea pas d’un centimètre malgré le double poids et elle était contente de me retrouver sur son dos. Cela ne faisait qu’une légère différence de poids, elle avait porté bien plus lourd que la frêle Yui. Certaines de mes proies étaient bien plus lourdes que cette charmante demoiselle même si la tension pouvait être un poids difficile à gérer. Une fois bien installée, Nocturne partit dans un trot léger avant d’arriver sur un chemin. Pile ce que je voulais. Une nouvelle pression du talon et la jument partit au petit galop. Sa foulée puissante avalait la distance, la tension de ma co-cavalière c’était presque dissipée pour laisser place à la sensation du vent balayant le visage, des sabots qui battaient le sol avant de s’élever pour arriver à cet instant de flottement propice au rêve.

Je laissais Yui profiter de ces instants grisants pour observer la vaste forêt qui défilait sous mes yeux. Quand finalement je trouvais ce qui m’intéressait. Je ralentis Nocturne d’une pression des genoux pour arriver jusqu’à un arrêt, non loin des terriers de lapins que j’avais repérés. Je descendis d’un bond avant de lui proposer une aide pour descendre. C’était mieux que d’atterrir sur le postérieur dans une rivière ou non.

« Passez votre jambe droite par-dessus sa croupe et laissez-vous glisser. »

Sans attendre qu’elle ne s’exécute, je quittais le chemin pour passer entre deux arbres. Mon pas silencieux ne vint même pas déranger les lapins qui avaient sortis le bout de leurs museaux. Un craquement les fit retourner dans leurs tanières, tandis que je me retournais pour donner ma troisième leçon.

« Que voyez-vous dans cette clairière ? »
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MessageSujet: Re: Un bien beau campement... [Pv Myia]   Sam 10 Mai 2014 - 15:00
Après ce dernier essai plus concluant que les autres, la chasseresse réinvita Yui à se mettre en selle. Celle-ci commençait à souffrir de ses efforts répétés. Si marcher pendant des heures l’épuisait, ce n’était rien en comparaison des chevauchées. Les muscles qui travaillaient aujourd’hui n’étaient pas les mêmes que ceux de ses voyages précédents. Ses cuisses semblaient brûler de l’intérieur et cette douleur remontait jusqu’à son fessier que chaque pas de l’animal paraissait meurtrir. La Dragibus se dit que ce devait être une question d’habitude et, mettant de côté ces quelques tracas, reprit place sur la jument. Les protestations de son corps l’empêchèrent de réussir du premier coup, mais ses traits ne laissèrent rien passer de ces sensations. Elle attendit ensuite les directives de Myia qui, à sa grande surprise, se positionna derrière elle. La japonaise eut tout juste le temps de se questionner sur le poids que pouvait supportait l’animal avant que celui-ci ne s’élance. Prise de cours, son dos parti contre la poitrine de la chasseresse. Elle marmonna une excuse en se penchant contre l’encolure du frison. Du trot peu agréable, Nocturne passa au petit galop sur l’ordre de sa maîtresse. La sensation de vitesse s’accentua et la Dragibus oublia tout. Douleurs et appréhensions s’envolèrent, restant à proximité du campement.

Le paysage défilait sans que Yui ne parvienne à vraiment le graver sur sa rétine. Peu habituée à cette sensation, elle avait d’abord été incapable de garder les yeux ouverts. Ce fut ensuite la célérité qui l’empêcha de vraiment garder une image nette des lieux qu’elles traversaient. Combien de temps s’écoula de cette façon avant qu’un mouvement derrière elle ne fasse ralentir la monture jusqu’à l’arrêt complet. Aussitôt fait, la jeune fille se retrouva seul sur la jument, sa compagne était déjà à terre, lui indiquant le meilleur moyen de descendre sans augmenter le nombre de ses contusions. Elle s’exécuta et parvint pour la première fois à toucher le sol les pieds d’abord. Ses jambes étaient fourbues de courbatures. Et il lui fallut plusieurs mètres pour reprendre une allure normale, après quoi, elle essaya de se faire discrète pour rejoindre la chasseresse. Seulement, tout le monde n’avait pas les capacités de la Réglisse, en tout cas, pas pour le moment et dans un instant d’inattention, elle marcha sur une branche qui céda sous son poids. Le craquement sonore fut suivi de ce qu’elle assimila à des pas de fuite, mais pas humains. Yui s’arrêta net et attendit. Finalement, ce fut la voix de Myia qui la sortit de sa torpeur. Elle leva dans un premier temps les yeux vers son enseignante avant de détailler la clairière.

Qu’y avait-il d’important ici ? Elle avait beau laisser son regard glisser sur tout, rien ne semblait attirer véritablement son attention. De l’herbes, quelques plantes et les troncs qui entouraient l’ensemble, voilà tout ce qu’elle parvenait à apercevoir. Seulement, ça ne devait pas être ce qu’attendait Myia. Ça, elle aurait pu le dire de la même manière avant de monter Nocturne. Ce furent les bruits de fuite qui l’avaient arrêtée un peu plus tôt qui la mirent sur la voie de ce qu’elle pensait devoir chercher. Des animaux ? Ou peut-être simplement des traces de leur passage ? Cette idée plus précise en tête, la japonaise parcourut à nouveau les lieux du regard avant de tomber sur ce qui lui avait échappé au premier abord. Un trou dans le sol. Peu visible, cela pouvait être l’entrée d’un terrier, non ? Cette idée en tête, la Dragibus pointa son doigt vers ce qu’elle pensait avoir découvert. Ça n’avait pas été rapide, cinq minutes s’étaient peut-être écoulées avant que la moindre réaction ne l’anime. D’un autre côté, elle n’était pas sure que la chasseresse s’attende à de meilleurs résultats avec une novice...

« Est-ce que c’est un terrier ? En dehors de ça, je n’ai rien vu, hormis la végétation. »

Sa voix douce fut percée d’une petite pointe de déception en annonçant son incapacité à trouver plus. Pas au point de l’obnubiler, non, seulement cette légère tristesse ressentie lorsqu’il est impossible de combler totalement les attentes pesant sur ses épaules. Elle ne s’embourba dans ce sentiment et retrouva rapidement une mine plus neutre. Ce n’était pas l’heure de l’auto-flagellation, mais celle de l’apprentissage. Autant être attentive au lieu de s’apitoyer sur son sort. Surtout qu’elle n’était certainement pas la plus à plaindre...
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Un bien beau campement... [Pv Myia]

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