Petit humain, mais qu'as-tu fait ? Ouvrir ce livre, pris de curiosité ! Quelle grave erreur, car dès maintenant, les contes te garderont pour eux !
La seule manière de t'en sortir, c'est de te battre et survivre. [RPG Survival Conte&Humain]

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 Le premier vol est une aventure![ft. Yui Tamaki] [Abandonné]

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MessageSujet: Le premier vol est une aventure![ft. Yui Tamaki] [Abandonné]   Mar 14 Oct 2014 - 13:37
Je volais. Aussi simple que cela pouvait paraitre, j’étais en train de voler au-dessus du monde. Tout était minuscule et simplement… minuscule. J’amorçais une descente. L’image que je percevais par mes yeux s’agrandissait comme si elle subissait un zoom d’appareil photo. La terre d’un champ fraichement retourner était toute proche. Tellement proche que je pourrais la toucher de mes ailes, et pourtant tellement loin que cela n’arrivera jamais. Des ailes ? Bon, c’est normal, pour voler, il faut généralement des ailes. Je jette un coup d’œil sur ses fameuses ailes. Elles battaient d’un rythme régulier, sans empressement, mais de manière assez soutenus. De longues ailes étroites et pointues de couleur fauve, mouchetés de noires, une queue roussâtre aux rayures foncées. J’ai reconnu immédiatement le plumage d’un faucon crécerelle, tellement caractéristique de chez moi. D’ailleurs, où est-ce que je suis ? J’examinais les alentours. Il n’y a rien. Enfin, façon de parler. Il y a un champ à perte de vue. Peu importe la direction que j’observais. Perdu au milieu de nulle part. Cette sensation de ‘‘déjà vu’’ m’ais désagréablement familière. Tout à coup, je me mis à foncer vers le sol. J’essayais de battre des ailes pour redresser la barre mais plus rien ne m’obéissais. Je fermais les yeux.

Je rouvris les yeux. J’aperçois la cime des arbres. Je me redressais, m’attendant à sentir une douleur due à la chute que j’avais faite, mais rien ne vient.

«Encore un rêve…», soupirais-je.

Mais j’étais contente, celui-là parlait de faucon, qui est un rapace très commun et mignon dans son genre. Même s’il ne valait pas vraiment les aigles, qui sont de bien plus gros prédateurs des cieux. Assise en tailleur, j’observais les alentours. J’étais toujours dans la forêt. Donc ce n’est pas un autre rêve mais bien la réalité.

«Je fais quoi maintenant ?», disais-je en regardant encore une fois ce que m’offrais la forêt.

Je décidais de prendre la route et de voir si je pouvais trouver autre chose ailleurs. Avec un peu de chance, je pouvais croiser quelqu’un. Ou quelque chose.

«Après tout, je ne sais pas où je suis tombé», affirmais-je.

Je me relevais, époussetais mon jogging gris, récupérais mon arc et mon carquois et me mis en marche. Je marchais depuis quelque minute déjà. Je suivais les sentiers que les animaux avaient tracé. Je reconnaissais des empreintes de lapins, de biches et d’autres animaux que l’on trouve classiquement en forêt. C’était déjà un bon point car ce sont des animaux que je connaissais et cela signifiait que je pourrais chasser pour ne pas mourir de faim. Le seul problème qui subsistait, c’était que j’étais incapable de dépecer un animal et encore moins de faire du feu. J’aurais dû m’inscrire à un de ses clubs de vacances sur la survie. Je ne doutais pas sur le fait que je pourrais toucher ma cible, mais cela restait un vrai problème. Je regardais les alentours. La quantité d’arbre ne semblait pas diminuer. Pire, cela s’accroissait. Cela devenait de plus en plus dense et sombre.

«Je ferais peut-être mieux de faire demi-tour, car il semblerait que ce ne soit pas le bon chemin pour arriver à l’orée de la forêt…», remarquais-je.

Je revenais sur mes pas, dans le sens opposer à cette forêt obscure. La lumière revenait peu à peu à sa clarté d’avant. Tout à coup, j’entendis un bruit proche de moi. Ma réaction fut immédiate. Je pris mon arc et encocha une flèche. Mon cœur battant à toute allure… et tellement bruyant ! Je pensais que l’on pouvait m’entendre à des kilomètres à la ronde. L’attente, intenable, fut récompensée par un mouvement furtif sur le côté d’un buisson. Il s’agissait d’un lapin. Ce lapin m’avais fichu la plus belle frousse de ma vie. Je visai et tirai. Le lapin reçu la flèche en plein œil. Il mourut sur le coup. J’étais contente de moi d’avoir réussis à le tuer dès la première tentative. Je m’approchais du lapin mort. Il était plutôt gros. Je m’agenouille pour lui enlever la flèche.

«Désolé pour ça, petit lapin, mais c’est pour que je puisse survivre», lui chuchotais-je.

Je tire la flèche d’un coup franc, sans éclaboussure.


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MessageSujet: Re: Le premier vol est une aventure![ft. Yui Tamaki] [Abandonné]   Jeu 30 Oct 2014 - 16:50
Que faire désormais ? Où aller ? Le hasard était-il son allié ?

Toutes ces questions se répétaient sans cesse dans l’esprit de la Dragibus tandis que ses pas la menaient sur les sentiers de montagnes. Parfois, la forêt l’entourait de toute part. Gibiers, insectes, baies, fleurs... A chaque fois que l’un de ces éléments entrait dans son champ de vision, une nouvelle question : devait-elle s’en emparer ? Serait-ce utile à sa survie ? Ses préoccupations avaient été modifiées dernièrement. Comme si aider les autres était passé au second plan. Survivre avant tout et ensuite tendre la main. Seulement cette action lui semblait plus dure, plus difficile à supporter. Elle changeait. Ce monde la faisait évoluer. En bien ? C’était la question qu’elle pouvait se poser. Son Ombre, elle, avait déjà tranché et ce n’était pas en faveur de l’optimisme. Mais peu lui importait. Son errance finirait bien par lui apporter les réponses qu’elle souhaitait. Et puis, désormais, survivre lui paraissait à sa portée grâce aux leçons de la chasseresse. Les raisons de s’inquiéter n’en étaient que plus faibles encore.

Certains s’ennuient de la solitude. Ils ne parviennent pas non plus à se faire à l’idée de s’éloigner de toute trace de civilisation. Comme si les bois étaient plus dangereux que la ville... Statistiquement, ce ne pouvait être que l’inverse ! Si les populations se concentrent dans les "métropoles", c’est aussi là que les cibles seront les moins méfiantes et les plus nombreuses. Enfin, c’était la façon de penser de la Dragibus. Une vision de la vie qu’elle ne souhaitait pas partager. Moins elle serait connue et plus il serait aisé de continuer son existence ainsi, seule au milieu d’une nature sauvage et généreuse.

Des bruits de pas un peu plus loin interrompirent ses réflexions. Yui n’avait que rarement croisé d’humains au sein même de la forêt, hormis la Chasseresse, mais pour celle-ci, les arbres représentaient davantage une maison que n’importe quelle construction... En tout cas, c’était ainsi que le voyait la japonaise. Qui était-ce si ce n’était pas son mentor ? Parce qu’il ne faisait aucun doute que ce n’était pas elle. Si ça avait été le cas, la Dragibus n’aurait jamais pu déceler ce son. Un étranger ou une étrangère avait donc pénétrer ces lieux. Volontairement ? Cela lui paraissait peu probable, mais après tout, n’était-ce pas ce qu’elle avait fait de son côté ? Mettant de côté ce questionnement, la jeune femme reprit sa marche, plus silencieusement qu’auparavant, essayant de se rapprocher de sa "cible" sans se faire repérer. Après un moment – et aussi quelques changements de directions – elle aperçut un éclair gris. Quelques minutes à peine passèrent quand un bruissement de feuille lui indiqua que, quelque part, un lapin fuyait. Pas pour longtemps. Sifflement. Son mat. C’en était terminé de ce pauvre animal. L’inconnu n’était donc pas n’importe qui. Il possédait une adresse au tir. C’était une bonne indication avant de se dévoiler.

Profitant de l’arrêt nécessaire au "ramassage" de la proie, Yui se rapprocha rapidement pour se tenir à une dizaine de mètres de celle qu’elle pistait. Parce qu’elle pouvait désormais affirmer que c’était une femme qui se tenait là-bas, agenouillée. Ses vêtements lui parurent familiers, sans doute se trouvait-elle face à une lectrice. A moins que ce ne soit un de ces habitants de Queer Tales pris de passion pour leur monde et affectionnant ces morceaux de tissus taillé différemment des leurs. Ce n’était pas possible de le deviner pour le moment. Lorsqu’elle vit le bras se retirer brutalement, un trait à la main, la Dragibus décida de se montrer. Pas totalement, préférant éviter de prendre une flèche juste pour avoir surpris une paranoïaque. Appuyée contre un tronc, elle laissa sa voix s’envoler, avec l’assurance d’un rapace, mais peut-être pas sa majestuosité.

« J’espère que vous avez de quoi faire du feu, la viande de lapin crue n’est pas ce que l’on fait de mieux par ici... »

Immobile, Yui le demeura. Autant ne pas l’effrayer plus que sa présence ne le ferait déjà. Elle attendit simplement une nouvelle parole. Ou peut-être un acte, mais en espérant que si l’autre bougeait, ce ne serait pas pour venir l’étriper. Elle n’était pas certaine d’avoir la dextérité nécessaire pour attraper son arc et décocher une flèche avant qu’elle ne soit sur elle... Mais l’heure n’était pas à l’affrontement. Pas encore. Et peut-être jamais, c’était là son plus grand désir.
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MessageSujet: Re: Le premier vol est une aventure![ft. Yui Tamaki] [Abandonné]   Ven 31 Oct 2014 - 0:33
Ma flèche dans la main droite, j’observais quelques instants le lapin défigurer par mon action précédente. Au moment où je tendais ma main gauche pour le saisir, une voix confiante s’éleva dans la forêt.

« J’espère que vous avez de quoi faire du feu, la viande de lapin crue n’est pas ce que l’on fait de mieux par ici... »


Je me retourne d’un bloc, ma flèche au poing, regardant de tous les côtés, cherchant d’où pouvait bien provenir cette voix des plus inattendus en ce lieu. Ma main se glissait instinctivement vers mon arc posé à mes côtés lorsque j’aperçus une silhouette adosser contre un arbre, suspendant mon action.
C’était une silhouette humanoïde, même si elle était partiellement cacher par le tronc de l’arbre. En regardant plus attentivement, je discernais un corps plutôt fin, habillé d’une jupe sombre avec un haut clair. Je devinais aisément que c’était une fille. Elle ne bougeait pas d’un poil, mais j’en déduisais qu’elle attendait ma réaction à son interpellation.
Elle était à une distance que j’appellerais respectueuse, assez proche pour pouvoir m’observer, mais assez loin pour pouvoir prévenir de tout danger pouvant provenir de ma part. Donc elle ne me faisait pas confiance, ce qui est parfaitement compréhensible.
Moi-même j’hésitais à m’approcher. D’autant plus que je venais d’apercevoir qu’elle portait, elle aussi, un arc. La méfiance que j’éprouvais se rehaussa de quelques peu. Mais la voyant toujours ne faire aucun geste, la tension dans mon corps se radoucit. Le fait de savoir que je n’étais pas mise en joue par la fille me rassura. Suffisamment, pour que ma langue se délie.

« Chez moi non plus ! », répliquais-je, avec un petit sourire.

J’arrache une poignée d’herbe pour essuyer la flèche, puis range celle-ci dans mon carquois. Je me relevais finalement en position debout, les mains bien en évidences.

« L’ennui, c’est que je ne sais pas faire du feu… », disais-je en me pliant en deux.

Je saisissais la dépouille de l’animal par les oreilles, puis je me redressais encore une fois.

« Et encore moins dépecer un animal ! », en tenant à bout de bras l’animal mort.

Je veillais à ne pas faire de gestes trop brusque, sans pour autant me faire paraître faible, apeurer. Même si je n’en menais pas large, j’essayais de présenter une personne sure d’elle. Je me souvenais qu’elle avait dit ‘‘par ici’’, donc la conclusion s’imposait.

« Tu sembles connaître les environs, donc je pourrais en déduire que tu sais comment faire ? Si c’est le cas, j’aimerais bien que tu me l’enseignes. En échange, on pourrait manger ce lapin ensemble… Qu’en dis-tu ? »


Je lui proposais cela, espérant qu’elle serait d’accord. Car si elle est vraiment d’ici, elle pourrait surement m’en faire apprendre plus sur l’endroit où j’avais atterrie. Et peut-être un moyen pour retourner chez moi. J’attendais patiemment une réponse ou un geste de sa part. Puis je pensais à quelque chose de tout simple, tellement bête et pourtant si importante lorsque l’on rencontre quelqu’un pour la première fois.

« Au fait, je m’appelle Abygaelle Bower. Mais on me surnomme Abby. Et toi ? »

C’était une simple présentation, mais elle possède son importance, surtout pour la sociabilisation qui permettrait de recueillir des informations.
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MessageSujet: Re: Le premier vol est une aventure![ft. Yui Tamaki] [Abandonné]   Lun 24 Nov 2014 - 14:57
Les premières répliques de son vis-à-vis effacèrent les derniers doutes quant à son identité. Yui avait bien affaire à une lectrice, elle en était persuadée. Bien sûr, l’erreur était possible, mais qui dans ce pays aurait l’idée incongrue de se balader loin de tout, sans vivres et sans même savoir comment se nourrir dans la nature. Ce n’était d’ailleurs pas son unique problème, sans feu, les nuits pouvaient être froides et les animaux plus aventureux... Après, cette inconnue pouvait aussi faire partie de ces personnes inconscientes du danger avant de s’y trouver confrontée. La Dragibus en apprendrait peut-être davantage par la suite pour arrêter complètement sa réflexion.

En attendant, elle préférait observer. S’amuser à voir ces gestes lents, comme si elle était un animal sauvage que l’on avait peur d’effrayer... Ou peut-être était-ce plutôt la peur d’être attaqué ? Les deux solutions pouvaient se vérifier mais peu importait le véritable sens de ses actes. Dans ces bois, il serait facile à la japonaise de disparaître en cas de danger. D’ailleurs, si tel était le cas, elle parviendrait sans doute à survivre. Les leçons de la Chasseresse bien ancrées dans son esprit lui permettraient. Malgré cette confiance en ses capacités, Yui resta à moitié à couvert. La prudence restait le maître mot à Queer Tales. Surtout quand une inconnue s’autorisait autant de familiarité dès une première rencontre. Même sa proposition, certes sympathique, faisait monter en elle l’appréhension. Une minute passa avant que son interlocutrice continue son monologue. Pendant tout ce temps, Yui l’évaluait rapidement. Finalement, elle parvint à la conclusion que montrer comment débiter un animal pouvait être faisable sans trop grand danger. Surtout que le couteau serait dans sa main, pas la sienne...

Elle se laissa donc voir complètement avant d’approcher à pas lents de la jeune fille.

« On me nomme parfois Ardath. »

A deux mètres, la Dragibus s’arrêta et montra du doigt les pierres un peu plus loin.

« Si vous voulez bien me ramasser ces pierres, nous allons en avoir besoin. Il y a une clairière un peu plus loin, ce sera plus simple pour établir un camp. Et pas besoin d’échanger, j’ai suffisamment de nourritures sur moi, vous feriez mieux de vous rationner, la première ville n’est pas toute proche. »

Sans ajouter un mot de plus, elle reprit la marche en direction du Nord, là où se trouvait le lieu qui l’intéressait. Une fois cet enseignement dispensé, Yui savait qu’elle devrait indiquer la route menant vers une des cités du royaume. Peut-être que l’envoyer vers Candis serait la meilleure solution pour commencer. Là-bas, elle trouverait, en outre, les renseignements qui l’aideront à comprendre ce monde et, avec un peu de chance, y survivre.

Jetant un regard en arrière, elle constata que la jeune fille n’était plus qu’un petit point à travers les arbres. La suivrait-elle vraiment ou non, elle l’ignorait, et à vrai dire, cela ne la préoccupait guère. Une fois arrivée, elle s’installerait pour la nuit, quoi que l’autre fasse. Sur son chemin, elle commença à glaner brindilles et autres combustibles dans l’optique d’un feu réconfortant. Lorsqu’elle pénétra dans la clairière, les souvenirs de son apprentissage lui revinrent en mémoire. Mais ce n’était pas là ce qui l’avait poussée à revenir. Non, c’était plutôt la présence de la petite cascade apportant l’eau nécessaire pour laver la viande, voire elle-même le lendemain matin. Elle entassa son butin près de l’eau et s’assit là, son arc près d’elle en attendant qu’Abby la rejoigne. Une fois fait, elles pourraient s’atteler à la tâche qui les intéressait particulièrement...
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MessageSujet: Re: Le premier vol est une aventure![ft. Yui Tamaki] [Abandonné]   Dim 30 Nov 2014 - 23:41
J’attendais tous simplement, sans un geste, presqu’en retenant mon souffle. Et mon cœur qui semblait jouer de la percussion au rythme des bruits de la forêt. La fille en face m’observait toujours. D’une certaine manière, j’avais l’impression d’être un objet insolite dans un endroit où je n’aurais pas lieu d’être… Bon, j’avouais que je devais faire un peu tache dans cette forêt et que je n’avais pas vraiment une tête de campeuse. Soudain, j’eus une sueur froide : et si elle ne parlait pas ma langue ?
Un mouvement attira mon regard. La fille se déplaçait dans ma direction, lentement mais surement. Plus elle se rapprochait, plus mon cœur s’emballait, à tel point que je pensais n’être pas loin de la crise cardiaque. Au fur et à mesure qu’elle s’approchait, je pus l’examiner plus distinctement. Elle portait bien une jupe sombre, un chemisier blanc et un nœud papillon rouge.
De long cheveux bruns et une frange lui cachaient quelque peu ces yeux. Ce détail m’énervait un peu car c’est dans le regard des gens qu’on découvre le plus souvent des réponses à nos questions.

« On me nomme parfois Ardath. »

La fille avait parlé… Et dans une langue que je connaissais en plus ! Si j’étais dans un monde où il y avait un autre dialecte, j’aurais été vraiment mal. Par contre, ce nom ‘‘Ardath’’ était un peu bizarre… Et puis, c’était quoi se ‘‘on me nomme parfois’’ ? C’était un genre de surnom ? Bon, on moins, j’ai un nom pour pouvoir m’adresser à elle. Elle était à présent assez proche de moi pour qu’en une enjambée je sois à côté d’elle. Sauf qu’elle s’arrêta là. Elle tendit le bras sur le côté, ce qui me fit sursauter, pointant du doigt un amas de cailloux.

« Si vous voulez bien me ramasser ces pierres, nous allons en avoir besoin. Il y a une clairière un peu plus loin, ce sera plus simple pour établir un camp. Et pas besoin d’échanger, j’ai suffisamment de nourritures sur moi, vous feriez mieux de vous rationner, la première ville n’est pas toute proche. »

Puis elle fit demi-tour, et s’enfonça dans la forêt. Je la regardais s’éloigner, réfléchissant à ce qu’elle venait de dire. Elle venait de me demander de ramasser des pierres, mais pour quoi faire ? Ah si, je croyais savoir pourquoi : dans les films, les feux de camp étaient souvent délimité par des pierres.
De peur de la perdre de vue, je m’empressais de ramasser des cailloux de grosse taille pour pouvoir faire un cercle de pierres plutôt pas mal. Ma récolte faite, je m’enfonçais dans la direction qu’Ardath avait prise.
Après quelques minutes de marche, j’arrivais dans une clairière, où s’écoulait un petit ruisseau, surmonté d’une cascade. La fille était assise au bord de l’eau, un petit tas de branches reposant à ses côtés. Je m’avançais clairement dans sa direction, faisant un maximum de bruit afin qu’elle prenne note de ma présence. Je déposais les cailloux à côté du tas de branches puis je m’asseyais moi aussi.
Je regardais quelques instants autour de moi, observant ce nouvel endroit. L’atmosphère qui y régnait était calme, avec le clapotis de l’eau de la rivière et le bruit du vent dans les arbres.

« Joli coin ! », m’exclamais-je en sifflant d’émerveillement.

Je tournais la tête en direction d’Ardath. Je la regardais quelques instants, cherchant à décrypter son humeur. Elle semblait d’un naturel calme au premier abord, mais rien ne peut être confirmé tant que l’on ne vit pas quelque temps en la compagnie d’une personne. Je le savais mieux que quiconque. Quelque chose me disait pourtant que je pouvais me fier à elle. Mon instinct m’avait rarement fait défaut lorsqu’il s’agissait de juger une personne. Il m’était arrivé une ou deux fois de ne pas être sure, mais dans ces cas-là, je préférais m’éloigner de cette personne. Je pris une inspiration.

« Et qu’est-ce qu’on fait ensuite ? », demandais-je, impatiente d’en apprendre un peu plus.


Dernière édition par Abby Bower le Mar 10 Mar 2015 - 14:24, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le premier vol est une aventure![ft. Yui Tamaki] [Abandonné]   Dim 11 Jan 2015 - 17:20
Lorsqu’enfin la jeune fille arriva, ce fut avec la discrétion d’un pachyderme marchant sur des œufs. Craquements sur craquements, vibrations du sol... Peut-être avait-elle peur de surprendre la Dragibus et de recevoir une flèche ? Si tel était le cas, son erreur pouvait être moitié pardonnée. En tout cas si ce vacarme n’attirait aucun "prédateur" près de leur lieu de campement. Dans le cas contraire... Il n’était pas toujours bon de penser à ce que donneraient les pires prévisions et Yui observa donc sa protégée en silence. Une fois à sa hauteur, celle-ci se devint muette, observatrice. Une bonne chose pensa la japonaise. Elle repérait sans doute tous les avantages de cette position. C’était en tout cas de cette manière qu’elle-même, suivant l’enseignement de Myia, avait essayé de réagir et non pas...

« Joli coin ! »

De cette façon-là... Yui laissa échapper un léger soupir de dépit. Extérioriser ainsi ce qu’elle ressentait ne faisait pas partie de sa nature. C’était d’ailleurs une chose qui l’exaspérait souvent. Un peu comme son entourage devait l’être en ne la voyant pas réagir à ce qui l’entourait. Mais c’était sans importance. Elles n’auraient pas à passer des jours ou des semaines ensemble, le temps de lui apprendre le b.a.-ba puis de lui indiquer la direction de Candis où les réponses à ses questions seront nombreuses. Mais en attendant. En même temps qu’Abby posait la question, la Dragibus commença à former un cercle de pierre, ni trop grand ni trop petit.

« Eh bien, on délimite le foyer du feu dans un premier temps, ce serait ennuyeux de mettre le feu à un si bel endroit. Même si, évidemment, ce n’est pas là l’atout majeur de ce lieu mais plutôt la proximité de toutes les ressources essentielles à la survie : forêt et eau. La première pour le bois mais aussi les baies et la faune. La seconde parce qu’elle est indispensable, pour nous comme pour les animaux qui s’aventureront peut-être dans les environs et que nous pourrons éventuellement chasser. »

Son ton ne s’était ni élevé, ni même modifié. Une voix plate, sans grandes intonations. Pourtant, c’était belle et bien une remontrance discrète que ses paroles. Une argumentation contre cette réaction qu’elle jugeait déplacée. Humaine, oui, mais la Dragibus ne l’appréciait pas. Elle espérait qu’ainsi, au moins en sa présence, Abby ne s’y adonnerait plus. En dehors de ces moments, peu lui importait son insouciance et son exubérance, ce n’était pas comme si elles étaient proches... Personne ne l’était vraiment ici. C’était la sensation qu’avait Yui. Il était impossible de savoir si son meilleur ami n’allait pas trahir pour sa survie. Vivre à tout prix était un peu la devise de Queer Tales. Ou, tout du moins, c’était ainsi qu’elle le percevait.

« Il faut ensuite utiliser des brindilles et quelques feuilles ou de l’herbe séchées pour démarrer le feu. Une fois lancé seulement, il faut ajouter les branches qui le feront durer. »

En parlant, elle ferma le cercle de pierre et tria le bois le plus fin qu’elle plaça au centre du futur foyer. Pendant ce temps, Yui espéra que la jeune fille ferait de même avec les feuillages.

« Une fois fait, il faut allumer. Si vous avez de la chance, vous avec des allumettes ou un instrument quelconque permettant de produire une flamme. Si ce n’est pas le cas, il vous reste les silex ou le bâton qui tourne, nom assez ridicule, mais ça donne bien l’image de ce que ça donne. Que préférez-vous tester ? »

Pour la première fois depuis le début de cette "leçon", Yui posa les yeux sur sa protégée. Un regard vide de réels sentiments comme pour s’assurer qu’elle était bien accompagnée et écoutée.  
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MessageSujet: Re: Le premier vol est une aventure![ft. Yui Tamaki]   Lun 12 Jan 2015 - 21:15
Ardath se mit à faire  un cercle avec les cailloux que j’avais ramassés.
Pendant qu’elle s’activait, je l’observais consciencieusement et j’écoutais son explication :

« Eh bien, on délimite le foyer du feu dans un premier temps, ce serait ennuyeux de mettre le feu à un si bel endroit. Même si, évidemment, ce n’est pas là l’atout majeur de ce lieu mais plutôt la proximité de toutes les ressources essentielles à la survie : forêt et eau. La première pour le bois mais aussi les baies et la faune. La seconde parce qu’elle est indispensable, pour nous comme pour les animaux qui s’aventureront peut-être dans les environs et que nous pourrons éventuellement chasser. »

Je ne sais pas pourquoi mais je discernais comme une marque de reproche dans la manière dont elle avait formulé ses phrases. Je la dévisageais avec attention, cherchant un indice sur son visage. Mais ces yeux n’étaient toujours pas visibles et son visage restait de marbre. Puis je l’observais dans ces gestes, qui étaient fluides et très sûrs. Aucune marque d’hésitation. M’étais-je trompé ? Ou était-elle assez habile pour ne pas le montrer ?

« Il faut ensuite utiliser des brindilles et quelques feuilles ou de l’herbe séchées pour démarrer le feu. Une fois lancé seulement, il faut ajouter les branches qui le feront durer. »

Ardath avait fini le cercle de pierres et installait les petites brindilles au milieu de ce cercle. Ne la voyant pas prendre les feuilles dont elle avait parlé, je pris la décision de le faire moi-même et je disséminais quelques feuilles par-dessus les brindilles.
Je n’étais pas sure d’avoir bien fait mais ne voyant aucune réponse d’insatisfaction du côté de la jeune fille, j’en déduis que c’était pas mal. Quoique… Si elle ne montre aucune réaction quoi qu’on fasse, je n’étais guère plus avancé.

« Une fois fait, il faut allumer. Si vous avez de la chance, vous avec des allumettes ou un instrument quelconque permettant de produire une flamme. Si ce n’est pas le cas, il vous reste les silex ou le bâton qui tourne, nom assez ridicule, mais ça donne bien l’image de ce que ça donne. Que préférez-vous tester ? »

Donc voilà la partie la plus difficile… N’ayant pas d’allumette sur moi, je devinais sans mal que je devais apprendre à faire du feu à l’aide d’autre chose. J’avais quelques notions sur le fait que l’on pouvait utiliser du bois ou des cailloux grâce à ma prof d’Histoire/Géographie, l’une des seules à accepter mon arc en classe car elle-même pratiquait le tir à l’arc.
Je me posais une question des plus simples : je n’étais pas sure de me trouver dans une forêt à tous les coups que je me déplaçais quelque part. Si je me trouvais dans un endroit sans arbres, et donc sans bois, genre une carrière de pierre, je ne pourrais pas utiliser la technique du bâton qui tourne, mais plus celle du silex. Et inversement.

Je relève la tête alors que je sortais de ma réflexion, pour croiser un regard sombre. C’était celui de la fille qui m’avait parlé jusque-là. C’est ainsi que je remarquais que ses yeux étaient légèrement plissés, comme pour les Asiatiques. Ce pouvait-il qu’elle soit originaire du même monde que moi ? C’était une bonne question que je mis dans un coin de mon esprit pour probablement la poser plus tard. Car pour l’instant, quelque peu masqué par la frange qu’elle possédait, je pus discerner tout de même qu’elle m’observait, attendant probablement ma réponse à la question qu’elle avait posée quelque temps plus tôt. Je pris ma décision et lui en fit part :

« J’aimerais bien pouvoir apprendre les deux si possible. On n’est jamais trop prudent et on ne sait jamais où on pourrait tomber, n’est-ce pas ? », Disais-je en me remémorant mon arrivée dans ce monde.

Je regardais aux alentours si je pouvais discerner ce qui nous permettrait de pouvoir allumer le feu avec lesdites techniques. Mais je ne voyais aucunement quels matériaux choisir afin de pouvoir le faire, je me retourne vers Ardath, pour laquelle je commence à ressentir une pointe d’admiration sur le fait qu’elle semble pouvoir se débrouiller sans problème dans cette forêt.
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MessageSujet: Re: Le premier vol est une aventure![ft. Yui Tamaki] [Abandonné]   Ven 13 Mar 2015 - 14:33
Haussement d’épaules. Sa réponse ressemblait trop à celle que ferait n’importe quel élève pour être certain de satisfaire son professeur. Cela fonctionnait en général. Mais Yui se moquait des considérations aussi futiles que le vrai et le faux. Cette fille aurait tout aussi bien pu dire que, possédant des allumettes, elle n’avait pas besoin d’apprendre des techniques si archaïques, cela ne lui aurait fait ni chaud ni froid. Aider les autres était au commencement son objectif, mais le temps qui passe nous transforme, métamorphose ce que nous sommes en ce que nous serons. Aujourd’hui, la japonaise ne cherchait plus à mener coute que coute les autres vers la lumière, non, elle les guidait simplement où ils désiraient. Les notions de bien et de mal s’étaient doucement étiolées dans son esprit pour ne devenir que de vagues concepts peu important. Son empathie demeurait sans l’obséder désormais...

« Très bien. Connaître le plus possible peut être une solution en effet, tout dépendant de son professeur. »

Menace ? Avertissement ? Il n’était pas simple d’interpréter ces paroles. Mais encore une fois, la jeune femme ignora l’impact que pouvait avoir de telles paroles sur son vis-à-vis et se concentra sur la suite. Fouillant dans sa sacoche, la Dragibus finit par en tirer deux pierres quelconques. Le lieu était propice pour trouver les branchages nécessaires pour le feu, mais pas pour les silex. Un dans chaque main, Yui se mit à les frapper avec une certaine violence, faisant apparaître quelques étincelles.

« Voilà le résultat auquel il faut arriver. Entassez un peu d’herbes séchées ou tout autre combustible prenant rapidement et répétez l’opération jusqu’à parvenir à un résultat probant. Cela peut être long, voire laborieux, mais seul le résultat compte. Entraînez-vous, je vais voir si je peux trouver ce dont nous avons besoin pour la suite. »

Sans un mot de plus, Yui s’éloigna du cercle de pierre. Sa silhouette disparut bientôt dans la végétation touffue. Combien de temps tiendrait son masque ? Combien de rencontre avant que ne se brise cette carapace d’humaine ? Chaque minute passée avec un Homme la rapprochait de sa perte d’humanité. Pour devenir quoi ? Elle l’ignorait, mais ce dont elle était certaine, c’était qu’à ce moment se fermerait la porte pouvant la ramener au Japon, dans son univers d’origine. Un monstre ne pouvait pas se promener impunément parmi les habitants de la terre. Pas en gardant sa liberté à jamais... Ses pensées s’égarèrent, plongeant dans cette réalité alternative où elle pourrait « s’amuser » au milieu de ses anciens semblables. Les plier, les repousser... Une lueur sombre passa dans son regard avant que son regard ne fasse à nouveau le point sur son environnement actuel. Des plantes, des troncs et pas de sensation de contrôle ou de puissance. Elle frissonna devant les détails de son imaginaire avant de secouer la tête. Elle devait chasser ces scènes. Il n’était pas question de se laisser aller pour le moment. Finir ce qu’elle avait commencé avec cette fille et aviser par la suite. Vivre le présent. Ne pas penser au futur. Ses mains se tendirent vers les morceaux de bois qu’elle avait repéré avant de faire demi-tour.

« Est-ce que vous avez réussi à produire quelque chose ? »

En arrivant prêt de son « élève », Yui jeta un œil circonspect au foyer avant d’improviser un deuxième atelier feu. Elle déposa un morceau de bois légèrement plus large au sol  et saisit un bâton plus fin.

« Maintenant que vous avez les bases sur les silex, la deuxième méthode. Il suffit de faire tourner ce bâton contre ce morceau de bois. Normalement, l’augmentation de la température et la formation de sciure finissent par former les braises nécessaires à la formation d’un feu... Cela parait simple dit comme ça, mais ça peut être assez long. En tout cas, je vous conseille de tenter d’utiliser votre arc pour augmenter la vitesse de rotation du bâton et augmenter vos chances de parvenir au résultat souhaité. Je vous laisse voir comment ça pourrait marcher pendant que je vais voir s’il y a quelques baies dans les environs pour accompagner votre lapin... »

Sans rien ajouter, paraissant sans doute de plus en plus taciturne, la Dragibus rejoignit les branchages dans l’espoir de trouver quelques denrées supplémentaires avant que la nuit ne s’installe sur leur campement.
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MessageSujet: Re: Le premier vol est une aventure![ft. Yui Tamaki] [Abandonné]   Lun 16 Mar 2015 - 15:02
Ma question indirecte fut simplement balayer par le haussement d’épaule d’Ardath. Après quelques secondes qui me furent une éternité, elle me répondit malgré tout :

« Très bien. Connaître le plus possible peut être une solution en effet, tout dépendant de son professeur. »

Le fait d’essayer d’en connaitre le plus possible était pour moi quelque chose d’obligatoire, car si on ne savait rien, on se faisait marcher dessus. Et le plus tôt on l’apprenait, le mieux c’était. La fin de la phrase m’interpella. C’était quelque chose de vrai, car je l’avais expérimenté par le passer, avec mon premier professeur de tir à l’arc.

Il était plutôt strict, mais ces remontrances avaient toujours une origine, juste exactement comme les flèches qu’il tirait. J’avais appris les bases avec lui, ainsi que la discipline et peut-être aussi mon caractère de tête de cochon comme se plaisaient à dire les autres. J’étais devenue aussi buter que lui. Malheureusement, il était mort bien trop tôt à cause d’un cancer aux poumons. J’eus un nouveau professeur que je n’aimais pas, tout simplement. Il était le genre à prendre de haut tout le monde, élèves ainsi que les autres instructeurs tous simplement parce qu’il apparaissait à la télé. Ma mère m’avait inscrite avec lui car mon précédent professeur lui avait fait comprendre que je possédais un certain don pour le tir à l’arc.

J’étais resté avec cet homme à l’attitude suffisante, car malgré tous, j’aimais bien pratiquer à tirer, jusqu’au jour où celui-ci nous avait proposé un stage à la campagne. L’exercice constituait à chasser, ce en quoi je n’étais pas contre. On devait tirer sur les oiseaux qui s’envolaient des hautes herbes. L’irréparable fut causé par cet abruti qui tira sur un faucon crécerelle qui volait au-dessus de nous, attendant probablement un instant propice pour pouvoir, lui aussi, chasser. La seule réflexion que j’entendis pendant la chute du rapace, fut celle du meurtrier content : « Ah ! J’en avais marre qu’il tourne autour de nous, il allait faire fuir le gibier ! ». Je m’étais rué dans la direction du point d’impact de la pauvre bête. Celui-ci reposait dans cette position d’ange foudroyé qui faisait pâlir les vivants, la longue hampe de la flèche ressortant de son gosier. Mon sang n’avait fait qu’un tour que je pointais, à mon tour, ma flèche sur ma proie, qui me regardait avec ses yeux écarquiller par la peur.
« Mais… Qu’est-ce que tu fais, Abygaelle ?! T’as perdu l’esprit ? On ne pointe pas une flèche bandé sur une personne, c’est la principale règle de sécurité. Baisse ton arc immédiatement ! », dit-il d’un ton autoritaire, mais avec de légers tremblements dans la voie.
J’avais obéi à son injonction, mais je m’étais mis à tirer tout de même. Plusieurs fois. Les flèches se fichaient exactement là où je le souhaitais. Les autres regardaient, médusé, le spectacle qui se finit avec la dernière flèche de mon carquois. J’admirais mon œuvre qui se trouvait aux pieds du meurtrier et je fis demi-tour pour prendre le chemin du retour, quittant les lieux. J’entendis au loin les protestations des spectateurs ainsi que du tueur m’intimant de revenir m’excuser ou de s’expliquer, voire les deux. La dernière phrase que j’entendis fut celle qui me fit sourire : « C’est un oiseau ! Elle a fait un oiseau de flèches ! ».
J’avais retiré mon inscription et je ne m’excusai jamais auprès de cet homme, abandonnant ce que je pensais être pour toujours, ce noble art.
Plus tard, les ragots de ce que j’avais fait enflèrent de partout, me rendant ainsi quelque peu célèbre dans le domaine du tir à l’arc. C’est comme cela que j’ai rencontré le professeur que j’avais actuellement, qui était un ancien élève de mon premier professeur et qui me rendit l’envie de tirer, m’engageant dans la compétition. Je raflais tous les prix. J’ai même battu l’autre assassin d’instructeur lors d’un tournoi téléviser, rabattant les caquets des journalistes qui avaient ressorti l’histoire quelques jours avant le tournoi.

C’est la seule fois du peu de vie j’ai vécue où j’avais explosé de colère. Je n’avais écouté que d’une oreille distraite ce qu’Ardath m’avait dit :

« Voilà le résultat auquel il faut arriver. Entassez un peu d’herbes séchées ou tout autre combustible prenant rapidement et répétez l’opération jusqu’à parvenir à un résultat probant. Cela peut être long, voire laborieux, mais seul le résultat compte. Entraînez-vous, je vais voir si je peux trouver ce dont nous avons besoin pour la suite. »

Le fond de colère qu’engendra la remémoration de cette histoire me fit saisir les pierres et les frotter avec violence, me calmant peu à peu. Je repris finalement les esprits pour me concentrer à essayer de produire les étincelles tant souhaitées. Celles-ci se produisaient de temps en temps, mais pas assez pour pouvoir déclencher un début de flamme sur les branchages.

« Est-ce que vous avez réussi à produire quelque chose ? »

J’allais répondre que non lorsque ma dernière tentative alluma une petite flamme, qui se propagea lentement, puis rapidement pour enfin embraser totalement les branchages. Je tournais la tête avec un sourire de victoire sur mon visage.

« Oui ! », répondis-je, contente de moi-même.

« Maintenant que vous avez les bases sur les silex, la deuxième méthode. Il suffit de faire tourner ce bâton contre ce morceau de bois. Normalement, l’augmentation de la température et la formation de sciure finissent par former les braises nécessaires à la formation d’un feu... Cela parait simple dit comme ça, mais ça peut être assez long. En tout cas, je vous conseille de tenter d’utiliser votre arc pour augmenter la vitesse de rotation du bâton et augmenter vos chances de parvenir au résultat souhaité. Je vous laisse voir comment ça pourrait marcher pendant que je vais voir s’il y a quelques baies dans les environs pour accompagner votre lapin... »[/color]

J’avais vu à la télé, il avait surement trop longtemps, cette fameuse technique et quelques bribes de souvenir m’étaient restées en mémoire. Je pris le bâton, l’enroula d’un tour de corde de mon arc et le planta dans le morceau de bois. Je mis la main sur le bout du bâton qui était en l’air et fit avancée et reculé mon arc horizontalement.

« Ouch ! », m’exclamais-je de douleur.

Une vive douleur venait de me transpercer la main. Le morceau de bois m’avait sauvagement brulé la main. Je la mis immédiatement dans le ruisseau, laissant le liquide frais refroidir la chaleur ardente de ma brulure. Après deux minutes, je ne sentais plus rien et retira ma main pour y découvrir au milieu de la paume une petite plaie pas aussi importante que je le pensais. Rassurer, je défis mon bandeau qui retenait mes long cheveux bruns, pour le mettre autour de ma main, protégeant ainsi les chairs qui étaient à vif et retourna auprès de l’atelier feu.
Apprenant de mes erreurs, je pris un autre morceau de bois bien large et le mis à la place de ma main au contact du bâton. Je fis une nouvelle fois la manipe et de la fumée commença rapidement à apparaitre. Je fis tournoyer le bâton plus fort, jusqu’à former un assez gros morceau de braise de sciure de bois. Je rajoutais les feuilles et brindilles utiliser dans le précédent feu et me mis à souffler doucement dessus. La braise se mit à rougeoyer de plus belle pour enfin se propager à l’ensemble du foyer, provoquant un crépitement réconfortant.
Je relevais la tête pour l’éloigner de cette forte chaleur lorsque je remarquais le ciel qui commençait à s’assombrir fortement. Derrière moi, j’entendis un bruit que j’identifiais comme étant un bruit de pas. Pensant que c’était Ardath, je me mis à parler.

« J’ai réussi, non sans mal, à allumer le feu avec les morceaux de bois. Je me suis quelques peu brulé, mais ce n’est rien. », je pris une pause avant de m’attaquer au problème qui me préoccupais depuis mon arriver ici.
« Et j’aimerais savoir, sans être indiscrète, où est-ce que je suis ? J’ai conscience que j’ai ‘‘changé’’ de monde et j’aimerais bien pouvoir retourner chez moi. Est-ce que tu connaîtrais un moyen ? », demandais-je en me retournant dans la direction dont je pensais qu’était venu le bruit de pas.



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MessageSujet: Re: Le premier vol est une aventure![ft. Yui Tamaki] [Abandonné]   Ven 7 Aoû 2015 - 14:14
Après quelques explications succinctes sur le monde dans lequel je me trouvais, Ardath me décrivit le chemin que je devais prendre en le traçant sur une carte grossièrement faite dans la poussière.
On avait alors mangé dans un silence presque religieux la viande de lapin qui était un peu dure sous la dent mais comestible. On avait dormi à la belle étoile sur une couverture qu'Ardath possédait et malgré le fait que je n'étais pas très tranquille de dormir dans une clairière dans une forêt au milieu de nulle part (et qui était plutôt du genre très bruyante avec les criquets et autres créatures plus grandes), je m'étais m'endormit de fatigue après toutes les péripéties de la journée.
Le lendemain, lorsque je m'étais réveillé, Ardath n'était plus là. Je l'ai un peu cherché dans les alentours avant de me convaincre qu'elle était bel et bien partie. Je n'étais pas trop gêné car elle m'avait plus qu'aider dans ce nouveau monde, et je comprenais parfaitement qu'elle n'avait pas que cela à faire que rester faire la nounou d'une fille inconnue comme moi. Et puis elle m'avait laissé la couverture et les connaissances nécessaires pour que je meurs pas de faim donc pas de rancune.
Le reste ne tenait qu'à moi-même. Le concept me plaisant assez, je rangeais mes affaires puis je pris mon arc et mon carquois, et je m'engageais sur la route de ma destinée, en direction de Candis.
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Le premier vol est une aventure![ft. Yui Tamaki] [Abandonné]

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