Petit humain, mais qu'as-tu fait ? Ouvrir ce livre, pris de curiosité ! Quelle grave erreur, car dès maintenant, les contes te garderont pour eux !
La seule manière de t'en sortir, c'est de te battre et survivre. [RPG Survival Conte&Humain]

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 Me laisseras-tu apporter quelques modifications dans ta demeure...?

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MessageSujet: Me laisseras-tu apporter quelques modifications dans ta demeure...?    Jeu 28 Aoû 2014 - 23:15
« Ce sera douloureux ? »

Amétysse dû redresser le menton pour pouvoir regarder en face l’homme à la carrure de bucheron qui venait de poser cette question d’une voix angoissée. Armée d’une simple seringue, elle arrivait à effrayer cette espèce d’ostrogoth? Elle lui adressa un sourire rassurant  – et un chouia moqueur.

« Moins que de choper la peste. T’inquiète pas l’ami, c’est juste une piquouze. Après t’es tranquille. Tu sais, il n’y a que mes premiers cobayes qui se sont enfuis en hurlant de douleur, je me suis vachement améliorée depuis. »

Alors que le bucheron la regardait d’un air un peu simplet, se demandant s’il devait lui aussi s’échapper en courant ou sourire à une plaisanterie, Amétysse ne put s’empêcher de pouffer. L’homme fut emporté par ce léger accès d’hilarité, éclatant d’un rire mi-nerveux mi-rassuré. L’infirmière improvisée profita de ce moment d’inattention pour lui injecter le vaccin.
Alerté par ces ricanements pour le moins incongrus, un homme également équipé de seringues, surnommé "Papa Costner" par Amétysse, fit signe à la jeune fille d’accélérer le mouvement. Elle porta deux doigts à son front en un pseudo geste militaire pour lui montrer qu’elle avait reçu le message, prenant soin de dissimuler son agacement. Son… collègue… n’avait pas tort, il restait beaucoup de monde à vacciner, mais ce n’était pas une raison de transformer leur hôpital de fortune en usine. Les gens méritaient un minimum d’attention, elle n’était pas là pour simplement leur planter une aiguille dans le bras.
Avant qu’Amétysse n’arrive dans ce monde étrange, elle faisait partie d’un service d’aide aux malades où elle ne pouvait que les rassurer ou les divertir sans être en mesure de les guérir; désormais, elle se réjouissait de repousser la maladie, mais avaient en revanche à peine le temps de glisser un mot de réconfort. Comment est-ce possible que ces deux tafs soient incompatibles?!
Elle flanqua un léger coup de poing sur l’épaule de l’ostrogoth, plaisantant avec lui de sa frayeur avant de lui adresser un geste d’au-revoir et de recevoir son prochain… patient? Pouvait-elle se targuer d’avoir des "patients"? Peu importe le titre qu’on leur donnait, ils étaient innombrables. Enfin, la jeune fille pouvait difficilement s’en plaindre: désormais, ils avaient des vaccins à distribuer. En plus, t’as eu trop peur pour agir avant que ce fichu remède arrive.

~

La rumeur s’était répandue rapidement, plus vite encore que la maladie. D’un individu à l’autre, une puce infectée qui vient se loger dans votre oreille, et voilà la crainte qui se répand dans votre organisme.
De bouche en bouche, en un souffle fétide charriant les microbes avant même qu’ils ne naissent, la contagion de la panique avait commencée.
La peste.
Un mot que l’on n’osait dire qu’en chuchotant, comme si le dire à voix haute risquait de l’attirer, de l’attiser. Un secret connu de tout le monde mais que personne n’ose réellement révéler, comme si cela pouvait déclencher la catastrophe pourtant déjà en marche.  

Amétysse n’avait évidemment pas échappé à cette vilaine petite puce. Elle avait alors longuement hésité sur la conduite à tenir; rester dans une partie du pays épargnée pour se terrer dans un coin ou aller au foyer de la maladie afin d’aider les médecins sur place? S’était ensuivit un débat sous son crâne entre son instinct de survie et son désir d’aider :
«  Alors que comptes-tu faire? Encore risquer ta peau pour aider les autres ou enfin faire preuve d’un minimum de jugeote? La visite au cirque ne t’a pas servie de leçon, n’as-tu pas réalisé ta faiblesse? Tu n’as rien pu faire contre la Tortionnaire, penses-tu franchement être en mesure de te dresser contre la Peste?
Mais je ne peux pas rester les bras croisés… Même si je ne suis pas d’une grande aide, c’est mieux que de rester là à rien foutre! Des gens sont en train de crever, et je vais seulement me planquer? Impossible.  
Parce que tu sais soigner la peste bubonique toi? Tu te souviens de ce que t’as dit le survivant du cirque: arrête de prendre l’inconscience pour du courage et penses d’abord à ta propre vie si tu veux t’en sortir, parce que personne ne viendra te sauver.
Justement, je déteste cette manière de penser. Moi, je veux essayer de sauver les autres, tant pis s’ils me le rendent pas. J’ai quelques connaissances en médecine, je refuse de laisser les pestiférés souffrir alors que je peux tenter quelque chose pour les aider.
Tu n’as pas l’impression de multiplier les combats? La peste, le cirque… Sois tu te prends pour une héroïne, soit c’est un suicide déguisé. La Tortionnaire et ce rêve bizarre t’ont au moins appris que tu tiens à la vie, alors arrête. »  

A sa grande honte, le premier concurrent finit vainqueur. Elle resta à Crudelis, luttant chaque jour contre sa conscience, dégoûtée par sa lâcheté. Pour sa défense, alors qu’elle s’était battue au cirque, quatre personnes étaient mortes –son implication dans leur décès est un autre débat toujours en cours dans un coin de son esprit– et la seule personne qu’elle put se vanter d’avoir sauvé lui a recommander de ne plus commettre ce genre de folies. Enfin, elle était simplement terrifiée; à l’idée de tomber malade, certes, mais également de voir chaque jour des pestiférés exhiber leur souffrance et leurs bubons, voir encore des gens mourir. Pas seulement quatre cette fois-ci, mais des dizaines, des centaines. Elle ne s’en sentait pas la force. Elle ne voulait plus être témoin de cela.
Hélas, sa conscience ne l’a pas encore acquittée.

A peu près trois semaines plus tard, une deuxième rumeur s’était répandue, timidement, de bouche en bouche, en un souffle d’espoir: la découverte d’un vaccin contre la peste. Amétysse avait immédiatement prit la route en direction de Necis. Etait-ce un moyen d’acheter sa rédemption, une occasion qu’elle attendait depuis le début des évènements? Maintenant qu’elle pouvait réellement soigner les pestiférés et non pas simplement leur tenir la main durant leur agonie, sans se mettre en danger qui plus est, la jeune fille bondissait de joie à ce projet. Elle pourra enfin être utile en aidant à distribuer les vaccins.

~

Et la voici donc à vacciner des dizaines de personnes à tour de bras, à la fois heureuse de son rôle et dépitée par l’environnement dans lequel elle évoluait; insalubrité, scènes de panique, bagarres pour obtenir des vaccins… Ses "collègues" furent stupéfaits la première fois qu’ils virent cette gamine de seize ans mettre un terme à elle toute seule une rixe de ce genre. Sachant désormais qu’elle était capable de se jeter tête baissée dans des problèmes qui la dépassaient, un homme d’âge moyen mais à la largeur d’épaules dissuasive la prit plus ou moins sous son aile. La jeune fille avait d’abord nié la nécessité d’avoir un garde-du-corps, mais était au final trop heureuse que cet espèce de papa ours s’occupe d’elle; elle l’avait immédiatement surnommé "Papa Costner"; le pauvre ne pourra jamais saisir la référence.

La jeune fille tressaillit lorsque la large paume de son protecteur se posa sur son épaule.

« Tu en as assez fait pour aujourd’hui. Tu devrais te reposer. »

Amétysse voulu protester, mais elle ne pouvait nier l’évidence. Pour un peu, elle piquera le prochain patient dans l’œil en voulant viser le bras. Cependant, une idée qui germait depuis le début de la matinée choisit cet instant pour éclore totalement.

« Au fait, je me disais… Y’a un manoir super grand dans le coin: ce serait génial si on pouvait en faire un hosto pour les convalescents, tu vois, les pestiférés qui viennent de recevoir le vaccin et qui s’en remettent doucement. Tu crois que le proprio serait d’accord? »

L’homme fronça les sourcils, prit le temps d’étudier la question, avant de répondre :

« Transformer le manoir Monte Cristo en hôpital? Il n’y a vraiment que toi pour avoir ce genre d’idée… Je ne sais pas si le Comte acceptera. »
« Je vais négocier ça alors. Si je suis pas à mon poste demain matin, tu sauras où me chercher; je te fais confiance Papa Costner.»
« Je ne me ferais jamais à ce surnom… Fais attention à toi, Tyss. »

~

La jeune fille observa un instant l’imposant manoir. Ça a l’air huppé dans le quartier, alors t’as intérêt à faire bonne impression. Elle prit le temps de regarder son reflet dans une vitre. Yeux cernés, cheveux en bataille, habituelle extravagance vestimentaire. Heureusement, le entailles sur son visage laissées par l’attaque à la bouteille de parfum avaient presque entièrement disparues. Après avoir rectifié sa coiffure, le seul élément qu’elle était en mesure d’arranger, elle frappa résolument à la porte d’entrée finement ouvragé. Le bâtiment lui paraissait si grand, quelqu’un allait vraiment l’entendre… ? Un détail la perturbait également: celui habitait ici serait le Comte de Monte Cristo? Déjà que le génial inventeur du vaccin se nommait Jekyll… Mais depuis qu’elle avait croisé Nixie, la demoiselle qui crachait des diamants (sponsor de son séjour à Queer Tales) et le labyrinthe changeur de formes, la jeune fille ne s’étonnait plus de grand-chose…
Une belle jeune femme brune vint lui ouvrir, lui demandant immédiatement si elle avait la peste ou si elle était vaccinée. Après l’avoir rassurée sur sa santé, Amétysse demanda le plus poliment possible si elle pouvait s’entretenir avec le maitre des lieux. La domestique la fit entrer. La jeune fille avait presque le trac, désormais. J’espère vraiment que le Comte est un chic type, laisser les malades squatter les lieux nous seraient vraiment d’une aide non négligeable. Faut pas que je lâche l’affaire.
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MessageSujet: Re: Me laisseras-tu apporter quelques modifications dans ta demeure...?    Dim 31 Aoû 2014 - 16:28
Les longues lignes noires sur le papier légèrement jaunis, faisait voyager le Comte dans d’autres contrées où le mystère et la magie était bien plus présent que dans ce monde et il fallait déjà une sacré imagination pour cela. De temps en temps, Monte Cristo levait les yeux de sa lecture pour les posés sur son invité non loin. Il aimait beaucoup sa compagnie silencieuse, sa curiosité débordante et son amour des livres. Ses courbes étaient agréables même si elle n’était pas le genre préféré du propriétaire de la maison. Elle était bien trop jeune et ses longs cheveux couleur ne valaient une épaisse chevelure noire qui avait la préférence du Comte. Ne voulant pas gêné la jeune femme par son observation trop insistante, il retourna à ses lignes. Plongé à nouveau dans sa lecture, il laissa passer les heures, jusqu’à l’heure du diner, il invita Rose à le suivra jusqu’à la salle à manger. Elle connaissait de mieux en mieux, le grand manoir et s’y sentait surement un peu comme chez elle.

Après le repas, ils retournèrent à la bibliothèque et échangèrent quelques mots sur leurs lectures de l’après-midi. Le Comte aimait beaucoup ces instants privilégiés où il pouvait échanger avec une personne tout aussi passionnée par les livres qu’il était. S’associant souvent à eux pour ces soirées, Haydée s’était installée sur un coussin, elle attendait le moment où le Comte lirait à voix haute, l’un des passages de l’un de ces ouvrages. La jolie musicienne n’aimait pas particulièrement lire même si c’était un passe-temps qu’elle pratiquait. Elle préférait quand le Comte charmait son auditoire par le ton et la douceur de sa voix. Monte Cristo indiqua quatre livres à ces deux charmantes femmes qui lui tenait compagnie et leur demanda d’en choisir un mais avant que Haydée ait choisie, quelqu’un frappa à la porte. La musicienne se leva et alla voir qui frappait à une heure tardive. Elle connaissait la procédure avant de laisser quelqu’un entrer. Cette personne devait être saine et/ou vacciné. Sa demeure avait échappé à la peste ce n’était pas pour la laisser entrer par la grande porte.


« Je me demande qui cela peut bien être. »

La porte de la bibliothèque s’ouvrit finalement sur une jeune demoiselle. Le Comte se leva et s’approcha de la nouvelle venue. Il attrapa délicatement sa main et effleura sa peau de ses lèvres. Il avait tout de suite remarqué à sa tenue que c’était une Lectrice. Aucun conte ne s’habillerait de manière aussi extravagante et dans des tons aussi colorés sauf certains comme le maitre des lieux qui aimait les beaux tissus. Aujourd’hui, il n’arborait pas l’habituel kimono mais un ensemble proche du corps soulignant sa fine silhouette, par-dessus lequel, il portait une chemise aux rabats rouge et orange.

« Bienvenue dans ma demeure, je suis le Comte de Monte Cristo et je suis enchanté de vous rencontrer damoiselle... »


Il lui laissait compléter par son nom avant de la mener vers le fauteuil où était assise Rose. Dans un mouvement de manche, il désigna son autre invité et fit les présentations dans les formes.

« Mademoiselle, je vous présente Rose Tissier qui me fait l’honneur d’être mon hôte. »

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MessageSujet: Re: Me laisseras-tu apporter quelques modifications dans ta demeure...?    Mer 10 Sep 2014 - 14:55
Je voyageais par l’intermédiaire de ces précieux livres que le Comte me laissait découvrir. Il en avait tellement qu’en trois semaines, je n’avais même pas dû lire un huitième de sa bibliothèque. D’ailleurs cet endroit était sans doute mon préféré du manoir Monte Cristo, calme paisible, un endroit où l’on pouvait s’évader. J’appréciais beaucoup marcher à travers les étagères, remplies d’ouvrages plus beaux et intéressants les uns que les autres. Si je ne ressentais pas une certaine culpabilité à abuser de l’hospitalité du maître des lieux, je pense que je serais restée là toute ma vie. Je levais les yeux de mon livre afin d’observer le propriétaire.

Déjà quelques semaines que j’habitais chez lui et pourtant l’enthousiasme que je ressentais à passer du temps avec lui ne diminuait pas. Chaque minute passée avec le conte était comme un rêve agréable, le distingué comte, la très gentille Haydée étaient les compagnies les plus agréables que je n’avais eu depuis un moment. Leur politesse et leur générosité étant bien loin de la rudesse et la stupidité de certains cas de mon ancien lycée. Le côté raffiné et cultivé de Monte Cristo était sans doute ce que je préférais chez lui bien que j’appréciais le charisme qu’il dégageait avec ses longs kimonos brodés ou bien ses ensembles finement cousus. Je reportais mon attention sur la lecture rejoignant un nouveau monde fantastique.

L’après-midi passa comme toujours très rapidement entre les lectures avec le Comte ou les morceaux de musique que j’apprenais avec Haydée, mes journées étaient parfaites.  Je suivais le maître des lieux jusqu’à la salle à manger bien que maintenant je connaissais le manoir comme ma poche. En marchant, je passais devant un miroir et pu apprécier le travail d’Haydée. En effet, la jeune femme avait modifié une de ses robes pour me la prêter et je devais avouer qu’elle était magnifique et le noir et blanc m’allait bien. Cependant, j’avais laissé mes cheveux détachés à part mes deux nattes habituelles que je laissais tomber devant mes épaules.

Après le repas, nous étions retournés à la bibliothèque, le Comte allait faire la lecture. Il était vrai que je préférais lire plutôt que d’écouter mais avec Monte Cristo, c’était spécial. Il savait prendre ce ton qu’ont les conteurs et qui envoûte et transporte ceux qui les écoutent dans l’histoire. Alors qu’Haydée allait choisir le livre de la soirée, quelqu’un frappa à la porte. Je me souvenais qu’au début par réflexe, je partais en direction de la porte pour aller l’ouvrir avant qu’Haydée ne le fasse me rappelant que ce n’était pas à moi de faire ça. Maintenant, j’avais pris l’habitude. Habitude que je perdrais dès que je partirais de chez le Comte. La belle brune revint avec une autre jeune femme plus jeune. Au style de vêtements qu’elle portait, j’en déduis rapidement que c’était une lectrice, une de mon époque qui plus est. C’était la première lectrice que je rencontrais et j’étais assez impatiente de faire sa connaissance mais n’en montrais rien, arborant juste un sourire amical.

Le Comte se présenta avec la classe et le raffinement que je lui connaissais avant de venir vers moi afin de me présenter et que nous fassions connaissance.

« Mademoiselle, je vous présente Rose Tissier qui me fait l’honneur d’être mon hôte. »


Une fois de plus, je ne pus m’empêcher de penser que tout l’honneur était pour moi et qu’être son invitée me comblait mais je lui avais déjà répété plusieurs fois et je ne voulais pas déranger la nouvelle invitée de Monte Cristo. Nous échangeâmes une poignée de main tandis que je prenais la parole :

« Je suis enchantée de faire votre connaissance. »

Je ne dis rien de plus, préférant un sourire à des paroles inutiles. J’espérais que nous allions bien nous entendre, je ne savais pas ce qu’elle souhaitait mais elle m’avait l’air très sympathique et c’était une occasion de parler avec quelqu’un qui était sur Queer Tales depuis peut-être plus longtemps que moi, qui sait ?


HRP:
 
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MessageSujet: Re: Me laisseras-tu apporter quelques modifications dans ta demeure...?    Mer 10 Sep 2014 - 18:24
La belle domestique la mena jusqu’à une autre porte qui s’ouvrit sur une immense –non, gigantesque!– bibliothèque. Amétysse observa les lieux, ébahie, avant de recentrer son attention sur les personnes présentes: un homme brun richement vêtu qui se leva à son arrivée  ainsi qu’une jeune fille aux beaux cheveux nacrés et aux grands yeux clairs assise dans un fauteuil.
L’homme s’avança vers elle pour saisir sa main afin de la porter à ses lèvres, l’effleurant à peine. Il y eu un instant de profonde confusion dans l’esprit d’Amétysse, dont ressortirent deux observations qui ne l’aidaient guère: elle remarqua tout d’abord l’étrangeté des iris du Comte, l’un rouge, l’autre jaune; enfin, elle se rendit compte qu’elle avait oublié de remettre ses gants, qu’elle retirait pour son travail afin de pouvoir se laver les mains régulièrement.
Bon sang, aucune de ces informations n’étaient pertinentes pour la situation présente. Plus surprise encore qu’à son entrée dans la pièce, la jeune fille ne bougea pas d’un cheveu, hésitant sur la conduite à tenir; c’était bien la première fois qu’on lui accordait un baisemain! Devait-elle y répondre par une révérence, un battement de cil, un rire caricatural de baronne en faisant mine de s’éventer…? Dans le doute ne fait rien, ça vaudra mieux espèce de roturière mal éduquée.

« Bienvenue dans ma demeure, je suis le Comte de Monte Cristo et je suis enchanté de vous rencontrer damoiselle... »

Fringues de bourge, manières de bourge, paroles de bourge… Qu’attendre de plus d’un type qui vit dans un manoir?
S’ébrouant mentalement, elle se rendit compte que la fin de sa phrase était une question implicite, aussi répondit-elle de son ton le plus poli:

« Amétysse, m’sieur. »

Damoiselle Amétysse. Pfffff.
L’homme la guida vers la jeune fille toujours installée dans un fauteuil de toute évidence particulièrement confortable. Etait-ce sa fille? L’air de famille n’y était pas…

« Mademoiselle, je vous présente Rose Tissier qui me fait l’honneur d’être mon hôte. »

Fallait-il qu’elle fasse un baisemain à la dénommée Rose comme cela semblait être d’usage ici…? Après réflexion, cela ne paraissait guère approprié. Par habitude, elle lui tendit la main, espérant que cela irait, et sentit sa poitrine se gonfler de bonheur quand la demoiselle la serra sans plus de cérémonie. Rien de tel qu’une franche poignée de main pour sceller une bonne entente.

« Je suis enchantée de faire votre connaissance. »

Malgré ce langage un peu trop soutenu qui ternit légèrement la bonne impression laissée par la poignée de main –non pas qu’Amétysse déteste la politesse ni les beaux phrasés, mais elle craignait de ne pas avoir le droit de se montrer familière, au risque de vexer son interlocuteur–, Rose lui fut sympathique, aussi se permit-elle de jouer avec les bonnes manières. Elle s’inclina en une révérence de garçon et lança :

« ‘Chantée aussi, mam’zelle. »

Les présentations effectuées, la jeune fille pouvait-elle donner les raisons de sa présence ici ou était-elle censée attendre que le maitre des lieux l’interroge? Décidément, les protocoles sont compliqués… Elle se donna le temps de réfléchir en enfilant ses gants de cuir rangés dans sa sacoche. Elle se sentait mieux une fois vêtue de l’intégralité de ses accessoires excentriques. Tant pis, ils n’allaient pas se regarder dans le blanc des yeux pendant des heures. Amétysse s’adressa donc au Comte et à son invitée.

« Excusez-moi de vous déranger à une heure pareille, mais j’ai une requête pour le moins… étrange, il n’empêche que c’est tout à fait sérieux. »


Elle n’avait définitivement pas le profil pour le rôle… Quelle idée de la laisser s’occuper des affaires sérieuses? Papa Costner aurait eu d’avantage de crédibilité. Tant pis. La jeune fille tapa dans ses mains de nouveau gantées pour se donner du courage et enchaina:

« En ce moment, j’aide à la distribution des vaccins contre la peste. Je suppose que vous êtes tous vaccinés ici? Sinon, je peux immédiatement vous ramener ce qu’il faut. »  

Bien sûr qu’ils sont vaccinés idiote, tu penses franchement qu’un type aussi riche laisserait passer le médoc?
Amétysse se tourna vers le Comte. Désormais elle devait s’adresser à lui, après tout il était le patron ici, donc plus moyen de profiter de la présence de Rose pour utiliser le « vous ». Mauvais point pour sa plaidoirie.

« Enfin bref, j’ai un service à te demander: serait-il possible d’ouvrir ton manoir aux anciens pestiférés qui ont bénéficié du vaccin, afin qu’ils puissent guérir dans des conditions décentes? »

Demande formulée. Devait-elle argumenter immédiatement en faveur de sa proposition? Certains points demandaient à être précisés.

« Bien sûr, il y aura des médecins pour les prendre en charge, on s’engage à ce que rien ne soit volé ou abimé, à ce qu’aucun pestiféré n’ayant reçu le vaccin ne passe le perron du manoir, on s’occupera aussi de les nourrir; tu n’auras absolument rien à faire, juste nous prêter des chambres. Si tu veux, on peut même payer le loyer. »  

Attention, Damoiselle Tyss se montre professionnelle
. Elle se doutait que cette idée coûterait énormément d’énergie à leur équipe d’infirmiers plus ou moins qualifiés, et très certainement beaucoup d’argent –fournir la nourriture promettait d’être ardu, plus encore s’ils devaient louer les chambres; elle espérait vraiment que l’homme plein aux as qui lui faisait face accepterait de faire une bonne action sans ressentir le besoin de s’enrichir d’avantage– bref, quelques sacrifices en perspective. Mais la jeune fille tenait absolument à prendre en charge les convalescents, au lieu de les laisser croupir dans des maisons insalubres où ils risquaient de ne jamais guérir complètement.

Amétysse fixa le Comte dans l’attente d’une réponse, oscillant entre le malaise de se trouver dans un milieu qu’elle ne connaissait pas, l’inquiétude d’un refus et une détermination d’adolescente têtue. Pour ne pas avoir agis pour ces malades pendant que la peste sévissait, elle se devait de veiller sur leur rémission. C’était le seul moyen de racheter sa lâcheté.
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MessageSujet: Re: Me laisseras-tu apporter quelques modifications dans ta demeure...?    Jeu 11 Sep 2014 - 17:24
« Amétysse, m’sieur. »

M’sieur ? La contraction fit sourire le Comte, cela faisait longtemps qu’il n’avait pas eu affaire à un langage plus courant, qui était le phrasé et l’accent des gens de basse naissance. Monta Cristo la mena tout de même à son autre invité qui attendait qu’il fasse les présentations.

« Je suis enchantée de faire votre connaissance. »

Les deux jeunes femmes se saluèrent par une chaleureuse poignée de main qui contrastait avec la politesse et le langage soutenu des paroles de Rose. Les deux demoiselles étaient des Lectrices et surement de la même époque. Même si peu de choses les rapprochaient au niveau vestimentaire. La nouvelle arrivante ayant un style très particulier mais il était amusant de remarquer certaines postures ou mouvements commun aux deux jeunes femmes.

« ‘Chantée aussi, mam’zelle. »

Décidément la demoiselle ne souhaitait pas s’encombrer des syllabes superflues tant que cela ne gênait pas la compréhension. Elle alla chercher dans sa pocher une paire de gants marron et les enfila. Le Comte fut légèrement surpris par ce mouvement. D’habitude, il enlevait ses gants quand il entrait dans une demeure, il ne les mettait pas. Mais cette jeune femme semblait être tout à fait particulière. Son regard engoba le propriétaire et son invité et elle se lança pour énoncer les raisons de sa venue au Manoir.

« Excusez-moi de vous déranger à une heure pareille, mais j’ai une requête pour le moins… étrange, il n’empêche que c’est tout à fait sérieux. »

Une requête étrange ? Voilà qui attisait la curiosité du Comte surtout qu’il n’avait pas affaire à une jeune femme banale. Ce genre de phrase dans la bouche d’une personne aussi excentrique valait surement son pesant d’or. Elle continua un peu sur son travail afin surement d’amener à sa demande de manière plus diplomate. Il avait également remarqué qu’une fois sa tenue complétée, elle avait arrêtée de manger la moitié des mots.


« En ce moment, j’aide à la distribution des vaccins contre la peste. Je suppose que vous êtes tous vaccinés ici? Sinon, je peux immédiatement vous ramener ce qu’il faut. »


Le Comte hocha positivement la tête. Il avait même aidé financièrement à la réalisation de ce vaccin donc il y avait eu le droit pour lui et ses employés ainsi que pour son invité. Amétysse se tourna vers lui spécifiquement pour poursuivre et enfin donner la raison de sa visite avec une question qui était intéressante.


« Enfin bref, j’ai un service à te demander: serait-il possible d’ouvrir ton manoir aux anciens pestiférés qui ont bénéficié du vaccin, afin qu’ils puissent guérir dans des conditions décentes? »


Le tu s’étais glissé dans son discours comme si maintenant qu’elle ne s’adressait plus qu’au propriétaire des lieux, le vouvoiement ‘était plus de mise. Il était Comte tout de même et sa demeure n’était pas l’une des petites maisons qui ne tenaient que par miracle mais cela n’avait pas empêché la nouvelle venue d’employer le tu et de demander ce pour quoi elle s’était déplacée jusqu’ici. Et ce n’était pas n’importe quelle demande. Elle aurait peut-être du garder le vous pour faire ce genre de requête à un homme d’influence tel que lui. Il laissa un silence dans l’espoir de la voir reprendre le vous plus poli ou tout au moins de préciser certains détails. Car accueillir des malades pourquoi pas mais il n’avait pas de diplôme de médecine même s’il en savait long sur le corps humain et les maladies grâce aux livres mais il n’avait en aucun cas, les autorisations nécessaires à ce genre de pratiques. Qui plus est, ouvrir la porte aux malades même vaccinés signifiait aussi laisser une ouverture plus grande dans son Manoir pour que la maladie vienne trouver refuge. Bien sur ceux qui habitaient la grande bâtisse étaient vaccinés mais ce n’était pas un acte à faire à la légère. Et puis, cela faisait du monde à nourrir et des chambres à tenir propres.

« Bien sûr, il y aura des médecins pour les prendre en charge, on s’engage à ce que rien ne soit volé ou abimé, à ce qu’aucun pestiféré n’ayant reçu le vaccin ne passe le perron du manoir, on s’occupera aussi de les nourrir; tu n’auras absolument rien à faire, juste nous prêter des chambres. Si tu veux, on peut même payer le loyer. »  

Heureusement la jeune femme savait ce qu’elle faisait et proposait sans tarder des arguments pour inciter le Comte à accepter sa requête. Elle avait gardé le tu familier mais Monte Cristo se dit que cela devait relever de l’impossible pour elle de le vouvoyer correctement. Mais ce qu’il ne savait pas si elle imaginait un seul instant que loger et nourrir des malades surtout dans une telle demeure pouvait lui coûter bien plus que ce qu’elle pouvait gagner en toute une vie ? Néanmoins, ne pas le faire serait mal perçu et de très nombreuses chambres étaient inhabitées depuis longtemps.

« Voilà une demande intéressante qui mérite néanmoins réflexion. Vous comprenez, damoiselle Amétysse que je ne peux dire oui sans envisager toutes les conséquences que peut avoir cet accueil. Il s’agit d’une excellente initiative qui facilitera surement la rémission des pestiférés mais cela demande beaucoup de ressources que ce soit humaines ou matérielles. »


Il ne pouvait pas s’empêcher de faire ses longues phrases comme elle ne pouvait pas s’empêcher d’utiliser le tu mais chacun devait se faire au phrasé de l’autre. Monte Cristo voyait bien qu’elle n’était pas à son aise dans le grand manoir face à lui et face au refus potentiel qu’il représente. Il semblerait qu’elle ait porté beaucoup d’espoir dans cette demande. Il admirait le courage et l’intelligence de la jeune femme qui avait choisi sa demeure pour aider les autres.

« Je crains que vous n’ayez pas assez pour tenir les engagements que vous venez de citer. Que des médecins soient présents ou qu’aucune personne non vacciné ne passe le seuil de la porte, je suis certain que ce sera envisageable mais garantir que rien ne soit volé ou abimé tiendrait du miracle car la plupart des gens n’ont pas votre droiture. Quant à la nourriture... je crois savoir qu’une personne se remettant d’une maladie aussi prenante en énergie que la peste, soit affamée. »

Le Comte fit une pause dans son discours, le temps de laisser la jeune femme comprendre tout ce qui étaient envisageable et ce sur quoi elle ne pouvait s’engager pour les autres.

« Et, si vous me permettez, vous n’avez pas songer à la bonne tenue des chambres qui accueilleront plus d’un malade. Ce qui demande pas mal de temps et d’énergie. »

Nouvelle pause et le Comte sentait que la jeune femme perdait un peu espoir face à toute cette énumération peu positive et peu encourageante. Mais malgré cela, il ne pouvait faire l’impasse un tel moyen de se faire bien voir de la population et de la noblesse du royaume. Bien ce genre de motivation n’était pas celle qu’il afficherait. Une grande attention aux malades et une générosité apparente seront les deux points que les gens retiendront surtout qu’il n’avait pas trop à forcer ce genre de comportement depuis qu’il avait décidé de prendre un nouveau départ à Queer Tales. Mais il y voyait aussi l’opportunité de rencontrer des gens de tous les genres et de tous les mondes, ce qui lui permettrait peut-être de trouver un moyen de rentrer dans le monde des Lecteurs pour finaliser sa vengeance.

« Mais soit, je connais la qualité des lieux de convalescence et je serais honoré si je pouvais aider à la santé de cette ville et de ces habitants. Si vous portez une attention particulière aux comportements des malades durant leur séjour chez moi et que vous garantissez un soutient du corps médical, je ferais le nécessaire pour qu’ils aient un lieu décent et une table bien garnie pour se remettre de leurs blessures, quelles soient physiques ou psychiques. »

Ce point éclaircit et presque contractualisé, il invita la jeune femme à prendre place sur l’un des sièges de la bibliothèque et prit place sur celui en face.


« Si vous n'y voyez pas d'inconvénients, je me réserve également le droit d’interdire l’accès à certaines pièces du manoir comme celle où nous nous trouvons qui n’a aucun intérêt particulier pour les malades et qui contient plus d’un trésor. »

Il avait accompagné sa phrase d’un geste ample, amplifié par ses larges manches. Et même là, englobé la totalité du lieu était impossible. Cette pièce était surement l’une des plus grandes.


« Mais je manque à mes devoirs, souhaitez-vous vous désaltérer ? La journée à due être longue pour vous. »



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MessageSujet: Re: Me laisseras-tu apporter quelques modifications dans ta demeure...?    Mar 16 Sep 2014 - 21:57
Après que le Comte m’ait présenté je me levais afin d‘être à la même hauteur que la nouvelle invitée de celui-ci. Amétysse, un joli nom pour une jolie personne, de plus elle semblait très sympathique, je serrais la main qu’elle me tendait. Mais habituée à un langage assez soutenu avec Monte Cristo, je ne pus m’empêcher une tournure de phrase assez éloignée de ses amusantes contractions de mots. Son côté un peu familier m’amusa et me fit sourire. Sourire qui s’agrandit lorsqu’elle me répondit :

« ‘Chantée aussi, mam’zelle. »

Trois semaines chez le maître des lieux et j’en oubliais les formes de langage de ma propre époque. Sa révérence me fit sourire, le mélange des deux styles était quelque chose d’assez inhabituel. Car si je m’étais rapidement faite à ces habitudes d’un autre siècle, la brune ne semblait pas apprécier de s’encombrer de ces politesses qu’elle devait surement trouver exagérées. Elle sortit des gants de cuir qu’elle enfila, m’intriguant étrangement. Je ne comprenais pas pourquoi elle avait besoin de ses gants pour faire sa demande mais bon, j’en aurais peut-être l’explication plus tard. Me sortant de mes pensées Amétysse, expliqua les raisons de sa présence. Je prenais la jeune fille très aussi sérieux. En effet, elle semblait chargée d’une lourde tâche et même si la demande était à l’intention du Comte, je ne pouvais m’empêcher de me sentir concernée. Tyss tapa dans es mains désormais gantées avant d’en venir au fait :

« En ce moment, j’aide à la distribution des vaccins contre la peste. Je suppose que vous êtes tous vaccinés ici? Sinon, je peux immédiatement vous ramener ce qu’il faut. »

J’admirais la générosité et le courage de la brune, moi-même étant restée cachée dans le manoir Monte Cristo attendant lâchement que cela passe. Je me sentais un peu honteuse de n’avoir rien fait en voyant Tyss  plus jeune que moi, donner tout ce qu’elle avait. Je hochais vaguement la tête pour répondre à sa question. Le Comte m’avait généreusement acheté le vaccin. En même temps il avait fait une grande donation à celui qui avait trouvé le vaccin, c’était normal qu’il le récupère mais gentil de me le fournir. Se tournant vers le propriétaire, la nouvelle invitée continua :

« Enfin bref, j’ai un service à te demander: serait-il possible d’ouvrir ton manoir aux anciens pestiférés qui ont bénéficié du vaccin, afin qu’ils puissent guérir dans des conditions décentes? »

Ce que j’entendis me choqua et je dus bien arrêter de respirer pendant une seconde. Amétysse venait-elle juste de tutoyer le Comte de Monte Cristo, le maître des lieux. J’avais cru comprendre qu’elle venait d’une famille modeste de part son franc parler, mais elle s’adressait tout de même à un comte. De plus c’était un conte, ne l’avait-elle pas reconnu, lorsqu’il avait donné son nom comme avec moi quelques semaines auparavant ? Je laissai cela de côté, reportant toute mon attention sur la conversation qui stagnait puisque suite à la demande d’Amétysse, le Comte avait mis un silence. Je pouvais très bien imaginer qu’il pesait le pour et le contre, en cherchant autant les avantages que les inconvénients.

Pour éviter de partir bredouille et que le Comte refuse, la brunette avança de nouveaux arguments. Je la trouvais vraiment attachante à se battre pour des personnes qu’elle connaissait à peine. Si seulement je pouvais avoir un tiers de son courage et de sa force, j’en serais heureuse. Je ne pouvais m’empêcher de ressentir de la compassion pour Amétysse. Elle me faisait tellement penser à une petite sœur que j’aurais envie de protéger alors qu’elle semble très bien se débrouiller toute seule. Bref comme je le pensais Monte Cristo avait besoin d’un peu de temps pour réfléchir à la proposition d’Amétysse :

« Voilà une demande intéressante qui mérite néanmoins réflexion. Vous comprenez, damoiselle Amétysse que je ne peux dire oui sans envisager toutes les conséquences que peut avoir cet accueil. Il s’agit d’une excellente initiative qui facilitera surement la rémission des pestiférés mais cela demande beaucoup de ressources que ce soit humaines ou matérielles. »


Le Comte continua en énumérant les points de ce marché qui pourrait lui porter préjudice. Je comprenais parfaitement son opinion cependant le côté attachant de la jeune fille et les bonnes intentions qu’elle portait me donner envie de l’aider. Je savais que je n’avais aucun rôle à jouer dans cette discussion mais j’étais étrangement du côté de la brune. De plus, Monte Cristo tirerait de cette bonne action, beaucoup de respect et de reconnaissance de la part de la ville, sans parler de sa part de générosité qui ne demandait qu’à s’exprimer encore plus qu’elle ne le faisait déjà. Il laissa une pause avant de dire :

« Et, si vous me permettez, vous n’avez pas songer à la bonne tenue des chambres qui accueilleront plus d’un malade. Ce qui demande pas mal de temps et d’énergie.
»


Encore une fois, dans les paroles du conte se trouvait du plus et du moins. Il réfléchit quelques instants supplémentaires. Je crus pendant ce laps de temps qu’il allait refuser mais il semblait que le positif, l’ait emporté sur le négatif car le Comte accepta d’aider la brune. Sa générosité dépassa même mes espérances, j’espérais qu’il en était de même pour Amétysse. Qui semblait très heureuse que le Comte ait accepté. Le maître des lieux posa aussi une condition normale, celle d’interdire certains lieux aux patients. Je comprenais son point de vue. Le Comte invita la brune à s’asseoir, je les imitais, regagnant le fauteuil. J’étais toujours impressionnée par le charisme du propriétaire aussi lorsqu’il montrait par un geste son manoir, je retrouvais ce charme, cette prestance indéniable que possédait le Comte. Il finit son discours en demandant :

« Mais je manque à mes devoirs, souhaitez-vous vous désaltérer ? La journée à due être longue pour vous. »


Je crus voir la brune, hocher la tête en signe de « oui », un sourire apparut sur mon visage. J’appréciais déjà la compagnie de la jeune fille, j’avais l’impression que nous allions bien nous entendre. En effet, elle semblait différente des autres filles du lycée qui étaient méprisantes et prétentieuses. Amétysse semblait être une fille, franche et gentille. Voulant effacer la distance que j’avais placée entre la nouvelle invitée et moi lors des présentations, je m’approchais d’elle et lui dit :

« Tu dois passer des journées de folie. Tu es vraiment courageuse et généreuse d’offrir ton aide et ton temps à tous ces pauvres gens. Je dois avouer que je t’admire pour ce que tu fais.»

Je lui souris essayant de mettre au mieux ma timidité de côté afin de passer de bons moments avec la jeune fille. Et puis on allait pouvoir mieux faire connaissance avec le Comte, autour d’un bon verre de…jus de fruits ?



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MessageSujet: Re: Me laisseras-tu apporter quelques modifications dans ta demeure...?    Sam 27 Sep 2014 - 18:56
L’attente, encore. Amétysse avait de plus en plus de mal à la supporter. Attendre de savoir quel sort la Tortionnaire lui réserve, attendre que la peste passe, attendre que le propriétaire du manoir qu’elle souhaite investir se décide… A chaque fois des sujets trop grave pour que la patience y trouve sa place.

Le Comte se décida cependant à lui répondre; la jeune fille se pencha légèrement en avant, comme si chaque centimètre gagné pour que le son atteigne plus rapidement ses oreilles faisait une différence majeure.

« Voilà une demande intéressante qui mérite néanmoins réflexion. Vous comprenez, damoiselle Amétysse que je ne peux dire oui sans envisager toutes les conséquences que peut avoir cet accueil. Il s’agit d’une excellente initiative qui facilitera surement la rémission des pestiférés mais cela demande beaucoup de ressources que ce soit humaines ou matérielles. »

Cela ne démarrait pas vraiment bien. Pourquoi se sentait-il obligé de réfléchir? C’était une question d’effort de guerre que diable! Des gens souffraient et mouraient presque sur son perron et il prenait le temps de réfléchir? La jeune fille savait parfaitement que la faveur qu’elle lui demandait était considérable, mais pourrait-il avoir bonne conscience en refusant? Sa demeure était tellement grande qu’il pouvait même y vivre normalement sans croiser un seul des malades qui y trouveront refuge.

« Je crains que vous n’ayez pas assez pour tenir les engagements que vous venez de citer. Que des médecins soient présents ou qu’aucune personne non vacciné ne passe le seuil de la porte, je suis certain que ce sera envisageable mais garantir que rien ne soit volé ou abimé tiendrait du miracle car la plupart des gens n’ont pas votre droiture. Quant à la nourriture... je crois savoir qu’une personne se remettant d’une maladie aussi prenante en énergie que la peste, soit affamée. (Il marqua une pause, peut-être afin de lui laisser le temps d’encaisser cette pléthore d’argument, avant d’assener le coup final : ) Et, si vous me permettez, vous n’avez pas songer à la bonne tenue des chambres qui accueilleront plus d’un malade. Ce qui demande pas mal de temps et d’énergie. »

Il ne manquait plus que la liste des problèmes. Génial. Afin de vendre son idée, Amétysse l’avait présenté sous le meilleur angle, mais elle se doutait que dans les faits, les choses ne se passeront pas aussi bien ; une bande de gueux tout juste remis de maladie lâchés dans un environnement aussi luxueux, il était très probable que Monsieur le Comte doive manger avec les doigts lorsque tous ses couverts en argent auront mystérieusement disparu. Hélas, dans ces conditions, la jeune fille ne pouvait même pas lui reprocher d’être égoïste.

Quant au financement et à la prise en charge des patients, Amétysse comptait utiliser les pierres précieuses offertes par Nixie, ainsi que donner tout son temps sur ce projet. Evidemment, elle ne pourrait jamais s’en sortir seule, et de nombreux médecins étaient occupés par la vaccination et ne voyaient pas l’intérêt de consacrer du temps et de l’énergie à des gens ayant déjà bénéficié du remède. Cette opinion se défendait.
Mais puisque le Comte pouvait relever les défauts de ce plan, ils pouvaient réfléchir ensemble aux solutions, non?

« Mais soit, je connais la qualité des lieux de convalescence et je serais honoré si je pouvais aider à la santé de cette ville et de ses habitants. Si vous portez une attention particulière aux comportements des malades durant leur séjour chez moi et que vous garantissez un soutient du corps médical, je ferais le nécessaire pour qu’ils aient un lieu décent et une table bien garnie pour se remettre de leurs blessures, qu’elles soient physiques ou psychiques. »

Qu’avait-il ajouté à propos de la tenue des chambres? Il est vrai qu’un nettoyage régulier s’imposait, il faudrait souvent changer les draps et… que venait-il de dire ?!

Il… il acceptait? Il voulait même les nourrir? Pas de loyer? Cela dépassait toutes les espérances de la jeune fille!
Elle voulut le remercier, ou faire une révérence ou n’importe quoi qui pourrait passer pour de la gratitude polie aux yeux du Comte, mais elle ne put que le fixer d’un air hagard, incapable de produire le moindre son. Une sorte de feu d’artifice explosait sous son crâne, en un mélange de déflagrations assourdissantes et de lumières féériques. Tout ira mieux pour les patients à présent. Cela lui demandera deux ou trois fois plus de travail, mais elle connaissait les conséquences de son choix.
Je pourrais les aider. Enfin.

Un peu sonnée, elle se laissa docilement mener jusqu’à un siège et prit garde à ne pas s’affaler comme une poupée de chiffon. Il valait mieux qu’elle s’assoit, en effet. Le Comte s’installa face à elle, continuant d’exposer sa part du contrat:

« Si vous n'y voyez pas d'inconvénients, je me réserve également le droit d’interdire l’accès à certaines pièces du manoir comme celle où nous nous trouvons qui n’a aucun intérêt particulier pour les malades et qui contient plus d’un trésor. »

Cette clause coulait de source, elle nécessitait à peine d’être précisée. Elle ne fit que hocher la tête histoire de dire qu’elle avait reçu le message, mais elle était encore sous le choc émotionnel, essayant déjà de calculer, planifier, préparer mentalement tout ce qu’il lui faudra faire afin de mettre ce projet en place. Le feu d’artifice continuait, faisant jaillir des idées en rafales aveuglantes ininterrompues.

« Mais je manque à mes devoirs, souhaitez-vous vous désaltérer ? La journée à due être longue pour vous. »


Sa tête oscilla encore sur son cou en un mouvement positif sans qu’elle ai vraiment écouté ; pour ce qu’elle lui devait, elle était prête à accepter chaque proposition du Comte, que ce soit de faire briller l’argenterie avant que les gueux ne la dérobent ou simplement prendre un verre d’eau pour ne pas le vexer. Maintenant qu’elle était posée dans ce fauteuil moelleux, le spectacle son et lumière dans sa tête se décida à prendre fin, la laissant vide et épuisée. Elle songea à partir immédiatement afin de prévenir Papa Costner, puis se rappela qu’elle venait d’accepter un rafraichissement, il serait impoli de partir avant. Déjà qu’elle n’avait toujours pas remercié le Comte parce que l’ensemble de son appareil phonatoire refusaient de fonctionner…

Rose, dont elle avait presque oublié la présence, s’avança vers elle et prit la parole :

« Tu dois passer des journées de folie. Tu es vraiment courageuse et généreuse d’offrir ton aide et ton temps à tous ces pauvres gens. Je dois avouer que je t’admire pour ce que tu fais.»

Si seulement, Rose. Si seulement j’avais été courageuse au lieu de me planquer pendant la peste.
Amétysse se tourna vers elle; la jeune fille lui adressait un beau sourire. Elle y répondit, cependant le sien était un peu las. Allez fais un effort, t’es pas devenue débile, parle-lui.

« Des journées de folie? T’imagines même pas. Si tu veux nous donner un coup de main, ce sera pas de refus. Faut aimer faire du social par contre. »

Son aphasie se décidait à se retirer? Pas trop tôt. Elle fit face au Comte, cherchant les mots afin d’exprimer courtoisement sa gratitude sans pour autant l’atténuer, mais elle se rendit rapidement compte qu’elle n’arriverait qu’à un discours plat et vaguement hypocrite. Ce qui serait fort dommage vu le bonheur ainsi que le soulagement qui l’envahissaient grâce à la générosité du propriétaire des lieux.
Et que fait Amétysse lorsqu’elle est heureuse et qu’elle doit cette joie à quelqu’un? Des câlins.

Sans avertissement aucun, elle bondit de son siège pour se jeter au cou du Comte.

« Merci merci merci merci merci! Je sais pas comment on aurait fait sans toi, c’est vraiment génial de ta part. »

La jeune fille se décida enfin à le lâcher, mais débordait trop d’énergie pour regagner sa place. Il était question de boire quelque chose non? Il fallait fêter cela!
Amétysse sautilla joyeusement jusqu’à la porte de la bibliothèque, puis se retourna vers Rose et Monte Cristo:

« Ça vous dit des cocktails? Elle est où la cuisine? »


Comme quoi, il y avait des avantages à grandir dans un bistrot, même si on n’y apprenait pas forcément les bonnes manières….
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MessageSujet: Re: Me laisseras-tu apporter quelques modifications dans ta demeure...?    Lun 29 Sep 2014 - 10:26
La demoiselle répondant au doux nom d’Amétysse semblait surprise et un peu perdue dans un monde imaginaire qui n’appartenait qu’à elle, elle répondit à la demande du Comte par un simple hochement de tête positif. Le propriétaire des lieux n’était pas certain qu’elle ait réellement entendu sa proposition et avait même l’impression qu’il aurait pu lui demander n’importe quoi, elle aurait eu la même réaction. Une fois assise, la jeune femme semblait reprendre  pied à la réalité. Était-elle si surprise que ça par l’acceptation du Comte ? Rose s’avança de la jeune femme qui reprenait doucement ses esprits et donna son appréciation sur les efforts fournis par Amétysse pour subvenir aux conforts des malades.

« Tu dois passer des journées de folie. Tu es vraiment courageuse et généreuse d’offrir ton aide et ton temps à tous ces pauvres gens. Je dois avouer que je t’admire pour ce que tu fais.»

Les deux demoiselles s’échangèrent un franc sourire, même si celui de la nouvelle venue semblait fatiguée ce qui rebondissait sur les paroles de Rose. Des « journées de folie » ne devaient pas être de tout repos et même si elle essayait de cacher sa fatigue, elle n’en était pas moins présente. A moins que ce ne soit seulement le choc de la nouvelle qui ait plongé la jeune femme dans une apathie de laquelle elle avait du mal à sortir. Finalement ses lèvres se décoincèrent et elle répondit à Rose.

« Des journées de folie? T’imagines même pas. Si tu veux nous donner un coup de main, ce sera pas de refus. Faut aimer faire du social par contre. »


Amétysse se tourna alors vers le Comte et sembla chercher ses mots. Le Comte ne voyait pas ce qu’elle pouvait vouloir lui dire de si important qui nécessite tant de précautions. A moins qu’elle ne cherche simplement qu’à formuler une phrase en langage soutenu avec le « vous » de circonstance. Mais c’était sans connaitre la demoiselle. Un grand sourire sincère se posa sur ses lèvres et sans signe avant-coureur, elle se jeta sur le maitre des lieux. La musicienne réagit au quart de tour, elle se leva d’un coup avant de s’apercevoir que le Comte était simplement victime d’un câlin de la part de sa nouvelle invitée.

« Merci merci merci merci merci! Je sais pas comment on aurait fait sans toi, c’est vraiment génial de ta part. »

Une courtoisie effacée au profit de l’efficacité du mot, un tu qui trainait et un câlin, la jeune femme avait mis tant de temps à réfléchir pour finalement accomplir cet acte spontané qui semblait être monnaie courante chez elle quand elle était heureuse. Le Comte tendu par le mouvement brusque d’Amétysse se détendit. Il faudra faire avec ce genre de comportement pour que cette entente se passe bien. Un sourire affectueux marqua le visage du maitre des lieux alors que la demoiselle, complètement remise de ses émotions (ou presque) desserra son étreinte sur le Comte et se dirigea vers la porte en sautillant. Peut-être aurait-il dû refuser de passer un tel accord avec elle. Toutes les émotions ressortaient de manière très vive dans la personnalité et les gestes d’Amétysse. L’avoir ici ne serait pas de tout repos. Arrivée à la porte, elle se retourna vers Rose et le Comte.


« Ça vous dit des cocktails? Elle est où la cuisine? »


Elle voulait cuisiner ? Ici, au Manoir alors qu’il y a des gens qui sont spécialement engagée pour faire ce travail, décidément elle n’était pas banale cette Amétysse. Le Comte se leva alors et lissa un peu ses vêtements avant de répondre à la jeune femme.


« Les invités ne font pas la cuisine généralement. Mais j’ai bien l’impression que je ne pourrais pas vous empêcher de parcourir chacune des pièces de ma demeure pour trouver la cuisine, c’est donc un gain de temps si je vous y amène. Si bien sûr, cela convient à Mademoiselle Rose. »


Il se tourna vers la jeune femme, un peu exclue de la conversation jusqu’à présent mais qui avait son mot à dire dans le déroulement de la soirée. Le Comte lui tendit le main pour l’inviter à suivre cette tornade brune qui semblait ne suivre que son instinct et ses émotions…

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MessageSujet: Re: Me laisseras-tu apporter quelques modifications dans ta demeure...?    Ven 3 Oct 2014 - 15:41
Amétysse semblait être très heureuse que le Comte ait accepté et pourtant ailleurs, un peu comme si elle avait bugué. Aussi le Comte et moi-même ne pouvions être certains de sa réponse quant à la proposition de Monte Cristo de se désaltérer. Elle avait hoché la tête, peu convaincue comme si c’était un automatisme. L’avait-on complétement perdue ? Avais-je agi de la même façon quand le Comte m’avait montré la bibliothèque ? Surement, mes joues rosirent tandis que le maître des lieux nous invitait à nous asseoir. Cependant  je m’assis et me penchant légèrement en avant, lui avouait mon admiration pour ce qu’elle faisait, la façon dont elle aidait les gens. J’étais parfaitement sincère et ma tirade avait été accompagnée d’un sourire large et franc. La brune semblait fatiguée, moi qui ne faisait rien de me journées à part lire, parler et jouer de la musique, j’avais envie de lui passer mon énergie. Elle eut un peu de mal à trouver ses mots, mais réussit à me répondre :

« Des journées de folie? T’imagines même pas. Si tu veux nous donner un coup de main, ce sera pas de refus. Faut aimer faire du social par contre. »

« Si ça peut aider, je le ferais avec plaisir. »


Je souris à la lectrice avant qu’elle ne se tourne vers le Comte. Elle ne lui dit rien immédiatement cherchant sûrement la meilleure façon de la remercier. Un grand sourire se posa sur son visage avant qu’elle ne fasse quelque chose de terriblement spontané, elle se jeta sur le Comte pour lui faire un câlin. Je me levais soudainement et Haydée fit de même. Je ne savais pourquoi j’avais fait ça. Enfin si je savais…AMETYSSE A FAIT UN CALIN AU COMTE ??!!!!!!! Je n’entendais même pas les remerciements de la brune tellement j’étais choquée par sa précédente action.

Je me rasseyais, réfléchissant aux deux choses qui me dérangeaient : déjà la brune avait déchiré, brûlé, écrasé, dissous, massacré, découpé, tranché, liquéfié, écartelé, l’étiquette et le protocole en enlaçant le propriétaire du manoir. Ne savait-elle donc pas que c’était un comte !!!! Un comte…on ne fait pas de câlins à un comte. Si c’était autorisé, je l’aurais fait depuis un moment.

Et ensuite, c’était de la jalousie, tout simplement. Depuis que j’avais fait la connaissance de Monte Cristo, je le trouvais tellement gentil et attentionné que je le voyais comme un père. Et le fait que je ne puisse le remercier physiquement pour tout ce qu’il faisait pour moi, m’avait déjà dérangé, étant quelqu’un de très démonstratif avec les personnes que j’appréciais beaucoup. Mais qu’Amétysse qui était là depuis 5 minutes grand maximum, se jette sur lui sans que le Comte ne dise rien, cela me dérangeait un peu. Moi aussi j’avais envie d’étreindre celui qui avait tant fait pour moi. Et je savais que c’était puéril mais je ne concevais pas qu’on puisse me voler mon conte.

Après je savais que la lectrice ne l’avait pas fait exprès pour me rendre jalouse. C’était juste quelle était habituée à plus de démonstration et beaucoup moins de manières, mais je ne pus m’empêcher d’avoir un petit pincement au cœur. Oubliant ce petit moment d’égarement, je récupérais mon sourire et regardais la joyeuse brune se diriger vers la porte. Elle se tourna vers nous pour nous demander :

« Ça vous dit des cocktails? Elle est où la cuisine? »


Mon sourire grandit, je trouvais vraiment amusant son franc-parler et le fait qu’elle ne s’embrassait pas comme moi des manières de l’époque du Comte. Elle n’avait peur de rien cette fille. Je regardais la réaction de Monte Cristo, je crus deviner un peu d’étonnement mais je n’en étais pas certaine. Je ne l’étais jamais avec le Comte. Tandis que ce dernier se levait, je fis de même, j’écoutais attentivement sa réponse :

« Les invités ne font pas la cuisine généralement. Mais j’ai bien l’impression que je ne pourrais pas vous empêcher de parcourir chacune des pièces de ma demeure pour trouver la cuisine, c’est donc un gain de temps si je vous y amène. Si bien sûr, cela convient à Mademoiselle Rose. »


J’étais totalement d’accord avec le maître des lieux, ça semblait bien être le genre de la lectrice. Regardant le Comte je commençais, souriante :

« Cela me convient parfaitement. »

Je me tournais vers Amétysse pour lui dire :

« Je dois admettre que je suis curieuse de te voir faire des cocktails. »

De bonne humeur, je suivais le propriétaire Amétysse à mes côtés, je ne pus m’empêcher de penser que la soirée allait être intéressante. Traversant les longs couloirs, que je connaissais quasiment comme ma poche, j’admirais une fois de plus les œuvres d’art que possédait le Comte, je ne m’en lassais pas.  Je me tournais de nouveau vers la brune pour lui demander :

« Ça fait longtemps que tu es à Queer tales ? »



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MessageSujet: Re: Me laisseras-tu apporter quelques modifications dans ta demeure...?    Lun 6 Oct 2014 - 9:07
Au moment même où la jeune fille enserra ses bras autour des épaules du Comte, Haydée et Rose se levèrent comme pour le protéger. Mais la première remarqua vite qu'il n'y avait rien de dangereux dans la conduite d'Amétysse et se contenta d'un sourire amusé. La deuxième par contre manifestait des sentiments bien plus complexe comme la jalousie et la surprise de voir les convenances aussi facilement foulée au pied. Mais il fallait si attendre, la nouvelle venue ne semblait pas s'en embarrasser comme l'attestait le tu dont elle ne cessait d'affubler Monte Cristo. Il eut un sourire attendrit face à cette conduite étrange et garda dans un coin de son esprit qu'il en devrait un à Rose aussi. Il n'avait pas deviné que cela avait plusieurs traversé son esprit et aurait aimé devancer ses désirs avant que ce ne soit la jalousie qui le lui révèle.

Il se leva ensuite et autorisa d'une certaine manière Amétysse à faire des cocktails même si rien ne prévoyait une telle chose. Le conte demanda également à son amie si elle souhaitait se joindre à eux pour préparer leurs boissons.

« Cela me convient parfaitement. »

Cela n'étonna pas Monte Cristo, Rose avait rarement montré sa désapprobation face à l'une des idées du Comte, peut-être pour ne pas déroger à l'étiquette mais il trouvait cela dommage et espérait que ce n'était pas le cas. Mais bon, rien n'est moins sur avec une personne capable de passer d'un langage soutenu à celui d'une lycéenne moderne. Le mélange des deux était des plus saisissants.


« Je dois admettre que je suis curieuse de te voir faire des cocktails. »


Son phrasé avait encore les teintes soutenues qui attestaient de son long séjour chez le Comte. Mais si Amétysse restait dans les parages il ne doutait pas qu'il aurait l'occasion de voir discuter les deux jeunes femmes avec leur langage habituel, ce qui sera surement très instructif. Il attrapa le chandelier que lui tendit Haydée et tint la porte à ses deux invités. Il passa ensuite devant pour les guider dans le dédale de couloirs que Rose commençait à bien connaître maintenant.

« Ça fait longtemps que tu es à Queer tales ? »

Monte Cristo préférait laisser les deux jeunes femmes faire connaissance, il aurait tout le temps de les découvrir sous d 'autres aspects et il pouvait toujours suivre leur conversation sans s'en mêler. Amétysse eut le temps de répondre avant qu'ils arrivent à la cuisine et il fut étonné du peu de temps qu'elle avait passé ici. A peine plus que Rose et pourtant il aurait pu jurer que cette dernière en savait au moins dix fois plus sur ce monde que la nouvelle arrivée au Manoir. Il poussa la porte de la cuisine et laissa les deux damoiselles découvrir le lieu. C'était une cuisine très claire aux formes légèrement arrondies pour atténuer le côté dur habituellement dévoué à la cuisine. Il y avait tout ce qu'il fallait pour préparer du festin à la collation. Mais en ce moment la grande table était couverte de bouteilles de toutes les tailles et de toutes les formes, Haydée avait fait passé le message aux cuisiniers qui étaient allés chercher les alcools variés qui composaient les caves du Comte.

« Cela suffira-t-il à ce que vous désiriez ? »

Ils n'auront surement pas l'occasion de tous les tester et si la demoiselle trouvait à y redire, Monte Cristo était certain qu'il ne s'agissait que d'un échantillon. L'inconvénient d'aimer ce petit plaisir de la vie et surtout d'en faire la collection était que les caves étaient rarement vide et remplit de nombreuses bouteilles qui valait plus que leur pesant d'or.

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MessageSujet: Re: Me laisseras-tu apporter quelques modifications dans ta demeure...?    Mer 5 Nov 2014 - 21:10
Bigre, j’y suis peut-être allée un peu fort.
Les deux autres demoiselles présentes dans la pièce s’étaient levée en un même mouvement (surprit ? indigné ?) lorsqu’Amétysse avait sauté au cou du Comte. Quant à sa proposition d’apéritif tardif…

« Les invités ne font pas la cuisine généralement. Mais j’ai bien l’impression que je ne pourrais pas vous empêcher de parcourir chacune des pièces de ma demeure pour trouver la cuisine, c’est donc un gain de temps si je vous y amène. Si bien sûr, cela convient à Mademoiselle Rose. »


T’as tout compris l’ami.
Et puis pour l’instant, elle se sentait d’avantage squatteuse qu’invitée ; au point où elle en était, elle pouvait s’étendre allègrement dans d’autres pièces… non?
Heureusement, l’avis de Rose joua en sa faveur :  

« Cela me convient parfaitement. Je dois admettre que je suis curieuse de te voir faire des cocktails. »

Amétysse lui rendit son sourire en un message muet : « Tu seras pas déçue ! », puis marchant aux côtés de la demoiselle, suivit le Comte dans les couloirs. Ainsi équipé d’un chandelier, avançant en grand seigneur dans son manoir, il ne manquait pas de prestance.  
Son attention se reporta sur Rose ; elle avait accepté de donner un coup de main. Il faudra lui apprendre à faire les piqûres. De plus, elle était jolie et gentille, les patients seront enchantés. Papa Costner risquait de râler un peu en apprenant qu’il aura quelqu’un d’autre à surveiller, mais Amétysse se doutait qu’il sera en vérité ravi d’avoir à jouer les protecteurs auprès d’une autre demoiselle.

« Ça fait longtemps que tu es à Queer tales ? »

La jeune fille prit le temps de réfléchir à la question, les yeux levés comme si elle cherchait réellement sous son crâne les souvenirs nécessaires. Elle n’avait pas pris la peine de compter les jours, tel un prisonnier traçant des bâtons sur les murs de sa cellule en une multitude de barreaux supplémentaires. Comptant sur ses doigts, elle entreprit de réfléchir à voix haute, apportant en même temps la réponse à Rose.

« Euh… Ça fait p’t’être un mois… plus? Je sais pas. Toi aussi t’as débarqué là sans savoir comment? »

Un mois, vraiment? Ce devait être la panique au Phillies. Dès que la peste sera définitivement repoussée, il lui faudra songer à trouver un moyen de rentrer, sa « famille » devait se consumer d’inquiétude depuis la disparition de la mascotte du bar.  

En parlant de bar, ils se trouvèrent enfin face à la porte de la cuisine que le Comte eu la galanterie d’ouvrir, dévoilant une table croulant sous une quantité de bouteilles digne des plus grandes arrière-boutiques de bistrot.

« Cela suffira-t-il à ce que vous désiriez ? »

Parce qu’il pouvait en obtenir d’avantage… ? Et puis, ces bouteilles restaient toujours étalées sur la table de cette manière ou une armée de serviteurs prévenus comme par enchantement avaient tout préparé avant leur arrivée? Dans les deux cas, cela restait assez incroyable.

« Carrément, y’a de quoi faire! Merci beaucoup. »


La jeune fille s’approcha de la table d’un pas guilleret pour passer en revue les étiquettes des bouteilles ; aussi incroyable que cela puisse paraitre, elle y trouva des alcools dont elle n’avait jamais entendu parler. Spécialités de Queer Tales, certainement. Il y avait finalement trop de choix, devait-elle partir sur quelque chose de classique et sûr puis attendre que ses hôtes soient suffisamment imbibés avant de commencer quelques expériences, où s’amuser tout de suite avec ce qu’elle avait sous la main?
Tout doux, Tyss. On démarre tranquille. Pourquoi pas des mojitos?
Elle fouina un peu parmi les bouteilles et dans la cuisine à la recherche des ingrédients nécessaires, mais un obstacle s’interposa rapidement :

« Y’a pas d’eau qui pique… ? Ça doit pas exister ici… Tant pis. »

Malgré tout le matos étalé sur la table, tu trouves le moyen de te plaindre? En tout cas, maintenant c’est décidé : on improvise.
Amétysse étudia ses hôtes d’un air professionnel ; à n’en pas douter, le Comte avait des goûts sûrs. Alcool fort mais raffiné (whisky peut-être), spécialiste des grands crus. En revanche, Rose n’était pas habituée à boire, la bistrotière improvisée en aurait mis sa main à couper. Quelque chose de léger et coloré serait parfait pour elle.
Très bien. Maintenant, il lui fallait déterminer le contenu des bouteilles.

Débouchant quelques flacons, elle en reniflait le contenu, en versait parfois quelques gouttes dans un verre afin d’y goûter ; tout en s’adonnant à cette tâche, elle entama la conversation avec le Comte sur un sujet qui lui tenait à cœur :

« Au fait… Ce n’est pas vraiment la peine de me vouvoyer, –c’est quoi ça…?– avoue que ça fait bizarre, surtout que je te tutoie ; ça donne vraiment l’impression que je suis une sale gamine irrespectueuse… –Anh mais c’est de la vodka!– Je suis certes malpolie, mais pas irrespectueuse. D’ailleurs toutes mes excuses, j’ai jamais su vouvoyer qui que ce soit. Et désolée aussi si je me comporte pas comme il faut dans ton manoir, comme tu l’as sans doute remarqué l’apprentissage des bonnes manières est passé à la trappe –C’est joli comme couleur, on dirait du pisang… ouais, ça à le même goût– hésite pas à m’engueuler si je vais trop loin dans la franche camaraderie. Et puis, tu as peut-être un prénom, je vais quand même pas t’appeler Monsieur le Comte, messire, ou Monte Cristo… ? »

Se rendait-elle seulement compte de la contradiction de son discours… ?
Amétysse s’empara de quatre verres dans lesquels elle versa un fond de différentes boissons.

« Rose, viens voir. Je t’ai fait une petite sélection, dis-moi ce que tu aimes. »

Une belle soirée en perspective.
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MessageSujet: Re: Me laisseras-tu apporter quelques modifications dans ta demeure...?    Lun 17 Nov 2014 - 8:49
Je confirmais mon envie d’aller en cuisine afin d’admirer la nouvelle invitée faire des cocktails avant d’avouer à cette dernière ma curiosité à ce sujet. Elle m’offrit un grand sourire qui chauffa mon cœur, elle était vraiment très enthousiaste et chaleureuse. Cette attitude était à l’opposé de celle que j’avais avant de venir dans ce monde. Isolée, parfois froide, je n’appréciais pas trop la compagnie de ces gens si différents de ceux de Queer Tales. Et malgré la différence d’époque, je me sentais plus à ma place dans le monde des contes que dans le mien.

Ici, cela semblait plus simple (peut-être parce que j’étais tombée chez un Comte très généreux), mais pas seulement. Il y avait ce respect, chose presque inconcevable dans un lycée ordinaire. Malgré mon jeune âge, Monte Cristo me respectait presque autant que moi je le respectais. Il était si poli, si civilisé, si éloigné de ces pimbêches qui se croyaient tout permis. Ces pestes qui pensaient qu’être différente était une mauvaise chose, que l’assiduité en classe était un motif valable pour persécuter quelqu’un. Et après on était étonné que je sois renfermée, solitaire.

J’étais partie dans mes pensées, suivant par réflexe le conte et la lectrice, sans pour autant perdre mon léger sourire. Reprenant complètement contenance, je demandais plus joyeuse à la lectrice :

« Ça fait longtemps que tu es à Queer Tales ? »

C’était au départ juste pour lancer la conversation mais en y réfléchissant, je m’intéressais vraiment à la réponse qu’elle allait me donner car elle semblait comme le Comte et Haydée…différente. De plus sa bonne humeur était extrêmement contagieuse et l’on ne pouvait que s’attacher à quelqu’un comme ça. La voir réfléchir était très amusant, on pouvait presque voir les petits engrenages tourner au-dessus de sa tête. Je crus que cela remontait à loin puisqu’elle commençait à compter sur ses doigts pour ne pas perdre le compte aussi sa réponse me surprit :

« Euh… Ça fait p’t’être un mois… plus? Je sais pas. Toi aussi t’as débarqué là sans savoir comment? »

Une légère surprise pouvait se lire sur mon visage, finalement, elle n’était pas là depuis beaucoup plus longtemps que moi. Cela faisait déjà trois semaines que j’avais atterri dans le jardin du maître des lieux, complétement déboussolée. Le temps était passé si vite, en si bonne compagnie. Les semaines que j’avais passées dans ce manoir faisaient parties des plus belles de ma vie. Tout était si parfait et l’arrivée de la brunette n’enlevait rien à cette perfection, peut-être un peu de changement à la limite. Ajoutant un peu de piment  et de fantaisie dans le manoir. Je lui répondis, amusée :

« Eh bien, pas vraiment. En fait, je sais parfaitement comme je suis arrivée ici, bien qu’une part de cette magie me soit encore inconnue. »


La lectrice n’eut pas le temps de répliquer puisque nous étions arrivés à destination : la cuisine. Ce n’était pas la première fois que j’y venais, le propriétaire m’ayant fait une visite presque complète du manoir (je ne doutais pas de découvrir un jour un passage secret). Mais cette fois, elle me semblait bien vide, outre les dizaines de bouteilles inconnues sur le plan de travail. Le Comte demanda toujours avec sa politesse légendaire si c’était suffisant. Je ne pus m’empêcher de penser que oui ; c’était suffisant. A moins qu’elle veuille offrir la tournée à tous les malades qu’elle soignait, il allait y en avoir assez.

J’étais toujours impressionnée par l’efficacité des serviteurs du maître des lieux qui avaient fait très vite comme toujours mais cela étonna la lectrice qui ne devait pas y être du tout habituée. Avec sa délicatesse habituelle, Amétysse remercia le conte :

« Carrément, y’a de quoi faire! Merci beaucoup. »


D’un pas joyeux, la brunette se dirigea vers la table et commença à analyser ce que pouvait contenir les nombreuses bouteilles.  Cela commença par une identification des étiquettes, elle sembla en reconnaître certaines, mais d’autres firent apparaître un air intrigué sur son visage d’ange. Elle sembla hésita avant de finalement prendre les choses en mains, elle chercha une bouteille mais ne la trouva pas. Aussi, elle demanda :

« Y’a pas d’eau qui pique… ? Ça doit pas exister ici… Tant pis. »

Je retins un fou rire de justesse, mais j’aurais donné cher pour être dans la tête du Comte à cet instant précis. Il devait y régner une certaine incompréhension mêlé à de l’amusement mais comme d’habitude avec le Comte, je ne pus déceler les sentiments de ce dernier jusqu’à ce que celui dévoile un sourire ce qui confirma ma théorie. Quoique, le conte n’était peut-être pas si surpris que cela puisque son récit se déroule vers le milieu du XIXème siècle hors le Champagne avait déjà fait son apparition au début de celui-ci. Aussi le maître de lieux devait connaître l’existence des boissons à bulles mais sous cette forme spécifique. Cela ne restait bien sûr que théorie, mais c’est amusant de se l’imaginer de cette façon.

Mon envie de rire diminuant peu à peu, je me reconcentrais sur le travail d’artiste de la lectrice. Je n’avais heureusement rien manqué à l’inspection de la brune, mon sourire grandit d’ailleurs quand elle nous regarda attentivement, quelques secondes pas plus comme si elle essayait de deviner ce qui allait nous plaire. Puis Amétysse commença à goûter à sentir, afin d’identifier ce qu’elle pouvait ou non mélanger. Tout en faisant cela, elle s’adressa au maître des lieux dans un discours amusant ponctué par des réflexions sur les boissons :

« Au fait… Ce n’est pas vraiment la peine de me vouvoyer, –c’est quoi ça…?– avoue que ça fait bizarre, surtout que je te tutoie ; ça donne vraiment l’impression que je suis une sale gamine irrespectueuse… –Anh mais c’est de la vodka!– Je suis certes malpolie, mais pas irrespectueuse. D’ailleurs toutes mes excuses, j’ai jamais su vouvoyer qui que ce soit. Et désolée aussi si je me comporte pas comme il faut dans ton manoir, comme tu l’as sans doute remarqué l’apprentissage des bonnes manières est passé à la trappe –C’est joli comme couleur, on dirait du pisang… ouais, ça à le même goût– hésite pas à m’engueuler si je vais trop loin dans la franche camaraderie. Et puis, tu as peut-être un prénom, je vais quand même pas t’appeler Monsieur le Comte, messire, ou Monte Cristo… ? »

Décidément avec elle on ne s’ennuyait pas. Mais je ne comprenais pas pourquoi, elle ne voulait pas l’appeler Monsieur le Comte. J'en faisais ainsi et il n’y avait pas de problèmes. Il fallait dire que je n’avais pas la même capacité d’adaptation qu’elle. Et je pouvais comprendre que l’on ne soit pas habitué à  vouvoyer mais s’adresser à un comte en lui disant « tu », je trouvais que ça ne passait pas vraiment. Mais bon c’était son problème, pas le mien. Je laissais la question de côté quand Amétysse remplit 4 verres de fonds d'alcools inconnus et me proposa:

« Rose, viens voir. Je t’ai fait une petite sélection, dis-moi ce que tu aimes. »

Bien qu'un peu sceptique au début, je m'obligeais à lui faire confiance et à être moins méfiante. Je goûtais un à un les verres et bien que j'appréciais en général peu la saveur de l'alcool, certains mélanges était plutôt bons. Bien que je fis le contenu du 3ème verre ne convint pas à mes papilles aucune trace de dégoût n'apparut sur mon visage; à la limite une certaine déception. Je confiais ensuite mes impressions à la lectrice:

« J'aime beaucoup le vert clair et et le rose-rouge. C'est assez doux. Je suis désolée, je ne connais pas les noms des boissons que tu viens de créer. »


Je cachais ma gêne derrière un léger sourire avec plus ou moins de succès, je me doutais que le maître des lieux s'en  rendrait compte mais je me demandais si absorbée par ses préparations la brunette le verrait. Bref, je ne devais pas me prendre la tête pour si peu, je devais profiter de l'instant présent et m'amuser.


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MessageSujet: Re: Me laisseras-tu apporter quelques modifications dans ta demeure...?    Lun 1 Déc 2014 - 10:55
Arrivés dans la cuisine, ils purent constater que les domestiques avaient fait leur travail et préparé une table bien remplie de divers boissons aux noms aussi exotiques que variés, ainsi qu'un service complet en cristal avec des verres de toutes les tailles et de toutes les formes. Le Comte savait bien qu'un verre différent donnait un goût légèrement différent à la boisson et comme il ne savait pas la forme préférée de son invité un peu envahissante, il avait fait amener une petite partie de la diversité qu'il possédait. Quand il demanda à la sa nouvelle invité si cela lui convenait, elle lui répondit avec sa fougue et son naturel.

« Carrément, y’a de quoi faire! Merci beaucoup. »

Sa joie faisait plaisir à voir et son enthousiasme faillit lui faire regretter de lui avoir ses portes. Les jours qui venaient promettaient d'être animés. C'était décidément une bonne période contre son ennui, entre le colporteur blondinet et les deux jeunes femmes sans compter sa visite au palais, il avait eu de quoi remplir ses journées et n'allait pas s'en plaindre.

« Y’a pas d’eau qui pique… ? Ça doit pas exister ici… Tant pis. »

Un sourire marqué se posa sur les lèvres du maitre des lieux. De l'eau qui pique ? Elle devait parler d'eau gazeuse. Le Comte connaissait, c'était les débuts de cette boisson étrange mais il ne se souvenait plus s'il en possédait. C'était une boisson rare dans ces contrées, aucun lecteur n'a pensé à ramener cette recette avec lui. Néanmoins la formulation de la jeune femme l'amusa, il ne l'avais jamais entendu ainsi. Ne prêtant déjà plus attention à sa demande elle se concentra sur les différentes bouteilles posées sur le plan de travail. Elle regarda rapidement les étiquettes mais n'en reconnaissant pas la moitié, elle gouta, sentit, agita les boissons pour savoir ce que c'était. Monte Cristo s'amusait énormément de la voir ainsi s'activer autour des bouteilles. Il devait y avoir des connaisseurs dans sa famille car elle évoluait avec l'aisance d'un poisson dans l'eau. Ce serait intéressant de découvrir de nouveaux mélanges. Il mit dans un coin de sa tête que ces recettes devaient faire l'objet d'un recueil, il faudra qu'il demande à demoiselle Amétysse si elle voulait bien participer à la réalisation d'un tel ouvrage.

« Au fait… Ce n’est pas vraiment la peine de me vouvoyer, –c’est quoi ça…?– avoue que ça fait bizarre, surtout que je te tutoie ; ça donne vraiment l’impression que je suis une sale gamine irrespectueuse… –Anh mais c’est de la vodka!– Je suis certes malpolie, mais pas irrespectueuse. D’ailleurs toutes mes excuses, j’ai jamais su vouvoyer qui que ce soit. Et désolée aussi si je me comporte pas comme il faut dans ton manoir, comme tu l’as sans doute remarqué l’apprentissage des bonnes manières est passé à la trappe –C’est joli comme couleur, on dirait du pisang… ouais, ça à le même goût– hésite pas à m’engueuler si je vais trop loin dans la franche camaraderie. Et puis, tu as peut-être un prénom, je vais quand même pas t’appeler Monsieur le Comte, messire, ou Monte Cristo… ? »

Son monologue entrecoupé de ces avis sur les bouteilles, mélanges et autres contenus étaient très amusants. Finalement le Comte ne regrettait rien, il était ravi que cette jeune personne ait décidé de passer le seuil imposant de sa demeure. Amétysse prenait la peine de s'excuser de son comportement familier auprès du Comte.

« Ne vous inquiéter pas pour votre tutoiement cela ne me gêne point, quant à la manière de me nommer c'est pourtant ainsi que l'on me connait et m'appelle, j'espère que vous vous en accommoderez. »


Monte Cristo, sourire aux lèvres, voyant qu'elle avait presque terminé s'approcha du plan de travail qui avait l'allure d'un champ de bataille et essaya de deviner ce qui se trouvai dans les verres. Elle les proposa d'abord à Rose surement car le maitre des lieux l'intimidais ou plus simplement car il était plus facile de deviner les goûts de la jeune femme que ceux du Comte ou au contraire...

« Rose, viens voir. Je t’ai fait une petite sélection, dis-moi ce que tu aimes. »

Certains verres ne semblaient pas être à la convenance de la jeune femme aux cheveux de nacre, mais ce ne pouvait pas être parfait, cela n'empêcha pas Rose d'en trouver certains à son goût.

« J'aime beaucoup le vert clair et et le rose-rouge. C'est assez doux. Je suis désolée, je ne connais pas les noms des boissons que tu viens de créer. »


Le Comte était certain de ne pas les connaitre non plus mais pouvait surement en donner la composition. Suivant le même parcours de Rose, il goûta à chacune des boissons et en apprécia aussi bien la saveur que la couleur. Sa nouvelle invité avait du talent dans ce domaine, il ne pouvait le nier.


« Je suis d'accord avec les choix de Mademoiselle Rose même si j'ai une préférence pour le rouge ambré. »


Il était plus relevé et laissait plus de place aux saveurs de l'alcool, contrairement aux autres qui étaient beaucoup plus doux et délicats, qui convenaient mieux au palais de la jeune femme qui n'avait pas le goût pour les boissons alcoolisées contrairement au maitre des lieux qui apprécie particulièrement les bonnes bouteilles. Bien qu'il n'en fasse jamais abus, c'est un consommateur averti et intéressé.


« Vous êtes très douée damoiselle, c'est votre métier ? Ou du moins l'était-il avant votre passage à Queer Tales ? »
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MessageSujet: Re: Me laisseras-tu apporter quelques modifications dans ta demeure...?    Sam 10 Jan 2015 - 21:10
Amétysse se sentait bien. Le début de sa mission pour les pestiférés était un franc succès, elle appréciait beaucoup Rose et Monte Cristo, et aimait tout autant cet espèce de choc des cultures ; ramener sa petite science du Phillies dans un environnement si incongru lui plaisait beaucoup. Et puis, qui n'a jamais rêvé de passer une soirée dans un manoir, sérieusement?

« Ne vous inquiéter pas pour votre tutoiement cela ne me gêne point, quant à la manière de me nommer c'est pourtant ainsi que l'on me connait et m'appelle, j'espère que vous vous en accommoderez. »

Monsieur le Comte, l’air de rien, la remettait en place gentiment. Elle esquissa un sourire rassuré accompagné d’un haussement d’épaules déçu. Il lui était extrêmement difficile d’appeler les gens par leur nom de famille ou pire, par un titre honorifique, mais il lui faudra s’y faire. C’est le chef qui l’a dit. Ou trouver une solution alternative…

« Comme tu voudras, c’est toi le patron », conclut-elle avec bonne humeur.

Pendant ce temps, suite à sa demande, Rose goûta aux différents mélanges que la bistrotière improvisée avait préparé, pour finalement annoncer :

« J'aime beaucoup le vert clair et le rose-rouge. C'est assez doux. Je suis désolée, je ne connais pas les noms des boissons que tu viens de créer. »

Deux d’entre eux avaient donc trouvé grâce à ses yeux. Sur quatre préparations, cela restait un bon score.
Le Comte s’approcha à son tour pour tester les alcools. Il accepte de boire dans le même verre que quelqu’un d’autre? Moins guindé que je ne le pensais, y’a moyen d’en faire quelque chose. Amétysse ne lui avait pas proposé d’y goûter parce qu’elle prévoyait de préparer une autre sélection convenant d’avantage à ses goûts, mais elle serait contente d’avoir son avis, qu’il ne tarda pas à donner :

« Je suis d'accord avec les choix de Mademoiselle Rose même si j'ai une préférence pour le rouge ambré. »

Amétysse se retint de crier victoire mais ne put contenir un sourire triomphant. Je savais bien que t’aimais le whisky !

« Vous êtes très douée damoiselle, c'est votre métier ? Ou du moins l'était-il avant votre passage à Queer Tales ? »


Non seulement il continuait à la vouvoyer, mais en plus il lui donnait toujours du « damoiselle ». Cela risquait d’être vraiment désagréable à la longue. Le fond du message la toucha tout de même, elle se sentit flattée qu’un homme avec visiblement des goûts sûrs lui reconnaisse un certain talent.

« Merci… Je t’en prie, appelle-moi Tyss. Et oui, je bossais dans un bistrot, le Phillies ; enfin bosser, concrètement j’avais pas le droit vu que je suis mineure, disons plutôt que j’aidais mes adoptifs à tenir la boutique. Sinon ces deux dernières semaines j’ai travaillé comme serveuse dans une taverne pas trop mal famée. Ils vérifient pas ta carte d’identité ici et même pas besoin de CV, c’est bien pratique. »  

La jeune fille avait naturellement omit de placer « parents » avant le mot « adoptifs » ; la notion de liens familiaux –du moins en ce qui la concernait– lui échappait.
Son attention revint sur ses préparations qu’elle entreprit d’énumérer, pointant du doigt chaque verre :

« Pour les cocktails : Le vert c’est un cute leprechaun très léger, le rouge-rose un cosmopolitan et le rouge ambré une dame pourpre arrangée… Le dernier on s’en fout personne ne l’aime. Faut admettre que j’ai pas mal adapté les recettes, même un pro aurait du mal à les reconnaitre… et aurait fait un scandale. Mais si ça vous plait c’est l’essentiel. Pis si le patron est d’accord, c’est à volonté ! »

Elle entreprit donc de préparer une dame pourpre pour le Comte ainsi que deux cute leprechaun pour Rose et elle puis, en distribuant les verres, fut de nouveau saisie d’un trop-plein de générosité au détriment du propriétaire des lieux :

« Elle aime quoi comme alcool la demoiselle qui m’a fait entrer ? Elle a l’air sympa, elle pourrait boire avec nous. Et y’a d’autres personnes dans le manoir à qui je peux offrir un verre ? Enfin, si c’est pas trop abuser, c’est ta réserve quand même, en plus c’est peut-être contraire à l’étiquette que tu picoles avec tes domestiques… »

Personnellement je trouve ça complètement con, se retint-elle d’ajouter. Elle ne put s’empêcher de jeter à Rose un regard en coin pour savoir si elle avait commis une erreur. La jeune fille faisait cependant un effort pour comprendre l’univers du Comte et se plier à ses règles (à peu près). Voyons si cette résolution tiendra longtemps ; vu les quelques verres promis par la quantité d’alcool sur la table, cela risquait de ne pas être une franche réussite…
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MessageSujet: Re: Me laisseras-tu apporter quelques modifications dans ta demeure...?    Mar 10 Fév 2015 - 9:36
Pendant qu'Amétysse préparait les boissons, elle discutait avec le Comte de la façon dont ils pouvaient communiquer. La brune ne pouvait s'empêcher de tutoyer les gens et ne voulait pas que son franc-parler passe pour de l'irrespect. Je comprenais parfaitement sa situation face au maître des lieux, nos réactions nous venaient instinctivement, et il semblait que la lectrice ait été élevée dans un milieu plus décomplexé que le mien. J'avais réussi grâce à ce que j'avais lu dans mes livres à m'adapter, mais ça ne pouvait pas être le cas de tout le monde. Et le naturel avec lequel Tyss parlait au propriétaire du manoir, je l'enviais. Peut-être moi aussi aurais-je dû rester la même, mais je voulais tellement plaire à mon hôte et ne pas le gêner que je m'étais habituée à un style de langage plus soutenu et à des convenances d'un autre siècle.

C'était pour cela que j'appréciais la bonne humeur et la franchise de Tyss, mais je me doutais que forcément ça risquait de poser un problème de communication entre Monte Cristo et elle. En effet, j'imaginais bien la brunette, appeler tout le monde par son prénom, voire même donner des surnoms afin de réduire encore la distance entre les personnes. Aussi cela paraissait difficile pour elle, de se contenter d'un « Monsieur le Comte ». Et même si la maître des lieux passa sur le tutoiement, il n'avait pas d'autre nom à lui donner. Après si la lectrice en avait vraiment besoin, avec l'autorisation du principal concerné, je donnerais le nom d'Edmond Dantès à la nouvelle invitée. Mais cela risquait de donner des discussions étranges du genre: « Tu veux bien me passer le sel, Ed ? ». Je contins un sourire, si Tyss restait cette nuit avec cette information , la conversation au petit-déjeuner, serait des plus intéressantes. Heureusement, la lectrice sembla se contenter d'un patron qui était aussi poli qu'affectueux.

Puis la barmaid se tourna vers moi, pour me faire goûter quelques mélanges, je fus étonnamment surprise de voir que j'en appréciais plus que ce que j'imaginais. La brunette se débrouillait très bien avec les alcools car c'était à peine si je les sentais. Je fis part de mes préférences à la lectrice, bien que légèrement gênée de ne pas connaître ce qu'elle avait préparé. Monte Cristo lui aussi voulut goûter, afin d'enrichir les avis sur les cocktails. Son avis était presque identique au mien à l'exception près que son préféré était le rouge ambré, que j'avais trouvé trop fort.

Un grand sourire s'afficha sur le visage de Tyss, apparemment elle était contente de nos choix. Personnellement je me demandais ce que la barmaid allait prendre. Mais mes réflexions furent interrompues par la voix de velours du Comte:

« Vous êtes très douée damoiselle, c'est votre métier ? Ou du moins l'était-il avant votre passage à Queer Tales ? »


Il était vrai qu’elle avait du talent, certes je n’étais pas une spécialiste en alcool, mais elle avait réussi à m’en faire boire et ça c’était déjà un exploit. La brune eut surement du mal avec le « damoiselle », moi-même j’étais habituée à mademoiselle dans mon monde, alors je me dis que pour elle, ce devait être encore plus étrange. Elle commença d’ailleurs par rectifier le maître des lieux afin qu’il devienne un peu plus familier (dans le bon sens du terme).

« Merci… Je t’en prie, appelle-moi Tyss. Et oui, je bossais dans un bistrot, le Phillies ; enfin bosser, concrètement j’avais pas le droit vu que je suis mineure, disons plutôt que j’aidais mes adoptifs à tenir la boutique. Sinon ces deux dernières semaines j’ai travaillé comme serveuse dans une taverne pas trop mal famée. Ils vérifient pas ta carte d’identité ici et même pas besoin de CV, c’est bien pratique. »


Ainsi elle travaillait dans un bar, cela expliquait ses compétences naturelles en cocktail. Je ne relevais pas le fait qu’elle avait été adoptée, mais plutôt le fait qu’elle l’ait précisé. Je ne savais qu’elle était la relation qu’elle entretenait avec ses parents adoptifs mais le fait qu’elle distingue précisément ses adoptifs de ses biologiques était à noter. J’enregistrais cette information bien que me demandant pourquoi, il fallait toujours que j’analyse tout, plutôt que de passer des bons moments. Revenant au fait, je me concentrais sur ce qu’elle avait dit et un sourire apparut sur mes lèvres ne pensant au fait que le Comte ne devait avoir aucune idée de ce qu’était une carte identité et encore moins un CV. Je ris à la plaisanterie de la lectrice et fit un regard en coin au propriétaire qui laissait sous-entendre que s’il voulait je pourrais lui expliquer plus tard. Le regard de la barmaid se posa à nouveau sur les mélanges afin de nous les présenter :

« Pour les cocktails : Le vert c’est un cute leprechaun très léger, le rouge-rose un cosmopolitan et le rouge ambré une dame pourpre arrangée… Le dernier on s’en fout personne ne l’aime. Faut admettre que j’ai pas mal adapté les recettes, même un pro aurait du mal à les reconnaitre… et aurait fait un scandale. Mais si ça vous plait c’est l’essentiel. Pis si le patron est d’accord, c’est à volonté ! »


La franchise et l’absence de tact de Tyss, me firent sourire. On avait l’impression qu’elle n’avait aucune limite ou en tout cas aucune gêne. Elle recommença à préparer certains des cocktails présentés, deux cute leprechaun et une dame pourpre. J’avais de la chance, le cocktail vert était mon préféré des deux que j’avais appréciés. Alors qu’elle allait les servir, la brune tiqua et demanda :

« Elle aime quoi comme alcool la demoiselle qui m’a fait entrer ? Elle a l’air sympa, elle pourrait boire avec nous. Et y’a d’autres personnes dans le manoir à qui je peux offrir un verre ? Enfin, si c’est pas trop abuser, c’est ta réserve quand même, en plus c’est peut-être contraire à l’étiquette que tu picoles avec tes domestiques… »

La brunette me regarda comme pour demander mon approbation, si elle avait bien fait de demander cela. Je lui fis comprendre que c‘était très gentil mais qu’en général ça ne se faisait et qu’en effet les domestiques ne trinquaient pas avec les maîtres de maison. Cependant, Monte Cristo était différent, j’avais remarqué qu’il était parfois plus souple et bien plus avenant avec ses serviteurs que la plupart des nobles. Peut-être que la présence d’Amétysse, lui ferait faire une exception. Je savais qu’il était très proche d’Haydée et la perspective de faire plaisir à ses domestiques autant qu’à ses invités le feraient peut-être accepter.

« Pour fêter l’arrivée d’Amétysse, peut-être serait-il possible de faire une exception ? Vous seriez d’accord, Monsieur le Comte ? »

Je ne savais pas s’il avait déjà l’intention de dire oui, mais une couche de diplomatie en plus, ne pouvait pas faire de mal.



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MessageSujet: Re: Me laisseras-tu apporter quelques modifications dans ta demeure...?    Ven 10 Juil 2015 - 12:33
Le Comte était très intéressé par le passé de la jeune demoiselle dynamique qui leur avait mitoné des cocktails réussis en un tour de main. Il laissait donc sa curiosité s’échapper en deux questions bien choisies. La réponse ne tarda pas et Amétysse sans se détacher de son franc parler avait donné plus d’une indication.

« Merci… Je t’en prie, appelle-moi Tyss. Et oui, je bossais dans un bistrot, le Phillies ; enfin bosser, concrètement j’avais pas le droit vu que je suis mineure, disons plutôt que j’aidais mes adoptifs à tenir la boutique. Sinon ces deux dernières semaines j’ai travaillé comme serveuse dans une taverne pas trop mal famée. Ils vérifient pas ta carte d’identité ici et même pas besoin de CV, c’est bien pratique. »


Tyss, voilà qui était un surnom intéressant, néanmoins le Comte ne s’aventurerait pas à appeler quelqu’un, surtout un invité, par un tel raccourci, peut-être utiliserait-il Damoiselle Tyss qui serait un compromis entre deux cultures très différentes qui sont celle de la jeune fille et celle du noble. Elle avoua qu’elle avait travaillé dans un bar en dehors de Queer Tales mais aussi dans ce monde. Est-ce simplement parce qu’elle était douée à ça ou parce qu’elle se plait à préparer et servir des boissons ? Une question qui trottait dans l’esprit de Monte Cristo mais qui ne franchira pas la barrière de ses lèvres tout de suite. Il laissait Amétysse retourner à ses boisson et à en faire la description, certains noms avaient des résonnances familières dans l’esprit du Comte mais la plupart restaient inconnus. Il se fit un devoir de les retenir afin de pouvoir lui redemander lors de son séjour.

« Pour les cocktails : Le vert c’est un cute leprechaun très léger, le rouge-rose un cosmopolitan et le rouge ambré une dame pourpre arrangée… Le dernier on s’en fout personne ne l’aime. Faut admettre que j’ai pas mal adapté les recettes, même un pro aurait du mal à les reconnaitre… et aurait fait un scandale. Mais si ça vous plait c’est l’essentiel. Pis si le patron est d’accord, c’est à volonté ! »

Un léger rire secoua les épaules du propriétaire des lieux mais il ne s’opposa pas à ce qu’elle refasse les cocktails préférés des personnes présentes. Soudain une étincelle passa dans ses yeux verts et elle enchaina.

« Elle aime quoi comme alcool la demoiselle qui m’a fait entrer ? Elle a l’air sympa, elle pourrait boire avec nous. Et y’a d’autres personnes dans le manoir à qui je peux offrir un verre ? Enfin, si c’est pas trop abuser, c’est ta réserve quand même, en plus c’est peut-être contraire à l’étiquette que tu picoles avec tes domestiques… »

Le sourire ne quitta pas le visage du Comte, il allait répondre quand Rose ajouta une touche de politesse au parler si franc de la jeune fille.

« Pour fêter l’arrivée d’Amétysse, peut-être serait-il possible de faire une exception ? Vous seriez d’accord, Monsieur le Comte ? »

La jolie Rose avait nettement plus de tact et de manières et cela aurait pu marcher pour faire changer d’avis le maitre des lieux mais il avait déjà pris sa décision. Il pouvait proposer un compromis qui ferait surement plaisir aux deux jeunes filles sans palier aux bonnes convenances.

« Pourquoi pas ne faire une légère exception si cela vous fais plaisir Mesdemoiselles. Néanmoins, ils n’ont pas terminé leur service, que diriez-vous de faire quelques bouteilles et ils pourront se servir une fois leur travail terminé. »

En disant cette dernière phrase, il se dirigea vers un meuble bas et l’ouvrit il contenait des bouteilles stylisées, il en sortit une demi-douzaine et les posa à côté de celles qui étaient pleines. C’était les bouteilles qu’il avait souhaité garder, elles avaient donc été nettoyées et conservées afin de resservir dans des cas comme celui-ci. Les cocktails n’étaient pas courant ici mais c’était une possibilité que n’excluait pas le Comte et cela s’avérait utile pour des occasions comme la visite d’une fille adoptives d’aubergistes.

« J’espère que la différence de taille du contenant ne perturbera pas vos mélanges et les laisseront aussi excellent. »

Quelques grandes bouteilles se retrouvaient ici et les revoir faisait plaisir au Comte. Chaque bouteille contenait autant un souvenir qu’un goût unique. Monte Cristo, une fois les bouteilles posées, but une nouvelle gorgée de sa boisson.

« Mademoiselle Rose, que conseillez-vous à notre nouvelle invité pour occuper cette fin de soirée ? A moins que Damoiselle Tyss ne souhaite directement voir sa chambre pour la nuit afin de se reposer ? »

Rose avait déjà une petite idée des différentes occupations qu’il était possible d’avoir dans le Manoir du Comte, que ce soit un morceau de musique au piano ou au violon, une lecture à la bibliothèque, un jeu de réflexion au salon ou une simple discussion dans un boudoir. Le choix était vaste et il préférait s’en remettre à une jeune fille du même âge pour proposer une activité.


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MessageSujet: Re: Me laisseras-tu apporter quelques modifications dans ta demeure...?    Jeu 16 Juil 2015 - 14:31
Sans un mot, Rose lui fit comprendre qu’elle était allée un peu trop loin. Bon d’accord, j’ai gaffé. Encore. Heureusement, la demoiselle aux cheveux nacrés eu la gentillesse de rattraper sa naïve tentative de transformer le manoir en taverne :

« Pour fêter l’arrivée d’Amétysse, peut-être serait-il possible de faire une exception ? Vous seriez d’accord, Monsieur le Comte ? »

Peut-être Amétysse devrait-elle songer à cesser de vouloir changer cet endroit en lieu public, que ce soit bar ou hôpital. Au moins, elle était désormais certaine que Rose était de bon conseil. La parfaite intermédiaire entre deux mondes totalement différents qui, bien qu’ayant réussi à établir un contact amical, nécessitaient une interprète diplomate.
Et puis, elle soutenait le mouvement, non ? Elle proposait de faire une exception, avec un peu de chance, grâce à son appui il serait possible d’improviser une petite fête avec les domestiques.

« Pourquoi pas ne faire une légère exception si cela vous fais plaisir Mesdemoiselles. (Amétysse tenta de contenir sa joie à ces mots ; elle réussit à éviter un trépignement impatient mais une ébauche de sourire mal dissimulé étira ses lèvres). Néanmoins, ils n’ont pas terminé leur service, que diriez-vous de faire quelques bouteilles et ils pourront se servir une fois leur travail terminé. »

Oh… ainsi ils ne pourraient pas boire tous ensemble ? Amétysse en fut assez déçue. Pas fini de travailler… Peu importait que le ménage ne soit pas fait dans la trente-septième chambre ou que les feuilles ne soient pas ratissées dans le jardin, peu importait qu’ils ne soient pas de la même condition! Le Comte venait bien d’accepter d’accueillir des culs-terreux à peine remis de la peste, alors pas de quoi s’inquiéter des trois grains de poussière qui trainaient dans le manoir ce soir.

Du calme Tyss, du calme. Monte Cristo faisait visiblement une entorse à la règle en permettant à ses domestiques de boire dans ses réserves après leur service. Mais quelle règle ? Il est chez lui! Elle se sentait un peu mal à l’aise à l’idée de les laisser pour compte, car dans son idée l’alcool se partage toujours. Elle était en ce moment avec Rose et le Comte, certes, mais elle n’aimait pas passer à côté d’une occasion de rencontrer du monde. De plus, il s’agissait de domestiques n’ayant sans doute jamais participé aux réceptions de leur maitre ; cela ferait grand plaisir à Amétysse de leur offrir une fête.
Mais elle ne devait pas oublier le contexte dans lequel elle se trouvait ; ici, le Comte faisait preuve d’une grande ouverture d’esprit. Et puis si tout allait bien, elle pourrait partager un verre avec eux une fois leur travail terminé, ce n’était que partie remise. Alors arrête ton caprice et soit un peu reconnaissante.

Le maitre des lieux se dirigea vers un placard d’où il tira quelques bouteilles. Amétysse esquissa un geste pour l’aider à les porter, mais il lui fallut peu de temps pour les poser sur la table. Là, la jeune fille put constater que les bouteilles étaient joliment stylisées ; soit de formes originales, soit marquées de motifs gravés ou en verre dépoli.

« J’espère que la différence de taille du contenant ne perturbera pas vos mélanges et les laisseront aussi excellent. »

Absorbée dans la contemplation d’une bouteille gravée de poissons, ce qui devait donner l’impression qu’ils nageaient dans le breuvage quand elle était pleine, Amétysse secoua négativement la tête avec un petit « Hon-hon » pour toute réponse. Elle avait déjà eu à préparer des grands formats, cela ne présentait pas de problème. Elle devrait songer à faire une boisson transparente pour cette bouteille. Avant qu’elle ne puisse formuler une réplique plus construite, le Comte s’était adressé à Rose. Mince, j’aurais dû être plus rapide, je vais encore passer pour une malpolie.

« Mademoiselle Rose, que conseillez-vous à notre nouvelle invitée pour occuper cette fin de soirée ? A moins que Damoiselle Tyss ne souhaite directement voir sa chambre pour la nuit afin de se reposer ? »

Damoiselle Tyss… ?
La jeune fille ne put s’empêcher de pouffer à cette appellation. D’une certaine façon, elle lui plaisait, elle représentait à elle toute seule toute l’hybridation de cette étrange soirée.
Elle profita de la dernière proposition pour prendre la parole :

« Non merci ça ira, on s’occupera de la chambre plus tard, si ça dérange personne. Et merci beaucoup pour les bouteilles, c’est vraiment gentil ! J’espère qu’ils vont aimer. »

Amétysse attrapa la bouteille aux poissons. Un cocktail "aquarium", avec sa jolie couleur bleue, lui semblait tout indiqué. Tout en versant le curaçao à l’intérieur –ou du moins, son équivalent de Queer Tales– elle s’adressa à Rose avec bonne humeur.

« Alors dis Rose-chou, qu’est-ce qu’on va faire de beau ? Je finis ça rapidement, je nous refais une tournée et on y va ! »

Quel surnom trouver avec Rose ? Pas évident. Dans ce genre de situation, Amétysse avait l’habitude de rajouter un " n’ " avant le prénom, comme pour n’Audrey, mais quand cette solution ne pouvait s’appliquer non plus, elle optait pour le "chou" en fin de prénom, simple et efficace bien que terriblement peu original. Peut-être trouvera-t-elle mieux plus tard. Et elle devait trouver mieux que "patron" pour le Comte, pendant qu’elle y était.
Sacrées préoccupations…
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MessageSujet: Re: Me laisseras-tu apporter quelques modifications dans ta demeure...?    Mer 4 Nov 2015 - 22:35
J’étais en train de regarder le Comte, attendant une réponse que j’espérais positive. Même si Amétysse avait un peu mis les pieds dans le plat, elle avait très bon fond, alors le maître des lieux allait surement accepter, généreux qu’il était. Un sourire se forma sur mes lèves tandis que mes prédictions se réalisaient ; enfin presque. Le Comte mis un petit bémol, il voulait faire un compromis et ce qu’il acceptait était déjà pas mal.

« Pourquoi pas ne faire une légère exception si cela vous fais plaisir Mesdemoiselles. Néanmoins, ils n’ont pas terminé leur service, que diriez-vous de faire quelques bouteilles et ils pourront se servir une fois leur travail terminé. »


Au moins les domestiques allait pouvoir les partager ensemble et même si je voyais qu’Amétysse s’attendait à mieux, elle ne rendait pas compte à quel point cette occasion était spéciale. Je fis un sourire encourageant à la brunette avant de me reconcentrer sur le propriétaire des lieux. Ce dernier sortait de magnifiques bouteilles du placard et les posa sur la table où Tyss put les contempler. Le conte, flatteur, glissa un compliment dans une phrase à l’attention de la barmaid. Je me doutais que la taille ne gênerait pas le talent de la brune. Elle semblait pouvoir improviser avec tout ce qu’elle avait sous la main, une sorte de McGyver des cocktails. Je m’amusais de cette pensée, quand mon bienfaiteur s’adressa à moi :

« Mademoiselle Rose, que conseillez-vous à notre nouvelle invitée pour occuper cette fin de soirée ? A moins que Damoiselle Tyss ne souhaite directement voir sa chambre pour la nuit afin de se reposer ? »


Je réfléchis un instant. Qu’est-ce qui pouvait bien intéresser la toute nouvelle invitée ? Je ne connaissais pas vraiment ces goûts. Mon cerveau fonctionnait à 100 à l’heure tandis que Tyss profitait de cet instant pour indiquer au Comte sa gratitude:

« Non merci ça ira, on s’occupera de la chambre plus tard, si ça dérange personne. Et merci beaucoup pour les bouteilles, c’est vraiment gentil ! J’espère qu’ils vont aimer. »

Elle était vraiment mignonne, j’espérais de tout cœur qu’elle allait passer quelques jours avec nous. Je savais qu’elle était occupée mais j’aimais vraiment m’entourer de personnes avec autant de bonne humeur. J’appréciais aussi beaucoup sa franchise et son côté direct. J’enviais presque son côté libre, elle ne se sentait pas obligée de quoi que ce soit, du moins c’était l’impression qu’elle donnait. Tyss savait ce qu’elle voulait et allait jusqu’au bout de son idée.

Je me trouvais presque ridicule de m’être aussi vite adaptée à la vie à Queer tales, à la manière de parler, de manger, de passer le temps. Est-ce que c’était vraiment moi la personne qui parlait avec le Comte en tournant ses phrases comme au XVIIIème siècle ? Celle qui portait la robe d’une autre dans un manoir qui n’était pas le sien ? C’était l’impression et pourtant, je savais qu’avant il y avait cette fille coincée dans ses bouquins qui préférait le silence à toute forme de conversation, qui se contentait de jambon-coquillettes comme repas le soir, qui s’habillait en jeans, baskets. Où était-elle passée cette fille ? Laquelle des deux était la vraie moi.

Je ne laissais rien paraître de mes tourmentées pensées, peut-être si le Comte était assez attentif pouvait-il percevoir une infime part de ma confusion. Je sortais de mes pensées, balayant mes doutes et mes peurs, accompagnée par la voix de la brunette qui s’adressait à moi :

« Alors dis Rose-chou, qu’est-ce qu’on va faire de beau ? Je finis ça rapidement, je nous refais une tournée et on y va ! »


« Rose-chou », ce surnom m’amusa et je le pris comme une touchante marque d’affection. Bref, perdue dans mes pensées, je n’avais pas réfléchi à notre prochaine activité. Mon esprit se reconcentra, fouillant, analysant Amétysse, pour trouver une activité qui lui conviendrait, à elle et au maître des lieux. De la musique, non je ne pouvais trouver rapidement un morceau qui conviendrait à l’invitée et puis cela ne me ressemblait pas de directement imposer une représentation à une presque inconnue. Je l’avais fait uniquement avec le Comte parce que j’avais immédiatement perçu son amour pour la musique grâce au repas avec la mélodie d’Haydée en accompagnement. Mon cerveau était en train de tout analyser. Cela était toujours un peu étrange, j’avais toujours l’impression d’être un ordinateur en train de faire un calcul. Sauf qu’en l’occurrence, j’étais en train de faire une fiche, sur les indices que m’avait laissés Amétysse, dans son comportement, ses vêtements, sa façon de parler, ses origi.... C’était ça. Tyss était une lectrice, si elle était venue c’était parce qu’elle avait lu le livre de contes. Elle devait apprécier les livres et la lecture. Bingo !

« Tyss, si tu es ici, c’est que tu dois aimer les livres. Le Comte a une immense bibliothèque. On pourrait  passer la soirée dans les livres, ou écouter le Comte nous narrer les histoires contenues dans ces ouvrages. Il a la voix et le rythme et le talent des conteurs expérimentés. On tout ce qu’il faut pour passer une bonne soirée. »


Quand je prononçais le mot « bibliothèque », on pouvait sentir le bonheur que me procurait ne serait ce que l’idée d’y retourner. Quand j’eus fini ma phrase, je me tournais vers le propriétaire, des étoiles d’admiration et de joie dans les yeux. J’aimais beaucoup partager la lecture et ma passion pour les livres avec quelqu’un. Il ne le savait que trop bien. Je ne comptais plus le nombre d’heures que l’on avait passé dans cette merveilleuse salle remplie de trésors à effectuer l’une des deux activités que j’avais citée.


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Me laisseras-tu apporter quelques modifications dans ta demeure...?

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