Petit humain, mais qu'as-tu fait ? Ouvrir ce livre, pris de curiosité ! Quelle grave erreur, car dès maintenant, les contes te garderont pour eux !
La seule manière de t'en sortir, c'est de te battre et survivre. [RPG Survival Conte&Humain]

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 Fichu karma... [Blaze]

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MessageSujet: Fichu karma... [Blaze]   Ven 29 Aoû 2014 - 18:03
Bom. «Je suis rentré.»
Bom. «Entendu/bienvenue.»


Michaël reposa le manche à balai, jeta son sac dans un coin de la pièce avant de se laisser tomber dans un fauteuil. Cette période affreuse se décidait à prendre fin, laissant place à la banalité tant rassurante que terrible d’absurdité.

Bom bom-bom. « Viens voir. »

Il fallait s’y attendre, le jeune homme aurait dû rentrer il y a deux semaines déjà, Denitry allait lui demander une foule d’explications. Il fut certainement inquiet durant cette absence. Triste également. Terrifié à l’idée de perdre le dernier membre de sa famille en mesure de s’occuper de lui. Pauvre petit frère… S’il savait que voir son ainé plus tôt aurait signé sa perte…

Si quelques plus tôt, dépossédé de sa clé, il était rentré ici…
S’il était rentré…
Denitry aurait souffert. Le Serpent lui aurait fait beaucoup de mal. Parce que son frère est la seule personne dont il doit garantir le bien-être. Parce qu’il est, au final, la personne qu’il aime le plus. Alors, ces insupportables pulsions d’autodestruction qui habitaient Michaël auraient balayé Denitry.
L’ainé Zamenis était immensément soulagé d’avoir récupéré le poème avant que sa contrepartie ne brise sa volonté de ne pas mettre les pieds chez lui. Pour rien au monde il n’aurait voulu que son frère découvre son vrai visage, ni qu’il ait à souffrir…

Un détail attira son attention, la curiosité le força à s’extirper de son fauteuil. Près des bûches et autre bois sec entreposés pour alimenter le feu se trouvait un tas de feuilles de papiers roulées en boules. Jusque-là rien d’anormal, juste les multiples brouillons de Denitry qui servirons de combustible, mais les griffonnages que Michaël aperçut sur une de ces feuilles lui parurent différents, certains mots étaient écris si gros qu’il avait pu en déchiffrer quelques lettres depuis son fauteuil, formant le mot «injuste» s’il ne se méprenait pas. Il déplia le brouillon chiffonné pour découvrir un court texte, au départ tracé d’une écriture régulière, contrôlée, comme on expose froidement une information inadmissible ; mais peu à peu les mots grossissaient, les lettres semblaient avoir été griffées sur le papier, puis deux mots qui emplissaient le reste de l’espace, répété encore et encore en une psalmodie d’incompréhension rageuse.

« La notion de handicap fait une de ses premières apparitions sur les champs de course, où l’on chargeait les meilleurs chevaux de poids supplémentaires afin de les ralentir ; il n’y avait aucune notion de rejet ou de pitié à cette époque, ce n’était qu’une question d’égalisation des chances. Je n’étais pas le meilleur concurrent, et pourtant c’est sur moi que le handicap est tombé ; le poids supplémentaire m’a brisé le dos et me voici hors-course. Je ne peux plus avancer du tout. Où est l’égalisation des chances, là-dedans?  Etais-je promis à un avenir si radieux que c’en était insolent? Alors pourquoi me l’avoir arraché? Pourquoi? POURQUOI? C’EST INJUSTE! INJUSTE! POURQUOI ? »

Michaël soupira profondément, le regard rivé à la feuille de papier froissée.
C’en était assez. Les frères Zamenis ne pouvaient plus continuer ainsi. Le cadet souffrait beaucoup trop, l’ainé apportait trop d’horreur autour de lui pour être en mesure de le soulager. Denitry était la personnification même de la dernière parcelle d’humanité qui habitait le Serpent ; faible, fragile, handicapante. Et c’était pour ce petit frère qu’il entretenait cette ridicule étincelle. Qu’allait-il faire de Denitry? Devrait-il prendre soin de lui jusqu’à la fin de ses jours? Les jours de qui d’ailleurs, les siens ou ceux de son frère?

C’en était assez.
Michaël s’empara d’une pièce au fond de sa poche puis la fit tourner entre ses doigts, hésitant à la lancer. « Pile, je le garde avec moi. Face… il mourra. » Il serra la pièce dans son poing, visage fermé, avant de la jeter en l’air. Une brève seconde, alors qu’elle tournoyait, il songea à ne jamais la rattraper, la laisser tomber au sol puis l’envoyer sous un meuble d’un coup de pied sans regarder sur quelle face elle était tombée. Mais non. Sa paume recueillit le vincent et le déposa sur le dos de sa main gauche.
Face.

Un soupir lui échappa, entre tristesse et soulagement. C’était sans doute mieux ainsi.
A cet instant, une nouvelle série de coups sourds résonna, insistante. Bom bom-bom. «Viens voir.»
J’arrive, petit frère, j’arrive. Je comptais justement te rendre visite.

Michaël contourna la chaise roulante bricolée qui patientait au bas des escaliers et gravit les marches, le pas moins allègre qu’à son habitude. Arrivé devant la porte de son cadet, il se composa un sourire. Il entra.

«Salut Den.»

Le garçon se tourna vers lui, sa frimousse trahissant l’impatience avec laquelle il l’avait attendu, mais surtout un profond soulagement.

«Michaël! Tout va bien? Pourquoi es-tu autant en retard? D’habitude tes tournées à Necis sont courtes, qu’est-ce qu’il s’est passé? »

L’inévitable interrogatoire. Encore une série de mensonges par omission. Comment lui expliquer ce qu’il avait vécu ces derniers jours?
Allez, tu as pris ta décision. Etouffe-le avec un coussin. Il ne peut pas se défendre, il pourra à peine se débattre. Met fin à tout cela.

«Désolé, j’ai eu un drôle de contretemps, je vais t’expliquer cela… Mais avant, ferme les yeux.»


De la curiosité passa sur le visage de Denitry. Il s’exécuta, attendant que vienne la surprise. Confiant. Fragile.

Michaël ferma lui aussi ses yeux bleus, un bref instant. Son sourire factice disparut. Lorsqu’il releva les paupières, il fixa un instant son petit frère installé dans son lit, sa prison perpétuelle, adossé à une montagne d’oreillers pour le maintenir assit. Comme toujours, ses mains étaient tachées d’encre, une pile de feuilles manuscrites trainait sur une planche posée sur ses jambes inertes. Ses cheveux étaient blonds foncés, presque châtains, ses yeux en revanche d’une nuance bien plus claire que ceux de son ainé. L’adolescence changeait lentement son visage, effaçant les rondeurs douces de l’enfance avec une tranquille régularité, puissante et irréversible, tel le piétinement ininterrompu d’une foule sur un naïf dessin à la craie tracé sur le sol.
Les deux frères ne se ressemblaient pas beaucoup au final, mais dès que l’on connaissait leur lien de parenté, un air de famille apparaissait alors comme indéniable.

Pour la première fois, Michaël observa attentivement Denitry, ce frère auquel il n’accorda que peu d’importance durant de longues années, jusqu’au jour où, trois ans plus tôt, il reçut la lourde responsabilité de le maintenir en vie et de le rendre heureux. Prendre soin de lui, jour après jour, essayant tous deux de s’habituer à son handicap et au deuil de leurs parents. Même si cette période ne fut pas évidente pour l’ainé Zamenis, il savait qu’il avait à peine subit un tiers de la souffrance de son cadet. Avec de surcroit le rôle de l’apaiser. Ce n’était pourtant pas sa spécialité.
Il avait souvent faillit, trop souvent. Il était le Serpent. Lui qui haïssait plus fort qu’il n’aimait, lui qui détruisait toute vie pour tirer ne serait-ce qu’une grimace à celui qu’il abhorrait, comment pouvait-il s’estimer capable de prendre soin de quelqu’un?
Tout cela prendra fin aujourd’hui. Maintenant. Un coussin sur son visage, un instant de souffrance, de peur et d’incompréhension, puis le néant. Ce sera douloureux, ce sera affreux, mais bien moins que sa longue agonie. Plus de longues semaines passées dans cette chambre à attendre le retour d’un frère incapable de lui porter toute l’affection dont il a besoin, plus de pages noircies d’histoires pour s’évader de cette condition, de ce corps inutile.
C’est fini. Tout est fini, Den. Désolé de t’avoir fait souffrir. Désolé pour ce que je vais te faire.

Lentement, très lentement, essayant de ne pas faire de bruit, il posa la main sur l’oreiller sur lequel son petit frère était adossé, puis le tira tout doucement vers lui. Denitry frémit. Les doigts de Michaël avaient effleurés sa nuque. Le jeune homme s’arrêta net.
Dépêche-toi!
Il prit une profonde inspiration. Retint son souffle. Serra si fort le coussin que la taie se froissa.
Maintenant!

Sa main se posa sur les cheveux de son cadet, qu’il ébouriffa affectueusement.

«Il va falloir que je coupe cette tignasse.»


Denitry ouvrit les paupières et protesta avec un petit rire:

«Non, je préfère que ce soit madame Nelly qui me coupe les cheveux, ça ne ressemble à rien quand c’est toi qui le fait!»

Un vrai sourire, bien qu’un peu triste, vint danser sur les lèvres de Michaël. Il tira la chaise placée contre le mur jusqu’au chevet de son frère.

«Pourquoi tu voulais que je ferme les yeux?»


Malédiction. Le jeune homme fouilla ses poches à la recherche d’une idée. Qui vint se poser au creux de sa main gauche. Plus étrange, sa main droite se referma sur un objet inconnu. Il remit à Denitry la pièce de monnaie avec laquelle il avait joué sa vie.

«Prend-la. Elle te portera chance. Elle a une propriété extraordinaire: si tu as un choix important ou difficile à faire, il te suffira de tirer à pile ou face. Elle te donnera toujours la meilleure solution. Je l’ai obtenue d’une manière pour le moins surprenante, tu veux savoir comment?»

«Bien sûr!» s’exclama le garçon, observant le vincent sous toutes les coutures, comme s’il pouvait lui révéler un secret. Il valait mieux que celui-ci reste silencieux.

Avec un entrain à peine forcé, le Serpent commença à broder un mensonge, laissant de côté la promesse qu’il avait faite à cette pièce. Il n’avait jamais su tenir ses serments.


Lorsqu’il redescendit, la fameuse feuille attira une fois encore son attention. Il l’avait laissée dépliée par terre. Il la ramassa pour la jeter avec les autres brouillons, mais elle était tombée sur le verso, lui permettant de constater que quelques phrases l’ornaient :

« Même si je ne peux plus avancer, je t’en prie, attend moi. Ne pars pas sans moi. Je t’en prie… »


Michaël soupira, roula la feuille en une boule compact et l’envoya rejoindre les autres.

Un autre problème attisa rapidement sa curiosité. L’objet inconnu au fond de sa poche. Rectangulaire et métallique. Il le saisit pour le porter à ses yeux. Qu’était-ce que cela…? Un briquet, non? Qu’est-ce que cela fichait dans sa poche? Enfin, cela peut toujours avoir une utilité, à condition qu’il fonctionne correctement. Ce qu’il vérifia sur le champ en actionnant le mécanisme.
Une flamme en sortit en effet. Une flamme immense qui prit une forme humaine. Surprit, le jeune homme recula prudemment. Les ennuis ne finiront-ils donc jamais? Il fallait en plus qu’un esprit de feu aux intentions inconnues apparaisse dans son salon? Foutu karma. Le Serpent regarda rapidement autour de lui. Pas d’arme à portée de main. Tant pis, il lui faudra la jouer fine. Il crispa la mâchoire, tendu, attendant de voir les premières réactions de l’apparition afin de savoir quel rôle enfiler.

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MessageSujet: Re: Fichu karma... [Blaze]   Ven 29 Aoû 2014 - 23:37
Ainsi je possède trois malédiction, rien que ça...la première me rattache à ce briquet que tant de fois j'ai voulu bruler de mes mains. La seconde s’abat sur mes maîtres en guise de paiement pour toutes leurs mauvaises actions. Enfin la troisième, ah...elle est toute nouvelle celle-là, apparemment le destin a trouvé risible de me donner des maîtres tous plus stupides les uns que les autres. A quoi bon continuer ? Ah, enfermée dans le noir, puis-je agir ? Promenée en laisse dehors, puis-je faire quoi que ce soit ? Si ce n'est continuer de donner du "maître", dans l'espoir qu'un jour, le rideau tombe sur cette grotesque mascarade qu'est ma vie.

*Clic*

Blaze s’étira dans l'espace, savourant amèrement cette fausse liberté. La rouquine était d'humeur maussade, et le souvenir de son dernier maître lui laissait comme un arrière-goût désagréable. Était-ce lui ? Ce type brun au grand manteau, ne parlant quasiment pas, aux manières de spectre. Pitié pas encore lui...
L'esprit de flamme se matérialisa complètement. Sa tenue pourpre était impeccable comme toujours, ses cheveux tirés en arrière pour former une flamboyante queue-de-cheval. En revanche, sur son visage, on pouvait lire une profonde lassitude. Le spectre n'était qu'une figure de plus venant orner sa galerie des cruelles déceptions. Une de plus sur un mur interminable, ne vous inquiétez pas, il y a encore plein de place de libre...Les yeux pourpres de la jeune fille parcourent la pièce, modeste mais plutôt bien rangée. Celui qui l'avait invoqué devait se trouver dans son dos, ce qui n'était pas plus mal, ainsi il n'avait pu apercevoir la figure sombre de Blaze. Celle-ci s'empressa de se tourner face à lui. Quand bien même elle en avait assez, la rouquine n'avait d'autres choix. Oh elle pouvait bien se lasser mourir, mais l'esprit de flamme n'était pas suffisamment lâche pour ça loin de là. Par conséquent, elle ne pouvait se permettre de négliger ses manières, la menace de son briquet dans les mains d'un autre la forçait à se comporter comme une gentille servante. J'ai les crocs mais c'est lui qui tient la laisse.

Blaze à l'instant où elle s'était tournée, avait marquer à peine trois secondes de statisme avant de plonger dans une grande révérence. Ce petit moment avant de s'incliner vers le sol lui avait permis d'apprécier son nouveau maître, car oui elle avait changé et ce n'était pas un mal. Cela donna un peu de baume au coeur à la jeune fille. Le nouveau "chanceux" était un blond plutôt mignon qui se tenait éloigné, méfiant, face à cette apparition soudaine. Ah enfin une réaction normal, songea Blaze. Elle craignait de tomber sur un fantôme sans sentiment comme l'autre tâche précédente. Difficile en tout cas de juger par la simple apparence mais à en croire l'aspect de la maison, il vivait modestement. La jeune fille avait repéré un escalier, la maison était donc suffisamment spacieuse pour accueillir d'autre personne. Un père de famille ? Oh non pitié...quoi que un peu jeune, mais alors un membre d'une famille...pas mieux.

Blaze avait usé sa patience, et aurait toutes les peines du monde à gérer des enfants si il y en avait. Mais pour le moment, l'homme était seul. Bon au premier coup d’œil, il avait l'air du parfait benêt qui devait bien plaire aux filles du village. Mais la rouquine savait très bien qu'on ne pouvait juger au premier regard. Il fallait qu'il parle, qu'il agisse. Par ses gestes, et ses mots, Blaze pourrait dresser un portrait de son maitre, comme elle avait l'habitude de le faire. Afin d'obtenir ces précieuses la jeune fille ajouta à son salut :

- Ordonnez maître je m’exécuterais.

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MessageSujet: Re: Fichu karma... [Blaze]   Ven 3 Oct 2014 - 11:27
La silhouette de feu prit vie, les flammes se retirèrent pour céder place à la chair, ne laissant comme preuve de leur passage que le rouge flamboyant dont l’esprit inconnu était paré; ce dernier lui tournant le dos, Michaël en profita pour l’observer sous toutes les coutures. Silhouette incontestablement féminine –ou très efféminée… ?– vêtue de bottes ainsi que d’un long manteau pourpre. Des cheveux tout aussi rouges, retenus en queue-de-cheval, tombait entre ses omoplates. Elle n’était pas très grande et ne semblait pas vraiment forte non plus. S’il se fiait à la peau lisse de ses bras, elle paraissait jeune. Cette dernière hypothèse fut confirmée lorsqu’elle se tourna vers lui, dévoilant un joli visage éclairé par des yeux irisés de pourpre. Expression nullement hostile. Suffisant pour rassurer le Serpent? Certainement pas.
Devait-il fuir? Pouvait-il seulement? Elle se dressait entre lui et la porte. De plus, il ne pouvait partir en laissant Denitry, elle avait certainement remarqué la chaise roulante près des escaliers…
Il y a une heure tu songeais à le tuer et maintenant tu joues les frères protecteurs? Tth.

Le regard de la jeune fille resta posé un bref instant sur lui, puis elle s’inclina en une révérence suffisamment marquée pour que le simple médaillon qu’elle portait autour du cou vienne toucher son menton.

« Ordonnez maître je m’exécuterais. »

Alors ça, c’est une surprise.
Michaël cilla lentement, le temps de dissimuler son trouble et son étonnement ; il ne put cependant contenir le sifflement pensif qui glissa entre ses dents. Qu’est-ce que cela signifiait? Serait-ce enfin une aubaine, un coup de chance… ou encore un monstrueux piège qui lui tombait dessus? Ah, ce que cette méfiance –accrue par l’incident Joachim– pouvait être lassante… mais nécessaire.
Bon sang, quel rôle devait-il jouer face à… cela? Qu’attendait exactement cette jeune fille? Il lui fallait d’avantage d’informations. Actuellement, il était trop perdu pour savoir quelle réaction conviendrait. Commençons par la base.

Sans qu’il s’en rende compte, sa main droite se porta à son visage en un ultime moyen de se dissimuler le temps de trouver quel masque porter.

« Qui êtes-vous ? »
demanda-t-il d’un ton indiquant clairement qu’il attendait une réponse développée.

Eh bien, pas glorieux pour le moment… Espérons que la réponse de l’esprit lui permettra de trouver le costume approprié ; le Serpent était décidément mal à l’aise lorsqu’il ne pouvait se cacher.



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MessageSujet: Re: Fichu karma... [Blaze]   Dim 5 Oct 2014 - 16:38
A nouveau dehors, je peux encore jouer ma comédie, mais en ai-je seulement la moindre envie ? Une petite voix me souffle de continuer, de ne pas abandonner, de tous les user ces petits crétins qui appuie sur le briquet. De les servir jusqu’à ce que ma malédiction les use et les torde comme une vielle corde sur le point de se briser à force d’être utilisée. Oui ils sont un vecteur entre l’état de prisonnière et la possible liberté, si optionnelle mais tant méritée.


L’homme eu – à la bonheur – une réaction de méfiance qu’il tentait néanmoins de dissimuler. Enfin il transpirait ce sentiment malgré tout, surtout à la suite la phrase de la jeune fille. Il avait fait instinctivement un pas en arrière et Blaze fut amusée intérieurement en le comparant à un animal apeuré et acculé dans son propre terrier. Mine de rien, malgré la déception de ses précédentes sorties, elle ne pouvait s’empêcher de savourer l’effet qu’elle pouvait produire en sortant de son briquet et en déclamant sa dévotion de manière si solennelle. Ah ah ah…
Bon elle savourait d’autant plus cette situation que le précédent maître précédent n’avait même pas daigné à paraitre surpris jusqu’au plus profond de ses iris. Décidément de temps en temps ça fait du bien de retrouver une petite routine tranquille. Tss tu t’entends ma pauvre, tu raisonnes comme une vieille ! Serais peut-être temps de prendre une retraite ou bien de se changer les idées.

L’homme finalement daigna à lui adresser la parole sur un ton appuyé, aux aguets et signifiant qu’il serait à l’écoute de façon très attentive. La rouquine se redressa pour à nouveau croiser le regard du jeune homme. Après une hésitation furtive, elle décida de conserver un visage neutre et de répondre sur le même ton monocorde que sa précédente tirade. L’homme était simple, sans aucune particularité, et ne sachant pas encore quelle attitude serait la plus idéale, Blaze préférait rester dans une parfaite neutralité. Aussi bien dans ses actions, que dans sa diction. Comme du tac au tac, la réponse de l’esprit fusa, mais elle prit soin de bien exposer les choses clairement afin que son interlocuteur ne soit pas noyé sous la masse d’information. Pour aussi que ça lui donne le temps de réfléchir aux meilleurs usages qu’il pourrait fait d’une gentille petite servante dévouée. Réfléchis bien blondinet !!

- Je me nomme Blaze Scarfire, je suis l’esprit du briquet que vous tenez actuellement dans votre main. Mon rôle est de servir son possesseur du mieux que je peux. Je n’ai pas de propriété magique si ce n’est quelques dons de pyromancie, ainsi que des facultés développées pour le combat.

L’homme n’avait rien demandé de précis là-dessus, mais son unique phrase « qui êtes-vous exactement », laissait entendre qu’il désirait connaitre le maximum de chose sur la jeune fille qui lui était ainsi tombée entre les bras. Blaze fit une petite pause pour le laisser digérer toutes ces informations. Il semblait réfléchir intensément, on pouvait presque entendre tous les rouages de sa cervelle se mettre en marche de façon très vive. Des rouages qui avait semble-t-il l’habitude d’être sollicité. Plus intellectuel que manuel le blondinet, cela se voyait plus nettement à présent que Blaze pouvait l’observer à loisir, posée bien en face de lui. Son corps n’était pas fait pour les travaux forcés, et rien qu’à voir ses mains, il était évident qu’il n’était pas artisan ou agriculteur. Ce n’est pas plus mal. Ce genre de personne a une forte tendance à avoir la folie des grandeurs, et des rêves soient limités, soient totalement mégalomanes. Tel le légendaire « je veux le pouvoir ! », pfffff…Alors que les intellectuels, au moins, possède un peu plus de bon sens. Enfin après quelques instants, Blaze en saurait surement plus, elle enchaîna, le silence ayant duré pas plus de quelques secondes.

- Vous êtes libre de m’invoquer quand bon vous semble. Sachez néanmoins que passée 24h hors du briquet j’y retourne automatiquement, et il vous faut attendre 10 minutes avant de refaire appel à moi de nouveau.

Un bref instant, durant ce monologue digne d’une machine, les yeux de la jeune fille rencontrèrent un objet étrange. Ce qu’elle avait d’abord prit pour une simple chaise, posée en bas des escaliers se révéla être un fauteuil roulant. Oh non je vois venir le tableau…le gentil jeune homme dévoué, professeur ou notaire, ou une autre connerie de ce genre, prenant soin de son gentil et vieux papa perdant la boule et usage de son corps, après une longue vie passée à remplir de la paperasse. Pitié non ! Pitié non !
Et même si ce n’était pas tout à fait ça, on ne pouvait qu’aboutir à une seule conclusion : fauteuil roulant = ennuis ! Pitié nooooooon…
Retenant de laisser paraitre le moindre trouble, la rouquine termina tranquillement son petit discours auquel elle ajouta :

-Cela répond-il à votre question maître ?

Un peu de zèle pour cacher la gêne grandissante suite à la vue de cet engin du diable. Enfin peut être que le gentil vieux papa a cassé sa pipe il y a peu ? Au pire, un accident est si vite arrivé, c’est dangereux les escaliers…

[J'espère que ça suffit ^^]
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MessageSujet: Re: Fichu karma... [Blaze]   Dim 26 Oct 2014 - 18:21
La jeune fille parut saisir le message et entreprit de donner une réponse version longue à l’interrogation de Michaël. Son ton resta neutre, sans doute avait-elle trop souvent répété le même discours.

- Je me nomme Blaze Scarfire, je suis l’esprit du briquet que vous tenez actuellement dans votre main. Mon rôle est de servir son possesseur du mieux que je peux. Je n’ai pas de propriété magique si ce n’est quelques dons de pyromancie, ainsi que des facultés développées pour le combat.

Tu parles d’un boulot… Pas étonnant qu’elle soit blasée. Des dons de pyromancie, cela semblait logique. Capable de se battre? Il ne fallait pas se fier à sa carrure...  
Mais était-ce seulement la vérité? Comment une aubaine pareille avait pu mystérieusement apparaitre dans sa poche? Il y avait forcément un piège, une clause en petits caractères, un prix à payer. En tout cas, c’était trop beau pour être vrai.


- Vous êtes libre de m’invoquer quand bon vous semble. Sachez néanmoins que passée 24h hors du briquet j’y retourne automatiquement, et il vous faut attendre 10 minutes avant de refaire appel à moi de nouveau.


Etait-ce là le seul inconvénient qu’elle présentait? Non, décidément non, elle cachait forcément quelque chose. La main du jeune homme quitta son visage pour glisser dans ses cheveux, comme si cela pouvait l’aider à remettre de l’ordre dans ses pensées. Où est le piège, bon sang?

-Cela répond-il à votre question maître ?

Michaël considéra un instant les informations qu’il venait de recevoir. De nombreuses interrogations restaient en suspens, mais elles n’entraient pas dans le cadre de sa première question.

-Oui, merci.

Avec un tel « métier », la demoiselle avait certainement l’habitude d’être traitée en esclave, ce serait certainement un bon point de se montrer poli envers elle.
Très bien, qu’allait-il en faire désormais? Une chose était sûre, ils ne pouvaient rester là à se regarder en chiens de faïence.
Fais quelque-chose Zamenis, trouve une solution!


Le jeune homme traversa la pièce pour rejoindre la sortie ; en dépassant Blaze, il l’invita d’un simple « Si vous voulez bien me suivre… » d’un ton dissimulant à merveille le déplaisir de la savoir dans son dos. En chemin, il saisit le manche à balai et racla le plafond jusqu’à la porte d’entrée afin de prévenir Denitry qu’il sortait. Un coup raisonna à l’étage, lui apprenant que son frère avait bien reçu le message. Il venait d’indiquer à l’esprit de feu qu’une autre personne se trouvait dans la maison, mais puisqu’ils sortaient cela n’avait pas grande importance.

Une fois dehors, Michaël se sentit un peu plus en sécurité. Des témoins. La tenue de la jeune fille n’était décidemment pas discrète, elle ressortait sur ce paysage de rue tranquille comme une tache de sang sur une dalle de marbre. S’il gardait le briquet, peut-être devra-t-il songer à lui fournir une garde-robe plus classique…

Le jeune homme tendit son bras à Blaze afin qu’elle puisse s’y appuyer : non pas par galanterie ni respect des bonnes manières, mais pour qu’elle reste à ses côtés sans jamais se trouver derrière lui et qu’elle soit suffisamment près pour pouvoir parler à voix basse sans que cela ne semble suspect. Et puis, tant que les mains de l’esprit de feu étaient posées sur son bras, elle ne pouvait le poignarder dans le dos, n’est-ce pas? Aussi put-il lui demander du ton de la plus banale conversation, alors qu’ils cheminaient aussi naturellement qu’un jeune couple en promenade:

-De quoi avez-vous besoin en échange? Faut-il que je vous offre chaque pleine lune un enfant en sacrifice en l’immolant par le feu, ou quelque chose d’approchant?

Il verrait en fonction de sa réponse. Si la contrepartie se montrait trop élevée, il pourrait immédiatement se débarrasser du briquet. Pour l’instant, l’idée d’un meurtre mensuel d’enfant ne le dérangeait pas plus que cela. Tant qu’elle ne demandait rien qui puisse lui porter préjudice, il passerait tout de suite à la phase test. Leurs pas les dirigeaient vers un cobaye tout indiqué sur lequel il pourra mettre à l’essai les talents de Blaze –ou à qui il donnera ce cadeau empoisonné…
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MessageSujet: Re: Fichu karma... [Blaze]   Jeu 4 Déc 2014 - 18:46
Il transpire la banalité, vais-je miser encore trop d’espoir dans un numéro qui va au final sonner creux ? Vais-je m’épuiser à la tâche pour n’obtenir que des miettes de mes espoirs déchiré ? Vais-je accepter avec mon éternel sourire toutes les tâches les plus humiliantes qu’on me demandera de faire ? Ah ah quelle question, je suis l’esprit du briquet ? J’obéis et je vois ensuite. Tâtons mieux le terrain et après on pourra le retourner.

L’homme était visiblement partagé entre plusieurs doutes et interrogation. L’exposé pourtant clair de la jeune fille semblait avoir d’avantage semé le trouble dans l’esprit du jeune homme. Cela pouvait se comprendre, la situation semblait tellement invraisemblable, tellement trop belle aussi. Blaze vit immédiatement quand le silence s’installa, que son nouveau maitre n’avait pas quitté son expression de méfiance. Oui pour lui c’était décidément trop beau, il flairait un piège et…et avec raison oui…Mais la jeune fille ne laissa rien paraitre, ne mentionna rien de la malédiction, restant de marbre, dans une pause digne des plus strict majordomes, attendant simplement les ordres. Malgré tout dans son esprit, comme dans celui du blond, ça continuait de travailler. Tsss, ça devait être comique à regarder, tous les deux immobiles, tentant de dissimuler leurs émotions, tout en élaborant un plan à venir pour gérer au mieux cette situation des plus étranges.
Si elle ne pouvait percer les pensées les plus profondes du jeune homme, la rouquine quant à elle songeait toujours avec une vive horreur à la présence de la chaise roulante en bas de l’escalier. Baaaah n’y pense pas, ça va te donner des cauchemars…

L’homme au bout d’un moment sembla arriver au bout de ses réflexions et se dirigea vers la porte d’entrée, dépassant la jeune fille, qui n’exécuta d’autre mouvement que celui de le suivre des yeux. Tout en traversant la pièce, il demanda à l’esprit de feu de le suivre, ce qu’elle fit en dissimulant une certaine impatience. Elle allait enfin savoir ce qu’il lui réservait, le temps des réflexions était terminé, il était temps de passer à l’action. Blaze nota qu’ils se dirigeaient vers la sortie, avec visiblement une idée précise en tête. Bon déjà il ne l’emmenait pas dans sa chambre, la rouquine pouvait rayer « pervers » dans sa liste de mauvaises surprises que pouvait lui réserver le garçon. De toute façon, il avait plus l’air d’une tête d’ange, le genre à rougir aux compliments des jeunes écervelées du village. Néanmoins ce profil n’était pas du tout prouvé, et l’esprit avait hâte de pouvoir en dresser un meilleur, c’est pourquoi elle suivait avidement le jeune homme.
Ce dernier prit sur son passage, un balais et racla le plafond à l’aide de son manche, jusqu’à la porte et le reposa. Un signal qui reçut bien vite une réponse en provenance de l’étage. Ce simple petit bruit calma les impatiences de Blaze qui se vit confirmer ce qu’elle craignait : quelqu’un habitait là-haut, quelqu’un de trop faible, de trop diminué pour marcher, pour descendre, pour parler…DAMMED !
L’esprit de flamme rejoignit l’homme sur le perron en maugréant de sinistres paroles au fond de sa pensée. La lumière du jour la ramena pourtant à la réalité et elle fut de nouveau plus attentive à tout ce que son maître pouvait désormais lui dire. Pourtant il ne dit rien, et après avoir refermé la porte, il lui tandis bras….QUOI ?!

Bon déjà Blaze n’avait pas relevé le très pompeux « Si vous voulez bien me suivre… » Qui pourtant avait étrangement résonné à son oreille. Et bah oui c’était par courant les maîtres qui se donnaient la peine de charger leurs ordres d’autant de politesse. Et puis bon depuis son séjour à Nobody Island, l’île des sauvages par excellence, la demoiselle n’était, mais alors plus du tout habituée à entendre des gens s’adresser ainsi à elle. Mais là le bras c’était trop, et elle ne put dissimuler la surprise évidente, qui se peignit sur son visage. Pour un roturier vivant dans une maisonnette, il avait de sacré manières. Mentalement Blaze modifia le profil mental qu’elle s’était fait du jeune homme. De benêt timide, il passait au statut de gentleman un peu dragueur se cachant sous une tête d’ange. Ou alors était-ce encore autre chose…Dans le doute, la rouquine redoubla son attention et tout en lui prenant le bras, l’observa attentivement.
Il la conduisit dans la rue légèrement fréquentée. De là il lui glissa ces mots :

- De quoi avez-vous besoin en échange? Faut-il que je vous offre chaque pleine lune un enfant en sacrifice en l’immolant par le feu, ou quelque chose d’approchant?


Avant de relever le sens des paroles, Blaze releva qu’ainsi positionné, tous les deux pouvaient échanger en toute discrétion. Hum, l’homme serait-il si prudent sur ses manières qu’il userait de ce vieux stratagème de dissimulation. Va savoir…
Concernant sa question en tout cas, la jeune fille réagit à cet humour noir par un petit sourire, franc toutefois. Elle se dérida un peu pour adopter des traits pour strictes et répondit sur ce ton moins rugueux :

- Ah nul besoin de cela, et je ne voudrais surement pas m’encombrer de l’âme d’un enfant. Voyez avec un démon pour cela, moi je ne suis qu’un esprit en cage.

Leurs pas les dirigèrent vers une zone moins fréquentée. Mille et une questions trottaient dans la tête de l’esprit, mais elle devait pourtant garder son mal en patience. Fait inhabituel, elle reprit la parole sans y avoir été invitée :

- Si un revers de médaille vous inquiète, je puis vous assurer que tant que vous aurez mon briquet, je ne vous ferais aucun mal, au contraire je vous serais dévouée à chacun de vos ordres.

Au fond, Blaze ne mentait pas, après tout la malédiction était attachée à l’objet et non pas à elle. Ainsi l’esprit ne faisait pas de mal à ses mettre…pas directement…ne chipotons pas là-dessus.

- Vous avez le briquet, vous avez ma vie…un mot de vous et je m’exécute. Un geste de vous et je meurs, car c’est mon cœur que vous tenez désormais. Une simple pression et tout se brise…

Sur cette note peu joyeuse, ils se stoppèrent. Blaze espérait avoir fait son petit effet et avoir suffisamment gagnée la confiance de l’homme pour qu’il daigne en retour l’utiliser. En révélant son point faible en toute sincérité, elle avait jeté son meilleur atout de confiance. Un simple mot, et une relation démarre, tout comme elle peut se briser net.
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MessageSujet: Re: Fichu karma... [Blaze]   Lun 8 Déc 2014 - 21:12
Blaze parut surprise lorsqu’il lui avait offert son bras, et il la comprenait ; c’était trop. Il n’usait de cette politesse superflue uniquement pour la discrétion des conversations qu’elle apportait. Sa question en revanche l’étonna moins, un léger sourire glissa sur les lèvres de la jeune fille.

- Ah nul besoin de cela, et je ne voudrais surement pas m’encombrer de l’âme d’un enfant. Voyez avec un démon pour cela, moi je ne suis qu’un esprit en cage.

Pas de sacrifice donc. Alors quoi? De quoi avait-elle besoin? N’était-elle qu’une esclave enfermée depuis des lustres dans son briquet créé par un puissant magicien dont le décès signa pour Blaze une éternité d’errance de main en main, de maitre en maitre? Pas très réjouissant comme histoire, Michaël lui espéra sincèrement un autre passé. Quoique, s’il lui évitait de payer un prix…

- Si un revers de médaille vous inquiète, je puis vous assurer que tant que vous aurez mon briquet, je ne vous ferais aucun mal, au contraire je vous serais dévouée à chacun de vos ordres.

Affirmation rassurante, trop vague cependant ; elle ne lui fera aucun mal… devait-il craindre autre chose?
Parano…


Il chassa cette voix désagréable en reportant son attention sur leur route. Il ne s’était pas trompé de direction? Non, il suffisait de prendre à gauche à la prochaine rue.

- Vous avez le briquet, vous avez ma vie…un mot de vous et je m’exécute. Un geste de vous et je meurs, car c’est mon cœur que vous tenez désormais. Une simple pression et tout se brise…

Quelle sympathique situation. De belles perspectives d’avenir pour l’esprit de feu. Mais cela lui apporta une certitude : si le contrat présentait une entourloupe, il pouvait se débarrasser de Blaze à tout moment.

Il secoua la tête avec incrédulité, comme si elle venait de dire une énormité.

-Vous tuer? Quelle idée! Jamais je ne ferais une chose pareille.

Pas tant que tu me seras utile.

Ils étaient arrivés à destination. Une maison banale au milieu d’un quartier banal habitée par une famille banale. Enfin… la famille de cul-terreux qui a économisé pour s’installer à la capitale. Le patriarche lisait le journal au soleil, gardant sa propriété comme un gros bouledogue ; animal dont il avait malheureusement le physique, doté qu’il était d’une bedaine de buveur de bière, de bajoues tombantes et d’un nez épaté couperosé par la consommation répétée d’alcool. A l’intérieur de la maison, on pouvait entendre depuis la rue sa femme à la grâce discutable disputer leur fils unique, un enfant à peu près aussi supportable qu’un ouistiti hyperactif. On ne pouvait pas trop en vouloir au petit, ce n’était pas de sa faute si ses parents préféraient s’enivrer que de l’élever correctement ; en même temps, on pouvait comprendre que le couple n’ai guère la patience de s’occuper de ce rejeton turbulent et noie dans l’alcool le désespoir d’être affligé d’une telle situation ; cela valait le coup de s’installer à la capitale, les voici désormais endettés pour se trouver propriétaires d’une maison nécessitant de nombreux travaux qu’ils n’avaient pas les moyens de mener.  
Michaël les détestait-il? Disons qu’il ne les aimait pas. Pourquoi? Sérieusement, regardez-les. Le couple de beaufs et leur sale mioche.

Le Serpent se pencha vers la demoiselle à ses côtés pour lui souffler :

- Blaze… Je vais m’occuper de faire diversion auprès de l’homme juste là (il désigna l’intéressé d’un mouvement de menton). Pendant ce temps, j’aimerais que vous mettiez le feu à cette maison, si possible de manière à ce que cela passe pour accident. Il y a une femme et un enfant à l’intérieur, faites en sorte qu’ils ne puissent s’échapper, voulez-vous?

Bon, il commençait sans doute un peu fort, mais s’il gardait le briquet ce ne sera pas pour demander à l’esprit de flamme d’aller cueillir des pâquerettes. Autant vérifier immédiatement qu’elle soit capable d’exécuter tous les ordres, aussi affreux soient-ils.


La jeune fille le considéra un instant, était-elle surprise? Il quitta quelques secondes son masque affable de gentil garçon, lui présentant un visage froid marqué par tout le dédain dégoûté qu’il éprouvait pour cette famille afin de lui confirmer qu’il était parfaitement sérieux. Il chassa rapidement cette expression digne d’une pièce à conviction. Michaël dégagea doucement son bras et, sur un signe de la main à Blaze pour lui souhaiter bonne chance, il se dirigea vers le patriarche de cette sympathique maisonnée. Arrivé près de lui, il le salua poliment.

- Bonjour, comment allez-vous ?


L’homme lui répondit d’un grognement signifiant clairement « Tu me déranges gamin », avec l’air de trainer une sacrée gueule de bois. Michaël posa la main sur le journal et l’abaissa, certain d’attirer ainsi l’attention du bouledogue. Celui-ci releva en effet vers lui des yeux larmoyants de vieux chien dont le blanc, strié de veines, avait jauni. Le Serpent fut saisit de pitié dégoûtée.

- Excusez-moi de vous impor… de vous déranger, mais il y a quelque chose dont je voudrais vous parler, cela me semble important.

Il avait l’air soucieux et un peu intimidé, comme s’il n’était pas sûr de son initiative. Il continua cependant :

- Je viens de voir M. Gevrey, il n’avait pas l’air d’aller bien, il parlait même de mettre la clé sous la porte et d’abandonner son commerce. Ce n’est sans doute qu’un simple coup de ras-le-bol, mais je suis tout de même inquiet. Comme vous êtes amis, peut-être pourriez-vous l’aider à retrouver le moral? Je pensais que c’était une bonne chose de vous prévenir…

L’œil humide s’alluma d’une lueur paniquée, son propriétaire jeta son journal et se leva avec difficulté.

- Z’avez bien fait. Où est Gevrey?
- Merci beaucoup! Suivez-moi, je vous mène à lui immédiatement.

Et voilà, il suffisait d’utiliser ses centres d’intérêts ; Gevrey tenait le magasin d’alcools et spiritueux le moins cher de Daresbury, le couple y passait forcément tout son temps. Avec la menace que son meilleur fournisseur disparaisse, le bouledogue allait forcément réagir au quart de tour.
C’est bon Blaze, la maison est débarrassée de son chien de garde.  


En éloignant au maximum l’homme de son foyer, Michaël jeta un coup d’œil aux alentours ; pas la moindre trace de la jeune fille.
J’espère que l’autre feu-follet fera ce que je lui ai demandé. Ça promet d’être amusant.
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MessageSujet: Re: Fichu karma... [Blaze]   Lun 20 Nov 2017 - 21:02
Je suis et je m'interroge. La carte que j'ai tirée révélerait-elle une double face ? Recto gentil garçon, verso...mystères et interrogations. Je m'accroche à ton bras, peut être salvateur, qui saura me tirer de ma dérive dans l'ennui. Mais je ne mise pas trop dessus non plus, je ne sais si la carte a de la valeur dans mon jeu actuel. J'attends de tirer d'avantage d'infos avant de savoir si je fais tapis ou non !

Voilà maintenant quelques minutes que l'étrange duo déambulait dans les rues. Tout du long, Blaze avait jeté ci et là des regards furtifs pour identifier l'endroit où elle avait atterrie. Très vite, elle avait identifiée les longues rues pavées, et la silhouette d'un grand château bien plus loin. On se trouvait dans un quartier résidentiel de la capitale de Crudelis. Ok, niveau terrain c'est correct. Même très banal, on en revient toujours là. Mais plus ils avançaient vers la mystérieuse destination, et plus la jeune fille pressentais que les choses allaient devenir plus mouvementées. Une petite intuition qui faisait doucement son chemin dans son esprit, grignotant toujours plus de terrain à chaque nouveau pas.

L'esprit de flamme su qu'ils étaient arrivés quand les pas du blond ralentirent et qu'il se pencha vers elle pour lui souffler :

- Blaze… Je vais m’occuper de faire diversion auprès de l’homme juste là. Pendant ce temps, j’aimerais que vous mettiez le feu à cette maison, si possible de manière à ce que cela passe pour accident. Il y a une femme et un enfant à l’intérieur, faites en sorte qu’ils ne puissent s’échapper, voulez-vous?

Un, deux, trois...il fallut au moins trois secondes à la jeune fille pour que les mots qu'elle venait d'entendre soient assimilés par son cerveau. Non pas qu'elle soit particulièrement lente à comprendre, c'était même plutôt l'inverse habituellement. Mais cet ordre là, elle ne l'avait pas vu venir. Pourtant elle en avait servi des excentriques, et des très sadiques aussi. Mais comment dire...d'habitude ça y va par palier. Les premiers ordres c'est souvent soft, mais là direct je te crame la maison avec femme et enfant à l'intérieur ! Et alors ? Siffla une voix intérieur. C'est pas ce que tu voulais ? Hum...oh que si...
Décidément, des mois d'inaction sur Nobody's Island et le passage entre les mains de maîtres benêts l'avait plus ralentie que ce qu'elle pensait. Ralentie oui mais pas rouillée, et elle se ferait une joie de le démontrer ! Avant ça, elle fit comprendre à son maître qu'elle avait bien saisi ses ordres. Enfin, passé les trois secondes de fixation légèrement surprises.
Les yeux pourpres de l'esprit se mirent ensuite à flamber. Ni colère, ni impatience (enfin seulement celle de s’exécuter prochainement), non plutôt de l'exaltation à l'idée qu'elle puisse enfin faire ce qu'elle aimait le plus : élaborer et réaliser un stratagème périlleux. Enfin du challenge bordel ! Et puis brûler une maison, ça lui permettrait de retrouver un semblant d'identité. C'est vrai quoi...elle était avant tout un esprit de feu. Mais ces derniers temps elle avait surtout servi d'allumette, voir même de radiateurs quand il faisait trop froid sur Nobody's Island. Elle ne remercierait assez jamais Andrew pour ces moments de purs plaisir, à faire le piquet chauffant dans une baraque humide et sale...

Mais tout ça c'est derrière...faisons donc brûler le présent de la plus belle flamme qui soit.
Portant sa main au niveau de sa bouche pour dissimuler un sourire grandissant Blaze répondit :

- A vos ordres maître.

Elle émit un discret éclat de rire, au moment ou il lâcha son bras pour se diriger vers ce qui semblait être le propriétaire des lieux. Franchement, si elle avait pu penser que derrière le blondinet à gueule d'ange se cachait un sociopathe haineux ? Ok il l'avait eu, mais de manière agréable, et à son expression, la jeune fille avait su qu'il ne plaisantait pas.
Tu m'as montré ton vrai visage, alors je vais te montrer mon vrai savoir faire !
Pendant que son maître faisait diversion, elle alla se poster à l'angle de la rue situé plus à l'arrière de la maison. Ainsi, elle pourrait voir quand le chien de garde allait quitter sa propriété, et agir ensuite. Cet angle ombragé par l'arbre de la maison voisine, lui permettait d'observer sans être trop remarquée. Ainsi elle releva que la maison ciblée était en très mauvais état. Il serait facile de s'assurer que ses occupants seraient morts de façon accidentelle. C'est que ça s'écroule vite les charpentes dans ce genre là...et en plus ça flambe facilement. Que du bonheur...

Blaze n'eut qu'à attendre deux minutes pour voir les deux silhouettes, celle du proprio et celle de son maître, s'éloigner dans une direction opposée. Rue déserte, voisins absents parfait ! Elle fit apparaître sa lance qu'elle accrocha dans son dos, se donna un air assuré, et d'un pas militaire, se rendit toquer à la maison désormais dépossédée de son gardien. Elle frappa trois coups vigoureux. Les éclats d'une dispute qu'on entendait à l'intérieur cessèrent et une femme vint lui ouvrir. Si on pouvait appeler ça une femme...une outre sur patte avec quelque chose ressemblant vaguement à une tignasse planté en chignon sur sa tête. Aucune coquetterie si ce n'est l'eau de toilette senteur vin passé et bière bon marché. Charmante...Pas de regret à l'éliminer...

L'esprit de flamme ne se laissa pas décontenancer et d'un ton autoritaire débita ces mots :

- Garde royale de Crudelis, matricule sept de cœur. On recherche un fugitif, je dois fouiller votre domicile !

Et avant que l'autre bonbonne puisse protester elle pénétra à l'intérieur en faisant mine de déjà inspecter les lieux. Il ne fallait pas qu'elle s'attarde trop sur le perron, même si le quartier est calme, mieux vaut se passer de témoins oculaires. Une voix plus masculine que féminine retentit dans son dos !

- Nan mais j'vous permet pas !


Blaze à fond dans son rôle se retourna l'air courroucée :

- Nous avons ordre de fouiller toutes les habitations de ce quartier, si vous êtes en règle vous n'avez rien à craindre. Si vous faites obstruction, je me verrais dans l'obligation de vous arrêter pour entrave à la justice royale, c'est clair ?

Se disant elle avait porté sa main à sa lance suspendue dans le dos pour donner plus de poids à ses propos. Ce fut rudement efficace, et à part maugréer la mégère ne tenta plus rien, et envoya même son fils jouer à l'étage.
Oui, oui, c'est ça gamin, va jouer...Laisse les grandes personnes discuter...profite de tes dernières minutes de vie en toute naïveté.

Blaze commença à promener son regard un peu partout. Crasse, décrépitude, bouteille et dettes dans les placards probablement. Au moins ils ne regretteraient pas ce monde eux non plus.
Le coup de la garde de Crudelis était la chose la plus crédible à faire pour Blaze dans son apparence actuelle. Heureusement qu'elle s'était documentée à Nobody's Island et qu'elle savait que la Reine de Cœur était toujours en fonction. Ses gardes cartes patrouillaient toujours en uniforme rouge ou noir, ainsi la jeune fille restait crédible malgré son apparence hors norme.

Dès que le gamin eu monté les escaliers, la jeune fille ne perdit pas de temps et demanda en pointant une trappe au sol.

- C'est une cave ? Ouvrez s'il vous plaît.

La femme s’exécuta, peu assurée dans ses mouvements. Elle révéla un escalier en bois sur lequel était posé une lampe à huile, afin d'éclairer la pénombre dans laquelle la cave était plongée. Tsss trop facile.

- Après vous, dit Blaze

Sa future victime, sans imaginer que son geste la mènerait à sa perte, alluma la lampe à huile avec une allumette et commença à descendre les marches. L'esprit lui emboîta le pas, mais ne lui laissa pas le temps de descendre très bas. Enfin disons qu'elle n’atteignit jamais les marches inférieures, elle se contenta de les survoler dans un magnifique vol plané. Blaze l'avait poussé d'un bon coup de pied dans lequel elle avait mit toutes ses forces, et toute sa frustration de ses derniers mois.

L'impact fut lourd, et on entendit un craquement en même temps. Le corps avait prit une position plus qu'improbable, et la lampe à huile brisée au sol révélait un visage figé à jamais dans une expression très peu glamour...
La flamme ne s'était pas encore éteinte, baignant dans l'huile rependue au sol. Lestement Blaze dévala les marches et perça de sa lance, un tonneaux d'un alcool non identifié tant l'odeur était viciée. Le liquide se rependit au sol et attisa la flamme qui se mit à monter très haut. En remontant les escaliers en sens inverse, Blaze caressa les marches du bout des doigts, embrasant le bois pour que le feu prenne plus vite. Et une fois sortie, elle continua avec le pilier porteur de la maison, qui par bonheur se trouvait à côté de la trappe. Tout se mit à flamber très rapidement. Mais afin d'être sûre, Blaze mit le feu à l'escalier de l'étage pour être certaine que le môme n'en réchapperai pas. Vu les matériaux de la maison, il était plus probablement qu'il allait mourir du fait de l'effondrement de l'étage, voir de l'asphyxie causée par la fumée montante. Mais on est jamais trop prudente.
Elle sorti par la porte arrière repérée en entrant, nullement incommodée la chaleur ou la fumée. Un, deux, trois pas...BOUM. Serait-ce des poutres qui s'effondrent ? J'ai rien entendu moi...je ne fais que passer.

Et voilà comment on produit un accident bête. Maman ivrogne descend à la cave en étant un peu éméchée, rate une marche et va s'effondrer en bas en faisant tomber sa flamme dans une flaque d'alcool. Ralala, si seulement ils avaient renforcé les fondations. Si seulement ils avaient remplacés le torchis isolant. Ça aurait flambé moins vite, et l'étage ne se serait pas écroulé. Le petit Billy (tous les sales mioches s'appelle Billy) en aurait réchappé. Quelle tragédie...

Blaze, sur le chemin du retour jubilait. Si elle n'avait pas été en plein milieu de la capitale royale, elle aurait même sauté de joie. Que c'était bon de se rendre à nouveau utile pour du travail qui en valait la peine. Quand on apprécie une tâche on s'applique, et elle était plutôt contente d'elle.
Son maître ne lui avait pas donné de directives sur la suite des événements, mais mieux valait ne pas reparaître immédiatement à ses côtés. Ça pourrait éveiller des soupçons. Comme elle avait mémorisé le chemin de sa demeure, elle s'y rendit après avoir fait disparaître sa lance.

Devant la porte, elle hésita. Devait-elle l'attendre à l'intérieur ? Il prendrait sûrement peur, et ou le prendrait peut être mal. Surtout si, comme elle le devinait, il cachait des secrets qu'il souhaitait garder dissimulés pour le moment. Un des plus gros étant peut être la personne alitée à l'étage. Blaze était en train de réviser ses réflexions à son propos. Un vieux papa sénile et amoché ? Ou bien une personne involontairement séquestrée ? Sans doute un peu tiré par les cheveux mais vu le numéro qu'elle avait tiré, la jeune fille préférait tout envisager.

Elle décida donc de l'attendre contre l'arbre jouxtant la maisonnette. Ainsi, elle restait dans l'ombre, et verrais son mystérieux maître revenir. Aurait-il encore son masque de gentillesse ? Ou bien reviendrait-il en se révélant tel qu'il était ? Blaze avait hâte de savoir, mais si c'était la deuxième option, peut-être, à l'avenir, jouerait-elle plus franc-jeu avec lui. Ne serait-ce que parce que, le temps d'un instant, il lui avait autorisé à être elle même.


Dernière édition par Blaze Scarfire le Dim 21 Jan 2018 - 14:21, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Fichu karma... [Blaze]   Sam 25 Nov 2017 - 0:01
Michaël marchait d’un pas mesuré avec le père de cette formidable famille ; heureusement pour lui, la gueule de bois que subissait l’homme ne lui permettait pas de battre des recours de vitesse, sinon il serait partit en courant jusqu’à la boutique de Gevrey. Il se contentait de trainer misérablement la patte en rasant les murs, portant sur son visage le harassement d’avoir à faire un effort et dans ses yeux jaunis la terrible inquiétude de perdre son meilleur fournisseur en alcool bon marché. Le jeune homme ne lui proposa absolument pas son aide et ralentit progressivement son allure, poussant l’air de rien le bouledogue à avancer plus lentement ; arriver à destination avant que Blaze n’ait accomplit sa mission ne faisait pas partie du plan. L’homme ne paraissait guère ouvert à la discussion, ce qui semblait tout à fait logique au vu de son mal de crâne ; c’est pourquoi Michaël prit un malin plaisir à babiller inutilement sur tous les sujets les plus banals et vides qu’il puisse trouver, à quoi le bouledogue répondait par quelques grognements. Pour les quelques passants qu’ils croisaient, il ressemblait simplement à un garçon un chouia écervelé qui s’était mis en tête d’aider son vieil oncle alcoolique. Ce genre de personnage était la meilleure des couvertures ; quoi de plus innocent qu’un gars un peu crétin ? De plus, cela lui permettait d’être agaçant sans que l’on ne puisse lui faire de reproche.

Au détour d’une rue, il jeta un coup d’œil en direction de leur point de départ. Un panache de fumée s’élevait paresseusement vers le ciel. Il s’arrêta et se tut, ce qui fit passer une lueur de gratitude dans les yeux de l’homme. Son soulagement sera de courte durée. Non seulement Blaze avait obéit à son ordre, mais elle avait réussi. Parfait. Michaël n’eut pas à dissimuler la surprise qui envahit son visage lorsqu’il montra le nuage du doigt, le regard interrogateur.

- Monsieur… La fumée, là… ça vient de votre quartier, non ? demanda le Serpent d’un ton soucieux et incertain.

L’homme posa à contrecœur les yeux dans la direction que pointait Michaël, visiblement exaspéré d’avoir à répondre à de nouvelles inepties. Lorsqu’il comprit que le jeune homme disait vrai, l’inquiétude prit le pas sur l’agacement, son visage vira du rouge au gris cendreux.    
Cela commençait. Cet instant effroyable où il se rendait compte que quelque chose clochait. Cet instant où il s’imaginait le pire sans encore l’accepter car il ne l’avait pas encore vu. Son esprit envahit par les hypothèses les plus démentes, mais encore noyé dans le déni. L’incertitude à la fois angoissante et salvatrice. Cela faisait si longtemps que Michaël n’avait pas vu ce genre d’expression. Admirer la souffrance et en être la cause. Bon sang, cela lui avait manqué.

L’homme fit demi-tour et partit en courant. Oubliée la gueule de bois, oublié le mal de crâne, oubliées les années d’inactivité entassées en strates graisseuses sur son corps. Le Serpent suivit son rythme sans difficulté. Plus ils approchaient de la destination, plus l’agitation grandissait, les englobants dans une sphère de panique de plus en plus intense. Jusqu’à arriver à l’épicentre du drame.
L’homme s’arrêta, soufflant comme un bœuf, pour regarder avec une horreur grandissante sa maison flamber. L’incendie avait fait son œuvre en un temps record, certainement grâce à l’insalubrité de la bâtisse qui brûlait déjà du toit aux fondations. La partie supérieure de l’édifice s’était affaissée, écrasant le rez-de-chaussée sous sa tonne de bois calciné ; malgré lui, une petite pensée dans l’esprit de Michaël tissa une ressemblance avec l’accident arrivé à sa propre famille. Cela le toucha moins qu’il ne l’aurait espéré, mais cela lui permit d’ajouter une touche peinée à son expression d’effroi stupéfait. Il se tourna vers le bouledogue comme s’il voulait lui dire quelque chose sans trouver les mots pour mieux observer ses traits. Sous la lueur orangée des flammes, le visage de l’homme était plus gris encore, les yeux écarquillés et les lèvres entrouvertes, il fixait l’incendie à s’en brûler la rétine avec une expression purement horrifiée.
Maintenant. La réalité balayait le moindre espoir qui puisse lui rester, plus terrible encore que toutes les histoires qu’il s’était imaginé en voyant le nuage de fumée. Il réalisait, une seconde après l’autre, toute l’ampleur de la catastrophe, toute l’étendue de ce qu’il était en train de perdre sans rien pouvoir y faire. Et enfin, depuis longtemps, si longtemps, Michaël se sentit soulagé. Comme lorsque l’on se sort d’une situation désagréable, comme lorsque l’on se débarrasse d’une tâche que l’on ne voulait pas faire.
Comme lorsque l’on sait qu’une personne que l’on déteste ne sera plus jamais heureuse.


L’homme saisit par les épaules un type qui passa vers lui au pas de courses, un seau vide à la main.

- Où est ma femme ? Où est mon fils ? Où sont-ils ?
beugla-t-il.
- Personne n’est sorti de la maison m’sieur, répondit le pauvre gars d’un air désolé. On fait de notre mieux pour les sauver.

Le bouledogue repoussa son interlocuteur et courut en direction du porche enflammé, prêt à se jeter dans le brasier pour récupérer sa rombière et son sale morveux. Celle-là, Michaël ne s’y attendait pas. Il exécuta un impressionnant démarrage et rattrapa sa victime en un temps record. Il ne savait si c’était dû à son statut de Conte, mais toute l’incapacité physique du Serpent à affronter un ennemi était convertie en une vitesse de course presque prodigieuse, c’est à dire en une capacité de fuite inégalable. Une fois assez près de l’homme, Michaël se jeta dans ses jambes en un superbe plaquage.

- Arrêtez ! Vous allez vous tuez ! cria-t-il par-dessus le grondement du brasier.

L’homme se débattit, mais ne réussit à se libérer de l’emprise du Serpent. Le jeune homme avait pourtant bien du mal à maintenir sa prise ; la puissance brute n’était pas son point fort, la chaleur était insoutenable, la fumée lui piquait les yeux et lui irritait les bronches. Il regarda autours de lui : toutes les personnes réunies étaient trop occupées à essayer d’éteindre l’incendie pour s’occuper d’eux. A leurs yeux, le type était sous contrôle.
Ton calvaire ne fait que commencer mon ami, je ne peux pas te permettre de mourir maintenant. Tu crois pouvoir m’échapper? Ce n’est que le début. Tu vas devoir traverser le deuil puis crever la gueule ouverte dans un caniveau car il ne te reste rien, rien du tout… Si tu es sage, je t’apporterai une bouteille pour te consoler. Regarde bien, tu ne verras pas une telle apocalypse tous les jours. Regarde toutes tes possessions disparaitre dans les flammes, imagine ta femme et ton gosse enfermés dans cette fournaise, leurs vêtements et leurs cheveux flamber, leurs visages fondre, leurs hurlements de souffrance. Tu crois qu’ils t’appellent ? Tu crois qu’ils attendent que tu viennes les sauver ? Même si tu pouvais faire quelque chose pour eux, je t’en empêcherais.
Mais c’est inutile. Tu es parfaitement impuissant.


Alors qu’il pensait ne pas pouvoir tenir davantage, l’homme cessa de se débattre. Le jeune homme sentit son corps s’affaisser, puis se secouer de spasmes. Des sanglots. Michaël le saisit par les épaules et l’aida à se redresser. Le bouledogue lui présenta un visage que le chagrin froissait d’une laideur à la fois repoussante et attendrissante, ses yeux jaunâtres virant au rouge sous l’assaut des larmes et de la fumée. Il se laissa tomber contre la poitrine de l’ainé Zamenis, poussant à son oreille des gémissements de chien blessé, le corps amollit par l’abattement. Le jeune homme resserra un instant les mains autour de ses épaules en une étreinte rassurante.
Il ne saurait dire ce qui prévalait : le dégoût ou la satisfaction. Il voulait que ce sale type graisseux et dégoulinant de sueur s’écarte de lui au plus vite, mais quelle douce récompense à toute cette mise en scène que de sentir le pauvre cœur brisé battre contre sa poitrine, sentir tout le poids de l’affliction dans ses bras, d’entendre ses cris de détresse. Et surtout, surtout, que l’homme lui fasse CONFIANCE. En cet instant de désespoir, alors qu’il lui arrivait la plus terrible catastrophe de son existence, l’homme s’en remettait à lui. Il comptait sur lui pour le rassurer. Pour le sortir de là. Alors que le Serpent était en train de le réduire à néant, l’homme remettait sa vie entre ses mains.
C’était pour ce genre d’instant, alors qu’il changeait en enfer la vie de pauvres personnes juste parce qu’il leur vouait une haine incommensurable, alors qu’il perdait le sommeil à distordre son esprit pour trouver le meilleur moyen de les faire souffrir, alors qu’il piétinait l’existence d’innocents pour atteindre son objectif, que Michaël pouvait affirmer qu’il ne regrettait rien.
Est-ce que cela valait le coup, Zamenis ? Brûler femme et enfant, laisser les voisins se blesser pour éteindre l’incendie ? Cela valait-il vraiment la peine ?
Putain oui.


- Il faut qu’on s’éloigne, dit-il aussi doucement que possible dans le vacarme ambiant. Sinon on va y laisser notre peau.

L’homme ne répondit rien, ne fit pas mine de bouger. Mais lorsque Michaël se releva, il suivit le mouvement, toujours affaissé contre lui. Le jeune homme le fit basculer tant bien que mal sur son épaule gauche et s’éloigna du brasier autant que possible avec ce poids supplémentaire. Il le déposa suffisamment loin de l’incendie, prenant soin cependant de laisser le drame dans son champ de vision. L’homme se laissa tomber au sol, sanglotant, apathique.
Il aurait aimé laisser le bouledogue au plus près du drame, mais les flammes commençaient à lui rôtir le dos et s’il le laissait seul, toutes les personnes autour risquaient de s’interroger. De même, la présence de témoins l’empêchait de susurrer à sa victime toutes les atrocités qu’il voulait lui dire. D’une certaine façon, cela l’arrangeait ; si le type lui faisait confiance, ce serait plus facile de l’enfoncer plus tard, bien que cela ne soit guère utile : vu son manque total de combativité, ce pauvre type était déjà brisé. Tsss, ce n’était pourtant que le début. Il ne fallait pas attendre grand-chose d’une personne qui se réfugie dans l’alcool pour esquiver ses problèmes. Quelle faible constitution.
Michaël s’accroupit face à l’homme pour se mettre à sa hauteur, comme quand on s’adresse à un enfant.

- Je vais aider à éteindre le feu. Ne bougez pas d’ici, d’accord ?

Le type ne répondit pas, effondré, prostré. Michaël le laissa sur place et se fondit dans la cohue, suivit un groupe, s’en éloigna pour en rejoindre un autre, sautant ainsi de personnes en personnes d’un air affairé pour faire discrètement le tour du voisinage à la recherche de Blaze. La jeune femme n’était nulle part en vue dans les alentours : ne pas être sur les lieux du crime restait le meilleur moyen de ne pas être suspecté ; apporter son aide aux victimes comme venait de le faire le Serpent fonctionnait plutôt bien aussi. Dans ce cas, où pouvait-elle se trouver ? Elle avait pu rentrer jusqu’à la maison Zamenis, le chemin n’était guère compliqué à retenir et la demoiselle lui semblait bien assez débrouillarde pour cela. A moins qu’elle ne disparaisse dans son briquet à chaque fois qu’elle exécute un ordre ? Il y avait bien trop de témoin pour le jeune homme puisse le vérifier immédiatement. Mieux valait rentrer ; si Blaze n’était pas à la maison, il essayerait d’actionner le briquet là-bas. De toute manière, le calvaire de l’homme n’était plus intéressant à regarder et, bien que le jeune homme adorerait être là lorsqu’il découvrira les corps calcinés de sa famille, cela impliquait d’aider à éteindre l’incendie, ce dont il n’avait aucune envie.
Le jeune homme essuya autant que possible les traces de suie et de cendre sur son visage, ses vêtements et ses cheveux ; quelques-unes échappèrent à son époussetage, l’odeur de fumée restait collée à lui, sa peau montrait des signes évidents de dessèchement d’être resté près du brasier et ses yeux étaient encore un peu rougis.
Si Blaze était bel et bien chez lui, était-elle tombée sur Denitry ? Si oui, qu’avait-elle bien pu lui raconter ?  Bien qu’elle semble du genre discrète sur ses agissements et plutôt maligne, Michaël ne pouvait s’empêcher d’imaginer le pire. « Ton grand frère est mon maitre actuel, il le vit plutôt bien ; je viens de cramer une maison avec femme et enfant, à sa demande… Quoi, pourquoi tu me regardes comme cela ? C’est vrai. »
Oh pitié le feu-follet, ne me fait pas un coup comme ça.


Le jeune homme déboucha au coin d’une rue où il put voir, enfin, Blaze qui l’attendait tranquillement devant chez lui, l’épaule appuyée contre l’arbre dont Denitry adorait regarder le feuillage l’été, quand les oiseaux y nichaient. Un sourire rassuré creusa des fossettes dans ses joues : si elle l’attendait ici, cela semblait logique qu’elle ne soit pas rentrée en son absence. Pas de rencontre malencontreuse entre elle et Denitry.
Michaël s’avança vers elle sans dissiper son expression apaisée, tout à fait naturelle, de l’avoir retrouvée. La rue était vide, l’incendie attirant tout le voisinage comme un trou noir, et rien dans ses propos ne laissait supposer quoi que ce soit de louche, aussi se permit-il de parler relativement librement. Ce serait toujours mieux que de discuter à l’intérieur, à portée d’oreille de son petit frère.

- Vous avez fait un travail parfait, la félicita-t-il sincèrement. Merci beaucoup pour votre aide. J’espère que vous n’avez pas eu trop de problèmes de votre côté.

Malgré tout, il étudia discrètement la jeune fille ; elle avait toujours ce visage relativement neutre, rien ne laissait supposer que cette expérience l’ait traumatisée. Quand il lui avait donné l'ordre de brûler la maison, elle avait parut surprise, mais pas choquée; il lui avait même semblé voir une petite lueur s'allumer dans ses yeux pourpres. Cela restait le but de cette démarche: vérifier qu’elle soit capable d’effectuer ce genre de méfait. Pour l’instant, le résultat était largement concluant.

- Je suis désolé, j’ai peut-être été un peu rude pour une première mission… cela ne vous a pas posé souci ? ajouta-t-il d’un ton conciliant. Sinon, je ne vous redemanderais pas de faire ce genre de choses.

Il était presque honnête sur ce sujet. Pour ce qu’il pouvait en juger jusqu’à présent, Blaze représentait un atout inestimable, aussi préférait-il que leur « association » se fasse en bons termes. S’il fallait éviter pour cela de lui donner des ordres menant à des actions trop horribles, cela ne le dérangeait… pas trop. Il ne la connaissait pas encore assez pour savoir comment il pouvait se débrouiller avec elle. Tout ce dont il était sûr le moment, c’est qu’il n’avait aucune intention de se montrer abusif avec elle ; pour l’instant, même avec toute la prudence qu’il réservait encore à son égard, elle ne lui était nullement antipathique.
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MessageSujet: Re: Fichu karma... [Blaze]   Dim 21 Jan 2018 - 15:28
Petit à petit, je vois ton vrai visage se dessiner. Ce masque lisse de gentil blond avenant, se creuse de traits bien plus saillants. Moi qui pensais récolter une coquille vide, j'ai finalement hérité d'un maître à la tête bien pleine. De quoi ? On en sait encore trop rien, avant de savoir sur quel pied danser, mieux vaut savoir quel air il compte nous jouer. Mais si tu es bien celui que je crois, ne t'inquiète pas, j'entrerai dans la danse, et sans doute pourrons-nous mener tout le bal, par la force de nos deux esprits.

Blaze attendait donc le dénouement de tout ce premier chapitre, qui pour le moment semblait écrit en sa faveur. Pas trop tôt ! Un petit peu de chance pour l'esprit porte-poisse, ça ne fais pas de mal.Après l'île dépeuplée et sauvage, avoir retrouvé un peu de civilisation était bienvenu. La ville, avec ses lois, ses crimes, ses principes et ses travers. Où la reine piétine le noble, qui méprise le marchand et qui lui même crache sur le paysans qui préfère s'oublier lui-même dans une taverne, ou taper sur son voisin. A défaut de trouver un élément plus inférieur sur qui déverser sa haine, autant le faire sur son semblable.
Après le maître rustre dans sa cabane puante et humide, on avait Monsieur finesse dans sa petite maison mitoyenne de gentil quartier.
Et encore ! S'il n'y avait eu que ça, Blaze aurait vite trouvé la vie monotone. Mais non, Maître blondinet est plus fort, car plus retors.Tu m'as bien eu avec ton numéro de gentil gentleman tout sage. Et si tu m'as trompé moi, tu dois en tromper bien plus...
La jeune fille espérait sincèrement avoir raison sur ce point, mais tout ce qu'elle avait pu ruminé depuis sa dernière mission de ne faisait que confirmer sa thèse. Que Monsieur finesse/politesse soit en réalité un véritable sociopathe. Restait à voir s'il était coutumier de ce genre de plan. Après tout, il aurait très bien pu profiter de Blaze pour mettre à exécution, une vengeance qu'il ruminait depuis longtemps, pour ensuite reprendre une vie normale et bien rangée...hum...peu probable. Il n'y avait pas eu une once d'hésitation lorsqu'il avait ordonné à l'esprit du briquet d'aller cramer femme et enfant. Ça lui était venu comme ça, spontanément, comme si il avait demandé à la jeune fille d'aller lui faire ses courses. Bah des commissions comme ça tu peux m'en donner autant que tu veux !
La rousse se mit à sourire. A l'ombre de l'arbre jouxtant la maison, elle voyait le voisinage accourir en direction de l'incendie qu'elle avait provoqué. Profitez les gars, le spectacle est offert par la maison.
Elle entendit finalement des pas venir dans sa direction. Son maître avait tardé mais la jeune fille en comprit vite la raison. Il y avait des traces éparses de suie et de cendre sur ses vêtements et ses cheveux. Sans doute avait-il voulu voir de ses yeux l'efficacité de Blaze. Ou alors il avait finit par pousser aussi le mari dans le brasier. Eh eh eh...
En tout cas, le jeune homme affichait une expression sereine, nullement horrifié par l'acte qu'il venait d'ordonner. Ce n'est pas les remords qui lui encombraient l'esprit ça c'est certain. Pas plus mal. Blaze n'avait aucune envie de consoler une pleureuse regrettant son ordre abjecte. Même si à terme, il serait sûrement hanté par toute cette histoire, en raison de la malédiction pesant sur le briquet. Mais ça n'arrivera pas tout de suite, amusons nous en attendant...

Reprenant le même ton courtois qu'il avait employé jusqu'à présent, le jeune homme la félicita :

- Vous avez fait un travail parfait. Merci beaucoup pour votre aide. J’espère que vous n’avez pas eu trop de problèmes de votre côté.
La jeune fille fit non de la tête, et esquissa un petit sourire satisfait. En réalité elle était vraiment contente de se voir félicitée pour son travail. Elle n'aurait jamais cru que cela lui procurerait une telle satisfaction, mais à force d'être traitée et objet, elle avait finit par oublier qu'à défaut d'être humaine, elle avait une conscience qui pouvait apprécier les flatterie. Et les compliments du blond semblaient sincères qui plus est.
Attention ma fille à ne pas tomber dans la mièvrerie. T'es quoi là ? Un chien remuant la queue parce que le maître a dit « gentil toutou ? ». Faudrait pas qu'il te berne, comme il berne tout le monde.

Il reprit, toujours en usant de sympathie :

- Je suis désolé, j’ai peut-être été un peu rude pour une première mission… cela ne vous a pas posé souci ? Sinon, je ne vous redemanderais pas de faire ce genre de choses.
Hum...Blaze ne répondit pas tout de suite. Elle cherchait l'entourloupe, le piège, le détail qui cloche. Parce non là c'était vraiment trop beau...vous saisissez l'ironie ? C'est elle qui proposait le contrat de rêve d'habitude, avec la clause en petit caractère...mais là elle se retrouvait face à de l'inédit. Un maître lui donnant des missions étant aussi atroces que lui est sympathique.
Hum...Je marche ou pas...T'as quoi à perdre ? Ma vie...Et on parle d'une vie d'éternelle servitude qui ne peut être rendue plus agréable que lorsque l'on tombe sur des individus de ce type qui ne s'encombre ni de scrupules et de remords. Et des types comme ça, on en croise pas souvent...Merde je signe où ?
Après un petit silence qui dura un peu plus longtemps que d'habitude. Le visage de Blaze se détendit. Elle répondit avec la même sincérité que son interlocuteur.

- Pas le moins du monde...
Elle se redressa et tourna le dos à la rue de sorte que son visage fut empreint du masque que le feuillage de l'arbre posa sur elle. Son expression faciale s'étira dans un grand sourire malicieux. Ses pupilles flambèrent de plus belle. Elle souffla :

- J'ai même adoré ça...
Le blond la regardait d'un air interrogatif. Elle s'approcha un peu plus de lui de sorte qu'elle puisse continuer à parler sans trop élever la voix.

- Vous savez, maître – elle appuya particulièrement sur ce mot – Je ne sais à combien de temps remonte mon existence. J'ai vu passer des milliers de maîtres, des milliers de destins, des milliers de vie qui se finissent toutes pareilles. J'ai vite vue que l'amour et la sympathie ne menaient à rien. De même que les quêtes de richesse et de pouvoir. A terme, la mort nous saisit tous de la même manière. Que l'on soit un pauvre mendiant ou un riche bourgeois. Je suis lasse de tout cela. On obtient rien à vouloir être le plus fort. C'est un jeu auquel j'ai trois joué avec mes précédents maîtres. Alors j'ignore quels sont vos objectifs. Mais sachez que désormais, le seul jeu digne d'intérêt à mes yeux et d'user de ses humains que je connais maintenant trop bien, pour les manipuler, les berner et les user pour mon bon plaisir. Et si tout cela est partagé par mon maître, je ne peux être que la plus heureuse des esprits de feu...
Voilà le contrat. Il est honnête à 99%. Tout en bas en tout petit, se trouve le fait que le briquet est maudit. Tant qu'il ne sait pas, sans doute voudra-t-il marcher avec moi ?
Blaze avait prit de gros risques en dévoilant entièrement ses plus sombres pensées ruminées durant tout ce temps dans l'obscurité de son briquet. Quitte ou double...

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MessageSujet: Re: Fichu karma... [Blaze]   Ven 2 Fév 2018 - 22:51
Blaze parut hésiter avant de répondre, puis son expression se détendit. Elle se tourna de manière à dissimuler son visage à la rue passante et aux éventuels voisins, dévoilant à Michaël un regard pétillant et un sourire empreint de malice, au sens le plus néfaste du terme.

- Pas le moins du monde... J'ai même adoré ça...

Woah. Il espérait qu’elle soit coopérative, mais là, ça dépassait tout ce à quoi il s’attendait. Mentait-elle pour correspondre à ses attentes, où était-il tombé sur une vraie sadique, auquel cas il lui faudra faire sacrément attention ?
Le Serpent laissa échapper un haussement de sourcils surprit ; il avait assez abaissé son masque pour ne pas pouvoir retenir les émotions les plus spontanées. Il considéra la jeune fille, attendant un développement, qui ne tarda pas à venir.

- Vous savez, maître, je ne sais à combien de temps remonte mon existence. J'ai vu passer des milliers de maîtres, des milliers de destins, des milliers de vie qui se finissent toutes pareilles. J'ai vite vue que l'amour et la sympathie ne menaient à rien. De même que les quêtes de richesse et de pouvoir. A terme, la mort nous saisit tous de la même manière. Que l'on soit un pauvre mendiant ou un riche bourgeois. Je suis lasse de tout cela. On obtient rien à vouloir être le plus fort. C'est un jeu auquel j'ai trop joué avec mes précédents maîtres. Alors j'ignore quels sont vos objectifs. Mais sachez que désormais, le seul jeu digne d'intérêt à mes yeux et d'user de ces humains que je connais maintenant trop bien, pour les manipuler, les berner et les user pour mon bon plaisir. Et si tout cela est partagé par mon maître, je ne peux être que la plus heureuse des esprits de feu...

Il chercha un mensonge, la preuve qu’elle ne tenait ce discours que pour lui plaire, mais tout lui parut désespérément vrai. Avait-elle l’habitude de dévoiler ses desseins à ses maitres ? Ce serait plutôt malvenu. Alors pourquoi à lui ? Elle lui faisait suffisamment confiance pour lui confier ce qu’elle retenait depuis longtemps ? Mais sérieusement, qui choisissait de faire confiance au Serpent en connaissant son vrai visage ?
Parce qu’ils étaient un peu pareil. La lassitude en plus pour cette pauvre Blaze. La simple recherche d’un petit bonheur personnel, sans grandes ambitions, sans quête de gloire, mais qui passait par le malheur des autres. Après tout, dans sa condition d’esclave, que pouvait-elle faire d’autre pour conserver son libre-arbitre que d’agir sur l’inconscient d’autrui ? Renverser, l’air de rien, le rapport entre le marionnettiste et le pantin ?
Elle avait fait un grand pas vers lui en lui dévoilant cette part de sa personnalité. Et il choisit de la laisser entrer. Après tout, il la savait manipulatrice désormais, tout comme elle le savait  bon menteur ; chacun est au courant de quoi il doit se méfier. Pour le reste… ils devraient plutôt bien s’entendre, s’ils prenaient le risque de s’ouvrir un peu plus.  


Michaël lui adressa un sourire d’une franchise qu’il ne se connaissait pas beaucoup.

- Ça me fait plaisir de vous entendre dire cela. Mes objectifs sont plutôt modestes mais si vous avez apprécié le cas du bouledogue, je pense que vous allez continuer à vous amuser. Si vous le voulez bien, manipulons, bernons et usons des gens ensemble !

Un détail lui revint en mémoire. Elle avait beaucoup appuyé sur le « maitre ». Ce titre ne lui convenait pas du tout ; qui pouvait être assez bouffit d’orgueil pour vouloir se faire appeler ainsi ?

- Et ce n’est pas la peine de me donner du « maitre » ; je m’appelle Michaël. Michaël Zamenis.

A cet instant, un grand fracas leur parvint à travers la fenêtre la plus proche –celle de la cuisine. Impossible de voir ce qu’il se passait dans la pièce à cause des rideaux, aussi l’angoisse serra-t-elle la poitrine de Michaël et tira les traits de son visage sans qu’il ne prenne la peine de la dissimuler. Avec la réactivité d’une mère entendant son bébé pleurer, le jeune homme ouvrit la porte d’entrée et se dirigea à grands pas vers la cuisine.
Il est arrivé quelque chose à Den, Den a dû tomber il s’est peut être blessé comme la dernière fois, et ce fracas d’autres choses sont tombées avec lui faites que ce ne soient pas les couteaux dans le premier tiroir ou les assiettes dans le placard du haut pas les couteaux ni les assiettes s’il vous plait.
La première chose qu’il vit en entrant dans la pièce fut le fauteuil roulant de Denitry laissé à l’abandon, puis enfin son frère assit par terre, entouré de la quasi-totalité du contenu d’un placard au-dessus du plan de travail. Un profond soulagement saisit le jeune homme en voyant que la majorité des objets étaient inoffensifs et le garçon ne semblait pas blessé.

- Den ?! Est-ce que ça va ?

L’adolescent se tourna vers lui, surprit de le voir là, puis leva les mains en un geste d’apaisement.

- C’est bon, je n’ai rien. Je ne me suis pas fait mal. Je suis désolé, j’ai tout fait tomber, j’ai pas fait exprès… Et toi, qu’est-ce qu’il t’es arrivé ?

Il fallut une demi-seconde à Michaël pour comprendre de quoi il parlait, avant de se souvenir qu’il était couvert de suie et sentait certainement le fumoir à jambon.
Devait-il broder une histoire de toute pièce ? Mauvaise idée. Nelly était au courant de tout ce qu’il se passait dans le quartier, elle en parlera à Denitry la prochaine fois qu’elle viendra s’occuper de lui, c’était sûr et certain. Autant partir sur une semi-vérité, plus prudente.

- Il y a un incendie dans le voisinage, je suis allé voir si je pouvais aider, mais il y a déjà beaucoup de monde, je ne pouvais pas faire grand-chose de plus.
- Personne n’est blessé ? s’inquiéta l’adolescent.
- Pas que je sache, j’espère que non… Mais ne change pas de sujet, Denitry Zamenis ! Tu sais que tu dois me demander ou m’attendre quand les objets sont trop hauts. J’ai mis tout ce dont tu as besoin à ta portée, à cause de la dernière fois. Pourquoi est-ce que tu récidives ? gronda gentiment Michaël.
- J’avais besoin du livre de recettes que nous a donné Madame Nelly, pour un de mes bouquins… Il y a un personnage qui cuisine…

Le jeune homme jeta un coup d’œil au bazar gisant sur le sol avec un petit soupir désapprobateur. Son frère baissa la tête piteusement. Quelques mois à peine après l’accident qui prit les jambes de Denitry, le garçon avait essayé de prendre des friandises dans un placard en s’appuyant sur le plan de travail, exactement comme il venait de le faire aujourd’hui ; et comme aujourd’hui, il était tombé, mais s’était de surcroit ouvert le menton sur le plan de travail. Michaël l’avait retrouvé par terre, le visage ensanglanté et pleurant toutes les larmes de son corps, non par pour s’être mangé une plaque en chêne massif, mais parce qu’il n’avait pu attraper un objet à 1,50m du sol. Il fut tellement peiné par la souffrance de son frère qu’il perdit toute envie de le disputer (le bocal à bonbons n’était pas rangé en hauteur pour rien). Ce fut un des évènements qui les rapprocha le plus. Michaël put enfin apaiser une douleur physique, lui qui ne pouvait rien contre la souffrance qui rongeait le dos de son frère. Il l’avait porté sur ses genoux pour soigner la plaie de son menton, dont Denitry gardait toujours une petite cicatrice. Il l’avait consolé, serré dans ses bras, l’avait fait rire, et avait mangé avec lui l’intégralité du bocal à bonbons en lisant des romans illustrés.

- Et avec tout ça, tu n’as même pas réussit à mettre le bouquin par terre… Allez, prend-le.

Michaël saisit son frère sous les aisselles et le porta à hauteur du placard pour le laisser attraper le livre. Il préférait cette méthode plutôt que de lui donner directement les objets, même si au final Denitry avait toujours besoin de lui. Son frère brandit l’objet de sa quête, triomphant, avant de le poser sur le plan de travail. Quand Michaël se tourna pour l’aider à se rassoir dans son fauteuil, il se rendit compte que Blaze l’avait suivi et se tenait dans l’encadrement de la porte.
Oh merde. Il va falloir que j’explique à Den qu’une fille va vivre avec nous.
Pendant une seconde, son regard croisa celui de l’esprit de feu et cette pensée se lut parfaitement sur son expression en un instant de surprise gênée. Heureusement, Denitry n’avait pas encore vu Blaze. Le jeune l’orienta de manière à ce qu’elle sorte définitivement de son champ de vision et demanda, perplexe :

- Tu n’aurais pas grandi, toi ? Fais voir !

Habitué à la manœuvre, l’adolescent posa les mains sur les épaules de son frère pour le soulager un peu de son poids et regarda ses pieds pour vérifier qu’ils soient bien à plat au sol, comme s’il se tenait debout, avant de redresser la tête.
Il pouvait lui dire que Blaze habitait dans la maison qui brûlait dans le voisinage et qu’elle resterait chez eux le temps de trouver un nouveau foyer… Mais là encore, Nelly entrerait en jeu et dévoilerait la supercherie en disant que la maison n’abritait qu’un couple et un petit garçon.

- Mais si tu as grandi, regarde ! Tu m’arrives sous le nez maintenant, tes cheveux me chatouillent.

Ne pouvant le tenir plus longtemps à bout de bras, il le serra contre lui. Denitry passa les bras autours de son cou pour l’aider. Il était à la fois lourd et très léger. Petit, frêle, mais inexorablement attiré vers le sol.
Il ne voyait qu’une solution pour expliquer la présence de Blaze chez eux, et ce n’était pas la plus plaisante, surtout qu’il n’avait pas pu prévenir l’esprit de feu avant. Ça allait être une sacrée comédie, et il ne pouvait qu’espérer qu’elle jouerait le jeu.

- Dis, Michaël… dit le cadet Zamenis à son oreille d’un ton hésitant. J’ai pas osé le dire tout à l’heure parce que je n’étais pas sûr, mais maintenant que je suis près de toi, c’est évident… Tu as maigri, tu sais ? Tu devrais faire un peu plus attention à toi.

La remarque le toucha de plein fouet. Denitry s’inquiétait pour lui ? Alors qu’il avait sérieusement songé à le tuer à peine une heure plus tôt ? S’il s’inquiétait pour lui, cela signifiait qu’il l’aimait. Le Serpent ne pensait pas mériter l’affection de son frère, mais c’était ce dont il avait le plus besoin dans sa vie de salaud sous un visage d’ange.
Le cadet Zamenis avait raison cependant ; durant les dernières semaines, lorsque le Serpent se trouva privé de sa Clé, la nourriture n’avait pas fait partit de ses priorités. Il tenait à peine à vivre, alors se nourrir…

- C’est vrai, je ferais attention … De toute façon Nelly ne me laissera pas le choix, elle va me gaver comme une oie quand elle s’en apercevra.

Denitry éclata de rire à cette plaisanterie qui contenait beaucoup de vérité ; Michaël se préparait mentalement à crouler sous les petits plats dont ils auraient interdiction de laisser la moindre miette. Il installa son petit frère dans son fauteuil roulant et s’agenouilla face à lui pour poser les mains sur ses jambes inertes.

-Ecoute, c’est important. Il faut que je te présente quelqu’un.


Sa voix trembla un peu, tout son corps était légèrement tendu entre joie et appréhension, comme lorsque l’on s’apprête à dévoiler une surprise sans savoir si elle va plaire ou non. Denitry lui jeta un regard perplexe, puis remarqua enfin Blaze qu’il considéra avec surprise ; il ouvrit la bouche pour la saluer, hésita, puis décida de laisser faire Michaël avant de dire quoi que ce soit. Le Serpent se releva et adressa à l’esprit de feu une moue contrite.

-Excuse-moi Blaze, je t’ai complètement laissée de côté, mais je me suis inquiété quand j’ai entendu Den tomber.

Son expression désolée changea, il la couvrit d’un regard chargé d’une profonde affection. Il vint à côté d’elle et passa tendrement un bras autour de ses épaules.

- Den, je te présente Blaze, commença le jeune homme d’un ton doux. C’est ma petite amie. Blaze, voici Denitry, mon petit frère.

Et voilà. Le point de non-retour. Le moment où il se mettait dans un innommable merdier, où le pire pouvait arriver et où il lui serait très difficile de retomber sur ses pattes si quelque chose venait à briser son mensonge. Quelque chose comme Blaze qui s’insurgerait.
Il exerça une légère pression sur le bras de la jeune fille en une supplique muette. Il n’osait même pas regarder son visage. Celui de Denitry exprimait un ravissement et une stupeur sans borne.

- QUOI ? Mais pourquoi tu ne me l’as pas dit plus tôt ?
- C’est tout récent, Den. On s’est rencontré pendant les trois dernières semaines où je faisais ma tournée de vente à Necis. Et je voulais te l’annoncer quand Blaze serait là.

Quelques informations glissées à Blaze, l’air de rien. C’était le mieux qu’il puisse faire.
Denitry tourna vers la jeune fille un visage émerveillé, curieux, attendant une confirmation, des détails, souhaitant sincèrement découvrir qui était la nouvelle petite amie de son frère.
Pitié le feu-follet, aide-moi. Entre dans le jeu.


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Fichu karma... [Blaze]

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