Petit humain, mais qu'as-tu fait ? Ouvrir ce livre, pris de curiosité ! Quelle grave erreur, car dès maintenant, les contes te garderont pour eux !
La seule manière de t'en sortir, c'est de te battre et survivre. [RPG Survival Conte&Humain]

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 Fichu karma... [Blaze]

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MessageSujet: Fichu karma... [Blaze]   Ven 29 Aoû 2014 - 18:03
Bom. «Je suis rentré.»
Bom. «Entendu/bienvenue.»


Michaël reposa le manche à balai, jeta son sac dans un coin de la pièce avant de se laisser tomber dans un fauteuil. Cette période affreuse se décidait à prendre fin, laissant place à la banalité tant rassurante que terrible d’absurdité.

Bom bom-bom. « Viens voir. »

Il fallait s’y attendre, le jeune homme aurait dû rentrer il y a deux semaines déjà, Denitry allait lui demander une foule d’explications. Il fut certainement inquiet durant cette absence. Triste également. Terrifié à l’idée de perdre le dernier membre de sa famille en mesure de s’occuper de lui. Pauvre petit frère… S’il savait que voir son ainé plus tôt aurait signé sa perte…

Si quelques plus tôt, dépossédé de sa clé, il était rentré ici…
S’il était rentré…
Denitry aurait souffert. Le Serpent lui aurait fait beaucoup de mal. Parce que son frère est la seule personne dont il doit garantir le bien-être. Parce qu’il est, au final, la personne qu’il aime le plus. Alors, ces insupportables pulsions d’autodestruction qui habitaient Michaël auraient balayé Denitry.
L’ainé Zamenis était immensément soulagé d’avoir récupéré le poème avant que sa contrepartie ne brise sa volonté de ne pas mettre les pieds chez lui. Pour rien au monde il n’aurait voulu que son frère découvre son vrai visage, ni qu’il ait à souffrir…

Un détail attira son attention, la curiosité le força à s’extirper de son fauteuil. Près des bûches et autre bois sec entreposés pour alimenter le feu se trouvait un tas de feuilles de papiers roulées en boules. Jusque-là rien d’anormal, juste les multiples brouillons de Denitry qui servirons de combustible, mais les griffonnages que Michaël aperçut sur une de ces feuilles lui parurent différents, certains mots étaient écris si gros qu’il avait pu en déchiffrer quelques lettres depuis son fauteuil, formant le mot «injuste» s’il ne se méprenait pas. Il déplia le brouillon chiffonné pour découvrir un court texte, au départ tracé d’une écriture régulière, contrôlée, comme on expose froidement une information inadmissible ; mais peu à peu les mots grossissaient, les lettres semblaient avoir été griffées sur le papier, puis deux mots qui emplissaient le reste de l’espace, répété encore et encore en une psalmodie d’incompréhension rageuse.

« La notion de handicap fait une de ses premières apparitions sur les champs de course, où l’on chargeait les meilleurs chevaux de poids supplémentaires afin de les ralentir ; il n’y avait aucune notion de rejet ou de pitié à cette époque, ce n’était qu’une question d’égalisation des chances. Je n’étais pas le meilleur concurrent, et pourtant c’est sur moi que le handicap est tombé ; le poids supplémentaire m’a brisé le dos et me voici hors-course. Je ne peux plus avancer du tout. Où est l’égalisation des chances, là-dedans?  Etais-je promis à un avenir si radieux que c’en était insolent? Alors pourquoi me l’avoir arraché? Pourquoi? POURQUOI? C’EST INJUSTE! INJUSTE! POURQUOI ? »

Michaël soupira profondément, le regard rivé à la feuille de papier froissée.
C’en était assez. Les frères Zamenis ne pouvaient plus continuer ainsi. Le cadet souffrait beaucoup trop, l’ainé apportait trop d’horreur autour de lui pour être en mesure de le soulager. Denitry était la personnification même de la dernière parcelle d’humanité qui habitait le Serpent ; faible, fragile, handicapante. Et c’était pour ce petit frère qu’il entretenait cette ridicule étincelle. Qu’allait-il faire de Denitry? Devrait-il prendre soin de lui jusqu’à la fin de ses jours? Les jours de qui d’ailleurs, les siens ou ceux de son frère?

C’en était assez.
Michaël s’empara d’une pièce au fond de sa poche puis la fit tourner entre ses doigts, hésitant à la lancer. « Pile, je le garde avec moi. Face… il mourra. » Il serra la pièce dans son poing, visage fermé, avant de la jeter en l’air. Une brève seconde, alors qu’elle tournoyait, il songea à ne jamais la rattraper, la laisser tomber au sol puis l’envoyer sous un meuble d’un coup de pied sans regarder sur quelle face elle était tombée. Mais non. Sa paume recueillit le vincent et le déposa sur le dos de sa main gauche.
Face.

Un soupir lui échappa, entre tristesse et soulagement. C’était sans doute mieux ainsi.
A cet instant, une nouvelle série de coups sourds résonna, insistante. Bom bom-bom. «Viens voir.»
J’arrive, petit frère, j’arrive. Je comptais justement te rendre visite.

Michaël contourna la chaise roulante bricolée qui patientait au bas des escaliers et gravit les marches, le pas moins allègre qu’à son habitude. Arrivé devant la porte de son cadet, il se composa un sourire. Il entra.

«Salut Den.»

Le garçon se tourna vers lui, sa frimousse trahissant l’impatience avec laquelle il l’avait attendu, mais surtout un profond soulagement.

«Michaël! Tout va bien? Pourquoi es-tu autant en retard? D’habitude tes tournées à Necis sont courtes, qu’est-ce qu’il s’est passé? »

L’inévitable interrogatoire. Encore une série de mensonges par omission. Comment lui expliquer ce qu’il avait vécu ces derniers jours?
Allez, tu as pris ta décision. Etouffe-le avec un coussin. Il ne peut pas se défendre, il pourra à peine se débattre. Met fin à tout cela.

«Désolé, j’ai eu un drôle de contretemps, je vais t’expliquer cela… Mais avant, ferme les yeux.»


De la curiosité passa sur le visage de Denitry. Il s’exécuta, attendant que vienne la surprise. Confiant. Fragile.

Michaël ferma lui aussi ses yeux bleus, un bref instant. Son sourire factice disparut. Lorsqu’il releva les paupières, il fixa un instant son petit frère installé dans son lit, sa prison perpétuelle, adossé à une montagne d’oreillers pour le maintenir assit. Comme toujours, ses mains étaient tachées d’encre, une pile de feuilles manuscrites trainait sur une planche posée sur ses jambes inertes. Ses cheveux étaient blonds foncés, presque châtains, ses yeux en revanche d’une nuance bien plus claire que ceux de son ainé. L’adolescence changeait lentement son visage, effaçant les rondeurs douces de l’enfance avec une tranquille régularité, puissante et irréversible, tel le piétinement ininterrompu d’une foule sur un naïf dessin à la craie tracé sur le sol.
Les deux frères ne se ressemblaient pas beaucoup au final, mais dès que l’on connaissait leur lien de parenté, un air de famille apparaissait alors comme indéniable.

Pour la première fois, Michaël observa attentivement Denitry, ce frère auquel il n’accorda que peu d’importance durant de longues années, jusqu’au jour où, trois ans plus tôt, il reçut la lourde responsabilité de le maintenir en vie et de le rendre heureux. Prendre soin de lui, jour après jour, essayant tous deux de s’habituer à son handicap et au deuil de leurs parents. Même si cette période ne fut pas évidente pour l’ainé Zamenis, il savait qu’il avait à peine subit un tiers de la souffrance de son cadet. Avec de surcroit le rôle de l’apaiser. Ce n’était pourtant pas sa spécialité.
Il avait souvent faillit, trop souvent. Il était le Serpent. Lui qui haïssait plus fort qu’il n’aimait, lui qui détruisait toute vie pour tirer ne serait-ce qu’une grimace à celui qu’il abhorrait, comment pouvait-il s’estimer capable de prendre soin de quelqu’un?
Tout cela prendra fin aujourd’hui. Maintenant. Un coussin sur son visage, un instant de souffrance, de peur et d’incompréhension, puis le néant. Ce sera douloureux, ce sera affreux, mais bien moins que sa longue agonie. Plus de longues semaines passées dans cette chambre à attendre le retour d’un frère incapable de lui porter toute l’affection dont il a besoin, plus de pages noircies d’histoires pour s’évader de cette condition, de ce corps inutile.
C’est fini. Tout est fini, Den. Désolé de t’avoir fait souffrir. Désolé pour ce que je vais te faire.

Lentement, très lentement, essayant de ne pas faire de bruit, il posa la main sur l’oreiller sur lequel son petit frère était adossé, puis le tira tout doucement vers lui. Denitry frémit. Les doigts de Michaël avaient effleurés sa nuque. Le jeune homme s’arrêta net.
Dépêche-toi!
Il prit une profonde inspiration. Retint son souffle. Serra si fort le coussin que la taie se froissa.
Maintenant!

Sa main se posa sur les cheveux de son cadet, qu’il ébouriffa affectueusement.

«Il va falloir que je coupe cette tignasse.»


Denitry ouvrit les paupières et protesta avec un petit rire:

«Non, je préfère que ce soit madame Nelly qui me coupe les cheveux, ça ne ressemble à rien quand c’est toi qui le fait!»

Un vrai sourire, bien qu’un peu triste, vint danser sur les lèvres de Michaël. Il tira la chaise placée contre le mur jusqu’au chevet de son frère.

«Pourquoi tu voulais que je ferme les yeux?»


Malédiction. Le jeune homme fouilla ses poches à la recherche d’une idée. Qui vint se poser au creux de sa main gauche. Plus étrange, sa main droite se referma sur un objet inconnu. Il remit à Denitry la pièce de monnaie avec laquelle il avait joué sa vie.

«Prend-la. Elle te portera chance. Elle a une propriété extraordinaire: si tu as un choix important ou difficile à faire, il te suffira de tirer à pile ou face. Elle te donnera toujours la meilleure solution. Je l’ai obtenue d’une manière pour le moins surprenante, tu veux savoir comment?»

«Bien sûr!» s’exclama le garçon, observant le vincent sous toutes les coutures, comme s’il pouvait lui révéler un secret. Il valait mieux que celui-ci reste silencieux.

Avec un entrain à peine forcé, le Serpent commença à broder un mensonge, laissant de côté la promesse qu’il avait faite à cette pièce. Il n’avait jamais su tenir ses serments.


Lorsqu’il redescendit, la fameuse feuille attira une fois encore son attention. Il l’avait laissée dépliée par terre. Il la ramassa pour la jeter avec les autres brouillons, mais elle était tombée sur le verso, lui permettant de constater que quelques phrases l’ornaient :

« Même si je ne peux plus avancer, je t’en prie, attend moi. Ne pars pas sans moi. Je t’en prie… »


Michaël soupira, roula la feuille en une boule compact et l’envoya rejoindre les autres.

Un autre problème attisa rapidement sa curiosité. L’objet inconnu au fond de sa poche. Rectangulaire et métallique. Il le saisit pour le porter à ses yeux. Qu’était-ce que cela…? Un briquet, non? Qu’est-ce que cela fichait dans sa poche? Enfin, cela peut toujours avoir une utilité, à condition qu’il fonctionne correctement. Ce qu’il vérifia sur le champ en actionnant le mécanisme.
Une flamme en sortit en effet. Une flamme immense qui prit une forme humaine. Surprit, le jeune homme recula prudemment. Les ennuis ne finiront-ils donc jamais? Il fallait en plus qu’un esprit de feu aux intentions inconnues apparaisse dans son salon? Foutu karma. Le Serpent regarda rapidement autour de lui. Pas d’arme à portée de main. Tant pis, il lui faudra la jouer fine. Il crispa la mâchoire, tendu, attendant de voir les premières réactions de l’apparition afin de savoir quel rôle enfiler.

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MessageSujet: Re: Fichu karma... [Blaze]   Ven 29 Aoû 2014 - 23:37
Ainsi je possède trois malédiction, rien que ça...la première me rattache à ce briquet que tant de fois j'ai voulu bruler de mes mains. La seconde s’abat sur mes maîtres en guise de paiement pour toutes leurs mauvaises actions. Enfin la troisième, ah...elle est toute nouvelle celle-là, apparemment le destin a trouvé risible de me donner des maîtres tous plus stupides les uns que les autres. A quoi bon continuer ? Ah, enfermée dans le noir, puis-je agir ? Promenée en laisse dehors, puis-je faire quoi que ce soit ? Si ce n'est continuer de donner du "maître", dans l'espoir qu'un jour, le rideau tombe sur cette grotesque mascarade qu'est ma vie.

*Clic*

Blaze s’étira dans l'espace, savourant amèrement cette fausse liberté. La rouquine était d'humeur maussade, et le souvenir de son dernier maître lui laissait comme un arrière-goût désagréable. Était-ce lui ? Ce type brun au grand manteau, ne parlant quasiment pas, aux manières de spectre. Pitié pas encore lui...
L'esprit de flamme se matérialisa complètement. Sa tenue pourpre était impeccable comme toujours, ses cheveux tirés en arrière pour former une flamboyante queue-de-cheval. En revanche, sur son visage, on pouvait lire une profonde lassitude. Le spectre n'était qu'une figure de plus venant orner sa galerie des cruelles déceptions. Une de plus sur un mur interminable, ne vous inquiétez pas, il y a encore plein de place de libre...Les yeux pourpres de la jeune fille parcourent la pièce, modeste mais plutôt bien rangée. Celui qui l'avait invoqué devait se trouver dans son dos, ce qui n'était pas plus mal, ainsi il n'avait pu apercevoir la figure sombre de Blaze. Celle-ci s'empressa de se tourner face à lui. Quand bien même elle en avait assez, la rouquine n'avait d'autres choix. Oh elle pouvait bien se lasser mourir, mais l'esprit de flamme n'était pas suffisamment lâche pour ça loin de là. Par conséquent, elle ne pouvait se permettre de négliger ses manières, la menace de son briquet dans les mains d'un autre la forçait à se comporter comme une gentille servante. J'ai les crocs mais c'est lui qui tient la laisse.

Blaze à l'instant où elle s'était tournée, avait marquer à peine trois secondes de statisme avant de plonger dans une grande révérence. Ce petit moment avant de s'incliner vers le sol lui avait permis d'apprécier son nouveau maître, car oui elle avait changé et ce n'était pas un mal. Cela donna un peu de baume au coeur à la jeune fille. Le nouveau "chanceux" était un blond plutôt mignon qui se tenait éloigné, méfiant, face à cette apparition soudaine. Ah enfin une réaction normal, songea Blaze. Elle craignait de tomber sur un fantôme sans sentiment comme l'autre tâche précédente. Difficile en tout cas de juger par la simple apparence mais à en croire l'aspect de la maison, il vivait modestement. La jeune fille avait repéré un escalier, la maison était donc suffisamment spacieuse pour accueillir d'autre personne. Un père de famille ? Oh non pitié...quoi que un peu jeune, mais alors un membre d'une famille...pas mieux.

Blaze avait usé sa patience, et aurait toutes les peines du monde à gérer des enfants si il y en avait. Mais pour le moment, l'homme était seul. Bon au premier coup d’œil, il avait l'air du parfait benêt qui devait bien plaire aux filles du village. Mais la rouquine savait très bien qu'on ne pouvait juger au premier regard. Il fallait qu'il parle, qu'il agisse. Par ses gestes, et ses mots, Blaze pourrait dresser un portrait de son maitre, comme elle avait l'habitude de le faire. Afin d'obtenir ces précieuses la jeune fille ajouta à son salut :

- Ordonnez maître je m’exécuterais.

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MessageSujet: Re: Fichu karma... [Blaze]   Ven 3 Oct 2014 - 11:27
La silhouette de feu prit vie, les flammes se retirèrent pour céder place à la chair, ne laissant comme preuve de leur passage que le rouge flamboyant dont l’esprit inconnu était paré; ce dernier lui tournant le dos, Michaël en profita pour l’observer sous toutes les coutures. Silhouette incontestablement féminine –ou très efféminée… ?– vêtue de bottes ainsi que d’un long manteau pourpre. Des cheveux tout aussi rouges, retenus en queue-de-cheval, tombait entre ses omoplates. Elle n’était pas très grande et ne semblait pas vraiment forte non plus. S’il se fiait à la peau lisse de ses bras, elle paraissait jeune. Cette dernière hypothèse fut confirmée lorsqu’elle se tourna vers lui, dévoilant un joli visage éclairé par des yeux irisés de pourpre. Expression nullement hostile. Suffisant pour rassurer le Serpent? Certainement pas.
Devait-il fuir? Pouvait-il seulement? Elle se dressait entre lui et la porte. De plus, il ne pouvait partir en laissant Denitry, elle avait certainement remarqué la chaise roulante près des escaliers…
Il y a une heure tu songeais à le tuer et maintenant tu joues les frères protecteurs? Tth.

Le regard de la jeune fille resta posé un bref instant sur lui, puis elle s’inclina en une révérence suffisamment marquée pour que le simple médaillon qu’elle portait autour du cou vienne toucher son menton.

« Ordonnez maître je m’exécuterais. »

Alors ça, c’est une surprise.
Michaël cilla lentement, le temps de dissimuler son trouble et son étonnement ; il ne put cependant contenir le sifflement pensif qui glissa entre ses dents. Qu’est-ce que cela signifiait? Serait-ce enfin une aubaine, un coup de chance… ou encore un monstrueux piège qui lui tombait dessus? Ah, ce que cette méfiance –accrue par l’incident Joachim– pouvait être lassante… mais nécessaire.
Bon sang, quel rôle devait-il jouer face à… cela? Qu’attendait exactement cette jeune fille? Il lui fallait d’avantage d’informations. Actuellement, il était trop perdu pour savoir quelle réaction conviendrait. Commençons par la base.

Sans qu’il s’en rende compte, sa main droite se porta à son visage en un ultime moyen de se dissimuler le temps de trouver quel masque porter.

« Qui êtes-vous ? »
demanda-t-il d’un ton indiquant clairement qu’il attendait une réponse développée.

Eh bien, pas glorieux pour le moment… Espérons que la réponse de l’esprit lui permettra de trouver le costume approprié ; le Serpent était décidément mal à l’aise lorsqu’il ne pouvait se cacher.



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MessageSujet: Re: Fichu karma... [Blaze]   Dim 5 Oct 2014 - 16:38
A nouveau dehors, je peux encore jouer ma comédie, mais en ai-je seulement la moindre envie ? Une petite voix me souffle de continuer, de ne pas abandonner, de tous les user ces petits crétins qui appuie sur le briquet. De les servir jusqu’à ce que ma malédiction les use et les torde comme une vielle corde sur le point de se briser à force d’être utilisée. Oui ils sont un vecteur entre l’état de prisonnière et la possible liberté, si optionnelle mais tant méritée.


L’homme eu – à la bonheur – une réaction de méfiance qu’il tentait néanmoins de dissimuler. Enfin il transpirait ce sentiment malgré tout, surtout à la suite la phrase de la jeune fille. Il avait fait instinctivement un pas en arrière et Blaze fut amusée intérieurement en le comparant à un animal apeuré et acculé dans son propre terrier. Mine de rien, malgré la déception de ses précédentes sorties, elle ne pouvait s’empêcher de savourer l’effet qu’elle pouvait produire en sortant de son briquet et en déclamant sa dévotion de manière si solennelle. Ah ah ah…
Bon elle savourait d’autant plus cette situation que le précédent maître précédent n’avait même pas daigné à paraitre surpris jusqu’au plus profond de ses iris. Décidément de temps en temps ça fait du bien de retrouver une petite routine tranquille. Tss tu t’entends ma pauvre, tu raisonnes comme une vieille ! Serais peut-être temps de prendre une retraite ou bien de se changer les idées.

L’homme finalement daigna à lui adresser la parole sur un ton appuyé, aux aguets et signifiant qu’il serait à l’écoute de façon très attentive. La rouquine se redressa pour à nouveau croiser le regard du jeune homme. Après une hésitation furtive, elle décida de conserver un visage neutre et de répondre sur le même ton monocorde que sa précédente tirade. L’homme était simple, sans aucune particularité, et ne sachant pas encore quelle attitude serait la plus idéale, Blaze préférait rester dans une parfaite neutralité. Aussi bien dans ses actions, que dans sa diction. Comme du tac au tac, la réponse de l’esprit fusa, mais elle prit soin de bien exposer les choses clairement afin que son interlocuteur ne soit pas noyé sous la masse d’information. Pour aussi que ça lui donne le temps de réfléchir aux meilleurs usages qu’il pourrait fait d’une gentille petite servante dévouée. Réfléchis bien blondinet !!

- Je me nomme Blaze Scarfire, je suis l’esprit du briquet que vous tenez actuellement dans votre main. Mon rôle est de servir son possesseur du mieux que je peux. Je n’ai pas de propriété magique si ce n’est quelques dons de pyromancie, ainsi que des facultés développées pour le combat.

L’homme n’avait rien demandé de précis là-dessus, mais son unique phrase « qui êtes-vous exactement », laissait entendre qu’il désirait connaitre le maximum de chose sur la jeune fille qui lui était ainsi tombée entre les bras. Blaze fit une petite pause pour le laisser digérer toutes ces informations. Il semblait réfléchir intensément, on pouvait presque entendre tous les rouages de sa cervelle se mettre en marche de façon très vive. Des rouages qui avait semble-t-il l’habitude d’être sollicité. Plus intellectuel que manuel le blondinet, cela se voyait plus nettement à présent que Blaze pouvait l’observer à loisir, posée bien en face de lui. Son corps n’était pas fait pour les travaux forcés, et rien qu’à voir ses mains, il était évident qu’il n’était pas artisan ou agriculteur. Ce n’est pas plus mal. Ce genre de personne a une forte tendance à avoir la folie des grandeurs, et des rêves soient limités, soient totalement mégalomanes. Tel le légendaire « je veux le pouvoir ! », pfffff…Alors que les intellectuels, au moins, possède un peu plus de bon sens. Enfin après quelques instants, Blaze en saurait surement plus, elle enchaîna, le silence ayant duré pas plus de quelques secondes.

- Vous êtes libre de m’invoquer quand bon vous semble. Sachez néanmoins que passée 24h hors du briquet j’y retourne automatiquement, et il vous faut attendre 10 minutes avant de refaire appel à moi de nouveau.

Un bref instant, durant ce monologue digne d’une machine, les yeux de la jeune fille rencontrèrent un objet étrange. Ce qu’elle avait d’abord prit pour une simple chaise, posée en bas des escaliers se révéla être un fauteuil roulant. Oh non je vois venir le tableau…le gentil jeune homme dévoué, professeur ou notaire, ou une autre connerie de ce genre, prenant soin de son gentil et vieux papa perdant la boule et usage de son corps, après une longue vie passée à remplir de la paperasse. Pitié non ! Pitié non !
Et même si ce n’était pas tout à fait ça, on ne pouvait qu’aboutir à une seule conclusion : fauteuil roulant = ennuis ! Pitié nooooooon…
Retenant de laisser paraitre le moindre trouble, la rouquine termina tranquillement son petit discours auquel elle ajouta :

-Cela répond-il à votre question maître ?

Un peu de zèle pour cacher la gêne grandissante suite à la vue de cet engin du diable. Enfin peut être que le gentil vieux papa a cassé sa pipe il y a peu ? Au pire, un accident est si vite arrivé, c’est dangereux les escaliers…

[J'espère que ça suffit ^^]
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MessageSujet: Re: Fichu karma... [Blaze]   Dim 26 Oct 2014 - 18:21
La jeune fille parut saisir le message et entreprit de donner une réponse version longue à l’interrogation de Michaël. Son ton resta neutre, sans doute avait-elle trop souvent répété le même discours.

- Je me nomme Blaze Scarfire, je suis l’esprit du briquet que vous tenez actuellement dans votre main. Mon rôle est de servir son possesseur du mieux que je peux. Je n’ai pas de propriété magique si ce n’est quelques dons de pyromancie, ainsi que des facultés développées pour le combat.

Tu parles d’un boulot… Pas étonnant qu’elle soit blasée. Des dons de pyromancie, cela semblait logique. Capable de se battre? Il ne fallait pas se fier à sa carrure...  
Mais était-ce seulement la vérité? Comment une aubaine pareille avait pu mystérieusement apparaitre dans sa poche? Il y avait forcément un piège, une clause en petits caractères, un prix à payer. En tout cas, c’était trop beau pour être vrai.


- Vous êtes libre de m’invoquer quand bon vous semble. Sachez néanmoins que passée 24h hors du briquet j’y retourne automatiquement, et il vous faut attendre 10 minutes avant de refaire appel à moi de nouveau.


Etait-ce là le seul inconvénient qu’elle présentait? Non, décidément non, elle cachait forcément quelque chose. La main du jeune homme quitta son visage pour glisser dans ses cheveux, comme si cela pouvait l’aider à remettre de l’ordre dans ses pensées. Où est le piège, bon sang?

-Cela répond-il à votre question maître ?

Michaël considéra un instant les informations qu’il venait de recevoir. De nombreuses interrogations restaient en suspens, mais elles n’entraient pas dans le cadre de sa première question.

-Oui, merci.

Avec un tel « métier », la demoiselle avait certainement l’habitude d’être traitée en esclave, ce serait certainement un bon point de se montrer poli envers elle.
Très bien, qu’allait-il en faire désormais? Une chose était sûre, ils ne pouvaient rester là à se regarder en chiens de faïence.
Fais quelque-chose Zamenis, trouve une solution!


Le jeune homme traversa la pièce pour rejoindre la sortie ; en dépassant Blaze, il l’invita d’un simple « Si vous voulez bien me suivre… » d’un ton dissimulant à merveille le déplaisir de la savoir dans son dos. En chemin, il saisit le manche à balai et racla le plafond jusqu’à la porte d’entrée afin de prévenir Denitry qu’il sortait. Un coup raisonna à l’étage, lui apprenant que son frère avait bien reçu le message. Il venait d’indiquer à l’esprit de feu qu’une autre personne se trouvait dans la maison, mais puisqu’ils sortaient cela n’avait pas grande importance.

Une fois dehors, Michaël se sentit un peu plus en sécurité. Des témoins. La tenue de la jeune fille n’était décidemment pas discrète, elle ressortait sur ce paysage de rue tranquille comme une tache de sang sur une dalle de marbre. S’il gardait le briquet, peut-être devra-t-il songer à lui fournir une garde-robe plus classique…

Le jeune homme tendit son bras à Blaze afin qu’elle puisse s’y appuyer : non pas par galanterie ni respect des bonnes manières, mais pour qu’elle reste à ses côtés sans jamais se trouver derrière lui et qu’elle soit suffisamment près pour pouvoir parler à voix basse sans que cela ne semble suspect. Et puis, tant que les mains de l’esprit de feu étaient posées sur son bras, elle ne pouvait le poignarder dans le dos, n’est-ce pas? Aussi put-il lui demander du ton de la plus banale conversation, alors qu’ils cheminaient aussi naturellement qu’un jeune couple en promenade:

-De quoi avez-vous besoin en échange? Faut-il que je vous offre chaque pleine lune un enfant en sacrifice en l’immolant par le feu, ou quelque chose d’approchant?

Il verrait en fonction de sa réponse. Si la contrepartie se montrait trop élevée, il pourrait immédiatement se débarrasser du briquet. Pour l’instant, l’idée d’un meurtre mensuel d’enfant ne le dérangeait pas plus que cela. Tant qu’elle ne demandait rien qui puisse lui porter préjudice, il passerait tout de suite à la phase test. Leurs pas les dirigeaient vers un cobaye tout indiqué sur lequel il pourra mettre à l’essai les talents de Blaze –ou à qui il donnera ce cadeau empoisonné…
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MessageSujet: Re: Fichu karma... [Blaze]   Jeu 4 Déc 2014 - 18:46
Il transpire la banalité, vais-je miser encore trop d’espoir dans un numéro qui va au final sonner creux ? Vais-je m’épuiser à la tâche pour n’obtenir que des miettes de mes espoirs déchiré ? Vais-je accepter avec mon éternel sourire toutes les tâches les plus humiliantes qu’on me demandera de faire ? Ah ah quelle question, je suis l’esprit du briquet ? J’obéis et je vois ensuite. Tâtons mieux le terrain et après on pourra le retourner.

L’homme était visiblement partagé entre plusieurs doutes et interrogation. L’exposé pourtant clair de la jeune fille semblait avoir d’avantage semé le trouble dans l’esprit du jeune homme. Cela pouvait se comprendre, la situation semblait tellement invraisemblable, tellement trop belle aussi. Blaze vit immédiatement quand le silence s’installa, que son nouveau maitre n’avait pas quitté son expression de méfiance. Oui pour lui c’était décidément trop beau, il flairait un piège et…et avec raison oui…Mais la jeune fille ne laissa rien paraitre, ne mentionna rien de la malédiction, restant de marbre, dans une pause digne des plus strict majordomes, attendant simplement les ordres. Malgré tout dans son esprit, comme dans celui du blond, ça continuait de travailler. Tsss, ça devait être comique à regarder, tous les deux immobiles, tentant de dissimuler leurs émotions, tout en élaborant un plan à venir pour gérer au mieux cette situation des plus étranges.
Si elle ne pouvait percer les pensées les plus profondes du jeune homme, la rouquine quant à elle songeait toujours avec une vive horreur à la présence de la chaise roulante en bas de l’escalier. Baaaah n’y pense pas, ça va te donner des cauchemars…

L’homme au bout d’un moment sembla arriver au bout de ses réflexions et se dirigea vers la porte d’entrée, dépassant la jeune fille, qui n’exécuta d’autre mouvement que celui de le suivre des yeux. Tout en traversant la pièce, il demanda à l’esprit de feu de le suivre, ce qu’elle fit en dissimulant une certaine impatience. Elle allait enfin savoir ce qu’il lui réservait, le temps des réflexions était terminé, il était temps de passer à l’action. Blaze nota qu’ils se dirigeaient vers la sortie, avec visiblement une idée précise en tête. Bon déjà il ne l’emmenait pas dans sa chambre, la rouquine pouvait rayer « pervers » dans sa liste de mauvaises surprises que pouvait lui réserver le garçon. De toute façon, il avait plus l’air d’une tête d’ange, le genre à rougir aux compliments des jeunes écervelées du village. Néanmoins ce profil n’était pas du tout prouvé, et l’esprit avait hâte de pouvoir en dresser un meilleur, c’est pourquoi elle suivait avidement le jeune homme.
Ce dernier prit sur son passage, un balais et racla le plafond à l’aide de son manche, jusqu’à la porte et le reposa. Un signal qui reçut bien vite une réponse en provenance de l’étage. Ce simple petit bruit calma les impatiences de Blaze qui se vit confirmer ce qu’elle craignait : quelqu’un habitait là-haut, quelqu’un de trop faible, de trop diminué pour marcher, pour descendre, pour parler…DAMMED !
L’esprit de flamme rejoignit l’homme sur le perron en maugréant de sinistres paroles au fond de sa pensée. La lumière du jour la ramena pourtant à la réalité et elle fut de nouveau plus attentive à tout ce que son maître pouvait désormais lui dire. Pourtant il ne dit rien, et après avoir refermé la porte, il lui tandis bras….QUOI ?!

Bon déjà Blaze n’avait pas relevé le très pompeux « Si vous voulez bien me suivre… » Qui pourtant avait étrangement résonné à son oreille. Et bah oui c’était par courant les maîtres qui se donnaient la peine de charger leurs ordres d’autant de politesse. Et puis bon depuis son séjour à Nobody Island, l’île des sauvages par excellence, la demoiselle n’était, mais alors plus du tout habituée à entendre des gens s’adresser ainsi à elle. Mais là le bras c’était trop, et elle ne put dissimuler la surprise évidente, qui se peignit sur son visage. Pour un roturier vivant dans une maisonnette, il avait de sacré manières. Mentalement Blaze modifia le profil mental qu’elle s’était fait du jeune homme. De benêt timide, il passait au statut de gentleman un peu dragueur se cachant sous une tête d’ange. Ou alors était-ce encore autre chose…Dans le doute, la rouquine redoubla son attention et tout en lui prenant le bras, l’observa attentivement.
Il la conduisit dans la rue légèrement fréquentée. De là il lui glissa ces mots :

- De quoi avez-vous besoin en échange? Faut-il que je vous offre chaque pleine lune un enfant en sacrifice en l’immolant par le feu, ou quelque chose d’approchant?


Avant de relever le sens des paroles, Blaze releva qu’ainsi positionné, tous les deux pouvaient échanger en toute discrétion. Hum, l’homme serait-il si prudent sur ses manières qu’il userait de ce vieux stratagème de dissimulation. Va savoir…
Concernant sa question en tout cas, la jeune fille réagit à cet humour noir par un petit sourire, franc toutefois. Elle se dérida un peu pour adopter des traits pour strictes et répondit sur ce ton moins rugueux :

- Ah nul besoin de cela, et je ne voudrais surement pas m’encombrer de l’âme d’un enfant. Voyez avec un démon pour cela, moi je ne suis qu’un esprit en cage.

Leurs pas les dirigèrent vers une zone moins fréquentée. Mille et une questions trottaient dans la tête de l’esprit, mais elle devait pourtant garder son mal en patience. Fait inhabituel, elle reprit la parole sans y avoir été invitée :

- Si un revers de médaille vous inquiète, je puis vous assurer que tant que vous aurez mon briquet, je ne vous ferais aucun mal, au contraire je vous serais dévouée à chacun de vos ordres.

Au fond, Blaze ne mentait pas, après tout la malédiction était attachée à l’objet et non pas à elle. Ainsi l’esprit ne faisait pas de mal à ses mettre…pas directement…ne chipotons pas là-dessus.

- Vous avez le briquet, vous avez ma vie…un mot de vous et je m’exécute. Un geste de vous et je meurs, car c’est mon cœur que vous tenez désormais. Une simple pression et tout se brise…

Sur cette note peu joyeuse, ils se stoppèrent. Blaze espérait avoir fait son petit effet et avoir suffisamment gagnée la confiance de l’homme pour qu’il daigne en retour l’utiliser. En révélant son point faible en toute sincérité, elle avait jeté son meilleur atout de confiance. Un simple mot, et une relation démarre, tout comme elle peut se briser net.
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MessageSujet: Re: Fichu karma... [Blaze]   Lun 8 Déc 2014 - 21:12
Blaze parut surprise lorsqu’il lui avait offert son bras, et il la comprenait ; c’était trop. Il n’usait de cette politesse superflue uniquement pour la discrétion des conversations qu’elle apportait. Sa question en revanche l’étonna moins, un léger sourire glissa sur les lèvres de la jeune fille.

- Ah nul besoin de cela, et je ne voudrais surement pas m’encombrer de l’âme d’un enfant. Voyez avec un démon pour cela, moi je ne suis qu’un esprit en cage.

Pas de sacrifice donc. Alors quoi? De quoi avait-elle besoin? N’était-elle qu’une esclave enfermée depuis des lustres dans son briquet créé par un puissant magicien dont le décès signa pour Blaze une éternité d’errance de main en main, de maitre en maitre? Pas très réjouissant comme histoire, Michaël lui espéra sincèrement un autre passé. Quoique, s’il lui évitait de payer un prix…

- Si un revers de médaille vous inquiète, je puis vous assurer que tant que vous aurez mon briquet, je ne vous ferais aucun mal, au contraire je vous serais dévouée à chacun de vos ordres.

Affirmation rassurante, trop vague cependant ; elle ne lui fera aucun mal… devait-il craindre autre chose?
Parano…


Il chassa cette voix désagréable en reportant son attention sur leur route. Il ne s’était pas trompé de direction? Non, il suffisait de prendre à gauche à la prochaine rue.

- Vous avez le briquet, vous avez ma vie…un mot de vous et je m’exécute. Un geste de vous et je meurs, car c’est mon cœur que vous tenez désormais. Une simple pression et tout se brise…

Quelle sympathique situation. De belles perspectives d’avenir pour l’esprit de feu. Mais cela lui apporta une certitude : si le contrat présentait une entourloupe, il pouvait se débarrasser de Blaze à tout moment.

Il secoua la tête avec incrédulité, comme si elle venait de dire une énormité.

-Vous tuer? Quelle idée! Jamais je ne ferais une chose pareille.

Pas tant que tu me seras utile.

Ils étaient arrivés à destination. Une maison banale au milieu d’un quartier banal habitée par une famille banale. Enfin… la famille de cul-terreux qui a économisé pour s’installer à la capitale. Le patriarche lisait le journal au soleil, gardant sa propriété comme un gros bouledogue ; animal dont il avait malheureusement le physique, doté qu’il était d’une bedaine de buveur de bière, de bajoues tombantes et d’un nez épaté couperosé par la consommation répétée d’alcool. A l’intérieur de la maison, on pouvait entendre depuis la rue sa femme à la grâce discutable disputer leur fils unique, un enfant à peu près aussi supportable qu’un ouistiti hyperactif. On ne pouvait pas trop en vouloir au petit, ce n’était pas de sa faute si ses parents préféraient s’enivrer que de l’élever correctement ; en même temps, on pouvait comprendre que le couple n’ai guère la patience de s’occuper de ce rejeton turbulent et noie dans l’alcool le désespoir d’être affligé d’une telle situation ; cela valait le coup de s’installer à la capitale, les voici désormais endettés pour se trouver propriétaires d’une maison nécessitant de nombreux travaux qu’ils n’avaient pas les moyens de mener.  
Michaël les détestait-il? Disons qu’il ne les aimait pas. Pourquoi? Sérieusement, regardez-les. Le couple de beaufs et leur sale mioche.

Le Serpent se pencha vers la demoiselle à ses côtés pour lui souffler :

- Blaze… Je vais m’occuper de faire diversion auprès de l’homme juste là (il désigna l’intéressé d’un mouvement de menton). Pendant ce temps, j’aimerais que vous mettiez le feu à cette maison, si possible de manière à ce que cela passe pour accident. Il y a une femme et un enfant à l’intérieur, faites en sorte qu’ils ne puissent s’échapper, voulez-vous?

Bon, il commençait sans doute un peu fort, mais s’il gardait le briquet ce ne sera pas pour demander à l’esprit de flamme d’aller cueillir des pâquerettes. Autant vérifier immédiatement qu’elle soit capable d’exécuter tous les ordres, aussi affreux soient-ils.


La jeune fille le considéra un instant, était-elle surprise? Il quitta quelques secondes son masque affable de gentil garçon, lui présentant un visage froid marqué par tout le dédain dégoûté qu’il éprouvait pour cette famille afin de lui confirmer qu’il était parfaitement sérieux. Il chassa rapidement cette expression digne d’une pièce à conviction. Michaël dégagea doucement son bras et, sur un signe de la main à Blaze pour lui souhaiter bonne chance, il se dirigea vers le patriarche de cette sympathique maisonnée. Arrivé près de lui, il le salua poliment.

- Bonjour, comment allez-vous ?


L’homme lui répondit d’un grognement signifiant clairement « Tu me déranges gamin », avec l’air de trainer une sacrée gueule de bois. Michaël posa la main sur le journal et l’abaissa, certain d’attirer ainsi l’attention du bouledogue. Celui-ci releva en effet vers lui des yeux larmoyants de vieux chien dont le blanc, strié de veines, avait jauni. Le Serpent fut saisit de pitié dégoûtée.

- Excusez-moi de vous impor… de vous déranger, mais il y a quelque chose dont je voudrais vous parler, cela me semble important.

Il avait l’air soucieux et un peu intimidé, comme s’il n’était pas sûr de son initiative. Il continua cependant :

- Je viens de voir M. Gevrey, il n’avait pas l’air d’aller bien, il parlait même de mettre la clé sous la porte et d’abandonner son commerce. Ce n’est sans doute qu’un simple coup de ras-le-bol, mais je suis tout de même inquiet. Comme vous êtes amis, peut-être pourriez-vous l’aider à retrouver le moral? Je pensais que c’était une bonne chose de vous prévenir…

L’œil humide s’alluma d’une lueur paniquée, son propriétaire jeta son journal et se leva avec difficulté.

- Z’avez bien fait. Où est Gevrey?
- Merci beaucoup! Suivez-moi, je vous mène à lui immédiatement.

Et voilà, il suffisait d’utiliser ses centres d’intérêts ; Gevrey tenait le magasin d’alcools et spiritueux le moins cher de Daresbury, le couple y passait forcément tout son temps. Avec la menace que son meilleur fournisseur disparaisse, le bouledogue allait forcément réagir au quart de tour.
C’est bon Blaze, la maison est débarrassée de son chien de garde.  


En éloignant au maximum l’homme de son foyer, Michaël jeta un coup d’œil aux alentours ; pas la moindre trace de la jeune fille.
J’espère que l’autre feu-follet fera ce que je lui ai demandé. Ça promet d’être amusant.
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Fichu karma... [Blaze]

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