Petit humain, mais qu'as-tu fait ? Ouvrir ce livre, pris de curiosité ! Quelle grave erreur, car dès maintenant, les contes te garderont pour eux !
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 Sugababe ( Fini! )

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MessageSujet: Sugababe ( Fini! )   Dim 12 Déc 2010 - 20:24
Herbert regardait le plafond.
Pas que le plafond soit particulièrement intéressant. Il essayait juste de se concentrer pour faire abstraction des… des bruits. Il avait lu quelque part que les moines bouddhistes, dans les temples, étaient capables de fixer des murs blancs et nus pendant des heures, jusqu’à entrer en transe. Il se concentra autant qu’il put.
Un long gémissement se fit entendre à travers la cloison.
Rose grimaça. Il se retourna sur son oreiller, essayant de se boucher les oreilles. Les cris enflaient, enflaient, de plus en plus rapprochés, entrecoupés de profonds soupirs. Faust grommela, se remettant sur le dos. Il remonta la couverture jusqu’à son menton.

« Ahhhhhhhhh »

Sainte Marie mère de Dieu, mais qu’est-ce qu’ils faisaient dans cette chambre ? Enfin, il avait bien sa petite idée mais… Non, en vérité, il savait très bien ce qui se passait dans la pièce d’à côté, seulement il n’arrivait pas à dire exactement si cette voix appartenait à Joachim ou à…

« Ouuuh, Ga… G… GABRIEEEEEL ! »

Rose se signa trois fois. Ce pouvait-il que Joachim aime à ce point se.. Se prostituer ? Il leva les yeux au ciel. Il avait l’impression d’être un proxénète qui espionne une de ses filles pendant qu’elle fait le trottoir. Heureusement, la Faucheuse et le dénommé ‘Gabriel’ – qu’il avait entr’aperçu, un beau garçon, assez grand… Mais là n’était pas le sujet – semblaient, après 45 interminables minutes, avoir enfin réussi à… à toucher le fond des choses. Ha, non, la formulation n’était pas du tout la bonne ! À aller au bout de leur passion. Oui, voilà.

Il y eut encore quelques soupirs, et des sons qu’il n’arrivait pas à définir, puis il entendit un bourdonnement confus. Les deux jeunes hommes devaient discuter des tarifs. Et dire que Rose vivait aux dépends d’un… d’un GIGOLO. Parfaitement ! Un gigolo !

L’escalier grinça. Joachim devait raccompagner son client jusqu’à la porte. Herbert se glissa hors des draps, enfila un pantalon droit et une chemise, ainsi qu’une robe de chambre qu’il laissa ouverte. Il était rarement aussi négligé, mais il était trois heures du matin, et il avait simplement envie d’aller se servir une collation à la cuisine. Il décida d’attendre que son ‘ colocataire ’ soit remonté à l’étage. Il n’avait aucune envie de le croiser dans le couloir. À tous les coups, il s’accrocherait à lui en lui disant qu’il avait peur la nuit tout seul et qu’il avait bien le droit à une petite place dans son lit, et ce serait la même scène que tous les autres soirs. Mais il n’était pas question qu’il laisse qui que ce soit s’inviter sous ses couvertures. Et surtout pas si la personne en question venait de passer une heure torride avec un parfait inconnu. Joachim sentait le sexe à cinq mètres. Rose était chaste comme une petite fille. Si cette créature dépravée dormait dans la même chambre que lui, nul doute qu’elle essayerait de…
Cela faisait presque un mois qu’ils vivaient ensembles. La route du royaume d’Hansel à celui de la reine de cœur avait été beaucoup moins mauvaise que ce qu’il avait craint, et les nuits moins froides. Quand il avait vu les petites maisons blanches au toits rouges, les balcons fleuris, les jardins nets et bien taillés, il avait senti son cœur se serrer. Leur propre maison simple mais très propre, haute et assez étroite. Il y avait, au rez-de-chaussée, le hall, un petit salon, une cuisine, à l’étage leurs deux chambres et la salle de bain. Les murs étaient blancs, le parquet était en chêne clair. Tout était très sobre mais d’assez bon goût. Un petit confort bourgeois sans prétention, et pas trop cher payé. L’ami de Rose était magnanime et grand seigneur. Il s’occupait fort peu de son patrimoine, il préférait distribuer à ses amis ou organiser des réunions mondaines que faire fructifier l’héritage paternel.
Pendant quelques temps, Joachim et lui avaient vécu sur leurs réserves. Rose refusait catégoriquement de travailler, et le vol, la mendicité, où tout autre forme d’extorsion étaient contraire à l’idée qu’il se faisait de la distinction. Son camarade avait poussé de grands soupirs et conclu qu’il n’avait plus qu’à vendre son corps. Naturellement, il avait d’abord pensé à une plaisanterie. Mais Joachim avait visiblement une sexualité très, très débridée, et, Dieu le pardonne ! Il était un sodomite de la pire espèce. Les hommes, plus au moins beaux, mais toujours riches, défilaient depuis ce jour dans sa petite chambre au premier étage. Il y avait des soirs où il entendait à peine ses gémissements, et d’autres, comme celui-ci, où il faisait trembler les fondations de la maison. Ces grognements érotiques laissaient Rose perplexe. Quand ils se croisait le matin, pendant le Breakfast, Joachim avait toujours la mine tirée mais aussi – Horreur, suprême horreur ! – il dégageait cet espèce de parfum, ce sillage qui était pour Faust l’odeur même de la luxure, il avait ces manières subtilement obscènes… Qui étaient fascinantes et répulsives à la fois. Il se demandait si tous ceux qui vivaient de leurs charmes avait la même façon de manger leur petit déjeuner, l’air un peu ailleurs, la bouche encore gonflée. Et qui savait tout ce qu’avait pu faire cette bouche la nuit précédente. Il ne voulait pas l'imaginer.
Leur cohabitation était assez paisible. Joachim avait un sale caractère, lui était le flegme en personne. Il s’amusait beaucoup de sa propension à se mettre en colère pour tout et pour rien, et le taquinait souvent jusqu’à ce qu’il casse la porcelaine et s’en aille à grands pas furieux. Tous deux avaient fini par se résigner à faire le ménage, l’heure du thé, en particulier était une des tâches quotidiennes dont il s’acquittait avec le moins de déplaisir. Il s’était persuadé que les tâches ménagères n’étaient pas sans noblesse et même si ces scones n’avaient pas encore ce bon goût fade anglais, il ne désespérait pas de réussir un jour une fournée.
Cependant, certaines choses l’agaçaient. Déjà, Joachim refusait de mettre une cravate. Absurde ! Et tous ces ruchés ! Un peu de sobriété n’aurait pas déplu à Herbert. Aussi, il ne pouvait jamais lire son journal en paix. C’était un monde !

Absorbé dans ses pensées, il avait perdu la notion du temps. Depuis combien de temps attendait-il, l’oreille contre la porte ? Il ne se souvenait plus s’il l’avait entendu monter ou non… Mais, bon sang, il avait faim. Il se risqua à ouvrir la porte. Personne.
Il descendit sur la pointe des pieds. Il finissait par connaître chaque latte par cœur. Certaines couinaient, d’autres non… Il atteignit la cuisine sans encombre. Elle était déserte et silencieuse. Il alluma la lampe à pétrole. Encore une invention épatante, la lampe à pétrole, et commença à fouiller dans un placard. Une tranche de pain et une noisette de beurre feraient l’affaire, avec, pourquoi pas, un zeste de citron. Il n’y avait plus de citron mais il restait une miche et un beurre salé excellent. Il s’attabla, préleva un peu de beurre dans le beurrier, mais alors qu’il tenait le couteau en l’air…


Dernière édition par Herbert Rose le Mer 5 Jan 2011 - 12:38, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Sugababe ( Fini! )   Sam 1 Jan 2011 - 21:08
One Month.


Joachim avait le front collé à la fenêtre. Sa respiration faisait de la buée sur la vitre, et il lui était impossible de voir la silhouette de Gabriel s’éloigner. Il détestait ça. Non pas la buée, mais de voir ses garçons s’en aller. Certains le laissaient en plan en pleine nuit, alors que ce que Joachim préférait –après la partie sexe, bien entendu- c’était se serrer contre leur corps chaud la nuit. Il avait l’impression que son taux de chance de survit augmentait. 50% de chair en plus, ça donnait une chance sur deux au couteau pour toucher l’autre. Joachim, sans cette garantie stupide, n’arrivait pas à fermer l’œil. Il restait dans son lit les yeux rivés au plafond toute la nuit. Des heures et des heures, à s’imaginer moultes choses inutiles… Et quand venait le sommeil –s’il venait-, il rêvait que Rose tentait de l’assassiner. A moins que le souvenir de ses deux tortionnaires revienne le hanter, évidemment. Il se réveillait alors en sueurs ou en larme, mais dans tous les cas, il se sentait affreusement mal. Il espérait que Faust ne l’entendait pas quand quelques sanglots survenaient malgré tout, et que sa respiration haletante n’était pas audible. Le matin, il feignait l’indifférence et la normalité, ainsi, il n’avait jamais eu de retour. Mais malgré tout, il avait quand même demandé à Rose la permission de dormir avec lui une fois ses affaires terminées. Il avait beau faire des cauchemars suspects à son propos, il espérait avoir tord. Et de toute façon, la solitude lui paraissait vraiment insupportable. Malheureusement, le jeune homme avait catégoriquement refusé. Ça n’avait pas manqué de mettre le jeune homme en colère et de le vexer, il se souvenait même d’avoir cassé de la vaisselle. Joachim appréciait Rose, mais il fallait avouer qu’ils ne se ressemblaient pas du tout. Il passait son temps à le taquiner et à le réprimander, à lui dire de se tenir bien, de faire ci, de faire ça, « un peu de tenue allons ! » et blablabla. Mais malgré tout… La faucheuse avait un profond respect pour lui –était-ce vraiment du respect d’ailleurs ?-, et une certaine crainte aussi. Demain, ça ferait un mois exactement qu’ils vivaient ensemble. Tout semblait assez bien ce passer… Mais le souvenir de Gretel l’agressait dès qu’il y pensait. Depuis quelques jours, il était même mal à l’aise lors qu’il se retrouvait seul avec lui. Surtout quand Rose se tenait près de la cuisine ou de quelques objets contondants. Son cœur se mettait à battre plus vite, et ses yeux cherchaient une porte de sortie. C’était très désagréable. Dans un soupire, il se laissa tomber sur la chaise à coté de la fenêtre. Il n’aurait pas pu dormir de toute façon, même si Gabriel était resté. Il était trop anxieux de croiser Rose demain, particulièrement après ses vocalises. Faust semblait étrangement le trouver repoussant à chaque fois qu’il sortait d’une nuit de travail –ce qui était souvent le cas-, et Joachim ne savait pas comment réagir. Il ne comprendrait jamais Rose. Ce type était trop étrange ! Il semblait idiot mais il était loin de l’être… Il était beau, mais n’avait aucunes aventures. Il vivait avec lui, mais ne cessait de le repousser. A n’y rien comprendre.

La faucheuse aurait pu rester longtemps assise sur cette chaise gelée, s’il n’avait pas entendu des pas dans sa direction. Rose devait surement s’être levé. Mais pourquoi ? Il eut la réponse quelques secondes plus tard, lorsqu’il entra muni d’une faible lampe à pétrole. Inutile de préciser que quand Rose se munit d’un couteau, le cœur du garçon fit un bon. Soulagement cependant, quand il vit apparaitre du pain et du beurre… Puis un peu d’agacement : Il ne se gênait pas pour piocher dans leur réserve ! On se demandait qui trimait comme une putain –et c’était bien le cas de le dire- pour avoir de quoi acheter tout ça ! Mais finalement, c’était sans importance.

Le blond ne semblait pas l’avoir vu. Il commençait à s’attabler à table, pressé d’engloutir sa tartine. Joachim se fit discret et se leva, se rapprochant à pas de loup du garçon. Enfin arrivé dos à lui, il saisit fermement le poignet qui tenait le couteau, à ce moment là, tenu en l’air. La mort avait acquit une sorte de dégout pour cet ustensile, et cela était dû évidemment à d’effroyables souvenirs. Mais ce n’était pas comme s’il pouvait s’en passer. Il aurait quand même préféré que son colocataire évite d’utiliser cet objet tranchant en sa présence, particulièrement quand il faisait presque noir et quand il était sans défense.

- Tu ne comptes que couper ce pain, rassure-moi ?

Sa voix était posée et un peu rieuse, malgré une pointe de sérieux dans sa question. Joachim était penché à son oreille, un demi-sourire aux lèvres. Les cheveux de Rose étaient dans tous les sens et ses vêtements étaient tout autant débraillés : un spectacle rare. Après cette amusante constatation, il desserra sa prise sur son poignet et vient s’asseoir directement sur la table, à coté de lui. Elle était solide, heureusement.

- Tu n’arrivais pas à dormir c’est ça ?

Question hypocrite. Il rit un peu, sachant d’avance la réponse et la raison, puis remit en place une de ses mèches. Joachim était juste vêtu de son pantalon noir et d’une chemise blanche à moitié ouverte. Si on regardait bien, quelques suçons et griffures apparaissaient sur son torse ou sur son cou. Il n’aimait pas ça à vrai dire, il détestait qu’on lui laisse des marques. Mais le client était roi parait-il. Gabriel, en particulier. Il ne savait pas pourquoi ce garçon si beau avait besoin de ses services, mais il n’allait pas s’en plaindre ; il l’adorait et c’était réciproque. Ils s’entendaient aussi bien de corps que d’esprit –donc diaboliquement pervers et égoïste- et c’était un plaisir de le « côtoyer ». Rose et ses oreilles écorchées pouvait témoigner de l’affection que Joachim lui portait.

- Evidemment. Comment aurais-tu pu ?, sourit-il.

Se prostituer ne le dérangeait pas. Certes, tous les clients n’étaient pas à son gout, mais il se gardait le droit de refuser ceux qui le répugnait vraiment. Il n’en fallait des fois pas beaucoup, malheureusement. Mais les pourboires donnés par les clients plus aisés que d’autres suffisaient largement à compenser sa sélection VIP. Joachim prit un morceau de la tartine qu’il avait tranchée en deux et mordit dedans. Il se fit la réflexion que la table n’était pas bien confortable, puis celle que n’importe quelle chose dure le serait tout autant ; Il avait indéniablement mal au cul. Et on savait pourquoi.

- Je ne dormirai pas là mardi soir prochain. Ça devrait te faire plaisir…

En réalité, déranger Rose dans son sommeil ne le gênait pas. Il lui en voulait toujours d’avoir refusé de dormir avec lui, et ne voyait pas pourquoi il devrait trouver le repos paisiblement et lui pas. Mais bon, ce n’était l’affaire que d’une soirée. Joachim lui avait épargné les détails, comme à son habitude. Gabriel, alors que Joachim et lui étaient à la porte, l’avait invité à manger au restaurant. Il avait bien sûr accepté, et cela pour deux raisons : Premièrement, il en avait marre de la bouffe cuisiné par son coloc’, et deuxièmement, il savait bien comment allait finir la soirée. Cette fois, Gabriel n’allait pas le lâcher de la nuit, et cette idée était loin d’être désagréable. Inutile de chercher à lui faire la morale. Peut-être qu’au fond, Jo avait toujours été une catin. Une catin étonnamment à l’écoute cependant. Ses anciens amants au château n’avaient jamais rien à dire d’intéressant, contrairement à ceux de Queer Tales. Joachim ne racontait jamais à Rose ses conversations avec eux –cela car il considérait ça privé, mais aussi car il n’aimait pas parler de ce qu’il faisait avec lui. Il avait toujours l’impression d’être coupable de quelque chose avec cette vierge effarouchée-, or, elles étaient passionnantes. Gabriel lui avait avoué son projet d’assassiner son père pour hériter de sa fortune il y avait cela à peine un quart d’heure (Rose avait interprété cela comme la négociation de « tarif ». Mais la faucheuse n’avait pas de tel prix, ses clients étaient plus que généreux et, quand ce n’était pas le cas, il lui suffisait de râler avec son regard brillant et sa mine boudeuse.). Ce à quoi il avait répondu que c’était une bonne idée, et qu’il voulait connaître tous les détails ensuite. Ce n’était pas comme si Joachim avait peur des détails, il les avait vus tellement de fois durant des siècles... Ça ne le choquait pas, ou plus. Sauf quand on parlait de torture, mais il ne pensait pas que c’était le cas. Puis pour parler d’autres histoires intéressantes, il y avait toujours les éternelles tromperies. Jo semblait combler les mariages malheureux.

Il fini son morceau de tartine et se lécha le doigt.

- Je n’ai pas sommeil ce soir. Tu restes avec moi me tenir compagnie ?


Faust avait l’air fatigué. Mais il ne le laisserait pas dormir, pas question de veiller tout seul. Joachim fit tourner le couteau sur lui-même. Il se demandait alors vaguement si un jour Rose tenterait de le tuer.



Non mais je ne joue pas moi, je travaille !

{Savais-tu que la mort avait un visage ? ♥️}

Le vrai Joachim...♥️
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MessageSujet: Re: Sugababe ( Fini! )   Sam 1 Jan 2011 - 21:38
cette heure, il ne pouvait y avoir qu’une seule personne dans cette cuisine, la seule qu’il voulait soigneusement éviter. Comme par hasard, tiens.
Une main blanche et maigre serrait son poignet. Il loucha sur cette main, puis son regard indéchiffrable détailla sans émotion apparente la ligne du poignet, l’avant bras lisse ( mais marqué d’un suçon, petit souvenir que lui avait laissé un amant de passage, sans doute ) le bras – il se retourna, ses mèches lui tombaient sur le front, ses cheveux étaient peut être un peu trop longs ), la ligne de l’épaule, l’oreille gauche et le visage enfin, et il le regarda droit dans les yeux. Ils étaient très proches, et il pouvait voir que ses lèvres étaient encore humides et qu’il avait une griffure rouge sur la pommette )

« Tu m’as fait peur » Dit-il en penchant la tête sur le côté, la voix égale et indifférente. « J’aurais pu te donner un coup de couteau sans le vouloir. » Acheva-t-il en se détournant, achevant d’étaler sa noisette de beurre avec application. Il n’aimait pas que Joachim l’approche de trop, après l’amour, il avait l’impression qu’il allait l’attraper par les hanches, le basculer sur la table et lui ôter sa chemise. ( mais peut être que tout ceci n’était qu’un effet de son imagination ) Or, Faust tenait beaucoup à sa candeur : il en avait trop entendu. Il n’avait aucune envie de passer entre les mains expertes de la Faucheuse, pas après avoir vu un de ses clients repartir avec l’air béat, en boitant – et inutile de préciser qu’il ne s’agissait pas d’une luxation de la cheville, si vous voyez où je veux en venir… - Il préférait rester chaste, et puis, peut être qu’a la longue, cette vertueuse politique finirait par le faire entrer de nouveau dans les bonnes grâces de Dieu…

« Tu n’arrivais pas à dormir, c’est ça ? »

Herbert haussa un sourcil, il mâchait une petite bouchée de pain et s’appliquait à fixer le couteau à beurre. Joachim riait. Dieu, il était vraiment une ‘ joyeuse catin ’. Il souriait de toutes ses dents en finissant sa tartine et en se léchant les doigts. Etait-ce l’euphorie qui suivait l’assouvissement des pulsion coupables, ou alors, peut être qu’il se moquait de lui ?

« Pas vraiment. Il haussa les épaules, j’ai trouvé tes cris moins clairs que d’ordinaire, Joachim. Tu t’es un peu enroué après les 15 premières minutes. Tu as pris froid, peut-être ? »

La question était tout à fait sérieuse. Il coupa une autre tranche, remit un peu d’ordre dans ses vêtements, ferma le dernier bouton de chemise et coinça un épi derrière son oreille.

« Cesse de parler comme si je te détestais, Joachim. Je ne suis pas spécialement content ou mécontent que tu sortes samedi soir… Quoi que, je n’aurai pas à faire à manger, alors… Enfin, je suppose que je suis habitué à t’entendre crier ton bonheur, maintenant. »

Joachim avait le hurlement mélodieux. C’était triste à dire. Il passait en moins d’une minute par toutes les tonalités de la gamme harmonique. Son timbre était pur, quel gâchis d’user sa voix en vaines vocalises… Il y avait tellement d’autres choses intéressantes à faire avec sa bouche que… Soudain il n’avait plus d’appétit, il reposa sa tartine avec un vague air de dégoût.

« Désolé Joachim. Nous n’avons pas le même rythme, toi et moi. J’ai affreusement sommeil, et tu sais que je préfère dormir seul dans mon lit. »
Il aurait volontiers accepté, si cela avait pu rassurer son colocataire, de laisser les portes de leurs deux chambres ouvertes. De cette façon, peut être aurait-il eu moins peur. Mais à tous les coups il se réveillerait entre ses longs bras d’homme au petit matin et il voulait à tout prix éviter de devenir la prochaine cible de Joachim. Bon sang ! Il aurait voulu une gentille petite femme, riche de préférence, le genre de créature malléable et câline qu’on honore dans la classique position du missionnaire et qui s’endort sur votre torse en faisant des petits bruits mignons dans son sommeil. Il n’aimait pas les hommes, il refusait de dormir dans les mêmes draps qu’un homme, il n’avait pas vocation à servir de peluche qui couine.

« Ou alors, nous pourrions aller nous asseoir au salon et disserter sur les avantages comparés de la pipe en ébène et de la pipe en écume, en buvant l’excellent bourbon qu’on m’a offert mercredi dernier. Ou disputer une petite partie d’échec. Tout ce qui te fera plaisir, mais je refuse que tu dormes avec moi. »

C’était net, tranchant aimable et implacable à la fois, c’était Tout Rose qui tenait en trois phrases. Il se redressa, effleura Joachim en fermant le col ouvert de sa chemise, un bouton après l’autre, tendrement, presque amoureusement. Mais son visage était lisse et froid et quand il eut terminé il lui tourna le dos sans un regard. Sa nonchalance ressemblait à de l’indifférence : elle n’en était pas. Il était simplement calme de nature.

« Viens, lança-t-il distraitement en passant la main dans sa chevelure blonde pour la discipliner, j’ai aussi d’excellents cigares qui sont les quelques reliques d’une époque où je vivais avec plus de faste. Mais n’aie crainte, j’ai en ce moment affaire avec la petite comtesse de G… ( il ne donnait jamais de nom ) qui me jette de tendres regards et soupire beaucoup quand je passe sous sa fenêtre. Si j’arrivais à obtenir un ou deux cadeaux en gage de son affection… Un anneau d’or peut-être… Il y a un juif qui rachète les métaux précieux sur Merlbury street. Enfin, cette amourette durera le temps qu’elle durera, je pense qu’elle pourrait remplir nos assiettes pour quelques semaines encore… »

Rose séduisait les femmes ( les femmes riches, cela va de soi ) se faisait offrir en gage d’amour éternel leurs bagues en diamant et leurs gourmettes, puis, quand il avait assez exploité le filon il se fendait d’une longue lettre de rupture et revendait les breloques. La chose demandait du temps et de la patience, mais Faust avait fini par passer maître dans l’art des faux espoirs. Joachim en savait quelque chose.
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MessageSujet: Re: Sugababe ( Fini! )   Sam 1 Jan 2011 - 22:01
Compromis


L’indifférence apparente de Rose avait quelque chose de dérangeant. C’était cet air détaché que Joachim avait le plus de mal à supporter chez lui ; Il lui était impossible de lire en lui. Le garçon était opaque, il était inutile d’essayer de deviner ce qu’il pouvait penser. Ou du moins, c’était difficile et peu souvent concluant. Tant de retenue semblait à vrai dire exagérée. Mais c’était peut-être dû à son manque d’habitude. Joachim n’avait pas l’habitude de la retenue, lui qui était très expressif. Ainsi, quand Rose lui disait des choses plus ou moins gentille, il ne savait pas s’il le pensait ou si ce n’était que des manières de politesse. Là encore, il disait ne pas le détester, mais ne parlait jamais d’amitié ou d’amour envers lui. C’était toujours « je ne suis ni pour ni contre », ou un équivalent. La faucheuse sourit avec une pointe d’ironie et balança ses pieds. Il avait envi que Rose lui montre plus d’estime. Mais il semblait qu’il ne serait à jamais que le garçon qui lui doit une vie.

Preuve à l’appuie : Il passait son temps à refuser toutes ses demandes qui demandaient un semblant de confiance. Le blond semblait presque aimer lui rappeler tous les soirs que non, il ne dormirait pas et jamais avec lui, même quand Joachim ne posait pas la question. Lui, soupira discrètement à propos du sévère jugement qui lui était imposé et baissa les yeux. Rose était trop têtu. Il manquait de compassion, quoi qu’on en dise. Pour un effort fourni –aussi douloureux avait-il été-, il en demandait milles autres à Joachim, et ce, sans autres retours. Mais il ne s’en plaignait pas trop ; Il pouvait manger, dormir plus ou moins, et avoir autant de garçons qu’il le souhaitait. Son père devait s’arracher les cheveux en voyant que, n’importe où il était, il arrivait à coucher avec des dizaines d’hommes sans une once de culpabilité. A cette pensée, la mort offrit un sourire plus sincère, bien que minime.

C’est à cet instant que Faust se leva, son amuse-gueule fini. Joachim cessa de remuer les jambes et suivit le jeune homme des yeux. Celui-ci se posa juste devant lui, ce qui surprit un peu le brun. Il le regardait avec étonnement ; puis Rose avança sa main vers sa chemise, le frôlant de ses doigts. La faucheuse pinça ses lèvres et, fixement, suivit les mains du jeune homme durant leur tâche. Elles étaient grandes et agiles, et durant une seconde, il se demanda ce qu’elles pourraient faire d’agréable sur son corps. Pensée futile. Il leva les yeux pour rencontrer ceux du blond. Ils étaient froids et semblaient fixer une statue, comme si Joachim était invisible. Il n’y avait aucune chaleur, c’était presque mécanique. Les yeux de faucheuse adoptèrent la même attitude, ils semblaient las également et indifférents à son geste qui pourtant, ne le laissait pas totalement de marbre. Ici encore, Rose était comme un mur qu’il n’arrivait pas à franchir. Ses gestes ne concordaient pas avec son attitude générale. Ses yeux auraient dus être plus doux, plus aimants. Cette ambigüité l’étouffait. Il avait envi de le prendre dans ses bras et à la fois de le pousser. Quand comprendrait-il qu’il ne faisait que troubler Joachim par ces gestes ? Il y avait des fois où la faucheuse rêvait d’écraser son crâne blond contre le mur de toutes ses forces. Il ignorait encore ce qui l’en empêchait. Joachim n’avait pas besoin de lui, sur le papier… Sur le papier.

« Viens, lança-t-il distraitement en passant la main dans sa chevelure blonde pour la discipliner, j’ai aussi d’excellents cigares qui sont les quelques reliques d’une époque où je vivais avec plus de faste. Mais n’aie crainte, j’ai en ce moment affaire avec la petite comtesse de G… qui me jette de tendres regards et soupire beaucoup quand je passe sous sa fenêtre. Si j’arrivais à obtenir un ou deux cadeaux en gage de son affection… Un anneau d’or peut-être… Il y a un juif qui rachète les métaux précieux sur Merlbury street. Enfin, cette amourette durera le temps qu’elle durera, je pense qu’elle pourrait remplir nos assiettes pour quelques semaines encore… »


Joachim n’étouffa pas le rire qui le prit. Il se leva, les épaules encore tremblantes, et en profita pour retirer le premier bouton de sa chemise –il ne l’attachait jamais, contrairement à Rose. Il dépassa le garçon et se posa sur l’accoudoir du fauteuil, les jambes croisées.

« Rose, si on comptait sur toi pour remplir nos assiettes, nous serions dans une bien mauvaise situation. Ce ne sont pas les tendres regards de madame et ses soupirs, pas plus qu’une de ses bagues données à l’occasion, qui nous feront vivre. »

L’idée le fit rire à nouveau. Rose et sa chasteté était tellement drôle. Il semblait tellement plus simple de coucher avec elles et d’attendre sagement la récompense dû à l’amant. Pourquoi perdait-il son temps en jeux de regards ? Il n’avait qu’à se servir.

« Arrête de les prendre pour de chastes demoiselles qui ne désirent que le serment de ton amour : ce sont toutes des vipères. »

Son regard se durcit. Rose s’imaginait un monde parfois idyllique, où comme sur Terre, il n’avait qu’à papillonner des yeux pour avoir ce qu’il voulait. Avait-il seulement conscience de la cruauté génétique des gens de ce pays ? De leurs masques, de leurs mensonges ? Devait-il avoir un couteau sous la gorge pour le réaliser ?

« Toutes les femmes que tu mets des jours à séduire s’amusent de voir agoniser les gens sous leur fenêtre. Peut-être même ont-elles leur propre crime sur leurs épaules que tu imagines si frêles. Un jour, tu paieras cher de les prendre pour des idiotes. Tu es le seul dans ce pays à imaginer t’en sortir sans te salir. » Il soupira et regarda plus doucement le jeune homme, l’air résigné. « Enfin, je suppose que ça fait parti de ton charme. »

Il ferma les yeux. Gretel revenait à son esprit, cette petite fille si calme et gentille qui en un éclair, était devenue monstrueuse et cruelle. Les femmes que Rose côtoyaient n’attendaient peut-être que leur nuit d’amour avant de l’achever dans un coin de la chambre. Un jour, Joachim en était certain, le blond paierait cette insouciance. Il n’était pas stupide ni naïf, mais il serait obligé de tomber dans un des pièges tendus par ces monstres. C’était du moins ce que Joachim pensait, avec une certaine tristesse. Pourtant, il le savait méfiant. Mais ça ne suffisait pas ici bas.

« Ne le prends pas mal. Je te dis ça parce que j’inquiète. » Il sourit, avec une légère moquerie tant à son égard qu’à celui du blond. « Ne suis-je pas attentionné ? »

Il se laissa tomber dans le fauteuil, et ne pouvait plus voir Rose. Il était vrai qu’il s’inquiétait un chouya pour sa personne. C’était stupide, lui n’avait surement pas cette gentillesse à son égard. Il était peut-être un peu jaloux, aussi. Un tout petit peu. Décidément, plus rien n’allait ici. Joachim, non content d’éprouver de l’attention pour une autre personne que lui-même, venait à envier des humaines idiotes ! Il était devenu si pitoyable. Il savait qu’il devait partir d’ici avant de finir totalement misérable et inutile. Ouvrant les yeux sur le plafond, la mort se demanda quand son père se déciderait à le libérer de son fardeau. Il allait prendre racine ici, si ça continuait comme ça. Incapable de redevenir La Faucheuse, il vivrait sa vie d’Homme à Queer Tales et deviendrait la proie et non le chasseur. Il mourait ici, assassiné ou d’un accident, et finirait en enfer. Il serait séparé de tout ce qu’il aimait… Quoi que. Pouvait-il dire qu’il aimait quelqu’un ou quelque chose en particulier ? Il s’aimait lui-même, comme il l’avait toujours fait, et ça suffisait. Il n’avait besoin de personne, pas même de Rose pour cela. Qui pourrait l’aimer comme il le méritait ? C’était impossible. Etre admiré ou aimé d’insectes misérables comme les gens de ce pays, même du blond, ne lui apporterait rien. Il n’avait pas non plus à s’inquiéter d’une autre personne que lui-même. A vrai dire, il aurait aimé être à la place de Rose : Pouvoir rester indifférent à tout et survivre avec nonchalance. Il devait arrêter d’essayer d’éprouver de la compassion ou tout autre sentiment pour autrui. Cela ne lui allait pas. Aussi froid que l’hiver, aussi dur que le marbre, voilà comment il devait se comporter. Depuis peu, cela semblait être devenu tellement difficile… Il avait même oublié à quoi ressemblait la paix de l’âme. Cela remontait pourtant à seulement quelques mois, à l’époque où il était tout puissant. Joachim avait presque hâte qu’on lui tranche le cou à l’aide d’une faux de la mort. Pouvoir enfin reposer éternellement, oublier tous ses maux… Oh, non. Vraiment, quelque chose n’allait pas ! Attendre la mort avec impatience, et puis quoi encore… Il avait encore des choses à faire ici, une vengeance à accomplir. Il ne pourrait jamais être tranquille sans avoir prit sa revanche.

« Je crois que j’ai besoin d’un cigare », soupira-t-il.

Rompre les fils qui l’avaient transformé en marionnette, rompre d’un geste les liens de la vie en serait-il de nouveau capable un jour ?


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MessageSujet: Re: Sugababe ( Fini! )   Sam 1 Jan 2011 - 22:13
« Si on comptait sur toi pour remplir nos assiettes, nous serions dans une bien mauvaise situation. Ce ne sont pas les tendres regards de madame et ses soupirs, pas plus qu’une de ces bagues données à l’occasion, qui nous feront vivre. »

Rose soupira, tout en sortant d’une vitrine étincelante une bouteille de cognac et deux petits verres.

« Une chevalière en or suffit en général à nourrir deux personnes pendant au moins cinq jours. Ça n’est pas grand-chose, mais c’est toujours ça de pris, quand l’argent est rare et que l’estomac crie famine… D’ailleurs, je cours plusieurs lièvres à la fois. »

Il déboucha le flacon, huma son contenu, puis déposa le capuchon en cristal sur la table basse. Les braises rougeoyaient encore sous la cendre, et soudain il eut froid. Il avait envie d’un bon feu, une belle flamme pétillante qui les réchaufferait. Il attrapa le soufflet, tomba à genoux devant l’âtre, jeta quelques papiers froissés, un peu de menu bois. Il y eut quelques crépitements, comme de petites explosions, la flamme lécha les briques.

« Tu es le seul dans ce pays à imaginer t’en sortir sans te salir. Enfin, je suppose que ça fait partie de ton charme. »

Herbert se releva, épousseta son pantalon pour en faire tomber la cendre. Il se dirigea vers le bahut, ouvrit un tiroir. Il y avait plusieurs boîtes de cigares, des cigares d’inde enroulés dans du papier de soie, des cigares anglais à la cape claire et à la tripe parfumée, des cigares de Havane dans leurs étuis en cuir perlé. Il y avait aussi de longues allumettes et un petit coupe-cigare en écaille. Il saisit un Monte-Cristo entre ses doigts fins et nerveux, le roula pensivement puis empila plusieurs coffrets les uns sur les autres et disposa tout les ustensiles à côté des verres et du flacon.

« Je dois être un peu simplet, souffla-t-il, les yeux baissés. Mais, voyez vous… J’ai déjà tout perdu, titre et fortune, situation dans le monde, famille, amis. Tout ce qu’il me reste… - il s’assit dans un des fauteuils et bascula la tête en arrière, soudain rêveur – Tout ce qu’il me reste… C’est l’honneur à sauver. »

Un petit sourire flotta sur son visage :

« Qu’en pensez vous Joachim ? Peut-être qu’un peu de laisser aller ne me ferait pas de mal. Je songe à m’encanailler un peu… » Il se redressa :

« Mais faisons plutôt un sort à ces cigares. »

Il en tendit un à Joachim, versa le cognac et alluma le sien, après en avoir sectionné l’extrémité. Il étendit les jambes, contemplant le foyer, expulsant de petits ronds de fumée en l’air. Le feu brûlait joyeusement, c’était une vision étrangement réconfortante. Ils auraient pu se trouver dans n’importe quel cottage anglais, à la veille de Noël. Deux vieux amis exilés au fond du Sussex qui passent le temps en se racontant des anecdotes, en brodant à propos de vieux souvenirs communs. Herbert avait toujours vécu, depuis son arrivée à Queer Tale, dans un grand isolement, autarcie volontaire, il est vrai. Il avait noué quelques relations d’affaires, avait toujours passé, auprès de ses voisins, pour un homme courtois et affable, mais n’avait jamais voulu devenir intime avec qui que ce soit. Et voilà qu’il partageait avec un inconnu deux étages meublés, et ils buvaient ensemble, et tout cela lui semblait naturel. Rose fixait Joachim au travers de l’écran de fumée : il était renversé au fond du fauteuil, complètement débraillé. Ses cheveux, rebelles au peigne et à la brillantine, faisaient comme une masse noire et soyeuse sur l’accoudoir. Faust se demandait comment il avait pu atterrir ici.

« Et toi, Joachim ? Comment as-tu échoué à Queer Tales ? »
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MessageSujet: Re: Sugababe ( Fini! )   Sam 1 Jan 2011 - 22:37
Les souvenirs amers



« J’ai déjà tout perdu, titre et fortune, situation dans le monde, famille, amis. Tout ce qu’il me reste… Tout ce qu’il me reste… C’est l’honneur à sauver. »

Joachim serra de ses mains son pantalon. Ces mots auraient pu tout aussi bien sortir de sa propre bouche. C’était un écho à sa vie, à son aventure. Rose, comme lui, avait tout perdu. Il lui restait encore l’honneur, cependant. Joachim, lui, ne pouvait même pas revendiquer cela. Il l’avait perdu, trainé dans la boue, dans la cervelle et le sang, il n’y avait pour lui qu’une seule façon de le reconquérir : la vengeance. Il y avait toujours un espoir, heureusement. Rose et lui n’étaient pas totalement perdus. Et puis, ils pouvaient compter chacun sur l’autre. Enfin, peut-être.

« Qu’en pensez-vous Joachim ? Peut-être qu’un peu de laisser aller ne me ferait pas de mal. Je songe à m’encanailler un peu… »

Le blond, par sa seule parole, chassa les sombres pensées de la faucheuse. Ce qu’il en pensait ?

« C’est une excellente idée, mon petit Rose ! Vraiment. Tu vas me laisser t’aider, n’est-ce pas ? J’ai tout un programme ! », Rit-il en saisissant le cigare tendu.

Ils se voyaient déjà étendus dans les draps, les cheveux en bataille et… Non, c’était trop d’un coup. Disons alors que le brun s’imaginait Rose riant sans retenu, un peu soul, étendu sur le canapé et une bonne bouteille à la main. Ce serait déjà pas mal. Ensuite viendrait les fêtes entres amis ou connaissances –il fit un effort pour ne pas tourner ça en skin party-, ils danseraient jusqu’à l’épuisement, chanteraient et s’amuseraient comme des enfants. Mais le plus simple pour le moment était de réussir à déboutonner le premier bouton de chemise de Faust. Rien que cela, Joachim avait l’impression que ça n’allait pas être une partie de plaisir, et c’était pourtant la base. Enfin, cela s’annonçait épique et drôle, la faucheuse n’allait pas s’en plaindre. Depuis qu’il le connaissait, il avait l’impression de s’amuser vraiment. Ses amants étaient agréables, consistants, ils n’étaient pas juste des âmes en perdition cherchant à lui plaire. Il ne mangeait pas luxueusement, mais il y avait une vraie discussion à table, loin du silence glacial de son château et des pairs d’yeux asservis de ses domestiques. Personne n’hurlait lorsqu’il criait trop fort, Rose lui fichait la paix –le repoussait, plutôt- ou l’ignorait. Même ces moments là, bien que parfois désagréables en son sens, l’attrayait. On lui résistait. Parfois un peu trop à son gout, mais c’était drôle à vivre d’une certaine manière. Il n’avait pas l’habitude. Vraiment, c’était formidable. Sa vie n’avait rien à voir avec l’ancienne, mais si on oubliait le manque de luxe ou le danger omniprésent, elle n’avait rien à lui envier.

La soirée aurait pu continuer sur cette note positive, éclairée par le feu bienveillant de la cheminée et le silence réconfortant qui s’était installé. Mais il devait en être autrement :

« Et toi, Joachim ? Comment as-tu échoué à Queer Tales ? »

Il ne réagit pas tout de suite. D’un geste très lent, il porta le cigare à sa bouche et tira dessus avant de tranquillement laisser la fumée sortir de sa bouche. Il semblait chercher à se souvenir comment il avait atterrit ici. Evidemment, il n’avait pas oublié. Il aurait bien voulu, mais c’était impossible. Finalement, il se redressa sur son siège et il fixa le feu l’air concentré. Il savait ce qu’il s’était passé. Mais… Comment le raconter, et surtout, l’expliquer à Rose ? La faucheuse regarda le blond, et poussa un profond soupire. Enfin, il fallait bien dire quelque chose…

« C’est compliqué… », Fini-t-il par dire après de longues secondes de doute. Il s’était enfoncé dans son fauteuil et regardait le feu lécher la brique. « Et puis, rien ne me dit que tu vas me croire. Tu vas peut-être –voir surement- penser que je suis dingue ! »

Il soupira de nouveau et s’ébouriffa les cheveux d’une main. Oui, vraiment, il allait le croire fou ! Un pervers doublé d’un malade, bonjour la confiance ! Il prit une nouvelle bouffée du cigare et expira bruyamment la fumée. Seulement après avoir prit une inspiration pour se donner du courage, il daigna se lancer dans son récit :

« Je ne sais pas comment tu imagines la mort. Quelle représentation tu te fais d’elle… Une main, un squelette vêtu d’une cape noir et d’une grande faux, peut-être même n’a-t-elle pour toi aucune forme concrète… -Il fit une pause de quelques secondes avant de reprendre- Mais quelque soit-elle, et je te demande de me croire sur parole : la mort, c’est moi. Je suis celui qui arrache les âmes de morts pour les amener au paradis ou en enfer. Ou du moins, j’étais… »

Tandis qu’il parlait, son expression était devenue lointaine et vague, emprunte d’une certaine nostalgie. Il se souvenait du rituel qu’il accomplissait si peu, et dont on attendait pourtant de lui une maitrise parfaite : faucher des vies. Il se revoyait faire apparaître sa faux noire ornée d’émeraudes, et semblait sentir entre ses mains son poids et ses reliefs. Plus l’image avançait, la descente sur Terre, le temps soudainement arrêté, plus il se sentait en colère.

« Tout ca, c’est la faute de mon père. C’est lui qui m’a envoyé ici ! Il pense que je ne suis pas taillé pour devenir l’unique faucheuse. » Il eut un sourire amer et fit tomber quelques cendres au sol. « Ce salaud savait parfaitement que je n’avais aucune chance de survie ici, sans mes pouvoirs. Les habitants de ce pays sont des malades, je veux dire, de dangereux malades ! Cet endroit est pire que l’enfer, crois-moi. Et je ne sais pas comment repartir. Sans être assassiné puis rapatrié chez moi sous forme d’âme, j’entends par là… Tout ce que je sais, c’est que je ne veux pas vivre ici. Mon père, en ce moment même, doit nous regarder. J’espère qu’il s’étouffe en voyant que, même dans un monde parallèle, je m’envois en l’air autant que je le veux ! »

Ça manquait de classe, il s’était quelque peu emporté dans la colère au fur et à mesure qu’il parlait, mais c’était la pure vérité. Il ne voyait pas quoi ajouter d’autre. Cramponné dans son fauteuil, il rejeta la tête en arrière et fuma à nouveau pour essayer de se calmer. Il avait envi de meurtre, rien qu’à imaginer son père penché sur eux. Sérieusement, pensait-il vraiment que son fils allait tuer tous les habitants de ce monde pour revenir, quand celui-ci abritait des monstres tels qu’Hans Grisélidis ? Il n’avait aucune chance. Après une longue minute, il ramena sa tête en avant et regarda Rose dans les yeux, avec un peu de colère malgré tout, bien qu’elle ne soit pas dirigé contre lui.

« Tu n’es pas obligé de me croire, même si ce que je dis est la vérité. Tu peux toujours faire comme si je n’avais rien dis. » Il sourit, un peu contrit, puis ajouta : « De toute façon, tu es assez doué pour ce genre de chose. »

Ah, il y avait décidément des sujets qui fâchent. Certains arrivaient même à frustrer un homme heureux –ou presque- après une nuit d’amour !


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MessageSujet: Re: Sugababe ( Fini! )   Sam 1 Jan 2011 - 22:40
Rose aussi s’imaginait un peu saoul, alangui au fond d’un canapé de cuir, les deux pieds sur l’accoudoir, divaguant à propos de voyages et de femmes et de politiques, d’auteurs qu’il avait lu, d’un tableau dans cette si délicieuse galerie Parisienne… Réellement, il avait souhaité parfois, devenir ce beau dandy décadent qu’il aurait pu être. Mais de la fascination pour les abîmes à l’accomplissement de ces rêveries coupables il y avait un monde, et Herbert était, au fond de lui, trop exact, trop normé, trop parfaitement britannique, enfin, pour jamais sauter le pas décisif. Et puis, je ne fais qu’expliciter, pour que le lecteur comprenne, des pensées au fond très confuses, même pour Faust. Peut-être était-il homosexuel, peut-être était-il un jouisseur, un pécheur, mais cela, il ne le saurait jamais et ça n’avait pas d’importance. Il n’ouvrirait jamais les cuisses comme un putain.

Joachim fumait, il semblait considérer sa question, et Rose rêvait, il se demandait s’il serait capable, comme son camarade, de se mettre sur le dos, d’écarter les jambes, d’attendre l’assaut d’un mâle inconnu. Quel effet cela faisait-il, d’être secoué, bercé, il n’osait pas, même en pensées, désigner la chose en des termes aussi crus : pénétrer ? Y prenait-on du plaisir, ou alors Dieu, dans son infinie sagesse, avait-il refusé aux pédérastes la jouissance qui résultait du dévergondage ? Joachim criait et grognait et ses nuits semblaient luxurieuses. L’enviait-il pour autant ? Non pas. Il y avait quelque chose d’indigne, de corrompu dans ces extases stériles, contre-nature.
Il tirait une nouvelle bouffée de son cigare en songeant quand :

« Je ne sais pas comment tu imagines la mort. Quelle représentation tu te fais d’elle… Une main, un squelette vêtu d’une cape noir et d’une grande faux, peut-être même n’a-t-elle pour toi aucune forme concrète… -Il fit une pause de quelques secondes avant de reprendre- Mais quelque soit-elle, et je te demande de me croire sur parole : la mort, c’est moi. Je suis celui qui arrache les âmes de morts pour les amener au paradis ou en enfer. Ou du moins, j’étais…»

Ha.
La Mort, hein ?
Faust inspira lentement, gardant la fumée dans sa bouche. Il remua les braises dans la cheminée avec le tisonnier, son regard était indéchiffrable.
Il souffla en l’air. Si la déclaration de Joachim l’avait troublé, il n’en laissait en tout cas rien paraître. Il finit juste son verre cul sec, l’alcool détendait ses membres, il lui faisait du bien.

« Pour un type qui incarne la mort vous me semblez sacrément vivant. » Fut sa première réponse. Elle fusa en l’air, resta comme suspendue, à peine avait-il fermait la bouche qu’il la regrettait déjà.
« Je voulais dire… J’imaginais un genre de brume opaque et glacée, un souffle désincarné, pas…
Il faillit dire ‘ pas un adolescent homosexuel qui se fait besogner cinq soirs la semaine’ mais se retint et : Pas un homme de chair et d’os comme moi, qui saigne, qui souffre. Je vous trouve étonnamment humain. Comment pouvez-vous nous ôter la vie avec tant d’indifférence ? Nous prendre nos pères, nos femmes, nos fils ? Nous sommes frères sinon par le dedans, du moins par le dehors, car en vérité je ne vois aucune différence entre vous et moi – je ne parle pas ici de nos inclinations respectives. – je… »
Il soupira, se resservit un verre, qu’il vida un peu plus vite qu’il n’était raisonnable.

« Mais vous devez plaisanter, n’est-ce pas ? »
Et dire qu’il avait failli croire ce jeune fou de Joachim ! Il sourit en se servant un troisième verre. Bien sûr, tout cela n’était qu’une boutade. Il divaguait, l’alcool peut être, ou était-ce par jeu ?

« Tout ca, c’est la faute de mon père. C’est lui qui m’a envoyé ici ! Il pense que je ne suis pas taillé pour devenir l’unique faucheuse. » Il eut un sourire amer et fit tomber quelques cendres au sol. « Ce salaud savait parfaitement que je n’avais aucune chance de survie ici, sans mes pouvoirs. Les habitants de ce pays sont des malades, je veux dire, de dangereux malades ! Cet endroit est pire que l’enfer, crois-moi. Et je ne sais pas comment repartir. Sans être assassiné puis rapatrié chez moi sous forme d’âme, j’entends par là… Tout ce que je sais, c’est que je ne veux pas vivre ici. Mon père, en ce moment même, doit nous regarder. J’espère qu’il s’étouffe en voyant que, même dans un monde parallèle, je m’envoie en l’air autant que je le veux ! »

Herbert cilla. La déclaration de Joachim avait des accents de vérité. Après tout, n’avait-il pas lui-même passé un pacte avec le diable ? Tout était possible dans ce monde-ci. Des dieux mangeaient à la table des princes, des contes s’incarnaient dans des corps charnels.

Rose était travaillé par sa sensibilité si typiquement 19ème. Il y avait quelque chose d’éminemment romantique dans le fait d’héberger un jeune dieu sous son toit. Joachim, avec sa beauté Dionysiaque et sa manie de vouloir s’inviter dans son lit était délicieusement indécent, tout à fait conforme à l’idée qu’il se faisait des représentants du panthéon grec ou romain. Soudain il se sentait prêt à l’absoudre, à lui faire des libéralités. Ce qui lui répugnait chez un humain ordinaire lui semblait excusable, même souhaitable chez un dieu. La débauche et la mort, ces deux aimables filles, allaient si bien ensembles, elles se retrouvaient si parfaitement réunies en la figure de Joachim, il lui pardonnait tout : son ignorance mais aussi sa bestialité, son insistance. Il pardonnait tout ; mais ne cédait en rien. Plus que jamais, il était résolu à garder ses distances. Il n’était pas d’un homme d’être courtisé par un Dieu, la mythologie l’avait assez bien renseigné à ce sujet pour qu’il retienne la leçon. Son esprit, échauffé par le cognac, échafaudait toutes sortes de théories métaphysiques. De très vieux vers, Homère, Virgile, Sophocle un peu, lui revenaient en mémoire. Il ne mettait plus les allégations de la faucheuse en doute. Au risque de passer pour un naïf, il voulait croire que devant ses yeux le miracle s’était accompli, il fumait avec la Mort, et la Mort tremblait de volupté quand il reboutonnait son col de chemise et effleurait sa peau nue.

Mais son enthousiasme retomba d’un coup, après tout il n’était plus un jeune homme, ce genre d’exaltation était malséante. Son visage était resté lisse, égal, indifférent, mais l’ivresse et le tabac le troublaient plus qu’il n’aurait su le dire. Il avait vidé son verre mais par prudence décida de ne pas le remplir à nouveau.

« Tu n’es pas obligé de me croire, même si ce que je dis est la vérité. Tu peux toujours faire comme si je n’avais rien dis. » Il sourit, un peu contrit, puis ajouta : « De toute façon, tu es assez doué pour ce genre de chose. »

Il affecta une expression réservée, les lèvres pincées.

« Que j’y croie ou non, c’est égal. C’est pourquoi je ne me prononcerai pas. »

Il n’ajouta rien de plus, il n’y avait rien à ajouter. Il avait prononcé les derniers mots à voix basse, juste un murmure, un souffle qui sentait un peu le tabac parfumé, l’alcool. Le feu découpait des ombres incertaines sur le mur du fond, le côté gauche de son visage, de la pommette jusqu’au menton semblait rayonner, tout nimbé qu’il était de l’éclat des flammes. Il sentait confusément qu’un tournant était en train de se jouer dans sa vie. Il attendait la réaction de Joachim. Ses lèvres s’entrouvrirent, une angoisse sans objet troublait la symétrie de ses traits.
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MessageSujet: Re: Sugababe ( Fini! )   Sam 1 Jan 2011 - 22:55
L'insecte, l'Homme et son Seigneur



Ah, ça n’allait pas du tout. On lui disait qu’il avait à coté de lui l’horrible et effrayante Faucheuse, et il se contentait d’hocher la tête en disant que cela lui était égal ? Quoi ! C’était bien la preuve que quelque chose ne tournait pas rond chez ce joli blond. Joachim considéra le garçon, penché alors au dessus de lui, de ses yeux émeraude. Sous l’éclat vif du feu de cheminé, ils avaient presque quelque chose de surnaturel ; une lueur profonde qui semblait vous avaler. Joachim se sentait étrangement bien. Il avait chaud, il était épuisé mais détendu, et Rose lui prêtait son attention. Il semblait n’avoir d’yeux que pour lui en ce moment… Enfin, c’était plutôt une supposition, car il ne laissa rien paraître. Encore et toujours cette froideur irritante. Le jeune homme sourit à Rose et tourna la tête en direction du feu.

« Tu m’as demandé comment je pouvais vous tuer sans aucune culpabilité. C’est très simple pourtant, Rose. Tu n’as même pas essayé de comprendre, n’est-ce pas ? » Il avait un étrange sourire collé aux lèvres, un brin méprisant. Ses souvenirs ne faisaient que se raviver alors qu’il parlait : « Lorsque tu piétines une fourmi sous ta semelle, même par inadvertance, est-ce que tu te sens triste ? Est-ce que tu te sens heureux ? A moins que tu sois particulièrement idiot, je ne pense pas que ce soit le cas. A la vérité, tu n’en as rien à faire. Après tout, ce n’est qu’une fourmi… Et vous… » Il tira sur son cigare, marquant une pause. Il y arrivait parfois des moments où Joachim semblait totalement méprisable et inhumain dans sa façon de penser et de parler, et c’était le cas à présent. Il fini enfin sa tirade en recrachant sa fumée, le ton tranchant : « Et vous, vous n’êtes que des hommes. »

La faucheuse regarda à nouveau le blond ; son visage précédemment animé par le mépris et l’insuffisance, s’était radoucit. Joachim n’aimait pas les humains. Il les trouvait idiots, de ne jamais retenir de leur erreurs, il les trouvait stupides de vivre et de mourir, simplement. Ils étaient un poids. Et pourtant, il les regardait, apprenait malgré tout quelques unes de leur modes et de leurs cultures. Si les hommes étaient des créatures absurdes à ses yeux, leurs créations l’amusaient. Et tout comme la musique, Joachim trouvait Rose attrayant. Il était humain, mais il éprouvait une certaine sympathie à son égare. Il dégageait en lui une étrange sensation qui le troublait, sans le gêner. Parfois, il l’agaçait, évidemment, mais il oubliait mystérieusement sa colère après quelques temps, que ce soit des heures ou des jours. C’était surement à cause de sa nouvelle condition d’humain, Joachim en était persuadé. Ce genre de faiblesse n’aurait jamais eu lieu s’il avait été le véritable Dieu qu’il était il y a deux mois. Et puis cela expliquait pourquoi Faust le trouvait vivant. Vivant ! C’était bien là le comble pour la Mort ! Mais il fallait mieux en rire. Joachim tint plus fermement le cigare entre ses doigts. Il désirait vraiment connaître la réponse de Rose. Est-ce que celui-ci lui faisait confiance au point d’accepter une réalité qui, aux yeux d’un homme normal, était absurde ?

« Je veux savoir si tu me crois », souffla-t-il. « Est-ce que oui ou non, tu penses que j’ai un jour été la Faucheuse ? Il est impossible que tu n’ais pas d’avis sur la question. »

Il glissa alors sa main dans les cheveux ébouriffés du blond, les caressant, mais surtout, il le forçait à se baisser pour que leurs yeux se rencontrent. Son visage était à seulement quelques centimètres du sien. Rose sentait l’alcool, un très bon alcool d’ailleurs, que Joachim n’avait pas encore gouté. Le cigare, le whisky, tout cela était nouveau pour lui. Il y avait deux mois, ces substances n’avaient aucuns effets sur son corps immortel et surnaturel. Rose était peut-être un peu comme le tabac… Et il avait très envi de gouter à tout ça, avant que ces étrangetés lui soit à nouveau inaccessible.


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MessageSujet: Re: Sugababe ( Fini! )   Sam 1 Jan 2011 - 23:28
« Lorsque tu piétines une fourmi sous ta semelle, même par inadvertance, est-ce que tu te sens triste ? Est-ce que tu te sens heureux ? A moins que tu sois particulièrement idiot, je ne pense pas que ce soit le cas. A la vérité, tu n’en as rien à faire. Après tout, ce n’est qu’une fourmi… Et vous… »

Rose fixa les deux yeux verts sans émotion apparente. La fumée lui lécha le menton et lui chatouilla le nez. Son visage semblait enveloppé dans une volute, on devinait seulement la bouche et le cou, un bout de l’oreille droite. Il souffla pour dissiper la fumée, et tant pis si son haleine sentait l’alcool et le cigare.

« Une fourmi n’a pas d’âme. Une fourmi ne peut pas pleurer ses morts. Ces créatures n’ont ni vie intérieure, si sensibilité. Mais vous autre Dieux, nous vous avons façonnés à notre image, vous… - il divaguait un peu – vous êtes des surhommes vaguement de bien, voilà. Je ne vois aucune différence entre vous et moi, même après un mois de cohabitation… étroite. »

Quand Rose avait trop bu il avait tendance à philosopher. La question de l’existence du Divin avait toujours été au centre de ses préoccupations métaphysiques. Depuis qu’il avait passé un pacte avec Lucifer, ses doutes portaient plutôt sur les intentions et les procédés de Dieu à son endroit, que son existence à proprement parler. Dieu ne l’aimait pas, ne l’aimait plus, il lui en voulait, il en était sûr. Il l’avait chassé de son église, en dehors de laquelle il n’y avait point de salut – lui interdisait l’entrée de ses cathédrales. Herbert ne pouvait plus se recueillir, même s’il l’avait voulu. Pourtant, Faust n’était pas un mauvais bougre. Il était peut-être indifférent, intéressé et pas exactement moral, mais à défaut de faire la charité et secourir les pauvres, il s’était au moins abstenu de faire le mal. Satan avait son âme, mais après tout, elle pouvait toujours être rachetée. Non ?
Cette idée l’obsédait depuis environ un demi-siècle. Une éternité de souffrance à subir en enfer le feu et les supplices n’était pas une perspective très réjouissante. Il y avait peut-être un moyen d’éviter l’issue fatale, mais il était risqué, incertain, et signifiait même peut être la m…

Une main effleura sa joue, caressa ses cheveux. Rose n’était pas un sensuel mais il trouva le contact agréable, assez en tout cas pour le distraire de ses pensées. Seulement, il se souvint que Joachim était le propriétaire de cette main et une telle intimité entre hommes lui semblait malsain. Les lèvres étaient trop proches, et le cognac lui tournait la tête, l’odeur du cigare emplissait sa bouche et ses narines. Il se sentait assailli, tous ses sens sollicités et même son ouïe, malgré le silence, car certains silences sont assourdissant et ils pèsent et fatiguent plus que le tintamarre, car alors on entend le sang bourdonner à ses oreilles et battre dans ses tempes. Il chancela et leurs bouches faillirent se touche,r mais faillirent seulement. Rose s’ébroua, essaya de se redresser, mais il se sentait trop faible et la faucheuse le tenait plus fermement qu’il ne l’aurait cru.

« Il ne suffit pas que tu veuilles une chose pour que j’accède à ta requête, Joachim. Ça ne marche pas comme ça. Si je te crois ou non, he bien…
Il eut un autre de ses fins sourires de Joconde.
« Disons que je réserve mon avis jusqu’au jour où j’aurai une preuve. Mais si tu es un Dieu, qui plane au dessus de nos désirs vulgaires, j’imagine que tu pourras bien supporter cette petite frustration de ne pas obtenir ma réponse ? »

De la provocation, encore. Quand cesseras-tu de jouer avec le feu, Rose ? S’il y en a un ici qui plane, c’est bien toi, qui espère toujours t’en sortir avec un sourire et une cabriole. Tu es trop nonchalant, trop indifférent. Mais prend garde, Ô insolent, téméraire mortel ! Qui es-tu pour défier un dieu ?


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MessageSujet: Re: Sugababe ( Fini! )   Dim 2 Jan 2011 - 17:18
Undesirable Attraction


Il ne suffit pas que tu veuilles une chose pour que j’accède à ta requête, Joachim. Ça ne marche pas comme ça.


Ses yeux étaient placidement fixés sur ceux de son compère. Il comprenait ce que voulait dire Rose mais il ne comprenait pas pourquoi il lui disait cela. Pourquoi lui demandait-on une preuve, pourquoi Rose ne faisait pas ce qu’il voulait, tout simplement. Ce n’était pas difficile, de dire oui ou non. Le blond semblait juste vouloir lui tenir tête, et en fin de compte, le contredire. Et puis cette histoire de preuve lui rappelait Hans. Lui aussi avait insisté pour l’avoir, et il avait bien eut peur de mourir pour ce manque qu’il n’avait pu combler. Joachim n’avait rien qui prouvait qu’il était la faucheuse, rien du tout… Si ce n’était des milliers de souvenirs et une inutile fourchette en argent. Il n’était plus rien, il n’était plus personne, il était juste un Homme. Et Rose continuait ses allusions idiotes. Ses désirs ne savaient pas être refoulés, ils ne l’avaient jamais été, et ne le seraient jamais. Joachim était pétrit de défauts, dont l’impatience, une impatience divine. Il voulait tout tout de suite, et non, cette frustration n’était pas en état d’attendre plus longtemps sa réponse. Joachim, comme l’avait dit Faust, était étrangement humain et partageaient quelques uns de leurs « désirs vulgaires ». Pourquoi devrait-il supporter une attente plus qu’un autre ? Il était désormais fait de chair et de sang, il pouvait souffrir et saigner, être malheureux et heureux. On ne pouvait pas lui dire de se comporter en divinité seulement quand cela était accommodant. S’il devait être Dieu et se comporter comme tel, alors il voulait qu’on lui rende sa vie et son immortalité, ses luxures et ses richesses. Enfin, Dieu ou pas, il ne voulait pas attendre! Et Rose avait cette étrange et horrible manie de lui faire miroiter des choses qu’il n’arrivait pas à atteindre. Toujours…

Ou pas. Il ne savait pas pourquoi et comment (et pour une fois, il ne se posa pas la question) ils étaient là, si proches. Joachim prenait soudainement conscience de leur proximité, des quelques idiots centimètres qui les séparaient. C’était vraiment stupide. Un horrible fruit du hasard surement, car Rose, jamais, n’aurait de lui-même avancé son visage ainsi. Or il était là, devant lui, chaudement éclairé par les flammes. A bien y repenser, cette scène était parfaite, d’une sensualité idéale. L’ambiance était à la fois tendue et chaleureuse, la réponse de la mort était laissé en un suspense de défis et leurs corps n’avaient, dans la logique des choses, plus qu’à se toucher, ne serait-ce du bout des lèvres. Elle le poussait au vice. Non, en vérité, c’était Rose lui-même qui le poussait au vice. Intentionnellement ou pas, il ne lui laissait pas d’autres échappatoires. Cela semblait trop facile, n’avait-il vraiment qu’à se redresser pour toucher ses lèvres ?

Il ne sut trop comment mais sa main lâcha son cigare sur le sol (Ah, si rose voyait ça il crierait) pour se poser sur la joue du blond. Son cou s’était simplement tendu et ses yeux s’étaient fermés le plus naturellement du monde. Voilà. C’était fait : il lui donnait un baiser, et Queer Tales continuait pour autant de tourner. Si Joachim pouvait encore penser à ce moment là, il rirait de lui-même pour avoir cru que Rose était totalement inaccessible. Il aurait aussi surement deviné que dans cinq secondes –le temps que Faust réalise, en fait- il allait regretter son geste. Il était doux et sans aucunes arrières pensés ; Joachim avait plus l’impression naïve de saisir une sucrerie qu’on lui avait proposée, plutôt que de violer les lèvres de son colocataire. Mais on avait ici affaire à Faust, et la faucheuse allait payer de cet oubli. Peut-être aurait-il mieux fait de lui répondre avec son arrogance habituelle, au lieu de céder à l’ambiance et au charme. Qui des deux était tombé dans le piège de l’autre ? Rose, de se jeter dans la gueule du loup, ou Joachim, qui venait de commettre l’irréparable ?

Enfin, que Diable. Un baiser contre un silence, ce n’était pas si cher payé !


Non mais je ne joue pas moi, je travaille !

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MessageSujet: Re: Sugababe ( Fini! )   Dim 2 Jan 2011 - 17:23
Ses yeux suivirent machinalement les mouvements de joachim, et quand le cigare roula à terre, brûlant le tapis, il ne put s’empêcher de faire la grimace. Il y avait à présent une longue trace carbonisée dans le velours persan. Les bords rougeoyèrent quelques secondes, puis fumèrent, et Faust pesta intérieurement après Joachim. Ce garçon ne respectait vraiment ri…
Il sentit quelque chose de doux et chaux contre sa joue. Il fixa de nouveau Joachim, mais son champ de vision était obstrué par… Par quoi, au fait ?
Deux lèvres humides étaient posées sur les siennes et il comprit alors que ce qui lui bouchait la vue n’était autre que le menton de Joachim, et qui disait menton de joachim disait…

« Ha ! Mais vous êtes fou ! »

Herbert bondit sur son siège, les yeux écarquillés, en se frottant les lèvres convulsivement.

« Vous… Vous perdez l’esprit ! » bafouilla-t-il en s’enfonçant au fond de son fauteuil, le plus loin possible du jeune homme.

Il était complètement perdu. Il avait cru remarquer que Joachim avait pour lui un petit faible, ou tout du moins, qu’il s’était attaché à lui. Bon gré, mal gré, en dépit de tous leurs différends, ils avaient fini par se tolérer, peut être même s’apprécier. Rose était froid mais pas méchant et encore moins insensible. Seulement, il était corseté dans des principes rigides et une éducation stricte ne l’avait guère incliné aux sentimentalités. Le désir ou la sexualité étaient naturellement exclus de son schéma affectif. Rose était un cerveau, par un corps, presque un pur esprit. En 202 années d’existence, il n’avait jamais souvenir d’avoir voulu étreindre qui que ce soit, et encore moins un homme. Il se souvenait bien – il avait quinze ans alors, presque encore un enfant – avoir vécu brève passion de jeunesse, pour une cousine éloignée, un peu sotte mais tellement jolie, et il s’était consumé pendant des jours et des semaines, mais il ne s’agissait là que d’un caprice de jeune homme, une lubie, un simple accroc dans sa routine bien huilée. Et là… là…
Il aurait voulu se lever et partir mais quelque chose en lui l’incitait au contraire à rester et écouter ce que Joachim avait à lui dire. Il voulait des explications, il aurait été ridicule de prendre la fuite ou même de faire semblant et feindre l’indifférence. Faust était extrêmement choqué, pour ne pas dire dégoûté. C’était immoral, contre-nature, c’était… Il rougit violemment.

« C’était mon premier baiser. » Commenta-t-il froidement comme si soudain plus rien n’avait eu d’importance, comme s’il lisait un texte appris par cœur, sans émotion apparente et sans même regarder Joachim ( il fixait obstinément un point par dessus son épaule ). Il soupira, ramassa le cigare et le tendit à son colocataire, en prenant bien garde à ce que leurs doigts ne se touchent pas.

« Enfin, Joachim… Nous sommes deux hommes… gronda-t-il mais presque gentiment, comme une gouvernante qui fait la leçon à un petit garçon trop turbulent. Après tout, pour la faucheuse tout cela n’était qu’un jeu, n’est-ce pas ? Il avait été stupide de lui laisser voir son trouble. Joachim était impulsif et imprévisible, il ne fallait pas se formaliser de ses extravagances. Il allait sans doute éclater de rire d’un instant à l’autre et lui donner une tape dans le dos, c’était une plaisanterie, bien sûr que c’était une plaisanterie. On ne pouvait pas lui en vouloir, il n’était qu’un enfant inconséquent… Du moins, c’était ce que se répétait Rose, avec plus ou moins de conviction. Il essayait de se rassurer, de trouver une explication rationnelle, il s’agrippait désespérément à tout ce qui aurait pu rattacher cette incongruité à un semblant de normalité… Tout en se fustigeant intérieurement de faire tant de cas de ce qui n’était sûrement, pour Joachim, qu’une simple passade.

« Ne me dites que vous concevez à mon endroit de… - le mot avait du mal à sortir – de… l’amour ? C’est ridicule. Du désir ? Pourquoi m’avez vous… L’alcool vous tournerait-il la tête ? »

Mais Joachim n’avait pas bu et il le savait très bien. Il se passa encore une fois les doigts sur les lèvres, en fronçant les sourcils.
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MessageSujet: Re: Sugababe ( Fini! )   Dim 2 Jan 2011 - 19:22
Fatal Error


Les lèvres de Rose étaient aussi chaudes et douces qu’il l’avait imaginé. Joachim s’était plusieurs fois demandé comment le blond pouvait embrasser, comment il faisait l’amour ou comment, en toute simplicité, il pouvait sourire. Un sourire véritable, qu’il ne se souvenait pas avoir déjà vu. Mais il venait d’éloigner tous ces événements, et il n’était pas certain d’y assister un jour. La faucheuse le regarda les yeux ébahis s’enfoncer dans son siège, et se frotter la bouche comme s’il y avait le feu. Il ne comprenait pas sa réaction et en restait coi, la bouche légèrement entre-ouverte de surprise et les yeux géants.

« Vous… Vous perdez l’esprit ! »

La surprise remise, le brun remarqua ce soudain vouvoiement. Rose ne semblait jamais s’apercevoir qu’il le tutoyait et le vouvoyait parfois en même temps. Ce n’était pas important, et Joachim avait plus l’habitude qu’on le vouvoie. Seulement, les « vous » de Faust n’avait pas une notion de respect ou de déférence. Ils étaient comme des murs, et essayaient de les éloigner. La preuve était qu’il y avait seulement une minute il le tutoyait, et cela car ils avaient une conversation intime. Maintenant, Rose se carapatait dans son fauteuil et semblait vouloir disparaître sous son tissu, à défaut de le faire disparaître lui. Sa réaction était largement vexante. Joachim se redressa et le regarda sourcils légèrement froncés, comme s’il attendait une remarque désagréable. Ce n’était pas possible, il ne pouvait pas faire cette mine dégoutée à cause de lui ! C’était comme cracher sur du caviar ou jeter du champagne par la fenêtre. Absurde et impossible, totalement inimaginable ! Il allait dire qu’il n’était pas celui qui avait perdu l’esprit, mais son rougissement violent le fit taire. Ah, c’était déjà une réaction plus acceptable !

« C’était mon premier baiser. »

Joachim faillit s’étouffer. Mentalement du moins, car il avait l’impression qu’on venait de lui jeter de l’eau glacé à la figure, et il se tenait si immobile qu’on aurait dit un mannequin. Vint un grand blanc dans son esprit, où la phrase était décortiquée et analysée, comme si elle cachait un autre sens. Il était impensable que Rose n’ait jamais embrassé personne… Comment pouvait-il avoir couché avec quelqu’un sans avoir… ? Joachim pâlit. Non, quand même pas. Il n’était quand même pas vi…

« Enfin, Joachim… Nous sommes deux hommes… »

Utilisait-il vraiment le fait qu’ils soient deux hommes pour expliquer que ce qu’ils avaient fait était mal ? Rose semblait avoir vite oublié l’heure où Joachim et Gabriel avait fait trembler les lattes du parquet. Joachim se tenait toujours droit, le teint pâle et l’expression figée de surprise –il s’agissait presque d’incompréhension à ce niveau là-. Le mot « vierge » clignotait dans sa tête et il semblait presque effrayé par ces six lettres, comme si c’était Hans qui les avaient lui-même imprimé dans son crâne. Il fallait le comprendre, lui qui avait passé ses derniers siècles dans la plus totale luxure charnelle et matérielle. Il avait oublié ce qu’était la vertu, s’il avait seulement un jour sut ce que c’était, et on lui présentait son incarnation. Non, il vivait avec cette incarnation, c’était encore pire ! Cette révélation lui semblait à la fois dramatique –comment un aussi beau garçon pouvait-il ignorer ce genre de plaisir ?- et rassurante –cela expliquait beaucoup de choses, en particulier sa réaction-. Malheureusement, Joachim n’arrivait pas à exprimer ce qu’il ressentait, il se sentait confus. Rose était vierge, il était l’auteur de son premier baiser –et non voleur-, et une intime conviction personnelle lui soufflait qu’il serait à l’origine de nombreuses premières fois. Et ce dans divers domaines…

« Ne me dites que vous concevez à mon endroit de… - le mot avait du mal à sortir – de… l’amour ? C’est ridicule. Du désir ? Pourquoi m’avez vous… L’alcool vous tournerait-il la tête ? »

Il fallu une première seconde pour que cela lui monte au cerveau ; A la deuxième, un grand rire emplissait la pièce et le brun dut se plier en deux tant il le secouait. C’était du Rose tout craché, de la naïveté pure ! Il lui tendait même une perche pour expliquer son geste ! Une minute plus tard, la faucheuse cessa péniblement de rire et essaya de se lever. Ses joues étaient rouges d’avoir tant rit et il avait besoin de se calmer.

« De l’amour… ! De l’amour, tu as dit ! » Il rigola à nouveau et se tourna vers lui : « Si je devais aimer tout ceux que j’embrassais… Ahah, Rose, c’est tellement adorable de ta part ! » Il se pencha sur sa silhouette, peut-être pour le simple plaisir de voir Rose se fondre avec le fauteuil. « Tu étais si près de moi, je n’ai pas vraiment réfléchi. Et je suis fatigué... Il n'y a pas d'autres raisons. C'était un malheureux réflex. » Il sourit et alla vers la table.

La faucheuse était intimement persuadée qu’elle ne pouvait pas nourrir de l’amour à l’encontre de quelqu’un ; c’était un sentiment dégradant qui ne sciait pas aux Dieux. Et Rose débarquait avec ses grands mots, prêt à lui coller des étiquettes. Lui, amoureux de Rose ?! Ahah ! La bonne blague. Le désir passait –car oui, qui n’avait pas envi de gouter au joli blond- mais l’Amour… C’était presque attendrissant de sa part, de trouver des excuses à ses envies. Il n'imaginait pas un instant que Rose l'en vueille pour son geste. Après tout, ce n'était qu'un simple baiser. Même s'il s'agissait de son premier, il ne pouvait pas y avoir mieux, non? Un Dieu de la mort comme première fois, peu pouvait s'en vanter. Et puis, comme la faucheuse le disait, il ne savait pas ce qui lui avait prit. C'était un accident. Mais pour autant, pouvait-on dire qu'il s'agisse d'une erreure?

« Cela dit, tu n’es pas obligé de me regarder et de m’éviter comme ça. C’est très blessant… » Il le pensait, mais la vexation était passée et il ne pouvait s’empêcher d’avoir un petit sourire malgré son ton de réprimande. « Ne me dis pas que tu m'en veux... Tu n'as pas trouvé ca désagréable, non? »

Ça ne pouvait pas lui avoir fait de mal. Joachim avait les lèvres aussi plaisantes que les siennes, aussi douces et tentatrices. Mais il savait ce que Rose allait dire ; il mettrait toutes ses remontrances sur le dos de sa pudeur, de sa candeur et de sa… virginité.


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MessageSujet: Re: Sugababe ( Fini! )   Dim 2 Jan 2011 - 20:43

« De l’amour… ! De l’amour, tu as dit ! » Il rigola à nouveau et se tourna vers lui : « Si je devais aimer tout ceux que j’embrassais… Ahah, Rose, c’est tellement adorable de ta part ! » Il se pencha sur sa silhouette, peut-être pour le simple plaisir de voir Rose se fondre avec le fauteuil. « Tu étais si près de moi, je n’ai pas vraiment réfléchi. Et je suis fatigué... Il n'y a pas d'autres raisons. C'était un malheureux réflexe. » Il sourit et alla vers la table.

Rose s’était entendu dire beaucoup de choses, au cours de sa longue vie. On lui avait reproché sa froideur, sa nonchalance, ses rapports intéressés, on avait raillé son pacifisme obstiné, mais jamais ô grand jamais on ne lui avait fait le front de lui dire qu’il était… adorable ? Il ne recula pas lorsque Joachim se pencha vers lui, un sourire triomphant aux lèvres, encore rouge d’avoir trop ri. Il dissimula de nouveau son trouble sous ce masque de froideur qui lui était coutumier. Un malheureux réflexe, hein ? Il ne savait pas s’il se sentait rassuré ou plus cruellement encore offensé. Au moins, Joachim n’essayerait pas à nouveau de… hum. Et cependant, que la faucheuse lui explique avec indifférence qu’il n’était que celui qu’on embrasse parce que ‘ tu comprend,s rose, tu étais si près de moi… ’ comme s’il était une vulgaire friandise ! Il s’en serait étouffé d’indignation.

« Cela dit, tu n’es pas obligé de me regarder et de m’éviter comme ça. C’est très blessant… » Il le pensait, mais la vexation était passée et il ne pouvait s’empêcher d’avoir un petit sourire malgré son ton de réprimande. « Ne me dis pas que tu m'en veux... Tu n'as pas trouvé ca désagréable, non? »

Alors Faust inspira est expira très calmement, très profondément, et, pour la première fois depuis très longtemps, il sentit une colère froide l’envahir, qui lui faisait battre le sang aux tempes. De toute évidence, personne n’avait jamais pris le temps d’expliquer à Joachim les bases les plus élémentaires de la politesse et de la bienséance. Il n’était qu’un petit prince gâté, que personne n’avait jamais contredit, tellement immature malgré huit siècles d’âge… Eh bien, il allait lui montrer de quel bois il se chauffait.

« C’est moi qui suis blessé, commença Herbert d’une voix blanche, non, en vérité, je suis HUMILIÉ. J’avais vécu jusqu’alors une vie exemplaire et chaste, mais à quoi sert d’expliquer de telle subtilités à une personne telle que vous, un esprit simple et frustre, de toute évidence ? Je pardonne d’ordinaire aux simples d’esprits, dont vous êtes, Monsieur, mais vous dépassez les bornes !

Il se leva d’un bond, les poings serrés, il était furieux, une très vieille colère qui bouillonnait depuis des années, des décennies peut être, une éternité de rage rentrée, qui ne demandait qu’à exploser à la première occasion. Et Joachim serait le réceptacle de cette fureur, puisqu’il avait eu le malheur de le provoquer dans un moment de faiblesse et de contrariété.

« Si c’était désagréable ? Il ricana, un petit rire sec, sans joie. Je vais mourir de honte ! Et vous me demandez si je n’ai pas trouvé ‘ ça désagréable ’ ? C’est à vomir, à vo-mir ! Mais regardez le qui tresse sa couronne ! Vos baisers n’ont rien de divin ni même d’agréable, Dieu de pacotille ! Et quand je pense à ce que ces lèvres ont… - Une grimace dégoûté tordit imperceptiblement sa bouche, il se rappelait les cris de Gabriel, une demi heure plus tôt – Je vous l’avais pourtant dit, il ne suffit pas de vouloir pour obtenir ! Vous m’avez volé ce baiser, soit, je peux l’excuser. Mais que vous en riiez et me narguiez, ça... la coupe est pleine ! »

Si Joachim avait éclaté d’un de ses grands rires de gamin, il aurait passé l’éponge d’assez bonne grâce. Mais il avait le front de se moquer de lui… Non, cela n’avait rien d’une plaisanterie, c’était bien un de ses baisers comme en donnent les catins qui tendent leurs lèvres et leurs appâts à la première main qui tente de les saisir. C’était une débauche réfléchie, cynique, et si elle paniquait autant Rose, c’est parce qu’il craignait qu’elle n’émousse sa vertu, n’allume en lui… Dieu, il ne voulait même pas y penser. Il ne se laisserait pas prendre au piège, il ne laisserait pas corrompre sa candeur, il ne le permettrait pas. Joachim allait sûrement essayer de ‘ s’amuser ’ à le débaucher, oh, oui, il le voyait venir, il devinait qu’il ne le laisserait plus en paix. Ce qui est sale et perverti tend toujours à salir la pureté et l’innocence, n’est-ce pas ?
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MessageSujet: Re: Sugababe ( Fini! )   Mar 4 Jan 2011 - 21:03
Hate him, Hate them.




Oui, c’était vrai : Joachim n’était qu’un sale enfant pourri gâté, mal élevé et insolent ; Il se croyait encore maitre du monde, et cela le perdrait. Il lui était impossible d’imaginer qu’il ait tord. S’il y avait un problème, cela venait forcément des autres. Il n’était pas faible, c’était les autres qui étaient trop forts, il n’avait rien à voir avec ses propres souffrances, c’était les autres les lui avait infligé sans raison, il ne méritait rien de ce qui lui arrivait, c’était les autres auraient dû subir tout cela à sa place. Ils avaient tord, et Rose encore plus qu’eux. Non seulement il se mettait à crier sans aucunes raisons, mais en plus, il l’insultait !

« C’est moi qui suis blessé, commença Herbert d’une voix blanche, non, en vérité, je suis HUMILIÉ. J’avais vécu jusqu’alors une vie exemplaire et chaste, mais à quoi sert d’expliquer de telle subtilités à une personne telle que vous, un esprit simple et frustre, de toute évidence ? Je pardonne d’ordinaire aux simples d’esprits, dont vous êtes, Monsieur, mais vous dépassez les bornes ! »

La faucheuse en resta figée et bouche-bée, ses oreilles sifflaient et la surprise était telle qu’il se demandait ce qu’il avait fait de si terrible pour qu’il s’énerve ainsi. Humilié ? Mais de quoi ? Joachim le regardait mais ne disait rien. Il doutait du sérieux du jeune homme jusqu’alors, mais, voyant son teint affreusement contrarié, il ne put qu’en faire autant. Il se sentit alors, non pas humilié, mais outré. On osait le traiter de sot ! Non, ROSE, osait le traiter de sot ! Cela lui paraissait tellement inimaginable qu’il en restait sans voix malgré sa colère montante. Lui qui était si calme, si paisible d’habitude… Il se mettait donc dans un état si ridicule pour un bête baiser, donné par accident ? Il perdait la tête, jamais cet être si fragile n’aurait dû toucher à ces verres d’alcool ! Ils étaient forcément la cause de ce coup de colère sans sens, il n’y avait pas d’autres explications. Et l’alcool semblait continuer d’attiser les flammes de la colère du blond :

« Si c’était désagréable ? Il ricana, un petit rire sec, sans joie. Je vais mourir de honte ! Et vous me demandez si je n’ai pas trouvé ‘ ça désagréable ’ ? C’est à vomir, à vo-mir ! Mais regardez le qui tresse sa couronne ! Vos baisers n’ont rien de divin ni même d’agréable, Dieu de pacotille ! Et quand je pense à ce que ces lèvres ont… - Une grimace dégoûté tordit imperceptiblement sa bouche, il se rappelait les cris de Gabriel, une demi heure plus tôt – Je vous l’avais pourtant dit, il ne suffit pas de vouloir pour obtenir ! Vous m’avez volé ce baiser, soit, je peux l’excuser. Mais que vous en riiez et me narguiez, ça... la coupe est pleine ! »

Après cet éclat, seul le son des flammes crépitantes osait faire du bruit. Joachim, qui n’avait toujours pipé mot, se fichait à présent totalement du motif de cette colère. De toute façon, il ne pourrait jamais comprendre pourquoi Rose semblait si offensé qu’il l’ait embrassé. Il avait voulu en rire, sans réellement vouloir l’humilier de ses moqueries, mais puisqu’il le prenait sur ce ton, soit. Il le traitait d’idiot, il allait se comporter comme tel. Ses yeux lançaient des éclairs, se frottant contre ceux du garçon, et n’avaient jamais paru aussi féroces. Sa mâchoire était serrée, tout comme ses poings et le sang battait fort et vite dans ses veines en rythme avec son cœur. Il se sentait cruellement outré et même blessé de ses mots, de ce dégout ouvertement affiché à son égard. Il avait vu exactement le même air sur le visage du monstre bleu, mais étrangement, il n’avait pas peur. Jamais il n’aurait pensé que Rose puisse être aussi horrible avec quelqu’un. Mais il avait une proie facile à tourmenter et n’avait aucun mérite, Joachim était très susceptible et pouvait tout aussi bien être blessant à son tour.

« Tu es pitoyable. Regarde-toi, perdre la tête pour un simple baiser… Tu n’as aucune idée de ce qu’est une véritable humiliation. Peut-être devrais-je t’écraser le visage sous ma chaussure pour que tu comprennes, et tu cesserais d’hurler au monde ton futile affront. » Il n’avait aucun mot pour d’écrire en détail le mépris de ses mots. D’un geste lent, il attrapa un des verres et s’avança vers Rose, presque menaçant. « Tu n’as pas besoin de m’excuser pour ce baiser ‘volé’, je ne veux pas de ton pardon, humain. Tu es comme ce verre, Rose. Totalement vide, transparent, froid, insensible ! Tu es la personne la plus creuse et ennuyeuse que j’ai rencontré en 800 ans ! Mon père t’adorerai, tu es exactement ce qu’il veut que je sois ! » Il jeta le verre à leur pieds, et il se brisa dans un cri strident, dont il aurait voulu que Faust soit l’auteur. Il avait su se maitriser dans sa colère dans les premiers temps mais il ne s’en sentait plus capable. Tout ce qui était coincé dans sa gorge jaïssait : « Je te hais, toi, et tous ceux de ta race ! » Il le poussa dans un geste furieux « Pourquoi ne mourrez-vous pas tous, pourquoi dois-je m’occuper de vous, vous êtes un POIDS, vous êtes INUTILES, vous êtes mon FARDEAU ! Reste à ta place !! »

Il rêvait de dire ça depuis des siècles, il rêvait de le dire à un humain vivant, et non pas aux âmes déchues de ses domestiques. Cela aurait pu être Rose ou un autre, la colère aurait été la même. Comment osait-il l’insulter ainsi, lui dire qu’il n’était rien, qu’il était à vomir ? Le fait qu’il se sente blessé par son geste ne justifiait pas ce jugement. Rose n’était peut-être pas si vide que ça, s’il pouvait sortir de telles horreurs avec hargne. Mais Joachim ne réfléchissait plus à ce qu’il disait, c’était à peine s’il pouvait dire s’il le pensait ou pas; contrairement à Faust, il n’avait pas besoin de boire pour se laisser aller. Si l’alcool n’avait pas fait rire le blond, au moins, il lui avait permit de se défouler, et Joachim aussi par la même occasion. Celui-ci allait le regretter, surement. Mais ça lui faisait tellement de bien, il avait l’impression de s’être débarrassé d’une pierre sur son estomac, et il aurait pu continuer de jurer sur tous les immondices qui peuplaient l’univers pendant des heures. Il lui suffisait de reprendre son souffle et de prendre Rose comme cible. 202 ans de colère renfermée ne pesaient absolument rien contre huit siècles de la même sorte. Seulement, quelque chose semblait lui marteler la tête et lui causait une douleur horrible, et il n’aurait pas pu crier sans augmenter sa douleur. Joachim passa ses mains sur son visage ; Il essayait de se souvenir qu’il s’agissait de Rose, qu’il ne le haïssait pas autant qu’il le disait, mais rien ne lui revenait et il ne voyait devant lui que l’Homme qu’il était.

« J’en ai assez », dit-il.

Il aurait tout donné pour que cette maison brûle et que tout disparaisse. Pourquoi avait-il fallu que cette dispute arrive alors que tout ce passait si bien ?



[ Joachim a pété une durite, également xD S'il y a quelqu'un qui a une colère frustrée, c'est bien lui. Fallait pas le lancer uu Et encore, il y en aurait encore à dire xD ]


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MessageSujet: Re: Sugababe ( Fini! )   Mer 5 Jan 2011 - 12:26

How to destroy a relationship


Ses éclats pouvaient être violents, mais Rose s’apaisait en général très vite. Il s’était enfin purgé de sa vieille colère centenaire et ressentait à présent un genre de plénitude, une sensation délicieuse de légèreté. Tout avait été dit à présent, tous ces mots cruels, coupants, qu’il avait médité en son sein pendant plusieurs décennies, et puisqu’ils étaient dits ils n’étaient plus à dire, et Faust savait qu’il se coucherait l’âme en paix ce soir.
Son expression était de nouveau neutre et impénétrable. Il écoutait Joachim, les mains jointes, la tête un peu penchée, comme quelqu’un qui écoute avec recueillement. Il attendait que l’orage passe, que l’autre et déversé sa fureur.

« Tu es pitoyable. Regarde-toi, perdre la tête pour un simple baiser… Tu n’as aucune idée de ce qu’est une véritable humiliation. Peut-être devrais-je t’écraser le visage sous ma chaussure pour que tu comprennes, et tu cesserais d’hurler au monde ton futile affront. »

Rose eut un petit sourire bonhomme. Voilà toute la différence entre lui et Joachim. Rose avait une sensibilité exacerbée dès qu’il s’agissait de son honneur et de l’orgueil de sa race et de son nom : une nature délicate à l’extrême. Joachim avait beau prétendre être un dieu, pour l’heure il était humain et bien humain, et Herbert, parce qu’il avait un titre, une éducation, et un lignage vieux d’environ 600 ans, regardait avec hauteur et peut-être dédain Joachim s’exaspérer et essayer de lui expliquer ce qu’était un véritable outrage. Nature grossière, songea Rose en reculant imperceptiblement quand Joachim s’approcha de lui un verre à la main. Eh bien, quoi ? Il allait le lui casser sur la tête ? Quelle jolie paire ils faisaient, on aurait dit une querelle de bar.

. « Tu n’as pas besoin de m’excuser pour ce baiser ‘volé’, je ne veux pas de ton pardon, humain. Tu es comme ce verre, Rose. Totalement vide, transparent, froid, insensible ! Tu es la personne la plus creuse et ennuyeuse que j’ai rencontré en 800 ans ! Mon père t’adorerait, tu es exactement ce qu’il veut que je sois ! »

Oui, Rose était humain. Il n’aurait jamais honte de n’être ‘qu’humain’ quand tant de gens dans ce pays semblés dotés de pouvoirs surnaturels. Il avait toute sa raison intacte, il était doux et paisible. En un sens, il valait mieux que tous ces toqués venus d’ailleurs, tellement puissants mais aussi tellement cruels et dangereux, aussi.

Il y eut un petit bruit cristallin, Joachim venait de jeter le verre avec fureur. Herbert restait droit et raide, on aurait dit un mur, les assauts de Joachim se brisaient contre ce monument de détachement et de morne anglaise. En fait, Faust était fatigué, fatigué de toutes ces émotions, fatigué de constater que l’on s’échauffait toujours en vain, que toute colère était vaine, toute joie éphémère, que ni les hommes ni les dieux n’avaient droit au repos. Il regrettait déjà de s’être emporté quelques minutes plus tôt. À quoi bon ? C’était toujours le même manège qui recommençait. Personne ne ressortait grandi de l’histoire. Alors il décida qu’il endurerait la colère de Joachim en silence.

: « Je te hais, toi, et tous ceux de ta race ! » Il le poussa dans un geste furieux « Pourquoi ne mourrez-vous pas tous, pourquoi dois-je m’occuper de vous, vous êtes un POIDS, vous êtes INUTILES, vous êtes mon FARDEAU ! Reste à ta place !! »

Alors Faust, qui avait reculé d’un pas lorsqu’on l’avait bousculé, fixa la jeune homme d’un regard glacé, et, sans le quitter des yeux, épousseta son col et ses manches à l’endroit où il l’avait touché, lentement, comme s’ils étaient sales.

« Nous portons tous notre fardeau. Et le votre n’est pas plus lourd que celui d’un autre. »

Il dépassa Joachim sans le regarder.

« Je serai à l’étage, si vous me cherchez. Monsieur, Bonsoir. »

Il disparut dans les degrés supérieurs. Arrivé au premier étage, il poussa un long soupir.
Il haussa les épaules, ouvrit la porte de sa chambre, et la ferma derrière lui sans bruit.

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Sugababe ( Fini! )

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