Petit humain, mais qu'as-tu fait ? Ouvrir ce livre, pris de curiosité ! Quelle grave erreur, car dès maintenant, les contes te garderont pour eux ! La seule manière de t'en sortir, c'est de te battre et survivre.
 
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 [Intrigue n#6] La nuit ne fait que commencer. [Libre]

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MJ
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MessageSujet: [Intrigue n#6] La nuit ne fait que commencer. [Libre]   Jeu 18 Mar - 21:36

[Voilà, ceux qui veulent venir faire mumuse avec le MJ, le peuvent.
Le but du jeu étant de vous faire tourner en bourrique... heu, vous aider à comprendre un peu ce qu'il se passe ici. ♥]


Noir.
L'obscurité est partout. Angoissante. Étouffante. Même la lune n'ose pas se montrer. Ce n'est pas un soir comme les autres. Aucune étoile dans le ciel. Juste des nuages sombres qui annoncent une grande averse. La pluie ne ferait peut être pas de mal à ce monde. Il faut nettoyer toute cette crasse, cette immondice qui le recouvre. Un grand coup d'eau dans la figure des gens pour leur ouvrir les yeux, les débarrasser de leur cruauté et de leur sadisme.
Belle utopie. Beau rêve. Si on pouvait changer la nature humaine à coup de savons, Queer Tales serait un monde parfait. Le loup ne mangerais plus l'agneau. Crochet aimerait Peter. Tout le monde serait heureux. Mais en même temps... N'est-ce pas cette merde qui fait le charme de ce monde des contes ? Libre de tuer, de se haïr... N'est-ce pas LA vie ? Aucune contrainte. Aucun compte à rendre. Juste ses convictions à assumer et suivre ses envie. Le vrai bonheur en somme. Ne trouvez vous pas ? Pourquoi se prendre la tête et essayer de faire dans le politiquement-correct, alors qu'ici, la seule loi, c'est celle du plus fort ? Il n'y a que les humains qui trouvent un moyen de se plaindre, voulant à tout prix rentrer chez eux. Ne voient-ils donc pas toute la splendeur de ce lieux ? Comment font-ils pour ne pas aimer le rouge du sang ? Ce carmin qui rime avec agonie et souffrance est si sublime. Je pourrais le contempler pendant des heures. Enfin, tout cela importe peu, car personne ne rentrera chez lui. « Il » l'a dit. « Il » le veut.

Moi, je ne suis qu'un serviteur parmi tant d'autres. « Il » ne m'a pas demandé de l'aider. « Il » ne m'a pas soumit. Je suis seul à avoir décidé de « le » traiter en Maître, car c'est à « lui » que je dois ce corps.
Je me sens ce soir si libre. Si euphorique. Ça m'en tourne presque la tête. Que cette sensation est agréable, après tant d'années sans vie, sans visage, sans identité. Pour le moment, je ne suis pas complet. Pas encore, mais ça va venir. Je vais y employer toutes mes forces, car il faut qu'il meurt et me laisse vivre. J'y pense depuis un certain temps, à la manière de m'y prendre. Je voudrais organiser pour son dernier jour quelque chose de sublime. D'inoubliable. De douloureux. Quelque chose que restera gravé dans ma mémoire à tout jamais, imprimé sur ma rétine, comme lorsqu'on fixe le soleil trop longuement. Je trouverais bien. Enfin, ça m'énerve un peu, quand même. J'ai besoin de me distraire. D'évacuer cette colère.

Mes yeux se posent alors sur le garçon qui se traine à mes pieds, roulé en boule, le souffle court. Je n'y suis pourtant pas allé fort, en lui mettant mon poings dans le ventre. Les humains sont tellement faibles des fois. Les enfants en particulier. Ça me désole. Quel âge, il doit avoir, celui-là ? Dans les 10 ans ? Il aurait pu avoir toute la vie devant lui. Quel dommage. Enfin, je ne peux le tuer moi même, mais il y a en cet endroit des prédateurs bien plus dangereux qui se chargeront de finir le travail.
Je m'accroupis, à côté de lui. Il me regarde, en larmes sans comprendre. Il doit surement se demander pourquoi je fais ça. Pourquoi, moi qui a toujours été gentil avec lui, je me montre soudain si cruel.

« Mais mon enfant, tu ne comprends pas ? Je suis un autre. Un être invisible que personne ne voit, que tout le monde piétine. Toi aussi, tu m'as bien piétiné des fois, sans même t'en rendre compte. Ce n'est que le juste retour de bâton de ma part. Ne pleur pas mon mignon, ça ne sert à rien. Les faibles n'ont le droit qu'au silence. Alors chuuut ! Ne m'agace pas ! »

Je caresse en douceur sa joue, puis y enfonce mes ongles, faisant apparaître sur son visage trois bandes sanglantes. Il souffre. Supplie. Gémit. Toujours sans comprendre. Pourquoi le March Hare, si gentil, si aimable d'habitude, lui fait ça ?
Pff, il n'y a que pour l'autre. Toujours lui. Aimé. Adoré. Et moi, dans tout ça ? Je me relève, prit soudain d'une violente colère et envois, avec force, mon pied dans la figure du gosse. Il hurle. Il me fatigue. Son nez est devenu difforme. Le sang gicle.

« Mais tais toi ! La ferme ! Tu m'agaces. »

Je ponctue chacune de mes phrases d'un coup de pied dans le ventre. Il suffoque, perdant peu à peu conscience.
C'est ennuyeux, les enfants. Aucune résistance. Ils n'essayent même pas de se défendre. Enfin, je trouverais quelqu'un d'autre. En attendant, une tasse de thé me ferait le plus grand bien. Je m'installe, posant mes pieds sur le frêle corps et boit une gorgée. Je prend bien mon temps, car la nuit, ne fait que commencer.

« Une tasse de thé ? »

Mon rire cristallin raisonne dans la nuit.
J'attends qu'on vienne à moi. J'ai envie de m'amuser.
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MessageSujet: Re: [Intrigue n#6] La nuit ne fait que commencer. [Libre]   Sam 20 Mar - 8:11

Michael était d'humeur à se promener ce matin. D'un côté, que pouvait-il faire d'autre que se promener, lui sincèrement? Il n'avait pas de travail, pas de maisons à proprement parler, un frère qui n'était pas son frère pour seule et unique famille, bien que le dit non-frère soit tout aussi collant qu'un vrai frère de souche et de parents qu'il n'avait pas, bref, pour résumer, aucun engagement de quelque sortes que ce soit. La seule chose qui venait briser la monotonie de sa vie de never-been, c'était qu'à présent, dès qu'il sortait un bout de queue à l'air libre, il y avait dix gugusses qui lui tombaient dessus avec les yeux brillant des étoiles de la récompense qui était mise sur sa tête.
Non mais sérieusement, qui était l'idiot qui avait mis sa tête à prix?! ... L'idiote, oui. Pardon.

Comme si il allait s'amuser à repeindre les murs d'un château, c'était d'une stupidité astronomique! Michael dormait la nuit, lui, il n'allait pas s'éclater à peindre des murs. Surtout que la peinture, ça a une odeur odieuse. Ça lui brûlait les narines. Alors imaginez, repeindre tout un château... Et puis cet avis de recherche! "Attributs de canidé" ... Oui, il l'avait mal pris, et il continue de mal le prendre. Michaël déteste être poursuivi, surtout pour un crime qu'il n'a pas commis, surtout à cause d'un usurpateur d'identité. C'est ainsi que le jeune homme avait décidé, après une mûre et calme réflexion, de pendre cet infâme imposteur par ses entrailles si le sort daignait le mettre sur sa route. Rien qu'à y penser, les adorables griffes de notre Grand Méchant Loup en sortaient déjà... Oui, le plaisir de sentir ses griffes crisser sur ses os... Juste pour qu'il ait un avant goût des désagréments que ce connard (pardonnez son langage, il est un peu irrité) lui avait causé.

Pardon? A force de tout le temps y penser, ça va virer à l'obsession? Michael était actuellement en train d'y penser parce que les dix gugusses cités précédemment lui étaient tombés dessus il n'y a pas plus tard que tout à l'heure. Et ben oui, puisqu'il est là, c'est bien qu'il s'en est sorti indemne. Enfin, presque. Un de ces abrutis qui était un peu moins manchot que les autres lui avait percé le flanc avec sa saleté d'épée. C'était la dernière chose qu'il avait faite dans sa vie d'ailleurs. Il n'avait même pas eu le temps de crier lorsque sa dague s'était enfoncée dans sa gorge.
Ça n'empêchait qu'à présent, Mike continuait de ressasser ses idées noires sans parvenir à les oublier parce qu'au moindre pas, sa blessure se rappelait à son si bon souvenir. Il ne s'en souciait plus. Il avait toujours du fil, une aiguille et du désinfectant sur lui, mais bon sang, ca faisait un mal de loup! (Parce qu'il n'aime pas les chiens)

C'est dans cet état d'esprit qu'il pénétra dans le jardin du March Hare et de Mad Hatter. Il avait déjà croisé le premier, et il l'aimait bien. Disons qu'il ne savait pas dans quelle catégorie, gibier, prédateur ou ami le ranger. Ce n'était pas pour lui qu'il était venu, il s'en balançait même un peu beaucoup pour le moment. Il se contentait d'avancer un peu à l'aveuglette, et s'était retrouvé ici, somme toute, tout à fait par hasard. Mais lorsque le vin est tiré, il faut le boire, n'est ce pas, et le loup apercevait de loin un bout d'oreille qui dépassait. Il devait être là à boire son thé... Le thé... Un jour, peut être qu'il en goutterait.

Alors qu'il s'approchait, il eu la sensation que quelque chose n'allait pas, comme un petit détail, un pet de travers, un cheveu dans la soupe... sans pour autant parvenir à mettre un nom dessus... Il l'avait sur le bout de la langue pourtant!

-Bonjour. Fit-il néanmoins d'une voix calme.

Il n'arrivait vraiment pas à trouver... On dit bien que ce sont les choses les plus évidentes qu'on ne parvient pas à voir. Oui, on le dit, et même souvent. Des fois, Michael aimerait bien que ça existe également pour lui. Qu'on arrête de dévisager ses oreilles comme si on n'en avait jamais vues des comme ça. Oui, un type avec des oreilles de loup, et alors?! Il y avait bien le March Hare qui avait des oreilles et une queue de lièvre, et on n'en faisait pas tout un plat, si?
D'agacement, Michael remit ses cheveux en place et se fit une queue de cheval, tout en tirant sur sa tignasse avec un peu trop d'énergie pour une tâche aussi simple, ses cheveux n'ayant jamais été trop indisciplinés.

-Comment allez v....

C'est à ce moment, enfin, qu'il fut touché par la grâce divine de la connaissance. Depuis quand le March Hare se servait d'enfants comme d'un paillasson? Je vous entend déjà venir avec vos "depuis maintenant", mais il y avait tout de même quelque chose qui n'allait pas. Les fous, les sadiques et les psychopathes avaient toujours une réputation grosse comme la gentillesse teintée de guimauve de Peter Pan, et ils étaient connus dans tout Queer Tales comme l'ennemi à éviter si on veut être tranquille, ou la cible de choix pour les amateurs de sensations fortes. Sauf pour les très bons qui tuaient tout spectateur, tuant ainsi la rumeur dans l'œuf.

Tout en le fixant calmement, sans montrer la moindre marque de crainte ou de méfiance, juste un froid glacial et antipathique, Michael s'immobilisa à quelques mètres du March Hare, de son pose pied et de son service à thé.

-Vous avez l'air en pleine forme, ma question est inutile.

Ce n'était pas comme si il allait tourner les talons et courir le plus loin possible. Il ne s'en pensait pas capable du fait de sa boutonnière au flac gauche d'une part, et il n'en avait pas l'envie, de l'autre. Michael n'était pas pugnace, mais ce n'était pas un lâche non plus.
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MessageSujet: Re: [Intrigue n#6] La nuit ne fait que commencer. [Libre]   Lun 12 Avr - 22:13

Alala. Je vais me faire disputer ! Michael doit être fou d’inquiétude. Son petit frère, dehors dans la nuit dangereuse de Queer Tales ? Mais quelle horreur ! Hey ! J’ai 17 ans, moi ! Je suis plus un enfant ! Quoi qu’on en dise. Bon, okay, je passe mes journées à rire et à jouer. D’accord, mon métier consiste à poser des devinettes… Et alors ? C’est pas juste de me cataloguer comme un gosse pour ca ! Je suis pas responsable, je déteste écouter ce qu’on me dit de faire, je veux qu’on fasse les choses difficiles à ma place et je préfère jouer ou discuter, c’est vrai. Mais je persiste à dire que c’est pas une raison. J’ai un couvre feu si je veux. J’ai qu’une minute de moins avec Michael ! Alors si je veux admirer les étoiles du jardin publique et pas du mien, ca me regarde. Je fais le mur si je le souhaite !

Mais…

« Tu sais ce qui me fait regretter d’être sorti ? »


Oh, oui, je regrette. Enfin, juste maintenant ! Il y a deux secondes, j’étais très heureux même si il n’y a pas d’étoiles et des gros nuages à la place. J’étais pas contre le fait de me faire arroser par une pluie glaciale ! J’ai rien contre la pluie, moi… Mais là, je peux difficilement garder mon sourire en voyant un loup qui se tient sur ses pattes arrière et qui, en plus, a le flanc en sang. J’ai rien contre les flancs, loin de là, j’adore ca ! J’aime un peu moins les loups parce que ca fait mal, quand ca mord. Même si c’est tout doux… Je préfère les chats… Mais ce que j’aime le moins c’est d’avoir le grand méchant loup en face de moi ! Celui qui a provoqué la reine ! Ah, mon dieu ! Si je l’attrapais j’aurai surement une belle récompense… Je pourrais le rendre sourd en soufflant dans ma trompette, tient ! Mais si ca rate… Et que je me retrouve les boyaux dehors… Ce serait bête. Alors je vais simplement faire demi-tour… Surtout que le loupiot à pas l’air d’humeur taquine. Et moi, pas d’humeur charitable ! Je me demande comment fait ce lapin pour tranquillement boire son thé en face de lui. Il n’a pas peur de se faire manger ? Moi j’aurais peur à sa place !

Oh, ne serait-ce pas ce cher March Hare ? Enfin, je dis « cher » mais je le connais pas… Je sais juste qu’il passe son temps à boire du thé et qu’il n’est pas très aimé de la reine. Hum, hum… Oh ! Si je le connais ! Un jour, il s’est arrêté à notre stand et a tenté sa chance. D’ailleurs, il a pas réussi… Ah mince, je me souviens plus de son secret… Zut, ca aurait pu être utile !


« Tu vas bouger l’aider ou tu restes planté là ? »



C’est moi qui pose les questions, ici ! Hum hum… Allez… Je vais le faire doucement, sans brusquer. Je m’approche. Tout doucement. Et je m’arrête ! Je rêve ou un gamin dort sous le pied du lièvre de mars ?! Mais c’est dégoutant ! Et si ca chaussure est sale, hein ?

Blague à part, je commence à flipper. Oliver Turner n’est pas le plus courageux des Twins et quand il voit un gamin brutalisé sous le pied d’un soit disant gentil lièvre qui est lui, méchamment regardé par le grand méchant loup blessé, il y a de quoi avoir peur ! La pleine lune les déchaine ou quoi ?!

« Euh… »

Aaaaaaaaaah ! J’ai PARLE ! J’ai pas fait exprès, c’est sortit tout seul ! Panique, panique. Sort ma trompette totalement inutile dans cette situation mais ca me rassure. C’est trop tard de toute façon. Je sais pas ce qui se passe ici mais… Il est clair que ya quelque chose qui cloche. Non sans blague ?

J’avance jusqu’au même point que le loup, même si je m’écarte de lui par sécurité. Devant moi, le lièvre boit sadiquement son thé sans gêne. Ses yeux sont plus rouges que le sang et ca aussi, c’est pas net. Je sers le plus fort possible ma trompette entre mes mains et articules un peu crispé :

« Hum… Il y a un problème… ? »

Non, non, tout va bien Oliver ! Après tout, qu’est-ce que la violence gratuite à d’étrange à Queer Tales ?! Mais s’il te plait Michael, prit pour que je rentre entier. Si c’est pas le cas, tu trouveras mon recueil à devinette sous mon matelas…
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MJ
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MessageSujet: Re: [Intrigue n#6] La nuit ne fait que commencer. [Libre]   Lun 26 Avr - 20:52

J'attends. Je ne m'impatiente pas. Quelqu'un finira par venir. C'est toujours comme ça. Il suffit d'y croire et ça arrive sur un plateau d'argent. De mignons petits jouets qui n'attendent que ça, que je m'amuse avec eux, que je les surprenne. Tous veulent voir la part cachée du March Hare. Celle qu'il ne montre jamais, dont il n'en a d'ailleurs même pas conscience. Une part d'ombre qu'il piétine, qu'il méprise. Les autres aussi me marchent dessus, sans rien comprendre à la douleur qu'ils font naitre en moi. A cette souffrance tant physique que mentale. Ils pensent tous que je ne ressent rien, mais ils se trompent. Chaque pas me fait mal. Chaque regard détourné me rend dingue. Je suis fou, je l'avoue, mais tout cela est votre faute. Je ne me serais jamais retrouvé là aujourd'hui, si votre indifférence crâneuse n'avait été si forte. Ce n'est pas grave tout cela. Je vous pardonne, car votre mort est toute proche. A quoi bon perdre son temps à en vouloir à des personnes qui n'en ont plus pour longtemps. Je veux juste m'amuser et le faire tuer LUI. Edward Deakin, détestable idiot, la risée de tout le Royaume. Il se salit, lui-même, et me salit tout autant. Je retrouverais ma dignité bien assez tôt. Il suffit d'attendre. Alors j'attends.

Une silhouette se profile lentement dans la noirceur de la nuit. Je ne la distingue que peu. Qui cela peut bien être ? Je suis curieux. J'ai hâte. Un petit sourire illumine mon visage tandis j'allume les bougies, trônant sur la table. Un peu de lumière ne ferait pas de mal. J'ai envie qu'on me voit, qu'on m'admire. Ce sera bien la première fois, mais pas la dernière, je vous rassure. Le temps de la noirceur est révolu, je possède maintenant mes propos couleurs. Je suis net et bien plus beau que l'autre idiot. N'en doutez pas, regardez simplement mes yeux. D'un rouge sanguin, ils pétillent, ils flambent. N'est-ce pas plus sublime que ce marron rougeâtre ?
Mon premier invité finit par se présenter devant moi. Oh ! Mais c'est ce très cher Grand Méchant Loup ! J'avais hâte de lui parler en personne, surement parce que mon double porte sur lui une attention particulière. Dans tous les cas, pauvre garçon. Il m'a l'air bien mal en point avec cette belle blessure au flanc. Il faut absolument que je l'aide. Non. Je plaisante. Le soigner signifierait gâcher tout ce plaisir des yeux, car oui, je me plait à regarder les gens souffrir. Une petite satisfaction personnelle, cruelle, mais tellement bonne.

Le loup me salue comme si de rien était. Ne voit-il rien ? Ah ! Il remarque enfin, ce jouet usé qui git sous mes pieds. Sa remarque me fait rire, bien qu'il se trompe. Je ne suis pas en pleine forme. Cette situation me pèse. On ne peut être deux dans ce monde, il faut qu'Edward disparaisse. Je lui aurait bien fait goûter à l'enfer moi-même, mais il m'est impossible de l'atteindre, de le toucher. Ce n'est pas grave. Je fais pour cela, confiance à notre chère Reine. Elle saura s'y prendre.
Je pose délicatement ma tasse. Hé oui, lui et moi avons des points communs, mais qu'importe ou tant mieux. Je ne sais pas. Il fat bien que je possède des choses du March Hare pour pouvoir l'incarner une fois celui-ci mort, mais de façon bien meilleure. Je tends ma main et me saisit de la tignasse du gosse, relevant doucement sa tête, au visage mutilé et sanglant.

« Allons, mon enfant. Dis bonjour aux invités. »

Je pouffe de rire. Il ne m'entend pas. Pour lui, ce n'est pas plus mal. Bien que ma voix soit suave, mes intonations sont cruelles. Je le relâche et reporte mon attention sur le loup, ainsi que sur le nouvel invité qui me fait l'honneur de sa présence. Sa mignonne petite tête d'enfant me dit quelque chose. Ne serait-ce pas l'un des Twins ? Ces petits farceurs sont amusants, j'espère que les deux autres le seront tout autant.
Je me lève calment et m'approche du loup, le regardant avec attention.

« Je me demande, ce qu'il peut bien te trouver ? Quel goût elle a, ta peau ? Il ne l'a pas encore touché ? Peut être si. Je ne vois pas toujours tout. Parfois, je dors. »

L'animal ne doit pas comprendre et c'est tant mieux. Peut-être dirais-je certaines choses plus tard. Pour le moment, je veux jouer. Leur embrouiller l'esprit. Après tout, ils pensent tous se trouver en face du véritable Lièvre de Mars. Enfin, véritable, c'est une façon de parler, car après tout, je suis tout autant lui que lui, il est moi.
Je me tourne doucement vers le second invité, un sourire aux lèvres. Il semble avoir peur, le pauvre. Faut dire que le March Hare que je suis ne semble pas être comme d'habitude. Me trouve-t-il effrayant ? Fais-je courir des frissons le long de son échine. A sa place, j'aurais été si excité, mais bon... ce n'est qu'un enfant.

« Et toi ? Dis moi, es-tu Oliver ou Michael ? Connais tu mon secret le plus intime, celui que je n'ai jamais révélé à personne. Celui que je garde farouchement enfouit dans mon cœur ? Non. En fait, c'est lui qui le garde. Moi, j'ai ma propre boite de Pandore. »

Je me rassoit, reposant mes pieds sur le pauvre jouet usagé qu'est l'enfant et tends la main, désignant deux sièges.

« Installez-vous, voyons. Ne vous gênez pas pour moi. Une tasse de thé, peut être ? Il est délicieux, je vous assure. Faisons un peu connaissance. C'est tellement plus agréable de déguster ce sublime breuvage en charmante compagnie. »
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MessageSujet: Re: [Intrigue n#6] La nuit ne fait que commencer. [Libre]   Ven 30 Avr - 22:36

Bon, cette fois ci, c'était vraiment officiel, il y avait quelque chose qui ne tournait vraiment pas rond. Il était bien incapable de l'expliquer clairement, mais à présent il y avait une profusion de petits détails qui lui sautaient aux yeux. Comment avait-il pu ne pas les remarquer?! Sans aucun doute parce qu'ils étaient beaucoup trop discrets pour être remarqués, à moins de savoir où chercher. Et des preuves qu'il y avait quelque chose d'étrange chez le Lièvre de Mars, à présent, il en trouvait à profusion.

A commencer par cette lueur malsaine au fond des yeux. Yeux qui d'ailleurs étaient rouges. Ça aussi ce n'était pas normal. Les yeux d'Edward étaient marron, couleur chocolat lui susurrait la gourmandise de son inconscient, sauf que ceux de ce Lièvre là, il étaient d'un rouge flamboyant, un rouge sortant encore tout chaud d'une gorge et qu'on étale sur la surface fraîche d'un marbre d'un blanc immaculé. Michael aimait bien cette couleur. Il la trouvait très jolie, alléchante aussi, mais ce n'était pas celle du lièvre. De même que cette beauté irréelle. Le lièvre de Mars était beau, mais il ne portait pas cette beauté de la même manière que celui là. Souffrait-il de dédoublement de la personnalité? Il trouvait une impression presque de malsaine dans sa manière de se porter, de respirer, de sourire, et de se faire admirer à la manière d'une bougie. Il fallait admettre qu'utiliser un gamin en repose petons était un facteur plus que grandissant pour cette impression.

Mais en même temps, il n'arrivait pas à admettre l'idée qu'Edward soit quelqu'un d'autre qu'Edward... Et il n'avait pas les idées assez claires pour vraiment y réfléchir. La douleur et le manque de sang brouillaient son esprit.

Nous parlions de malsain, et voilà qu'il faisait mumuse avec son repose pied. Un frisson glacé descendit le long de son échine, partit du bout de ses oreilles jusqu'au bout de sa queue. En lui, un instinct hurlait, gravait au fer rouge vif avec des petites lampes clignotantes "DANGER" en capitales d'imprimerie.

Tellement concentré qu'il l'était sur le Lièvre, ou ce qui ressemblait au lièvre, la chose était trop compliquée à son goût, il n'avait pas entendu l'autre approcher, et il fut un bond de trois mètres, réflexe malheureux qui eut pour conséquence de tirer sur sa jolie petite blessure bien douloureuse comme il faut.

-Bonsoir...

Question d'habitude et de politesse élémentaire sans doute, mais le ton de sa voix était légèrement amer sur les bords. Ce n'était pas à l'intention du nouveau venu, naturellement, mais bien envers lui même; Ce n'était pas parce qu'il se sentait sur le point de s'évanouir que ça y est, il fallait ne regarder qu'une seule personne et oublier toutes les autres! Mauvais. Très mauvais pour la santé.

Mais son attention, il fut bien forcé de la reporter sur l'autre, car le voilà qui s'approchait. Il fronça les sourcils. Ce qu'il disait était incompréhensible. Pourquoi il parlait d'un autre? Il parlait de lui même? Le Lièvre de Mars était il devenu schizophrène? Mais quand c'est le cas, on ne garde pas les souvenirs de l'autre, non? Alors que là ça semblait être le cas...

Au bout d'un moment, Michael en eut marre. Il détestait ça. Il n'aimait pas ne pas comprendre, et il détestait se sentir dans la peau d'une proie. Et voilà que l'autre semblait mort de peur, et que le Lièvre aux yeux rouges (il allait les différencier comme ça) se délectait largement de cette crainte qu'il inspirait. Michael détestait ça, et ça l'énervait.

Alors, toujours silencieux, Michael finit par faire son choix. Il bougea, tout en serrant les dents, maintenant qu'il était tendu, sa plaie le tirait au moindre pas, et il s'approcha de la table. Et soudain, sans le moindre préavis, il lança la dague qui était passée de l'intérieur de sa manche à sa main, et qui à présent était allée se ficher dans la tête du repose pied, y pénétrant avec la même facilité que si c'eût été du beurre tout en produisant un bruit, mélange de craquement et de succion tout à fait écœurant.

-Merci bien. A vrai dire, je meurt de soif.

D'un mouvement du poignet, il fit jouer les fils qui étaient rattachés à sa dague, et la fit de se faire revenir vers lui, l'ôtant de la tête du garçon. Le liquide carmin et la pulpe rosâtre qui en dégoulina lleur fit penser à un melon trop mur qu'on venait de percer. Il continua tranquillement, et attrapa l'une des serviettes en tissus qu'Edward, en bon gentleman, n'avait évidemment pas oublié de déposer avec le service à thé. Avec sa trouvaille, il nettoya son arme maculée de ce si beau nectar, et la dague retourna dans les ténèbres de ses manches.

Pourquoi, alors qu'à présent des rumeurs, sans doute fondées, plaçaient le loup dan s l'espèce en voie de disparition des dragibus, pourquoi diable avait-il fait une chose pareille? Et bien parce qu'il se sentait menacé, irrité, et surtout, il avait l'impression de n'être pas dans le bon échelon de la chaîne alimentaire. Et cette sensation l'irritait, sans oublier ce parfum de fleur, de sang et de mort qui lui collait à la peau. Mike n'arrivait pas à penser, alors il retournait à la base des instincts. Il aurait tout le temps de regretter son meurtre plus tard.

Le loup s'installa donc, croisa ses jambes d'un air totalement décontracté, air que démenait la lueur adamantine de ses yeux. Attendant qu'il se serve, il replaça les mèches de sa queue de cheval sur une de ses épaules afin qu'elles ne le dérange pas assis, sans pour autant quitter Edward des yeux, ou adresser le moindre regard à l'autre, préférant se concentrer uniquement sur la plus grande menace des deux.

-Tu m'as l'air changé. Nouvelle coupe? Nouvelles lubies? Nouvel habitant peut être?

Sa voix avait quelque chose de glaçant. Un mélange de froideur, d'indifférence, de moquerie, d'ironie, et un très légère pointe de colère en trame de fond. Ce n'était vraiment pas le genre de voix que Michael utilisait au quotidien. Un instant, il pensa qu'il allait ravager le fauteuil avec son sang, mais il rangea cette stupide idée dans un coin de sa tête.
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MessageSujet: Re: [Intrigue n#6] La nuit ne fait que commencer. [Libre]   Sam 15 Mai - 11:58

Hanaé, sur un arbre perché tenait entre ses mains une feuille de papier. A ses côtés se trouvait un panier qui, visiblement, n’avait pas l’intention de se remplir de pommes tout seul. Raaah, quel dommage d’ailleurs. Cela aurait beaucoup plus à la fillette. Plus besoin de perdre son temps à chercher les pommes qui lui étaient accessibles, à chercher comment atteindre les inaccessibles, pas plus qu’à devoir vérifier lesquels étaient grignotés, ou habités. Oui, parce que ce qu’on ignore souvent, c’est le nombre de vers qui ont élus domicile dans des fruits de vergers. Im-pres-sio-nant ! Et puis, ç’aurait tellement plus facile pour les vendre ; plus besoin de vérifier lesquels étaient murs ou non. La fillette grinça des dents. Décidément, elle n’était pas faite pour réfléchir. A chaque fois, cela lui donnait un mal de crâne abominable. C’est pour cette raison qu’elle avait arrêté de réfléchir, depuis... Tout compte fait, elle n’avait jamais commencé à réfléchir, ce qui expliquait un peu le personnage haut en couleurs. Quand quelqu’un ne raisonne pas, c’est difficile de le comprendre, n’est-ce pas ? Elora passait souvent pour folle à cause de cela d’ailleurs. Hélas, combien de personnes ont déjà essayé de la comprendre ? Tout compte fait... un bon nombre. Mais personne n’y était arrivé. Et la fillette restait, reste, et risquait de rester un mystère pour quiconque l’approchait (et pour quiconque ne l’approchait pas). Un mystère étrange, bizarroïde, et pour le moins original, mais un mystère tout de même. Libre à vous de tenter de le déchiffrer.

Bien que la fillette aurait pu rester dans son arbre toute la journée, elle n’avait pas que cela à faire, et reprit donc sa récolte. Une fois cette dernière finie, et légèrement faite à la va-vite, elle descendit de son perchoir. Avec difficulté, je le reconnais. Enfin, le problème résidait dans la taille et le poids du panier. Seule, elle s’en serait sortie certainement beaucoup mieux. Enfin... bref. Avec son habituel sourire aux lèvres, son panier de grande taille dans les mains, et son papier où était inscrit les noms des personnes à qui elle était censée livrée coincé où il pouvait l’être, elle se mit en route. Ce n’était pas tout ça, mais elle avait des pommes à livrer, elle... même si la moitié finirait mangé avant d’être arrivé à destination, comme d’habitude. Comme d’habitude...

Bon, petite éclipse temporel. Et nous retrouvons Hanaé après sa tournée, toujours souriante, avec son panier, à présent à moitié vide. Elle gardait toujours quelques pommes en réserves, en cas de petits creux, et les trognons qui jonchaient le fond du sac témoignaient du bel appétit de la jeune fille. Et à la place de la feuille de papier, elle avait à présent une pomme, étonnant, n’est-ce pas ? Ayant terminée, pour de bon, sa tournée au royaume de la reine de cœur, elle s’apprêtait à rentrer chez elle, quand elle se rendit compte qu’elle s’était perdue. Comme d’habitude, quoi ! Et oui, la fillette passait son temps à se perdre, alors qu’elle était censée connaître les lieux pour ses tournées. Comme quoi, il n’est absolument pas obligatoire d’avoir un bon sens de l’orientation, ou d’être capable de retrouver son chemin pour être vendeur ambulant. Mais, puisqu’elle n’avait pas l’intention de rester perdue, Hanaé grimpa dans un arbre, pour espérer retrouver sa route. Sauf que cela ne l’aida pas le moins du monde. La seule chose qu’elle vit du haut de la cime fut des arbres, des arbres, encore des arbres. Enfin, devant elle. Quand elle pensa à se retourner, elle vit un... truc, non identifiable à la distance où elle était. Mais une chose était sûre, ce n’était pas une partie de la forêt. Piquée par la curiosité, elle partit dans cette direction. Quitte à être perdu, autant ne pas l’être dans une forêt.

Après des tours, des tours, des retours, et des détours, elle finit par arriver à cette zone qu’elle avait aperçue. Tout d’abord, la première constatation que la fillette fit : il s’agissait d’un jardin. Deuxième constatation : il ne lui était pas inconnu. Impossible, par contre, de dire à qui il appartenait, et d’où elle le connaissait. Mémoire ô combien sélective que celle d’Hanaé. Il y avait des choses, comme cela, qu’elle oubliait. Pouf. Plus rien. Sa date d’anniversaire, par exemple. Ou encore, qu’est-ce qu’elle pouvait bien faire dans un endroit précis. Enfin, pour en revenir à la fillette en elle-même, elle partit à la découverte de ce lieu ; la curiosité des enfants, vous devez tous la connaître, non ?

Après avoir tourné en rond, papillonné de si, de là, elle finit tout de même par se rendre compte de la présence de l’immense table, trône au milieu du jardin, aussi évident qu’un nez au milieu de la figure. Mais Hanaé avait tout de même réussi à ne pas la voir. Quoi que... circonstance atténuante : la nuit était tombée, et les étoiles semblaient jouer à cache-cache avec les nuages. Pas très pratique pour voir. Et plutôt que de faire le tour, comme toute personne normalement constituée l’aurait fait, pour voir si quelqu’un était installé à la table, elle passa en dessous, traînant comme elle pouvait son gros panier derrière elle. Ne me demandez pas le comment, ni le pourquoi elle a fait cela ; même-moi, j’ignore la réponse.

Une, deux, trois. Trois paires de jambes, accompagné d’un truc non-identifiable dans l’obscurité qui régnait sous la table. Donc, impossible de savoir si ce truc était animal, végétal, ou minéral. Même si la fillette le classait plus dans la première catégorie. Bon, maintenant qu’elle savait qu’il y avait des gens et qu’elle n’était pas, de ce fait, toute seule (logique implacable, n’est-ce pas ?). Elle fit donc demi-tour, et, un peu plus loin, sortie du dessus de la table. Une fois debout, souriante, son panier toujours à la main, elle se rendit donc vers les inconnus. Pourquoi avait-elle d’abord voulu savoir s’il y avait quelqu’un ? Mystère. Qui resterait mystérieux. Quand je vous dis que cette fillette ne pense pas !

-Boooooooooooooooooooooooooonsoiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiir !!


Si les personnes autour de la table de s’étaient pas encore rendu compte de sa présence, c’était maintenant chose faite. Personne n’aurait pu ignorer un tel... cri ? Hurlement ? Truc indéfinissable ? Enfin. Maintenant, elle pouvait regarder et observer les hommes présents. Le premier était... ou plutôt ne lui était pas inconnu... mais d’où donc le connaissait-elle ? Elle se mit à réfléchir. Un client ? Non, elle s’en serait souvenue. Quelqu’un à qui elle avait joué un tour ? Pas à sa connaissance. Alors... qui était-il ? Aïe ! Le mal de crâne d’Hanaé était revenue ; elle avait trop réfléchit. Comme le premier ne lui revenait pas, elle passa au second. Et lui aussi ne lui était pas inconnu. Et lui, elle savait pourquoi elle le connaissait. Sa tête était placardée partout sur des affiches. Mais quelque chose la dérangeait. Elle se rapprocha donc de lui pour essayer de voir pourquoi. Après quelques minutes d’analyse, une fois la douleur à la tête passée, elle finit par trouver ce qui la déranger : sur l’affiche, il avait des moustaches. Mais pas là. Normal, quand on savait que c’était elle qui les avait rajouté à la main sur le dessin le représentant. Petit détail qu’elle avait, bien évidemment, oublié. Hanaé finit par se dire qu’il avait juste eu envie de changer. Et puis, venait le dernier personnage. Lui, semblait être... mal à l’aise. Ennuyé peut-être. Mais qu’est-ce qu’il pouvait avoir de beaux yeux !
Tout sourire, elle se rapprocha du petit groupe, et fit ce que n’importe qui à sa place fit :

-Une pomme ?

... Ou pas. Quand on était perdu, en compagnie d’inconnu, en général, on ne propose pas des pommes. Mais que voulez-vous... on ne change pas en quelques instants le caractère d’une fillette de dix ans... surtout quand celle-ci habite depuis un certain temps déjà à Queer Tales.
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MessageSujet: Re: [Intrigue n#6] La nuit ne fait que commencer. [Libre]   Dim 23 Mai - 19:27

Oliver aimait assez les surprises Toute sorte de surprise, à vrai dire. Enfin pas tout à fait : Seulement les bonnes. Qu’est-ce qu’une surprise ? Quelque chose qui sort de l’ordinaire. Quelque chose que l’on ne l’attend pas. Alors Oliver était en plein dans la plus sombre des surprises qu’il n’avait jamais vu. Un ramassis d’ombre, de ténèbres, de rouge sang et de sang rouge, de tension et de suspicion.

C’est un vantard, un gamin imbu de lui-même, qui parle beaucoup. Oliver n’a jamais quitté l’enfance. N’aime pas le sérieux, l’effrayant, sauf s’il le demande et seulement dans ce cas là. Or, en ce moment même, il ne souhait qu’une chose : Ignorer ce que ses yeux lui montraient. Mais c’était impossible. Ses articulations blanchirent à force de serrer sa clée. Et l’inconnu se leva, lui arrachant un frisson dans le dos, bien qu’il fut incapable de bouger.

« Oh Michael, s’il te plait, viens me réveiller ! Je ne te volerai plus jamais ta part de gâteau ! »


Trois fois hélas, de telles supplications étaient inutiles. Il était bien réveillé, il le sentait dans la douleur qui lui taraudait les mains. Il le sentait à son ventre qui se tordait. A sa conscience qui, n’ayant jamais grandit comme son maitre, lui hurlait que ce n’était pas un jeu. Oliver suivit des yeux le March Hare qui plus il avançait, plus il semblait menaçant.

« Je me demande, ce qu'il peut bien te trouver ? Quel goût elle a ta peau ? Il ne l'a pas encore touché ? Peut être si. Je ne vois pas toujours tout. Parfois, je dors. »

Le twins ne comprit pas un traitre mot de ce que cela signifiait. Et il doutait que le loup y ait comprit quelque chose également. Mais cela n’avait guère d’importance. Ou alors, cela en avait… Mais ils ignoraient le degré de signification dosé dans ces mots. Peut-être que le méchant loup était intime avec ce monstre et que cela ne les regardaient qu’entre eux. Peut-être qu’ils allaient le laisser partir jouer plus loin… Lui qui n’avait surement pas sa place ici…

« Ne me regarde pas, ne me regarde pas, ne me regarde pas ! »


Les yeux clos les plus fort possible, il crut une seconde à un miracle. Se réveiller dans son lit, Michael dans ses bras, loin d’un enfant couvert de coups, loin d’un fugitif en sang, loin d’un Lièvre de Mars effrayant, oui, loin de tout ca. Parce que cela ne pouvait pas lui arriver à lui ! Mais il dut retomber de son nuage.

« Et toi ? Dis-moi, es-tu Oliver ou Michael ? Connais-tu mon secret le plus intime, celui que je n'ai jamais révélé à personne. Celui que je garde farouchement enfouit dans mon cœur ? Non. En fait, c'est lui qui le garde. Moi, j'ai ma propre boite de Pandore. »

Il les rouvrit brusquement, le souffle coupé de voir le monstre aux yeux rouges devant lui, si près. Et il se souvenait l’avoir déjà rencontré, c’était bien là le pire !

« Je n’aime pas qu’on me pose des questions, ne m’en pose pas ! Je n’en sais rien ! »


Devait-il répondre ? Répondre pour dire qu’il n’en savait rien ? Un secret, disait-il. Oh oui, tout le monde a un secret, un secret dans son petit jardin. Et les Twins, odieux soient-ils, s’amusaient à en violer l’entré pour y découvrir la vilaine cachoterie. Il en avait appris tellement. Et ils lui sortaient tous de l’oreille droite après avoir été entendu par la gauche. Car si c’était amusant, c’était inutile de sauvegarder tous ces souvenirs. Pourtant… Les violés n’oubliaient jamais cet outrage à leur intimité. D’autres s’en fichaient… et d’autres pas. Michael et Oliver n’avaient même pas conscience que c’était mal d’ainsi exposer les secrets d’autrui. Et le savoir n’aurait rien changé. C’était leur gagne pain, leur jeu, leur soleil de la journée. Fais-moi rire. Hihi.

Enfin, il y avait au moins une question auquel il pouvait répondre. Ouvrant ses lèvres il souffla quelques mots étranglés :

« Oliver… Je suis Oliver. »

Gardant le reste sous silence, il regarda le lièvre de mars s’asseoir tranquillement sur son siège, les pieds confortablement installés sur l’enfant épuisé et inconscient.

« Installez-vous, voyons. Ne vous gênez pas pour moi. Une tasse de thé, peut être ? Il est délicieux, je vous assure. Faisons un peu connaissance. C'est tellement plus agréable de déguster ce sublime breuvage en charmante compagnie. »

« Comment… »


Comment peut-il être si indifférent ? Parce qu’il n’est pas humain ? Parce qu’il a de la pierre dans la poitrine ? Ou parce que comme tant de personnes dans ce pays, ce genre de chose l’amuse, l’exalte ? Espèce de barbare.

Mais des mots restent des mots, surtout si tu n’as pas le courage de les prononcer. Ce que tu n’as pas évidemment… Pauvre enfant. Pauvre vous, pauvre nous. Ne t’étrangle pas de panique, cela ne te va pas. Et Slaptch.

« Ah! »

« Merci bien. A vrai dire, je meurs de soif. »

Oliver dut lâcher sa trompette pour plaquer ses mains sur sa bouche. Pour ne pas hurler. Ce loup était aussi ignoble qu’il le pensait. Le twins avait peine à croire que cette personne devant lui venait d’ôter la vie à une innocente personne. Planter sa dague dans son crâne, l’assassiner lâchement dans son sommeil, lui arracher son âme. C’est un enfant ! Ce n’était qu’un enfant ! Le garçon se sentit se liquéfier sur place. Mon dieu, nom de dieu, que faisait-il avec ses malades ?! Il se serait bien jeté au pied du cadavre pour pleurer sur son pauvre corps mais, la seule pensée de se rapprocher trop près d’eux le paralysait. Il était si faible, si inoffensif… Et eux si imposants.

S’asseoir ? Boire à leur coté ? Mais plutôt crever, mon cher ! Si ce n’était pas ce dont il était destiné avant la faim de l’heure…

« Tu m'as l'air changé. Nouvelle coupe? Nouvelles lubies? Nouvel habitant peut être? »

Sans bouger d’un pouce, il lança un regard noir et accusateur sur le loup. Il se demandait même qui était le plus pourri entre cet Edward et ce chien. Soit, le lièvre l’avait tabassé. Mais qui l’avait assassiné ?

Mais ce n’était plus le moment de penser à ce cadavre. Oliver avait peur de mourir s’il restait là encore une minute de plus. Et toute la pitié qu’il éprouvait pour cet enfant ne lui était pas assez chère pour sacrifier sa vie. Le jeune homme prit une grande goulée d’air, prêt à courir. Si seulement…

N’avait pas résonné cette voix…

« Boooonsoiiiiir !! »

Il jura que son cœur avait cessé de battre. Ce cri lui avait percé les tympans, il en était certain. Une voix aigue, enfantine et féminine. Mais… Pourquoi maintenant ? Pourquoi ici ?

« Mais que fait cette gamine là, bon sang ?! »


Il était tard, il faisait nuit, et elle était si frêle, si seule. Il ne pouvait quand même pas se sauver sans elle, la laisser là avec ces deux malades ! Qui qu’elle soit. Elle ne devait pas connaître le même sort que l’autre… !

« Une pomme ? »

S’il avait réfléchi, il ne se serait pas approché. S’il avait réfléchi, il n’aurait pas attrapé sa main. S’il avait réfléchi, il ne l’aurait pas enlacé contre lui, comme un grand frère qui protège sa sœur. Or, une chose distinguait Oliver de Michael : Lui, agissait avant de réfléchir. Alors il se retrouvait là, devant la table, la gamine contre lui à l’abri de ses bras. Le panier de pomme gisait au sol sous son geste brusque, ses fruits roulant sous la table pour cogner les pieds des deux hommes ou rouler encore plus loin.

« Ca suffit ! »

Aussi crédible qu’une vierge effarouchée. Il y avait tellement de peur dans ses yeux que c’était presque à mourir de rire ! Il crispait ses mains sur l’enfant, essayant de calmer ses tremblements. Il se rendait seulement compte qu’il était à un pas du loup et du lièvre. Qu’ils leur suffiraient de tendre le bras pour l’assassiner, lui et l’enfant. Un était déjà mort, deux, voir trois, c’était trop ! Et Dieu sait à quel point Oliver n’est pas taillé pour le rôle du héros. Comme il aurait été heureux de voir un mec baraqué débarqué pour les défendre ! Heureux que cette fille ne soit pas mise juste à coté d’eux, le forçant à s’approcher ! MAIS POURQUOI T’AS BOUGE ?! Tu pouvais pas rester à ta place ?!

« Oh mon dieu, OHMONDIEU ! »


Paniques pas, ce n’est plus l’heure. Il fallait y penser avant, mon garçon.

« Qu’est-ce que tu bien faire, maintenant ? »


Bonne question, bonne question. As-tu la réponse à cette énigme ?

« Et si… Vous alliez droit au but ? Qu’est-ce que vous voulez ? »

Parler, parler. Savoir ce qu’il veut, le lui donner et s’en aller. Sa paire d’yeux figée sur le lièvre essayait tant bien que mal de ne pas éviter son regard.

« Et s’il voulait nous tuer ? »


Fort possible, fort possible… Que vas-tu faire si tel est le cas ? Te battre ? Ahahah !

« Nous allons vous laisser discuter entre… »

Assassins ? Montres ? Meurtriers ?

« Vous… »

Plus prudent, j’en conviens. Lentement, Oliver esquissa un pas en arrière, entrainant avec lui la petite fille. Il souffla à son oreille, comme un avertissement et une confidence :

« Chut… »

Faites qu’on le laisse gentiment s’en aller, faites qu’il puisse voir le prochain levé de soleil vivant.
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MessageSujet: Re: [Intrigue n#6] La nuit ne fait que commencer. [Libre]   Lun 31 Mai - 0:39

[Je me relirais demain. ^^']

Le couteau vint se ficher dans le crane de l'enfant. Sa mort a été plus rapide que prévu. Je ris doucement de la bêtise de cet homme. Croyait-il m'impressionner en faisant cela ? Affirmer son penchant pour le sang qui, jusque là, était dissimulé ? Le louveteau devient enfin loup ? Un vrai de vrai ? Un méchant ? Tant, mieux. Tant mieux. Il m'arrange, puisque mon jouet, je ne pouvais le tuer malgré ma grande envie. Bientôt, ils auront une surprise, surtout pour celui qui vient de faire la sale besogne pour moi. Sans se douter, il vient de donner vie à l'un des miens.
Je me penche et caresse doucement la tête de l'enfant. Sa souffrance est terminée. Il se repose. Il aura même toute l'éternité pour le faire, et bien plus encore. Ce n'est pas plus mal. Il ne réalise pas la chance qu'il a. Ce monde est bien trop noir pour un enfant innocent. Il était bien trop faible pour affronter le cruauté de ses habitants. Bien trop naïf, puisqu'il n'avait pas senti le danger en s'approchant de moi.
Mon sourire est tendre, tandis que je le regarde. J'aime côtoyer la mort. Elle est si calme et silencieuse. Elle m'écoute sans m'interrompre. Accepte mes délires sans porter le moindre jugement. Elle rit avec moi. S'amuse. Mon repose pied sera -un fois mes invités partis- un agréable compagnon, avec qui je pourrais discuter toute la nuit durant. N'est-ce pas magnifique ? Car oui, je suis un homme des ténèbres. Je ne vis que lorsque le soleil à fait place à la lune, car dans la journée, je suis bien obligé de regagner la place qui est mienne. Enfin, cela ne durera pas longtemps. Une fois qu'Edward sera mort, je me ferais une joie de saluer le soleil, cette boule de feu qui, jusque là, me privait de toute couleur.

Je finis par me redresser et pose mon regard sur Oliver qui a réussi à articuler son nom. Qu'il est mignon avec son expression de terreur et sa main plaquée contre sa bouche. Je me régale de ce spectacle, qu'il m'offre sans savoir. Il n'a jamais dû voir de meurtre en direct. Te voilà initié, mon mignon. Je suis honoré que ton baptême morbide se fasse en ma compagnie. Et toi ? Est-tu heureux de savoir que c'est avec moi ou ton petit esprit est trop étriqué pour pouvoir apprécier autant la chose que moi ? Sûrement. Après tout, toi aussi, au fond, tu n'es qu'un enfant. T'identifies-tu à ce jouet inerte qui repose sous mes pieds ? Imagines-tu ta propre fin, en voyant la sienne ? Ne sois donc pas si pressé. Ton tour viendra bien assez tôt, mais malheureusement pour moi, je n'y jouerais aucun rôle.
Je reviens sur le loup. Meurtrier du jour. Quel beau titre. Il est assit, détendu. Une belle comédie, en somme. Il vient de tuer quelqu'un, alors qu'il y a quelque temps, il ne savait pas ce que la jalousie voulait dire. C'est mignon. S'il se complait dans cet état de fait, tant mieux. Ce n'est pas moi qui irait lui faire la morale. Je laisse ce rôle à Edward. Gentleman pacifiste, il est fait pour ça. Indéniablement.

« Si j'ai l'air changé, c'est parce que je ne suis pas moi. Voilà tout. Alors surveille tes paroles. Ton cher Edward est peut être faible, mais sache que ce n'est pas mon cas. »

Je souris. Ma voix est douce, presque chantante. Je ne le menace pas, non. Je mets juste les choses au clair. Qu'on ne me prenne pas pour le demeuré lapin-buveur-de-thé. Je n'aime pas trop ça et ca pourrait nous gâcher à tous, la soirée.
Enfin, pour le moment, elle se déroule à merveille, d'autant plus qu'une nouvelle invitée vient d'arriver. Ça manquait de présence féminine, il est vrai. Je lui rends joyeusement son « Bonsoir. » tout en servant quatre tasses de thé.

Oliver, serrant la fillette dans ses bras, a enfin trouvé le courage de parler. Ses questions sont bien bêtes. Bien naïves. Enfin, c'est ce qui fait le charme des enfants.

« Ce que je veux ? Mais mon petit, c'est toi qui est venu me voir. Moi, je ne recherche qu'un peu de compagnie. Tu n'as pas envie de me connaître ? »

Apparemment non.
Serrant la fillette dans ses bras, il semble vouloir prendre ses jambes à son cou et fuir. Il m'amuse vraiment.
D'un coup, sous mes yeux, une petite tête d'enfant apparaît. Il a la même apparence que mon repose-pied, excepté ses yeux d'un rouge sang, comme les miens. Il s'approche doucement du Twins et lui attrape le bras, le visage illuminé par un sourire.

« Coucou ! Reste avec nous. On va bien s'amuser, ensemble. »

Puis l'enfant regarde la petite fille et les pommes qui jonchent le sol, d'un air gourmand.

« Dis, dis ! Je peux avoir une pomme ? »

Sans attendre la réponse, il se précipite vers moi, pour s'installer sur mes genoux, non sans avoir donné un coup de pied au cadavre dans un sonore « Vilain-pas-beau. ». Je ris. Ça me fait plaisir de le voir libre.
J'observe ensuite le loup. Quelle réaction va-t-il avoir en voyant la copie exacte de l'enfant qu'il vient de tuer. Va-t-il vouloir mettre fin aux jours de celui-là, aussi ? Il ferait mieux de ne pas y penser, car il n'y arrivera pas.

« Allez, venez tous les deux. Vous ne voulez pas faire ma connaissance et celle de cet adorable enfant ? »

Je dispose les tasses de thé et donne un gâteau au petit bout de choux sur mes genoux.
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MessageSujet: Re: [Intrigue n#6] La nuit ne fait que commencer. [Libre]   Lun 31 Mai - 8:25

Il ne comprenait pas pourquoi l'autre semblait si choqué. A Queer Tales, ce n'était pas comme si les meurtres n'étaient pas des choses courantes après tout. Michael n'aimait pas tuer. Il n'aimait pas tuer parce qu'il savait que c'était une action irrémédiable, et que, à l'instar des animaux, donner la mort inutilement était, pour lui, une chose absurde et atroce.
Cependant, là, il y avait une utilité. Parce que savoir que se gosse était là le dérangeait, il avait conscience de sa présence, même couvert de bleus et inconscient. Ca occupait une part de son esprit, et le distrayait, même un peu. Et entre la douleur et la perte de sang, il se distrayait déjà assez comme ça tout seul pour en plus en rajouter. Et puis, il n'aimait pas les gosses. Il n'aimait pas les enfants et leur innocence frôlant la stupidité. De même que cet Oliver l'agacait à être terrifié comme ca..... Herbivore, va! De même que l'autre gamine l'agaçait à ne pas savoir décrypter l'ambiance. Ce type était pas clair, et elle allait vers lui en lui proposant des pommes, et surtout en criant. Il avait mal aux oreilles à présent.

Et il n'accordait pas un seul regard aux herbivores. Si ils voulaient de sa considération, ils n'avaient qu'à être plus haut placés dans l'échelle alimentaire. Parce que là, ils étaient plus qu'au raz des pâquerettes, et cette faiblesse lui mettait les nerfs à vif. Qu'ils s'en aillent. Qu'ils crèvent. Oui, devait il les tuer eux aussi, pour avoir enfin le calme? Michael avait mal à la tête. Il poussa un nouveau soupir. L'idée de commettre un triple homicide était de plus en plus tentante, douceâtre, tentante. Et en même temps,il savait qu'il s'en voudrait à mort de ces meurtres une fois l'esprit reposé. Alors que faire... Tuer ou ne pas tuer?
En attendant d'avoir une réponse à cette grande interrogation, il regardait le lièvre agir. Doux, tendre. Incompréhensible. Il savait que le Lièvre de Mars n'était pas réputé pour sa propension à avoir des actes dictés par la logique des choses, mais tout de même, il pourrait faire un effort!
Michael finit par se masser les temps. Trop d'informations à traiter. Si il demandait à l'autre de lui laisser utiliser un des lits de la maison pour se reposer, il le laisserait le faire? Ou bien il profiterait de son sommeil pour l'égorger vite fait bien fait?

Sa réponse eut le mérite de piquer sa curiosité. Pas lui? Ce n'étaient pas les mêmes? Ses yeux, pour le coup, avaient perdu toute lueur d'agacement ou de lassitude. Ils avaient retrouvé leur éclat ordinaire. Immenses, candides, avec un éclat d'innocence ouverte sur le monde et les êtres. Et une lueur d'amusement qui couvait sous la cendre.

-Edward n'est pas à moi. Qui es-tu si tu n'es pas toi?

Pourquoi avait-il cru bon de relever ce point de possession? Parce qu'il n'aimait pas qu'on croit qu'il y avait des choses qui étaient à lui alors que ce n'était pas le cas, pardi! Pas une seule seconde l'idée selon laquelle ce n'était qu'un exercice rhétorique l'effleura. C'est ce qui arrive avec les enfants. Ils prennent tout au premier degré.

En parlant d'enfant, voilà qu'un autre était arrivé. Même tête que celui qu'il avait tué en fait. Il n'était pas mort celui là à la base? Si, il l'était, on voyait encore son cadavre et la tâche de sang. Ça commençait déjà à sentir la mort... Son ombre s'était relevée de terre pour prendre la place du cadavre? C'est possible ca? Étrange... Très étrange. Les yeux du loup étaient posés sur ce gamin qui gambadait avec le sourire. Froids. Calculateurs. Le loup n'aimait pas qu'on bousille son travail. Et il n'aimait pas les gosses. Il y en avait suffisamment comme ça à côté pour qu'en plus les morts, les ombres ou la poussière, que sais-je d'autre, se lèvent et entrent dans la danse, bon sang.
Si il le tuait, il continuerait à être remplacé? Un sourire mi enfantin, mi carnassier naquit sur ses lèvres. L'idée pourrait être amusante à mettre en application. Pas pas tout de suite.

-Tu peux m'expliquer?

Les yeux du loup brillaient de curiosité. De tous les sentiments qui l'animaient, c'était celui ci qui avait fini par primer. Il voulait savoir, comprendre ce qu'il se passait. C'est bien connu, les enfants sont avides de savoir.

En attendant, il saisit l'une des tasses. Si il les avait servies, c'était bien pour qu'on les boive, non? Il la porta devant son visage, et huma l'odeur qui s'en élevait, avec un brin de méfiance.
Il ne savait pas pourquoi, mais il avait l'étrange impression que glisser un peu de poison au fond d'une théière ne l'aurait pas dérangé outre mesure.
Mais en même temps, Ed était un amoureux du thé... Il aurait préféré se couper une oreille plutôt que de souiller le thé avec du cyanure ou de l'arsenic, il en était certain. Mais c'est vrai. Ce n'était pas Edward.

De ne pas être sûr était assez agaçant dans la mesure où il avait envie de le boire, ce thé. Juste histoire de voir si il allait avoir chaud, comme la dernière fois, ou bien si il allait parler en "saperlipopette" et en 'poil au machin" comme Edward à la foire. C'était amusant, ce genre de thé. C'était comme les pochettes surprises.
Un sourire radieux fendit son visage à l'évocation de ce souvenir. Le Michael habituel était de retour. Le jeune loup à qui on ne donnerait pas plus de dix ans malgré son apparence, elle, bien adulte.
Il allait attendre de voir ce qu'il se passerait lorsqu'un des deux herbivores boirait ce thé. Si jamais ils ne tombaient pas au sol la bave aux lèvres en se tenant la gorge, ou tout simplement raides morts dans leurs tasses de thé, alors il boirait le sien.
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MessageSujet: Re: [Intrigue n#6] La nuit ne fait que commencer. [Libre]   Ven 20 Aoû - 15:20

Rencontrer quelqu’un, c’était déjà une chose. Envie de le connaître, s’en était une autre. Mais rencontrer et vouloir connaître un malade, un vrai malade, ca, non ! La question même était stupide, et cette imitation du lièvre le savait très bien. Ainsi, il n’était pas Edward Deakin, mais juste un imitateur. Il l’avait lui-même, en disant qu’il n’était pas « lui-même », et qu’ils n’avaient pas le même caractère. Bien que ce n’était pas très rassurant, Oliver se sentait un peu soulager. Quoi que d’un côté, cet être, s’il n’était pas Edward, pouvait bien être extrêmement dangereux –et il était évident qu’il l’était- et n’était surement pas un gentleman. Surement n’aurait-il aucun problème à tuer des enfants comme eux.

Oliver resta donc muet, puisqu’une réponse était inutile. Il préférait se faire oublier, plutôt que d’engager une conversation, au risque d’y laisser sa peau.
Mais oublier de parler ne l’empêcha pas de manifester une surprise significative quand une silhouette enfantine s’approcha de lui. Ce n’était pas tant que ce soit un enfant qui l’effrayait, évidemment. Mais plutôt le fait qu’il ressemble comme deux gouttes d’eaux à l’enfant mort, encore sous les pieds du faux lièvre. Yeux rouges à part.

« Coucou ! Reste avec nous. On va bien s'amuser, ensemble. »

Il sursauta et fit un pas en arrière, entrainant la gamine avec lui. Qu’est-ce que c’était que cette affreuse plaisanterie ? Depuis quand on se dédoublait quand on était mort ? Et on ne lui fera pas avaler que ce gamin avait un frère jumeaux albinos. Son incompréhension, c’était ce qui l’effrayait le plus.

« Dis, dis ! Je peux avoir une pomme ? »

Mais manifestement, la petite fille était un peu plus effrayée car d’un coup, il la sentit très lourde dans ses bras. Malgré sa surprise qui s’atténua à cette découverte, il la secoua un peu. La jeune fille ne répondait pas.

« Hey, tu m’entends ? »
« Bon, dieu, ca y est, c’est fini »


Avec une évanouit dans les bras, la tentative de fuite devenait plus délicate. Elle n’était certes pas lourde, mais c’était encombrant de courir avec une gamine dans les bras. Surtout qu’Oliver n’était pas très fort aux cent mètres.

Le petit froussard qu’était Oliver n’eut pas à s’inquiéter trop longtemps. Sans attendre de réponse, le garnement s’en alla retrouver ce qui semblait être son ami. Soit, Edward. Il ne manqua pas de donner un coup de pied à petit corps inerte, chose qui semblait incompressible. Pourquoi frapper ce corps, qui était identique au sien ? Et puis, se posait toujours la question du pourquoi il lui ressemblait autant. Allait-il lui aussi dire qu’il n’était pas lui-même ? Ils étaient peut-être des clones… Etait-ce une illusion ? Oliver n’avait jamais entendu parler d’un conte au pouvoir d’illusion. A sa connaissance, en tout cas.

« Allez, venez tous les deux. Vous ne voulez pas faire ma connaissance et celle de cet adorable enfant ? »

Oliver déglutit. Il n’avait pas vraiment le choix… Mais que faire pour la petite fille ?

Ne sachant pas trop quoi faire, il commença déjà à l’allonger dans l’herbe tout doucement, et en l’éloignant le plus possible des trois autres individus. Maintenant un peu plus libre, il les regarda, eux et leur aisance dans cette situation pourtant peu commune. Le Twin ne pouvait même pas dire lequel il détestait le plus, entre ces deux monstres aux yeux rouges et ce loup inutilement violent, à ses yeux en tout cas.

« Tu peux m'expliquer? »

Bonne idée. Une ou deux explications ne seraient pas de trop ici ! Le jumeau consentit à s’approcher, et prit même une chaise. Il la plaça cependant un peu à l’écart de la table. Il n’avait pas envi d’être à la portée d’un coup de griffe ou autre. Quant à boire le thé sur la table, plutôt mourir. On ne pouvait pas dire qu’Oliver étouffait de confiance.

« Vous voulez nous faire croire que vous voulez juste discuter ? »

Ou comment les prendre pour des idiots.

« Edward, si c’est bien votre nom… Qu’est-ce que vous êtes ?»

Le garçon n’était vraiment pas très sur de lui, et on pouvait bien voir à sa façon de s’asseoir qu’il avait peur. Il se tenait très droit, ses mains s’entrelaçant nerveusement sur ses cuisses, se demandant ardemment ce qu’il avait fait pour mériter cela. En esperant qu'être assommé de question, ne rendrait pas cet être plus fou qu'il ne l'était déjà.
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MessageSujet: Re: [Intrigue n#6] La nuit ne fait que commencer. [Libre]   Dim 3 Oct - 0:54

Sa réaction a été décevante, sans intérêt. Je m'étais attendu à quelque chose de mieux, de plus surprenant de la part du loup, que cet air là. Cet homme, avec son sourire carnassier, me dégoute et j'en viens à me demander comment Edward a pu ressentir du désir pour le canidé qui me fait face. Enfin, Ed désire tout le monde. Il est tellement plein de cet amour dégoulinant, à vouloir chaleur et réconfort. Pourtant, il ne m'a jamais aimé, moi qui ai toujours été là, qui lui ressemble tant. Il le regrettera un jour, ce sale lapin. Cette indifférence à mon égard ne restera pas impunie, car oui, je ne fais plus partie de ceux qui pardonnent.
Et puis, les questions de Mike m'agacent au plus haut point. Quelle importance ça a ? Pourquoi toujours vouloir des explications ? Pourquoi l'Homme veut-il tout savoir ? Il sait qu'il n'y a pas de réponse à tout, que parfois il vaut mieux rester ignorant, mais Il continu à creuser, à chercher des réponses ou bien Il s'attend à ce que la Vérité lui soit servie sur un plateau d'argent. Quelle prétention ! Les habitants de ce monde sont tellement imbus d'eux même. Ils ne méritent pas de vivre. Ils ne méritent pas d'exister. Ils pourrissent ce monde avec leur curiosité malsaine. Mon Maître à raison, ils faut que tous ces déchets crèvent.
Je secoue doucement la tête, en signe de négation. Je n'ai pas envie de lui répondre : c'est trop facile, c'est trop fatigant. Je suis las de ces questions. Je veux juste me distraire et non distraire les autres, car après tout, c'est ma nuit et non la leur ! Allons, mes amis parlez, riez, profitez du moment, car qui sait, peut être que demain vous serez mort.

Hé bien, pour faire simple, je ne suis pas celui que tu crois. Les apparences sont trompeuses, on a dû t'apprendre ça, non ? Et cet enfant est à moi.

Ma bonté me perdra. Est-ce me côté Edwardien qui ressort d'un coup ? L'ai-je trop côtoyé pour qu'il ait réussi à laisser en moi quelque marque de son horripilante personnalité ? Peut être bien, car après tout, j'aime le thé autant que lui et sans vraiment savoir d'où me vient ce penchant-ci, n'en ayant jamais bu de ma vie. C'est peut être pour cela que que je me sens obligé de donner une réponse, évasive ou non. Cet état de fait ne me plait guère. Je vais plutôt mettre cela sur le compte de mon envie de passer une agréable nuit. Il serait dommage que mes silences refroidissent l'ambiance et fassent fuir mes invités. Certains diront surement qu'elle était déjà glaciale, mais je ne suis pas d'accord. Les faibles flammes des bougies répandent autour d'elles une agréable chaleur. Il faut juste y faire attention, mais les gens qui m'entourent ne doivent sûrement pas le comprendre. S'ils avaient été dans la situation qui est mienne, chaque détail aurait eut son importance, mais ces gens-là sont trop habitués à leur vie oisive. A leur vie tout court, d'ailleurs, car ils vivent. Ils ne sont pas comme moi, esclaves d'un homme. Ils n'ont pas passé leur existence à se trainer aux pieds d'une personne aussi détestable qu'Edward Deakin.

Je ne peux empêcher un sourire amusé naître sur mes lèvres. L'enfant qui nous a rejoint il y a peu vient de s'endormir ou perdre connaissance -qui sait ?- et le petit Oliver semble le plus en plus anxieux. Il est vrai qu'un enfant n'apprécie, généralement, pas les spéctacles de violence. Il doit avoir peur, comme c'est mignon. Je ne peux, cependant, m'empêcher de constater que la candeur que dégage sa personne est déplacée en ces lieux, malgré la présence du petit "nouveau-né" sur mes genoux. La soirée est au sordide et son innocence fait un peu tache, mais bon... Peut être qu'après cette nuit, ses yeux s'ouvriront grand et il verra le monde tel qu'il est vraiment : sale, infecte et tout cela à cause de leur faute. Peut être mettra-t-il fin à ses jours, en gentil garçon qu'il est, et évitera à l'un des miens à se creuser la tête pour trouver un moyen de le faire exécuter.
Je suis un peu déçu que tout le monde refuse de goûter à mon thé. Je ne suis pas un monstre, je ne vais pas les empoisonner et puis, je n'en ai pas le droit. Seul mon Maître a le pouvoir de se salir les mains. J'hausse, donc, mes épaules avec nonchalance, toujours souriant.

Ne soyez pas si méfiants, mes amis, si j'avais voulu vous tuer, vous seriez morts depuis longtemps.

Je mens. Il ne suffit pas toujours de vouloir, mais ça... Ils n'ont pas besoin de le savoir.
Je prends délicatement ma tasse et la porte à mes lèvres. Le liquide est chaud, cela fait tellement de bien et puis, cette action provoque un spectacle des plus amusants.
Sous la lumière vassillante des bougies, seule l'ombre de la tasse apparait sur la table. Elle bouge, suivant les mouvemant de ma main qui, quand à elle, reste invisible. Surprenant, n'est-ce pas ? Mais bon, je ne sais si mes compagnons sont en état de remarquer cela.

Edward... Je ne sais si je vais garder ce nom. Je n'ai pas encore décidé. Enfin, tu peux m'appeller ainsi pour le moment, mon petit Oliver. Ce sera plus simple. Quand à savoir ce que je suis... Pour l'instant rien. Je ne suis qu'un toutou qui suit ce cher Lièvre de Mars comme son Ombre.

Je parle trop. Comme lui. C'est insupportable. Si je continue dans cette voie, je vais finir par tout dévoiler avant que la nuit ne finisse. Ce qui serait dommage.

Etes-vous sûrs de ne pas vouloir un peu de thé ? Et puis, j'en n'ai marre de ces questions. Pourquoi vous intéresser à ce que je suis, alors que qui je suis est un sujet tellement plus passionnant.

Car oui, j'ai la prétention de croire que je suis quelqu'un, alors intéressez-vous à moi ! D'où je viens, ce que je suis... Tout cela n'a aucune espèce d'importance, il n'y a que le "qui" qui compte -si vous arrivez a en voir la nuance.
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MessageSujet: Re: [Intrigue n#6] La nuit ne fait que commencer. [Libre]   Jeu 7 Oct - 18:15

Michael observe la moindre de ses réactions, il les boit littéralement, même. Si seulement il pouvait sans risquer s’approcher, et poser sa tête contre sa poitrine pour voir si un cœur y bat, sans doute le ferait-il sans la moindre hésitation. Seulement, l’Autre et son bambin sur les genoux est toujours un danger potentiel, et lui, il préfère garder une distance de sécurité entre lui et Les Autres.
Il hocha la tête d’un air vaguement ennuyé. C’est pas amusant si l’Autre lui dit des choses inutiles, franchement ! Une moue boudeuse étira ses traits. Il voulait savoir, il voulait deviner ce que c’était que la réponse à cette devinette désagréablement complexe. D’un côté, une devinette trop simple, ca laisse un goût de frustration une fois qu’on a trouvé la réponse. Mais d’un autre, on se sent lésé, et extrêmement frustré de ne pas trouver.

-Lequel est le meilleur… Se demande t-il alors à voix haute.

La tête posée sur sa main, le bras replié et le coude sur la table, il fait tourner sa cuiller dans sa tasse de thé encore intouchée. Une énigme trop simple, ou bien une énigme trop compliquée ? Prenons le problème dans l’autre sens. Si il trouve la réponse d’une énigme trop simple, alors il va avoir l’impression de ne pas s’être donné à fond, et avoir dans la bouche l’arrière goût d’avoir été pris pour un idiot. Dans un autre sens, si il trouvait la réponse d’une devinette complexe, il allait alors se sentir assez heureux, et fier de lui. Les yeux du loup se levèrent vers les deux Autres. Prendre le problème à l’envers, hein ?

-Oui, mais ca, on le savait déjà.

Dit il alors à son encontre avec le ton de l’enfant qui prend l’adulte qui se croit tout grand, tout beau, tout intelligent pour un benêt de dernier ordre.
Prendre le problème à l’envers. Déjà, que sait il ? Que l’Autre est un Autre que l’original. Il semble probablement le détester, et pourtant, il a quelques mimiques qui font que les deux se ressemblent. Tenterait-il de l’imiter ? La manière d’accueillir, les sourires… l’attitude mondaine. Et le thé. Comme les deux faces d’un miroir. Et pourtant, l’Autre semblait plus terne. Le jour et la nuit.
Michael continue de se mordiller la lèvre, sans cesser de réfléchir. Le jour et la nuit… Il a une idée, une impression d’idée. Un rêve vague d’idée qui tarde à fleurir…
Il fronce les sourcils. Pourquoi a-t-il entendu un léger mensonge dans son assertion ? Pourtant, il n’a pas l’impression que le thé soit empoisonné. L’original aurait hurlé au blasphème si jamais on avait osé salir la divine boisson qu’est le thé. Pas le thé, donc. Mais en quoi il ment ? Le fait de pouvoir les tuer ? Pourtant, il continue d’avoir cette impression de danger.

-Et vous, est ce que vous êtes vivant ?

On joue aux devinettes. Un peu comme le jeu du « tu poses une question à laquelle je réponds que par oui ou non, et tu dois deviner ce à quoi je pense ! ». Pourquoi une telle question ? Parce que le gamin était mort, mais l’Autre s’est relevé. Faut-ils qu’ils meurent pour qu’il y ait un Autre ? Michael avait il un Autre lui aussi ? C’était peut être pour ca qu’on croyait qu’il avait « défiguré » le château de la reine de cœur, et que maintenant il avait la moitié du pays qui lui soufflait sur la queue. Alors qu’avait-il en commun avec Edward et le gamin ? Ni les âges, ni les contes d’origine. Le gamin semblait être un lecteur, ca vise donc tout le monde. Le jour et la nuit. Peu à peu, l’idée germait dans son esprit.
Le loup observait les gestes de l’Autre, essayant de deviner. Là, il faisait surtout un comparatif entre la manière de boire le thé de la « copie » et de l’original. Les deux avaient à peu près la même gestuelle. Et subitement, ses sourcils s’arquèrent. Pourquoi n’avait-il pas d’ombre ?

Pour l'instant rien. Je ne suis qu'un toutou qui suit ce cher Lièvre de Mars comme son Ombre.“


Et la lumière fut. Son cerveau fit un gros « tilt ». Un grand sourire illumina son visage, en même temps que l’idée faisait son chemin. Ce n’était pas une certitude absolue, mais c’était déjà mieux que d’avancer en plein brouillard. Et c’était à tester.
Tout content, il porta la tasse à ses lèvres, et but doucement. Comment faire pour avoir la réponse ?

-Et vous voulez arrêter de le suivre ? Et cesser d’être une part de lui ?

Sa voix avait un petit air excité, content également. Et en même temps, il avait adopté le ton mondain qu’on a normalement dans ces salons où on sirote le thé avec le petit doigt en l’air.

-Mais plutôt de ce vous n’êtes pas, ou plus, qu’êtes vous maintenant ? Pour le moment ?

Comme Edward, cet Autre semblait lui aussi désirer profondément être au centre de toutes les attentions. Les deux sont narcissiques, c’est un défaut, mais ca peut aussi être un avantage pour d’autres.
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MessageSujet: Re: [Intrigue n#6] La nuit ne fait que commencer. [Libre]   Ven 15 Oct - 18:58

C’était surement une punition pour tous les secrets qu’il avait arraché et donné inconsciement à droite à gauche, sans se soucier des conséquences. Peut-être Edward se vengeait-il du fait qu’il ait dit à Keith son secret pour les déguisements… Mais n’était-ce pas une réaction exagérée, même si ce n’était qu’une mise en scène ? Non, ca ne pouvait pas être un jeu. C’était trop effrayant, trop sombre et noir pour être une plaisanterie, même diabolique. C’était peut être juste la malchance qu’il avait l’habitude de côtoyer et juste ca. Dans tous les cas, c’était surement une nouvelle fenêtre sur la vie qui s’ouvrait à lui, une nouvelle page tournée vers l’âge adulte. Jamais il n’avait à ce point réalisé que le monde où il vivait était si chaotique et dangereux. Il avait toujours trouvé un peu ridicule l’attitude de Peter Pan mais, en voyant ce spectacle, il avait furieusement envi de se réfugier dans son royaume –presque- paisible. Comment avait-il pu s’amuser si longtemps sans s’être rendu compte de ces horreurs, de la façon dont elles étaient aussi épouvantables et non juste étranges ?

Oliver ne comprenait pas ce que racontait le loup et Edward. Ils donnaient l’impression de se connaître. Mais leur échange n’avait aucun sens pour le jumeau, qui comprenait juste que Mike se méprenait sur l’identité du lièvre. Le reste ne parvenait pas à être déchiffrable. Oliver jeta un coup d’œil inquiet à la petite toujours inconsciente sur l’herbe et tapait son pied contre le sol de façon nerveuse, faisant trembler sa jambe. Il se demandait s’il parviendrait à courir jusqu’à sa maison avec la gamine sur le dos quand l’étrange individu l’interrompu dans ses pensés par ses paroles hypocrites :

« Ne soyez pas si méfiants, mes amis, si j'avais voulu vous tuer, vous seriez morts depuis longtemps. »

Pas très rassurant, quoi qu’il en dise. Le twins ne savait pas si c’était vrai ou pas, mais il n’allait pas tendre le cou non plus. Le risque de se faire couper la tête lui semblait encore le plus probable. Et puis le calme apparent du jeune homme cachait indéniablement quelque chose.

« Edward... Je ne sais si je vais garder ce nom. Je n'ai pas encore décidé. Enfin, tu peux m'appeler ainsi pour le moment, mon petit Oliver. Ce sera plus simple. Quand à savoir ce que je suis... Pour l'instant rien. Je ne suis qu'un toutou qui suit ce cher Lièvre de Mars comme son Ombre. »

C’était une bien étrange réponse qui laissait entendre à la fois familiarité, méprit et amertume. Et pourquoi appuyer si fort si le mot « ombre » ? Oliver se demandait si c’était voulu ou si c’était juste une erreur de sa part. Après tout, pourquoi appuyer particulièrement ce mot ? Pour se rabaisser un peu plus ? Ca ne semblait pourtant pas être son genre. Son regard allait se tourner vers le sol pour observer cette masse noire par reflex mais il n’en eu pas le temps :

« Etes-vous sûrs de ne pas vouloir un peu de thé ? Et puis, j'en n'ai marre de ces questions. Pourquoi vous intéresser à ce que je suis, alors que qui je suis est un sujet tellement plus passionnant. »

Il en avait marre des questions mais en posait une nouvelle. Et quelle question bizarre ! Se moquait-il d'eux, encore une fois?

- Mais plutôt de ce vous n’êtes pas, ou plus, qu’êtes vous maintenant ? Pour le moment ?

C’en était trop ! Les deux semblaient posés et tranquilles, ne réalisaient peut-être pas la folie qui se jouait, mais Oliver en avait plus qu’assez de ces discutions futiles qui ne l’intéressait pas et qui n'avait pas de sens ! Il se leva d’un coup et balança sa tasse de thé du revers de la main avec colère puis serra ses poings le long de ses cuisses. Son cœur battait la chamade, cela faisait une éternité qu'il n'était pas sortit de ses gonds (Oliver ne s'énervait généralement jamais, lui qui s'amusait de tout). Avait-il fait une bêtise ? Trop tard pour y penser.

- On s’en fiche ! Nous ne sommes pas vos amis, pourquoi devrions nous nous intéresser à vous ?! Vous êtes…

Il réprima une grimace de mépris, qu’il aurait bien pu adresser à Mike comme à cet enfant horrible. Pour entretenir une conversation amicale, cela devait aller dans les deux sens. Pourquoi devrait-il s’inquiéter de savoir qui il avait en face de lui et apprendre sur sa vie si cette personne semblait se moquer de lui? Et le menacer, qui plus est. Le loup avait l’air de n’en avoir rien à faire, il marchait dans son jeu les pieds joints. Peut-être qu’Oliver était naïf sur les bords, un peu trop candide, mais il voulait rentrer chez lui en vie. Non, il n’en avait rien à faire de cet Edward, Mike pouvait bien crever de ses blessures, il n’était pas un ange et dormirait le soir sans regrets. Il avait le droit d’hausser le ton, histoire de réveiller ces endormis qui semblaient oublier que l’important était de survivre(ca semblait risible quand c'était Oliver qui le disait mais, n'était-ce pas leur but?). Qu’attendait Mike, blessé comme il l’était ? Que le lièvre finisse son discourt et qu’il l’achève ? Oliver n’en demandait pas tant, lui.

La lune se dégagea un instant des nuages, éclaira leurs visages sinistres et figèrent leurs ombres inquiétantes. Enfin, pour ceux qui en avait. C’était donc ca… ?
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MessageSujet: Re: [Intrigue n#6] La nuit ne fait que commencer. [Libre]   Lun 6 Déc - 20:00

Tu le savais ? Hé bien, petit loup, tu me surprends. Vraiment ! Toi, si naïf et si doux il y a quelque temps, tu t'essaye au cynisme ? C'est amusant comment, dans certaines situations, les gens passent d'un extrême à l'autre. A croire que quelque part là-haut, le narrateur à perdu le fil, s'essayant à un style plus strict, ayant marre de la soumission. Un peu perturbant, je l'admets, mais bon... cela ne rend les choses que plus drôles. Ce n'est pas souvent que j'ai l'occasion de rencontrer quelqu'un avec tant de répondant.
Je souris, radieux, car ce savoir qu'il croit avoir, qu'il croit deviner dans mes paroles indiscrètes, n'est qu'une infime partie de ce qui se trame. Il s'attend à un orage, mais c'est un ouragan qui arrive droit sur ce misérable monde. Pauvre, pauvre Queer Tales, tu n'as pas choisi les bons êtres. Regarde donc ces pauvres habitants ; un loup qui ose enfin montrer les crocs -qui sais, peut être qu'il se mettra bientôt à mordre- à la place de son sourire candide -il était temps ; un petit farceur, qui face à l'inconnu et au danger perd bien vite de son arrogance ; une enfant qui sombre dans l'inconscient, indifférente des choses qui l'entourent. Oui, regarde les, mon pauvre monde ! Ne penses tu pas que nous te chéririons bien mieux que ces monstres ?

Si je suis vivant ? En voilà une drôle de question. Michael, malgré son air féroce, reste toujours très mignon. Les façons qu'il se donne, ne lui vont pas. Indéniablement. Il reste un enfant, toujours curieux, sans oublier le mot pour rire. Hé oui, je ris et de bon cœur -le tout est de savoir si j'en ai un et c'est en ça que réside sa question. Je dégage, avec nonchalance, quelques mèches qui me barrent le front. Je prends mon temps pour répondre à son interrogation. D'ailleurs, ai-je vraiment envie de lui fournir une réponse ? Je ne sais pas, je me tâte, mais à quoi bon ? Edward -bien qu'absent- ne cesse de m'influer, me donnant une irrésistible envie de causer.

« Je suis devant toi, je respire, je ris et j'ai le souvenir d'un lecteur qui, lors d'une Tea Party, a dit cette phrase étrange : « Je pense, donc je suis. ». N'est-ce pas le preuve que j'existe ? Que je suis en vie ? »

Je bois une autre gorgée de thé, caressant doucement la jolie tête du nouveau-né qui commence à piquer du nez. Puis je reporte mon attention sur mon interlocuteur.

« A moi que pour toi, le fait d'être en vie ne rime qu'avec pouls, battements du cœur et autres alchimies de l'organisme.. Si tel est le cas, tu me déçois, petit. Avec un tel esprit restreint, tu ne mérites pas mes attentions ! Enfin, ce n'est valable que si tu penses comme cela... »

Mais je m'enflamme ! Ce qu'on peut penser de moi, n'a pas grande importance, en fin de compte. Je ne suis pas là pour satisfaire ces pauvres choses.
Bien sûr que je veux être moi. Ne plus dépendre de ce lièvre. Une fois de plus, Mike pose une question que ne sert à rien. Je l'ai dit, je le leur ai fait sentir : je hais Edward de tout mon être. A quoi bon soulever des questions sur des évidences ? Quel en est l'intérêt ? Veut-il entendre ces mots sortir directement de ma bouche ? Hé bien non ! Je ne lui ferais pas ce plaisir. Je ne rentrerais pas dans son jeu. Ça me fatigue.

« Ne te fais pas plus sot que tu ne l'es, monsieur-je-le-savais-déjà. Cesses donc de poser des questions auxquelles tu as déjà les réponses, sinon, je risque bien vite de me lasser. Surprends moi, que diable ! J'ai envie de m'amuser. »

Et comme pour répondre à mon désir, Oliver se laissa aller à la colère. Si adorable, malgré ses propos bien durs. Cependant, ce petit, mérite une petite punition. Qu'il insinue que je suis un monstre, ça passe -ayant d'eux la même représentation, mais qu'il brise une tasse, je ne l'accepte aucunement.
Je dépose en douceur l'enfant qui dort sur mes genoux sur la chaise à côté et me lève. En trois enjambées, je suis aux côtés du farceur et lui saisit brusquement la mâchoire, le tenant fermement pour l'empêcher de fuir.

« La jeunesse, de nos jours, n'a plus aucun respect. L'âge rebelle te prends déjà, Oliver ? Tu penses que je suis une chose ignoble ? »

J'approche mon visage du sien. Son souffle saccadé et chaud me caresse délicatement la peau. C'est agréable.

« Le fait que je te touche te dégoute ? Qu'importe ! Je ne suis pas là, moi non plus, pour faire de vous mes amis, cependant je fais preuve de respect : je souris, je vous écoute et réponds à vos ennuyeuses questions. Alors s'il te plait, ne casse plus ma vaisselle, sinon, je vais vraiment me fâcher. »

Je dépose un baiser provocateur sur ses lèvres et me retire, tout sourire.

Je me rassois tout en regardant le loup et le farceur.

« En chacun de nous, il y a une part d'ombre. Ne pensez vous pas ? »
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MessageSujet: Re: [Intrigue n#6] La nuit ne fait que commencer. [Libre]   Mar 7 Déc - 9:30

Michael pencha la tête sur le côté en réfléchissant à cette drôle de maxime. Je pense donc je suis. C'est assez étrange tout de même. Pensez vous bien, un enfant élevé dans la forêt, comment voulez vous qu'il puisse ne serais-ce que appréhender le cogito de Descartes sans qu'il n'y ait des embouteillages sur le périphérique de son cerveau? ll ne faut pas faire des plans sur la commette, il ne faut pas non plus vendre la peau du loup avant de l'avoir fourré... Ah non, pardon, je me suis trompée de script.
Quoi qu'il en soit, le concept de vivre pour penser, à moins que ce ne soit celui d'être en temps que pensée, et non pas simplement en terme de corps lui passait un petit peu au dessus de la tête. Il vivait, c'était tout ce qu'il savait. Autant qu'il savait qu'il mourrait, que pour le moment, il avait mal, mais aussi qu'il était excité par l'odeur du sang et le bruit de pas feutrés du danger de de la mort qui les attendait à l'orée de la forêt. C'était un peu tout, et un peu rien la vie. Il était rédhibitoire que d'essayer de la réduire au simple plan de la pensée.

- Queer Tales pense, mais il ne vit pas. Et toi, tu n'est que l'ombre d'une vie.

Ca avait été la finalité de sa pensée. Finalité qui s'était exprimée sur ses lèvres en même temps qu'un sourire un petit peu cruel y fleurissait. Michael était capable de cruauté. Il en était capable, mais la part gentille et candide de lui l'en rendait incapable la plupart du temps. Mais il y a un moment où il en a assez de jouer le rôle qu'il a choisit, et où il se sent mieux dans celui qui lui a été imposé à la naissance. Que voulez vous, il n'y a plus de jeunesse.

Et le loup plisse ses yeux, durcit légèrement son regard. Il ne veut pas rentrer dans son jeu, et il veut qu'il soit amusant ensuite? Qui se fait sot ici?

- Ne te fais pas plus idiot que ce que tu es déjà alors. Si tu ne veux pas que je me fasse sot, cesse d'attendre de moi que je sois ton bouffon.

On pourrait facilement se demander si nous ne sommes pas en train d'observer deux idiots fondamentaux, après tout les deux se réclament des comportements humains, jouer au jeu de "c'est celui qui dit qui l'est!". Assez puéril, très humain dans le fond.
Il ne prit même pas la peine de sursauter à la saute d'humeur du petit farceur. Il n'avait pas envie de réveiller la blessure de son flanc, merci bien. Il regarda simplement avec un désintérêt total le lièvre, ou du moins l'Autre aux traits de lièvre se lever pour punir le petit farceur. Il ne les regarda pas longtemps d'ailleurs puisqu'il venait d'attraper un biscuit qui trônait fièrement face à lui, et le regardait à présent d'un air très absorbé en essayant de savoir à quel goût il était. Question fondamentale, à n'en pas douter. Finalement, il décida que le meilleur moyen de savoir, c'était de goûter, et c'est bien ce qu'il fit. Il goûta. Hmmmm.......Anis, et un peu de canelle. Du moins pour ce qu'il en devinait. Ca lui allait parfaitement! Le loup sourit et en reprit donc un ou deux.
Constatant que le Lièvre pas lièvre était retourné à la place, il cessa de faire un sort à son assiette.

- La lumière n'a pas de raison d'être sans son ombre. Mais il est rare que la seconde se lève pour éliminer la première.

Evidemment que ca lui était parfaitement destiné.

- Ni même qu'elle attende qu'un autre tue sa lumière pour la remplacer. L'ombre en serait-elle donc incapable?

Même si il se trompait, il recevrait un simple éclat de rire méprisant. Et si il avait juste, il pourrait toujours commencer à réfléchir à comment se débarrasser de l'Autre Ombre qui commençait à lui taper sur les nerfs à le considérer de haut. Surtout qu'il avait toujours mal et qu'il voulait se soigner.

- Dis, Autre Toi, tu aurais du chocolat?
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