Petit humain, mais qu'as-tu fait ? Ouvrir ce livre, pris de curiosité ! Quelle grave erreur, car dès maintenant, les contes te garderont pour eux !
La seule manière de t'en sortir, c'est de te battre et survivre. [RPG Survival Conte&Humain]

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 [P] Emotions et raison ne font pas bon ménage. (Avec Kathleen)

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MessageSujet: [P] Emotions et raison ne font pas bon ménage. (Avec Kathleen)   Lun 10 Mar 2014 - 23:12
Je détestais quand ma journée débutait ainsi, courbettes et bonnes manières, je n’étais pas fait pour vivre ainsi. Mon terrain était la forêt. Recevoir tous ces dignitaires n’était vraiment pas mon fort. Les escapades en forêt, les chasses toute la journée à en perdre le souffle, les courses à travers les bois jusqu’à m’en faire saigner les plantes des pieds, les galopades à cheval avec pour seules rênes mes jambes qui tenait les muscles puissants de ma monture sous contrôle. Ca c’était ce pour quoi j’étais faite et non pas pour les dîners sans fin, les discussions politiques où personne ne dit ce qu’il pense réellement, les choix diplomatiques à faire. Mais je restais immobile, fixe et fidèle au trône de Nivis quel qu’il soit. Et rien ne me ferait changer. Pourtant ce n’était pas l’envie qui me manquait de quitter la pièce et de faire ce pour quoi j’étais douée.

Finalement la Reine me congédia car la discussion devait trop privée et les oreilles d’une servante comme moi. Je pouvais sortir de la pièce et échapper. Je pouvais enfin partir, partir et échapper à ces discussions
absurdes. Je bondis sur Nocturne qui partit au galop sentant mon envie de liberté qui coulait à flot dans mes veines d’avoir été enfermée aussi longtemps. La jument à la robe aussi noire que la nuit galopa longtemps. Mais je ne voulais pas l’épuiser et je l’arrêtais gentiment. Nous étions aux abords de la mine. J’avais galopé plus longtemps que je ne pensais mais cela suffirait à passer mes nerfs. Ici, personne ne pourrait me juger. Et j’avais besoin d’une dose de défoulement. Mon poignard alla se caler dans ma main. Exactement ce qu’il me fallait. La lame était quasiment incassable et je pouvais m’en servir pour frapper les parois de pierre sans craindre qu’elle ne s’effile ou ne s’ébrèche, elle était absolument parfaite. Dans un cri de rage, je frappais le premier caillou que je trouvais.

« Il me donne la jaunisse avec tous leurs secrets et leurs manipulations pour obtenir le meilleur parti, le meilleur moyen de parvenir à se fins. »

A chaque mot retentissait un coup frappé sur les dures parois de l’entrée de la mine. Et à chaque coup je vidais mon être de cette rage et cette haine, de toutes ces pensées impures qui m’habitait. Ces pensées m’obstruait l’esprit et je ne pouvais plus aligner une idée cohérente, il fallait que je me purge de tous ces parasites. Et chacun des coups portés à cette caverne était un pas de plus vers la direction que je souhaitais atteindre. Ce but me poussait et animait et j’étais si prise par cet objectif que j’en oubliais ce qui m’entourait, ni Nocturne, ni la forêt tout proche, ni même la jeune femme qui s’approchait lentement ne pouvait me sortir de cette furie qui m’avait prise. Mes gestes fluides et sauvages attaquaient sans relâche la paroi rocheuse dans des techniques de combat pointues que peu pouvaient reproduire mais qui me venait sous le coup de cette rage qui me tenait par tous les muscles de mon corps. J’étais prise par un piège dans lequel il ne m’arrivait que rarement de tomber et il fallait que j’aille jusqu’au bout pour reprendre le contrôle...
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MessageSujet: Re: [P] Emotions et raison ne font pas bon ménage. (Avec Kathleen)   Mer 26 Mar 2014 - 16:00
Marcher, toujours marcher... Pourquoi avait-elle ainsi décidé de retrouver cet homme étrange qui avait partagé sa couche quelques semaines plus tôt ? C’était un périple interminable ! D’ailleurs, la seule fois où Crudelis s’était présenté devant la Réglisse, celle-ci s’était fait entrainer dans la cours du château avec un parfait idiot... Etait-ce donc si important de le revoir ? Avait-elle à ce point apprécié son contact qu’elle en espérait de nouveaux ? Non, ça n’avait aucun rapport. L’acte en lui-même n’avait pas de véritable signification. De l’amour ? Aucun d’eux n’en avait éprouvé. Juste la douceur, la tendresse, peut-être même la compréhension. Mais c’était tout juste... Alors peut-être qu’en le revoyant, elle pourrait vérifier ce qui les avait vraiment unis. Ou même se faire un ami ! Mais était-ce vraiment possible ? L’aristocrate pouvait-elle fonder une telle relation ?

Ces interrogations en tête, Kathleen circulait tranquillement dans les montagnes de Nivis, ne croisant que rarement un autre voyageur. Pourquoi venir ici d’ailleurs ? Les souvenirs relatifs à ces lieux n’étaient pas tous agréables... Seulement, comme un employé ne démissionnait pas au premier accroc avec son patron, elle poursuivait sa route, espérant réussir à régler ses comptes, faire pencher la balance vers les bons côtés... Ça n’aurait rien de simple, mais qu’est ce qui l’était dans la vie ? En cherchant, peut-être que quelques idées viendraient à l’esprit des sondés, mais ça ne garantissait pas l’universalité de la réponse. En réalité, tout n’était que difficulté ! Heureusement... Sans elle, le monde n’aurait pas le moindre intérêt, non ?

Sa réflexion fut soudainement interrompue par un bruit sourd. Ce son lui paraissait à la fois familier et étranger, choc métallique mais qui n’avait rien à voir avec un combat. Ce n’était pas les sonorités caractéristiques de deux lames s’affrontant. La Réglisse se sentait attirée par ce concert unique, un peu comme le serait un requin par une goutte de sang. C’était son instinct qui la guidait rien de plus. Ses craintes apaisées depuis cette nuit étrange l’autorisaient à aller de l’avant, à vagabonder sans craindre les rencontres qui pourraient se mettre en travers de sa route. En s’approchant, une voix lui parvint. Une plainte colérique ? Il lui était impossible de le dire avec précision à cette distance, mais c’était en tout cas ce que lui soufflaient les mots qu’elle parvenait à isoler. L’aristocrate sourit. Se tester était toujours une bonne chose. Seulement, en arrivant devant la mine, sa méfiance l’empêcha d’attaquer aussitôt. Quelque chose dans la silhouette qui lui tournait le dos, frappant inlassablement son arme contre la roche la mettait en garde. Un peu comme si sa conscience lui soufflait que cet être n’avait rien d’inoffensif. Restant à l’orée des bois, assez loin de la femme pour éviter une attaque physique trop brutale, mais assez près pour que sa voix puisse lui parvenir. En tout cas, si Kathleen s’assurait de parler entre deux coups...

« Qu’a-t-on bien pu vous faire pour vous conduire à un tel acharnement contre la roche ? Vous avez été victime d’un voleur dans la vallée ? Vous a-t-il pris vos biens ? Votre virginité ? »

Était-ce là les paroles d’une personne prudente ? Probablement pas. Surtout si ce n’était pas suffisant pour sortir cette étrange femme de sa transe. Malgré sa voix froide et son air toujours aussi froid, indifférent et pas loin d’être impénétrable, son assurance avait laissé la place à une part de doute qui pourrait lui être salvatrice. L’arrogance menait aux erreurs, et les erreurs à la mort. C’était un des enseignements que sa déprime lui avait révélé. Comme si revoir le monde lui serait plus aisé en acceptant d’avoir des faiblesses. Les refouler ou les ignorer conduirait à laisser béante une brèche dans sa carapace. Une folie ! Mais cette conscience nouvelle lui serait-elle utile aujourd’hui ?


Dernière édition par Kathleen Saints le Jeu 27 Mar 2014 - 10:24, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [P] Emotions et raison ne font pas bon ménage. (Avec Kathleen)   Jeu 27 Mar 2014 - 10:19
« Et ma Reine qui ne pense qu’à se marier avec le prince charmant. »

Chaque mot marmonné était entrecoupé par un coup violent sur la paroi qui petit à petit réussissait à me calmer, à évacuer toute la rage que je ne pouvais plus contenir. Cela ne m’arrivait que rarement de perdre mon sang-froid légendaire mais quand c’était le cas, je ne faisais pas dans la dentelle. Je ne pouvais supporter cette
guerre discrète que se livrait les aristocrates. Pour moi, rien ne valait les armes pour défendre une position et je détestais la politique. Cela m’ennuyait profondément et quelque fois, je ne pouvais plus le supporter comme c’était le cas maintenant. Après un enchainement particulièrement complexe, j’entendis une voix féminine s’élevée. Et dire que je ne l’avais même pas remarqué. Cette prise de conscience eut l’effet d’une bonne douche froide. J’avais réussi à me faire surprendre par une femme qui ne semblait être ni une espionne, ni une guerrière et encore moins une chasseresse. Non, elle ressemblait à ces nobles contre qui ma rage avait été tournée. Une de ses aristocrates pour qui le café ou le thé de l’après-midi était l’événement le plus marquant de leurs journées.

« Qu’a-t-on bien pu vous faire pour vous conduire à un tel acharnement contre la roche ? Vous avez été victime d’un voleur dans la vallée ? Vous a-t-il pris vos biens ? Votre virginité ? »

Je cessais le martèlement de mon arme sur la roche sans pour autant lâcher et ranger mon long poignard et je me postais face à cette jeune femme qui bien que son habit simple mais de bonne qualité attestait son côté aristocrate, possédait une attitude renfermée et peu avenante qui elle n’était absolument pas le propre de cette classe. Mon contrôle presque entièrement retrouvé, ne subsistant qu’une vague rancœur qui s’éliminerait rapidement, je finis par répondre à la jeune femme aux cheveux d’argent.

« Cela fait des siècles, qu’un tel affreux n’est plus en mesure de me dérober quoi que ce soit. »

Les motifs de mon acharnement n’étaient pas dans les choses que je voulais lui dévoiler. J’avais exposé ma haine salement. Ce n’était pas digne de ma position. Si encore, cela n’avait regardé que moi, tout ce serait bien passé et j’aurais tiré un trait sur cet événement avec mon sérieux habituel. Mais les choses changeaient quand quelqu’un assistait à ce genre de débordement de violence incontrôlée. Néanmoins, elle ne me connaissait pas et cela la tiendrait peut-être tranquille en voyant ce que la roche avait subi. De profondes entailles marquaient la roche comme d’affreuses cicatrices laissées là par la colère et la haine. Et si une pierre pouvait être si profondément marquée, je laissais à la noble imaginer ce que cela pouvait faire à de la chair fragile. Ce que je ne savais pas c’est que la jeune femme savait pertinemment ce que pouvait faire ce genre de lame. Peut-être finirais-je par le découvrir dans un geste démontrant une dextérité toute particulière à ce genre de pratique dans un mot qu’elle emploierait. Cela dépendait de peu de choses. Mais ce sont ces choses qui sont importantes et qui évitent de sous-estimer un adversaire…
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MessageSujet: Re: [P] Emotions et raison ne font pas bon ménage. (Avec Kathleen)   Dim 30 Mar 2014 - 23:55
A défaut d’être prudentes, ses paroles avaient au moins un effet positif : les coups répétés contre la roche s’étaient arrêtés. Ça ne l’ennuyait pas dans l’absolu, observer la rage déferler en dehors d’un corps lui plaisait énormément ! C’était une fièvre enivrante qui s’emparait de ces corps, leur faisant oublier le contrôle. Pendant un temps tout du moins. Mais le son métallique d’une dague s’écrasant contre la roche, ça, ce n’était pas agréable. Ça n’avait rien de naturel. Qui gagnait dans ce combat ? La roche avait beau être résistante, elle finirait par s’effriter, mais la lame pourrait s’effiler aussi. Au final, c’était un combat sans vainqueur. Ce genre d’affrontement n’avait donc pas le moindre intérêt. Pourquoi se battre quand le seul résultat possible était le match nul. Autant fuir. Déshonneur ? Qu’est-ce qu’était l’honneur ? Pourquoi se faire tuer sous prétexte que la fuite n’était pas acceptable.

Lâcheté. Le mot était lancé. Pourtant, la retraite était parfois stratégique, alors pourquoi est-ce qu’elle disqualifiait toute personne l’utilisant de la catégorie des honorables ?

* Parce que les Hommes ne sont que de vulgaires animaux. *

La femme se retourna vers Kathleen une fois sa folie passagère estompée. Cela n’avait rien de très rassurant. Le poignard qu’elle tenait avait une lame capable de la traverser complètement. Même plus courte, elle ferait assez de dégât pour la tuer, mais sa taille la renseignait surtout sur l’habileté de cette femme. Et la voir user d’une telle arme lui faisait penser que celle-ci avait plus l’habitude de chasser que de faire la vaisselle. N’était-ce pas le cas de l’aristocrate aussi ? Sans doute, mais elle n’était pas en mesure de se servir d’un tel poignard. Cela nécessitait un combo de force et d’agilité. Et si l’anglaise possédait la dextérité qu’il fallait, la force lui manquait. Pourtant, cela ne l’empêcha pas de sourire lorsque l’inconnue parla. Elle aimait les diverses interprétations qui pouvaient être faites de ces phrases. Pour quelles raisons ces "affreux" - comme elle les appelait - ne pouvaient plus rien lui voler ? Les deux possibilités qui lui venaient à l’esprit l’amusaient. Soit elle avait déjà perdu tout ce qui pouvait lui être pris, soit plus personne n’était en mesure de l’atteindre à cause de ses talents. Seulement, quel que fut la vérité, cela n’avait aucun rapport avec sa réaction du moment. Tout ce que cette femme avait fait, c’était nier la théorie du voleur.

Ce n’était pas suffisant pour Kathleen. Il lui en fallait plus. Comprendre les agissements des gens pour mieux les contrôler. Elle était sans doute rouillée par sa "convalescence" - terme qu’elle préférait à celui de dépression - mais ce n’était pas pour cette raison qu’elle abandonnerait. Bien sûr, la situation actuelle n’avait rien de facile pour une reprise. Quelqu’un de moins dangereux, de plus impressionnable aurait été un meilleur entraînement, mais tant pis... Il fallait bien recommencer un jour, qu’importait la difficulté. Et puis, un échec face à un tel adversaire n’aurait rien de déshonorant. D’ailleurs, peut-être serait-elle obligée de fuir ? Cette notion était omniprésente dans son esprit aujourd’hui. Pour quelle raison ? Seule elle devait le savoir. Mais l’aristocrate ne s’en ouvrirait pas si facilement. Pas quand elle avait une cible à comprendre. Son visage toujours aussi impassible, elle reprit la parole.

« Vraiment ? Il est vrai que lorsque l’on est capable d’entailler ainsi la roche, peu de monde doit être capable de vous approcher assez près pour tenter quoi que ce soit... »

Elle avait dit cela sur le ton de la conversation, comme s’il était naturel de réaliser de telles prouesses. Comme si cela ne l’effrayait pas outre mesure. Ce n’était qu’en partie vrai. Son arrogance habituelle était freinée par la possibilité de voir la machine qui lui faisait face s’emballer de nouveau. Une lame pénétrait si facilement la chair... En quelques minutes, elle pourrait se faire dépecer. Si cette femme était habile, ça pourrait même être sans lui ôter la vie aussitôt. L’aristocrate pourrait survivre ainsi un temps, dépourvu de toute protection en sa chair et le monde extérieur. Mais très vite, sa vie s’échapperait et elle savait que ce serait douloureux. Après tout, c’était une technique de torture dont elle usait de temps en temps... Sur ces pensées qu'elle trouvait agréables, la jeune femme poursuivit sa recherche de la vérité.

« La roche n’est pas insensible vous savez ? Et la frapper ne changera rien à vos problèmes... Votre réaction semble être le symptôme d’un inconfort ou d’une révolte. Suis-je plus proche de la réalité cette fois ? »

Un jeu ? C’était ça la grande astuce de la Réglisse pour parvenir à en apprendre davantage ? Ça pourrait être risible s’il n’y avait pas une petite chance pour que cela fonctionne. Seulement, pour jouer, il fallait être deux. Est-ce que cette femme acceptera de rejoindre la partie ?
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MessageSujet: Re: [P] Emotions et raison ne font pas bon ménage. (Avec Kathleen)   Lun 31 Mar 2014 - 22:20
Il n’était pas dur de remarquer la jeune femme lorgnait sur ma lame à la fois comme si elle la connaissait et comme si elle lui était ennemie. Il y avait donc bien deux hypothèses qui s’étaient glissées sous ses jolis cheveux, bien soignés d’aristocrate. Celle qui constituait dans le fait que sa chair ne résisterait pas longtemps à ce poignard si effilé. Et l’autre dans le fait qu’elle savait s’en servir et surement pour les mêmes raisons que moi. L’inconnue n’était pas taillé ni pour la chasse, ni pour la bataille, ce pour quoi moi je l’étais.
 
« Vraiment ? Il est vrai que lorsque l’on est capable d’entailler ainsi la roche, peu de monde doit être capable de vous approcher assez près pour tenter quoi que ce soit... »
 
Ainsi elle avait compris ce que ma phrase sous-entendait. Elle avait peut-être un peu plus de jugeote que tous ces dignitaires, assoiffés de pouvoir, que le peuple adule sans savoir. Peut-être sera-t-elle suffisamment intelligente pour ne pas me chercher des problèmes car cela risque de lui retomber dessus. Ma rage n’était pas totalement éteinte et il ne fallait pas grand-chose pour que ma lame trouve un défouloir et bien plus fragile que la roche sur laquelle j’ai porté mes coups jusqu’à maintenant.
 
« La roche n’est pas insensible vous savez ? Et la frapper ne changera rien à vos problèmes... Votre réaction semble être le symptôme d’un inconfort ou d’une révolte. Suis-je plus proche de la réalité cette fois ? »
 
Elle voulait jouer avec moi ? Sincèrement ? Elle manquait clairement de prudence c’était clair et dire que je l’ai jugée plus fine que tous ces nobles. Mais en fin de compte, elle ne cherchait qu’à se divertir à mes dépends. Elle m’avait vu en position de faiblesse et comme j’avais retrouvé tout de suite mon sang-froid légendaire, elle cherchait à nouveau à me voir comme je me suis dévoilée. Comme une bête guidée par la rage, s’attaquant à ce qui me passait sous la main. Mais elle ne m’aura pas ainsi. Il est hors de question que je sois le pion d’un nouveau jeu d’un noble. Depuis les toutes premières chroniques ma famille est au service du trône de Nivis, pion éternel lié par serment à une autre famille noble.
 
« Je sais parfaitement que la roche n’est pas insensible mais c’est la plus résistante dans la nature. Quant aux raisons qui m’ont poussée à l’attaquer elles ne vous regardent pas. Vous saurez simplement que je me laisser enivrer par un sentiment bien trop fort pour les hommes. »
 
Ma lame regagna son fourreau, presque à contrecœur. J’aurais volontiers continué à user de son tranchant sur une cible plus fragile mais je ne pouvais plus me laisser ainsi guider par ma rage. Je devais rester calme et sereine. Un sifflement s’échappa de mes lèvres et la crinière sombre de Nocturne apparut entre deux arbres. Mes pas souples et fluides me menacèrent près d’elle, mon arc battait sur mes épaules, je vérifiais que la selle était bien en place et sortit une gourde d’eau fraiche des sacs qui pendaient sur le dos de mon cheval. Je bus à longs traits avant de me retourner vers la noble.
 
« Etes-vous perdue ? Sachez que vous êtes sur les terres de la Reine de Nivis et qu’en tant que sa chasseresse et gardienne de ses forêts, je vous prierais, maintenant, de me donner votre nom et de me dire la raison de votre passage dans ces bois. »
 
Trop de mots pour une si petite personne mais je me devais de rattraper cette image déshonorante qui me collerait surement longtemps à la peau. Néanmoins, ce n’était pas une raison pour ne rien faire. Mon ton avait été neutre, du moins tant que je le pouvais, il subsistait toujours dans ma voix, un tranchant aussi affuté que la lame qui se reposait dans son fourreau le long de ma cuisse.
 
 
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MessageSujet: Re: [P] Emotions et raison ne font pas bon ménage. (Avec Kathleen)   Lun 7 Avr 2014 - 23:10
Déception. Apparemment, la personne lui faisant face n’était pas joueuse. Pire que ça, elle semblait sérieuse. La méfiance de la Réglisse augmenta alors. Cette femme n’avait rien d’une proie idéale. Au contraire, au moindre faux pas, ce serait l’aristocrate qui se ferait traquer. C’était un pressentiment, certes, mais elle en avait la certitude. Arrogance ? Oui, cela faisait partie intégrante de sa personnalité, seulement cette fois, cela n’avait rien avoir avec son ego. Son vis-à-vis était dangereux. Le prendre à la légère serait une erreur, surtout en ce moment où elle était capable de céder rapidement. Assez forte pour affronter le monde, oui, mais pas n’importe qui. Sa rencontre du jour faisait sans doute partie des exceptions. Mais être prudente ne signifiait pas pour autant se laisser dominer et tout accepter. D’ailleurs, la jeune femme se demandait bien ce qu’entendait la chasseresse par "hommes". Était-ce les Hommes en tant qu’humanité ou les hommes en tant que genre ? Elle espéra que c’était la deuxième solution... Sinon, cette pauvre femme se fourvoyait.

Mais elle n’insista pas longtemps sur ses paroles, rangeant ensuite son arme pour se concentrer sur une action bien plus inoffensive : boire. Il était vrai que la température était clémente et que sa dépense d’énergie avait dû augmenter ce besoin. Kathleen elle-même n’aurait pas dit non à une gorgée de liquide fraîche, mais jamais elle ne quémanderait. Et cela n’arriverait pas plus après sa dernière réplique. Qui croyait-elle être ? Quel pouvoir pensait-elle avoir sur moi ? Sa force ? Cela ne m’effrayait pas réellement, sans pour autant la négliger. Le pouvoir de sa dirigeante ? Quelle blague ! Elle n’était rien qu’un sbire qui obéissait. Malgré le sérieux de la situation, l’aristocrate ne put s’empêcher de sourire. Un rictus glacé, sans joie, sans moquerie juste... Indifférent ? Comme si elle lui déclarait simplement que ses ordres lui importaient peu, que si elle ne désirait pas lui donner ces informations, la chasseresse ne les obtiendrait pas. Quand bien même elle tenterait de faire rôtir cette visiteuse.

« En quoi mon nom est-il si important ? Il me serait si facile de le modifier si j’étais vraiment un danger pour vous. D’ailleurs n’est-ce pas la même chose pour le motif de ma visite ? Croyez-vous qu’un assassin vous déclarerait gentiment qu’il vient prendre la vie de votre reine ? Non. Les Hommes ne sont que des hypocrites ! Demander est une bien belle action, mais vous n’entendrez que ce qui vous plait. Dès lors, que protégez-vous vraiment ? »

Ne s’était-elle pas dit qu’elle resterait prudente ? Si, bien sûr, et pour elle, ses paroles n’étaient en rien insultantes, ce n’était que la triste vérité. Il ne servait à rien d’être entreprenant, l’Homme était fait pour mentir et les meilleures volontés ne suffiraient pas à le faire changer. Sur un ton toujours aussi calme, même si une nuance froide y persistait, l’aristocrate poursuivit.

« Enfin, nous allons tourner en rond de cette façon. Quelle réponse voulez-vous entendre ? Ce qui est certain, c’est que je ne suis pas ici pour une tentative de meurtre quelconque, d’ailleurs, je ne suis pas plus perdue que vous non plus. »

Était-ce tout ce qu’elle avait à dire ? Etait-ce suffisant pour ne pas finir dans les souterrains de la mine ? Suffisant pour ne pas voir son cadavre pourrir tel un vieux rat ? Peut-être, peut-être pas. Comment le savoir ? Ce n’était pas après quelques minutes que les vérités du personnage lui étaient révélées. D’habitude, elle prenait son temps, ses tortures lui faisait connaître ses victimes, mais là, dans une telle conversation, que pouvait-elle apprendre ? Qu’elle était dangereuse ? Pas besoin d’être devin pour se douter qu’une personne armée l’était. Mais qu’avait-elle pu découvrir de plus ? Qu’elle obéissait à la reine de ce royaume ? Ça non plus, ça n’avait rien de fantastique, elle l’avait dit elle-même. Mais le reste ? Ses sentiments profonds ? Hormis cette rage qui ne devait que rarement exploser, l’aristocrate n’avait rien pu percer.

« Cela vous convient-il, Mademoiselle la Chasseresse ? »

Ironie ? Ce n’était pas le choix le plus judicieux. Mais cela pouvait aussi bien constituait un teste révélateur de personnalité... De toute façon, elle aurait la réponse bien assez vite. Sa dernière ? L’aristocrate en doutait. Résister à un assaut surprise lui semblait possible. C’était s’il se répétait que sa confiance n’était plus aussi importante. La puissance physique n’était pas son point fort, contrairement à cette femme. Résister lui serait difficile sur le long terme. L’endurance lui manquerait et elle finirait par craquer... Mais la situation n’en était pas arrivée à ce point. Pas encore, et peut être même jamais...
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MessageSujet: Re: [P] Emotions et raison ne font pas bon ménage. (Avec Kathleen)   Jeu 10 Avr 2014 - 22:53
« En quoi mon nom est-il si important ? Il me serait si facile de le modifier si j’étais vraiment un danger pour vous. D’ailleurs n’est-ce pas la même chose pour le motif de ma visite ? Croyez-vous qu’un assassin vous déclarerait gentiment qu’il vient prendre la vie de votre reine ? Non. Les Hommes ne sont que des hypocrites ! Demander est une bien belle action, mais vous n’entendrez que ce qui vous plait. Dès lors, que protégez-vous vraiment ? »
 
On voyait bien qu’elle ne lâcherait pas l’affaire, elle voulait réellement me faire tourner en bourrique. Il est vrai qu’elle n’était pas au courant qu’il était loin d’être facile de me mentir, à moins d’être un expert dans le domaine et de réussir à cacher tous ces gestes qui trahissent la justesse de ces paroles, j’arrivais toujours à deviner si on me mentait ou non. Et c’était pour cet atout entre autres que ma Reine aimait me savoir présente dans ces entretiens avec les personnes importantes.
 
« Ne soyez pas si candide, il n’est pas facile de me cacher quelque chose. Mais si vous voulez essayez... »
 
Je n’aimais que l’on remette en cause les raisons pour lesquelles je me battais et pour lesquelles j’étais devenue ce que j’étais. J’étais une chasseresse, une tueuse programmée pour obéir à ma Reine. Qui était-elle elle ? De ce que je voyais, elle se cherchait encore. Et elle se permettait de me donner la leçon. Quelqu’un qui ne sait pas qui il est, n’est rien. Et qu’avait-elle pour elle ? Un titre ? Une décoration ? Un mécène ? Futilités ! Moi j’avais ma force et mes compétences pour la chasse. Ce n’était peut-être pas grand-chose mais c’était déjà bien et cela me suffisait pour vivre ma vie. Et sur le plan physique, j’étais largement au-dessus d’elle, elle ne m’arrivait pas à la botte, même pas à la semelle de ma botte. Et même si elle avait déjà tenue une lame, je doutais que ce soit pour lutter dans un corps-à-corps équitable...
 
« Enfin, nous allons tourner en rond de cette façon. Quelle réponse voulez-vous entendre ? Ce qui est certain, c’est que je ne suis pas ici pour une tentative de meurtre quelconque, d’ailleurs, je ne suis pas plus perdue que vous non plus. »
 
Quel dommage qu’elle dise la vérité. Je me serais fait une joie de lui faire ravaler son titre, ses airs supérieurs et son arrogance. Une partie de mon esprit s’amusa à imaginer les différents scénarios et les différents moyens de lui arracher la vérité mais je me concentrais plutôt sur cette joute verbale qui ne semblait inutile. Parler pour attaquer ne faisait pas partie de mes phrases favorites.
 
« Cela vous convient-il, Mademoiselle la Chasseresse ? »
 
De l’ironie, elle se fichait donc réellement de moi. Cherchait-elle à libérer le reste de rage qui somnolait pour le moment ? Tenait-elle si peu à la vie ? Je pensais que non, malgré ses provocations. Mes poings se serrèrent mais ce fut le seul signe des pensées qui m’agitaient et des idées que mon corps se serait fait une joie d’exécuter.
 
« Nous sommes dans une impasse. Vous ne voudrez rien dire et je n’ai pas l’aisance des nobles quand il s’agit de converser. Si on calcule rapidement, je n’ai que ma technique au combat pour obtenir ce qui m’intéresse. Mais, vous ne voulez pas en arriver là, n’est ce pas ? je ne vous demande pas grand-chose et mes demandes sont toujours les mêmes. »
 
Une pointe d’ironie s’était glissée dans mon discours mais j’avais gardé un visage, sans haine ni condescendance, juste une détermination sans faille. Cela pouvait suffire mais si ce n’était pas le cas, il faudra employer une méthode que je maitrise bien mieux...

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MessageSujet: Re: [P] Emotions et raison ne font pas bon ménage. (Avec Kathleen)   Lun 14 Avr 2014 - 22:30
Serait-ce un signe d’agacement que la Réglisse apercevait ? Ce poing serré avait-il la même signification chez elle que chez toute autre personne ? L’aristocrate le pensait et cette idée fit naitre un sourire sur ses lèvres. Sans véritable joie, aucune étincelle ne s’allumant dans son regard, mais plutôt ironique. Son objectif lui paraissait atteint, arriver à obtenir une réaction de cette femme n’avait pas été chose aisée. Son sang-froid était impressionnant ! Surtout en pensant à ce qu’elle faisait une dizaine de minutes plus tôt. Malgré l’ironie de son rictus, elle ne pouvait qu’éprouver un brin d’admiration pour cette inconnue. Seulement Kathleen se reconcentra rapidement. Les paroles de la chasseresse la ramenèrent à la réalité. Son sourire ne fut pas chassé pour autant, même si la menace qui sourdait derrière n’était pas à prendre à la légère. Cela conduirait à une calamité ! Mais devait-elle pour autant tout lui concéder ? C’était sans doute ce que l’autre pensait... Ou peut-être pas. C’était difficile de le juger. Mais si elle croyait qu’une attaque de front la mènerait facilement à la victoire, elle se fourvoyait. L’aristocrate n’avait certes pas la puissance physique de son vis-à-vis, mais elle pourrait rivaliser sur son agilité. Bien sûr, elle perdrait l’affrontement, là n’était pas la question, cependant, ça ne se ferait pas sans emporter avec elle quelques souvenirs. Ce qu’elle entendait la laissait penser que la chasseresse ne prenait pas en compte cette possibilité. Mais peut-être était-ce une ruse ? L’aristocrate l’ignorait. Et cela lui indiquait que prudence était toujours de mise... Cela ne l’empêchait pas de jouer franc-jeu, de lui indiquer ce qu’elle savait déjà. Dangereux ? Oui, certainement, mais être prise pour une pauvre dame de la haute société incapable de se défendre, dans ce genre de situations, ne lui plaisait guère. L’autre se méfierait plus, mais ses envies d’attaque pourraient aussi être refreinées.

« Vous savez, j’ai peut-être plus d’aisance dans le maniement des mots, grâce à mon passé, mais malgré votre puissance physique, vous ne m’aurez pas si facilement... Certains ont essayé. Cinq ? Dix ? Je ne les ai pas comptés, mais sachez que si je suis encore là, c’est qu’ils ont apparemment échoué. »

Menace ? Non pas vraiment. Son ton ne laissait rien entendre de tel. Indifférence, rien de plus. Elle avait débité ça comme si elle avait demandé son chemin ou déclamé une de ces phrases banales sur le temps du jour. Mais peut-être que, comme elle un peu plus tôt, la chasseresse y lirait une certaine hostilité. Toutefois, comme pour éviter une charge directe qui, malgré ses dires, ne lui serait absolument pas aisée à détourner, la Réglisse décida de couper la poire en deux. Faire un pas vers Myia pour qu’elle aussi accepte de faire une concession... Le résultat n’était pas garanti pour autant. Peut-être même que cela ne conviendrait pas à cette femme forte. A ce moment-là seulement il serait temps d’improviser une nouvelle stratégie. Seulement, la jeune femme espérait ne pas avoir à en arriver là. Il fallait être raisonnable non ? Il n’y avait aucune règle stipulant que les efforts devaient tous venir de la même personne. A moins que cette volonté ne soit pas qu’un moyen d’obtenir des informations mais aussi de faire oublier son précédent visage, celui d’une furie lacérant la roche avec autant de véhémence qu’une laie poursuivant le malheureux ayant attaqué ses petits... Comment le savoir ? Même si elle laissait couler la prochaine fois, cela ne voudrait pas dire que cette hypothèse était fondée. Et l’inverse était tout aussi vrai !

« Mais soit, vous n’aurez toujours pas mon nom, celui-ci étant facilement falsifiable, mais la raison de ma venue, pourquoi pas. Si cela peut vous attendrir quelque peu... »

En prononçant ses paroles, aucune ironie n’avait teinté sa voix. Elle aurait pu, mais c’était ce qu’elle pensait réellement, pas un moyen de titiller à nouveau les nerfs de la chasseresse. Mais la véritable inconnue était de savoir comme Myia, elle, le prendrait. Qu’importait, la Réglisse était prête désormais, plus consciente que jamais du danger qui la guettait.

« Je ne fais que traverser cette forêt. Mon objectif se trouve au-delà des monts, dans cette contrée dangereuse qui abrite la Reine de Cœur. Rien qui n’aille à l’encontre de cette terre que vous protégez. »

Malgré elle, la fin de sa réplique fut parsemée d’ironie. Depuis qu’elle avait découvert les joies de l’errance, malgré son petit pied-à-terre près de Blue Lake, l’aristocrate ne comprenait plus la nécessité des frontières, des guerres permettant de conquérir ou défendre un royaume... A quoi bon tout ça lorsque l’on pouvait parcourir les terres à la recherche de ce qui nous ferait plaisir ? Mais peut-être que servir était dans ses gênes ? Peut-être que cette défense lui apportait autant de loisir que les vagabondages de l’anglaise ? Tellement de personnages différents coexistaient sur cette terre... Et ce que Kathleen abhorrait n’était pas universel ! Heureusement ou malheureusement, difficile de trancher. Mais les braves petits habitants de Queer Tales devaient être ravis que les idées de cette jeune femme ne soient pas partagées par tous : la vie serait alors un Enfer quotidien...

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MessageSujet: Re: [P] Emotions et raison ne font pas bon ménage. (Avec Kathleen)   Mer 16 Avr 2014 - 0:10

La jeune femme aux cheveux couleur de cendre, n’était décidément pas quelqu’un d’ordinaire. Elle ne quittait jamais ce sourire arrogant ? Mais enfin, je ne voulais pas méjuger cette personne. C’était la pire chose à faire et j’en étais consciente mais je pouvais sans trop m’avancer à tort qu’en combat, elle n’était pas à ma hauteur. Et même si elle savait manier une lame, ce ne ferait surement pas une grande différence.


« Vous savez, j’ai peut-être plus d’aisance dans le maniement des mots, grâce à mon passé, mais malgré votre puissance physique, vous ne m’aurez pas si facilement... Certains ont essayé. Cinq ? Dix ? Je ne les ai pas comptés, mais sachez que si je suis encore là, c’est qu’ils ont apparemment échoué. »


Ainsi, elle cherchait à m’impressionner. Du moins elle essayait. Que sont cinq, dix ou même plus. C’était une simple fraction de ceux que j’avais pu affronter. Elle pouvait essayer de m’effrayer ou de me faire croire qu’elle en savait plus sur la science des armes que ce qu’elle ne possédait vraiment. Je ne sais pas pourquoi elle s’approcha. C’était un simple pas mais je ne voulais pas me trouver plus proche de cette personne qui se voulait si distance et si secrète. Même si j’avais voulu rester immobile, j’en aurais été incapable, mon instinct était bien plus fort que ma raison. Je reculais d’un pas presque machinalement sans vraiment y réfléchir même si en cherchait il était facile de trouver des milliers de raisons pour expliquer ma mise à distance. Et si elle ne pouvait pas les comprendre cela m’importait peu. Je ne m’attendais pas à ce qu’elle réussisse à me comprendre. Elle avait déjà bafoué les idéaux et les idées dans lesquelles je croyais.

« Mais soit, vous n’aurez toujours pas mon nom, celui-ci étant facilement falsifiable, mais la raison de ma venue, pourquoi pas. Si cela peut vous attendrir quelque peu... »


Toujours aussi secrète mais cela ne m’étonnais pas. Ce qui me surprenait plutôt c’était sa volonté de vouloir m’amadouer comme si j’étais un animal sauvage que l’on appâtait avec de simples mots. Elle n’avait pas tellement tort sur ce point. J’étais un animal sauvage contrôlé par la seule force d’un serment. Mais elle se trompait sur un autre point, des mots ne suffisaient pas toujours à m’attendrir, s’il y avait une chose qui pouvait le faire. Mais je sentais qu’elle se tenait prudente, guettant mes réactions prêtes à réagir. Ainsi son courage se mesurait tout de même et un soupçon de prudence teintait parfois ses actes. C’était un bon début.

« Je ne fais que traverser cette forêt. Mon objectif se trouve au-delà des monts, dans cette contrée dangereuse qui abrite la Reine de Cœur. Rien qui n’aille à l’encontre de cette terre que vous protégez. »

Un simple passage. C’était vraiment dommage qu’elle dise la vérité mais bon, je ne pouvais rien faire contre elle. Elle ne s’attardait pas dans ma forêt et ce n’était pas plus mal que sa destination soit le royaume de Cœur, il s’y passait des événements étranges en ce moment mais rien de véritablement dangereux. Je me demandais ce qui pouvait bien la pousser à un tel voyage. Et cela, chez les hommes, cela tournait souvent autour de deux choses l’argent ou l’amour. Et j’avoue que, pour une fois, je ne savais pas ce qui la motivait. Mais bon ma curiosité avait été satisfaite pour le moment et je ne voulais pas retarder son départ de la forêt de Nivis. D’un mouvement ample, je lui indiquais le sentier qui la mènerait à la sortie de la forêt. Leur future rencontre ne serait peut-être pas si amicale. Ou au contraire, rien ne pouvait el prévoir. Je sifflais Nocturne, qui martela le sol de ses sabots puissants. Elle avait du brouter non loin, le temps que ma colère passe et qu’elle reprenne son souffle. Je caressais doucement son encolure avant de me hisser sur son dos nu, m’agrippant à ses crins noirs comme la nuit qui ne tarderait.

« Bonne route, ne vous perdez pas en chemin... Et faites attention la nuit tombe vite dans ces bois. »

Un dernier conseil et une dernière mise en garde. C’était tout ce que j’avais à lui offrir et c’était très généreux de ma part, une cicatrice m’aurait fait plus plaisir mais ce n’était pas mon travail. Je devais simplement chasser et veiller à la sécurité de ma Reine, rien de plus, rien de moins. Une simple pression des talons fit tourner ma monture avant qu’elle ne parte dans un trot rapide dans les frondaisons. Je respirais pleinement pour profiter des odeurs de la forêt. Je fermais les yeux, me laissant guider par mon seul instinct et par la confiance que j’avais en Nocturne. Je sentais ses muscles rouler sous sa peau, sa respiration puissante, ses foulées rapides qui battaient sur le sol dans un rythme qui me calma. Toute trace de ma haine, de ma rage ou de ma rancœur avait disparut. Ainsi, sur mon cheval, guidé simplement par la forêt, j’étais pleinement moi. Je savais pour quoi et pour qui je me battais et cette rencontre n’avait que renforcer ce que je ressentais. Je ne faisais qu’un avec ma forêt et je voulais la protéger, quel que soient les obstacles, les personnes ou les puissances qui oseraient qui s’y opposer...


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MessageSujet: Re: [P] Emotions et raison ne font pas bon ménage. (Avec Kathleen)   Mar 29 Avr 2014 - 10:58
Lorsqu’elle finit de parler, Kathleen se mura dans le silence. Ses yeux continuaient de fixer cette femme qui lui faisait face. Qu’allait-elle faire maintenant ? Continuer de la harceler tant qu’elle n’aurait pas entendu un mensonge sur son identité ? Ce serait tellement ennuyeux... Souhaiter obtenir des renseignements était une chose, mais y parvenir serait toujours mieux. La Réglisse attendrait-elle un acte de torture à son égard ? Non, pas exactement. En connaissant les rouages de cette méthode, l’aristocrate se sentait capable d’y résister. Pas durant des jours et des jours, mais suffisamment longtemps pour trouver une solution, une parade. Ou peut-être pas... Jamais personne ne lui avait échappé lors d’une de ces séances, pourquoi un de ses confrères ferait une erreur aussi grossière ? Au final, tout ce dont elle serait capable, ce serait de se taire et essayer de rester digne et hautaine dans la souffrance. Cela pouvait permettre, à défaut de la sauver, d’accélérer le processus. L’agacement était souvent la cause première faisant disjoncter ces gens. Seulement, cela ne marchait que s’ils n’appartenaient pas à cette catégorie plus méthodique à laquelle elle appartenait. Dans ce cas, sa vie ne serait pas raccourcie, mais prolongée, aussi longtemps que nécessaire, pour parvenir à la faire craquer.

L’honneur et l’arrogance se liaient si souvent chez une personne. Un mélange dangereux. Le deuxième menait à toutes les dérives possibles pour maintenir le premier. Et cela devenait bien pire si le bourreau était un homme... Surtout quand la victime était frêle et plutôt mignonne comme l’était l’anglaise. Heureusement, dans le cas présent, c’était une femme qu’elle "affrontait". Malheureusement aussi, l’autre sexe aurait été bien plus simple à amadouer sans concessions. Mais il était difficile de tout avoir. Il fallait bien qu’une part de défi persiste, sinon son existence serait d’un ennui... Même si en ce moment, sa reconstruction lui hurlait d’y aller doucement pour ne pas céder au premier obstacle, il fallait bien admettre que cette montée d’adrénaline, puissante, qui germait en elle lorsqu’arrivaient les ennuis était des plus agréables.

Le grand geste de la chasseresse la ramena finalement au présent. L’aristocrate lança un regard furtif dans cette direction, comprenant que le sentier indiqué devrait la mener à destination. Un sourire naquit à nouveau sur ses lèvres, mais sans son arrogance habituelle. De la reconnaissance ? Non, ce serait pure exagération. Simplement une sorte d’assentiment, de remerciement muet. De la politesse ? Chez Kathleen ? Elle enchainait les actions surprenantes dernièrement. Mais celle-ci était presque la plus facile à expliquer. Une réminiscence du passé. Oui, c’était tout. Un souvenir de sa conduite d’antan rapporté par l’Ombre. Cesserait-elle un jour de venir la hanter ? C’était peu probable. Cette rencontre s’était ancrée dans son esprit avec la violence d’un coup de foudre, l’amour en moins. Ce fut à nouveau son vis-à-vis qui la ramena à la réalité. Un sifflement suivi du choc des sabots contre le sol. La puissante jument aux crins d’un noir magnifique revint vers sa maîtresse. Ce devait être comme un signal. La femme se mit en selle – façon de parler puisqu’aucun accessoire ne venait faciliter sa chevauchée – et prit de nouveau la parole. Pendant une seconde, l’aristocrate crut qu’elle serait à nouveau ennuyée sur son identité, mais finalement, les mots prononcés furent plus étonnants. Cela ressemblait presque aux conseils avisés d’une personne pour qui ce pays n’avait pas de secrets. Cette dernière pensée devait être justifiée d’ailleurs si elle n’avait pas menti lors de sa présentation sommaire.

L’aristocrate n’eut pas vraiment le temps de parler. Elle hocha simplement la tête mais déjà la chasseresse s’élançait à l’assaut des bois. L’aristocrate n’avait été pour elle qu’une épine plantée dans sa botte, maintenant qu’elle était délogée, elle ne revêtait plus le moindre intérêt. Bonne chose ? Oui, certainement. Ne pas avoir de personnes à ses trousses était toujours un soulagement. Entrer dans le rôle de la proie lui était désagréable. C’était un peu ce que pouvait ressentir tout prédateur lorsqu’un autre se mettait en tête de l’éliminer. Un retournement de situation qui pouvait conduire à sa perte ou, à l’inverse, à son apogée ! Les esprits simplistes voient la force comme moyen ultime, si le plus féroces des prédateurs est battu, c’est que son adversaire l’était plus que lui... Mais une fois encore, elle s’égarait et le crépuscule se rapprochait. Avisant la mine non loin, l’aristocrate décida que ce serait l’endroit idéal pour prendre du repos. En tout cas, elle y serait à l’abri si le temps venait à changer et le vent ne l’atteindrait pas aussi facilement. Le lendemain, elle se remettrait en marche. Crudelis n’était plus si loin...
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