Petit humain, mais qu'as-tu fait ? Ouvrir ce livre, pris de curiosité ! Quelle grave erreur, car dès maintenant, les contes te garderont pour eux !
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 Intrigue à trois fils ? C'est un de trop ! [Melly, Dray, Aurore]

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MessageSujet: Intrigue à trois fils ? C'est un de trop ! [Melly, Dray, Aurore]   Lun 20 Nov 2017 - 0:14
Un geste après l'autre, avance lentement. Prends le temps de tisser ta toile, rien ne presse. Une maille à l'endroit, une maille à l'envers. Face tout sourire, face de martyr. Un jour pour rire, une nuit pour souffrir, et demain on recommence tout. Et petit à petit tout prend place, se tisse pan par pan, l'immense toile de fond de la belle machination. Fuh, fuh. ~

Aurore n'en revenait toujours pas quand elle y pensait. Alors c'était aussi simple que ça de retrouver du divertissement. Elle qui en vendait chaque jour, à force elle devait connaître la recette par cœur. Sauf que ses exigences étaient toutes autres que celle de son public, mais une petite sirène avait su répondre à son appel, en chantant chaque soir avec toujours plus de dévotion, son amour dégoulinant pour un être qui ne le méritait pas. Cet être c'était Dray Windlord.

Sourire.

Lui aussi il assurait le show sans le savoir. Faisant renouer Aurore avec ses anciennes fascination. Elle s'était plu à constater, comment après chacune de leurs étreintes, il pouvait dormir profondément. Le visage apaisé, sage, dénué de toutes culpabilité. Pouvait il imaginer, qu'en récitant sa prose enflammée à chaque joli minois passant par là, il pouvait soulever les plus grandes tempêtes ? Pouvait-il simplement penser, que ses témoignages d'affection, pouvait blesser plus profondément que n'importe quel fouet épineux. Aurore pariait qu'une part de lui devait prendre du plaisir à s'abandonner ainsi, dans les bras de n'importe qui, sans se soucier des ressentis. On peut se justifier de nos actes par n'importe qu'elle ruse ou pirouette (les funambules de son calibre sont professionnels dans ce domaine), mais malgré toutes les pulsions du monde, il faut bien avouer qu'une part de nous éprouve toujours du plaisir à franchir les limites morales imposées par les autres.
Dray, petit Pierrot au-dessus du vide, porté par des pulsions d'un Arlequin refoulé ?

Fuh fuh fuh, l'image amusa la directrice du Dark Wood Circus, qui se plut à imaginer son vilain amant en costume bariolé. Une futur inspiration pour un prochain costume sans doute. Si costume pour lui il y avait...Pour elle, aucun doute, elle y travaillait depuis plusieurs jours déjà. Une toute nouvelle création, parfait pour les....hum plutôt LA future occasion. Elle arrive, de fil en aiguille, l'ouvrage prend forme, pour habiller l'apogée de l'intrigue qui se tisse depuis neuf mois au Dark Wood Circus.
Pour reprendre dans les grandes lignes, une petite sirène avait fait naufrage voilà quelque temps. La pauvre avait fait échouer son cœur contre les impitoyables récifs d'Aurore Boréale, lui ayant fait croire qu'elle gardait captive, l'élu de son cœur, Dray Windlord. Contre un travail à vie, la belle avait alors proposée à la pauvre bête de foire de le relâcher. C'est ainsi qu'on ferre les gros poisson. Merci à Dray d'avoir joué les appats inconscient !

Car inconscient, c'est tout bonnement ce qu'il était. Sans doute avait-il déjà oublié les yeux suppliants et débordant d'amour naïf de cette pauvre créature des mer. Il l'avait noyé dans d'autres étreintes, celles plus chaudes et plus expérimentées d'Aurore. Et peut être dans d'autres encore. Il avait total liberté, la directrice n'avait pas pour vocation de laisser son funambule attaché. Cela enlève toute la tension du spectacle. Il pouvait à sa guise, agir en solo. Désormais, il prenait sa propre ligne, pour aller pêcher ce qu'il désirait, en prenant garde de ne ramener aucune prise jusqu'au cirque. Qu'il fasse, qu'il trempe où il le veut, qu'il serre qui il veut. La vie lui a fait don d'une gueule d'ange. Et cette beauté demeure, immuable, malgré les actes et les mots qui peuvent empoisonner ses conquêtes. Oui avec lui, Aurore renouait bien avec ses vielles fascinations sur le paraître et le vécu. On peut paraître blanc en vivant dans le noir. La lumière paraît plus éclatante dans les ténèbres.

Continue ainsi chaton, tu te reproches plus de moi que ce que tu pouvais imaginer, même dans tes plus sombres cauchemars, fuh fuh...Moi aussi je trompe tout le monde et je reste belle. Toutes mes souillures s'en vont peindre la toile de mon maudit portrait, et laisse mon visage et mon corps à jamais parfaits.

Et ces atouts là allaient être mis en valeur ce soir. La robe allait bientôt être terminée, juste le temps d'arranger le grand ruban rayé. On enrubanne toujours les cadeaux non ? Et ce soir, la directrice comptait s'offrir à Dray, sous les yeux de sa sirène transie d'amour...ah ah...plus pour longtemps chérie. Aurore attendait avec impatience, le moment précis ou tout son amour couvé pendant neuf long mois, allait se briser instantanément. Le barrage mental qu'elle s'était forgé volerait en éclat, ses belles mirettes ne pourraient plus se voiler dans des rêveries idylliques, elles couleraient de tristesse, ou flamberaient de colère, voir les deux. Fuh fuh ! Mesdames et Messieurs, ce soir nous célébrerons le mariage de l'eau et du feu ! Venez nombreux assister au pitoyable spectacle de deux cœurs s'étant leurrés. L'un s'est prit pour un saint et l'autre pour une bien aimée. Mais elle n'est qu'une chose...une poussière passagère d'un train de vie la dépassant.

Et ça Aurore n'a eu de cesse de lui répéter depuis son entrée au cirque. Dès le départ elle avait mit du cœur à l'ouvrage, ça elle devait bien lui reconnaître ! Mais bon, malheureusement pour elle, le train s'est figé à la station du Dark Wood Circus, et si jamais tu poses le pied sur le quai côté noir, n'espère aucune lumière pour guider tes pas. Seule tu avancera, et ta peur la plus primitive te rattrapera. Toute entière, engloutie par les ténèbres tu finira.

- Amen !

S'écria Aurore en laissant s'échapper cette pensée. C'est le genre d'avertissement qui ferait sensation sur une pancarte d'entrée de la partie noire du cirque. Ainsi la sirène aurait su dans quoi elle avait mit les nageoires. Au départ, Aurore s'était contentée de la faire chanter pour les spectacles du soir et de l'après-midi. Tout se déroulait normalement, même si le public du soir n'était jamais des plus agréable. Tas de raclure humaines aux yeux avides de sensations, de morbidités, et autres perversités.
Tout de même, nous avons une vraie sirène alors tâchons de l'exploiter. Il y en avait bien une avant, mais on ne va pas se le cacher, c'était une contrefaçon. Un jouet rafistolé par la directrice, jeté et oublié dans un vieux coffre maintenant qu'une remplaçante plus convaincante était là.

Bien entendu, les bêtes de foires de la partie noires sont encadrées par Spade, le plus sévère des Quatre As. Hommes ou bêtes ? Aucune différence pour lui, les artistes de la partie noires sont comme des animaux, et ils le traitent ainsi. Et ça doit marcher au pas avec lui ! Quel militaire ! Aurore s'amuse toujours de le voir cadrer avec autant de méticulosité chaque déplacement, chaque numéro. Il partage avec Aurore, une passion pour l'usage du fouet, même si la jeune femme doutait sur le fait qu'il puisse avoir l'idée d'en faire usage dans une situation érotique...
Nulle affection ne peut être attendue de sa part. Vous qui passez entre ses mains, abandonnez tout espoir...

- Amen !

Répéta Aurore en achevant sa couture. Ne restait plus qu'à essayer, ce qu'elle fit immédiatement.
Pour en revenir à Spade, il n'avait fait aucun traitement de faveur à la jolie sirène, et n'avait pas montré la moindre compassion quand Aurore, petit à petit, s'était mise à modifier les numéros de la pauvre Mélissandre. Devenant de plus en plus difficiles et dangereux. Passer dans des cercles enflammés, sauter d'un plongeoirs pour atterrir dans un petit baquet remplis d'eau. Vise bien petit poisson volant...Mais ne compte pas sur ton funambule pour venir te sauver, il est prisonnier dans mes filets.

Aurore avait fait très attention à ce que jamais Dray ne vienne en partie Noire. Elle avait chargé Diamond de surveiller discrètement ses faits et gestes au cirque, pour être certain que jamais il ne soit tenté de transgresser cet interdit. Elle avait aussi demandé à Club, de surveiller les ardeurs grandissantes de sa compagne de roulotte, Heart, qui mourrait d'envie depuis l'arrivée de la sirène, de la disséquer « par pur intérêt scientifique ». La directrice ne pouvait pas lui en vouloir, la petite nouvelle faisait sensation au cirque. Il fallait parfois retenir les spectateurs eux-mêmes, dont les pulsions libidineuses pouvaient entraver le spectacle.

Aurore avait fait en sorte que la sirène soit toujours occupée à des corvées. Notamment une très importante, elle devait régulièrement aller nourrir, Pearl. Une créature recluse dans une roulotte-cage, très sombre sous un immense sapin. Quand on approchait d'un peu trop près, son habitante émettait des petits râles et des clapotis. Mais impossible de la distinguer dans la pénombre, même en approchant de plus près, car elle se tenait tapis au plus profond de sa prison. On pouvait distinguer un œil jaune vif parfois. C'était une tâche qui n'était pas des plus agréable, et Pearl faisait parti de ces créatures que craignait certaines personnes. On a toujours peur de ce qu'on ne connaît pas...Et son repas se constituant majoritairement de tête de poisson, l'odeur qui accompagnait la corvée ne la rendait pas plus facile.
Oh de toute manière elle devait bien y être habituée, puisque depuis son arrivée, c'était Mélissandre qui devait s'occuper d'écailler les poissons qu'on recevait pour le réfectoire. L'odeur s'imprime dans la peau, le sang s'infiltre et noirci les ongles, les écailles taille la chair petit à petit. Marchande de poisson, ce n'est pas un travail de rêve.

Mais la directrice n'avait pas beaucoup parlé à sa jeune recrue finalement, sur tout le temps écoulé. Voir et subir suffisait à faire majoritairement le travail psychologique espéré. Jour après jour la sirène subissait, coups, injures, gestes déplacés, humiliation...Par contre sa tête ne se décidait pas à couler. Elle avait même ce regard d'insolence déterminée lorsque ses yeux croisaient ceux d'Aurore.

Alors un jour, la directrice avait voulu lui donner une leçon. Alors qu'elle regardait sa prisonnière écailler ses poissons, elle demanda :

- Pourquoi tant de mal, alors que celui pour qui tu subis tout cela ne le mérite même pas ?

Elle lui avait servi, en guise de réponse, le même discours sucré sur l'amour et plein d'autres mièvreries, à en faire pâlir Peter Pan d’écœurement. La directrice avait sourit et répondu :

- Tu ne sais pas ce que sont les hommes finalement...


Et avant que la bleue ai pu répondre que "son Dray était différent", Aurore, l'avait attrapée par les cheveux, et traînée jusqu'à la file d'attente d'un spectacle du soir. Là elle l'avait jetée dedans et avait regardé la nature faire ce qu'elle savait produire le mieux. L'instinct primaire. Jette une femelle dans une horde de mâles et vois ce qu'il se passe.

- Tu comprends chérie ? Pas besoin d'un dessin, une démonstration c'est mieux.

Et en repartant, Aurore avait chargé Grey qui passait par là, d'aller calmer le public avant qu'un drame ne se produise. Laissons là chaste la pauvrette, après tout elle croit encore au prince charmant.
Quand plus tard Aurore l'avait vu passer en courant, les vêtements déchirés, elle lui avait crié :

- Enfin jeune demoiselle, allez vous rhabiller, ce n'est pas un tenue digne de votre prince. Fuh fuh ~

Depuis ce jour, la sirène s'était beaucoup rapproché de Grey. Décidément, elle s'émoustille pour n'importe quel jeune homme salvateur passant par là. Alors Aurore lui ordonna plus tard, de ne plus lui adresser la parole, Spade se chargerait de lui communiquer tout ce qui pourrait lui être utile dans ses tâches au cirque. Se faire ignorer peut bien plus blesser que de se faire insulter. Car quand on vous adresse les pires mots qui soient, au moins on daigne vous adresser quelque chose. Alors que l'ignorance, vous fait refuser le simple droit d'exister, et d'être digne d'intérêt pour autrui.

Alors Mélissandre, jamais à cours d'idée pour se donner du courage, avait tentée de sympathiser avec d'autres habitants de la partie Noire. Bien veine idée que de vouloir communiquer avec des êtres désincarnés. Mais elle avait essayée, et à défaut de conversation, c'est en prenant soin des autres qu'elle tentait de se faire remarquer, en continuant de se voiler la face sur la triste réalité de sa situation.
Un soir, Aurore l'avait surprise en train de soigner une plaie d'un des artistes. La directrice s'était approché des deux silhouettes, et avait mit un coup de pied dans le matériel médical de fortune, déployé par la sirène. Puis elle s'était accroupie à sa hauteur, afin de lui parler face à face :

- Dis moi chérie...que crois tu fais là ? Hum... ? Le soigner ? L'aider ? Parce que tu penses qu'il te le rendra un jour ? Ouvre les yeux, tu baignes dans un océan de mensonge...Ton action est d'ailleurs purement égoïste. C'est pour te sentir bien que tu fais tout ça non ? Ça t'apaise intérieurement de penser que tu améliores leur vie ? Mais tu ne fais RIEN ! Ces pantins sont morts et ne sont que des meubles car ils sont miens ! Ils ne valent gère plus que ça car ils sont MA possession et toi aussi TU m'appartiens.

Se disant, Aurore avait glissé sa main sous le menton de son interlocutrice, afin de pouvoir lui attraper les joues.

- De ton plein grès tu as accepté de venir travailler ici et de devenir ma possession. Je peux faire ce que je veux de toi, car tu ne vaux plus rien. Tu n'es rien pour personne ici, et même dans ce monde. Une poussière passagère d'un train dont tu ne contrôles pas la destination... Hurle, crie, pleure, personne ne vient, parce que l'être humain est égoïste et que tout le monde ici a compris qu'à partir du moment où tu es mienne, on ne peut rien faire pour toi. Viens je vais te montrer le vrai monde....


Durant quatre jours et trois nuits, Aurore avait laissé Mélissandre attachée à un piquet, sans eau ni nourriture. Bien exposée à la vue de tous, visible de loin pour les spectateurs se rendant dans le chapiteau rayé. Mais personne n'était venu la détacher. Parce que la nature humaine est comme ça. Au terme de ce délai, la directrice était revenue en tendant de l'eau à la jeune fille dans le creux de ses mains. Elle avait dû boire dedans. Ensuite, en l'aidant à se déplacer, elle l'avait amenée jusqu'à la roulotte de Pearl. Après avoir prit soin d'y suspendre une lanterne révélant le fond de la cage, la belle avait tourné les talons en rappelant à sa prisonnière :

- Tu es ma chose, une parmi tant d'autres. Sois heureuse que je prenne soin de toi. Je me lasse vite de mes jouets tu sais...

La flamme vacillante de la lanterne révéla une silhouette allongée. Un corps de femme, couvert d'écailles et de cicatrices, dont une énorme raccrochant son buste humain, à celui d'une immense queue de poisson qui empestait. Elle baignait dans un liquide verdâtre, où trempait une multitude d’arêtes de poissons.


Aurore repensa à cet événement avec délice tout en enfilant les bas et les bottes, allant avec sa robe. Un beau tissu noir satiné, assez simple, tombant au-dessus du genoux, avec un gros ruban rayé de noir et de rose en guise de serre-taille. Le chapeau haut-de-forme lui étant assorti bien entendu. Le tout lui allait à ravir, et c'est avec cet ensemble qu'Aurore comptait enlacer l'objet de sa machination, Dray Windlord, sous les yeux de sa dévouée amoureuse. Habillée ainsi, la directrice devenait la personnalisation humaine du cirque, qui dans son étreinte, montrerait que d'une certaine manière, le jeune homme s'y trouvant était lui aussi SA chose. Fuh fuh, tant d'excitation devant l'imminence de l'impact.
Dray s'en est allé pêché, du haut de son fil, une jolie sirène s'y est accroché. Hors de question de le laisser remonter sa ligne, Aurore va tout couper, et le regarder tomber de haut.

Ces derniers jours, le brun s'était absenté et avait promis de revenir précisément à la date d'aujourd'hui. Il l'attendait dans une tente en partie rose, et Aurore s'apprêtait à le rejoindre, il ne restait plus qu'à jeter un appât pour que mordre le gros poisson bleu.
Fraîchement apprêtée Aurore quitta sa roulotte et passa vers celle de Mélissandre qui s'y reposait. Sans trop s'en éloigner, elle héla Grey qui accourut et lui dit de manière à être entendue :

- Je vais rejoindre Dray, ne m'attends pas pour commencer les répétitions de ce soir.


Sur ce elle se dirigea vers la tente où l'attendait son amant. Au moins dix jours qu'ils ne s'étaient pas vu. La belle espérait qu'il n'avait pas trop trempé sa ligne n'importe où durant ce laps de temps, et qu'elle serait toujours aussi désirable que la dernière fois qu'ils s'étaient vu. Il devait y mettre du sien dans ce numéro après tout !
Tout en avançant sur le fil de son intrigue, elle s'assura discrètement qu'elle entraînait la sirène dans son sillage. Et après avoir entendu, des bruits de pas très tenus sur ses talons, elle allongea le sien, plus assuré désormais.
La belle se glissa dans la tente, et marqua un temps d'arrêt pour regarder Dray qui lui faisait face.
Avec un sourire en coin et un regard aguicheur, elle lui ronronna ces mots :

- Alors mon chaton ? Je t'ai manqué ?

Et sans attendre de réponse, elle allait se perdre dans l'étreinte que déjà le brun lui tendait. Et avec tout le savoir faire dont elle était capable, elle lui livra un baiser qu'il ne serait pas près d'oublier, tant pour la fougue qu'elle y mit, que pour la suite qui y mettra fin.

Dansez pantins ! Venez vous perdre dans mon étreinte. Enlaçons nous dans une ultime valse macabre, et je couperai le fil, bien trop lourd sous le poids de nous trois.
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MessageSujet: Re: Intrigue à trois fils ? C'est un de trop ! [Melly, Dray, Aurore]   Sam 23 Déc 2017 - 1:39
Dans les ténèbres glacées de cette immensité
Je voudrais briser cette cage de cristal
La lumière ternie de la surface me fait mal
L’enfant des abysses pourra-t-elle un jour briser ses liens d’acier


Lentement avec précision, je soignais mes blessures. La soirée avait été rude, les numéros étaient toujours de plus en plus durs, de plus en plus dangereux. Le pire restant tous ces regards malsains qui se posaient sur moi, sur le don qui m’avait été offert à la naissance et qui était ici exhibé comme un morceau de viande à une meute de chiens affamés. Ce soir-là, je m’étais brûlée, ce n’était pas la première fois, les précédentes étaient cachées par des vêtements ou des bracelets. C’était de ma faute, je n’avais qu’à être plus prudente. Les mots de Spade se répétaient toujours dans ma tête si je faisais un pas de travers et à force, j’avais fini par y croire.

C’était comme une règle ici. « Tu te gères seul(e), tu t’occupes de toi car personne d’autre ne le fera ». Je l’avais apprise cette leçon à la manière forte lorsque j’avais voulu aider comme je le pouvais les autres pensionnaires de la partie noire qui était en pire état que je ne l’étais. La plupart étaient blessés, fatigués ou avaient simplement besoin de quelqu’un qui s’occupait d’eux. Et pendant quelques minutes, je me sentais à nouveau utile…moi-même. Une vague d’espoir avait réchauffé mon cœur mais cette flamme fut vite éteinte par l’arrivée de la directrice. Détruisant mon matériel de soin et ma vaine initiative, elle s’était indignée se mettant à accroupie à mon niveau comme on le ferait avec un enfant pour lui expliquer une leçon de vie. Avec force, elle me remit à ma simple place de possession, de chose qui lui appartenait, me rappelant que ce que je faisais était inutile, qu’à ma place les artistes du cirque ne feraient rien, que de toute façon ils ne me le rendraient pas.

« Tu es stupide,
Ce n’est pas ta place »
Murmure leur visage livide
J’y crois, mais ne peux perdre la face


Je n’étais pas aussi stupide que j’en avais l’air, je me doutais que mes quelques mots, mes quelques bandages, n’allaient pas beaucoup les aider, n’allaient pas changer leur vie. Mais c’était ma façon à moi de survivre, de garder mon humanité dans ce lieu qui en manquait cruellement. Mais cela aussi Mlle Loyale me l’enleva, elle avait saisi ma mâchoire dans une étreinte de fer qui semblait se resserrer à chaque mot brûlant qu’elle prononçait.

Elle m’attacha à un piquet sans rien d’autre que mes idéaux brisés pour réfléchir. Cette punition la plus longue et la plus douloureuse qu’elle m’infligea. 4 jours sans nourriture étaient certes durs à supporter mais le manque d’eau me donna l’impression de suffoquer, de m’assécher, de m’affaiblir, de mourir à petit feu. Chaque passant qui m’ignorait comme un clou de plus dans le cercueil accueillant ma naïveté. Cependant un seul se planta directement dans mon cœur, ce fût celui de Grey. Lui qui avait été si gentil et compréhensif à mon arrivée au cirque, qui m’avait accompagné au piano lors de mes premiers numéros, la seule personne qui semblait encore être humain, avoir un cœur qui battait m’avait lui aussi laissé tombé.
Le jeune homme roux qui avait été comme une bouée de sauvetage les premières semaines suivant mon arrivée, s’était mis à m’ignorer à l’instant, à la seconde où la directrice lui avait ordonné comme un bon chien fidèle. Pourtant cela me sembla presque sans importance comparé à la froideur de son indifférence, lorsqu’il était passé devant moi, affamée, asséchée, trop faible pour même pleurer ou bouger, et qu’il ne avait même pas pris la peine de me jeter un regard.

Au bout de ces longues, très longues heures d’agonie, Miss Boréale dans sa grande bonté décida que c’était suffisant que j’avais bien assimilé le message, mais qu’il restait un dernier coup de pelle à donner pour enterrer définitivement cette idiote idée altruiste. La seule eau qu’elle me proposait était celle présente au creux de ses mains. En un 4 jours, 4 nuits, des centaines de passages indifférents et une gorgée d’eau humiliante mais salvatrice, j’avais compris : « Les gens sont égoïstes, et tu n’es qu’un objet dont je peux me passer, ta vie est –littéralement- entre mes mains. »

Je serrais le bandage un peu trop fort au simple souvenir de cette semaine de souffrance et la douleur provoquée sembla calmer celle plus vive de mon esprit. Je n’avais cependant pas fini de tout panser. Les coupures au niveau de mes doigts étaient là pour me rappeler ma journée n’était pas finie, qu’après ces quelques minutes de répit dans ma tente, je devrais m’occuper des poissons. Cette tâche était longue, fatigante, salissante mais par-dessus tout écoeurante. Seul le temps m’avait permis de ne plus vomir lorsque j’écaillais des êtres avec qui, il y a seulement quelques mois, je jouais inconsciemment, libre de tous soucis. Je devais avouer que je n’appréciais pas vraiment l’humour de la directrice mais qui étais-je pour remettre en question les ordres de Mlle Loyal ? Personne. Juste un jouet qu’elle mâchouillait, comme un chat joue avec sa proie avant de la dévorer ou de s’en débarrasser. Je ne pouvais qu’obéir que ce soit en répétant cette tâche abominable tous les jours ou celle qui me soulevait bien plus le cœur.

Je me souvenais qu’en bonne artiste, la femme rose et noire avait laissé monter de la tension et du suspens, m’emmenant devant la cage de Pearl : une créature dans l’ombre, émettant des bruits inquiétants, laissant apparaître un unique œil jaune qui semblait sonder l’âme. Chaque jour, je devais aller nourrir de têtes de poissons (histoire de rendre la tâche encore plus agréable) cette chose qui ne semblait pas humaine, que je ne pouvais qu’imaginer grouillante et répugnante. Jusqu’à ce que je découvre la vérité bien plus terrible encore. Quand la peur eut été bien installée en moi,  juste après m’avoir affaiblie et brisée psychologiquement pendant la fameuse semaine au piquet, elle m’avait entraînée derrière elle, mes jambes peinant à mes porter, jusqu’à la cage de Pearl et m’avait montré le vrai visage de la créature.
Celui d’une femme, humaine, lacérée sur tout le buste, lui-même rattaché (avec ce qui semblait être un équipement de fortune) à une queue de poisson. Le tout semblait à peine vivant, les deux morceaux semblant pourrir, l’un par le corps et l’autre par l’esprit. La directrice s’était fabriquée une sirène, création monstrueuse, reflet de son vrai visage, celui d’une personne abominable. Mon estomac n’avait pu supporter la vue de ce qui n’était au final qu’une victime, une vision de mon possible futur. Désormais, accomplir cette tâche, bien que me rendant toujours aussi nauséeuse, faisait parti de mon quotidien.

Je finirais comme ça
Une sirène ou un monstre brisé
Car je ne retrouverai pas
Mon innocence, envolée.


Mes blessures désormais pansées, je m’occupais d’enlever le maquillage tape-à-l’œil que je portais les soirs de représentation. Je pris dans mes affaires, le morceau de miroir brisé que j’avais récupéré. Le premier passage du bout de tissu sur mon visage fit apparaître une trace de noire sur mon visage, me renvoyant une fois de plus dans mes pensées, trop sombres ce soir-là.

La femme rose et noire s’était plantée devant moi, pendant que je m’occupais du poisson, tentant une fois de plus de faire disparaître toutes traces d’espoir en moi. Crachant une fois de plus sur le dos de Dray, des hommes en général, ne me laissant même pas défendre celui que j’aimais. Elle avait décidé de me montrer la face sombre des hommes et ce ne fut pas bien compliqué. Elle m’avait traîné jusqu’à la file d’attente du spectacle du soir, celui avide de sensations fortes, de monstruosités dont ils pourraient pour se rassurer sur leur propre existence qui ne seraient finalement « pas si mal ».
La directrice savait de toute évidence que leur simple regard me mettait mal à l’aise. Aussi elle m’avait attrapée par les cheveux pour me jeter dans la foule des « vrais » monstres.  Le tout restait flou dans ma tête car ma mémoire avait travaillé de toutes ses forces pour effacer ces souvenirs, mais je me rappelais encore de leurs mains sales se jetant sur moi, saisissant mes bras, mes jambes, visage. Ils se battaient pour une chose qu’ils s’imaginaient déjà leur appartenir, je sentais leur souffle immonde sur mon corps. Il furent arrêtés à temps par Grey (c’était avant qu’il oublie mon existence). J’avais fui à toute vitesse, espérant laisser derrière moi la puanteur du pire de l’humanité. J’avais essayé de me laver après ça, espérant me purifier la saleté qui couvrait mon corps. Mais toute l’eau du monde ne semblait pouvoir enlever, les tâches qui avaient teintées mon âme.

Marche bien droit sur les lames
Sans pouvoir verser une larme
Même si tu y laisses ton âme
« Tu n’es après tout qu’une femme »


Je finissais d’essuyer mon visage démaquillé, mais la serviette semblait continuer à s’humidifier. En regardant dans le morceau de miroir, je me rendis compte que des perles salées glissaient le long de mes joues. Je serrais le verre si fort que je faillis me couper mais une main s’était posée sur mon bras. J’eus un mouvement de recul avant de me rendre que c’était Whisper, probablement inquiet pour moi. Il me regardait avec tristesse et pitié.

J’effaçais d’un vif mouvement de la main, les traces de ce douloureux souvenir avant d’offrir un souvenir radieux à ce qui ressemblait le plus à un ami. Malgré sa passivité quand j’avais été attachée au piquet ou son regard vide et sa bouche close, je l’appréciais beaucoup et j’avais parfois l’impression que c’était réciproque. Dans l’intimité de notre tente, il était plus amical,  j’espérais secrètement qu’à mon contact, il devenait plus…vivant. Je lui fis comprendre d’un signe de tête que ça allait…que ça irait. On avait appris à communiquer silencieusement, ne voulant pas profiter devant lui d’un privilège qu’il n’avait plus.

Voyant que je n’avais plus qu’à me changer et que je ne semblais pas sur le point de fondre en larmes, il sortit de la tente. Lentement pour ne pas défaire mon travail de soins, j’enlevais mes vêtements de scène. Mon corps nu révélait des marques sans bandages car cicatrisées pour la plupart : des marques de fouet, des bleus, quelques égratignures, toutes dues à une seule personne. Le responsable était, mon entraîneur ou plutôt mon dresseur. Spade, ancien militaire, avait une notion bien particulière de l’échec. Si j’échouais, c’était de ma faute et parce que je n’avais pas suivi ses consignes à la lettre. Et qui dit échec, dit punition et il n’était pas du genre à tolérer l’apprentissage par l’erreur. Jamais d’encouragements, toujours des ordres. Plus haut ! Plus fort ! Plus loin ! Trop faible ! Résiste !

Je recouvrais mes échecs d’une robe simple, un peu sale mais pratique pour le travail que j’avais faire. Je remontais mes cheveux en chignon pour qu’ils ne me gênent pas. J’étais prête à y aller, je poussais un pan de la tente pour sortir quand j’entendis soudain une voix de femme. Une voix que je connaissais trop bien, si bien qu’un frisson parcourut mon corps. Je reculais avec précipitation, tentant de calmer les battements de mon cœur. La voix qui avait provoqué cette panique en moi, c’était celle de Heart, une autre des 4 as. Son intérêt très prononcé pour moi et sa forte envie de me disséquer m’avait poussé à l’éviter comme la peste. Elle était jolie et enjouée, mais son sourire inquiétant, son allure sombre et ses yeux pétillants de pulsions sadiques, ne laissant que trop bien imaginer ce qu’elle pourrait te faire subir, me passait l’envie de la voir me tourner autour.

Mon souffle ralentit un peu quand la voix s’éloigna mais une voix de velours liquide vint la remplacer. Une voix presque ronronnante de satisfaction, la directrice s’adressait à Grey mais c’est mon cœur qui rata un battement en entendant son contenu :

- Je vais rejoindre Dray, ne m'attends pas pour commencer les répétitions de ce soir.

Quoi ? Dray ?
C’est impossible, je m’en étais assurée
J’avais juré fidélité pour l’éternité
A la seule condition de sa liberté

Mon sang ne fit qu’un tour. Elle avait gardé Dray prisonnier, alors que j’avais vendu ma vie pour qu’il soit libre ? Non, je ne pouvais pas y croire. Mon esprit fatigué avait imaginé le pire des scénarios. Elle avait dû dire « Grey » et j’en avais tiré des conclusions hâtives. Avec la tente et ma fatigue, j’avais du confondre les deux. Malgré mon monologue intérieur, ma colère ne semblait pas diminuer. Je devais m’en assurer, je devais en être sûre, je devais savoir si l’homme que j’aimais était sauf.

Silencieusement, je quittais la tente. Whisper me vit sortir et me lança un regard suppliant, mon cœur se serra mais je lui fis comprendre que je n’en avais pas pour longtemps, qu’il devait attendre. Sur les talons de la directrice, je la suivis jusqu’à une tente. Elle y entre et peu après je soulevais un morceau du tissu pour voir si mon beau brun s’y trouvait aussi. Au début la silhouette de Mlle Loyal cachait l’autre personne se trouvant dans la tente, elle lui ronronna avec une passion et une chaleur que je ne lui connaissais pas :

- Alors mon chaton ? Je t'ai manqué ?

Ma cage thoracique se détendit un peu, ce devait être Grey ou n’importe lequel des hommes-objets qu’elle pouvait posséder. Mais la deuxième théorie me laissa un peu sur ma faim, car dans la voix bien trop douce de la femme rose et noir, il y avait du désir certes, mais une infime part de tendresse…voire d’amour ? Je n’eus pas le temps d’approfondir plus ma réflexion car la scène qui suivit détruisit l’ensemble de mon univers.

Dray. Dans les bras d’Aurore. L’embrassant. Avec passion.

Le temps sembla s’arrêter pendant quelques instants, tout mon être ne pouvant accepter ce que je voyais. C’était impossible, il devait y avoir une explication logique. Mon esprit inventa les scénarios les plus ridicules pour justifier ce qu’il voyait : un frère jumeau, un philtre d’amour…Mais une seconde après, le rideau tomba tout comme le masque des différents acteurs. Dans le rôle de l’amant sans cœur : Dray Windlord. Dans celui de la femme fatale : Aurore Boréale et enfin dans son tout premier rôle, celui de la cruche amoureuse : Mélissandre Tyrell.

Toutes les pièces du puzzle se mettaient en place, je remontais les fils, les événements : les mises en garde d’Aurore sur l’amour et les hommes, les leçons horrifiantes que j’avais reçu au cirque, la soudaineté avec laquelle Dray avait révélé ses « sentiments » lors de notre rencontre… Tout menait à cet instant précis. Tout avait été faux depuis le début.
Je crus que j’allais m’écrouler, pauvre marionnette dont on aurait coupé les fils. Mais ma tristesse, mon agonie furent enfouies pour laisser la place à une autre émotion, au fur et à mesure des questions qui apparaissaient dans mon esprit, grandissait en moi. Etais-je la seule victime de Dray ? Pourquoi me faire subir cela ? Pourquoi me faire croire à l’Amour ?

A peine quelques secondes s’était déroulées quand le temps sembla retrouver son cours normal. Juste le temps d’un baiser, fougueux et passionné. Mais le feu de la passion qui avait embrasés les amants n’étaient rien à côté de celui qui avait enflammé mon cœur. La frustration, la colère, la rancœur, le dégoût, la peur,  la tristesse, la pitié, la misère, la rage qu’elle avait enfermé en elle ces 9 derniers mois, tout semblait se déverser en elle, tel un tsunami rasant tout sur son passage.

Je dois résister et refouler ces douloureux sentiments
Qui ne font que déchaîner mon cœur que tu as brisé
Dans la clarté de la nuit, une lame luisante ressort doucement
Ces souvenirs se libèrent et brûlent tel un brasier


Avant même qu’elle ne s’en rende compte, la lame habituelle à sa cuisse était désormais dans sa main et elle se dirigeait avec rage vers le « couple », hurlant, explosant, laissant ses mots éclater comme des coups de tonnerre dans le ciel :

« NOOOOOOON ! SALE TRAÎTRE ! MENTeuR ! »


Elle brisa sa voix et leur étreinte sur le dernier mot, poussant de toutes ses forces, la p*tain sur le côté et se jetant sur le vrai monstre si violemment qu’il tomba sur le dos. Elle planta sa dague dans la clavicule, une dizaine de centimètre au dessus du cœur. Ses cheveux tombaient au dessus de lui, libérés dans mon accès de colère, telle une cascade bleutée semblable à celle d’injures dont elle abreuvait l’homme.

« Je te HAIS ! Je te HAIS ! POURQUOI ? »

Sa main droite toujours sur la dague, elle la faisait tourner infligeant plus de douleur, toujours plus de douleur, mais ce n’était pas suffisant. Sa main gauche commença à frapper le visage « d’ange ». Il devait payer pour chaque souffrance, humiliation qu’elle avait endurée. Elle ne pouvait pas s’arrêter. Toute sa vie, des hommes lui avait brisé le cœur. Plus jamais, il serait le dernier.



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MessageSujet: Re: Intrigue à trois fils ? C'est un de trop ! [Melly, Dray, Aurore]   Dim 4 Fév 2018 - 21:24
Dray secouait la jambe. Il était seul, assis sur un lit beaucoup trop confortable pour une tente. Il huma l’air. Y avait-il une douce odeur, ou était-ce son imagination ? Quand il était au cirque, il avait l’impression que chaque endroit portait les effluves du parfum d’Aurore. Comme s’il y avait besoin de ça pour qu’il pense à elle. Ou peut être était-ce justement une hallucination de son esprit obnubilé ? Il ne savait dire. Après tout, ici comme ailleurs, ses pensées retournaient toujours vers sa belle amante. Il aurait préféré le terme “amoureuse”, mais il devait bien se rendre compte, depuis le temps, que leur relation n’y ressemblait pas vraiment. Il n’avait jamais vraiment su sur quel pied danser avec elle. C’était peut-être d’ailleurs la raison de ses allées et venues successives entre le cirque et ailleurs.

Il partait, périodiquement, avec le motif de trouver une solution pour retourner dans son propre monde. Mais plus il voyageait, et moins cette raison le convainquait lui même. Que cherchait-il vraiment ? A fuir une Aurore qui l’effrayait parfois ? A trouver d’autres bras aimants, de femmes plus intéressantes ? ça semblait impossible. Certes, Aurore semblait renfermer un certain danger. Mais au final, cela se transformait pour Dray en un goût du risque. Il s’était découvert ce côté maso, en se rendant compte qu’après chaque départ, l’idée du retour l’obsédait déjà.

Mais quels retours ! Il n’était jamais déçu de revoir Aurore. Les retrouvailles étaient toujours fantastiques, et il s’endormait plus paisiblement que jamais après ça. Ce qui ne l'empêchait pas, au petit matin, de constater avec effroi que la perversion de sa compagne déteignait sur lui. Lui qui voulait, à l’origine, la sauver de son côté sombre, ne faisait au final que plonger dedans.

Il ne savait même plus si c’était bien ou mal. Il savait juste (et s’en mordait les doigts) qu’il ne pouvait lui résister. Il était amoureux de toute femme, elle lui semblait l’une des plus belles qu’il n’ait jamais croisé. Et en plus de ça, elle avait un don presque machiavélique pour s’armer de tout les charmes qu’elle pouvait posséder. Vêtements, gestuelle, expressions. Et d’autres choses… Il se sentait plus pantin qu’amant avec elle.

Voilà pourquoi, l’attendant, il se sentait aussi inquiet qu’excité. Oh, dès qu’il la verrait, ses inquiétudes fondraient, et son coeur, comme une armée battant le tambour, enverrait toutes ses pensées vers les contrées béates de l’émerveillement. Il le savait, et s’en inquiétait d’autant plus.

Le pire dans tout ça, c’est que tout le reste devenait de plus en plus gris pour lui. Métaphore judicieuse pour décrire la déteinte d’un côté sombre: le monde autour du cirque était de plus en plus triste et dénué d'intérêt. Oui, les autres filles lui semblaient moins jolies, ou moins longtemps. Elles éveillaient quelque chose en lui, mais les battements de son coeur était désaccordés. Hier, il avait abordé une jeune femme, blonde comme les blés, et possédant un sourire éclatant de joie. Il n’avait alors su lui parler, superposant à son sourire l’image d’un autre, plus lascif. Aurore, encore une fois, s’était imposée à lui.

Alors la belle paysanne s’en était allée, quelque peu gênée par ce silence. Déjà, le blond de ses cheveux semblait plus terne. Beaucoup moins éclatant qu’une chevelure rose. Pourtant, la douleur de Dray devant cette tentative catastrophique n’en fut pas moins vive. Il n’avait même pas pu lui conter son amour. Il l’avait déjà imaginé dans ses bras, elle le regardant avec désir, puis eux deux s’embrasser ! Ou n’était-ce qu’un autre souvenir, avec une autre personne ? Il s’était senti perdu. L’amour, qu’il avait tant suivi, sa peine et son plaisir, sa malédiction et son miracle, se corrompait-il au contact d’Aurore ?

Etait-ce encore de l’amour ?

Question cruelle. Dray ne connaissait rien d’autre que ça, l’amour. Certes, il s’était pris en main dernièrement. S’était mis à travailler, par ci par, là. Des travaux de dur labeur, pendant quelques jours, nettoyer des sols ou récolter des choux. Histoire de gagner quelques pièces, lui permettant de ne plus avoir à dormir dans les forêts, à même le sol. Pour s’acheter des habits qui ne soient ni tachés, ni déchirés. Il tenait à être présentable, et ne serait-ce qu’un peu séduisant. Mais en toute circonstance, son esprit tendait vers l’amour. Comment le faire naître, le vivre, en donner, et surtout, en recevoir. Encore une fois, seule Aurore remplissait bien ce dernier rôle, en ce moment. Ou peut-être le simulait-elle.

S’en souciait-il encore ?

C’était une drogue. Comme si en voulait acheter du rêve, on lui avait vendu une substance similaire, mais faite de poison et de nicotine. Une façon toute simple de transformer le coureur de grand amour, en accro du luxe. Mais peut être qu’en vérité, derrière l’illusion des sentiments, la chair n’était-elle la seule chose qu’on pouvait vraiment sentir ? Non, c’était impossible. Il avait vécu trop de choses pour faire des conclusions aussi rapides. Il avait connu de simples baisers, plus chauds que des brasiers. Des contacts aussi simples qu’un effleurement, mais le transportant au délà des étoiles.

Il espérait qu’au travers de ses voyages, il trouverait un amour si pur, qu’Aurore et ses ombres ne pouvaient que disparaitres.

Et s’il l’avait déjà trouvé ? Il se souvenait de la dernière personne à avoir véritablement mis le feu à ses émotions, de nombreux mois plus tôt déjà. Une inconnue lui ayant volé un baiser, puis partie aussi vite qu’il l’avait rencontrée. Comme une Cendrillon, effrayée par la pluie sous laquelle elle l’avait laissé ce jour là. ça avait été un abandon plutôt rude. Il s’était demandé, à cet instant, si quelques gouttes de pluies n’étaient pas plutôt des larmes de sa part. Heureusement ou pas, revenir au cirque lui avait, comme toujours, changé les idées…

Plus le temps passait, et plus il se demandait si Aurore n’accaparait-elle pas tout l’amour que le monde avait à lui offrir. Histoire qu’il ne trouve le bonheur qu’avec elle… Et si elle l’abandonnait finalement ?

Il avait peur de finir seul à tout jamais.

Il souffla du nez un grand coup. Les idées noires n’avaient rien à faire ici à un tel moment. D’un instant à l’autre le centre de son monde actuel apparaitrait et lui ôterait tous ses soucis. Il n’aurait de toute façon pas la force de s’y opposer, alors autant en profiter un maximum. Il avisa un miroir sur un meuble proche, et alla s’assurer de ne pas être décoiffé. Non sans fierté, il vit dans le reflet un jeune homme séduisant. Il n’avait jamais eu qu’une opinion moyenne de lui, mais ces derniers temps il était assez fier de son apparence. Il se demandait si celà venait de ses voyages et petits boulots, exercices sains pour le corps, qui le récompensait. Ou, pensa-t-il avec une pointe d’humour, était-ce là un acte de magie noire d’Aurore pour s’assurer un amant regardable ?

Entendant un bruit de pas s’avançant du côté de sa tente, il alla se rassoir à sa place. Traversant les épais plis de tissus de l’entrée, Aurore apparu. Il déglutit mécaniquement. Bien qu’habitué à la voir parée d’habits et d’accessoires sachant mettre en valeur la moindre partie de son corps, il dût bien s’avouer qu’elle avait, cette fois-ci, fait un travail sur elle même exceptionnel. C’était comme si l’air autour d’elle étant bien plus chaud qu’ailleurs: Dray sentait son corps s’embraser. Le plus brûlant était encore le regard de son amante, qui ne laissait aucun doute sur la soirée qu’elle avait prévue.

- Alors mon chaton ? Je t'ai manqué ?

Il tendit les bras vers elle par réflexe, mais déjà elle s’était jetée sur lui, sa bouche contre la sienne. La surprise passée, l’excitation surgit et la température monta encore. Il ferma les yeux sur la chevelure rose cascadant sur son visage. C’était un baiser si fougueux qu’il avait de la peine à lui rendre. Pourtant s’y essayait-il de tout son être. Plus rien n’habitait désormais ses pensées que le contact de leurs deux langues réunies.

Et puis le monde entier éclata.

« NOOOOOOON ! SALE TRAÎTRE ! MENTeuR ! »

Le femme qu’il étreignais avec passion disparu soudainement d’entre ses bras. L’espace d’un instant, il se dit qu’elle l’avait abandonné. Il voulu ouvrir les yeux, la retrouver, comprendre, redevenir deux et s’aimer encore, ne pas être seul. Il n’en eu pas le temps. Il fut lui même projeté en arrière, le souffle coupé. Presque immédiatement, une douleur fulgurante survint dans son épaule, telle qu’il n’en avait jamais connu auparavant. Un cri voulu sortir, mais aucun air dans ses poumons ne le permit. Rouvrant les yeux, lui monde était désormais bleu, ponctués de flashs de lumières.

« Je te HAIS ! Je te HAIS ! POURQUOI ? »

Il ne comprenait pas ce qu’il se passait. Il voulut reprendre ses esprits, se concentrer, mais la douleur l’éléctrisait à chaque pulsion de son coeur. Il compris qu’on objet froid était planté en lui, bougeait, ravageant la chair de son épaule.

Il battait des yeux pour en chasser le trouble. Dans un ultime regard, il reconnu un visage de jeune fille. La connaissait-il ? Ces cheveux bleu…

Tout lui revint en mémoire. Sa princesse partie en courant.

Il n’eut pas le temps de réunir plus de pensées: un coup en plein visage, fit surgir de nouvelles étoiles. Il ne comprenait pas pourquoi, mais elle essayait manifestement de le tuer. Elle lui répétait, inlassablement, qu’elle le haïssait. Quand il compris enfin la portée de ces mots, toute la douleur qu’il ressentait fut alors projetée dans un second plan. Il ne percevait les coups qui lui étaient portés qu’à travers une brume épaisse.

La seule chose qu’il sentait vraiment était au fond, tout au fond de lui. Une petite boule d’abord. “Je te hais”. La boule prit de l’ampleur. Étrangement, les mots de Mélissandre (il avait retrouvé son nom) étaient encore ce qu’il recevait de plus violent. “Je te hais”. La boule devenait de plus en plus grosse, jusqu’à être omniprésent. “Je te hais”.

Dray voulu se dégager, agita son bras devant lui, mais la colère de son agresseur ne semblait pas avoir de limite, et cela ne servit à rien. Il voulu dire quelque chose, mais ne senti qu’une profonde nausée. Ses tempes et ses joues lui semblaient humide. Il se demandait qui d’elle ou de lui pleurait. Peut-être tous les deux.

Tout cela lui semblait tellement familier. N’avait-il pas fait un cauchemar comme celui-là ? Comment s’en était-il sorti alors ? Il ne s’en souvenait plus. Se connaissant, il supposait qu’il s’était laissé mourir. Cela avait du mettre un terme au mauvais rêve. Mais cette fois c’était la vraie vie. Melissandre, un de ses amours perdu, était désormais en train de l’assassiner. Elle avait surement une bonne raison. A tous les coups il l’avait mérité. Il n’avait déjà plus l’énergie de se défendre. Il allait mourir, là, et tout serait terminé. Les soucis seraient finis pour lui. Plus de culpabilité de porter la malédiction d’un trop grand amour. Plus de craintes de changer, de plonger dans la perversion ou quelqu’autre sombre folie. Il partirait au moins en sentant la chaleur d’une femme contre lui. Et encore, dans sa bouche, la saveur d’un langoureux baiser. Au moins la revoir une dernière fois: sa seule véritable amante, la seule qu’il eût peut-être mérité. Il voulait contempler une dernière fois Aurore.

Entre deux coups de poing dans son visage, il la retrouva enfin. La chevelure rose jetée dans un coin. Elle était si belle. Mais un autre détail, pour une fois, sauta à l’esprit de Dray. De toute évidence, celle qu’il aimait à tout perdre jubilait de cette situation. Cela se lisait sur son visage. Il comprit alors. Celle a qui il s’était abandonné ne possédait pas qu’une part sombre. C’était un véritable démon.

Et pourtant cela ne changeait rien. Ce qui se passait, il l’avait lui même provoqué. C’était la punition pour être aussi faible. Il abandonna toute énergie, et souffla imperceptiblement.

«...Après tout, je le mérite…»
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Intrigue à trois fils ? C'est un de trop ! [Melly, Dray, Aurore]

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