Petit humain, mais qu'as-tu fait ? Ouvrir ce livre, pris de curiosité ! Quelle grave erreur, car dès maintenant, les contes te garderont pour eux !
La seule manière de t'en sortir, c'est de te battre et survivre. [RPG Survival Conte&Humain]

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 Du bleu dans une sombre nuit [Pv Hans]

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MessageSujet: Du bleu dans une sombre nuit [Pv Hans]   Du bleu dans une sombre nuit [Pv Hans] Icon_minitimeMer 31 Aoû 2011 - 19:31
Aurore lisait. Elle était assise dans un fauteuil de velours vert et une bougie éclairait les pages du livres qu'elle tenait entre ses mains. La flamme virevoltait doucement au gré du courant d'air créé par la fenêtre qu'elle avait laissé ouverte. Dehors, la nuit. Le ciel était noir comme les ténèbres, la lune blanche comme ses cheveux. La lune brillait, les étoiles aussi. Elles éclairaient le chemin des aventuriers sans peur ou des lecteurs perdus dans les pénombres de la nuit et de ce monde.
Elle ferma le livre dans un bruit sec qui résonna dans la salle, elle venait de le finir. Encore un. Elle avait récemment demandé à son père de s'en procurer des nouveaux et la bibliothèque s'était vu rajouter une bonne dizaine d'étagères, mais tous savait qu'il ne faudrait pas beaucoup de temps à la princesse pour les dévorer et en demander de nouveaux, encore.
Elle se leva et reposa le livre à sa place. Retournant vers son fauteuil, elle sortit sa montre à gousset et l'ouvrit pour voir l'heure. 2h47. Tout le monde dormait. Elle remit avec précaution la montre dans sa poche. C'était le seul objet qui valait quelque chose à ses yeux. Elle aurait pu jeter l'or et les diamants dans une fosse ou de la falaise, elle n'aurait absolument rien ressenti -et pas parce qu'elle était riche, juste à cause de sa malédiction- mais quelque chose émanait de cette montre qui faisait qu'elle y tenait vraiment, elle ne pouvait pas s'en séparer, elle le savait, elle le ressentait. La main dans sa poche, elle caressa le couvercle et devina le contour de la gravure, une étoile.
Elle prit le support de la bougie et se dirigea vers la porte de la bibliothèque. La bougie éclairait peu mais elle lui suffisait. C'était plus pour être sûre de ne pas se tromper de direction et repérer les obstacles que pour trouver son chemin : elle le connaissait par coeur.
Elle sortit de la bibliothèque et s'avança dans un couloir. Elle avait les pieds engourdis à force de rester assise à lire et c'était la seule et unique raison qui la faisait se lever.

Elle marcha ainsi un moment, sa robe noire se fondait dans l'obscurité. C'était une robe d'intérieure simple, elle n'avait pas de froufrous et lui arrivait au-dessus des genoux, les manches s'arrêtait à mi-bras. Ses cheveux blancs ondulaient avec ses mouvements et la flamme de la bougie qu'elle tenait devant elle, au niveau de la poitrine, se reflétait dans ses yeux vides de vie.
Elle n'avait croisé personne. Elle s'y attendait. A trois heures du matin, personne ne se promenait dans le château. Personne, sauf elle. Mais que voulez-vous qu'elle fasse d'autres ? Dormir ? Elle ne pouvait pas. Elle en était incapable. Le sommeil l'avait rejeté, il ne voulait plus d'elle, la fatigue non plus.
Elle arriva dans la salle du trône et s'arrêta en bas des marches qui menaient au majestueux siège. Elle sortit sa montre à gousset et l'ouvrit. 3h24. Elle la rangea et quitta la pièce. Elle allait encore marcher un moment, puis elle retournerait dans la bibliothèque pour lire.

Un peu après, alors qu'elle tournait dans un couloir, elle aperçut une silhouette se dessinait dans la noirceur du passage. C'était une petite silhouette, svelte, une jeune fille sûrement. Que faisait-elle ici ? Et surtout, pourquoi ne dormait-elle pas ? Aurore s'approcha et tendit le bras pour éclairer la personne qui lui faisait face. Bleu. C'était la couleur de ses cheveux et de ses yeux et ce fut la première pensée de la jeune princesse. Elle le dévisagea. Elle ne l'avait jamais vu, elle en était certaine. Or, comme elle ne dormait plus et qu'elle passait son temps à lire, elle avait développé, en dix ans, une excellente mémoire et c'est pourquoi elle connaissait le nom et la fonction de chaque personne dans ce château. Elle était donc certaine qu'elle n'avait jamais vu cette personne -finalement, peut-être plutôt un jeune homme-. Il n'avait donc absolument rien à faire ici, encore moins la nuit.

"Vous ne travaillez pas ici, n'est-ce pas ? Qu'est-ce qui vous amène en ces lieux à une heure si tardive ? Je me vois également le devoir de vous demander votre identité."


[L'idée que j'ai de la robe =D]


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MessageSujet: Re: Du bleu dans une sombre nuit [Pv Hans]   Du bleu dans une sombre nuit [Pv Hans] Icon_minitimeVen 2 Sep 2011 - 13:38
When it Rains

« As-tu froid ?
As-tu faim ?
Te reste-t-il encore assez de volonté pour ressentir ces sensations ?
Tous ces jours où il pleut, et où tu n’as pas de toit, Tous ces jours où ton estomac se tord de famine.
Personne ne te les rendra. Le monde n’a que faire des gens de ton espèce, qui se traînerait dans la boue pour quelques miettes, et dans le sang pour une nuit au chaud. Le monde rie, Le monde aime te voir te tortiller, pauvre petit insecte, tant que tu ne peux l’atteindre, oui, tant que tu reste un vermisseau, le monde rie.
As-tu peur ?
Dans quelques heures, toi, le miséreux, auras le droit à son heure de gloire ! Des centaines de centaines d’abrutis venus t’acclamer ! Acclamer ta mort ! Et toute ta misérable petite vie prendra fin ! Toute tes convictions, tes moindres parcelles d’espérances, tes dernières prières, ton ultime pensée, tout, tout seras avalés par cette foule gargantuesque de mauvais goût ! Ils se piffreront comme des porcs de tes larmes innocentes !
Puis ils partiront,
Puis ils oublieront.
Et tu ne seras plus qu’un nom rouge sur une plaque grisâtre qui ne signifie plus rien.
Plus rien…
Il suffirait pourtant que tu te lève, que tu hurle tout ton dédain à cette masse ancré dans la peur. Il suffirait que tu ne te traîne plus dans la boue, mais te meus à l’intérieur de celle-ci. Que le sang que tu ôte pour une nuit soit celle de ton hôte. Que tes pleurs deviennent de l’acide, que tes fureurs ne soient plus brimées par le désir de t’intégrer en cette société.
Le monde rie de toi, pauvre chien qui lèche ses pieds.
Le monde rira-t-il toujours, si tu lui arrache les talons ?
Devenir une bête féroce n’est pas des plus aisées, apprendre à survivre sans l’aide de personne est tout comme. Je peux briser cette cage, réduire en poussière ces barreaux, t’apprendre ! Laisse donc la guillotine aiguiser son tranchant sur une autre tête que la tienne !
Il est temps de prendre les brides de ton existence en main jeune cavalier !
Et en échange… Ahah en échange !... »

Malheureusement, il n’y avait eu personne pour faire le même discoure à Roman.

Il pleuvait. C’était le soir, ou le matin. La pluie avait commencée par dégouliner de fines gouttelettes, venant raviver un visage crispé. Le visage crispé de l’homme à terre, allongé, tout de bleu paré, avec des cheveux longs éparpillés autour de lui. Il n’arborait nul expression, ses paupières étaient fermés, depuis combien de temps ? Mais l’eau arrivante ne les faisaient pas s’exprimer, elles restaient closes. Un éclair résonna au loin, et les gouttes devinrent torrent, humidifiant chaque pan de vêtement, chaque portion de sa peau. Il était mort. Pas lui, pas lui qui se relevait alors avec stupeur sous la force de cette soudaine tombée aquatique. Un autre jeune homme était mort. Hans n’était même pas à l’origine de ce « quasi » meurtre, mais celui-ci le dérangeait. Il n’éprouvait pas de la peine en soit pour le gamin, ni de colère envers lui-même : cela faisait depuis longtemps qu’il était raide –peut-être même que son heure était venu peu après l’écriture de sa lettre. C’est que malencontreusement, cette disparition signifiait sûrement une autre disparition. Des mains de Whisper cette fois-ci. Camille ne supporterait pas, Camille allait mourir. Il fronça les sourcils tout en cherchant à trouver son équilibre. Le sol était boueux, il n’était, par conséquent, pas simple de se relever sans trop tâcher ses talons.

Encore elle, son esprit lui était entièrement dévolue ces derniers temps. La brunette, la fragile, la mignonne, la naïve, qu’il avait si facilement fait tomber dans ses filets. Mais sa fragilité émotionnelle, dont avait il avait si bien profité un temps, était une faiblesse à double tranchant, pour lui. Maintenant il se devait de la perdre. Le pire ? Il n’en était pas triste. Si elle l’obnubilait, c’était pour une simple raison : elle occupait un poste important chez lui, qui n’était pas remplaçable par la première servante venue, et il lui fallait en trouver une autre. L’adorable savait-elle que sa vie était compté ? Très certainement, depuis ce jour, elle devait y penser chaque instant.
Tu vas mourir,mourir,mourir,mourir,mourir,mourir,mourir,mourir,mourir...
Une petite voix devait déjà la déguster de l’intérieur, comme un souffle, un murmure ; un écho si lointain qu’il en devenait inaudible, et pourtant, elle le devinait. Il l’espérait. Il ne voulait pas voir ses yeux surpris lors de la sentence, il la souhaitait parfaite, parfaitement immobile, apaisé. Dénué de tous sentiments de résistance, un chef d’œuvre face à la mort bleue qu’il lui offrirait, en échange de ses loyaux services. Un passage en souffrances, en louanges, en sourires. Certainement que la jeune fille devait pleurer sa futur douleur, mais qu’importe, qui trahissait, trahissait, il n’y avait pas d’exception face à la mort.

Il éternua. Plus important : il lui fallait trouver un endroit au sec, un endroit où il pourrait se reposer un petit peu. Son être tout entier faisait le vœu qu’un lit molletonneux apparaisse comme par magie. En attendant que ce rêve –improbable- ce réalise, il se mit en marche. Rester statique devenait un peu synonyme de mort par ce temps, il était déjà gelé jusqu’aux os, et il était sûr et certain de bientôt attraper un rhume –si il avait de la chance- ou une grippe. Il se hâtait comme le temps le lui permettait. Le rideau qui s’étendait devant lui comme un barrage lui donnait une très mauvaise visibilité et par-dessus tout, il faisait nuit. De ce fait, il alla tout droit, évitant ainsi de revenir malencontreusement sur ses pas.

Splatch, sprotch. Le bruit de ses bottes s’enfonçant tour à tour dans la terre molle, puis dans les flaques. En ce moment, le temps n’était pas vraiment au beau fixe, il avait bien peur de devoir recommander tout un stock à son cordonnier favori, c’était que sa se salissait vite, et pour ce qui était de les nettoyer…une véritable galère –qu’il n’accomplissait pas lui-même évidemment- qui donnait des ampoules aux doigts délicats de ses servantes. Alors qu’il pestait contre les aléas du ciel en tremblant de froid, il aperçut au loin –ou pas, il avait du mal à apprécier les distances- comme une longue et haute masse sombre, trop découpée pour être une colline.

Oh puissance salvatrice ! Il remercia mille fois la narratrice pour se cadeau. Car ce qui se dressait devant lui, enfin, pas tout à fait devant, ne pouvait être autre chose qu’un Châteaux, ou une quelconque bâtisse dans ce genre. Tout cela signifiait donc qu’il allait se trouver dans un endroit confortablement meublé. C’était tout ce qu’il voulait en ce moment.

Sauf qu’il y avait un hic, il était tôt, oui tôt. Il n’était pas très poli de déranger les gens à un horaire aussi loufoque. Aussi il avait ni envie d’être jeté dehors, ni envie de faire son show sanglant. Il était énervé, fatigué, et souhaitait juste une bonne tasse de sang bien chaud…du thé lui conviendrait bien sûr, accompagner de sucreries pétillantes, avant d’aller dormir. Oui, oui, notre cher Wander rêvait un peu là, mais il fallait mettre ça sur le compte de l’épuisement, physique plus que morale d’ailleurs.

Il descendit légèrement en pente avant de se trouver dans une…vallée ? La pluie commençait à s’estomper, et il arrivait à apercevoir des montagnes de part et d’autre de la demeure. Au fur et à mesure que le temps devenait plus clément, il distingua des haies, quelques parterres de fleurs, des rosiers…brefs, ce qui ressemblait à un jardin d’apparat. Un chemin en gravillons le sillonnait, ce qui se révélait très utile. Ainsi il put rejoindre rapidement la porte du château.

Oui enfin, c’était bien beau tout ça, mais la porte était fermée, logique. Il entreprit le tour du bâtiment, dans l’espoir de trouver une fenêtre à sa hauteur. Heureusement le ciel avait enfin décidé de cesser toute attaque liquide contre lui, et malgré le nuage vaporeux se créant à chacun de ses souffles, Hans retrouvait une humeur plus acceptable. Il dû longer pratiquement toute la longueur de cette forteresse pour trouver une fenêtre sans barreaux, ni volet. Enfin, jadis peut-être que sa fenêtre magique comportait un volet, mais il ne restait plus que les gonds pour en attester.

Se hissant sur la pointe des pieds, il nettoya le carreau pour voir de quelle pièce il s’agissait. Un toilette, et au vu de l’état, à l’abandon [Hrp : ceci se passe avant la rencontre avec H&G, c’est pour cela qu’il n’en pense…rien]. Au moins il était sûr d’être au calme, peut-être que cette aile était désaffecté, les propriétaires manquaient-il de personnel ? Avaient-ils fait un grand nettoyage ? Ou la fosse était hors service ? Il grimaça, espérant que ce ne fut pas à cause de sa troisième hypothèse que des araignées énormes nichaient à l’intérieur. La faucheuse bleue jeta un coup d’œil autour de lui, et dénicha un galet pas trop gros, mais qui avait une certaine densité. Il n’hésita pas un seul instant, et le jeta d’un lancer sec, en direction de la fenêtre. Ceci eut pour effet de la briser entièrement, et donc, de causer un paquet de bruit. Hans misait sur le fait qu’il ne devait pas y avoir de pièce à vivre aux alentour, au vu de ce que pouvait dégager une fosse sceptique. Bon, il avait aussi voulu viser le côté pour faire un trou et soulever le loquet, mais tant pis. Il prit tout de même la peine de soulever le loquet, et d’ouvrir la fenêtre, plutôt que de passer à travers, il voulait éviter de se couper avec ces morceaux tranchant de verres, encore accrochés à l’encadrement ; qui sait quelles maladies il pouvait attraper avec.

Se faufilant donc avec dégoût à l’intérieur –oui, la troisième hypothèse était finalement la bonne- il s’enquit vite de sortir de cet endroit pour trouver quelque chose de plus chaleureux. Une fois dans le couloir, il retira ses bottes –évitons de rameuter encore plus les domestiques- et décida de les porter à la main. Aucun bruit, aucune source de lumière, tout le monde devait dormir. Il se demandait bien quelle heure il pouvait être à présent tout en marchant lentement, en longeant les murs. Il finit dans un hall, ou enfin, une grande salle quoi, et munit d’escaliers qui plus ait.

Choisir une couche dans une maison importante où nous ne sommes pas invité est une chose assez aisés finalement. Vous n’avez pas beaucoup de choix en réalité : soit les écuries, mais les palefreniers se lèvent tôt ; soit une chambre de domestiques inoccupées : mais elles sont souvent toutes occupées et ensuite pour sortir à découvert avec tout le remue ménage dans les couloirs… ; soit, vous vous installez dans une chambre d’invité de marque : généralement elles sont vides, très confortables, et les domestiques ne viendrons pas vous enquiquinez, et de plus, elles possèdent leur salle d’eaux. Magique ! Ainsi donc le jeune Grisélidis cherchait ce genre de couchette, et comme toute chambre d’invité qui se respecte se trouve aux premiers étages, il gravit les marches.

Il tourna pendant un long moment avant de déboucher sur un couloir, dont une des portes étaient légèrement visible : une source de lumière assez faible sans échappait. Il fit quelques pas dans cette direction, lorsqu’il entendit le loquet tourner. Précipitamment, il revint en arrière se cacher dans l’angle d’un autre couloir et attendit. Il ne savait pas réellement quoi faire, pour une fois, il voulait bien se faire discret, et n’avait pas envie de répondre devant des furies, de n’importe quel sexe elles soient. Heureusement pour lui, la personne qui sortait ne se dirigea pas par la suite dans sa direction, mais alla à l’opposé. Il attendit donc que la source de lumière disparut totalement avant de s’aventurer de nouveau dans ce fameux couloir.

Hans avait retenue la porte par laquelle la personne était sortie et s’aventura à l’intérieur. La fenêtre laissait voir le clair de lune, qui, en contre partie, éclairait d’une lumière bleuté la pièce. Il s’agissait d’une bibliothèque. Maintenant qu’il en était à se point, le jeune homme ne savait pas vraiment ou chercher les chambres, mais cette bibliothèque était une bénédiction : elle devait sûrement contenir les plans d’origine, du moins l’espérait-il. Il parcourut ses rayons de fond en comble, mais la majestueuse ne lui rendit rien, cela ne se trouvait point ici. Peut-être dans un bureau ? Les bureaux ou salons n’étaient jamais loin des bibliothèques non ? Il était déjà resté un petit moment à l’intérieur de celle-ci et ne pouvait plus rester trop longtemps : si la personne revenait ? Il remit en ordre les livres et n’oublia pas de bien refermer la porte derrière lui. Faisant quelques pas en avant il leva la tête et…
Tomba face à une jeune fille.
Merde.
Il était tellement occupé à chercher une stratégie pour trouver cette foutue chambre qu’il n’avait pas fait attention au point lumineux qui arrivait dans un couloir perpendiculaire. Comme par hasard, il avait fallu que sa nouvelle hypothèse se confirme. Ce devait être la personne sortie plus tôt, elle était revenue à son point de départ. Étrangement, elle ne semblait ni paniquée, ni horrifiée de découvrir un inconnu chez elle. Au vue de sa taille et da sa robe de nuit, elle devait être la fille des propriétaires. Elle possédait cette même peau pâle, cette même posture, celle qui convenait à une fille de sa « caste » et Hans aurait déjà dû le détester pour ça. Oui mais non. De un parce qu’elle n’avait pas hurlée comme la majorité de ces semblable dans une situation pareille, et ne paraissait même pas surprise ; de deux, chose très importante, son regard. Ses yeux semblaient contempler le vide, l’infini vide non de l’aveugle, mais de la personne indifférente. A tout moment. En toute circonstance. Parfaitement froide, placide, sans émotion. Comme un fantôme qui errerait sans but. Et cela mes amis, c’était d’une telle rareté ! Une telle perle sans aucun regard hautin, méprisant !

Il ne bougea pas d’un pouce, cela faisait une infinité de temps qu’il n’était pas tombé sur une VRAIE jeune fille. Elle entrouvrit ses lèvres :

"Vous ne travaillez pas ici, n'est-ce pas ? Qu'est-ce qui vous amène en ces lieux à une heure si tardive ? Je me vois également le devoir de vous demander votre identité."

Ni animosité, ni complicité malsaine. Un ressemblait à une poupée parlante, qui débitait son texte appris patiemment par cœur : dans la situation ou un inconnu pénètre par effraction : s’adresser à lui sur un ton parfaitement neutre, vérifier qu’il ne s’agisse pas d’un nouveau membre du personnel, vérifier ces intentions, demander son identité, point, attendre réponse. Comment pouvait-on créer pareil perfection ? Une personne en laquelle on a annihilé toute volonté, tout caractère… Hans savait soumettre une personne, mais il ne savait pas la mécaniser totalement, d’ailleurs, cela lui semblait impossible. Il y avait toujours des résurgences de l’ancien caractère, même lui cela lui arrivait, d’être faible et pitoyable, comme dans sa tendre jeunesse. Après cela pouvait être un masque, peut-être que le cœur de la jeune fille battait aussi vite qu’un cheval au galop. Il ne pouvait pas le dire, comme ça, à première vue. La seule chose qu’il constatait était le manque de vie évident qui habitait l’inconnue face à lui.

A partir de ce moment, il avait deux possibilités : un, il lui disait strictement la vérité, mais ça n’avait rien d’amusant et il voulait la tester, voir si c’était réellement elle, ou juste un jeu savamment construit qu’elle lui présentait ; deux, il pouvait transformer la réalité en quelque chose de très…spectaculaire –qui était tout à fait possible à Queer Tale, mais assez rare tout de même. Il resta donc parfaitement passible, malgré ses vêtements trempés, ses chaussures boueuses, et ses yeux cernés.


-Non. Je suis venue pour vous, je n’ai pas de nom. Je peux tout vous expliquer mais par pitié…si vous pouvez m’offrir quelque chose de réconfortant…je crois que le temps de cette contrée me déteste, il finit toujours par pleuvoir lorsque je suis dans les parages…

Il laissa juste quelques secondes de silences, sans rien faire de plus avant de continuer.

-Je suis content que vous puissiez enfin me voir, normalement je ne rentre pas chez les gens, mais cela fait depuis tellement de temps que je suis dehors, là, à attendre que vous tourniez votre visage vers moi. Vous ne l’avez jamais fait, vous ne m’avez jamais vus, alors, pardonnez-moi, mais je suis rentrée.

Et lui offrit un maigre sourire avec.


[voilà ! j'espère que ça te plaît =3 pour le début où il parle de Camille et tout, il y a l'explication de départ dans le premier post du rp avec Medb, ça se fait sur trois rp (il me manque celui du milieu, que je ne peux faire pour l'instant). Oui, j'aime bien donner des petites intrigues à faire à Hans, comme ça c'est rencontres sont plus logique ou hasardeuse, et cela fait bouger son environnement]


Dernière édition par Grisélidis Hans le Ven 2 Sep 2011 - 18:07, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Du bleu dans une sombre nuit [Pv Hans]   Du bleu dans une sombre nuit [Pv Hans] Icon_minitimeVen 2 Sep 2011 - 15:18
Aurore détailla la jeune personne et remarqua qu'elle était trempée des pieds à la tête, ses vêtements lui collaient à la peau, elle tenait dans ses mains une paire de bottes boueuses, boue qui coulait et tombait au sol dans un léger bruit. C'est vrai qu'il pleuvait quand elle avait commencé à lire. Impavide, la jeune princesse remarqua les cernes de ses yeux. Depuis combien de temps son interlocuteur n'avait-il pas dormi ? Peut-être était-il rentré dans l'espoir de trouver un lit ? C'était une possibilité mais son excellente éducation lui avait appris qu'aucune raison ne justifiait le fait de pénétrer dans une maison sans l'accord des propriétaires. Mais qu'importe, Aurore s'en moquait, pour elle, rien n'avait d'importance. Mais elle devait quand même savoir la raison qui l'avait poussé à s'introduire dans son château, afin de pouvoir l'énoncer à son père quand il le lui demanderait.
Elle l'écouta donc parler. A première vue, on aurait dit qu'il parlait de lui comme d'un fantôme mais elle savait pertinemment que leur existence était remise en cause. De plus, la personne en face d'elle avait l'air d'avoir un corps tout ce qu'il y avait de plus réel. Il n'avait pas de nom ? Tant pis, elle ne l’appellerait pas. Il disait être dehors depuis longtemps mais, en effet, elle ne l'avait jamais vu. Il demandait une chose réconfortante, il avait l'air d'essayer de l’apitoyer sur son sort. Peut-être mentait-il ? Elle n'avait rien à perdre de toute manière.
Aurore, inébranlable, sans aucune sourire, le fixa droit dans les yeux. La bougie qu'elle avait tendue vers lui pour pouvoir le détailler, brillait dans ses yeux bleus et un maigre sourire gisait sur son visage. Elle abaissa la bougie et s'exprima de sa belle voix mélodieuse au ton désagréablement placide.

"Je vais vous conduire à la cuisine, vous pourrez me donner plus de détails après avoir mangé."

Elle se retourna, lui faisait signe de le suivre et se dirigea dans le couloir d'où elle venait. Elle marcha, tourna, descendit les escaliers, traversa de multiples salles dans un mutisme absolu. Elle n'appréciait pas avoir la bouche pâteuse, ce qui arrivait quand elle parlait trop. Elle guida malgré tout le jeune homme jusque dans la cuisine. Elle alluma plusieurs bougies imposantes pour éclairer la pièce et posa la sienne sur une table. C'était une grande pièce avec plusieurs fours, plusieurs broches, plusieurs éviers, tous les ustensiles étaient en triple exemplaire voire plus. Des pots en terre de toutes les tailles, contenant tous les aliments, leur nom étant gravé sur le pot, étaient disposés, empilés, alignés dans divers coins de la pièce.
On pourrait penser qu'une princesse comme elle n'a jamais mis les pieds dans une cuisine mais, son rythme de vie étant différent de celui des autres, il lui arrivait d'y venir en pleine nuit, un peu comme ce jour-ci. Elle avait donc réussi à convaincre une cuisinière de lui apprendre. Elle savait donc se faire du chocolat chaud, du thé, du café -bien que dans son cas, la caféine soit inutile-, pour la nourriture, elle n'avait qu'à se servir dans les placards, il y avait des boites à gâteaux. Elle se tourna vers le jeune homme et, sans perdre une seule seconde son visage marmoréen, lui demanda :

"Que voulez-vous boire ? Du thé, du café ou du chocolat chaud ? Je peux aussi vous proposer des sucreries : beignets, choux, macarons... brioches, croissants... oublies..." [hrp : oublie est l'ancêtre de la gaufre]

Tout en énumérant les pâtisseries, elle s'était dirigée vers un placard et en avait sorti plusieurs boites qu'elle avait posé sur le plan de travail. En parler lui donnait faim, elle en mangerait sûrement elle aussi. Oh, mais je ne vais pas vous laisser croire qu'elle prenait plaisir à manger des gâteaux, non pas du tout. En fait, malgré la disparition de tous sentiments, les besoins primordiaux -excepté le sommeil-, soit manger et boire étaient toujours présent. Donc quand elle avait faim, elle mangeait, mais elle mangeait tout à niveau égal, elle n'avait pas d'aliment préféré ni détesté et pour elle, c'était comme si tout avait le même goût. Sauf qu'elle différenciait quand même les goûts. Mais je m'éloigne du sujet et je m'embrouille toute seule !

Une fois que le jeune homme lui eut donner sa préférence pour la boisson, elle sortit les ingrédients et les ustensiles et commença à la préparer après lui avoir fait signe de se servir pour les gâteaux. Elle mit le liquide [eau pour le thé au le café, lait pour le chocolat] à chauffer. Elle revint vers la table centrale -la table à laquelle manger les serviteurs-, tira une chaise et s'y assit. Elle avait pas mal marcher et elle commençait à avoir mal aux pieds.

"Je vous écoute."

Après tout, c'était lui qui avait dit qu'il lui expliquerait si elle lui offrait une chose réconfortante. Bien qu'elle ne la lui ait pas encore donné, elle était en cours de préparation, il pouvait donc commencer ses explications, non ?


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MessageSujet: Re: Du bleu dans une sombre nuit [Pv Hans]   Du bleu dans une sombre nuit [Pv Hans] Icon_minitimeDim 11 Sep 2011 - 15:58
I came for you
En la contrée de Queer Tale, la plus part des gens donnaient leur nom à chaque rencontre. Cette pratique n’avait absolument rien d’étonnant puisque les noms signifiaient beaucoup de choses ici bas : ils pouvaient indiquer la caste sociale, si vous êtes juste une figurine sans utilité, où un conte à part entière. On donnait son nom, pour que nos rencontres se souvienne de nous, parle de nous, puisse être terrorisé ou apaisé par celui-ci. Mais bizarrement, en ce pays, certain conte rechignaient à se nommer. La plus par du temps, la raison en était assez simple : ils tentaient d’échapper à leur destinés, ils tentaient de rester loin des affres et combats de ce monde. Lâche, faible, paranoïaque, tous ces types de personnes se rangeaient dans la seconde case.

Malgré les apparences, Le Grisélidis se rangeait bien dans la première case. Pourtant, il ne donnait que rarement son nom, en entier. Il avait pour l’habitude de n’énoncer que son prénom, ou un quelconque pseudonyme… et il aspirait tellement à la reconnaissance totale ! Alors pourquoi ? Hans voyait simplement le monde autrement, explication : lorsqu’un conte était reconnu, que lui arrivait-il ? Le peuple autour de lui rentrait dans une sorte de déférence, qui lui empêcherait de mourir sous ses crocs. Qu’elle intérêt de traquer la brebis en restant un loup ? Il était un loup bleu, mais lorsque la chasse se faisait sentir, il revêtait son masque de mouton, un mouton bleu, tiens, comme c’est étrange, les moutons ne sont-ils communément pas blancs ? Associer un puissant à un nom l’humanise, et être humanisé revenait à s’affaiblir face aux ennemis. Alors depuis longtemps Hans avait décidé que son nom ne serait pas la chose la plus marquante chez lui, depuis tellement de temps…une couleur.

Bleu cauchemar, la mort en bleu. Voilà ce qu’il était, un monstre monochrome, vivant dans un monde monochrome, avec un but monochrome et une folie paradoxalement pleine de sang, pleine de Rouge. Est-ce que le rouge et le bleu se mélange ? Non, ils éclairent mutuellement leur splendeur. Il souhaitait que cette image puissante, d’une personne recouverte de bleu, et ensanglanté, s’imprègne dans les rétines de ses victimes, aussi profondément qu’en lui. En ce jour funeste…ou Hans devint Le Grisélidis. Cette place ne te revenais pas, tu le sais bien mon petit, en voulant la sauver, tu as provoqué sa perte et ta métamorphose définitive, en ce monstre bleuté.

Grisélidis signifiait bleu, et bleu signifiait danger, la peur du danger pouvait rendre fou ou ivre. Sensation exaltante, euphorie, adrénaline. Laisse-moi mourir à ta place. Personne ne le savait, Aah ! Mais toute ces fois, où il s’apercevait dans un miroir après l’une de ses boucheries, c’était comme, un remplacement, ce rituel : c’est moi qui est mort là-bas, pas elle. Il revêtait donc la couleur de la mort, cette dernière vision, la dernière vue de ses cheveux autant océan que les sien, et sa propre vue, traversant le vitrail, tombant dans les douves. Il avait préféré mourir de par une chute, que de par la même lame qui avait traversée sa sœur.
Oui mais voilà, il n’était pas mort.
L’eau salvatrice avait volé son âme, mais laisser son corps.
Et lorsqu’il s’était réveillé, il ne lui restait plus que cette haine dévorante :

Tous ces hypocrites,
Ces femmes venimeuses,
Ces enfants heureux,
Tous ces faibles qui pensent être accablé de malheur,
Je leur ferais connaître la véritable douleur,
Et le soir, ils trembleront de peur,
Que je vienne les envoyés dans les plus belles noirceurs,
Les profondeurs d’une mer déchaînées.

Et dans ce monde, je ne laisserais que la violence, et la soumission, puisqu’il ne mérite rien d’autre.
Tel était sa pensée au premier jour de sa nouvelle existence. Depuis certaines choses avaient changé, après tout, Hans n’était pas totalement imperméable au bonheur, et il n’avait pas irrémédiablement détruit tout ce qu’il trouvait de beau et d’innocent. Il avait agit ainsi au début, mais lorsque sa vengeance fut parachevé, il s’était senti tellement vide, qu’il avait compris une chose : ses désirs meurtriers ne pouvaient pas se défouler sur des victimes dans l’âme. Il avait eu besoin de modeler ses propres brebis, faire un tri : celles qui passaient sous sa lame, celles qui devaient rester pour renouveler son stock, et répandre la rumeur :
Que le Bleu était la couleur de la folie et de la haine.

Et pour apaiser sa solitude, et pour assouvir en tout instant ses envies dominatrices, il s’était trouvé des « chatons abandonnés » qu’il avait recueillit avec compassion. Il leur avait montré le droit chemin, le seul qu’une jeune femme pouvait emprunter en gardant son innocence et sa beauté d’enfance. Et maintenant l’une d’entre elles allait devoir périr. Il aurait dû s’en douter, Camille n’était pas tout à fait « pure », il était resté en elle cette amour, qu’Hans n’avait pas sut lui retirer. Et maintenant il devait trouver un nouveau chaton. Perdue, brisée, chez qui la vie n’aurait pas plus de sens, que le fait de devoir se lever chaque matin. Et il pensait l’avoir trouvé.


"Je vais vous conduire à la cuisine, vous pourrez me donner plus de détails après avoir mangé."

Il ne la quittait pas du regard, cette splendide créature, encore plus intéressante que son ancienne chimère. Elle ne semblait pas se méfier de lui, comme elle aurait dû, comme toute demoiselle se devait lorsqu’un étranger étrange se présentait à elle. Paisible, mais froide, elle restait là à le détailler, comme si il était une bestiole tout à fait à sa place. Avait-elle l’impression de rêver continuellement ? Ce qui justifierait le fait que n’importe quel évènement lui paraissait banal. Récemment, un lecteur de « l’an 2010 » lui avait dit : « eh bien, les rêves, ils paraissent réels lorsque nous somme à l’intérieur non ? C’est seulement lorsque nous nous réveillons que nous réalisons qu’ils possèdent, en réalité, quelque chose d’étrange. » Avant d’avouer que cette phrase ne venait pas de lui.
La jeune fille s’engouffra dans un couloir, il la suivit sans bruit.

Un rêve sans fin, une bulle de métamorphose, qui acceptait n’importe quelle existence. Une enfant se balade dans un monde étrange, mais elle ne soucis pas de son étrangeté, car cela lui parait être une norme. Et Le monde qui lui paraît maintenant être la routine, se penche sur elle, la questionne du regard. Pourquoi n’es-tu pas curieuse de nous ? Pourquoi n’as-tu pas peur, ou ne t’émerveilles-tu pas devant nos formes grotesques, effrayantes, fantomatiques et miroitantes ? Pourquoi ce demande les couleurs, et s’abîmant dans la recherche d’une réponse qui n’existe pas, elles se ternissent, s’endorment, dans des prairies autrefois verdoyante et maintenant aride. Les pantins passe leur temps à peindre chaque brin d’herbe en vert pâle, espérant que cette nouvelle couleur, qui disparaît après chaque orage, pourras réveiller les iris endormit dans la petite fille. Qu’avons-nous fait pour mériter cela ?
Le monde est juste, il frappe les manants et les nobles sans discrimination, le monde apprécie les pleurs de toutes les castes, cela ravit sa terre sèche et sans goût.

Ensemble, ils traversèrent couloirs et pièces, sans vraiment y prêter attention, la jeune fille certainement par ennuie et lui, par réflexion. Puis ils débouchèrent enfin sur une large cuisine. Pendant qu’elle s’occupait à préparer la collation, il tira une chaise et s’assit dessus avec précaution, posant ses bottes avec précautions sur le sol, près de lui. Ses vêtements lui collait à la peau, le froid semblait avoir engourdis ses doigts, ils les faisaient bouger avec difficultés. Il devait se changer, son corps commençait à trembler de manière plutôt visible, mais il ne pouvait pas demander toute suite de nouvelle changes, il devait d’abord s’expliquer, oui s’expliquer sur sa venue en cette maison triste, devant cette petite fille triste, qui semblait sans raison d’être. Ce qui était pratique était qu’il se sentait diablement détendue à ses côtés, il n’aurait donc pas de mal à lui mentir.
De toute façon, mentir était pour lui comme une deuxième nature.
Sa vie elle-même était un mensonge monté de toute pièce.
Le pire était bien qu’il en avait conscience, mais il ne s’en était pas rendu compte assez tôt.

"Que voulez-vous boire ? Du thé, du café ou du chocolat chaud ? Je peux aussi vous proposer des sucreries : beignets, choux, macarons... brioches, croissants... oublies..."

Des sucreries pour lui, rien qui ne le nourrisse suffisamment, mais les sucreries sont comme des gâteries, elles ne laissent que douceur et bonheur derrière elle.

-Thé, avez-vous…des macarons aux myrtilles je vous prie ?

Son corps s’agitait, avec une grâce équivoque aux nobles, farfouillant dans les placard, bien que le terme de « farfouiller » ne convienne pas vraiment à la délicatesse qu’elle mettait dans l’acte. Des boîtes vinrent s’étaler sur la table, il avait le choix. Et tandis que le thé chauffait, que le café chauffait, que le chocolat chaud chauffait, elle vint se poser comme une fleur, en face de lui.
Sa question aurait put être un acte de curiosité si sa voix n’avait pas été aussi monocorde, son regard si inexpressif.


"Je vous écoute."

Une seule raison la poussait à prononcer ces moments : l’ennuie.
Ce soir, Hans était la créature qui venait à la rencontre de la jeune fille, essayant de l’intéresser.
Il était venu pour elle, lui avait-il dit plus tôt. Il souri, il la voulait, oh oui ! Il voulait une réaction !


-Je suis venu pour vous tuer.


Vide

Il reprit :


-Quel est le sens de votre vie ? Vous n’en possédez pas. Ne pas avoir de sens est comme mourir. Je suis venu pour tuer votre vie sans but, achever votre stagnation. Depuis longtemps, j’attendais un changement de votre part, pour éviter cela, mais vous vous êtes définitivement perdue.

Respiration légère

-Je m’occupe des personnes en perdition, je les fais saigner, et après, leur yeux s’illumine. Vivre ! Vivre ! Leur regard m’avoue ce désir anciennement maltraité.

Il regarde ailleurs pendant un laps de temps, puis répète, totalement détaché :

-Avez-vous…quelque chose aux myrtilles ? Et des vêtements aussi…le froid me déchire.


Cette demande ravit-elle votre cœur, ma Demoiselle sans âme ?
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MessageSujet: Re: Du bleu dans une sombre nuit [Pv Hans]   Du bleu dans une sombre nuit [Pv Hans] Icon_minitimeMar 25 Oct 2011 - 19:25
L'eau du thé chauffait silencieusement. Sur la table étaient posées les trois boites contenant des macarons, Aurore ne les avait pas ouvertes, elle ne se rappelait plus ni du goût ni de la couleur des myrtilles. Étrange, d'habitude elle se rappelait au moins de la couleur...
Son invité, assis en face d'elle, la regarda et sourit. Il allait sûrement partir dans un long discours qui finirait la raison pour laquelle il était là.

"Je suis venu pour vous tuer."


Ah non. Aurore venait de se tromper, il avait choisi d'aller droit au but, il n'avait énoncer qu'une phrase courte et concise.
Oh mais, petit démon vêtu de bleu, es-tu satisfait de voir que son visage n'a pas bougé d'un iota ou cela t'attriste-t-il ? Oui, tu m'as bien entendu, son visage ne s'est teinté ni de peur, ni de surprise, encore moins de joie. Ses yeux te fixent toujours, inanimés. Ses lèvres restent figées dans une expression d'indifférence inébranlable. Cette jolie princesse est bel et bien une poupée vide.
Aurore se demanda juste pourquoi il voulait la tuer. Est-ce que cela lui apporterait de la joie ou du bonheur ? Elle ne doutait pas un seul instant qu'une personne soit prête à dépenser une fortune pour la faire tuer. Après tout, elle était la fille unique d'un couple souverain vieillissant. Un jour, leur fortune toute entière serait à elle. Pourtant, cela lui importait peu. Si une personne la lui demander, elle la lui donnerait sans un seul remord.
Le sens de sa vie ? En effet, elle n'en avait aucun. Aurore était d'accord, elle savait que c'était comme si elle était morte, pas parce que c'était ce qu'elle ressentait mais parce qu'elle avait un soir surpris sa mère dire à son père en tremblant "J'ai peur de notre fille... Elle est devenue tellement froide... J'ai l'impression de vivre avec un mort." Son interlocuteur pensait donc que le plus simple était de la tuer ? Il avait sûrement raison. Elle ne savait pas si elle était perdue ou non mais elle doutait qu'elle changeât un jour. Quoique, lors de sa dernière rencontre, elle avait retrouvé la quasi totalité de ses sentiments. Même si ça n'avait duré qu'un instant, elle avait retrouvé le bonheur de vivre. Elle frissonna légèrement, on aurait pu croire que c'était à cause des courants d'air frais qui parcouraient la pièce, mais en réalité, c'est parce que ce sentiment d'euphorie subsistait encore imperceptiblement dans son corps.

"Je m’occupe des personnes en perdition, je les fais saigner, et après, leurs yeux s’illuminent. Vivre ! Vivre ! Leur regard m’avoue ce désir anciennement maltraité."

Le souvenir des têtes ensanglantées refit surface et un infime sourire s'étira sur les lèvres de la princesse. Oui, la vue du sang lui redonnait l'envie de vivre. Mais serait-ce aussi le cas de son propre sang ? Aurait-elle le temps d'en voir suffisamment avant de sombrer dans la mort ? Avant que le souvenir bienheureux de ces têtes roulant au sol ne se renfouisse dans les méandres de sa mémoire, Aurore lâcha doucement pour elle-même :

"Oui, le sang est magnifique."

Puis son sourire se volatilisa entièrement.
Quant à la dernière demande de son invité ? Elle ne l'entendit pas. C'est pourquoi elle ne lui répondra rien. Elle n'ajoutera rien non plus. Elle posa son coude sur la table et cala son menton dans sa paume, tournant la tête vers la théière. N'oublions pas que le thé chauffe.

[Désolée, c'est pas très long et je ne fais pas vraiment avancer les choses...]


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MessageSujet: Re: Du bleu dans une sombre nuit [Pv Hans]   Du bleu dans une sombre nuit [Pv Hans] Icon_minitimeVen 18 Nov 2011 - 21:58
the bilberries's taste

Dans les sous bois tachetés de point lumineux, des feuilles sèches craquelaient, des oiseaux attentifs devenaient muets, les biches s'en allèrent paître un peu plus bas : quelques souples démarches s'infiltraient, prenaient possession des lieux. Un regard attentif scrutait la zone, cherchant les délices recouvrant généralement le sol ombragé. Des pas plus légers raisonnaient derrière lui, et s'arrêtèrent un peu plus loin. Se retournant, il aperçut son fils, accroupit, qui ramassait consciencieusement de petites baies. Il s'approcha sans mots. Le jeune enfant lui jeta un coup d'œil, un sourire taquin posé sur ses lèvres quelques peu violacées. Il ébouriffa les longs cheveux du gamin de sa grande main rêche, l'appuyant sur sa tête pour s'aider à s'asseoir près de lui. Le petit se rebiffait, visiblement contrarié que cet homme l'utilise comme appuie. Celui-là même qui riait face à lui en répondant, comme à son habitude, qu'il pesait autant qu'il pouvait sur sa petite tête pour qu'il ne grandisse jamais, et reste aussi adorable qu'il l'était. Lorsqu'ils rentraient le soir un panier plein dans les bras, la fillette et la mère emportaient les gourmandises dans la cuisine, d'où il finissait toujours par s'échapper l'odeur prenante des myrtilles cuisantes.

Le lendemain matin, une belle tarte attendait le plus souvent les enfants sur la table. Sous une coupole transparente, protégée des insectes. Les deux petits la regardaient, comme hypnotisés, hésitant quant à détruire cette belle œuvre. Ils avaient pour habitude d'attendre leurs parents, qui, de leur grandeur d'être grand, pouvait rompre le sceaux de verre et laisser l'odeur encore fraîche embaumer la maison. On s'emparait alors d'un long couteau et, méticuleusement, découpait une tranche, puis deux, et ainsi de suite jusqu'à ce que le tout soit partitionné. Le père distribuait les parts, la mère faisait chauffer un peu de lait. Le garçonnet et la fillette attendait avidement le signal, prononcer par les assiettes pleines et les bols remplis. S'en suivait la dégustation, et tout ce que ce mot pouvait présager de divin l'était : du mariage subtil au moment de bonheur provenant des fruits et du lait. Assit autour de la table on pouvait apercevoir, sur le rebord de la fenêtre, le reste de baies mis en confiture. Elles étaient entrain de refroidir, et amenait forcément à penser à l'hiver. Ah, l'Hiver !

Lorsque la neige venait prendre possession du toit de leur chaumière, tapisser le parterre d'une épaisse pellicule immaculée. Quant, les soirs de ces hivers, ils venaient se réchauffer près de la cheminée. La mère faisait glisser dans les bols d'eaux chaudes, une cuillère de la confiture couleur aubergine. Et tandis que le feu crépitait sur les bûches, ils se délectaient de cette mixture douce et réconfortante. C'était l'un de ces rituels de famille, de ceux qui restaient vifs dans votre mémoire, de ceux dont ont pouvait encore se rappeler le goût. Ainsi deviendraient les myrtilles, dans l'imaginaire des deux petits, comme une ode à l'innocence, à la perfection. Le fruit bleu comme les yeux du père, la belle chevelure de la mère, les rubans, le ciel, la mer... vaste et profonde... trouble et insidieuse... comme la pluie. Ou plutôt Bleu comme le regard azuré qui sombre, les cheveux qui s'obscurcissent, qui tirent vers la nuit, comme si on les écrasait pour en faire sortir toute la pulpe. Oui, comme sous la pluie, le ruban dans la boue, le tissu rongé par la saleté. Quelle belle enfance avait-il vécu, lui, Hans, aussi belle que courte.

Il se rappelait cela, les yeux posés sur les boîtes, réprimandant une grimace. Des macarons empaquetés, quel sacrilège. Mais à quoi s'attendait-il ? Ce n'était pas tout le monde qui pouvait avoir un pâtissier à son service même à quatre heures du matin. Il s'en contenterait bien. Tendant le bras, il déploya ses doigts en serres pour attraper le conteneur décoré et nommé : macarons aux myrtilles ; avant de le ramener vers lui d'un geste lent, pour mieux contempler ses faces. Il l'ouvrit sans encombre, sans même y prêter attention, celle-ci étant retenu par son hôte : elle n'avait toujours eu aucune mimique. Non aucune, et cela installait une ambiance nouvelle pour le jeune homme. Il leva les yeux sur elles. Impassible. On aurait dit qu'une perturbation était venue figer l'image, d'un même mouvement qu'un acteur sur scène oubliant son texte : regardant tout à coup son partenaire, sans être encore sous le choque de l'oubli ; comme attendant une suite, sans se rendre compte que ce fut à lui de la dire. Il sortit un petit gâteau, et le croqua. Au même instant que la coque se brisait pour laisser place au délice -quelque peu sec- la voix muette de cette personne en face de lui retentit :


"Oui, le sang est magnifique."

Et ce fut tout.
Il mâcha, mâcha, mâcha, jusqu'à ce sa bouche fut à nouveau vide de nourriture, que la mixture passât dans sa gorge. Il ne comprenait pas, comment une chose aussi vide qu'elle pouvait entrevoir la beauté du sang. Oui, quel illogisme ! Alors qu'il la regardait il était sûr qu'elle ne voyait rien d'autre que des formes, sans valeurs, sans esthétismes. Mais le sang avait le droit à une faveur ? Ça semblait étrange, après tout, elle ne semblait pas très émoustillée en disant cette phrase. Essayait-elle de faire une conversation ? Au combien grotesque cela pouvait-il être ? C'était une possibilité, peut-être que son code de conduite exigea qu'elle devait renchérir la discussion quant bien même d'un élément futile, seulement pour que l'interlocuteur ne se sente pas blasé de n'obtenir aucune réaction.

Mais si un tel code existait, ne devrait-il pas lui dire d'appeler la garde lorsqu'un meurtrier se baladait dans les parages ? Il sourit sans vraiment le vouloir. Non bien entendue que non... cette partie du code ne peut pas être assimilé par l'automate sans conscience du danger. Il y avait d'ailleurs de grandes chances, pour que, s'il ne lui eut pas expliqué le pourquoi de ce « meurtre » elle lui fit la remarque, l'obligeant ainsi à développer. Mais il n'avait pas de temps à perdre et avait été plus rapide. Voilà donc où ils en arrivaient maintenant. Cette non réaction face au sang lui était bien utile. Justement, le rôle que dirigeait Camille lui était lié, elle pourrait facilement la remplacer. Changement de situation, il avait une autre tactique peut-être de prime abord, un peu plus facile d'accès. Et puis une idée venait de germer en lui.

Et si ce n'était pas une relance dénuée de sens ? Après tout, le pantin ne savait pas mentir, s'il disait qu'il trouvait cela magnifique, l'adjectif pouvait-être pris dans son sens le plus humain non ? Magnifique... éprouvait-elle une certaine fascination pour le sang ? Il doutait beaucoup de cette possibilité, mais si telle était le cas... Au lieu de la ramener à un certain fanatisme pour lui dans le masochisme, il pouvait juste faire croître son sadisme. Il pouvait bien tenter, de toute façon, qu'avait-il à perdre ? Il réfléchissait à cela tout en s'acharnant sur la boîte à macaron. Il fallait bien dire que ses doigts gelés se mouvaient avec une certaine raideur qui commençait sérieusement à l'inquiéter. La jeune fille avait fini par poser son regard sur la théière, qui semblait pratiquement être à bonne température. Elle n'avait pas répondu à son deuxième questionnement, comme si... elle ne l'avait tout simplement pas entendue, munit de cette même indifférence. En attendant, lui tremblait de froid, et ce n'était pas un simple bol de thé qui allait faire toute la différence : il dégoulinait encore de toute la précédente pluie. Du même fait, on aurait pu suivre le chemin des deux jeunes rien qu'en s'intéressant aux gouttes d'eaux laissées derrière lui. Quelques petits « ploc » venaient même rythmer le temps tandis que le bois de sa chaise prenait sérieusement l'humidité. Il voulut se répéter, il le devait même, sous peine d'attraper en plus d'un mal de gorge, un mal aux poumons. Mais enfin, chaque chose en son heure...


-N’est-ce pas ? Je suis heureux de voir que cela vous touche autant que moi. Oui, il y a une beauté inégalable dans l’écoulement du sang, et du sang humain en particulier. Même la personne la plus pourrit à l’intérieur qui fut possible, à un sang absolument magnifique.

Il fit une pause, maintenant il allait essayer d'amener sa vision en douceur. Généralement c'était à cette partie là que le tout bloquait, l'insipidité des gens capables d'empathie résidait dans leur sens de la justice erroné. Mais il n'y aurait pas ce problème-là avec cette jeune fille non ? Qu'une partie de la population se face décimer ne devrait pas l'inquiéter plus que cela. Il reprit donc :

-Et je dirais même que… à partir du moment où une personne est pourrit à l’intérieur, et donc inutilisable, il vaut mieux l’éradiquer pour le plaisir de la société vous ne pensez pas ? Après tout, nous pouvons toujours nous régaler…de la vue de ce sang ! Splendide liquide… Et cette personne après tout, retrouve une fonction dans tout cela…

Il souffla et se laissa aller contre sa chaise, observant la gourmandise qu’il venait de piocher. Ses yeux s’abaissèrent alors un instant pour constater l’état de ses chaussures. Elles étaient tellement sales qu’on distinguait plus de tourbe de terre en bouille dessus que de bleu. Il aurait aimé pouvoir utiliser un ruban d’ici pour ses cheveux, mais ceux-ci était à présent inutilisable. Et il ne voulait pas se servir de celui faisant office de ceinture, ce n’était pas très polit devant une si sympathique personne. Il fit la moue et laissa ses iris se concentrer de nouveau sur le petit gâteau. Coque parfaitement rondes, bords tout juste ourlés, fourrage intérieur qui promettait d’être appétissant. Même s’il n’était pas frais, un macaron avait pratiquement toujours bon goût d’après notre petit conte. Quelque chose d’amusant lui traversa l’esprit d’un seul coup, et s’en réfléchir, il pensa à voix haute :

-Avec un peu de sucre on pourrait en faire de la confiture...de la gelée...de la pâte ?

Puis tout en gloussant il stabilisa sa vue sur la "noblette". Alors il se souvint qu'il n'était pas en présence d'une de ces servantes, et que ce genre de réflexion douteuse intervenait un peu trop tôt dans la conversation. Il ne s'en excusa pas, il se contenta de laisser passer la chose comme une simple blague. Il valait mieux qu'elle pense qu'il possédait un humour difficilement appréciable plutôt qu'elle se rendit compte que cela lui avait échappé, comme le lapsus révélateur de son vice. Il posa la pâtisserie sur la table et, s'accoudant sur celle-ci, essaya de déclarer sur un ton gêné :

-Avant de continuer... serait-il possible d'avoir des changes ? Comme vous pouvez le constater je ne suis pas très à l'aise dans cette tenue, et surtout j'ai pitié de la pauvre servante qui devra nettoyer les traces... ne vous inquiétez pas, je vous les rendrais après cette nuit...

L’appareil qui contenait le thé se mit alors à siffler du mieux que le pouvait un objet inanimé : avec un son affreux. Il s’imaginait déjà le goût merveilleux que pouvait revêtir son macaron à la myrtille trop sec rafraichi par cette boisson. C’est à dire : d’un délicieux goût d’enfance.


[c'est couuuuurt >w<" désolé pour le retard !! mais j'ai utilisé BonPatron =DD]
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MessageSujet: Re: Du bleu dans une sombre nuit [Pv Hans]   Du bleu dans une sombre nuit [Pv Hans] Icon_minitimeDim 8 Jan 2012 - 18:34
Le coude sur la table, le menton posé dans sa paume, Aurore fixait la théière. Elle ne pensait plus à rien. Ses souvenirs sanglants avaient totalement disparus de ses pensées et son esprit était à présent vide. Le néant. Le noir. L'obscurité. La jolie princesse n'était plus qu'un corps vide. Immobile. Le temps n'avait aucune prise sur elle, il lui glissait dessus comme la pluie sur la porcelaine. Oui, Aurore était une sublime poupée de porcelaine.

"N’est-ce pas ? Je suis heureux de voir que cela vous touche autant que moi."

Un bruit. Un son. Une voix. Aurore tourna la tête vers son interlocuteur. Plusieurs minutes s'étaient écoulées depuis la dernière phrase qu'elle avait prononcée, mais pour elle, ça ne semblait être que quelques infimes secondes. Secondes durant lesquelles elle avait même oublié l'existence du jeune homme.
Aurore l'écouta en silence faire l'éloge du sang. Elle aurait pu trouver son avis intéressant si elle avait été capable de ressentir de l'intérêt. C'est pourquoi elle songea simplement qu'il avait un avis qui différait beaucoup de la norme. En effet, il lui semblait que la plupart des gens était dégoutés par le sang et, même s'ils ne l'étaient pas, peu pensaient qu'il fallait tuer tout ceux qui leur déplaisaient pour les simples raisons qu'ils étaient inutilisables et que l'écoulement de leur sang leur plaisait. Mais soit, c'était un avis comme un autre. Pour ne pas lui donner l'impression qu'il parlait dans le vide, elle formula sa pensée d'une voix légère et indifférente.

"Vous avez une façon de penser inhabituelle."

Les yeux d'Aurore restèrent posés sur son visiteur alors qu'il observait le macaron qu'il venait d'attraper. Bleu. C'était donc la couleur de la myrtille ? Elle avait oublié. Bleu. Quand elle y pensait, tout était bleu chez lui. Était-ce sa couleur préférée ? Porte-bonheur ? Peu importe, pour Aurore, il était juste bleu.

"Avec un peu de sucre on pourrait en faire de la confiture...de la gelée...de la pâte ?"

Puis il gloussa. Cependant, Aurore ne pensa pas qu'il avait un humour douteux, elle médita. Elle chercha quelques brides de souvenirs des livres de cuisine qu'elle avait lu. Mais malgré sa réflexion, elle ne parvint pas à se souvenir qu'il était possible de faire de la confiture, de la gelée ou même de la pâte avec un macaron et du sucre. Peut-être qu'il était cuisinier pour arriver à faire une telle chose ? Oh, et puis quelle importance ?
Le jeune homme bleu posa le macaron sur la table et demanda d'un ton qui, d'après sa mémoire, était gêné s'il pouvait avoir des habits de rechanges. Aurore se souvint alors qu'il était trempé de la tête aux pieds et que cela pouvait rendre les personnes malades.
Alors qu'elle s'apprêtait à se lever pour exécuter la demande, la théière se mit à siffler. Ah. Elle n'appréciait pas vraiment ce son, il lui faisait mal aux oreilles. Elle se leva, coupa le feu, mis du thé dans une tasse, versa de l'eau dans celle-ci et la posa sur la table.

"Je vais vous chercher des changes. Ne bougez pas de cette pièce. Vous pouvez vous servir à boire et à manger autant que vous le souhaitez."

Elle esquissa un semblant de révérence, attrapa sa bougie et quitta la pièce.

Aurore traversa plusieurs couloirs et se rendit dans la buanderie. Le linge propre était plié et posé en tas sur une grande table, en attendant de les amener dans les chambres de leur propriétaire. Elle se dirigea du côté des vêtements masculins. Elle prit une chemise et un pantalon qui seraient surement un peu grands mais elle n'en trouvait pas de plus petits. Elle trouva aussi une paire de chaussette mais pas de chaussures. Elle attrapa également une serviette et sortit de la pièce.

Une bonne dizaine de minutes plus tard, après avoir fait un détour par une des salles de bain, Aurore entra dans la cuisine. Elle posa les vêtements sur une chaise, la bougie sur la table et, délicatement, la serviette sur la tête du jeune homme.

"Il faut vous sécher si vous ne voulez pas attraper froid."

Elle s'éloigna de lui, se servit une tasse de thé et, toujours debout, en but une gorgée. Tiède. Bah, ça lui était bien égal de toutes façons.


[Voili voilou, désolée pour le retard ! J'espère que ça t'ira >< Bon, maintenant, j'ai plus qu'à commencer mes devoirs /o/ (ou à les laisser tomber xD)]


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MessageSujet: Re: Du bleu dans une sombre nuit [Pv Hans]   Du bleu dans une sombre nuit [Pv Hans] Icon_minitimeVen 24 Fév 2012 - 23:11
Frozen way to love

Siffle la théière. Vide, le regard de […]. Manger le macaron, disparu. Comment… s’appelle-t-elle déjà ? Bruit de chaise. L’eau qui coule. Le thé. Une manière singulière de pensée ? Il éternue de nouveau. Où est la cheminée ? Petits pas, le bruit de la théière que l’on pose. Tasse qui glisse. Table rugueuse est table de cuisine. Tiens ? Sifflait la théière.

Il cligna des yeux, s’étira, souffla, repris ses esprits. Il commençait à avoir quelques moments où son organisme intérieur marchait au ralenti. Faute au froid ? Sûrement. Pourtant il ne pouvait pas se laisser aller maintenant, il devait convaincre cette merveilleuse sans vie de cohabiter avec lui. Il était près à un peu près n’importe quoi pour cela. Même à la kidnapper s’il le fallait. Mais il semblait qu’il n’aurait pas besoin de la forcer, il devrait pouvoir l’entraîner assez facilement à ses côtés. Du moins, l’espérait-il. Il se massa quelques peu les tempes avant d’attraper son breuvage tout juste servit, encore fumant. Les volutes qui s’en échappaient propageaient une douce odeur. Infusé à point, il sourie. Maintenant que le son strident était arrêté, l’ambiance sereine qui régnait dans la pièce reprit son cours. Il observa la demoiselle, elle s’apprêtait à sortir –certainement pour aller chercher les changes, comme quoi, elle n’avait vraiment pas entendue la première fois- mais avait prit la peine d’énoncer :


"Je vais vous chercher des changes. Ne bougez pas de cette pièce. Vous pouvez vous servir à boire et à manger autant que vous le souhaitez."

Comme il s’en doutait. Mais il y avait quelques tons étranges dans cette phrase. Il ne comprenait pas vraiment le pourquoi de l’interdiction qu’elle avait prononcée. Lui demander de ne pas bouger, c’était un peu, comme le considérer tel un oiseau en cage. Avait-elle peur de le perdre ? Non, elle ne devait pas ressentir la « peur » à proprement parler. Etait-ce par simple précaution ? Mais quel genre de précautions dans ce cas ? Il fronça les sourcils, tandis qu’elle s’extirpait de la salle, refermant la porte derrière elle. Il entendit pendant quelques secondes ses pas s’éloignant, puis plus rien. Prenait-elle en compte le fait que si un serviteur le trouvait dans un des couloirs, il se ferait immédiatement mettre à la porte ? Peut-être qu’elle ne voulait pas qu’on lui enlève sa seule distraction du soir, ou plutôt, de l’aube. Mais là encore, la théorie bloquait : pendant tout le temps ou il lui avait parlé, elle n’avait pas manifesté une seule fois ne serait-ce que de l’intérêt ou de la curiosité en ce qui le concernait. Elle n’avait fait qu’obéir au code dans lequel elle avait été moulée, rien d’autre. Alors… Il but une gorgée, la chaleur soudaine lui donna la chaire de poule, il lui semblait même s’être légèrement brulé la langue. Alors quoi ? Qu’est-ce que cela signifiait ? Il trempa un macaron dans la boisson, avant de le croquer. Ça n’avait définitivement aucun sens ! Il se leva, finissant la pâtisserie, prenant sa tasse entre les mains. Il avait besoin de marcher un peu, son corps était devenue tout engourdis rien qu’à resté assis. Il faisait des allers retours dans la cuisine, en prenant des goulées de son thé. Il n’avait pour l’instant rien d’autre pour le réchauffer.

Cette phrase l’énervait. Il savait bien que c’était absurde de se creuser les méninges pour quelque chose d’aussi futile, d’autant plus si ce n’était que pour en dégager toute l’absurdité. Mais il avait besoin de tout voir, de la plus claire des manières, si il la voulait pour lui, et seulement lui. Car si elle donnait l’impression de se ficher de tout –ce qui était certainement le cas- pourquoi ferait-elle l’effort de le suivre ? Qu’est-ce qui la motiverait assez pour qu’elle baisse de caste, passe de noble à servante ? Il supposait que le magnifique traitement dont il faisait preuve à l’égard de ses chatons -elles possédaient des chambres très confortables, toujours chauffées, comme leurs salles de bains d’ailleurs- ne suffirait pas à la convaincre, surtout que…

Fil et aiguille. Tel était le rituel, tel était le contrat. Accepterait-elle de faire cela ? Dans la logique pure, non, il n’y avait aucune raison pour qu’elle accepte. Alors il fallait qu’il sache exactement comment s’y prendre pour qu’elle accepte, et cela… se trouvait être le plus dur lorsque l’on était face à une splendide statue de glace. Il passa un doigt sur ses lèvres. Craquelées, elles commençaient à reprendre leur initiale fermeté. Il ne se demandait pas comment ses servantes avaient ressentis cet acte, pour lui il était naturel que le maître de maison parle, et que les domestiques se taisent, ou tout du même, parlent comme une personne qui se tait. Cela convient mieux à leur beauté. Après tout, que signifiait un geste pareil face à la nouvelle vie rayonnante qu’il leur avait donné ? Juste un contrat devant lequel elle devait se courber. Il se demandait aussi comment faire passer…l’autre partie du contrat. Celle qui stipulait, qu’en cas de non respect du contrat, la traîtresse devait payer de sa vie.

Il existe une maison bleue, dont l’intérieur magique retient des perles en son sein. Des jeunes filles aux traits singuliers, qui font ressortir leur beauté. Des jeunes filles protégées qui resteront à jamais des jeunes filles. Jamais femme, jamais mère, à jamais, elles garderont leur pureté physique. Et cette surprotection, comparable aux « nones » du monde des lecteurs, se préserve grâce à un démon bleu, diable qui se nourrit de votre chaire et de votre sang. Diable qui se délecte de vos souffrances, qui vous en créez si vous en manquez. Et pensez-vous quelles soient heureuses ? Emprisonnées pour l’infini. Et pensez-vous qu’elles souhaiteraient sortir ? Pouvoir rire, pouvoir émettre des désirs, pouvoir crier, pouvoir voir le monde, se balader, rencontrer tout pleins de gens, pouvoir être heureuse comme tout le monde l’était.

Éclatant d’un rire franc, il s’arrêta devant la chaise qu’occupait plus tôt la noble. Bien entendue que non ! Un large sourire s’étira sur ses lèvres. Adorables chatons…dévouées servantes, pour rien au monde elles ne voudraient gambader libre en Queer Tales, la terre des meurtres et des larmes. Elles feraient n’importe quoi pour demeurer auprès de lui, lui qui leur avaient redonné espoir en la vie, en un plaisir simple, lié au service d’un être –en général- attentionné envers elles. Ce jeune homme, lui, le Grisélidis, qui leur avait tendu la main alors que la vie leur tendait des rues sombres et sales, des mariages arrangés entre famille avec des hommes qu’elles haïssaient, des places de domestique dans des maisons où elles seraient traitées comme des miséreuses. OUI ! Il leur avait tout donné ! Elles n’avaient que de simple règles à respectées en retour. En quoi était-ce compliqué ? Il les protégeait du mal, de la disgrâce, de la jalousie inhérente aux femmes, pour deux trois coups d’aiguilles dans leur tendre chaire, pour deux trois règles de savoir vivre. Il leur apprenait à être supérieur aux autres, et à ne jamais le laisser transparaître. Parfaite, la plus part était parfaite. Son rire se perdit, il regarda sa tasse vide, et se resservi un peu de thé.

Tout cela le faisait repenser à Camille, au problème dénommé Camille plutôt. Heureusement, il leurs apprenait la courtoisie mais pas la camaraderie. Cela facilitait donc les adieux, et abaissait considérablement les envies de fugues. Au cas où elles y penseraient, bien que la probabilité était proche…du zéro absolu. Il alla vers la porte, l’ouvrit, et se posa contre le cadran, ses pupilles perdues dans le couloir sans lumière. Tout était encore calme dans le château, son corps frissonna et une toux violente le prit. Il rentra dans la pièce, fermant de nouveau la porte avant de se caler contre le mur le plus proche pour essayer de se calmer. L’eau dans sa tasse remuait d’une manière inquiétante à chaque fois qu’il toussait. Il se dirigea alors vers la table en chancelant, posa avec lourdeur la tasse sur la table, avant de se laisser tomber sur la chaise humide.

Il commençait à avoir mal à la tête. La toux s’était calmé, il espérait intérieurement qu’elle ne viendra pas le dérange lorsque il serait de nouveau face à la jeune noble. Il posa ses coudes sur la table, finit une nouvelle fois sa tasse, reprit un petit gâteau, le dévorant de la même manière que les autres. Au final il n’était pas sorti de la pièce, et puis…pourquoi faire de toute façons ? Il n’avait pas envie de gambader dans les couloirs, ni de se faire virer, il voulait économiser ses forces, il voulait… Ses paupières était lourdes et son souffle devenait rauque, des pas résonnaient une nouvelle fois dans le couloir. Ils s’approchaient, s’arrêtant face à la porte. Il y eu un dixième de seconde de silence puis la porte s’ouvrit. La voilà donc de retour. Elle avait un tas de vêtements plus ce qui semblait être une serviette sur un bras, et tenait une bougie de sa main libre. Elle déposa délicatement les habits sur une chaise, et la porteuse de flamme sur la table.

Mais au lieu de déposer la serviette avec la tenue, elle la plaça, de ses mains minutieuses, sur la tête du conte, comme on dépose un voile. Au même moment elle eut ces mots :

"Il faut vous sécher si vous ne voulez pas attraper froid."

Il était conquis, il trouvait cela terriblement agréable. Cela lui remémorait sa mère défunte, qui avait toujours eut pour lui comme pour sa sœur, des gestes d’une grâce et d’un amour qui se démontraient par tout ces petits détails. De ceux qui mettent du baume au cœur. Comme un enfant malade qui réclame une embrassade de ses parents, parce que cela a le don de calmer les chagrins. Malheureusement cet instant ne fut que furtif, et, toujours avec ça même indifférence, la jeune fille retourna vers sa place. Il baissa les yeux, légèrement déçu. Bien qu’avisé, il aurait aimé sentir ces petites mains jamais usées, sécher ses cheveux avec leurs désintérêt chronique. Whisper ne pouvait pas lui en vouloir, elle avait perdue toute humanité, donc, elle obéissait sans sentiment particulier ; de ce fait, elle ne pouvait pas avoir ce genre de geste volontairement. Il supposait que la phrase faisait partie du code.

Tss…le code pouvait être parfois navrant de froideur. Il attrapa la serviette et commença à se sécher les cheveux. Il jeta un coup d’œil sur la noble, qui restait stoïque après s’être servit une rasade de thé. Une odeur particulière flottait dans l’air. Et alors qu’il entourait ses cheveux avec la serviette, aperçut le chocolat qui devait être bien plus que chaud après être resté aussi longtemps sur le feu. Il avait finis par oublier que cela chauffait encore, bien que ce fût devant ses yeux. Son regard ripa une nouvelle fois sur la jeune, qui était entrain de boire. Il l’en avisa donc, il n’était pas très expert avec les cuisinières et préférait ne pas s’en approcher.


-Le chocolat…

Il attrapa les vêtements disposés sur la chaise, il contempla la noble, ça démarche, ça manière d’être aussi insensible. Bah…ce n’était peut-être pas très correct, mais elle ne lui avait indiqué aucune autre salle. Il fallait bien qu’il se change, il ne pouvait plus supporter ses propres vêtements –pour une fois. Il retira sa cape, ses gants, puis son haut. Il défit sa chevelure du carcan de la serviette pour essuyer l’humidité de son corps, entreprit une nouvelle conversation, il avait encore beaucoup à faire pour la convaincre. De plus, elle ne c’était pas emballé lorsqu’il avait discouru sur un ton badin sur le sang. Elle était restée pareil à elle-même, la légère émotion qui l’avait empli était donc retombée comme un soufflet. Il lui semblait difficile de la faire revivre et pourtant c’était là, la meilleure solution pour qu’elle se mette de son côté et délaisse cet endroit…comme endormis.


-Vous rappelez-vous… le bonheur ? Savez-vous sourire et rire de façon naturel ? Oh mais peut-être que vous ne souhaitez pas tout cela. Peut-être que vous voulez simplement que l’on vous laisse tranquille, dans votre bulle impénétrable. Votre indifférence est comme…une armure…

Il entreprit de mettre la chemise, la boutonnant consciencieusement, tout en continuant.

-…Sur laquelle toute les lances, les haches, les épées, viennent se briser. Et je peux comprendre que ce soit rassurant. Le sang ne vous éclabousse pas, les larmes non plus. Mais… il y a quelque chose, un petit rien… le monde deviens ennuyant, tout perds de sa saveur, plus rien ne marque, tout glisse sur vous. Ça pourrait être agréable, mais vous ne le sentez pas glisser. Là est toute l’ironie. Vous ne pouvez pas vous en délectez.

Il s’asseye, retira ses chaussettes et son pantalon, essuya ses jambes et pieds, avant d’enfiler le reste apporté par la jeune fille. Il continuait sur sa lancée, sans se décourager, il ne savait pas si cela allait la faire réfléchir à sa position, mais qui ne tente rien n’a rien.

-Il ne tient qu’à vous de briser le loquet seul, mais vous serez alors de nouveau confronter à ce monde qui tâche, qui blesse, et parfois apaise, sans garantie qu’il apaise plus qu’il ne blesse.

Il se releva, s’approcha doucement près d’elle, le sourire aux lèvres.

-vous permettez ?

Il passa derrière elle et déposa avec grande délicatesse ses mains froides sur les yeux de la jeune fille. Il approcha sa bouche de son oreille, et continua en parlant d’un ton plus bas :

-C’est comme donner la vue à un aveugle, il sera assailli par tellement de nouveaux éléments qu’il sera perdue. Il faut une personne pour lui tenir la main, et l’emmener dans un endroit avec un environnement bien plus stable et agréable pour apaiser ses yeux.

Il retira lentement ses mains se posa sur la table, à côté de la jeune fille, il prit l’une de ses mains dans les siennes.


-Je connais un endroit où il fait beau vivre, ou personne ne viens vous blesser. Vous pouvez y apprécier tout le bonheur et le malheur des autres, à votre bon loisir. Un endroit ou vous pouvez choisir d’ignorer les sentiments et sensations qui vous déplaisent, tout en ressentant celle dont vous rêvez. Si tant est que vous rêvez…encore.

Il la regarda droit dans les yeux.


-Voulez-vous m’y accompagner ?

Dans le paradis de cet Enfer
Dans cette cage à l’or Rouge
Où l’amour inconditionnel est froid comme de l’acier.

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MessageSujet: Re: Du bleu dans une sombre nuit [Pv Hans]   Du bleu dans une sombre nuit [Pv Hans] Icon_minitimeSam 3 Mar 2012 - 20:24
Aurore buvait sa tasse de thé tiède sans aucune pensée, le visage impassible, le regard dans le vide. Une voix légère, faible, hésitante retentit dans la salle, attirant ses yeux vers la casserole de lait. Ah oui, elle avait mis du chocolat à chauffer. Elle posa sa tasse et éteignit le feu. Attrapant le pot de poudre de cacao, elle en versa dans le lait et remua avec une cuillère en bois. Puis elle se servit un bol et l'apporta à table avant de s'y asseoir.
Son regard balaya la pièce et s'arrêta sur le jeune homme. Il se déshabillait. Sans aucune gêne, sans aucune envie, sans aucune pensée, sans aucune arrière-pensée, elle le regarda. Ses cheveux bleus, libérés de la serviette, retombèrent en cascade dans son dos, encore mouillés. Elle suivait des yeux la serviette essuyant le corps du jeune homme.
La princesse piocha dans le pot à macaron à la Myrtille et croqua dedans, avant de le poser sur la table et boire une gorgée de chocolat. Chaud. Elle reposa la tasse et fixa son continu.
Le bleu reprit la parole. Si elle se rappelait du bonheur ? Si elle savait sourire et rire naturellement ? Bien sûr que non, elle ne se rappelait de rien, elle ne savait plus rien. Si elle ne le souhaitait pas ? Si elle préférait qu'on la laisse tranquille, dans sa "bulle impénétrable" ? Non, ce n'était pas ça. Elle s'en moquait. Qu'on vienne vers elle pour converser, sourire, vociférer, pleurer... cela était pareil pour elle. Elle était désintéressée. Elle ne considérait pas son indifférence comme une armure. Elle ne la considérait pas tout court.
Aurore releva les yeux vers lui, il boutonnait la chemise qu'elle venait de lui apporter.
Il continua. Non, ce n'était pas quelque chose de rassurant. Au contraire, parfois, elle sentait à quel point cela affligeait ses parents et, une ou deux fois au tout début, au plus profond de son être, elle avait ressenti une légère tristesse. Alors le sang et les larmes ne l'éclaboussaient pas ? Mais qu'elles le fassent, ça lui était égal. Ennuyant ? Trouvait-elle vraiment le monde ennuyant ? Elle ne savait pas, elle ne savait plus. Qu'est-ce que vraiment une chose ennuyante ? Qu'est-ce que l'ennui ? Elle ne savait plus.

"Tout perd de sa saveur, plus rien ne marque, tout glisse sur vous. Ça pourrait être agréable, mais vous ne le sentez pas glisser. Là est toute l’ironie. Vous ne pouvez pas vous en délectez. "

Vraiment ? S'il le disait. Elle ne savait pas. Elle... ne savait plus...
Elle le regarda s'asseoir, retirant ses bas, avant d'essuyer ses jambes et ses pieds, puis d'enfiler le pantalon qu'elle lui avait passé.
Briser le loquet ? Quel loquet ? Elle ne voyait pas où il voulait en venir. D'après son père, seul un baiser d'un prince lui portant un amour sincère et pur pouvait la libérer et lui rendre ses émotions. Quelles émotions ? C'était ridicule. Et puis, qu'est-ce que vraiment que l'amour pour pouvoir la redoter de choses qu'elle avait oublié ? Était-ce vraiment cette chose décrite comme "mielleuse et douce" dans les romans qu'elle lisait ? Est-ce que ça pouvait vraiment unir deux êtres de telle manière à ce qu'ils ne veuillent plus jamais vivre l'un sans l'autre ? Pour Aurore, tout cela était bien trop absurde à ses yeux, elle n'y comprenait rien. Elle se contentait d'assimiler.
Elle serait confrontée à un monde qui tâche, blesse et apaise ? Elle comprenait le sens des mots tâcher et blesser mais elle ne pouvait comprendre le véritable sens d'apaiser. Que le monde soit ainsi ou non, ça lui passait très haut, au-dessus de la tête. Quand ses affaires étaient tâchées, elle les enlevait et les donner à nettoyer. Quand elle était blessée, ce qui arrivait plutôt souvent car la souffrance était la seule chose qui lui donnait l'impression de vivre, ne serait-ce qu'un instant, elle se faisait soigner et on n'en parlait plus.
Il se leva et s'approcha d'elle, souriant, lui demandant si elle lui permettait. Ne voyant pas de quoi il parlait, elle ne répondit rien, elle ne bougea pas non plus. Mais la demande de permission ne devait pas être très importante pour lui car l'absence de raison ne l'empêcha pas de faire ce qu'il voulait. Il passa dans son dos et posa ses mains froides sur ses yeux. Un frisson parcourut le corps de la princesse. Froid.

"C’est comme donner la vue à un aveugle, il sera assailli par tellement de nouveaux éléments qu’il sera perdue. Il faut une personne pour lui tenir la main, et l’emmener dans un endroit avec un environnement bien plus stable et agréable pour apaiser ses yeux."

Le son faible venait de son oreille gauche seulement et elle sentait le souffle chaud du jeune homme sur celle-ci. Ainsi, le jeune homme voulait comparer l'absence de ses sentiments à une cécité ? Elle se fichait d'être assaillie ou non par de nouvelles émotions, s'il avait une solution, pourquoi pas, ce pourrait être une expérience intéressante, comme lorsque qu'elle avait vu la tête rouler : une immersion totale dans les sentiments les plus enfouies de son être, dans une sorte de bonheur. Elle se fichait que l'environnement soit stable ou agréable.
Il retira ses mains de ses yeux, s'installa à côté et prit une de ses mains dans les siennes. Un nouveau frisson parcourut son corps. Ce jeune homme avait vraiment les mains gelées. Elle leva les yeux vers lui et les planta dans les siens, impavide.
Alors il connaissait un bel endroit où personne ne viendrait la blesser ? Ce n'est pas ce qu'elle voulait, pas qu'elle voulut qu'on la blesse mais elle n'avait rien contre le fait qu'on le fasse, elle n'avait rien contre la mort non plus. Mais cela rendrait triste ses parents et elle supposait qu'en tant que fille unique, elle ne devait pas les rendre malheureux. Un lieu où elle pourrait apprécier le bonheur et le malheur des autres ? Même si un tel lieu existait, elle ne pouvait pas vaquer à cette "occupation" car elle ne pouvait pas "apprécier" quoi que ce soit. Un lieu où elle pourrait rêver ? Non, c'est vrai... elle ne rêvait plus. Mais pouvait-elle seulement le faire ? Ne rêve-t-on pas en dormant ? Elle ne dormait plus donc elle ne rêvait plus, mais même éveillée, le pouvait-elle seulement ? Elle n'en ressentait pas le besoin, ainsi, non, elle ne rêvait pas.
Il la regarda également droit dans les yeux. Leur regard se fixait, se mêlait, se mélangeait.

"Voulez-vous m’y accompagner ?"

Si elle avait pu ressentir cette émotion, elle aurait sûrement était surprise. Mais Aurore remarqua juste qu'elle ne s'attendait pas à une proposition comme celle-ci. Elle hésita. Ce n'était même pas une question d'envie. Seulement... Pouvait-elle se permettre de quitter ce château ? De partir, comme ça ? Elle n'était pas libre, elle avait des obligations qu'elle devait remplir. Comme attendre. Attendre quoi ? Que ses parents meurent ? Que l'on vienne mettre à sac, à sang et à feu le château ? Oui, c'étaient des possibilités.
Aurore ne pensa pas à retirer sa main de celles du jeune homme, elle continua de fixer ses pupilles bleues et répondit d'un ton indifférent bien que sa voix resta douce :

"Je ne pense pas que cela puisse être possible."

La princesse allait se contenter de cette réponse, elle n'avait rien à dire de plus, elle n'était pas bavarde. Cependant elle se fit remarquer qu'une personne discourant aussi longtemps pour avoir une réponse négative aussi courte et aussi peu argumentée allait se vexer, s'énerver ou une autre réaction dans ce genre qui ne voulait rien dire à ses yeux. Encore, si cela avait été une réponse positive, elle aurait pu se limiter à un "oui" mais ce n'était pas le cas.
Elle baissa les yeux, quittant ceux du jeune homme, libéra sa main, attrapa son bol et but un gorgée de chocolat. Tiède. Encore. Tous ces propos faisaient refroidir ses boissons. Peu importe. Elle reposa son bol et releva les yeux vers lui. Elle se devait d'argumenter pour satisfaire un minimum son interlocuteur. C'était la base des rapports humains. Enfin... C'était ce qu'elle avait lu dans un essai philosophique de Poutaine.

"Si je venais à quitter le château, mon absence serait constatée dans les douze heures à venir et mon père expédirait un grand nombre de soldats à ma recherche."

Elle continua de le fixer. Il avait des très fins et pouvait sûrement être qualifié de mignon, selon les normes de beauté. Un amour pur, n'est-ce pas ? Peut-être que son amour pour le sang était pur ? Devait-elle tenter de se "libérer" ? Après tout, elle n'avait rien à perdre.

"Vous permettez ?"

Oui, elle venait de poser la même question que le jeune homme, quelques minutes auparavant. Sans attendre de réponse, elle se leva, se pencha vers lui et, avec toute la tendresse qu'on lui avait inculquée, l'embrassa. Les lèvres du jeune homme étaient craquelées par le froid alors que celles de la princesse étaient aussi douces que d'habitude, jamais abimées, bien que trop souvent souillées. Elle ne le fit pas durer longtemps et se retira. Elle n'avait rien ressenti. Lui semblait-il... Quoique... Peut-être un léger amusement ? Vraiment ? Elle ne put empêcher un sourire de naître sur ses lèvres, bien qu'il soit léger.

"Veuillez m'excuser, je peux paraître cavalière. Cependant il s'agit d'autre chose. En effet, il paraitrait qu'un baiser résoudrait mes "problèmes". Mais cela n'a pas d'importance."

Le sourire disparut de ses lèvres et, retrouvant son visage marmoréen, elle continua de fixer le bleu.


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MessageSujet: Re: Du bleu dans une sombre nuit [Pv Hans]   Du bleu dans une sombre nuit [Pv Hans] Icon_minitimeMar 1 Mai 2012 - 20:39
Who rules the world ?

L'invitation, au voyage, au rêve, à l'ouverture, à l'échapper belle, au bal, a une mise à mort, a un adoubement, à l'amour, pour se dire adieu, pour se retrouver, au désir indécis, pour protéger, pour avoir, avoir simplement. Pouvait-on refuser pareille chose ? L'invitation, comme tendre la main à un enfant qui l'attrape sans savoir où elle le mènera, mais qui l'attrape tout de même. Simple curiosité.

"Je ne pense pas…

Oh. Non. Il aurait dû le prévoir, si tout était si simple... mais pourquoi se sentait-il si désappointé ? Son visage repris une expression neutre. Il ferma sa main et laissa son bras retomber doucement le long de son corps. C'est vrai. Pas de curiosité, pas d'envie, pas de désir, pas moyen de se rendre compte, du visage du monde qui l'entour. Pas de crainte, pas de délectation, pas de joie, pas de douleur, le code est là pour les autres. Où, où était-elle, sa place, à cette demoiselle ? Où avait-elle le droit d'établir ses propres droits, sa propre non vie. Pourquoi se tenait-elle debout, encore, pour quelle raison ? Pas le droit de faire souffrir les autres, à défaut de souffrir soi-même, mais pas le droit de s'en rendre compte. On en revenait toujours ici, ce point A, qui ne devenait jamais le point B. Condamnée à errer dans des couloirs vides, de gens. Vidée d'intérêt, vidée d'expérience, vidée comme creusée de l'intérieur : la jeune fille fantôme. Pas besoin que papa et maman ne lui prête attention, elle reste sage. Rester sage, rester correct. Tu resteras sage n'est-ce pas mon petit ? Même si Maman n'est plus là ? Il sourie, la laissant continuer son discoure, il avait peut-être une autre solution.

"Si je venais à quitter le château, mon absence serait constatée dans les douze heures à venir et mon père expédierait un grand nombre de soldats à ma recherche."

Il se sentait de nouveau en phase avec lui-même. Vrai, il ne pouvait pas l'avoir, mais point parce qu'elle ne le désirait pas, mais parce qu'elle ne pouvait pas. Elle appartenait déjà à quelqu'un, à ses parents. Le collier autour du coup, les chiens restent fidèles jusqu'au bout, pas parce qu'il affectionne leur maître, mais parce qu'ils ont été dressés pendant des décennies à être fidèles. Il suffisait simplement de la débarrasser de ces chaînes, il suffisait de tout détruire. Elle n'y portait -de toute façon- aucune affection particulière. Quel était le mal dans ce cas ? Le mal n'existe que s'il peut être jugé immoral par une personne doué d'assez d'empathie pour le souffrir. Gente dame, vous qui ne pouvez pas éprouver, pouvez-vous juger du crime ? Si je dis que c'est un ordre de la reine, oui...c'est probable... la reine à ses humeurs après tout... une noblesse de plus ou de moins. Cette maison s'écroule de toute façon, autant lui associer un grand drame, au moins les paysans ne l'oublieront pas, son histoire, son tragique. Si plus de mère, plus de père, plus de soldat. Et il n'y a pas de chevalier n'est-ce pas ? Un chevalier ne laisserait pas sa dame vaquer seule dans les immenses couloirs...ne sait-on jamais.

Il se fichait du code
Il se foutait du regard de marbre
Il ne détournerait jamais ses pupilles des siennes.

Pauvre chose, qui n’avait pas la moindre idée de qui il était. Il avait tout ce qu’il désirait, il avait toujours fini par l’avoir. Rien ne lui avait échappé…enfin…rien de ce qui ne lui appartenait pas au départ. Reprenons, oublions la mémoire blessée. Il avait décidé de l’obtenir, il l’aurait, il lui avait demandé son avis par simple politesse. Maintenant qu’elle avait répondu de manière négative, il ne se retiendrait pas alors.

Que sa volonté soit faite.

Il avait tout à y gagner, et si elle décidait de rester figée comme une statue dans cette noble prison, alors tant pis, il détruirait tout, absolument tout. Ce n'était pas de la jalousie précaire comme « si je ne l'ai pas, personne ne l'aura », ce n'était que justice rendue « mettre le feu à la pierre qui refuse d'être sauvé de ses mains » il valait mieux que cette fille disparaisse, plutôt que de vivre dans la platitude et l'inutilité la plus navrante. Ou, briser le code. Mais pour l'instant il préférait le garder, celui-ci l'avait magnifiquement formaté, il n'avait aucune raison de ne pas le garder, il était simplement adressé aux mauvaises personnes. Une fois que ce code s'adresserait à lui, il n'aurait plus aucun problème avec.

"Vous permettez ?"

Il recentra sa pensée sur la noblette. Tiens ? Il était légèrement étonné. Elle reprenait ses phrases, était-ce voulu ? C’était assez remuant d’y pensez…peut-être qu’elle venait d’intégrer un nouveau principe qui émanait de lui, le Grisélidis. Il l’a vis s’approcher, sans ne redire, il voulu voir qu’elle genre d’initiative elle pouvait prendre. Elle se leva.
Mais peut-être aurait-il du lui refuser cette autorisation.
Elle se pencha avec grâce sur son visage. Incrédule sur ce geste, il resta estomaqué en sentant les lèvres lisses et chaudes se poser sur celles dévastées par le froid qui lui appartenait.
Estomaqué et dégouté.

Oui, briser le code.


"Veuillez m'excuser, je peux paraître cavalière. Cependant il s'agit d'autre chose. En effet, il paraitrait qu'un baiser résoudrait mes "problèmes". Mais cela n'a pas d'importance."

Il n'en revenait toujours pas. La garce avait sourie, d'un sourire amusé, pendant quelques instants, avant que celui-ci ne disparaisse derrière ces nouveaux mots. Il était absolument outré. Comment pouvait-elle se permettre d'avoir un tel comportement. Il se sentait totalement dépassé. En un instant, son envie d'elle avait été freinée comme jamais cela ne lui était arrivé. Quel mauvaise éducation, quelle insipide manière de réfléchir. Alors on avait déjà commencé à lui mettre des idées saugrenue dans sa tête, il devait les éradiquées, et vite, avant qu'elle ne se propage. Comme une gangrène. Son bras gauche se leva sans se presser, ses lèvres s'ouvrir en une moue méprisante :

-Ah…

Sa main s’abattit avec violence sur le visage de porcelaine.

-Vous n’êtes pas Cavalière mais Grossière, Détérioré, Odorante. Vous, vous vous abaissez à ce genre de fanfreluche. En plus des émotions vous manque-t-il la cervelle ? Vous puez un vice que vous ne comprenez même pas. Si ! Cela à de l’importance imbécile !

Le minois crispé en une expression de colère il descendit de la table, la poussant sans ménagement pour faire de la place autour de lui. Ses lèvres, ses lèvres à lui, violer par une jeune fille ! Ces pauvres lèvres délicieuses ! Comment pouvait-elle se donner le droit d'y gouter ?! Vite, vite ! Il se devait d'éradiquer rapidement la source du problème. Il respira profondément pour essayer de se calmer, tandis qu'il était allé, fébrile, se resservir une tasse de thé -qui était froid à présent. Garde ton calme Hans, tu n'es pas en état de t'énerver, pas avec la fatigue pesante qui rôde sur toi. Il fallait qu'il gère autrement cette situation. Mais tout de même ! Il n'avait pas pu faire comme si rien ne c'était passé ! Elle avait osé l'embrasser, et quelle impertinence de considérer toutes les lèvres à sa portée ! Le liquide s'échappant de la théière pour aller se réfugier dans sa tasse vacillait, sa main tremblait. Du thé se répandis sur la nappe, ce qui eut pour effet d'augmenter d'un cran son humeur noircis. S'emportant, il jeta la théière au sol. Le bruit que cela commit lui vrilla les tympans, il se laissa tomber de nouveau sur la chaise, ne prêtant pas attention aux morceaux tranchant qui s'était éparpillés aux alentours. Les coudes posés sur la table, il se massait les tempes. Il expira profondément.

-Je suis affligé de voir une jeune fille prometteuse telle que vous, se laisser emporter par tous les dialogues de ses imbéciles. Donc, vos parents vous ont mis cette affreuse idée en tête ? Vous ne voyez pas que c'est un simple moyen pour contourner votre manque d'affectivité ? De ce fait il sera plus simple de vous marier.

Il eut un rire aigris. Comme si des parents pouvait aimer une fille aussi froide, sûrement qu’il ne la concernait plus que comme un meuble décoratif, qui servait à soutenir la lignée de par le sang qui coulait dans ses veines. Il secoue sa tête, attristé de la voir dans une telle position.

-Des gardes à votre poursuite ? Mais ces gardes ne se déplaceront pas si ils n’y a plus personne pour leur ordonner. Un soldat ce n’est jamais fiable mademoiselle. C’est tout ce qui vous empêche de pouvoir vous retrouver, enfin, de ne plus être prisonnière de cet endroit ? Quelques misérables hommes sans grâce qui vous pourchassent pour remplir leur bourse… vous valez bien plus que cela. Il faudrait, bien entendue…corriger…ces immondices contrariantes que l’on vous a rentrées dans le crâne pour que vous puissiez trouver le bonheur. Le vrai bonheur je parle.

Il laissa ses mains tomber à plat sur la table, la regardant. C’était fou, il ne connaissait même pas son prénom. Sa colère était retombée à présent, ou plutôt, elle avait été détournée vers les parents de cette jeune fille.

-Oh j’oubliai, veuillez m’excusez pour ma rudesse de tout à l’heure, mais, je ne pouvais pas laisser une telle chose impunis, cela pourrait vous être fatale plus tard. Et je me dois de sauvegarder votre intégrité. Si vous y consentez, je serais très intéressé par votre prénom, je suis sûr qu’il doit vous convenir à merveille…

Il se leva tant bien que mal, la lourde le prit et il dû s'appuyer sur la chaise pour ne pas s'effondrer, une quinte de toux vint renforcer sa faiblesse. Heureusement les chaises étant de bonnes qualités, celle sur laquelle il était appuyé ne se renversa pas, bien qu'elle soutienne la majorité de son poids. Il attendit patiemment de reprendre le contrôle de son corps, avant de lever les yeux sur la porte. Il ne regrettait pas de l'avoir giflé avec toute la force qu'il avait eut sur le moment, de toute façon ce n'était pas comme si la douleur devait l'insurger. Il n'avait fait que de la redresser sur un chemin plus droit et vertueux. Il regarda autour de lui, tout tournait. Les sons commençait à ne plus lui parvenir normalement. Était-il en train de s’endormir sur place ? Il laissa la chaise, et, titubant, déambula jusqu’à la porte, l’ouvrit, et se laissa aller contre son montant. Il fallait qu’il tienne encore un petit peu.

Le temps qu’il lui fasse comprendre qu’elle serait bientôt livrée à elle-même.
Ni père ni mère,
Le temps où il n’y aura que lui
Nouveau maître de son monde.


[Encore désolé pour le retard y_y c'est très court mais déjà que je parle beaucoup, j'en réserve pour le post suivant uu" *se met à plat ventre*]
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MessageSujet: Re: Du bleu dans une sombre nuit [Pv Hans]   Du bleu dans une sombre nuit [Pv Hans] Icon_minitimeMer 11 Juil 2012 - 20:43
Ses yeux voilés se détournèrent des profonds yeux bleus de son interlocuteur pour regarder son bras se lever lentement. Elle ne vit pas la moue méprisante déformer son doux visage. Avant qu'elle n'ait le temps de comprendre, une sensation violente lui brula la joue puis se répandit dans tout son visage. De la douleur. Elle souffrait. Elle comprit : il l'avait frappé. Maintenant qu'elle y pensait, c'était une réaction tout à fait normal. Pourquoi n'y avait-elle jamais pensé avant ? Parce qu'on ne lui avait jamais fait comprendre clairement que ce n'était pas agréable voire même désagréable ? Oui, après tout, ça ne lui faisait rien, à elle.
Aurore resta de marbre. Elle n'avait pas bougeait, ni pendant la gifle, ni après.
Elle analysa silencieusement chaque mot prononcé par le jeune homme. Grossière. Ainsi, cette attitude qu'elle adoptait sans vraiment y penser était vulgaire et malpolie ? Il devait utiliser le mot dans ce sens là. Elle n'était pas de mauvais qualité, ni rudimentaire, mais peut-être considérait-il qu'elle manquait d'intelligence ? Son geste serait alors une preuve flagrante de son ignorance envers les mœurs de la société ? Détériorée. Elle serait endommagée ? Abîmée ? Pourquoi donc ? Elle n'était pas en mauvais état, bien au contraire, sa peau était immaculée de tout... Odorante. Répandrait-elle une odeur ? Certes, mais laquelle ? Sous-entendrait-il qu'elle sentait mauvais ? Pourtant, elle s'était lavée en milieu d'après-midi. Décidément, ce qu'il disait n'avait pas de sens. Quant à sa cervelle, elle était certaine qu'il ne la lui manquait pas. C'était bien la seule chose qu'il lui restait. Cependant, contrairement à ce que semblait sous-entendre Hans, un cerveau ne fonctionne pas du tout de la même manière avec ou sans émotions. Leur absence entraîne une absence de repère sur bien des critères. Et si personne ne dit clairement si une chose est bien ou mal, le cerveau sans émotion ne peut ni le savoir, ni le deviner : pour lui, tout est sur le même point au départ. Il suffit d'un rien, de l'avis d'une personne qui diffère de celui d'une autre, pour que tout le système soit remis en cause. Si l'on excepté cela, le cerveau de la jeune princesse était tout à fait opérationnel, il fonctionnait de manière plus logique qu'aucun autre -car il n'avait aucune restriction dans son mode de réflexion-. Enfin, à propos du vice qu'elle ne comprenait, elle voulait bien le croire. Elle pouvait correctement définir ce qu'était un vice mais elle ne pouvait pas le comprendre. Cela faisait partie d'un domaine dirigé par les émotions. Pour en finir, voler le baiser d'un semi-inconnu, voire même d'un inconnu était très important et était quelque chose qu'il pouvait ne pas supportait. Soit. Maintenant qu'elle le savait, c'était gravé dans sa mémoire : elle ne le ferait plus.
Elle considéra son interlocuteur du regard. Il venait de la pousser sans retenu, le visage défiguré par la colère. Il sembla tenter de se servir du thé, mais sa main tremblait et du thé coula sur la nappe avant de se répandre sur celle-ci. Impuissante et impavide, la princesse le regarda jeter avec fureur au sol, la belle théière qui se brisa en morceaux. Il se rassit sur une chaise, se massant les tempes.

"Je suis affligé de voir une jeune fille prometteuse telle que vous, se laisser emporter par tous les dialogues de ses imbéciles. Donc, vos parents vous ont mis cette affreuse idée en tête ? Vous ne voyez pas que c'est un simple moyen pour contourner votre manque d'affectivité ? De ce fait il sera plus simple de vous marier."

Aurore ne l'écoutait qu'à moitié. Elle fixait les morceaux éparpillés non loin de ses pieds nus. Cela pouvait être dangereux. Si elle marchait sur un morceau, elle pouvait se blesser. Elle entendit un rire qui lui sembla désabusé. Elle s'avança vers la théière à petits pas, presque timidement. Elle marcha sur un morceau, imperturbable. Une légère sensation lui brula la plante du pied. Elle s'accroupit et commença à rassembler les morceaux avec précaution. Elle ne savait pas vraiment pourquoi elle le faisait. Peut-être parce qu'elle ne savait pas quoi faire d'autre ? Après tout, ça l'occupait.

"... pour que vous puissiez trouver le bonheur. Le vrai bonheur je parle."

Elle releva la tête. Tiens, il parlait encore. Elle avait oublié de l'écouter. Tant pis, elle ne pouvait pas faire mieux. Il la regarda. Elle le regarda. Il ne semblait plus en colère. Tant mieux. Elle avait essayé une fois, mais elle n'avait pas réussi à trouver de sens à la colère. Elle n'en comprenait pas l'utilité. Surtout qu'elle était souvent accompagné de gestes brutaux incontrôlés. Ne pas contrôler son corps était quelque chose d'assez triste, lui semblait-il, dans toute son ignorance de ce qu'était réellement la tristesse.

"Oh j’oubliai, veuillez m’excusez pour ma rudesse de tout à l’heure, mais, je ne pouvais pas laisser une telle chose impunis, cela pourrait vous être fatale plus tard. Et je me dois de sauvegarder votre intégrité. Si vous y consentez, je serais très intéressé par votre prénom, je suis sûr qu’il doit vous convenir à merveille…"

Il s'excusait ? Ce n'était pas nécessaire. Elle ne pouvait pas en vouloir à qui que ce soit. Pour elle, les choses étaient bien plus rationnelles. Et puis, ce qui était fait était fait. De plus, sa joue ne la brulait déjà plus. Alors que le jeune homme se lever et tousser, Aurore retourna à sa tache, rassemblant les morceaux, s'entaillant les doigts.

"Vous savez, je ne ressens peut-être rien mais mon cerveau fonctionne comme il faut. C'est pourquoi je suppute que vous n'êtes pas ce que vous avez prétendu être. Vous voulez connaitre mon prénom ? Soit. Mais j'aimerais connaitre le vôtre d'abord, car vous en avez forcément un."

L'étrange sensation qui lui brulait les doigts avait fait naître chez elle une légère curiosité. Qui était vraiment ce jeune homme ? Elle finit de rassembler les morceaux et releva la tête vers son interlocuteur. Celui-ci était à présent appuyé contre le montant de la porte. Voulait-il partir ? Il ne lui semblait pourtant pas qu'il en ait parlé. A moins qu'il ne l'ait dit quand elle ne l'écoutait pas ? Elle attrapa délicatement le plus gros morceau de la théière brisée et se releva avec grâce. Elle avança calmement vers le jeune homme et s'arrêta devant lui. La plante de ses pieds la brulait à nouveau. Elle sourit imperceptiblement et montra le morceau qui nichait à présent dans sa paume droite, légèrement ensanglantée.

"Vous ne devriez pas agir aussi instinctivement. Cette théière devait valoir beaucoup. Je suppute... Enfin... elle doit avoir plus de valeur que ma vie, qu'en dites-vous ? Un objet brisé avec autant de facilité..."

Elle tendit son bras gauche. Elle n'eut pas besoin de relever sa manche, celle-ci étant déjà courte. Et d'un geste sûr, sans aucune hésitation, le visage inébranlable, elle s'entailla le bras. Puis dans le silence de la nuit, alors que le rouge se propageait sur la peau blanche de la princesse de porcelaine, un rire cristallin et enfantin retentit.
Aurore, Aurore, ma petite Aurore, ne deviens pas folle, s'il te plait...

[ Voilà voilà, désolée pour le retard ! J'espère que tu aimeras ! Oh, et désolée que tes superbes discours tombent dans l'oreille d'une sourde :') ]


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MessageSujet: Re: Du bleu dans une sombre nuit [Pv Hans]   Du bleu dans une sombre nuit [Pv Hans] Icon_minitimeMar 4 Sep 2012 - 17:11
Kitten as Ewe
Il était épuisé, ce voyage, ces recherches inutiles, ce château endormit, cette jeune femme. Plus rien ne semblait avoir de consistance, tout paraissait vain. S’il tendait sa main, arriverait-il à déchirer ce voile absurde ? Ses yeux étaient mi-clos, la somnolence le gagnait petit à petit. Il entendit le bruit des pas qui s’estompait dans l’obscurité qui venait le prendre. Encore un petit peu, il faut tenir un petit peu. Elle n’était pas convaincue, il ne pouvait se permettre de la laisser maintenant, qui sait ce qu’il se passera demain ? Aura-t-il le temps de la convaincre ? Ses jambes tremblaient sous l’effort. Il n’était déjà plus qu’une chiffe molle, et rien pour le rassurer, rien pour l’assurer. Il y avait un profond manque de bleu dans cette bâtisse. Il posa sa vue sur la table, quelques macarons y traînaient. Il plissa ses yeux, les ferma un instant. La seule couleur assez voluptueuse dans cette pièce était caractérisée par l’éphémère, sous la forme d’une pauvre gourmandise sans fraicheur. La demoiselle passa dans son champ de vision. Il la suivit du regard sans mot.

En cet instant, le monde aurait pu s’écrouler que cela n’aurait en rien déranger le Grisélidis. Il était englué dans une torpeur sans nom, grelottant sans s’en rendre compte. Son corps frigorifié était engourdis de par la fatigue. La jeune fille agenouillée au sol était splendide, il ne saurait se l’imaginer plus belle, plus pétillante. Si elle avait été pleine de fougue à une époque, sa condition et son éducation l’aurait rendu tellement laide qu’il aurait vomit devant ses pieds de voir tant d’horreur. Mais la grâce semblait l’avoir touché, et ainsi, sa beauté était restée lisse et figée, sans aucun remous. Il ne savait plus quoi faire pour l’avoir à ses côtés, il serait obligé de détruire tout ses liens pour que, devenue une étoile sans trajectoire, il puisse la récupérer dans ses filets.

Une vision se superposa à cette image. Une poupée qui ne bouge pas. Passer les doigts dans les cheveux argentés d’une statue. Elle se releva, s’avança vers lui. Elle portait un éclat de verre dans l’une de ses mains, cela le fit sourire. Ce petit objet lui rappelait sa rencontre avec ce fameux Medb, il ne lui en voulait même plus maintenant d’avoir été ralenti par cet imbécile. Il aurait put pardonner à la terre entière en cet instant. Aby sale corbeau, je t’absout. Carmélia vipère je t’absout. Maria et Maria, je vous absout toutes deux. Hans je t’absout ! Il fronça les sourcils. Que venait-il juste de penser à l’instant ? Pauvre de lui, voilà que la fatigue commençait à lui faire penser n’importe quoi, il risquait de s’effondrer d’un moment à l’autre. Non, il était déjà en train de s’effondrer. Une certaine haine refluait en lui, sans savoir contre qui la diriger, ni contre quoi. Il avait envie de frapper cette chienne de toutes ses forces !


"Vous savez, je ne ressens peut-être rien mais mon cerveau fonctionne comme il faut. C'est pourquoi je suppute que vous n'êtes pas ce que vous avez prétendu être. Vous voulez connaitre mon prénom ? Soit. Mais j'aimerais connaitre le vôtre d'abord, car vous en avez forcément un."

Ce fut la voix monotone qui le tira de cette masse qui le faisait s’endormir. Ah oui, c’est vrai qu’elle était là, elle. Ses pupilles semblaient surprises d’une telle présence face à lui. Depuis quand…avait-elle de la présence ? Tandis que son regard était toujours fixé sur la main qui tenait le morceau de verre, un léger sourire vint fleurir sur ses lèvres. Qu’avait-il prétendue être déjà ? Il ne s’en rappelait plus, quelque chose d’aussi mineur que ça ne méritait d’être retenue dans sa mémoire. Cela avait quelque chose d’amusant, qui traitait-il de chienne juste avant ? Il n’en avait pas souvenir, comme si il avait insulté toute la population féminine en un seul mot, et en même temps une femme bien précise, la pire de toute sûrement. Il voulait rire mais n’en avait pas la force. Quelle insolence ! Pourquoi voulait-elle à tout prix connaître son nom ? Vu qu’il savait que ce n’était pas de la curiosité cela lui paraissait absurde. Respectez les conventions à tout prix ? Ca n’avait aucun sens, qu’elle était donc cette logique erronée ? Il aurait tellement voulu en percer le secret. Ce code, que dictait-il ? S’il arrivait à comprendre l’intégralité de son fonctionnement elle serait entre ses mains comme une marionnette sans vie. Il la voulait…il la voulait ! Oui il voulait tout maîtriser de sa vie ! Pourquoi une telle envie le démangeait ? C’était comme si tout l’énervement, toute la pression qu’il avait accumulée ces quelques jours se relâchaient d’un seul coup. Et il y avait eu ce château sur son passage. Un tourbillon désaxé venait d’entrer dans la demeure endormit, comme l’occupante fantomatique pourrait y échapper ? Aucun moyen. Elle tendit sa main contenant la pièce à conviction devant lui, et l’ouvrit. Oui comme il l’avait déjà vu l’attraper, il s’agissait bien d’un copeau de la théière éventrée au sol. Mais ce n’était pas tout :

"Vous ne devriez pas agir aussi instinctivement. Cette théière devait valoir beaucoup. Je suppute... Enfin... elle doit avoir plus de valeur que ma vie, qu'en dites-vous ? Un objet brisé avec autant de facilité..."

Il aurait eu beaucoup de chose à dire sur cette phrase mais il n’en avait pas eu le temps car…
Du Carmin vint remplir ses iris bleutés.
Une couleur délicieuse.


Si Hans vivait de par le Bleu, il était certain qui vivait pour le Rouge.
Pour tout le sang du monde entre ses mains.

Un rire étrange et incongrue traversa les lèvres de la jeune filles, un rire qui faisait voler en éclat son image parfaite. Qu’elle était cette voix ? Les statues peuvent rire ? Mais cela eut l’effet escompté sur Hans, ce rire le réveilla quelque peu et comme en réaction à cet évènement peut crédible son cerveau eut comme une tentative de rattraper le temps perdue… ses jambes le…quels jambes ?


-Mon nom ? Je suis…

Il tomba à genou devant elle, le sang s’écoulant du frêle bras se déversant sur sa chevelure, dégoulinant le long de son visage, venant tâcher les vêtements tout juste lavés. Il tendit sa main pour enserrer l’endroit meurtrie. Il ne la regardait plus, ses iris étaient perdus dans le vague. Il soupira, comme s’il se remémorait un vieux souvenir, une ancienne comptine, les notes d’une boîte à musique. Il se perdait entre les carreaux et les bouts de verres jonchés au sol.

-Je suis la couleur de la peur, l’âme solitaire dont l’être est entièrement rempli de bleu. Je suis la coupe qui déborde d’eau, l’innocence déchue s’en écoulant. Inlassablement je cherche, comme la marée qui revint à son origine, les frêles chatons perdus, qui se débattent dans l’océan qu’est Queer Tale. Je leur apprends à nager, je leur apprends à flotter, je leur construis un bateau ou ils seront au sec. Je suis l’eau, je suis le Bleu, je suis l’image qui reste imprégnée dans la rétine…

Accentuant sa prise, tandis que le sang s’était répandu sur toute sa main, le long de son bras. Il se releva avec difficulté, plantant son regard perdue dans celui éteint de la noble.
Des yeux gris comme l’acier d’une épée.
Le corps d’une petite fille est couché, ses yeux encore rempli de pleurs sont écarquillés en une expression de sincère terreur. L’orgue qui devait faire retentir les cloches fera sonner ses sombres notes pour le requiem de l’enfant.
Pour ne pas avoir pu sauver la plus pure d’entre toute, pour l’avoir laissée ramper dans les bassesses, oh Hans, combien en sauveras-tu ? Combien pourras-tu en soumettre à tes ordres ?


-Je suis, le salvateur, qui montre le chemin aux brebis sans défense, qui leur donne la grâce et l’honneur du chaton, qui leur donne ces petites griffes nécessaires pour s’accrocher en ce monde. Qu’importent les gardes, qu’importent le père et la mère. Si pour t’avoir il me faut souiller toute cette demeure de sang, je le ferais. J’en repeindrais les murs, j’en repeindrais les sols. Je le ferais gicler sur tout ton corps, pour te satisfaire, je te montrerais les cauchemars rempli de cris et de chaire humaine.

L’odeur du sang, la vision de ce liquide l’avait revivifié, il se sentait capable de soulever des montagnes, mais surtout, il avait faim, il avait soif, et cette vision lui tordait les boyaux. Ses lèvres craquelée souhaitaient plus que tout au monde embrasser tout ce rubis. Mais le sang des servantes –bien qu’elle ne le fut pas encore- était comme sacré, montrer son attraction naturelle envers leurs entrailles étaient dangereux. Il était sensé être le protecteur, et ainsi, il avait l’interdiction, tant qu’elles respectaient les règles, de se servir de leur sang pour étancher ses envies.

-Comme l’océan plein de fureurs, la mer qui avale goulument les terres… t’entraver dans ma cage dorée repeinte de tout le bleu du monde…

Il parlait à voix haute, il n’avait pas voulu vraiment dire cette phrase mais il ne faisait plus vraiment la différence, à présent, entre le royaume de ses pensées et le monde réel. Bien qu’il tombait d’épuisement, c’était comme si l’étrange hystérie qui semblait avoir prit la noble commençait à le contaminer, bien que ce fut pour des raisons différentes.

-Donne la moi ! Ta vie, je là désir. Si ça valeur est égale ou inférieur à une théière pour toi, donne la moi. Je la prendrais tout entière et la monterais sur l’autel de la pureté ! Ce pas comme si tu avais le choix ! Je te l’arracherais de force si tu te refuse. Je la briserais en mille morceaux, comme cet objet, pour la reconstruire à ma manière !

Il lui prit le morceau de verre des mains et le jeta au loin, il voulait écarter tout arme potentiel d’elle. Elle était son propre danger.

-Tu pourras-te faire du mal si tu le désir, tu pourras le procurer si tu le désir. Tu sera maîtresse de vie bien plus misérable que la tienne, tu pourras les observer, je t’apprendrais ! Laisse-moi t’apprendre… de toute façons ce n’était pas comme si tu avais le choix !

La blessure n’était pas très profonde, elle ne risquait pas d’en mourir. Il l’attira à lui pour l’enlacer, posant sa main ensanglantée sur les cheveux albinos, laissant glisser ses doigts dedans, lui traçant des mèches rouges à l’intérieur. D’un seul coup toute cette soudaine énergie disparut, et il lui fallut faire un effort surhumain pour ne pas s’avachir dans les bras de la demoiselle. Il se sentit troublé et sa vue tangua. Il eu juste le temps de prononcer alors :

-Il faut…il faut que je dorme…voyons…ce soir ? Viens avec moi ce soir.

Puis il ne sentit que l’agréable sensation que tout deviens faux, que le son baisse, la lumière, les couleurs, l’odeur, jusqu’à devenir dérisoire. Comme si le sommeil vous attirait au sens propre du terme. Un plongeon dans la noirceur réconfortante. Il s’évanouit dans les bras de la jeune Aurore de Sova.



[c'est court, pleins de fautes et je t'en laisse pas placer une, magnifique n'est-ce pas 8D ? ]
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MessageSujet: Re: Du bleu dans une sombre nuit [Pv Hans]   Du bleu dans une sombre nuit [Pv Hans] Icon_minitimeSam 8 Déc 2012 - 16:48
Aurore riait. Les yeux fixés sur le sang écarlate qui coulait sur une peau blanchâtre, la douleur brulante qui fourmillait sous la peau et remontait dans le bras, Aurore riait. Sa jolie bouche rosée, habituellement scellée dans une expression marmoréenne, s'étirait dans une expression de plaisir indescriptible. Sa voix, continuellement monocorde, faisait entendre un son ou plutôt un éclat si clair et si léger qu'elle en était la première surprise. Ainsi, elle était capable de produire ce genre de sonorité.

"Mon nom ? Je suis..."

La voix sombre qui retentit entre ses rires la fit revenir à elle. La jeune princesse quitta son monde d'éclats et, son rire s'atténuant petit à petit, elle fixa le jeune homme. Toute ouïe, elle trembla de curiosité. Elle allait enfin savoir qui il était, savoir qui était cet étrange personnage qui considérait ainsi son sang du regard, comme s'il s'en remplissait les pupilles. Était-il comme elle ? La vue de cette si belle couleur pourpre l'emmenait-il dans un état d'esprit complètement disparate ?
Il tomba à genoux et Aurore admira son sang se mélanger à son agréable chevelure bleue avant de tâcher les vêtements blancs qu'elle venait de lui prêter. Sa main froide et tremblante vint enlacer sa blessure, contemplant le vermeil entacher ses doigts, ou bien peut-être que ses yeux se perdaient vers le sol et les morceaux de porcelaine brisée.
Sa voix retentit à nouveau dans le silence presque pesant qui venait de s'installer. La couleur de la peur : le bleu. Cette phrase marqua l'esprit de la jeune princesse. La couleur de la peur n'était-elle pas le noir ou le rouge sang ? Ou voulait-il dire qu'il remplissait les gens de peur et faisait du bleu une couleur à craindre puisqu'il l'incarnait ? Aurore l'écouta sans un bruit, un sourire de plaisir douloureux sur les lèvres. Elle buvait ses paroles comme, bien qu'elle l'ignora, il aurait bien voulu boire son sang.

"Je suis l’eau, je suis le Bleu, je suis l’image qui reste imprégnée dans la rétine…"

Aurore sourit légèrement plus. Son image resterait-elle imprimer dans sa rétine lorsque, l'euphorie passée, elle retournerait à son inébranlable insensibilité ?
La main, réchauffée par le sang, se resserra sur son bras et le jeune homme se releva difficilement. Il lui fit face et elle put plonger son regard dans le sien. Un bleu profond et insondable. Ah, pauvre homme, es-tu à ce point fatigué pour ne pas voir, sous la glaceur du voile recouvrant ses yeux, la sublime lueur émeraude ? Couleur qui jadis avait hanté tant de jeunes prétendants.
Ne la quittant pas du regard, le jeune homme reprit son discours. Mais certains passages la marquaient bien plus que d'autres.

"Qu’importent les gardes, qu’importent le père et la mère. Si pour t’avoir il me faut souiller toute cette demeure de sang, je le ferais. J’en repeindrais les murs, j’en repeindrais les sols. Je le ferais gicler sur tout ton corps, pour te satisfaire, je te montrerais les cauchemars rempli de cris et de chair humaine."

Aurore restait mitigée. Un mélange d'envie immense et de tristesse profonde se développait en elle. En effet, l'idée de voir son corps recouvert de sang et de posséder une demeure repeinte de pourpre la faisait trembler d'excitation. Cependant imaginer la mort de ses parents suffisait à la faire frissonner de crainte. Dans une telle situation, que faire ? Ah... L’entraver dans une cage dorée repeinte de tout le bleu du monde. C'était donc ce qu'il voulait vraiment ? Étonnamment, cette intention ne déplaisait pas à Aurore. Après tout, elle vivait déjà dans une cage dorée. Bien qu'actuellement, l'or de ses barreaux perdaient de leur éclat.

"Donne la moi ! Ta vie, je la désire. Si sa valeur est égale ou inférieure à une théière pour toi, donne la moi. Je la prendrais tout entière et la monterais sur l’autel de la pureté ! Ce n'est pas comme si tu avais le choix ! Je te l’arracherais de force si tu te refuse. Je la briserais en mille morceaux, comme cet objet, pour la reconstruire à ma manière !"

Il n'avait pas totalement tord. Mais ce qui la surprenait le plus c'était qu'il désire ainsi sa vie. Pourquoi ? Sa vie ne valait véritablement rien. La malédiction qui s'était abattue sur elle n'était pas très loin de la mort véritable. Peut-on considérer qu'une poupée a une vie ? Non, bien sûr que non, alors pourquoi en aurait-elle une ? Parce qu'elle se mouvait ? Parce qu'elle parlait ? Parce qu'elle pensait ? Peut-être bien... Enfin, si cet homme voyait en elle une vie à préserver, ne pouvait-elle pas se permettre de la lui offrir ? Ses parents seraient sûrement mieux s'ils ne devaient pas se trainer le fardeau qu'elle était. Partiraient-ils réellement à sa recherche ? Ils ne devaient plus l'aimer depuis un long moment déjà... La briser... Peut-on briser une chose qui l'est déjà depuis des années ? La reconstruire... Il pouvait bien essayer.
Sa main fut ouverte et le morceau qu'elle tenait lui fut arraché et jeté plus loin. Il tomba au sol et se brisa en dizaines de morceaux dans un doux son.
Voulait-elle véritablement se faire souffrir ou était-ce seulement dans le but d'éclairer son esprit vide avec la superbe lumière qui émanait du sang ? Apprendre... N'était-ce pas ce qu'elle avait fait ces dix dernières années ? Apprendre et faire siennes toutes les informations qui glissaient sous ses yeux nus. Des informations en plus ou en moins ne changeraient pas grand chose pour Aurore. Mais après tout, puisqu'il avait l'air d'en posséder des particulières intéressantes et insolites, pourquoi ne pas le laisser essayer ?
Tout à coup, alors que cela faisait partie des dernières choses auxquelles la princesse s'attendait, le jeune homme l'attira à lui et l'enlaça. Elle sentit sa main glisser dans ses cheveux. Pas une seule seconde elle ne pensa au fait qu'il devait les tâcher de rouge. Et même si elle y avait pensé, du pourpre ne ferait-il pas plus ressortir la beauté de ses cheveux liliaux ?

"Il faut…il faut que je dorme…voyons…ce soir ? Viens avec moi ce soir."

Aurore fut surprise quand elle entendit ses mots et qu'elle le sentit sombrer dans ses bras, comme dans les bras de Morphée. Comment était-elle censée réagir ? Avant même de trouver la réponse dans les méandres de son esprit surchargé en instructions, elle perçut ses bras se refermer sur le petit corps qui la tenait. Une de ses mains se glissait dans sa chevelure encore légèrement humide, comme un geste conditionné.

"D'accord. Dormez. Ce soir, je vous suivrais où vous le souhaiterez."

Pourquoi l'avoir dit ? Il ne devait pas l'avoir entendu. Serait-ce parce qu'elle savait que, si elle faisait cette promesse avant que son enjouement ne retombe, alors elle la tiendrait quoi qu'il arrive ? Un sourire s'étira sur ses lèvres. Le voulait-elle à ce point ? L'accompagner, inconsciemment ou non ?
Le soulevant, elle le porta avec douceur jusqu'à sa chambre avant de le coucher sur son somptueux lit, inutilisé depuis dix ans. Elle retourna par la suite effacer toutes les traces de son passage.

~~~~~~~~
Personne ne comprenait ce qui se passait. Au réveil du château, la princesse, les cheveux encore humides d'une douche ou d'un bain, vêtue d'une robe bleue nuit aux manches longues, les pria tous, serviteurs et souverains, de ne pas s'approcher de sa chambre et ce avant de s'y enfermer. On eut bon lui demander des explications, on ne put rien tirer d'elle. Même lors du déjeuner qu'elle prit avec ses parents.

Enfermée dans sa chambre, confortablement assise dans un fauteuil de velours, Aurore lisait. A côté du fauteuil de trouvait son lit aux draps inhabituellement froissés. Des draps blancs, dépassaient de longs cheveux bleus qui s'étalaient en auréole autour d'un visage plus ou moins paisible.
Aurore ferma le livre dans un bruit sec qui résonna dans la chambre, elle venait de le finir. Elle le posa sur la table de chevet et sortit sa montre à gousset de sa poche. 15h07 Cela faisait bientôt dix heures qu'il dormait, il ne tarderait pas à se réveiller.
Elle se leva et défit les plis de sa robe bleue. Pourquoi donc avait-elle mis une robe bleue aussi sombre que la nuit, aussi belle que les yeux de son visiteur ? L'expression pour ses beaux yeux était-elle adaptée à la situation ? Bien sûr qu'elle l'était ! Quand, après sa douche, Aurore avait du s'habiller, elle s'était demandée ce qui ferait plaisir à son futur maître et était allée farfouillée dans ses armoires poussiéreuses dont elle avait sorti cette robe si bien assortie à la chevelure du dormeur.
Elle caressa le couvercle sa montre puis posa délicatement sa main sur son avant-bras gauche. Sous la manche au tissu si doux elle devinait le bandage qu'elle avait du faire pour stopper le saignement. Pourquoi s'était-elle entaillée le bras déjà ? Elle ne savait plus, elle ne souvenait plus. La seule chose qu'elle n'ignorait pas était qu'elle avait fait une promesse et qu'elle la tiendrait, peu importe ce qui arriverait.
Ce soir, elle partirait avec le beau dormeur. S'il se réveillait un jour...


Du bleu dans une sombre nuit [Pv Hans] 36BFD
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MessageSujet: Re: Du bleu dans une sombre nuit [Pv Hans]   Du bleu dans une sombre nuit [Pv Hans] Icon_minitimeDim 12 Mai 2013 - 12:17

Dawn dies at our feet
Depuis quand…
Blanc sur Blanc, les nuages semblaient si doux et molletonneux, son regard se perdait dedans.
L’orée des forêts
Les ricochets de l’eau
Le piaillement des oiseaux,
Harmonie
Blanc sur Bleu, le ciel était beau et uniforme, de jour comme de nuit, son bleu ne se perdait. Il l’admirait.
La cueillette des buissons
La fluidité du ruisseau
Les premiers vols des oisillons,
Assurance
Bleu sur Bleu, la pluie dramatique, le jour qui décline, le temps qui se perdait. Sa doucereuse mélancolie.
La brumaille parmi le feuillage
Le calme du petit lac
Le silence des pies,
Nuance
Bleu sur Rouge
Comme une explosion contradictoire.
You may obey.
Un contrôle parfait qui dérape. L’impossible vérité, l’improbable évènement, du rouge, du rouge de partout. Le liquide qui s’étend, s’écoule, ne s’arrête point.
You should obey.
La perte, le définitif. Le silence qui perdure, puis s’oublie. Les lettres imprononçables. Le monde qui explose, la convention qui s’effondre, le contrôle qui ne s’échappe jamais. La pluie de nuit. Quelque part quelque chose comme de la haine qui ne s’éteint. Quelques part…un souvenir, qui s’altère, se tache et coule comme de la cire.

You must obey.
Du bleu qui se propage, s’empreigne, se dilate dans la pupille. Le fer rouge du bleu, qui laisse en signature la cicatrice. La marque d’un passé maudit par les iris animales. Comment devenir un monstre, comment devenir une créature, devenir…ce dont on a le plus peur ?
Le loup dans les bois
Le trouble de la rivière
Le cri du Corbeau,
Serpent
Depuis toujours…le monde est un grand serpent, qui engloutit et plonge dans le noir les enfants polissons.
Il neigeait. Il contemplait par la fenêtre les flocons irrémédiablement blancs. La maison vide possédait une odeur de fruit. Quel fruit déjà ? Depuis combien de temps contemplait-il la tombée de la neige ? Petit à petit l’extérieur était enseveli sous l’amoncelas. Lorsque la fenêtre fut entièrement submergée des coups retentirent à la porte. L’enfant sembla hésiter. Fallait-il ouvrir ? Il était tout seul ici. Mais depuis combien de temps attendait-il le retour de…de qui ? Il se dirigea vers l’entrée et, de sa petite main, tourna la poignée rugueuse. Le vent s’engouffra dans l’entrebâillement et fit claquer la porte. Hans émit un petit cri sous la soudaine peur. Mais il se reprit très vite, une tache de couleur attirait son regard à l’extérieur. La neige s’était tassée juste au niveau de l’entrée, et dessinait un chemin qui tournait radicalement dix mètres plus loin. Un bout d’étoffe jonchait sur le sol blanc à cet exact point. Bleu roi. Certainement qu’il avait du se demander : pourquoi être attiré ? Pourquoi toujours le bleu, peu importe où il allait ? Pourquoi la sombre couleur de ses yeux et de sa chevelure lui était rappelée constamment ? Mais pour l’instant il ne se rendait pas encore compte. Il profitait de ce retour d’innocence, peut-être. Point de blâme pour ceux nés sous le signe d’une double couleur. Le paradoxe leur servait de pardon. L’enfant hésita un instant à sortir. Et s’ils revenaient pendant son absence ? Et s’il se perdait, et ne retrouvait plus jamais son chemin ? D’une certaine manière il ne faisait pas froid dehors. Hans s’aventura à la recherche d’un souvenir lointain. Lorsqu’il arriva au tournant il découvrit que le morceau d’étoffe était en fait très long, il continuait encore et encore, le long de la voie sinueuse. Il le suivait, il avait d’abord pensé à le ramasser mais avait très vite abandonné l’idée en voyant la largeur s’agrandir au fur et à mesure du chemin. Il continua ainsi ce qui lui sembla des journées, sans pour autant que la nuit n’arrive. Enfin la neige sembla s’affaisser des deux côtés et il remarqua qu’il se trouvait à l’orée d’une forêt. Le petit se rendit alors compte que le tissu était d’une grandeur incroyable, il était par endroit comme déchiré par les racines, les buissons. Médusé par cet inquiétant mais trépidant évènement il continua, toujours tout droit. Sous l’ombre des arbres, le bleu avait revêtu sa couleur de nuit. L’enfant avait l’impression de somnoler. Il arriva bientôt à un lac presque à sec, la profondeur n’excédait pas ses genoux. Au centre se tenait une jeune fille, l’étoffe convergeant vers elle pour l’habiller d’une magnifique robe. Il se rendit compte que ses cheveux se mêlait parfaitement à la couleur du tissue et s’étendait sur le lac en entier. N’osant s’approcher il s’assit au bord de l’eau et attendit. Les feuilles des grands arbres qui se laissaient tomber dans l’eau se rétractaient et perdaenit leur belles couleurs pour faire place à un noir étrange…peut-être était-ce du bleu finalement ?
La voix, claire et voluptueuse semblait étouffée :

Morphée aime les enfants, il les noie entre mes doigts.
La délectation est un art que je ne comprends pas.
Que sont tous ses sentiments ?
La bergère aime son troupeau, elle le noie entre mes lèvres.
Cette pureté est bien fade et vaine à mes papilles.
Que sont toutes ces sensations ?
Le couturier aime les formes, il les entaille entre mes jambes.
Une blessure n’a pas de sens sur mon être.
Que sont toutes ces couleurs ?
Il n’y en a qu’une qui puisse exister à mes yeux.
A m’en glacer le sang, il m’arrive de croire que je suis morte…

L’enfant ne savait que répondre face à pareil déprise. La jeune demoiselle gardait un ton monocorde presque envoutant. C’était un bien doux sommeil qui appelait cet égaré. Pourtant en lui, ces mots résonnaient. De la même manière qu’une vieille comptine, les lettres alignées les unes après les autres le sommaient presque de répliquer ces mots :

Morphée aime l’image
Bergère aime sa texture
Couturier aime son odeur
Un épi de glace s’est perdu dans mon cœur
Il m’a privé de mes doigts à mes lèvres, de mes jambes à ma vue.
Ses doigts qui sont les tiens, ses jambes qui sont les tiennes.
Dans ce lit toute la journée j’ai oublié mon corps.
Lorsque tu t’es noyé.

La jeune fille sursauta, puis alors qu’elle était assise dans l’eau, le dos tourné à lui, elle commença à se relever d’une lenteur presque cadavérique. L’étoffe suivait son mouvement, glissait sous le corps de l’enfant sans le déranger pour autant. Sa voix reprit de plus belle, sanglotant en écho.

La douce eau était tombée en amour
De ton visage si ferme, des myrtilles qui semblaient habiter ta nuque.
J’ai juré à la couleur impure de ne jamais lui pardonner.
Tandis que je te souhaitais la plus belle des morts,
Que mes mains froides se refermaient sur ton cou.
J’ai passé un pacte égoïste avec la folie en personne.
La perdition resterait inexistante à ton âme,
J’ai changé tes bras et tes jambes purs contre les miens ensanglantés.
Tu es moi, je suis toi,
Je conjure l’oubli,
Je conjure la mort…

L’enfant chuchota les derniers mots :
Je couds ton silence.

Tout aussi lentement qu’elle s’était levée, la jeune fille tourna son visage vers lui.
Un masque de corbeau poisseux et noir recouvrait celui-ci.
La voix dérailla.

Jusqu’à-ce que tu plonges dans l'abyme.


Hans se réveilla en sueur, mais point en sursaut. La peur et le malaise le paralysa pendant une infime seconde. La lumière crue qui filtrait de par les lourds rideaux avait eu raison de son sommeil. Il bâtit des cils pour s'accoutumer au jour tandis que son esprit se réveillait de son...cauchemar ? Il tira légèrement sur ses articulations pour éviter d'effectuer un faux mouvement alors qu'il se tournait sur le côté. Aurore, délicieusement placide, le regardait. Disons qu'il l'imaginait plutôt, placide ; la jeune fille se trouvant en plein contre-jour, cet effet l'empêchait de distinguer clairement son visage du haut de ses quelques secondes d'éveil. Ses yeux papillonnèrent deux, trois minutes supplémentaires en détaillant avec mollesse, la robe - et surtout la couleur de celle-ci - que portait la « noblette ». Il eut un sourire en coin : il se corrigea sur cette appellation en la cédant à « chaton ». Un bleu monochrome ondulait sur la soie et une satisfaction autant qu'une terreur immense l'envahirent au même instant. Il pouvait se gargariser d'avoir amadoué un pantin mais ne pouvait pas refouler son mauvais rêve qui, profitant de la ressemblance, faisait ressurgir dans les pensées de Hans la jeune fille bleuté au masque de corbeau. Heureusement pour notre jeune conte son effroi retomba comme un soufflé une fois que son esprit fut un peu plus éclairé. Le rêve était fini, il n'y avait plus de quoi avoir peur. Il s'assit sur le bord du lit avec une grande lenteur. Quelle heure était-il ? Son regard parcourut la pièce mais il ne vit rien susceptible de le lui indiquer. Sans prêter plus attention à la noble, il se leva, se dirigea vers la fenêtre et ouvrit un peu les rideaux. La luminosité qui envahit son champ de vision l'aveugla superficiellement avant qu'il ne puisse contempler la position du soleil. Celui-ci était déjà bien haut dans le ciel, et avait entamé son deuxième cycle. Le temps s'annonçait magnifique pour un milieu d'après-midi.

-Je vois que vous êtes décidée et prête. Ne perdons pas un instant. Une nouvelle vie vous attend après tout.

Hans avait débité ces mots d'un ton apaisé. Ses vêtements ne se trouvaient point ici, mais il était certain qu'en demandant à la demoiselle, elle saurait l'y conduire le plus rapidement et furtivement possible. Il alla dans la salle d'eau adjacente et communicative, puis entreprit une toilette succincte. Il n'était pas un sauvage, au cas où il tomberait sur une servante le long des couloirs -ou pire, sur un maître de maison - il se devait d'être un minimum en bonne mine. Il savait aussi que s'il avait tranquillement attendu le soir, l'escapade aurait été plus aisée. D'autant plus que si la demoiselle avait réussi à le garder déjà tout ce temps sans être dérangée, il ne doutait pas de ses capacités a le couvrir un peu plus longtemps. Mais, et il y avait un grand mais, Hans était impatient de nature et son foyer lui manquant énormément après cette longue péripétie, il souhaitait le rejoindre le plus rapidement possible. C'est ainsi qu'au saut du lit il avait conclu que son départ serait imminent. Il revêtit ses habits de couche et testa l'humidité de ses cheveux : celle-ci était tout à fait correcte pour qu'il puisse ressortir sans risque une affection grave. Évidemment avec la journée d'hier, il avait attrapé un bon rhume, si ce n'était un début de crève. Mais c'était loin d'être assez pour l'arrêter dans son élan fougueux d'enlèvement. Cela faisait bien longtemps qu'il n'avait point arraché de chatons en devenir à des familles ignares de leurs perles. Il se rendit compte que cela lui avait affreusement manqué. L'euphorie et la joie toute enfantine que cela lui provoquait aurait pu justifier à son cœur, n'importe quel acte de barbarie qu'il pouvait avoir à perpétrer pour « acquérir » son dû. Il revint dans la chambre et observa un instant sa nouvelle domestique. Ses iris océans parcoururent son visage quasi-pétrifié. Décidément, la grâce de ses traits était incomparable et il ne se lasserait -assurément - jamais de la contempler. De plus il ne possédait aucun chaton ayant pareille fourrure pour cintrer son minois, ce qui rajoutait du charme à son nouveau bien.

-Pour le chemin, je vous fais confiance. Ne prenez rien, vous n'en aurez pas l'utilité. Pour ma part, j'ai besoin de récupérer mes affaires, notamment mes bottes.

La jeune fille l'écouta attentivement et le déroulement des deux heures suivantes se concentra autour d'une même intrigue : atteindre la buanderie sans être remarqué. Il allait de soit que la jeune ne devait pas non plus être aperçue -ou en tout cas, le moins possible - pour éviter que les domestiques ne pullulent devant elle, la prenant à partie. Se serait une perte de temps immense et cela augmenterait les risques d'un échec. Aussi, ils prirent tout leur temps et arrivèrent sans encombre à leur destination secondaire. De là, Hans put enfiler ses bottes, sa bonne fortune lui donnait la possibilité de repartir avec ses vêtements et chausses propres - bien que pour les vêtements, il ne les revêtit point, car étant encore humide. Les servantes de ce château semblaient pleines d'entrain à contrario des propriétaires de la demeure. En effet, on entendait qu'elles dans toute la bâtisse.

S'enfuir prit beaucoup moins de temps que prévue : ils avaient pu profiter de la pause des domestiques pour se faufiler avec plus d'aisance dans les couloirs. Un atout dans cette escapade fut s'en aucun doute que la démarche fantomatique de la belle aurait fait rougir n'importe quel voleur professionnel. Hans se plaisait à croire que la cause de ceci se trouvait dans le vide dont elle semblait être constituée, la rendant ainsi légère dans sa démarche. Un peu comme les idiots bienheureux en fait. L'image fit sourire le conte et il se corrigea mentalement tandis que son faciès esquissait le fameux rictus amusé. Lorsqu'ils atterrirent sur la grande route, il héla une diligence qui passait par pur chance à ce moment, et c'est ainsi qu'ils finirent par regagner le Croocked Village. À son arrivée, une bouffée de réussite envahit le bleu. Il venait de ramener un nouveau bijou. Il ferait mourir cette ancienne aube sans chaleur pour qu'elle revive avec plus de splendeur qu'il ne lui aurait été permis dans son ancienne, morose de vie.

[Hans x Aurore désengagés]
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