Petit humain, mais qu'as-tu fait ? Ouvrir ce livre, pris de curiosité ! Quelle grave erreur, car dès maintenant, les contes te garderont pour eux !
La seule manière de t'en sortir, c'est de te battre et survivre. [RPG Survival Conte&Humain]

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 I'm a player ( PV joachim )

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MessageSujet: I'm a player ( PV joachim )   Sam 20 Nov 2010 - 19:07
Herbert Rose avait deux gros problèmes.
Son premier problème était commun à tous les habitants de ce fichu monde parallèle avec ses fichus dangers et cette fichue impossibilité de se tailler vite fait par le premier train express. Son premier problème donc, était qu'il aurait voulu sortir de cet univers de cauchemar le plus rapidement possible et qu'il y avait déjà passé 182 désespérantes années. Il avait compté.
Son second souci était d'ordre matériel et présentement, était bien plus pressant. Cela faisait en effet deux jours déjà qu'Herbert Rose avait été mis à la porte de sa maison par sa propre maison, je m'explique.
Notre malheureux Faust n'avais jamais été un as des tâches ménagères. Les 50 premières années, la chose ne lui avait pas tellement porté préjudice. La Maison était grande, après tout. Il se déplaçait de pièce en pièce, migrant du salon à la cuisine avant d'être chassé jusque dans le chambre, à mesure que l'océan d'immondices gagnait du terrain. Les 50 années suivantes avaient été passables. Herbert se serait fait couper un doigt plutôt que de se retrousser les manches. Il était bien moins inconvenant, pour un gentleman comme lui, de vivre oisif et dans sa crasse qu'actif dans un logement propre. Au moins, le grenier, la cave, et la véranda n'étaient pas encore passées à l'ennemi, et il pouvait toujours dormir dans sa baignoire.
Les 82 dernières années avaient été catastrophiques. Comme si le mobilier et les petits objets étaient animés de leur propre volonté malveillante. Son intérieur s'était vengé de lui. Le Lundi précédent, à 17h15, très exactement, la pile de livres numéro trois ( en équilibre instable depuis plusieurs semaines ) s'était effondrée sur Rose, qui lui même avait chu du fauteuil, s'aspergeant de thé à la vanille et au caramel. Dans sa chute, son pied droit avait balayé une petite liseuse qui - hélas, trois fois hélas! - soutenait tout le reste du fragile édifice de papiers, tableaux, coussins, boites de thé, draps et linge, whatever. Il en avait résulté une avalanche qui aurait enseveli Herbert et sans doute l'aurait tué, s'il n'avait pas eu l'heureux réflexe de se rouler en boule sous son fauteil pour éviter d'être assommé.
Après une telle manifestation d'hostilité de la part de ce qui était autrefois son foyer, notre bon Lord avait ficelé son petit baluchon et décidé de chercher où coucher ailleurs.
Et le voici donc, blond et anglais et sexy et tant d'autres choses encore, légèrement dubitatif devant la porte défoncée de la cabane abandonnée.
Bon, le ' village des cannibales ' c'était déjà pas très engageant. Tous ces gens qui le regardaient avec appétit... - Ils en avaient probablement après son corps parfait d'adodnis irréprochable, hahaha, j'aime le fan service, oui - mais enfin, ça n'était pas une raison pour le fixer comme s'il était le dessert.
Enfin, il pouvait toujours tenter sa chance et dormir dans cet abri. Il ne passerait pas une autre nuit à la belle étoile. Pas tant que ce pervers de Joachim en aurait après lui.
Avec la tête du type qui n'est vraiment pas jouasse mais qui n'a pas le choix de toute façon, il se risqua à franchir le seuil...
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MessageSujet: Re: I'm a player ( PV joachim )   Dim 28 Nov 2010 - 14:33
Il court, il court…


Il ne sait pas combien de temps il a courut, il ne sait pas combien de distance il a traversé, mais il s’effondre très bien sans le savoir.

Joachim était à genoux contre la terre mouillée par l’averse du matin, les joues rouges et le front ruisselant de sueur, le cœur battant jusqu’à se rompre. Il avait réussit à la semer… Mais au prix de tant d’efforts qu’il ne pouvait plus bouger. Il le fallait pourtant, il ne pouvait pas rester là à la vue de tous. Et puis il devait faire quelque chose pour son bras, qui avait perdu beaucoup de sang, assez en tout cas pour que le jeune homme le ressente. Après quelques respirations difficiles, il se calma et les tremblements de sa main cessèrent assez pour qu’il puisse faire un garrot rudimentaire. Ça ne changeait pas vraiment sa situation mais c’était toujours ça de fait. Il laissa son dos reposer contre le tronc de l’arbre derrière lui et regarda son sac. Il avait réussit à le garder…

Plic ploc.

Ah… Maintenant que l’effort était passé, le corps n’était plus assez consistant pour barrer ses larmes. Elles coulaient rapidement sur ses joues, se mélangeant même au sang de sa coupure. Il se sentait si sale, comme s’il avait besoin de pleurer! Il était poisseux de sang et de transpiration, de peur et maintenant de larmes ? D’un geste mû de son amour propre, il se releva en chancelant, essuyant sa joue sans prendre gare à que cela ne fasse qu’étaler le sang plutôt que de le faire disparaître. Il devait fuir encore, encore, encore, jusqu’à ce que ses pieds refusent l’effort. Même en marchant lentement, les larmes ruisselant toujours, il continua son chemin.

Il commençait à peine à sentir la pointe du couteau dans son dos.

***


Après peut-être dix minutes, ou peut-être une heure, il trouva une maison encore plus délabrée que le manoir Friedrich. Il poussa la porte sans s’occuper d’éventuels résidents, marcha sur le plancher grinçant et monta les escaliers sans autres bruits que le vent tapant contre les volets à demi-arrachés. Il se sentait étrangement vide, vidé de l’intérieur comme de l’extérieur. Il aurait pu marcher encore des heures, si cette maison n’était pas apparue soudainement : Il avait l’étrange et agréable impression que ce corps n’était pas le sien. Poussant la première porte de l’étage, il trouva un lit éventré et une armoire prête à s’effondrée dans son coin. Cela avait dû être une chambre il y avait longtemps… Mais qu’est-ce que cela changeait ? Les volets étaient solidement barricadés et il s’avança dans la pénombre de la pièce.

La mort s’effondra plus qu’elle ne s’assit derrière la carcasse de ce vieux lit, les genoux contre son front, son sac entre ses cuisses et son ventre. Ses bras se refermèrent mollement autour de ses jambes, particulièrement le bras gauche qui la ramena à la réalité à cause de la douleur. La faucheuse le fixa presque avec un air abruti, prenant conscience que ce n’était pas le bras du voisin, mais bel et bien le sien ; C’était son corps, celui de Joachim. Et il n’était qu’un pauvre petit garçon misérable et seul, faible et inutile, dans une baraque aussi chancelante que lui.

La pointe du couteau s’enfonça alors contre son dos, le transperça d’un coup sec et y resta planté comme une écharde.

Joachim éclata en sanglot. La tête contre ses genoux, il pleurait si fort qu’il aurait pu ameuter tout le village si cette maison n’était pas isolée des autres. Il pleurait sans vraiment trop savoir pourquoi ; peut-être de peur, de colère, de douleur, celle gravée sur son corps et celle gravée en dedans, peut-être de lassitude, peut-être de désespoir, et pourquoi pas tout ça à la fois ? Avait-il mérité ce traitement ? Est-ce qu’il payait tous ces siècles d’indifférence à la douleur humaine, tous ces siècles de mépris à l’égard des autres ? Entre deux sanglots, sa voix brisée arrivait à supplier son père de le ramener « à la maison ». « Papa, s’il te plait, ramène-moi à la maison… ». Mais Papa, qui regarde la scène depuis le debout du haut de son trône, ne pense pas qu’il soit encore temps. Lui sait ce que Joachim ignore, que le nouveau protagoniste de son aventure pourrait le rendre plus humain encore qu’il ne l’est devenu, qu’il va lui apprendre enfin une chose positive sur l’humanité. Qu’elle n’apporte pas toujours que la haine et la souffrance. Et parce que Papa aime son fils, malgré sa peine face à ce si misérable spectacle, il décide d’attendre encore.

Mais la faucheuse ignore bien ce qui va se passer, tout ce qu’elle sait, c’est que Gretel l’a trahi, que la seule personne à qui il avait osé se reposer l’avait blessé si profondément qu’il ne s’en remettrait peut-être jamais. Joachim se fout totalement du futur, il n’arrive pas à penser à autre chose qu’à toutes ces choses horribles qu’il a dû subir : La faim, la soif, la peur, la douleur, l’insomnie, la paranoïa, l’épuisement… Et tout cela l’amène ici, dans cette maison. Etrangement, la scène lui rappelle quelque chose, comme une nostalgie inventée ; ce n’était pas comme si quelque chose du genre lui était déjà arrivée, n’est-ce pas ? Mais il s’agit en fait d’un souvenir vieux de plusieurs siècles, de l’époque où le jeune homme n’avait qu’une dizaine d’années d’apparence, un souvenir qu’il avait prit soin d’enfouir profondément en lui. Sa première déception, sa première peine, sa première larme, et il comprenait maintenant pourquoi il avait entreprit tant d’efforts pour ne plus s’en rappeler. Hans Grisélidis n’était donc pas la cause de sa première souffrance, mais juste de sa deuxième… Joachim c’était bien assuré à l’époque que ce serait la première fois et la dernière avant bien longtemps. A présent, tout lui revenait en bride d’images : Lui dans son lit, épuisé, voir malade, très malade, le baptême du feu des Faucheuses, il se souvient. A l’équivalent de douze ans, l’entité obtient le pouvoir d’arracher une âme, et le processus douloureux mais évidemment pas mortel, attaque la Mort. Mais pour Joachim, qui n’avait jamais souffert, c’était comme s’il allait s’éteindre, et ne plus revoir son père et ses valets. Triste épisode, dont la fin ne sera pas racontée ici. Joachim préférait s’occuper d’une trahison à la fois, et chasser ses mauvais souvenirs…

Enfin, après plusieurs minutes, les pleurs baissent en intensité. Joachim a entendu un bruit provenant de l’étage du dessous ; Gretel l’a suivit et elle va finir le travail. Lui, n’a plus de force, le sang perdu lui arrache peu à peu la vue et la fatigue de sa course, de ses pleurs, l’immobilise contre le plancher. Il sait bien ce qu’il l’attend, il l’imagine sans peine grâce à Hans. Quand une silhouette fine et grande se profile à la porte de la chambre, Joachim la fixe comme s’il était déjà mort, les yeux rivés vers elle, mais éteints.

- Tu veux bien faire ça vite, Gretel… ?

Ses mains tremblent un peu malgré tout et s’accroche à son sac, sa voix la supplie de ne pas lui infliger plus de douleur, et ses yeux aveugles discernent presque le sourire de la jeune fille. Il est bien possible que le nouvel arrivant pense avoir à faire à un fantôme, à un fantôme qui n'a pas encore fini de mourir.

Et Joachim ne court plus, ne court plus…


[Bon, comme tu le savais, Jo est en pleine dépression donc si le post amène au suiccide, c'est normal xD J'espère qu'il te plait! Pauvre Chimy ]


Non mais je ne joue pas moi, je travaille !

{Savais-tu que la mort avait un visage ? ♥️}

Le vrai Joachim...♥️
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Dernière édition par Joachim Death le Lun 29 Nov 2010 - 19:08, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: I'm a player ( PV joachim )   Lun 29 Nov 2010 - 19:00

http://www.deezer.com/listen-3603517

There’s so much on my mind
And there is so much more I got to do…


En passant la porte, Herbert avait tout de suite compris que sa nouvelle demeure ne serait jamais pas le ‘ doux foyer ’ qu’il aurait pu espérer. Déjà, il n’y avait pas de rideaux aux fenêtres. Inconcevable, ça. Les sauvages ! Pas de rideaux aux fenêtres…
De plus en plus circonspect, il inspecta la cheminée, qui était noire de suie et semblait froide. Il y avait un vieux tapis très élimé, dans le style persan, des fauteuils en bois et velours ( Louis-Philippe, mais bien sûr le terme n’était pas encore en vigueur à l’époque où il avait été aspiré vers Queer Tale ), des bibelots en porcelaine chinoise qui étaient de si mauvais goût qu’ils avaient du coûter très cher. D’un geste ample, Rose renversa les petits vases Ming qui volèrent en éclat sur le parquet ciré. Hum. Pas sûr que la Maison apprécie cette marque d’hostilité alors qu’il venait tout juste d’établir ses quartier, mais…
Il continua d’explorer l’étage inférieur. À l’attention du lecteur curieux : peut être devrais-je établir un peu plus précisément la géographie des lieux. L’endroit était spacieux et avait du respirer l’opulence, autrefois. Le vestibule dallé comprenait : Deux portes manteaux en acajou massif, une carpette usée jusqu’à la corde, un petit meuble en bois bancal et rococo. Le salon est tel que nous l’avons décrit, ajoutons à cela qu’il y a deux fenêtres de chaque côté de la cheminée, une table de jeu dans le fond gauche, près de la fenêtre. L’âtre fait face à la porte. À droite, un escalier mène aux étages supérieurs. Il y a aussi une ouverture plus étroite qui mène à la cuisine, mais évidemment, la chose avait échappé à Herbert. Après tout, les soins du ménage n’étaient pas son affaire ( et c’est là tout le problème, si vous voulez mon avis. )
Il s’apprêtait à poser sa canne contre le bras de l’un des sièges, quand un bruit étouffé lui parvint. Herbert leva le nez. Ça venait d’au-dessus.
Il sortit sa pipe de sa poche intérieure, la bourra pensivement, tout en continuant de fixer le plafond. Une mèche dorée lui retomba sur le nez, il la souffla, mordit son tuyau de pipe. Inutile d’essayer de l’allumer, de toute façon, le tabac était humide.
Lord Herbert Rose soupira.
Pas qu’il ait peur, voyez vous. Un Rose n’a jamais peur. Ou juste un peu, quand la fin du mois approche et qu’on a toujours pas payé les fournisseurs. Enfin, quelle pitié ç’aurait été qu’il meure sans laisser de descendance ! Mère ne s’en serait jamais remise. Elle tenait beaucoup à ce que perdure sa race, voyez vous ? La famille des Lords Mendiants… Joli titre de noblesse. Ça sonnait comme un nom d’ordre monastique.
Après avoir pesé le pour et le contre, mais surtout le contre, le noble pique-assiette craqua en vain deux ou trois allumettes, renonça pour de bon à embraser sa pipe, jeta son baluchon sur une commode et gravit les escaliers à grands pas.
Le premier étage n’était pas plus accueillant que le rez-de-chaussée. Les fenêtres étaient condamnées, et Faust avait l’impression désagréable que quelque chose l’attendait, tapie dans l’ombre. Et ces bruits… On aurait dit des sanglots.
Il hésita, au seuil de la chambre. Quelqu’un pleurait. Nerveusement. En entendant les mots ‘ Papa ‘ et ‘ maison ’, il conclut naturellement qu’il ne devait pas y avoir de monstre redoutable derrière ce battant, mais plutôt un enfant perdu… Enfin, à la voix bien grave, tout de même…

Well I’m working through the night
But I just can’t stop watching you


Ha, et nous y voilà.
Un grand garçon aux cheveux noirs, très mince et d’aspect assez pitoyable. Enfin, il était difficile de le voir, il faisait sombre… Un petit tas de chiffons mouillés, recroquevillé sur lui même qui pleurait en appelant ce Père cruel et absent. Il avait l’air d’avoir dix-neuf ans. Sa chemise ne devait pas avoir vu l’ombre d’une blanchisseuse depuis au moins cent ans. Herbert restait fixe et immobile, puis :

- Tu veux bien faire ça vite, Gretel ?

Mon Dieu, mais qu’est-ce qu’il baragouine ? Faust accrocha son éternel sourire sur son visage d’ange anglais ( mais un ange fauché, hein ) et s’approcha le plus lentement possible.

- Désolé, je n’ai pas l’honneur de vous connaître… Je ne suis qu’un pauvre Lord vagabond… Mais vous, Mon vieux, vous m’avez l’air sacrément secoué !

Il recula d’un pas.

- Mais peut être que je vous dérange dans vos, hum. Appartements ?

Rose aurait pu avoir une bâche au-dessus de la tête et des cartons en guise de paravents, qu’il aurait toujours parlé ‘ d’appartements ’. Charbonnier était maître chez soi, après tout.

- Mais si vous me permettez, vous avez une mine affreuse, vous devriez ouvrir les volets. Rien de tel que le bon air pur de la campagne… Allez boire un bon verre… La maison est à vous ?

Il envisageait déjà la possibilité de dresser le campement dans le couloir. Son futur hôte ( il venait d’en décider ) n’avait pas l’air très porté sur l’hygiène ni sur la propreté de son intérieur mais il faisait froid dehors et…
Ce fut alors qu’il avisa le couteau enfoncé dans le dos, la longue traînée sanglante sur la flanelle de la chemise. Good Lord ! Sa pipe faillit lui en tomber de la bouche.
Il se laissa tomber sur le bord du lit, administrant une ou deux petites tapes fébriles sur les joues collantes de Joachim. Il fallait ramener l’enfant à lui – Notez que Rose n’a pas l’air beaucoup plus vieux, mais quand on a 202 ans, on aime bien considérer tous les autres comme des enfants –

- Pour l’amour du Christ, Jeune homme, répondez- moi !

I gotta keep looking out through the window
Trying to read your mind
I'm looking at you lying down on your pillow


Oh, seigneur tout puissant, pourquoi fallait-il que ce soit toujours lui… Il devait être poursuivi par une étrange malédiction. Il faillit se signer en pensant à Lucifer, mais il avait pactisé avec le malin, dieu l’avait chassé de ses pâturages. Inutile de l’appeler à l’aide…

- Là, ça ne doit pas être trop sérieux… Ha ! La garde est presque…

Presque complètement enfoncée, faillit-il dit, mais il s’abstint. La remarque aurait été inopportune. Et puisque la Faucheuse ne semblait pas décidée à lui répondre…
Il grogna. Sortit une flasque. Du Whiskey. Et du bon, en plus. Cadeau d’un ami de passage… Tss…

- Buvez tout, ordonna-t-il sèchement.

Wishing I was by your side
I'm trying so hard
But I can't keep my mind on anything I do
'cos I'm always watching you
I'm always watching you


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MessageSujet: Re: I'm a player ( PV joachim )   Dim 5 Déc 2010 - 17:37
L'abandonné qui abandonne.



Comment est-il possible de confondre Gretel et Herbert, vous demandez vous… Une dizaine de centimètres de différence, deux styles vestimentaires opposés, une voix grave, une voix aigue et enfin, une aura meurtrière et une aura douce. Oui, vraiment, cela semblait impossible ! Mais imaginez-vous tapis derrière un meuble, la peur tenant vos entrailles, les oreilles bourdonnantes, la vue floue et une insurmontable fatigue sur vos épaules. N’avez-vous pas envi de dire que cette personne, debout à la porte, pourrait être celle qui vous cherche ? N’est-elle pas grande, vue d’en bas ? N’était-elle pas apparemment blonde ? N’était-elle pas en position de supériorité ? Si. Et cela valait toutes les certitudes du monde pour Joachim.

- Désolé, je n’ai pas l’honneur de vous connaître… Je ne suis que… mais… secoué !

Menteur. Joachim émit un petit bruit étrange qui lui échappa, terrorisé par le bruit de ses pas et de sa voix qui lui semblait inconnue. Il planta ses ongles dans sa peau pour rester concentré, il était tellement distrait qu’il n’avait quasiment rien comprit à ce qu’il avait dit. « Il ». La personne reprenant la parole, Joachim réussit à discerner avec quasi-certitude une voix masculine, bien que le sens de ses mots lui semblait étranger. Les yeux rivés sur « il », la faucheuse tenta de calmer le flot d’inquiétudes qui commencer à émerger dans sa tête : le qui, le comment, le pourquoi de cette présence. La Mort voyait la bouche s’ouvrir et articuler mais n’entendait rien, ou alors un faible son continu dépourvu de sens.

C’est un assassin de Gretel
C’est un assassin de Gretel !
C’est un assassin de Gretel !!

Et rien d’autre ne lui venait à l’esprit. Il allait le ramener chez elle ou le tuer lui-même ici, c’était sûr ! Dans tous les cas, il allait mourir. Joachim ne savait pas s’il devait en être heureux ou s’il devait lutter encore. Il était si fatigué, et il avait tellement mal… Il se sentait comme une bête pourchassée, un vulgaire gibier. Comment avait-il pu en arriver là ? Il n’y avait pourtant qu’un mois qu’il était ici. Un mois pouvait-il donc transformer le chasseur en chassé ? Cela suffisait-il à briser un Dieu si arrogant et fier ?

- Pour l’amour du Christ, jeune homme, répondez-moi !

Joachim fut comme foudroyé. Il n’avait même pas comprit comment l’assassin avait pu passer de la porte au lit, et les tapes qu’il lui administra lui donnèrent une telle frayeur qu’il en eut le souffle coupé. Exactement comme s’il essayait de retenir son souffle pour plonger sous l’eau le plus longtemps possible. Dans un mouvement brusque de défense, il cogna son dos contre le mur de derrière et il se mit à cracher du sang à la seconde même. Il garda alors sa tête contre ses genoux tremblants, les mains sur sa tête de peur de se recevoir un coup.

Je vais mourir, je dois faire quelque chose !!

Il n’y était pour rien, l’instinct de survit était plus fort malgré tout. A la vérité, Le jeune homme aurait pu ne plus être là que cela n’aurait pas changé grand-chose ; Joachim avait presque oublié son existence. La nouvelle menace semblait d’un coup omniprésente et venir de partout, le corps qui s’animait devant lui n’était qu’une marionnette dirigée par Hans et Gretel. Il les voyait rire et essayer de l’attraper alors que son corps refusait de bouger, comme aspiré par des ombres qui l’immobilisaient. D’un coup, sa main accrocha le pantalon du garçon avec fermeté ; cette sensation de vide l’avait poussé à se saisir de n’importe quoi pour ne pas tomber. Etrangement rassuré par la chaleur du tissu, il se rendit compte que la voix qui parlait de nouveau était tendre et presque apaisante. Evidemment, cela ne voulait rien dire : Gretel avait elle aussi toujours un sourire gentil aux lèvres. Mais cette chaleur était si rassurante qu’il s’y accrocha jusqu’à en avoir mal aux doigts. Cet effort lui couta encore un peu du peu d’énergie qui lui restait. Celle-ci fuyait par ses multiples blessures et par ses réactions extrêmes.

- Buvez tout.

Joachim releva la tête. Un visage d’ange se tenait au dessus du sien, et nuls doutes que ce garçon faisait parti de ceux que Joachim aimait allonger sur son lit - enfin, il fallait souligner que le jeune homme ne refusait quasiment aucun homme-. Un visage si angélique ne pouvait malheureusement qu’appartenir à un monstre. Ils avaient tous des masques parfaits… Et celui-là semblait bien trop sincère. Tellement injuste. Avec un regret résigné, il envoya la bouteille valsé à l’autre bout de la pièce. Elle contenait surement du poison ou quelconques drogues destinées à un usage horrible. C’était une évidence flagrante. Il le prenait donc pour un idiot ?

- Tu es donc trop lâche pour m’assassiner directement ?!

L’éventualité de l’assassinat s’avérait inévitable. Alors Joachim préférait que ça se passe vite et proprement. Il ne voulait plus souffrir, il ne voulait plus sentir son corps bruler de l’intérieur et de l’extérieur. Il voulait que ce soit rapide et indolore. Peut-être allait-il enfin se réveiller de son cauchemar après ça…

- Je…, commença-t-il à paniquer, après sa brusque tirade imprévue. Je ne veux pas y retourner… ! Je ne veux pas que ça recommence !

Poussé par la peur ou au contraire, un semblant de courage dû à sa colère, il essaya de se relever. La douleur était à nouveau vive à cause du couteau et de son bras auquel il devait s’appuyer, mais il réussit à se redresser. Ses jambes et tout son corps tremblait nerveusement.

- Pourquoi…

Il s’avança vers le lit et s’effondra sur le garçon. Il se tenait maintenant à quatre pattes au dessus lui, les yeux dans les yeux. Il dû s’y reprendre à deux fois pour sortir un nouveau son, sa gorge semblait bloquée et la voix qui en sortit était sur le point de se rompre à tout instant.

- Pourquoi n’est-elle pas venue elle-même ?

Plic ploc.

Il s’écroula sur lui, la tête contre son torse pour cacher ses nouveaux sanglots, qu’il ne pouvait plus retenir. Il s’accrochait à sa veste de toutes ses forces, et cette proximité ne lui faisait pas peur. A ce niveau là, il n’était même plus effrayé : Il voulait juste que cela cesse. Il préférait mourir par les mains de cet inconnu que de devoir retourner chez Gretel. Il était pitoyable, il était trahi, il était faible. Il était tout ce qu’il détestait le plus.

- Dépêche-toi de m’achever, je n’en peux plus…

C’était surement le pire cauchemar de sa vie. Et il espérait bien que s’en était la fin.


Non mais je ne joue pas moi, je travaille !

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MessageSujet: Re: I'm a player ( PV joachim )   Dim 5 Déc 2010 - 18:01
Rose en perdait son latin. D’abord il agrippait son pantalon comme si sa vie en dépendait, il se roulait en boule, se détournait, se retournait, lui faisait mille reproches dont notre malheureux anglais ne comprenait pas le premier mot… Il ignorait ce qui avait pu arriver au pauvre diable, mais il était visiblement très perturbé. Queer Tale était ridiculement dangereux, de toute façon. Bien de fois, il avait cru voir sa dernière heure venir. Et puis, son joli visage attirait l’attention. Etait-ce un bien, était-ce un mal… En tout cas, quand on était pas candidat au viol, c’était un sacré problème.

Et puis, alors qu’il examinait les plaies du jeune homme, celui-ci se mit à se débattre comme un possédé, la flasque roula à terre – heureusement, sans répandre son contenu – rebondit sur le parquer et finit sa course contre le mur du fond. Elle était encore visible dans l’ombre, elle reflétait le mince rai de lumière qui filtrait par l’ouverture de la porte. Faut hoqueta. Il était fou ! Il était complètement fou ! Un whiskey Dix ans d’âge… ! Mais il n’eut pas le temps d’aller récupérer son bien. Les ressorts du lit grincèrent, le monde bascula à l’horizontale, et il y avait un poids mort de plus de 60 kilos sur son torse et son estomac.
Herbert écarquilla les yeux. Il fixait le visage en larmes, les yeux exorbités, de Joachim. Il vagissait comme un hippopotame mâle , pleurait en agrippant sa veste et sa chemise. Son revers serait fichu. Son foulard aussi… Et dire que c’était son dernier foulard de soie…
La situation était éminemment déplaisante. Rose secoua la tête, essayant de garder son calme, pour ne pas effaroucher encore plus l’étrange garçon…

« Vous divaguez, mon cher. Il n’est pas question que j’achève quiconque aujourd’hui. Et puis, ajouta-t-il avec humeur, je n’ai aucune idée de ce dont vous parlez. Pourquoi essayerais-je d’assassiner un inconnu ?»

Il inspira profondément, fixant la faucheuse dans les yeux. Le sang qui coulait sur son torse n’était pas le sien, et quand Joachim expirait trop fort, des gouttes salées lui tombaient aux commissures. Machinalement, Faust se lécha les lèvres. Il attendait. Cet accès finirait par passer. Naturellement, il aurait pu envoyer bouler son attaquant, mais il semblait si faible et si misérable qu’il avait presque pitié. Et puis, quelque chose lui disait qu’avec lui il n’y avait rien à craindre… Au bout de trois minutes qui lui semblèrent une éternité, il toussota, détournant le regard.

« Vous pourriez peut-être me… Lâcher ? C’est inconvenant. »

Il leva doucement les paumes, les posa sur les épaules de son assaillant. Elles tremblaient mais elles étaient chaudes.

« Rien ne va ‘ recommencer ’, et aucun mal ne vous sera fait. Allons, allons… »

Il tapota le bras valide de l’adolescent, ses cheveux dorés lui retombaient devant les yeux, il les souffla encore et fit mine de se redresser. Très lentement, il se dégagea, et recula jusqu’au bout du lit, les mains bien en évidence. L’autre continuait de hoqueter et de frémir. Il avait besoin de soins, d’un bon repas, d’un lit chaud, d’un peu d’affection, peut être. Un bain ne lui aurait pas fait de mal, non plus. Mais Herbert n’avait pas vocation à jouer les gardes-malades. Il sauta en souplesse sur le plancher, se pencha pour ramasser sa flasque. Joachim n’était peut être pas d’accord, mais il n’était pas question qu’il joue les enfants gâtés. Il boirait et jusqu’à la dernière goutte, et quand il serait ivre…

« Voyez…, Chuchota Faust en portant la petite bouteille à ses lèvres, il n’y a rien de dangereux là-dedans – il but une gorgée – Je ne veux pas vous effrayer… Il faut juste enlever ce couteau… L’alcool vous fera du bien. Il engourdira vos sens et… »

Il approchait précautionneusement, le vieux parquet grinçait sous ses pas. Il tenait la gourde à bout de bras, comme si l’objet allait lui exploser à la figure. Se rassit sur le bord du lit, agitant le récipient sous le nez de la Mort ( un jeu de mot savoureux, qui n’aurait pas manqué de le faire sourire s’il avait su à qui il avait en réalité affaire ). Voyant que l’autre restait amorphe :

« Et supposons que je sois ‘ l’un des assassins de Gretel ’. Vous finiriez par y passer, d’une façon ou d’une autre, alors quitte à boire la ciguë, pourquoi pas maintenant ? Soit je suis bien intentionné et je suis la voie inattendue du salut, soit je suis un fourbe et veule spadassin, mais dans ce cas vous pensez bien que je ne vous laisserai pas m’échapper de toute façon. Allons. Comportez vous en homme, relevez la tête, faites ce qu’on vous demande, et essuyez moi ces larmes. »

Son discours était à mi-chemin entre la mâle assurance et les remontrances courroucées d’une gouvernante anglaise, et d’ailleurs, son accent anglais si oxfordien et policé semblait légèrement plus traînant. S’il s’était agi d’un de ses anciens camarades de College, ils auraient échangé quelques bons mots, disserté sur les désagrément d’une blessure à l’épaule et auraient conclu sur l’inconstance de femmes au moment un serait arrivé le médecin. Mais Joachim et lui étaient seuls, tous seuls, il n’y avait ni édredon moelleux ni docteur bienveillant ni bonne pour apporter le thé, alors il allait falloir serrer les dents et cesser de jouer les idiots.
Bien sûr, si on lui avait dit que le petit garçon grelottant et sale recroquevillé entre les draps était le fil de la faucheuse, il aurait ri. Herbert avait dealé avec le diable – qui ne s’était pas montré à lui sous sa plus effrayante apparence, il fallait en convenir, mais… - Et il avait l’impression d’entretenir avec les forces occultes un rapport privilégié. 202 ans, c’est long, et quand on veut rentrer chez soi tout est bon, même le spiritisme ou les rituels de magie noire. Il avait toujours imaginé la mort comme un entité immatérielle, impalpable, insidieuse, un vent froid qui vous rentre dans les os, un noir brouillard aux relents de pourriture mais… Non, ces dentelles, ces fanfreluches, ce petit minois de chanteur de charme ou meneur de revue, ne correspondaient pas à l’idée qu’il se faisait de la Grande Faucheuse.
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MessageSujet: Re: I'm a player ( PV joachim )   Mer 8 Déc 2010 - 16:50
Confiance retourne.


Non pas qu’il aimait pleurer tel un hippopotame mâle, la faucheuse était bien la première personne outrée par son propre comportement. Comme si c’était normal de se mettre dans un état aussi pitoyable devant un inconnu, comme si ça lui allait bien ! Ce qui lui fallait, c’était de l’argent, des hommes et un château. Or il n’avait à disposition qu’un couteau dans le dos, un inconnu blond potentiellement dangereux et une baraque sur le point de s’effondrer. Il fallait faire avec et si Joachim le pouvait, il arrêterait de pleurer avec joie ! Et il danserait la java avec ce type, nettoierait cette maison même si c’était barbare pour ses mains et vivrait un tant soit peu content. Happy End, ou presque.

- Vous divaguez, mon cher. Il n’est pas question que j’achève quiconque aujourd’hui. Et puis, je n’ai aucune idée de ce dont vous parlez. Pourquoi essayerai-je d’assassiner un inconnu ?

Ses mains serrèrent plus fort encore sa chemise mais pas un mot ne sortit de sa bouche. De ses yeux s’écoulaient encore quelques larmes mais elles se tarirent vite. Il n’y avait plus de stock derrière et puis, il était trop fatigué pour vraiment pleurer. L’expression troublée, il calma sa respiration en écoutant celle du garçon. Son cœur battait juste au dessous de son oreille dans un rythme paisible qui incita le sien à faire de même. Puis il commença à sérieusement réfléchir sur la situation et surtout en ce qui concernait le jeune homme. Il n’avait pas l’air agressif ou même dangereux, en fait. Ce n’était pas ses paroles qui lui faisait penser ça (car il n’accordait plus d’importance aux mots qui pouvaient être mensonges) mais plutôt son attitude. Elle était nonchalante et en aucuns cas paniquée ou énervée. Joachim ne décelait aucun pic d’agressivité ou autre émotion qui aurait pu lui nuire. C’était un peu rassurant… Il commençait à se sentir mieux, logé contre lui. Ça lui rappelait ses amants tranquilles qui s’endormaient juste après, et auxquels il aimait poser sa tête contre leur torse pour les entendre s’endormir. Il aurait pu aussi citer son père quand il était plus petit et qu’il s’amusait de sa cage thoracique uniquement faites d’os mais ça n’avait pas vraiment rapport. Et puis, il ne voulait pas penser à son père qui restait sourd à toutes ses supplications.

- Vous pourriez peut-être me… Lâcher ? C’est inconvenant.

Il fut surprit qu’on l’interrompe dans ses pensées mais ne résista pas lorsqu’il le redressa. Il avait toujours les joues mouillées et les yeux rougis mais il ne pleurait plus et il était calme et silencieux.

- Rien ne va ‘ recommencer ’, et aucun mal ne vous sera fait. Allons, allons…

Ses yeux se fermèrent fermement en entendant ses mots. Alors qu’on tapait sur son bras comme un geste de réconfort, son cœur se serrait atrocement. Mais c’était du soulagement. Il n’existait pas de détecteur de mensonge ici mais Joachim voulait se persuader qu’il disait vrai. Il s’en donnait le droit.

- Voyez…, Chuchota Faust en portant la petite bouteille à ses lèvres, il n’y a rien de dangereux là-dedans – il but une gorgée – Je ne veux pas vous effrayer… Il faut juste enlever ce couteau… L’alcool vous fera du bien. Il engourdira vos sens et…

Et il sera plus simple de vous abattre ? La faucheuse chassa cette pensée et déglutit en fixant le blond tout le long de son déplacement jusqu’au lit. Il avait une mine affreusement sérieuse et sévère. Il s’attendait presque à ce que le garçon tombe comme une mouche à cause de la boisson mais ce ne fut évidemment pas le cas. Ce n’était que de l’alcool après tout… Lorsqu’il s’assit, Joachim ne bougea pas d’un pouce et continua de le regarder sans piper mot. L’autre lui secouait la bouteille sous le nez comme pour l’attirer, ce qui effaroucha un peu la faucheuse.

- Et supposons que je sois l’un des assassins de Gretel . Vous finiriez par y passer, d’une façon ou d’une autre, alors quitte à boire la ciguë, pourquoi pas maintenant ? Soit je suis bien intentionné et je suis la voie inattendue du salut, soit je suis un fourbe et veule spadassin, mais dans ce cas vous pensez bien que je ne vous laisserai pas m’échapper de toute façon. Allons. Comportez vous en homme, relevez la tête, faites ce qu’on vous demande, et essuyez moi ces larmes.

Joachim cligna des yeux devant son discours tout à fait cohérent. Le fait qu’il énonce la possibilité d’être un assassin n’était pas très plaisant et il préférait insister sur la première, tout comme Joachim. Et puis il avait raison. Il ne risquait rien de plus à boire cette bouteille et il pouvait se montrer un peu plus digne a présent.

- Je ne pleure pas. Qui es-tu ?

En effet, pendant que le blond était allé chercher la bouteille, il avait eu le loisir d’essuyer son visage. Il avait toujours mauvaise mine mais il était sec.

- Et je ne te permets pas de me donner des ordres. Si je bois ce truc, ce n’est pas parce que tu me le demandes mais parce que je le veux !

Sur cet élan de mauvaise foi, il attrapa la bouteille et commença à boire le whisky qu’elle contenait sans perdre une seconde. Ça lui brulait horriblement la gorge mais il se força à boire quand même. Le garçon était toujours à coté de lui mais Joachim n’était plus tant effrayé. Comme il l’avait dit, s’il lui voulait du mal, il lui ferait du mal. Il ne pouvait pas s’enfuir de toute façon. Alors autant être ivre, non ?

- Attends…

Il toussa un peu et leva les yeux vers Rose avec un petit air de panique. Il venait de comprendre quelque chose de primordial.

- Tu ne vas pas quand même pas m’arracher ce couteau ici et avec rien… ?

La pièce était pleine de poussière et de microbe. La faucheuse avait conscience du risque de maladie. Mais surtout…

- Et puis, avec quoi vas-tu stopper mon hémorragie ? Je mourrai avant que tu puisses attraper une serviette !

Ce n’était pas du tout du tout une bonne idée ! Aussi bien intentionné soit-il, ça allait le tuer, même si ce n’était pas son but. Il monta dans un ton de voix plus autoritaire et regarda vivement son sauveur :

- Tu ne peux pas faire ça ! Sans l’eau bénite de l’église, je ne survivrai jamais !

Les premiers effets de l’alcool lui montaient à la tête, et pourtant, il restait encore du whisky dans la gourde. Si la peur du jeune homme avait disparu, ce n’était pas le cas du danger. Oui, il fallait enlever ce couteau, mais il fallait le faire proprement ! Et ivre ou pas, personne ne le toucherait tant que ces conditions ne seraient pas remplies.


Non mais je ne joue pas moi, je travaille !

{Savais-tu que la mort avait un visage ? ♥️}

Le vrai Joachim...♥️
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MessageSujet: Re: I'm a player ( PV joachim )   Mer 8 Déc 2010 - 19:38
« Je ne pleure pas. Qui es-tu ? »

Herbert soupira. Le gamin redevenait cohérent. Et il avait mauvais caractère. Peut-être aurait-il mieux valu qu’il continue de pleurer en s’agrippant à lui, tout compte fait…
Mais alors qu’il ouvrait la bouche pour répondre.. :

« Et je ne te permets pas de me donner des ordres ! Si je bois ce truc, ce n’est pas parce que tu me le demandes, c’est parce que je le veux ! »

Faust faillit hausser un sourcil. Allons bon. En temps normal, il aurait peut être relevé le gant et aurait lancé une réplique cinglante avec l’à propos anglais qui le caractérisait, mais il préféra faire abstraction et tout simplement ignorer la grossière mauvaise foi dont faisait preuve Joachim. De toute évidence, il avait affaire à un roturier sans éducation, même si la coupe et la qualité de ses habits – ils étaient certes en loques, mais des loques luxueuses – laissait deviner un appartenance à une strate favorisée de la société. Un… Parvenu ? Il tenait le bon filon, alors !

« Attends… Tu ne vas quand même pas m’arracher ce couteau ici, avec rien ? »

Mais si pardi, si ! Rose n’avait pas la plus petite idée de la façon dont on désinfectait une plaie, après tout Pasteur n’était pas né à l’époque où il avait atterri à Queer Tale. Et puis, la lame était mince, peut-être n’en mourrait-il pas sur le coup. Oh, et puis, il n’était pas médecin, après tout ! Il n’avait jamais rien fait de ses dix doigts, avait vaguement étudié la littérature et la mythologie – et le français et l’allemand, mais ça c’était un pré requis pour entrer au College - et il lui semblait qu’avec un bandage assez serré et un peau d’eau de vie, il pourrait soigner la faucheuse aussi efficacement que n’importe quel docteur.

« Et puis, avec quoi va tu stopper mon hémorragie ? blablabla »

« Oh, je comptais coudre la plaie avec les dents et un des ressorts du lit. »
Il attendit quelques secondes la réaction horrifiée qui aurait du lui faire écho, puis :

« Je plaisante, bien sûr. Il se pencha en avant, examina le petit poignard, la vraie question mon vieux est : la lame a-t-elle traversé votre poumon ? Si oui, je ne donne pas cher de votre peau, mais, bah ! Il faut bien mourir de quelque chose ! Ne vous inquiétez pas vous ne saignerez pas beaucoup. Figurez vous que mon grand oncle… »

Il faillit raconter une anecdote savoureuse sur son grand-oncle, mais se souvint que la roture s’intéressait fort médiocrement aux généalogies illustres, et garda pour lui son petit trait d’esprit.

« Tu ne peux pas faire ça ! Sans l’eau bénite de l’église, je ne survivrai jamais ! »

Rose resta songeur. Ha, oui, l’eau bénite. Il avait oublié l’eau bénite. Remède efficace certes mais…

Il pencha la tête sur le côté, un sourire un peu rêveur sur le visage.

« Le problème voyez vous, Oh, je n’en suis pas fier, c’est que…
Il se laissa tomber sur les coudes.
J’ai passé un pacte avec Satan qu’il y a un ou deux siècles de ça. Ça ne m’a pas très bien réussi, s’excusa-t-il avec un autre de ses sourires de saints, mais je ne peux plus rentrer dans les églises. Je crois que Dieu ne veut plus de moi dans sa maison. Quand j’essaie d’y entrer ma peau se met à brûler horriblement… Alors de l’eau bénite… »

Il réfléchissait activement.

« Bien sûr, je pourrais faire un petit effort, je ne laisse jamais mon prochain dans la détresse mais…

Un grand sourire de loup étira ses babines.

« Alors je considère que vous me devrez une vie. Payable en cash ou en nature. »

Bien sûr, par ‘ en nature’ il entendait ‘ nourriture’, mais joachim qui était un esprit pervers allait sans doute tout comprendre de travers.
D’ordinaire, Faust ne monnayait pas ainsi ses services, mais le jeune homme semblait avoir un mauvais naturel. Rien ne lui assurait qu’une fois soigné, il ne le mettrai pas à la porte avec un juron et un coup de pied dans le… Bref, il était bien triste de devoir négocier comme un marchand de tissus mais dans ce monde âpre et impitoyable on ne prenait jamais assez de garanties ! Même le fleuron de la noblesse devait se résoudre à ces basses tractations… Enfin.
Il fixa le visage de la Mort – qui était il est vrai nettement plus beau depuis qu’il avait essuyé ses larmes, mais Faust était ailleurs – et se leva d’un bond.

« Je m’excuse de vous imposer un si peu honnête marché, mais les dettes d’honneur sont les seules pour lesquelles ont puisse espérer avoir créance, à Queer Tale, et le danger est partout… Je prends des précautions… Cela vous convient-il ? »

De toute façon, il n’avait pas le choix. Cependant, Rose avait un petit poids sur la conscience. Il se promit d’être plus gentil avec son futur hôte :

« Gardez courage, souffla-t-il avec un air de douceur surprenant, tout ceci n’est qu’un mauvais moment à passer. »

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MessageSujet: Re: I'm a player ( PV joachim )   Ven 10 Déc 2010 - 19:18
Contrat


Faire preuve d’humour était surement une très bonne chose. Peut-être. Car dans ce cas particulier, Joachim n’avait pas envi de rire. Il prit très mal sa petite plaisanterie qui piqua vivement son énervement. Ce type n’en n’avait rien à faire qu’il crève, c’était clair. Il aurait bien pu voir son cadavre en entrant qu’il n’aurait certainement qu’hausser ses sourcils avec un air de dégout et de dédain. Cela n’attisait certes pas la confiance de la faucheuse, qui manquait déjà cruellement. La légèreté d’esprit et de discours n’étaient pas du tout de mise et Joachim pensait pourtant que c’était simple à comprendre. Ce garçon devait être un petit peu stupide. La nonchalance avec ses limites, ou alors c’était carrément de l’indifférence. Et qu’on soit indifférent à une blessure comme la sienne, ça ne signifiait rien de bon. Le cœur de la mort battit un petit peu plus vite et il commençait à s’inquiéter de nouveau.

- Le problème voyez vous, Oh, je n’en suis pas fier, c’est que…

Ce type n’allait pas l’aider. Joachim perdait son temps et pire, son sang. Il leva les yeux au ciel et pria un miracle.

- J’ai passé un pacte avec Satan il y a un ou deux siècles de ça. Ça ne m’a pas très bien réussi, s’excusa-t-il avec un autre de ses sourires de saints, mais je ne peux plus rentrer dans les églises. Je crois que Dieu ne veut plus de moi dans sa maison. Quand j’essaie d’y entrer ma peau se met à brûler horriblement… Alors de l’eau bénite…

Alors ça… Qui aurait cru que le jeune homme devant lui était âgé d’une centaine d’années ou plus ? Et surtout, qu’il avait rencontré et pactisé avec le diable. Joachim avait discuté une ou deux fois avec lui, à l’occasion de dîners organisés par son père. Il avait horreur de ça. Le Diable, Dieu, la Nature et les Faucheuses à la même table. C’était d’un ennuyeux et d’un conventionnel… Mais encore heureux, il n’y avait aucune effusion de cri ou de sang. Ça aurait pu le tacher, et pour rien, puisqu’ils étaient tous immortels. Seulement, certains (à comprendre le diable ou Joachim) aimaient mettre un peu de piment dans ces réunions et cela tournait parfois au vinaigre. Enfin bon. Sa nouvelle rencontre semblait des plus intéressantes, pour avoir osé faire affaire avec Satan. Il semblait à Joachim qu’il était craint des mortels… Alors le blond devait être courageux ou inconscient. Mais à quoi cela servirait-il s’il ne pouvait pas l’aider lui ? Tout ce dont il avait besoin, c’était de l’eau bénite. Il se foutait de qui l’apportait. Et il était tombé sur le seul qui ne pouvait absolument pas l’aider…

- Bien sûr, je pourrais faire un petit effort, je ne laisse jamais mon prochain dans la détresse mais…

La faucheuse releva la tête d’un coup, après avoir un instant été très abattue. Un mauvais sourire animait son sauveur.

- Alors je considère que vous me devrez une vie. Payable en cash ou en nature.

Joachim fit les yeux ronds. Il était extrêmement surprit. Pas outré, non, juste étonné. On osait marchander avec lui ? Ah ! La bonne blague ! Et on lui demandait sa vie en échange, rien que ça ! Un asservissement, une dette, une soumission. Oh si, finalement, après réflexion, il était outré. Mais pas un mot de sorti de sa bouche pincée, et ses yeux restèrent fixés sur ceux du blond avec insistance. Avait-il seulement le choix ? La compensation de coucher avec lui ne le réconfortait même pas, ça ne lui était pas encore monté au cerveau. Il semblait qu’on avait occulté de son esprit la deuxième phrase, et que seule la première avait du sens et de l’importance. Pourtant, jouer l’esclave de l’aurait pas dérangé sous certaines conditions qui ne doivent pas être difficiles à imaginer. Joachim était, après tout, un vil esprit pervers, comme dirait l’autre.

- Je m’excuse de vous imposer un si peu honnête marché, mais les dettes d’honneur sont les seules pour lesquelles ont puisse espérer avoir créance, à Queer Tale, et le danger est partout… Je prends des précautions… Cela vous convient-il ?

Joachim rit, puis s’arrêta brusquement. Cela lui faisait mal et l’empêchait de respirer. Il ignora totalement sa petite consolation, qui lui était aussi utile qu’une fleure, autant que l’était sa douceur. Mais, il avait beau être aigri, cela lui fit quand même l’effet d’une petite caresse. Une toute, toute petite.

- Ais-je l’air de tenir à mon honneur ?, demanda-t-il avec un sourire amer. Il ne m’en reste plus beaucoup. Je n’ai plus que mon amour propre auquel m’accrocher.

Il ne ressemblait plus à rien, ne croyait plus à rien, qu’est-ce que l’honneur pouvait lui apporter ? Même son amour propre était cruellement blessé.

- Mais puisque tu as passé un pacte avec ce fichu Satan, pourquoi pas avec moi ? Tu m’as l’air assez idiot pour risquer un deuxième contrat avec une sinistre entité.

Il fallait bien l’être pour un premier. La mort, le diable, ça revenait un peu au même. Lui aussi était normalement craint par les vers grouillant sous ses pieds, lui aussi était sinistre. Cette étiquette ne lui avait jamais vraiment plus, cela dit. Il n’aimait pas le glauque et l’étrange. Dommage, Queer Tales était exactement leur lieu de résidence.

- Alors j’accepte. Seulement, je n’ai toujours pas le nom de mon contractant ? Appelle-moi Joachim.

Il lui épargna son titre. Il n’avait plus la force pour les mots inutiles, il se sentait réellement sur le point de s’évanouir dans la minute. C’était visible sur son visage, et il s’allongea sur le flanc. D’un geste, il saisit le poignet du jeune homme avec sa main glacée. Son regard, qui avait connu une lueur tout à l’heure, était de nouveau éteint. Ses forces l’avaient quitté d’un coup sans prévenir et les mots avaient du mal à sortir. Mains la peau chaude du blond lui insuffla la volonté de faire un dernier effort. Et quel cruel effort !

- Maintenant dépêche-toi, s’il te plait…

Il y avait bien une chose que la Mort avait apprise ici : Tout passait mieux avec une formule de politesse.


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MessageSujet: Re: I'm a player ( PV joachim )   Dim 12 Déc 2010 - 14:01
Herbert baissa les yeux, considéra la main glacée qui serrait son poignet avec un air songeur. … Joachim ? Puisque c’était son nom, semblait sur le point de s’évanouir, ses yeux étaient à demi-fermés. Alors il se pencha doucement, très doucement, son autre main posée sur son épaule, et lui souffla à l’oreille :

« Mon nom est Rose. Les gens ici m’appellent Faust. »

Et sans plus attendre il se redressa, bondit sur ses pieds, et quitta la chambre, dévalant les escaliers, ses pas roulant avec un bruit de tonnerre sur les marches pourries.




Faust courait, d’un pas rapide et sûr. Il voyait le clocher de l’église derrière une rangée d’arbres, à peut être 500 mètres. Il courait et son visage restait impassible, il ne pensait à rien de particulier, uniquement absorbé par sa course. Il coupa au travers du bois. Etrangement, le sol entre les racines était parfaitement régulier et recouvert d’un genre de pelouse taillée à l’anglaise. On aurait dit ces décors miniatures pour enfant, avec de petits arbres en papier et en bois plantés dans de la mousse. C’était… il releva la tête et regarda droit devant lui. Sans savoir exactement pourquoi, la chose l’inquiétait. Il s’ébroua et continua de courir.



À bout de souffle, il acheva sa course devant le porche de l’église. Sa bouche ouverte soufflait de la vapeur. Son front était légèrement en sueur et le vent froid collait sa chemise à sa peau. Il frissonna, en appuyant les mains sur ses cuisses. Il considérait l’église, tout en expirant de la buée..

Elle ressemblait à n’importe quelle église de campagne. Son petit clocher tombait en ruines, les niches étaient simples et la façade comportait peu d’ornements. Le toit était recouvert de tuiles, les murs étaient en pierre et en torchis. Les fenêtres en ogives avaient toutes au moins un carreau cassé.

Herbert ne pu retenir un petit frisson. Le cadre était pastoral : la petite bâtisse qui élève sa flèche sur fond d’azur hivernal, avec, même, un peu à l’écart, un cabanon en bois, simple et champêtre... Mais lui savait que dès qu’il aurait posé un pied dans l’église il sentirait sa gorge se serrer, sa peau le brûler comme si on l’avait badigeonnée au vitriol. Des cloques apparaîtraient dans son cou, sur ses épaules, sa peau partirait en lambeaux, pelée comme une écorce d’orange, révélant le derme à vif. Un liquide huileux suinterait des plaies ouvertes, ses vêtements s’en imprégneraient, frotteraient son ventre, ses genoux, et pour finir, à moins qu’il ne sorte très vite, il tomberait sur la dalle froide, suffocant, sa bouche baillerait comme celle d’une carpe après l’air, et il mourrait.
Oui, songeait-il, voilà ce qui arriverait, à moins qu’il ne soit assez rapide. Il secoua la tête, remit sa chevelure en place. Franchit un mètre puis deux, puis trois, et finalement, ouvrit la porte d’un coup de pied.
Il n’entra pas tout de suite. Il recula vivement. L’ombre du porche l’enveloppait et il sentait déjà le sang battre à ses tempes, comme si on lui avait mis la tête dans un étau.

Il y avait sept rangées de banc, divisées en deux par l’allée centrale. La nef était petite, en bois sombre. À droite, à gauche, de petites chapelles fermées par des grilles rouillées. Et pas l’ombre d’un bénitier.
Il fronça les sourcils. Il n’avait pas le temps d’inspecter tous les coins. Il se pencha légèrement. Il y avait bien une stèle de pierre à droite de la porte mais elle était vide.

Voilà qui était problématique.
Il se creusait la tête, et le temps passait, bientôt Joachim serait mort. Herbert se demandait à présent pourquoi il ne l’avait pas simplement étouffé avec les draps. Il aurait pu jeter son corps quelque part, il aurait eu la maison pour lui. Mais non, soyons honnêtes : jamais il n’aurait eu assez de froide détermination pour achever un enfant qui s’agrippait à lui en pleurant. Il grogna.

« Soit. Eh, bien à la grâce de Dieu. »

Il inspira une fois, et sauta le pas de la porte.

La première seconde, il ne se passa rien. Il bondissait, droit, tout droit, son instinct lui disait que ce qu’il cherchait se trouvait tout au fond de l’église. Il avait déjà parcouru trois mètres. Le bâtiment pouvait en mesurer 20, 22. Et la nef…

Ses mains le démangeaient horriblement. Son nez était douloureux, ses articulations raides le mettaient au supplice. La peau délicate de son dos était recouvertes de petites cloques remplie de ce liquide transparent. Ses joues étaient rouges comme la peau d’une pomme, il avait l’impression qu’on y avait appliqué un tisonnier.
12 mètres. Il en restait 8.
Des larmes coulaient de ses yeux rougis et irrités. Mais Faust n'en avait cure, il avait, bien en vue, une bassine en émail blanc, posée sur un trépied en cuivre. Elle était juste derrière la chaire…

Ses ongles s’enfonçaient dans sa paume, profondément. La peau était plus molle, elle pelait. Bientôt on verrait les os de ses doigts, les clavicules peut-être.

Mais, alleluia ! Il avait trouvé l’eau magique. Il s’immobilisa. Voyons, voyons, maintenant il n’avait plus qu’à…
Son visage se déforma d’horreur. Un récipient ! Il avait oublié de prendre un RECIPIENT. Il tourna la tête à droite, à gauche, comme un dément, il cherchait une coupe, une flasque, il n’y en avait pas, il allait mourir ici pour le bénéfice d’un paysan mal dégrossi, et bon, Dieu ! Il n’avait PAS de récipient.
Ses manches, son linge de corps étaient tâchés, ses beaux cheveux blonds tombaient par paquets. Alors il fondit en avant, s’empara de la coupe en émail. Ce simple contact lui tira un cri. Il emportait le bénitier, purement et simplement, comme un voleur. Il fit volte face, un peu d’eau l’éclaboussa. Il craignait de renverser tout le contenu de la bassine, elle était peu profonde. Il marchait aussi vite qu’il pouvait, l’os du talon droit menaçait de percer la corne. Il n’arrivait plus à respirer, le monde tournait autour de lui, son estomac et ses intestins gargouillaient. La sortie, il fallait atteindre la sortie. Il trébucha, se redressa. Il ramperait s’il le fallait ! La délivrance était si proche… Moins de deux mètres… Encore un effort !

Il déboucha au dehors et ce fut si délicieux qu’il faillit avoir un orgasme. Il posa la cuvette aussi doucement qu’il pût, et s’effondra dans l’herbe. Le vent n’avait jamais été si doux, l’air qu’il respirait était délicieusement frais, sa cage thoracique se soulevait et retombait vite. Il leva la main devant ses yeux. Ses tissus se reconstituaient, une peau neuve, douce, sans cicatrice ‘ poussait ‘ littéralement. Son cuir chevelu piquait encore un peu, les cheveux tombés repoussaient à toute vitesse, les pelades tombaient toutes seules. Rose soupira d’aise. D’ici une minute, il serait totalement guéri. Son visage avait retrouvé sa perfection habituelle, il toucha prudemment son nez, ses paupières. Tout était normal, parfaitement normal. L’un des effets curieux de sa malédiction était qu’elle n’était effective que dans la stricte limite des lieux saints qu’il pénétrait. Il ne gardait jamais aucune séquelle de ces dangereuses escapades.
Herbert roula sur le ventre. Il faillit rire, il avait envie de contempler le ciel, il aurait pu rester une heure à le regarder simplement en étant heureux d’être en vie, mais il y avait quelqu'un qui attendait de l’autre côté du bois, et s’il mourrait alors Faust se serait sacrifié pour rien. Or, il comptait bien faire payer très, très cher, le service qu’il venait de rendre.
Il se releva, ôta sa chemise, elle était fichue de toute façon, et les plis commençaient à devenir rigides. Il enfila sa veste, jeta le linge souillé à terre, ramassa le bénitier. Il parcourut le chemin en sens inverse en tenant l’objet contre son torse, prenant bien garde de ne pas en renverser une goutte. Il lui fallut dix ou quinze minutes, la silhouette sinistre de la maison abandonnée apparut au bout de l’allée. Tiens bon, Joachim. Dans quelques minutes, tu seras de nouveau dans une forme éclatante. Et alors, Faust saura te rappeler les accords du contrat que vous avez passé.



La chambre était sombre, et c’était silencieux. Rose pensa ‘ il est mort, à tous les coups ’, mais non, Joachim n’était pas mort, juste évanoui. Herbert déposa son précieux chargement sur le parquet. Il considéra le jeune homme, lui donna une tape sur la joue, l’attrapa entre ses bras pour le relever, en position assise.

« Je vais ôter ce couteau », dit-il, plus pour lui même que la Faucheuse.

À la une…

« ça risque d’être un peu désagréable »

À la deux…

« J’ai l’eau, ne vous inquiétez pas. »

À la…


SHLACK

Il planta la lame sanglante dans le sommier, se pencha, amena la bassine jusqu’aux lèvres de Joachim. L’eau coulait sur son menton et sa gorge, et Rose le faisait boire, le tenant serré contre lui pour éviter qu’il ne retombe sur le matelas. Enfin, il posa la coupe. Ses épaules s’affaissèrent. Ils étaient saufs. Ils étaient tous les deux saufs.

Allah akbar.
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MessageSujet: Re: I'm a player ( PV joachim )   Dim 12 Déc 2010 - 16:36
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L’inconscience n’était pas désagréable. Il n’avait plus mal, il était serein et en paix. Il ne craignait plus Gretel, il ne craignait plus personne. Peut-être même aurait-il voulu rester endormi plus longtemps, voir toujours. Tout était si parfait, dans cette noirceur silencieuse. Et pourtant, il allait bientôt sortir de sa torpeur. Il se réveillerait, Rose lui arracherait ce couteau, le guérirait avec l’eau, et il devrait continuer de vivre. Il aurait une dette à payer, pour un temps indéfini, et à un inconnu. Il n’aurait peut-être qu’à s’allonger sur une table et se laisser torturer, si c’était ce que Rose désirait. Mais quelque chose lui donnait à croire qu’il allait s’en sortir, que ce Faust n’était pas un monstre, et qu’il avait une chance de finir cette aventure sans nouvelles casses. C’était peut-être juste l’espoir.

- … ce couteau.

Joachim ouvrit les yeux doucement et tomba nez à nez avec le blond. Il était donc revenu…

- Ca risque d’être un peu désagréable.

Il le fixa sans comprendre.

- J’ai l’eau, ne vous inquiétez pas.

Shlack.


Son souffle fut coupé une seconde puis un horrible hurlement s’échappa de ses lèvres. Il réalisait seulement maintenant de quoi parlait Rose. Comment avait-il pu oublier ça ? Il était vraiment devenu stupide, à côtoyer tous ces déchets. Mais l’instant n’était plus à l’apitoiement ; Joachim sentait sa vie couler de son corps en même temps que la quantité surprenante de sang. Elle s’écrasait impunément sur le matelas et le long de son dos. Il n’arrivait plus à penser. C’était si chaud et pourtant si douloureux…

Puis il sentit sa tête basculer, son dos se cambrer. Un liquide froid glissa le long de sa gorge et Joachim n’eut pas d’autres choix que de l’avaler. Il avait l’impression de se noyer. Enfin, après plusieurs secondes, il se mit à tousser bruyamment et il se contracta de tout son être ; l’eau semblait bruler toutes les cellules de son corps. Il sentait ses muscles, ses ligaments, sa peau, il sentait que tout se liait et se déliait. Il se souvenait d’avoir déjà éprouvé cette sensation extrêmement désagréable. Et aussi douloureux cela fut-il, il savait que cela n’allait pas durer longtemps. Et en effet, après une minute –certes très longue pour la faucheuse-, son corps était en paix. Il retomba contre Rose, les yeux ouverts très grands et la respiration très rapide. Son thorax se soulevait et tombait dans un rythme effréné qui mit quelques secondes à se calmer. Mais à peine se sentit-il mieux –étrangement bien, en fait-, qu’il se redressa. Il retira sa chemise trempée de sang pour dévoiler un corps mince, presque maigre, et il toucha son dos, là où aurait dû être le couteau. La souplesse n’était pas un problème pour Joachim. Son dos était trempé de son sang, comme l’était son bras, mais aucune plaie n’était inscrite sur sa peau. Pas une cicatrice. Juste du sang. Joachim eut l’impression qu’on lui enlevait un poids énorme des épaules, et il prit son visage entre ses mains. Il était inévitablement taché de rouge à présent, mais la faucheuse s’en moquait. Il avait presque envi de pleurer de bonheur. Il était encore là, vivant, il avait survécu ! Il soupira longuement. Dieu, ça faisait tellement bien…

- Je suis toujours là, murmura-t-il pour lui-même, la voix émue.

Il retira ses mains et releva son visage. Ses joues et ses paupières étaient tachées de sang, mais ses yeux brillaient étrangement. Ses cernes avaient complètement disparues comme toutes traces de fatigue sur son corps. Et il savait parfaitement à qui il devait ce miracle. Doucement, il tourna la tête vers son sauveur. Il le voyait maintenant parfaitement ; ses cheveux blonds et courts en bataille, ses yeux noisette et son visage lisse mais épuisé. Il sentit son cœur se serrer et, sans qu’il put expliquer comment, ses bras s’étaient refermés autour de son cou. Son front était logé au creux de son cou et aucuns mots n’accompagnèrent son geste. Il le serrait assez fort pour avoir conscience de son corps contre le sien, et il pouvait entendre sa respiration. Joachim se sentait étrangement attaché à ce garçon. C’était, naturellement, de la reconnaissance. La faucheuse n’était pas douée pour remercier les gens, et la seule chose qu’il pouvait faire pour exprimer cette reconnaissance, c’était le contact physique. Il aurait pu autant l’embrasser ou plus, mais il fallait croire que Joachim n’avait pas envi de s’abandonner à ce genre de chose pour le moment. Après plusieurs longues secondes, peut-être même une minute, il ouvrit la bouche doucement :

- Tu as honoré ta part, Rose…

Il sourit, mais l’autre ne pouvait pas le voir.

- Ne t’attends pas des miracles de la mienne, cela dit. J’ai perdu tous mes pouvoirs de faucheuse en tombant ici, et je ne suis pas doué à grand-chose… Mais je remplierai ma part du contrat.

Il le lâcha enfin, et remarqua que le cou de Rose était devenu rouge. Il attrapa alors sa chemise tachée et prenant un morceau encore blanc, il essuya son visage ensanglanté. Il fit de même pour son bras gauche. Mais il ne pouvait rien faire pour son dos, la chemise était maintenant inutilisable et il ne pouvait pas l’essuyer tout seul de toute façon. Il regarda alors Rose, et eut un petit sourire triste. Il avait envi de lui demander d’oublier son visage en larme et souffrant, sa crise de paranoïa et tout ce qui nuisait à son image. Mais il n’osait pas.

Joachim fixa la fenêtre condamnée par laquelle filtrait un ou deux rayons de soleil, puis il se leva. Marcher lui semblait étrange mais ce n’était pas désagréable du tout. Il jeta un œil dehors entre deux plaques de bois, et scruta l’herbe et la forêt.

- Je ne peux pas rester ici, commença-t-il, Gretel pourrait me retrouver. Allons-nous-en. Où tu veux, je te suivrai, mais partons loin d’ici.

Il le regarda de nouveau. Son regard était déterminé. Sa peau était parcourut de frissons, un peu effrayé, mais c’était surtout à cause du froid. Joachim se sentait plus fort qu’avant, peut-être car il n’était plus tout seul. Il ne voulait même pas l’accompagner par obligation. Il savait qu’il lui devait la vie, et qu’il allait lui demander des services, mais ça lui importait peu au fond. Tant qu’il avait quelqu’un avec lui… Ce monde lui semblait moins effrayant. Et si Rose était bien un camarade de Gretel, ca aussi, il s’en fichait. Il n’aurait qu’à se débrouiller et faire ce qu’il avait toujours fait jusqu’à là. Mais pour le moment, ces suppositions étaient inutiles. Aujourd’hui était un nouveau départ, après tout.


[Pour avoir ma couleur de police, il faut remplacer "Orange" (ou autre) par #9966cc. =)]


Non mais je ne joue pas moi, je travaille !

{Savais-tu que la mort avait un visage ? ♥️}

Le vrai Joachim...♥️
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MessageSujet: Re: I'm a player ( PV joachim )   Dim 12 Déc 2010 - 18:47
Alors, ils n’établiraient pas leurs quartiers dans cette maison ? Bah. La décoration n’était certes pas très chaleureuse, mais en enlevant une ou deux planches pourries… Et avec un napperon en dentelle, peut être… Quelques fleurs…
Mais enfin, puisqu’il fallait renoncer à ce projet… Rose se redressa et fixa Joachim droit dans les yeux.
« Pour vous jeune homme, je viens de souffrir un martyr. Mais bah. Il était dit qu’il m’échoirait un compagnon d’infortune. Topez là. Dans une heure nous serons sur les routes. Mais avant… Il faudra vous changer. Et manger. »
On ne partait jamais à l’aventure sans avoir le ventre plein.
« Nous irons au royaume de Cœur. J’ai un ami là-bas qui nous louera une maison pour un prix raisonnable. Je n’ai pas encore réfléchi à la façon dont vous allez me rembourser… »

Ils auraient peut-être un ou deux jours de route. Les nuits étaient froides, il faudrait chercher dans la maison une ou deux couvertures. Son vieil ami accepterait sûrement de leur faire créance quelques temps. Il espérait ce le jeune homme avait de la ressource : sa condition de Lord fauché qui était son lot commençait à le fatiguer. Il n’avait pas fait cœur de pauvreté, après tout.

Il sourit. Malgré tout, sans trop savoir pourquoi, il sentait que de bonnes choses s’auguraient. Il venait de passer l’épreuve du feu, l’enfant était barbouillé de sang de la tête au pied, la baraque sinistre comme un tombeau mais il se sentait… inspiré. Quelque chose allait se produire. Quelque chose allait changer.

Alors il enfonça les mains dans ses poches, poussa la porte du pied. Il était fatigué, lui aussi. Il se tourna vers Joachim puis :

« Alors… en avant ! »
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