Petit humain, mais qu'as-tu fait ? Ouvrir ce livre, pris de curiosité ! Quelle grave erreur, car dès maintenant, les contes te garderont pour eux !
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 Sous le pont qui, lui, ne s'écroulera jamais [PV Hans]

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MessageSujet: Sous le pont qui, lui, ne s'écroulera jamais [PV Hans]   Dim 23 Sep 2012 - 17:33

Rendez-vous d'hiver



Le pont arc-en-ciel du royaume de Candis se tenait ferment et depuis des lustres sans que l’on ne sache trop comment. Il avait bien de la chance de ne pas avoir à se soucier du temps, des guerres, des êtres humains qui composent notre quotidien et qui nous construise. Ou nous détruise… Il se contentait d’être là.

Hansel posa la main sur cet arc en ciel rigide. Assis, il caressait l’étrange matière translucide, la touchait, l’éprouvait sous son poing et les pressions de ses doigts. S’il levait la tête, toute la vue de la plage calme et grise s’offrait à lui. Plus loin encore, il apercevait la forêt vivante. Le ciel était gris, les nuages énormes et épais. Hansel souffla entre ses mains tièdes malgré l’hiver rugueux. Pourquoi se  donner rendez-vous ici ? Hans était décidément un excentrique. Mais le blond ne l’ignorait pas et se contentait d’attendre l’heure prévue.
Hansel avait eu un automne très difficile. Celui dont il était tombé amoureux était une des composantes de ce désastre saisonnier.  Mais, après toutes ces tribulations, ces aventures, tout avait semblé finalement prendre un chemin plus aisé, plus simple. Que neni. Pas avec le seigneur de Necis, non, non.  Rentrant chez lui après cette nuit affreuse au puits à souhait, il découvrit qu’on pouvait toujours tomber plus bas. Malade, très affaibli, son seul soutient qu’il venait retrouver avec impatiente venait de s’effondrer. Gretel était partie. Inutile de préciser l’état de confusion total d’Hansel lorsqu’il découvrit la lettre anonyme où Gretel avait cru bon d’ajouter ces doux mots : « J’ai envie de te tuer. Je pars » avant de mentionner son nom en lettre de sang en guise de signature.  S’effondrant dans l’escalier, il avait avisé affolé le rez-de-chaussée complètement vide et froid.  Ses secrets avaient été découverts et n’avaient pas reçu le meilleur des accueils de la part de sa chère sœur. Inquiet, déçu, désespéré, Hansel se donna une semaine pour se rétablir complètement. Il ne pouvait rien faire dans cet état et il partît à la recherche de sa sœur dès qu’il se sut en mesure d’y mettre toutes ses forces. Cela faisait maintenant un mois qu’il l’a cherchait sans relâche dans tout Queer Tales.  Mais elle passait inaperçue ou presque, les pistes étaient rares. Avant de partir, il n’oublia pas de demander le soutient des habitants de son royaume, mentionnant de fortes récompenses et privilèges à tous ceux capables de l’aider dans ses recherches. Mais jusqu’à là les informations se révélaient sans intérêt. Le peuple grondait contre ce gouverneur qui ses derniers temps, passait trop de temps en dehors de son propre royaume. Hansel sentait qu’il ne pouvait abuser de la patience d’un peuple, qui à la base, à l’image de leur souverain, n’en possédait qu’assez modérément. Il jura sur l’honneur de ne plus mettre un pas en dehors du royaume une fois sa sœur retrouvée. En attendant, le chef de l’ordre le plus haut placé s’occupait des affaires urgentes du Royaume. Julia  était une vielle connaissance d’Hansel. Une bonne amie avec qui il n’avait couché, ce qui était rare chez les amies du jeune homme. Il lui faisait confiance et la jeune fille savait qu’elle avait tout intérêt à obéir. Bref, le royaume était en de bonnes mains, il était libre de partir à la recherche de sa sœur sans avoir à s’inquiéter d’avantage.

Il ne revint qu’une seule fois chez lui, au bout de trois semaines. Il pensait que peut-être Gretel serait revenue et aurait laissé des traces ou indices. Mais ce ne fut pas le cas. Cependant, ce détour ne fut pas une perte de temps : Il eut la surprise (et la joie) de découvrir la lettre très brève d’Hans, son amant et son aimé, qui lui ordonnait plus qu’il ne lui demandait de venir sur ce pont, à l’heure où il était en ce moment même.  Hans était donc prêt à revoir celui qui l’avait si durement offensé il y a plusieurs semaines. Le blond n’avait pas oublié le jeune homme durant ses recherches, il pensait à lui à chaque fois où il tournait la tête en direction de son manoir, le dernier endroit où ils s’étaient vus. Où Hans avait dit venir le chercher une fois qu’il serait prêt.  Hansel, lui, était prêt depuis longtemps et était tellement heureux à l’idée de le revoir que Gretel et son fantôme le laissait en paix pour l’instant. Une ombre d’inquiétude persistait, mais il ne voulait pas douter, et se persuadait qu’il pourrait enfin le serrer dans ses bras sans relâche, sans retenue, l’embrasser chaudement et lui demander de l’accompagner dans sa recherche. Il ne voulait plus être séparé du bleu. Son monde s’écroulait et il pensait que seule la présence de son amant à ses côtés pourrait l’empêcher de sombrer totalement.  Qu’allait-il devenir sans sa sœur ? Ou plutôt, il se demandait : qu’allait-elle devenir sans lui ? Persuadé que Gretel était trop jeune pour sortir et vivre sa vie, tous ses sens étaient rongés d’inquiétude. Il remarquait aussi un brusque changement à Queer Tales. On entendait toutes sortes de rumeurs effroyables. Il devait absolument voir la reine de cœur pour savoir ce qu’il se passait. Mais  elle aussi semblait bien occupée, et son comportement bien étrange… Hansel ne supportait pas l’idée de quitter ton royaume trop longtemps en ces temps de crises. Retrouver Gretel était une priorité personnelle, mais il devait penser à tous les autres habitants de Necis à sa charge. Tous ces bouleversements imprévus le minaient. Il regrettait sa vie d’antan, si limpide et si solide. Comme l’était le bridge rainbow, qui, décidément, avait beaucoup de chance.


Fortes Fortuna Juvat.

Spoiler:
 


Dernière édition par Hansel Friedrich le Mar 21 Oct 2014 - 18:33, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Sous le pont qui, lui, ne s'écroulera jamais [PV Hans]   Lun 29 Avr 2013 - 22:03
The promise
Aucune lumière ne filtrait de par la fenêtre. Il rabattît la couverture sur son visage, déniant la noirceur du matin. Encore une nuit. Ses côtes ne le faisait plus souffrir ce matin, mais il n'était pas dupe, s'il prenait un coup à cet endroit alors...il y avait des chances pour qu'elles se cassent de nouveau. Le rétablissement qu'effectuait l'eau miraculeuse de l'église mettait du temps à se stabiliser, et nécessitait moult repos. Dans quelques jours cela fera un mois. Un mois d'alitement, quelle horreur. Il grimaça en resserrant la couverture autour de lui. Il avait énormément souffert aussi. Un spasme le parcouru rien que de penser à ce qui lui était arrivé. Trois semaines déjà... on toqua à la porte. Le jeune homme se renfrogna mais ne dit rien lorsque celle-ci s'ouvrit timidement. De petits clapotis résonnèrent, tandis que Maria vint, une bougie à la main, s'asseoir sur le bord du lit.

-Il est déjà cinq heure… je vois.

La servante acquiesça, Hans repoussa la couverture, et s'assit convenablement. Il se frotta les yeux et scruta le visage de la frêle jeune fille. Celle-ci ne lui jetait pas un regard, les yeux baissés sur ses pieds, comme le voulait sa bonne éducation : « on ne regarde pas le maître de maison lors de son réveil ». Il la connaissait tellement bien, il savait que ce genre d'action devait la rendre folle d'inquiétude. Serait-elle jalouse s'il lui disait pour qui il faisait cette sortie ? Il fronça les sourcils. Normalement non, mais à vrai dire, il avait souvent peur que les sentiments de son chaton adoré prenne le pas sur sa raison. Ce serait une grave défaillance aux règles.

-Ne t’inquiète pas, je ferais attention. Il faut…il faut que j’aille résoudre une histoire avec l’homme qui m’a ramené ici, la dernière fois.

Contrairement à ce à quoi il s'attendait, aucune crispation de ces traits, aucune muraille, aucune tentative pour paraître stoïque, non c'était tout l'inverse : l'adorable minois de Maria se détendit, un léger sourire chaleureux naquit sur ses lèvres prisonnières. Il lui demanda alors quelle était la cause d'une telle réaction : avait-il réussit à la soulager de ces angoisses ? Elle soupira, comme pour elle-même :

-Ça devrait aller n’est-ce pas… il vous portait avec tellement de précaution.

La remarque piqua les joues du bleu d'un rose vif. Il baissa les yeux et pensa pour lui-même : de la précaution hein... Il congédia la servante en lui intimant l'ordre de lui ramener son petit-déjeuner. Une fois qu'elle fut sortie, il se leva, effectua sa toilette et se vêtit. Se faisant, il passa devant le miroir et conçut le désordre qui régnait sur sa chevelure. Il entreprit de la maitriser tout en se posant longuement la question de s'il valait mieux ramener ses cheveux par-dessus l'une de ses épaules -mais il fallait ensuite ce décider du côté- ou s'il valait mieux les laisser comme à l'accoutumé. Maria entra avec les mets juste à ce moment-là. Il se stoppa net et se sentant idiot de ce qu'il était en train de faire -bien que la domestique ne l'avait pas vu- il la remercia sèchement.

Le cocher arriva avec du retard, ce que lui fit remarquer le Grisélidis sur un ton hautain. L'autre se contenta de marmonner dans son épaisse barbe, sans un regard pour son client. Quelques domestiques, qui étaient accoutumées à commencer leurs tâches aussi tôt, vinrent sur le perron faire un signe à leur maître qui leur sourie en retour, avant de disparaître dans le carrosse. Celui-ci était construit de manière très confortable, il lui semblait même que les coussins étaient d'un moelleux extraordinaire. Les servantes devaient beaucoup s'inquiéter après tout, pour avoir choisit un transport aussi luxueux. En effet même si Hans empruntait souvent -pour ne pas dire presque tout le temps- ce genre de transport, il ne choisissait jamais les plus chers, trouvant que ceux de la classe en dessous étaient corrects. Mais dans l'état où il était, il avait été judicieux que de leur propre chef, elles déboursent plus que ce que Hans avait l'habitude. Elles étaient terriblement attachées à lui après tout.

Le long du voyage -qui devait le faire arriver vers le coup des trois heures, quatre heures de l'après-midi - il repensa à bon nombre de choses. Il y avait un peu moins de trois semaines...il revenait du cirque. Il avait fait apporter à son chevet de quoi écrire et avait envoyé une lettre aux Friedrich, plus précisément à Hansel. À vrai dire cette action avait été faite sur un coup de tête complet, ses blessures encore fraîches lui avaient donné une fièvre infernale. Il ne se rappelait même plus ce qu'il avait écrit dedans, mais la servante présente à ce moment lui avait confirmée qu'elle était très courte et lui avait aussi rappelée la date, puisqu'elle l'avait aidée à choisir celle-ci, ce qui avait rassuré le conte. Au moins son esprit avait eu un éclair de lucidité en n'en profitant point pour épancher ses sentiments et...d'autre chose. Il ne savait pas s'il était prêt, il n'avait toujours pas sa réponse pour le blond. Mais...s'il ne venait pas à ce rendez-vous qu'il avait lui-même instauré, alors...il y avait des chances pour que le Friedrich l'interprète mal. Et serait un peu comme...la fin.

En réalité, Hans espérait secrètement que la vue du Blond lui fit faire instantanément le bon choix. Il n'était pas dupe de lui-même. Pourquoi avoir insisté pour écrire et envoyer cette lettre dès son retour ? La réponse était tellement simple pour Hans, d'une logique imparable. Il aurait tellement aimé qu'Hansel fut là, qu'il puisse se blottir contre lui en attendant de se rétablir et d'aller brûler ce chapiteau. C'était certainement la personne qu'il avait le plus ardemment désiré voir pendant toutes ses journées passées seul dans son lit. La seule compagnie qu'il avait eue, fut ses servantes. Bien qu'au niveau de la tranquillité qu'exigeait un souffrant, elles furent parfaites, elles ne le furent pas du point de vue affectif. Hans ne leur donnait aucune valeur en dehors de celle de servantes parfaites et femmes parfaites, ce qui revenait un peu à la valeur d'un beau vase en porcelaine. Il n'avait aucun besoin affectif envers elles, seulement un besoin possessif, et cela, il l'avait déjà.

Le petit panier qu’il avait emporté avec lui contenait des galettes ainsi que de la terrine, et pour finir deux pommes. Il dégusta le tout en route, sans arrêter le cocher. Il n’avait pas de temps à perdre s’il voulait arriver à l’heure. Au bout de plusieurs heures après ce repas rapide, l’engin s’immobilisa. Hans entendit le conducteur descendre, et bientôt, celui-ci ouvrit la porte.


-Vous voilà à destination, pour arriver jusqu’au pont il vous faudra…


Hans descendit sans mot, n'écoutant même pas la suite. Il n'était pas ignorant, cela faisait un moment maintenant qu'il vivait dans le royaume de Candis, il savait par où se diriger pour aller sur ce pont. D'ailleurs, pourquoi avait-il donné rendez-vous là-bas ? Ça n'avait aucun sens pour lui. Il déposa une belle bourse dans les mains du cocher avant de s'aventurer sur le sable. Il ne prêta même pas attention au carrosse qui reprenait sa route. Il s'avoua intérieurement que prendre ses bottes habituelles (et fétiches) n'avait pas été des plus perspicaces pour cet endroit. En parlant de son habillement, au vu de sa faible constitution, il n'avait pas lésiné sur les vêtements hivernaux. Ainsi il avait abandonné ses pantalons très serrés contre un autre un peu plus ample qui lui permettait de porter dessous de chauds collants en laine. Il avait aussi ressorti sont pourpoint de cuir tanné en bleu -ce qui valait horriblement cher- très travaillé, et qui lui permettait de garder la chaleur que son chemisier en coton dégageait. Évidemment, de la même manière que ses bottes, il portait son éternel chaperon, et avait troqué ses gants de cuir contre ceux de velours, qui étaient bien plus chauds.

Il marcha pendant plusieurs heures, contemplant tour à tour le sable givré et la mer figée. Heureusement pour lui, le vent n'était pas au rendez-vous, ce qui rendait le froid tout à fait appréciable et supportable. Cela faisait plusieurs jours qu'il n'avait pas neigé, et ainsi, le peu qui restait avait soit, fondue en de la boue immonde, soit, s'était givrée, rendant les pavés des ruelles des villages plus mortels que les coupe-gorges. Il se remémora même avoir croisé une petite fille ici même, qui n'était jamais ressortie vivante de l'eau. Ce qu'il avait toujours trouvé étrange d'ailleurs. Avec le temps, il avait même fini par penser qu'elle souhaitait en fait se suicider et qu'Hans l'avait généreusement aidé sans le savoir.

L'éclat de couleurs qu'il apercevait au loin depuis le début se fit plus net, et il put distinguer une petite tâche qui dépassait de la rambarde. Un frisson le parcourut, son souffle se fit plus court. Il s'arrêta un instant. Il n'y avait aucun doute que s'il pouvait le voir, l'inverse était vraisemblable. Il baissa les yeux et reprit sa marche, il n'était pas encore arrivé mais il ne voulait pas être confronté au visage d'Hansel avant qu'il ne fut face à lui. Il ne savait pas vraiment pourquoi, mais cela le rendait affreusement confus. Il lui fallut encore au moins une heure pour arriver. C'est essoufflé qu'il monta sur le pont. Les couleurs lui piquaient les yeux mais il ne les levait toujours pas sur le blond. Il s'approcha et vint se poser à côté du Friedrich. Chaque seconde qui passait ravivait d'une manière très consistante la couleur de ses pommettes.

-Salut…

Le mot résonna dans le vide. Il se sentait tellement stupide. Plusieurs semaines étaient passées et il ne savait même pas quoi lui dire. De toute façon il était hors de question qu'il lui sorte quelque chose comme : « salut, comme tu te portes ? Moi je suis allé me faire lapider par une folle furieuse dans un cirque et de retour au manoir je délirais tellement que je t'ai envoyé une lettre ! ». Hansel lui mettrait une claque. Assurément. Ou en tout cas, c'était ce que Hans aurait fait à ça place. Et puis au fond, il était heureux d'être avec Hansel, à ce moment-là. Son souffle sortait en une fine buée puis se dispersait dans l'air. Il se laissa glisser le long de la rambarde du pont en pouffant.

-Désolé, je suis ému. Je ne pensais pas te revoir si tôt en toute franchise.

Il regardait ses mains, se tournait les pouces, ne savait pas trop quoi en faire. Cela faisait si longtemps qu’il n’était pas sorti que l’air frais lui piquait les narines et lui donnait mal à la tête.

-Ne le prends pas mal…ça n’à rien avoir avec le fait que je sois prêt ou pas. Non disons… je pense que ça va maintenant.

Il rabattit sa capuche et remis ses cheveux en place. Le Grisélidis n'imaginait même pas qu'Hansel eut pus l'oublier avec un autre, après tout il lui avait donné son accord, il lui avait dit qu'il l'attendrait. Il n'y avait aucune raison pour qu'il ne l’ait pas fait n'est-ce pas ? Hans avait entendu dire que ce « roi » était toujours au petit soin de sa jeune sœur. Après tout, Hans comptait autant dans son cœur non ? Il l'espérait du moins, il espérait même plus. Un sourire éclaira son visage palot, il se trouvait bien calme aujourd'hui, sa faiblesse en était-elle la cause ? Peut-être que se serait leur premier rendez-vous sans violence. Cette idée le fit doucement rire puis il se rembrunit. Il soupira. Il se voyait mal se jeter dans les bras ou faire ce genre de choses maintenant, aujourd'hui, mais il pouvait bien lui donner sa réponse sur un autre ton...oui un autre ton. Il souffla :

-Tu sais...j'avais tellement envie qu'un soir tu toques à ma porte et que tu...je ne sais pas enfin, que tu sois là. Je sais, c'est idiot, c'est moi qui ai dit que je serais celui qui viendrait à toi mais...hum, on peut considérer que j'ai tenue ma promesse non ? Comme tu es là, je suppose que tu as cœur à tenir la tienne aussi.

Enfin, il n’y avait pas de raison pour que ce ne fût pas le cas.
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MessageSujet: Re: Sous le pont qui, lui, ne s'écroulera jamais [PV Hans]   Mar 30 Avr 2013 - 16:15
Confidence pour que tu ais confiance


C'était la première fois qu'Hans ne se rependait pas en long discours. Qu'était-il arrivé à Hans pour que toute trace d'impertinence disparaisse de son visage et de ses mots  ? Hansel, sans piper mot se demandait quel étrange changement avait pu entraîner une telle révolution. Bien sûr, il ne songea pas le moins du monde que le rapport forcé qu'ils avaient eu (quelle élégante façon de décrire un viol, n'est-ce pas!) y était pour quelque chose, puisqu'il ne se souvenait tout bonnement plus de cet incident. La mémoire, très sélective d'Hansel, n'était d'ailleurs pas prête à resurgir.
Quand il vit Hans apparaître au loin, il eu une envie folle de courir vers lui. Mais il se retient quand il comprit qu'Hans était intimidé, le regard vissé sur le sol, refusant de se lever vers le blond. D'abord confus, le seigneur de Necis décida que cela ne faisait rien, et que son aura magnifique devait être trop éblouissante. Puis il sourit, et se fit que, finalement, Hans devait juste être timide et qu'il n'y avait point raison de parler d'une aura, de toute façon inexistante. Une fois le bleu à son niveau, il sentit son cœur battre plus vite, et il eut moins froid. Cependant, il ne fit aucun mouvement vers Hans, sentant que c'était peut-être pas le moment approprié. Hansel et son sixième sens interprétèrent d'ailleurs assez bien la situation, et il sut se tenir comme il le fallait. Sans interrompre son amant, et tout en considérant son étrange façon de parler, Hansel l'observait. Non, le décryptait était peut-être plus approprié. Chaque clignement de cils, regard en coin, mouvement de ses doigts, le blond les regardait avec un œil d'aigle. Vieux réflexes de prédateur, l'homme avait depuis longtemps compris que le langage du corps était tout aussi expressif que celui des mots. Mettant les deux sur un pied d'égalité, il attendit patiemment qu'Hans eut finit de dire ce qu'il avait sur le cœur. Il eut l'impression de revoir sa petite sœur timide, et une affection sans borne monta jusqu'aux bords de ses lèvres pour rassurer l'adolescent :

- Tenir sa parole, c'est la seule chose qui nous reste, à nous, manipulateurs et assassins, pour préserver notre honneur.

Il s'agenouilla en face d'Hans et perdit son grand air pour un sourire en coin simple et sincère.

- Mais pour être honnête, je suis surtout là parce que j'avais envie de te voir...

Hansel le regarda une poignée de secondes puis, se pencha au dessus de lui pour l'embrasser. C'était le genre de baiser où quatre lèvres suffisaient pour faire passer un message que d'autres auraient, en vain, tenter d'exprimer par de longs discours. Ils n'avaient pas besoin de ça, ou du moins, Hansel l’espérait. Il aimait l'idée de communiquer uniquement par des silences, des sourires ou des baisers. A vrai dire, il était certain qu'à l'avenir, Hansel oublierait d'écouter les tirades interminables de son amant. De temps en temps seulement. Il regarderait Hans s'agiter tout seul, puis le blond s'avancerait pour l'embrasser quand il aurait eu enfin finis de parler, cachant par là son inattention. Mais, pour l'instant, Hansel était tout à Hans, attentif comme jamais. Il se sépara de lui après quelques secondes. Un peu de buée s’échappa de ses lèvres :

- Tu m'as manqué.


Fortes Fortuna Juvat.

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MessageSujet: Re: Sous le pont qui, lui, ne s'écroulera jamais [PV Hans]   Sam 11 Mai 2013 - 20:45
Bury the Axe

Il fallait le dire, le voyage l'avait lessivé. Bien que ses blessures fussent refermées, sa vitalité n'était toujours pas comparable à celle d'avant. Il fallait croire que les longues heures de sommeils n'avaient pas eu raison de cet état amorphe qu'il haïssait. Il se détestait d'autant plus qu'il ne s'était absolument pas imaginé ainsi le déroulement de sa réconciliation. Ce n'était pas la tournure de ses dires qui le chagrinait, mais la manière dont sa mâchoire se mouvait pour les prononcer. Il était vaincu, et il voyait déjà fanfaronner le blond devant lui. Une peur folle s'emparait de lui à l'idée qu'Hansel put croire qu'il était aussi simple de le faire tomber amoureux, de le soumettre. Hans ne voulait pas paraitre aussi misérable et en même temps, il se devait de passer par là. Le seigneur de Necis n'avait pas fait tout ce chemin pour rien. Il était trop tard pour reculer à présent, mais ce n'était pas pour autant qu'il le laisserait mener la danse.

Bref, pour l'instant il se devait de courber l'échine et de s'excuser. Il y a encore quelques jours, il se serait révulsé à cette idée. Lui, s'excuser ? Et de quoi en premier lieu ? D'être née trop «charmant » au goût de monsieur ? Il aurait certainement rit d'ailleurs. Mais il avait bien réfléchi à tous ces évènements et s'était molesté mentalement. Depuis quand pensait-il et réagissait-il comme une exécrable fillette ? Il était un meurtrier, tout comme Hansel ; la violence courrait dans leurs veines, les rapports de forces n'étaient pas les mêmes. Son oisiveté apparente lui avait presque fait oublier comment marchait ce monde, les règles bien établis d'une certaine population dont il faisait partie. Au fond, Hansel n'avait rien fait de mal, il s'était contenté d'appliquer les lois invisibles inhérentes à toutes personnes appartenant à l'ordre des prédateurs. S'il avait été une bergère sans défenses ni ressources, Hansel se serait sûrement excusé avec plus de sincérité, car dérangeant les mœurs de celle-ci. Or, Hansel n'avait pas dérangé réellement les mœurs du bleu, le Grisélidis ne correspondait pas à la description précédente, justement. Il s'était, au contraire, certainement dit qu'il le méritait et que c'était bien fait, pour l'avoir autant cherché. Lui en voulait-il toujours ? Non plus vraiment. Il ne pouvait tout de même pas complètement lui pardonner, se serait tel qu'accepté que le Friedrich le traite autant qu'il le souhaita sans respect, comme une vulgaire putain ! Hans leva les yeux sur le bond au même moment où celui-ci prit la parole :

- Tenir sa parole, c'est la seule chose qui nous reste, à nous, manipulateurs et assassins, pour préserver notre honneur.

Cette phrase le frappa de plein fouet. Il s'en voulut secrètement de ne même pas avoir envisagé qu'Hansel puisse être désolé de son acte et éprouver une aussi grande valeur que l'honneur. Hans ne laissa pas échapper de rire, il était maussade : son honneur, il l'avait perdue depuis longtemps, le jour où il avait échoué à tenir la seule promesse qui vaille vraiment. Se morfondre dessus à pareil moment aurait été pathétique, il refoula ce souvenir aussitôt. Il se devait d'être réjouis, Hansel semblait très sérieux au sujet de sa promesse. Ce qui signifiait assurément aux yeux du jeune qu'il avait effectué un examen de conscience. Tomber en pâmoison devant un tueur était certainement la dernière chose à faire, surtout quand on l'était soi-même ; un peu comme deux flammes qui se rencontrent et embrasent la forêt. Il le vit s'accroupir, puis s'agenouiller devant lui. Le sourire qu'il décocha en prime valut à Hans un doux coup de chaleur -ce qui était très agréable en cette période glaciale. En d'autres circonstances il se serait certainement laissé à des caresses mais il commençait à connaître cet homme : bien trop gourmand de nature. De ce fait Hans se devait d'être corporellement strict -enfin, pas non plus frigide - s'il voulait garder la situation sous contrôle. Qui plus était, cette retrouvailles avait une importance capitale, elle devait servir de nouvelles fondations à leur relation plus que chaotique. Un départ plus sain, plus cadré, et moins larmoyant en ce qui concernait Hans. Il voulait faire oublier à Hansel dû mieux qu'il le pouvait ses instants de faiblesses et de laisser-aller devant lui. Il se voulait effronté, culotté même, avec un tempérament infernal, et non pleurnichard. S'il ne pouvait « dominer » comme il en avait toujours eu l'habitude il trouverait un autre moyen pour le faire. Bien qu'il ne fût pas acclamé pour sa patience, il saurait en faire usage et assurément, faire d'autant plus usage de celle de son partenaire.

Pendant ce temps de réflexion, Hans lui exprima son désir d'être à ses côtés et que c'était pour ainsi dire, plus de par cette envie que de par la promesse qu'il se retrouvait ici - ce qui, au sens de Hans, revenait au-même, il ne voyait pas trop pourquoi le blond faisait une distinction entre les deux. De toute manière il ne s'en préoccupait pas, bientôt son amour se pencha en avant pour lui livrer un baiser. La douceur de l'action laissa pantois notre berger repentie. La douceur n'était pas censée être servit dans le paquet nommé « Hansel » normalement ; Pour Hans, cela ne s'apparentait même pas à l'embrassade d'un couple bien installé ensemble -puisque ce n'était point le cas. Cela ressemblait plus à ce que le bleu ne voulait pas : un baiser de consolation, celui que l'on dépose sur les lèvres fragiles et tremblotantes. Ce moment dura quelques secondes, avant qu'Hansel ne laisse échapper une phrase aussi venimeuse qu'adorable, en l'occurrence : « tu m'as manqué ». Avait-il l'air pitoyable ? Certainement oui, de par la manière dont il avait replié ses jambes, la manière dont sa langue avait de claquer contre ses dents et son palet. Tout son être avait du dégouliner de sucre sans une once d’acidité, de fébrilité sans une pincée de tromperie. Il laissait beaucoup trop son corps parler, montrer sa faiblesse générale ; Hansel en était même tout mollassons. Son apparence désarmée avait-elle bercé la bête ? Il l’entendait quasiment ronronner d’ici, tel un chat dormant avec son jouet favori après avoir compris que celui-ci était inanimé. Hans n’allait pas pour autant le brusquer, tout du moins, il venait de décider qu’il se retiendrait pour cette fois-ci. Il n’était tout simplement pas en état pour se permettre pareille chose. Des rumeurs et véracités lui revenait en tête : le « roi » de Necis avait toujours été aperçu ainsi, comme une force tranquille, calme et détente régnant en lui lors de ses escarmouches ou traitement sanguinaire. Hans faisait partie des rares personnes à l’avoir fait sortir de ses gonds ; contrairement aux autres – ce qu’il imaginait – il était toujours là pour en parler.

Hans se releva sans bruit, et tendit sa main à Hansel pour l’inviter à faire de même. Il avait froid, marcher le réchaufferait très certainement beaucoup mieux que s’il restait statique.


-Faisons un petit tour, on va geler à rester ici.

Se rendant tout de suite compte que son ton était peut-être un peu froid, il décida d'enchainer sur un peu d'explication :

-Moi aussi tu m'as manqué, Hansel. Et je ne sais toujours pas si c'est une bonne chose. En général lorsque j'éprouve le sentiment pressant et oppressant de revoir quelqu'un c'est pour l'équarrir.

Il baissa les yeux, cherchant ses mots avant de lui lancer de nouveau un regard, sérieux, comme pour suivre cet avertissement :

-J'ai le sang chaud dans tous sentiments que je ressens. Si tu recherchais une relation cossue, tu peux partir. Sinon...sinon et bien je crois que l'on a beaucoup de choses à se dire. Ses joues s'empourprèrent tandis qu'il prononçait la suite. Je m'excuse de t'avoir pris à la légère, tu vaux bien plus qu'une simple amourette à mes yeux.

Il souffla, puis rit légèrement. Il était temps d'enterrer la hache de guerre. Au moins pour cette fois-ci.


[c'est couuuuuuuuuuurt t___t bonpatron bug en ce moment, j'ai fais de mon mieux :s ]
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MessageSujet: Re: Sous le pont qui, lui, ne s'écroulera jamais [PV Hans]   Mar 11 Juin 2013 - 18:37
Couleur Bleue




Il apparaissait clairement qu’Hans ne se livrait pas aussi facilement qu’Hansel aux preuves d’amour. Il sembla même à Hansel qu’il était contrarié. Ce dernier tentait de saisir les subtilités du caractère d’Hans, ce qui n’était pas chose aisée. Il était un adolescent fantasque, indécis, contradictoire. Il était méchant lorsqu’il aimait, et le blond imagina qu’il trouvait de la peine dans son bonheur. Lui n’avait pas ces difficultés, sa nature l’amenait à prendre les choses comme elles venaient. Hans, au contraire, résistait. Sa tête tentait de dominer son cœur. Peut-être  ce baiser lui avait-il rappelé  leurs derniers contacts, il y avait de cela plusieurs semaines. Il n’en avait certainement pas gardé de bons souvenirs. Pour la première fois, Hansel pensa que le gamin était encore blessé de leur étreinte au puits. Ses déclarations d’amour et ses gestes doux ne rattraperaient peut-être jamais sa folie de ce jour-là. Une lumière triste vacilla dans le regard d’Hansel. Sa tête était pleine de « peut-être », alors qu’il y avait un instant à peine, elle débordait d’ « Hans ». Il se sentit déstabilisé par le comportement distant du bleu, recroquevillé sur lui-même. Le visage du blond se referma comme une fleur au coucher du soleil. Etaient-ce les retrouvailles dont il avait tant rêvé ?

- Faisons un petit tour, on va geler à rester ici.

Hansel baissa la tête sur ses chaussures ; sa tête tournait à plein régime –chose finalement assez rare. Si Hans était encore outragé, que devait-il faire ? Hansel n’avait plus que de l’amour à lui donner, pour le moment. Rien ne le mettrait en colère, rien ne pouvait le rendre triste, si ce n’était entendre qu’Hans le craignait. Qu’il avait peur de ses mains, de son impulsivité. Mais il n’était plus l’homme à fleur de peau du mois dernier ; de nouveau, sa force tranquille était revenue. Sa douceur était entièrement offerte à Hans, qui devait se douter qu’il était un des rares  à la recevoir. Hansel fut pris d’une illumination : Et si Hans n’appréciait pas cette facette ? Il ne la connaissait pas, après tout. Il devait se demandait où était le tumultueux et passionné Hansel.
Une main tendue sous son nez coupa net ses réflexions. Le roi de Necis interpréta cela comme le signe qu’il était inutile de réfléchir et de formuler trop d’hypothèses. Il devait maitriser sa surprise et ce qui ressemblait de plus en plus à de l’appréhension. Fermement, il attrapa sa main, qu’il ne voulut plus lâcher.

- Moi aussi tu m'as manqué, Hansel. Et je ne sais toujours pas si c'est une bonne chose. En général lorsque j'éprouve le sentiment pressant et oppressant de revoir quelqu'un c'est pour l'équarrir.

Hansel fut rassuré. Lui aussi était un être capable d’être sensible, et les mots d’Hans devait être bien choisis. Ayant évité de trop penser à la nature de leur relation, le blond ne s’était pas assez préparé à cette rencontre, bien qu’il l’avait tellement attendu. Sa susceptibilité semblait faire son grand retour. Il se rappela qu’Hans pouvait penser et ressentir sans lui, qu’il ne devait pas le tenir pour acquis. Au fond, c’était bel et bien lui qui était totalement dévoué à Hans. Il exécuterait n’importe quoi pour être certain qu’il resterait à ses côtés. Il ne souhaitait pas avoir de raison de douter qu’il faisait bien de considérer qu’Hans lui appartenait, et réciproquement. Heureusement, les pensées d’Hansel étaient hermétiques et il était impossible de savoir ce qu’il pensait, ou même ressentait, s’il avait décidé de faire taire son corps aussi bien que sa langue. Celle de son amant se déliait au fur et  à mesure qu’ils marchaient sur le pont.

- J'ai le sang chaud dans tous sentiments que je ressens. Si tu recherchais une relation cossue, tu peux partir. Sinon...sinon et bien je crois que l'on a beaucoup de choses à se dire. Je m'excuse de t'avoir pris à la légère, tu vaux bien plus qu'une simple amourette à mes yeux.

Hansel n’avait pas d’écharpe pour cacher son sourire, alors il ne fit aucun effort pour le dissimuler. Il souriait en coin, touché plus qu’il n’y paraissait. Il était donc inutile d’imaginer le pire, comme il le pensait !

- Hans, Hans, Hans… !

Il s’arrêta, pris la tête du bleu dans ses deux mains et couvrit son front de baisers.  Il était chaleureux, joyeux, soulagé. On aurait dit un grand enfant. Hansel ne ressentait jamais rien à moitié, lui non plus. Et il n’était pas décidé du tout à cacher ses émotions. Comme d’habitude, avec celui qu’il aimait, il se laisserait aller sans calculs.

- Je te pardonne, sourit-il avec des yeux malicieux. Tu es le plus merveilleux des pécheurs, et je te pardonne aussi pour l’avenir. Quand tu seras désagréable avec moi, quand tu te montreras égoïste, jaloux, autoritaire, arrogant, bavard, manipulateur, agressif.

Hansel ne se rendait pas compte que cela ne sonnait peut-être pas agréablement aux oreilles de Grisélidis, qui se voyait attribuer une sacré liste de défauts.  Mais il ne pensait pas à mal et cela transparaissait.

- Il faut bien ça pour que tu pardonnes mes propres défauts. Je te promets une liaison tumultueuse et terrible !

Il riait en finissant sa phrase. Sans prévenir, il le tira par la main vers la plage, marchand à grands pas.

- Allons quelque part, n’importe où, tant qu’il y fait chaud ! Tu as une drôle de mine.

Hansel avait remarqué son teint encore plus pale qu’à l’accoutumée. Ce dernier semblait fatigué, ses traits étaient tirés et il était vrai qu’il n’avait pas très bonne mine. Le blond pensa qu’il s’agissait du froid, ou d’une fatigue quelconque. Il n’imaginait pas le moins du monde la torture qu’avait dû endurer son amant ces dernières semaines. Mais, maintenant, personne ne toucherait à un cheveu d’Hans, mis à part lui. Ca, ni lui, ni personne, ne l’ignorait.


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MessageSujet: Re: Sous le pont qui, lui, ne s'écroulera jamais [PV Hans]   Jeu 13 Juin 2013 - 20:39
A sham of kindness
Le sol à demi-gelé crissait sous leurs pas. Le regard rivé sur les fines craquelures qui parcourait le pont multicolore, il se demandait comment allait réagir Hansel à ses paroles. Hans se voulait le plus franc possible, mais au vu de ce qu'il avait dit... il soupira en repensant à son utilisation du mot « équarrir», il devait certainement être le seul homme sur terre à l'utiliser dans une comparaison sur...une relation amoureuse. Il commençait à avoir mal à la tête, il n'avait pas l'habitude de réfléchir sur ce genre de sujet, il ne savait même pas comment l'aborder proprement ; Après tout il n'avait jamais eu besoin d'avoir ce genre de pensées. Il s'adressait à ses compagnons de lit de manière beaucoup plus simple d'habitude, quelque chose qui s'apparentait plus à un « ferme-là si ce n'est pas pour gémir et écarte tes cuisses » qu'autre chose. Il haussa les épaules mentalement. Après tout, avec un physique lié à un sadisme comme le sien, il n'avait pas vraiment besoin de se forcer ou d'être polis. Et puis s'il était en manque au point d'en obliger quelques-uns après tout, qui lui jetterait la première pierre ? Il n'y avait que les lecteurs pour croire que c'était chose indécente. Dans ce monde, si vous ne saviez pas vous servir ne serait-ce que d'une petite lame, Hans avait une très mauvaise nouvelle pour vous. Quand on se servait de cette image pour représenter les contrées de Queer Tales, plus rien ne paraissait vraiment étrange. En fait, il y avait tellement de risques que quelque chose de mauvais puisse vous arriver en sortant de chez vous, que si vous commenciez à percevoir tout cela comme une sorte d'énorme injustice, il vous devenait impossible de vivre. C'est ainsi que la plus grande majorité des habitants de QT vivaient sans prétention et ne remettait pas en cause ce mode de vie que si une tragédie s'abattait personnellement sur eux. Non pas que la pitié et l'empathie étaient rares en ce monde, simplement qu'il valait mieux savoir se contrôler sur le plan émotif pour éviter un maximum de se briser psychologiquement.

Au fond, ces terres étaient remplies de personnalités reconstruites. Il n'y avait guère que la haute noblesse ou les villages repliés sur eux-mêmes qui pouvait contenir des personnes innocentes, ignare de ce que représentait leur environnement. Et comme toute chose fragile, il suffisait qu'un désaxé, un meurtrier, ou une personne ambitieuse passe dans le coin pour réduire à néant toute une vie, ou toutes les valeurs qu'une génération s'était forcé de préserver. Hans repensa brièvement à son enfance, ce qui lui fit penser que, oui, ce genre de choses n'avaient absolument rien de rare. Il jeta un coup d'oeil à son compagnon, est-ce que Hansel avait grandis dans le même schéma ? Beaucoup de meurtrier était devenu ainsi à cause d'un épisode particulier de leur enfance, en fait, il était assez rare de tomber sur un véritable fou, un homme ou une femme qui aurait été tordu dès la naissance. I ne pensais pas vraiment qu'Hansel fut dans ce cas, il était un peu trop protecteur pour cela selon le Grisélidis. Tout le monde se demandait la relation que le bond avait réellement avec sa sœur... mais il n'eut pas le temps de se poser plus d'interrogation à ce sujet, car, le visage de son amour s'était éclairé d'un large, très large sourire. Et s'est avec étonnement qu'il le vit prononcer avec une joie profuse son prénom, avant de couvrir son front de baiser. Hansel frétillait de bonheur, il continua sur sa lancée :
 
- Je te pardonne, tu es le plus merveilleux des pécheurs, et je te pardonne aussi pour l’avenir. Quand tu seras désagréable avec moi, quand tu te montreras égoïste, jaloux, autoritaire, arrogant, bavard, manipulateur, agressif. Il faut bien ça pour que tu pardonnes mes propres défauts. Je te promets une liaison tumultueuse et terrible !
 
Hans était effaré. Il ne s'attendait pas du tout à cela. Hansel était tellement...expansif, et il trouvait le mot encire faible. Cette tirade s'ensuivit d'un grand rire, un rire triomphant. Non il ne frétillait pas, il rayonnait ! Hans voulu dire quelque chose, mais le Friedrich l'attrapa promptement par la main, et l'entraîna à grande enjambée à sa suite. Il se dirigeait vers la plage. Hans n'avait absolument pas tiqué sur la liste de défaut à rallonge qu'il venait de lui assener, il les connaissait et en était assez fier en réalité, il paraissait que les personnes les plus aigris vivaient le plus longtemps, le bleu avait bien l'intention de mourir le plus vieux qu'il fut possible. Ne jamais mourir en fait, comme il était un conte il pouvait bien se le permettre non ? Ce qui l'avait autant choqué en réalité, étant qu'Hansel veuille absolument tout lui pardonner...alors qu'il n'avait encore rien fait, et que leur relation en était au premier point en ce moment. Il n'avait pas vraiment l'habitude qu'une personne lui montre aussi ouvertement autant d'attache. Il était assez confus à ce sujet. Ne finirait-il pas par étouffer avec une personnalité comme celle d'Hansel à ses côtés ? Autant au niveau de sa gloire que de son amour ? S'il finissait tout le temps coller ensemble, la population ne se réfèrerait-elle pas à lui comme au « concubin » d'Hansel ? Rien qu'à l'idée que ce genre de choses pussent arriver le révulsa totalement. Très bien, il n'irait jamais vivre de manière définitive dans la demeure des Friedrich, quoi qu'il se passât. De toute façon ce n'était pas comme s'il voulait aller y vivre...il devait certainement y avoir la sœur. Tiens, au fait, que pouvait bien penser Gretel de leur relation ? Était-elle au courant ? Ou Hansel lui avait-il caché son amour de peur de la blesser ?

Alors qu'il l'avait forcé à le suivre, Hansel avait aussi fait référence à son teint. C'était bien la dernière chose dont Hans avait envie de parler. Il ne voulait pas qu'Hansel le voit comme un petit agneau après tout, il s'était fait une raison, il ne lui parlerait pas de ce qui s'était passé chez cette affreuse femme, jamais. Pourtant il ne lui aurait fallu que deux mots, pour que le cirque en soit retourné, on ne reçoit pas tous les jours la visite d'Hansel Friedrich, d'autant quand s'était une visite de haine. Hans en était convaincu maintenant, si Hansel apprenait que quelque chose lui était arrivé, il irait personnellement s'occuper de la personne qui lui avait causé du tort. Bien que cela l'énervait au plus haut point, il ne voulait pas vraiment qu'il agisse autrement, et il ne l'imaginait pas faire autrement. Au fond cela lui faisait plaisir et le rassurait qu'au moins une personne sur cette terre pusse avoir la force de le venger s'il lui arriva quelque chose. Comme le jeune garçon ne souhaita pas que le blond le lance à ce sujet, il décida de prendre les devants.
 
-…est-ce que ta sœur est au courant pour nous ? Si je viens chez toi j’aimerais autant ne pas avoir à me sentir menacé…il serait étrange qu’après notre seule rencontre elle porte des sentiments bienveillant à mon égard…mais…j’ose espérer que tu lui en as parlé au moins, pour éviter le pire ?
 
Il haïssait Gretel, il la trouvait laide, irrespectueuse, impudique, stupide, bovine dans ses gestes. Mais elle restait la sœur d'Hansel et il ne pouvait rien faire contre ça, il ne pouvait tout simplement pas la tuer même si rien que de l'évoquer, lui en donnait l'envie. Il était le mieux placer du monde pour connaitre la douleur de perdre sa sœur...son adorable petite sœur. Hans baissa les yeux seulement un instant, il s'agissait du temps qu'il lui fallait pour s'empêcher de sombrer. Le rythme de marche que lui imposait Hansel ne lui convenait pas du tout, il était totalement essoufflé, et ses blessures le brûlait d'autant plus. D'ailleurs le blond le traînait plus qu'autre chose. Pour remédier à cela, il trotta jusqu'à pouvoir enserrer le bras d'Hansel, et se colla à lui.
 
-Tu peux ralentir s’il-te-plaît ? Je comprends ton engouement, mais je ne suis pas du tout apte à marcher à vive allure aujourd’hui. Allons au village des pêcheurs de dorades, c’est le plus proche et ils ont des établissements pour se restaurer…
 
Il voulait aussi éviter qu'Hansel le raccompagne au Crooked Village, en fait, il ne voulait pas vraiment être vu avec lui. Si la population de son village savait qu'il fréquentait et même fricotait avec le seigneur de Necis, cela lui attirera de gros problèmes. Après tout, il faisait tout son possible pour être aperçu comme « étrange mais plutôt inoffensif ». Il n'était pas idiot, et savait que le Crooked village était sous-protectorat et que tout meurtrier en service vivant en celui-ci serait traqué et tuer. Pourquoi ne pas partir vivre ailleurs diriez-vous ? La réponse était assez évidente pour notre jeune conte : la gamme de victime et le jeu de manipulation était deux choses très, très alléchante qui s'offrait à lui ici. Il avait de quoi s'amuser ainsi. Hans savait exactement ce qu'il allait faire, ils iraient dans ce village, y passeraient le reste de la journée, y dormiraient, et Hans se lèveraient à l'aube pour partir, prétextant au blond qu'il avait des affaires urgentes à régler -bien entendue il le réveillerait pour le prévenir, comme tout bon amant qui se respecte. Tout cela aurait pu être parfait, simple et efficace, mais il restait un problème. Le Grisélidis appréhendait de passer la nuit avec le Friedrich, après tout ce temps, Hansel ne voudrait-il pas concrétiser d'une manière plus...plus acceptable cette fois-ci ? Et ne serait-ce pas l'occasion rêvée pour lui ? Hans n'avait pas l'entrain nécessaire à une partie de jambe en l'air, bien qu'au fond, il en eut l'envie. En réalité, il n'avait pas l'habitude d'être si longtemps sans cajolerie de ce côté-là. Comme il avait été alité il n'avait pas vraiment pu se détendre correctement -un mois pour un homme comme Hans, ça parait long. Mais après tout s'il lui expliquait...peut-être qu'Hansel ne tenterait rien ? En tout cas il faudrait qu'il lui fasse comprendre... Hans marchait toujours coller au blond, cela le réchauffait, après tout Hansel était une vraie bouillotte comparé à Hans, qui semblait craindre bien plus le froid que son compère. Il tremblait même. Discrètement alors, il passa une main pour enlever les mèches qui étaient tombées devant son visage, essayant de toucher du bout des doigts son front pour voir si la fièvre n'était pas remontée. Malheureusement ce n'était pas très pratique avec ses gants, et encore moins comme ils étaient gelés. Il maugréa intérieurement.


-Hansel...est-ce que mon front est chaud ? Finit-il par lâcher.

La seule raison pour laquelle il lui avait demandé cela, était pour qu'Hansel prenne bien connaissance de son état sans en savoir la raison, lui évitant une scène pour la soirée. Hansel semblait particulièrement d'humeur à s'occuper de lui, Hans pourrait d'autant plus en profiter dans ce cas-là. Il lui avait bien dit qu'il fallait qu'ils parlent. Il n'avait pas précisé dans quel sens la discussion devait aller, et il comptait bien faire en sorte que cette relation s'établisse avec beaucoup davantage...pour lui.


Dernière édition par Grisélidis Hans le Mar 18 Juin 2013 - 18:38, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Sous le pont qui, lui, ne s'écroulera jamais [PV Hans]   Dim 16 Juin 2013 - 22:15
MY Kido

Si Hansel avait la possibilité de se voir de l’extérieur, surement aurait-il rougi jusqu’aux racines de ses cheveux. Etre si affectueux ne correspondait pas au portrait qu’il s’était fait de sa propre personne. Il ne se rendait pas compte de la chaleur qu’il manifestait à l’égard du bleu. Autant cela ne le dérangerait guère d’observer ce comportement à l’égard de sa sœur, autant, pour toutes autres personnes, il aurait juste voulu s’enterrer dans un trou de souris le temps que tout le monde oubli ces moments… de faiblesse ? La famille était le seul point faible d’Hansel et pour lui Hans était déjà une part de sa minuscule famille. Il l’avait marqué d’un sceaux éternel qui resterait gravé même des dizaines d’années, des centaines, après que leur chemin se soit séparé.  Lui-même n’était pas encore tout à fait conscient de ce lien qu’il avait commencé  à tisser il y avait plusieurs mois de cela. Il n’était pas tout à fait encore au courant qu’il allait se faire balader de tous les côtés, subir les bizarreries de Grisélidis comme il subissait déjà celle de sa sœur, à laquelle il ne résistait que rarement. L’idée fourmillait seulement dans un coin de sa tête et se diffusait lentement. Cela lui faisait plaisir. Il ne pouvait pas toujours dominer, n’est-ce pas ?

Le sable avait une consistance étrange, le froid semblait en avoir alourdi chaque grain. Il sentait malgré ses épaisses semelles qu’il était glacé. Il s’écrasait sous ses chaussures dans des petits crissements agréables aux oreilles.

-          Est-ce que ta sœur est au courant pour nous ? Si je viens chez toi j’aimerais autant ne pas avoir à me sentir menacé…il serait étrange qu’après notre seule rencontre elle porte des sentiments bienveillant à mon égard…mais…j’ose espérer que tu lui en as parlé au moins, pour éviter le pire ?


Hansel ne répondait pas. Il avait un instant tourné la tête pour l’écouter, puis l’avait redirigé vers son but, droit devant. Pas particulièrement ennuyé, il continuait d’avancer sans sembler avoir entendu. Sans expression si ce n’était un apparent calme, il enfonçait pas à pas ses chaussures dans le sable. Soudain, il se rappellera de la question d’Hans, ouvrit un peu plus grand ses yeux et entrouvrit ses lèvres pour laisser échapper :
 
-          Je t’en parlerai plus tard, si tu veux bien.

Hans ne réagit pas et Hansel ne jeta qu’un seul regard à son compagnon, sans rien ajouter. Repenser à sa sœur avait rafraîchi sa bonne humeur.  Il ne voyait pas tout à fait comment aborder la chose. Cela ne  l’empêchait pas de marcher à grandes foulées. Hansel se doutait qu’Hans n’appréciait pas Gretel, ce qui le chagrinait. Il aurait préféré le contraire, évidemment. Mais comment leur en vouloir ? Gretel voyait en lui celui qui lui volerait son frère et Hans… Il ne savait pas quels mots poser sur son impression, comment la justifier. Ce qu’il savait par cœur c’était qu’il était difficile d’avoir une relation de couple avec une petite sœur toujours fourrée dans ses pattes… ou occupée à zigouiller ses amantes derrière son dos. Ce n’était pas pour rien qu’Hansel était un coureur de jupon plutôt qu’un père de deux enfants !

-          Tu peux ralentir s’il-te-plaît ? Je comprends ton engouement, mais je ne suis pas du tout apte à marcher à vive allure aujourd’hui. Allons au village des pêcheurs de dorades, c’est le plus proche et ils ont des établissements pour se restaurer…


Le blond fut un peu surprit d’être interrompu dans ses pensées et s’arrêta net.

-          Qu’est-ce que tu as ?, demanda-t-il spontanément.

Il pouvait désormais être sûr qu’Hans n’était pas dans son assiette. Lorsqu’il plaqua sa main contre son front, il ne put exactement dire s’il avait de la fièvre ou non.

-          Si tu étais malade il suffisait de prévenir, je serai venu à toi, tu sais.

Il secoua ses cheveux bleus comme il en avait l’habitude avec Gretel. Il passa son bras par-dessus ses épaules et avança plus doucement. Enfin, ils touchèrent la route de terre battue et de graviers. Hansel se dirigea vers un petit arbre où un cheval était couché, attaché par une corde autour d’un fin tronc. Il l’avait loué la veille  à un petit magasin près de son auberge. Mais la route glacée n’était pas très praticable et son cheval ne pouvait pas galoper comme il l’aurait voulu. Quand ils s’approchèrent, l’animal se leva et souffla par ses naseaux. Hansel le caressa rapidement et le détacha. Il monta sur son dos en un éclair et tendit la main vers son amant.

-          Je t’emmène à mon auberge. Elle n’est  pas loin d’ici. On pourra tous les deux se retrouver tranquillement.

Il tira Hans pour l’aider à monter derrière lui et donna un petit coup de pied à la bête pour la faire avancer. Sans broncher, elle avança du mieux qu’elle put. Ils arrivèrent au petit hameau où il y avait également de nombreux pécheurs en une vingtaine de minutes. Hansel alla déposer l’animal à son propriétaire et conduit le bleu  à sa modeste auberge. Le sentir près de lui semblait un peu irréel quand il y pensait. Dire qu’il y avait seulement quelques semaines jamais ils n’auraient pu être si proches sans se jeter l’un sur l’autre, arme aux poings… En marchant –assez silencieusement d’ailleurs-il jetait des petits coups d’œil discrets à son ami. Il pouvait voir le sommet de son crâne, ce qui le fit sourire : Hans était vraiment petit pour un homme. Mais peut-être n’avait-il pas fini sa croissance ? Hansel ne savait pas exactement quel âge il avait. Sa croissance était-elle stoppée, était-il un conte mûr ? Quels étaient les détails de son histoire ? Pourquoi était-il seul dans ce manoir (outre ses dizaines de servantes) alors qu’il semblait si jeune ? Le roi de Necis  recommençait à être assaillis de questions. Il avait envie de le connaitre.

-          Désolé, ce n’est pas le grand luxe. Je suis un roi fauché, sourit-il en ouvrant la porte de sa chambre.

En effet, la chambre était fort simple : un lit, une table de chevet munie d’une lampe à huile, une petite table en bois avec deux chaises et une commode constituaient le seul mobilier. Sur la table était posé un sac de papier contenant quelques fruits et du pain. Oui, Hansel ne vivait pas dans le faste. Son seul métier était celui de diriger le royaume et cela ne rapportait pas grand-chose. Il ne prélevait pas d’impôt pour son confort personnel, uniquement pour les caisses publics dans lesquelles il n’oserait jamais piocher. Mais les habitants, redevables, lui offraient toutes sortes de nourriture, des fruits, des légumes, de la viande, des céréales… Hansel et Gretel étaient toujours ravis d’accepter leurs présents. Cela leur suffisait largement.
S’avançant dans la pièce, il s’assit sur une des deux chaises. Il avait un peu honte d’accueillir Hans ici, dans cet endroit miteux. Mais, pensait-il, être au calme était le plus important si le bleu était souffrant. Il l’invitait des yeux à s’assoir lui aussi, à se mettre à l’aise. Il l’enrobait de ses yeux dorés, comme un drap chaud dont l’on s’entoure en hiver. Impossible de le toucher. Il semblait un peu perdu, regardant tantôt ses yeux bleus, tantôt ses épaules, ses mains. Hans était bien là, après toutes ces péripéties. Le garçon qui avait débarqué dans sa maison, celui avec qui il avait dansé au bal de la reine de cœur, celui du puits… Devant lui. Hansel posa son menton au creux de sa main, soutenue par son coude. Après un instant suspendu dans le temps, il demanda :

-          Qu’est-ce qu’il t’est arrivé exactement ? Tu es malade ou…  

Comment avait-il pu penser éviter le sujet ? Hansel n’était pas tombé de la dernière pluie. De sa position négligée, il cherchait lui-même la réponse à sa question. Pour lui, il était tout à fait possible que son amant ait perdu un combat, ou l’ait gagné avec quelques plumes en moins. Loin de le sous-estimer, il connaissait son impulsivité et s’en méfiait. Les jeunes gens comme lui ou sa sœur (pas si jeune, direz-vous) avaient un peu trop tendance à foncer dans le tas à son goût. Pour la force tranquille qu’était Hansel, c’était la preuve manifeste d’un manque de jugement. Et de maturité. A ses yeux, Hans était encore un enfant.


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MessageSujet: Re: Sous le pont qui, lui, ne s'écroulera jamais [PV Hans]   Mer 7 Aoû 2013 - 15:34
The pride of a tale
Le calme de la mer. Son regard dérivait dessus tandis qu'ils s'en éloignaient. Le froid, la douleur et la fatigue l'envahissait de plus en plus. Il essayait tant bien que mal de se concentrer sur autre chose que ses sensations, mais dans cet état là, même la présence d'Hansel avait du mal à occuper son esprit. Il ne réagit même pas à la main de celui-ci, lorsqu'il la posa contre son front. Seulement un petit peu de chaleur, rien de réconfortant, tout du moins pour l'instant. Il ne savait plus comment voir Hansel maintenant, à vrai dire il n'avait jamais vraiment essayé de réfléchir à quoi pourrait ressembler leur relation, une fois les coups estompés. Y avait-il seulement une véritable alchimie entre eux ? Ou leur amour ne tenait qu'à l'adrénaline de savoir qui frappera le premier, qui aura le rire le plus désabusé, qui aura le baiser le plus fougueux... Hansel semblait rayonné d'être là, mais la magie qu'avait prié Hans ne semblait pas encore arriver. Même s'il était arrivé à surmonter son dégout physique envers lui, quel sentiment éprouvait-il encore pour lui ? De l'amour c'était certain, il n'allait pas se leurrer dessus. Mais quel genre d'amour...là était la question. Au fond, avaient-ils seulement un avenir ensemble ? Réussir à s'attacher...Hans baissa les yeux sur le sable fin, en avait-il envie ? Il se le demandait parfois. Il savait mieux que quiconque le prix de l'attachement en ce monde. Les larmes que l'on versait, les tourments que cela donnait, la manière dont on en sortait différent. Le Grisélidis eut un sourire fatigué, avait-il la patience ? Il lui semblât l'avoir tout entière donné à sa sœur, elle l'avait emportée avec elle dans la mort, la prenant comme une offrande sans retour.

A quoi servait la patience si elle n'était pas récompensé, ne serait-ce même par la pitié ? Et s'il s'attachait avec autant de hargne au Friedrich, que lui restera-il lorsque celui-ci se retrouvera brisé entre ses doigts ? Dans quel état se retrouvera-t-il, s'il avait le malheur de provoquer un nouveau désastre ? Le jeune homme n'était pas dupe de son côté chat noir, qui était dû en partie à son propre caractère égocentrique -dont il était assez fier. Il savait pertinemment que tôt ou tard, ses actes blesseraient de manière sérieuse le Friedrich, dans le sens physique du terme. Il ne savait pas être tout sucre tout miel avec les personnes qu'il aimait profondément. Disons plutôt, qu'il avait oublié comment l'être. Il soupira, il y avait bien longtemps qu'il ne donnait sa tendresse sans contrepartie.

Tandis que le sable fin s’estompait peu à peu pour faire place à la terre battue, Hans repensait à la direction dans laquelle il allait. Il trouvait cela étrange qu’Hansel posséda une auberge à Candis. Après tout ce royaume était sous protectorat de la reine et aucun autre roi ne devait y mettre son nez. Encore moins le Friedrich qui était connu pour avoir très certainement, le royaume le plus dangereux. Il était aussi possible qu’Hansel voulut dire par là qu’il s’agissait de l’auberge qu’il affectionnait tout particulièrement dans le secteur. Il soupira, une migraine tenace lui tenaillait la tête. Il s’en fichait en fait, le Friedrich pouvait bien posséder toutes les auberges du secteur qu’il n’en aurait eu rien à faire. Cela aurait été le comble qu’il se soucia de l’intégrité du royaume tout en étant de ceux participant à son insécurité. Cette pensée le fit légèrement sourire. Sourire qui s’estompa néanmoins très rapidement en voyant le…moyens de transport qui les attendaient.

Un cheval. Oui, rien de plus banal. Au plus grand malheur pour notre conte qui, ne savait pas monter à cheval, et avait, de toute manière, une peur bleue de les monter. Il trouvait que l'on était...beaucoup trop haut sur ces montures. De plus il ne s'y sentait pas du tout en sécurité. Ses deux jambes lui suffisaient amplement. Il avait bien sûr déjà essayé de surmonter sa répulsion, après tout posséder un cheval était tellement plus pratique pour se déplacer ! Mais il n'y était pas arrivé. Il se refusait de prendre un maître pour le mettre en confiance et lui apprendre. Si...cela parvenait aux oreilles des personnalités du Crooked village il risquait d'être risée dedans. Il n'avait pas envie qu'on le prenne pour un poltron -ce qu'il n'était pas évidemment mais les gens se contente toujours d'un rien pour créer des ragots. Hans était d'autant plus dépité de voir cet équidé qu'il était toujours en convalescence. Ce n'était pas une chevauché qui allait améliorer son état, oh que non ! Bien entendu il n'en fit rien savoir à Hansel, il essaya de garder un visage neutre tandis que celui-ci lui tendait la main pour l'aider à monter. Une fois sur la monture, il se pelotonna contre lui, reposant son visage contre les vêtements du blond.

La route gelée compliquait la route à la monture au plus grand bonheur du Grisélidis ; au moins il était assuré que le Blond ne parte pas au grand galop. Malgré tout le balancement le faisait souffrir. Ses blessures n’étaient que passablement guérit et la douleur des contusions ne l’avait pas encore quitté. Le voyage lui parut interminable, il ne souhaitait que de se retrouver au chaud. Comme il avait été stupide, quelle idée de se retrouver dans un tel endroit par un temps pareil ? Il n’avait décidément, vraiment pas toute sa tête lorsqu’il avait rédigé sa lettre. Le village lui apparut comme une salvation. L’odeur du poisson frais envahis ses narines, réveillant son appétit. Une bonne tranche de poiscaille ou…d’autre chose. Il avait pourtant déjeuné en route… L’auberge en elle-même était tout ce qu’il y avait de plus rustique. De toute façon il ne s’attendait à rien de particulier et il était habitué à ce genre de repos.


- Désolé, ce n’est pas le grand luxe. Je suis un roi fauché

Le gérant avait haussé ses sourcils broussailleux en les voyant et cette phrase qu’Hansel prononçait d’un ton badin…un roi fauché qui se permet d’avoir des auberges dans d’autres royauté ? Pas si fauché que ça. Il garda pour lui un sourire taquin, il pensait bien qu’il ferait mieux de faire retaper son manoir. Celui-ci semblait tellement délabré aux yeux du Bleu… Il pourrait… lui prêter un peu d’argent qui sait ? Il ne savait pas quoi en faire de toute façon…il s’amusait à le balancer par les fenêtres comme un bienheureux. Il n’en avait pas vraiment besoin d’autant. Il lui vint soudainement à l’esprit que le propriétaire de cette auberge était peut-être un ancien habitant de Necis, et que par fierté d’où il venait, l’auberge était à disposition du Friedrich. Les habitants de Necis aimaient véritablement leur dirigeant après tout… Alors que le blond alla s’assoir, lui, restait debout, contemplant la pièce qui semblait toute nue à Hans. Il n’y avait même pas un objet décoratif, ni une vieille croute, ni un vieux bouquin. Niet, rien.

- Qu’est-ce qu’il t’est arrivé exactement ? Tu es malade ou…  

Il reposa ses yeux sur Hansel. Décidément, il était plein de bonne volonté mais il manquait cruellement de tact. Mettre les deux pieds dans le plat semblait être son occupation favorite. Il attrapa la chaise restante et la déplaça pour pouvoir être face à face avec lui, mais un peu plus loin que la table. S'il restait à côté de celle-ci il lui semblait qu'il ne lui faudrait que quelques secondes avant qu'il ne s'avachisse à moitié dessus. Il n'était pas si faible tout de même ! Il voulait garder quelque peu de contenance face à Hansel. Cette question lui posait problème. Il n'avait pas envie de s'étaler à ce sujet. Il ne voulait pas se souvenir de l'humiliation, et encore moins l'exposer à l'homme qu'il aimait. D'autant plus quand celui-ci avait de la bouteille dans le métier. Il ne voulait pas paraître ridicule face à lui, c'était bien la moindre des choses qu'il pouvait faire pour lui-même. Il ne voulait pas qu'il le considère comme une petite chose fragile à protéger. Il assumait seul les conséquences de ses actes, et il n'avait pas besoin d'un protecteur pour l'aider. Il n'avait peut-être que 16 ans, mais il avait assez d'expérience pour se prendre en charge tout seul dans ce genre de situation. Il n'avait pas pour habitude de laver son linge sale en famille, et ce n'était pas près de changer.

Il ne savait pas vraiment quoi lui dire pour lui échapper, il aurait mille fois préféré parler de Gretel, s'était un sujet qui le préoccupait beaucoup. Après tout il ne pouvait pas faire sans elle. Elle prenait forcément une dimension importante dans leur histoire. Il grommela intérieurement, il avait fallu que l'homme qu'il aime posséda une soeur, ignoble qui plus était. Il avait vraiment la poisse dans cette histoire...il aurait très bien pu ne rien avoir à en faire, de cette fille, mais Hansel y était attaché comme à la prunelle de ses yeux. Il laissa paraître son embarras face à la question du blond. Au final il ne voulait pas y répondre, il n'avait qu'à pas lui répondre, depuis quand il se comportait de manière complaisante avec Hansel ? Le conte pouvait très bien comprendre qu'il avait sa fierté et que parler de ce genre de choses risquerait de l'entacher. Et ainsi le sujet était évité et enterré. Point final.

-Je suis en convalescence.

Son ton était sec et appelait à clore la discussion. Parfait. Il put reprendre le flot de celle-ci comme il le voulait. La chaleur du lieu reprenait petit à petit du terrain sur son corps frémissant, le mettant de bonne humeur. Il se sentait à présent plus à l’aise et son esprit souffrait moins. Il croisa les bras et ria de bon cœur. Oui, à l’aise, s’était de cette manière qu’il devait se montrer.

-Alors, Hansel, tout ce temps sans se voir et c’est la seule chose dont tu t’enquières ?  On dirait une rencontre cordiale entre amis. Parlons sérieusement, en ce qui concerne nous deux ta sœur est un sujet bien plus préoccupant non ?

Pour éviter que ses paroles paraissent trop rudes au Friederich il lui esquissa un sourire réconfortant. Oui, Hans ne perdait jamais le nord quand il avait une idée en tête. Et en ce moment Gretel l'embarrassait, il voulait s'en débarrasser il n'accepterait jamais de rendre visite à Hansel s'il devait se coltiner sa moitié féminine en même temps à chaque fois. Et s'il ne se voyait pas souvent...la relation était-elle viable ? Hans n'avait jamais entretenue de véritables relations à vrai dire. Avoir une relation de royaume à royaume lui paraissait tellement...irritant. Il fallait mieux qu'il puisse aller autant qu'il le souhaita chez lui sans être dérangé.
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MessageSujet: Re: Sous le pont qui, lui, ne s'écroulera jamais [PV Hans]   Dim 25 Aoû 2013 - 18:37
Mon petit prince



Hansel, menton enfoncé dans sa paume de main, écouta avec délectation le tendre « je suis en convalescence » qui lui fut envoyé en pleine figure. Un sourire mi-moqueur mi-amusé pointa au bout de ses lèvres. Hans se prenait pour un petit roi, Hansel adorait ça. Maître de la conversation et de leur rendez-vous ? Il avait terriblement envie de le taquiner, d'en demander plus et de le voir s'agiter sur son siège car rien ne se passait comme il l'avait prévu. Petit capricieux, petit révolté... Petit Prince. Sans Royaume où régner si ce n'était sur son cœur. Devait-il lui céder ce territoire ? Ah oui, c'était déjà  fait... Alors il n'y avait décidément plus qu'à rire de ses airs autoritaires.

- Alors, Hansel, tout ce temps sans se voir et c’est la seule chose dont tu t’enquières ?  On dirait une rencontre cordiale entre amis. Parlons sérieusement, en ce qui concerne nous deux ta sœur est un sujet bien plus préoccupant non ? 

Cette fois son sourire dévoila ses dents, qui dévoilèrent à leur tour un petit rire. La seule chose ? Il lui semblait pourtant que la santé de ceux que l'on aimait était essentielle. Et c'est à peine s'il avait le temps d'aborder un autre sujet. Hans avait sa propre idée en tête et avait décidé de mener la danse. Ce n'était d'ailleurs pas sa première tentative, il espérait pour lui qu'elle fut d'avantage fructueuse que la précédente, au royaume de cœur... Mais ce n'était pas ce pourquoi il riait.

- Parler sérieusement ? Hors de question mon amour, je suis déjà bien trop sérieux ces temps-ci.

Hans avait-il seulement déjà eu un rendez-vous amoureux ? Ou une « rencontre cordiale entre amis », s'il avait des amis ? Vu son entrée en la matière, quelque soit la réponse, il semblait peu au courant des règles conventionnelles qui régnaient en pratique. Le roi de Necis avait l'impression de parler affaire, comme d'habitude. «parler sérieusement », « sujet préoccupant », tout ce jargon là il le connaissait par cœur depuis vingt ans et n'était pas prêt de l'affronter aujourd'hui. Ni demain d'ailleurs. Il n'avait aucune envie de se pencher sur leur problème de distance, encore moins sur le « problème Gretel ». Pouvait-il simplement profiter de sa présence pour en apprendre plus sur le garçon dont il était amoureux ? Un instant de répit, un moment suspendu au dessus des problèmes, pas plus. Hansel n'était pas trop gourmand. Le blond se leva et fit le tour de la table. Sa main caressa le bois usé de celle-ci tandis qu'il s'approchait d'Hans, puis elle se posa sur son front fiévreux.

- Ne transforme pas cette rencontre en rencontre protocolaire. Si elle pouvait seulement être amicale, ce serait déjà beaucoup vu comment se sont soldées les précédentes. Laissons-nous le temps de nous connaître, de nous apprécier pour autre chose que l’adrénaline qui coure dans nos veines lorsque nous nous voyons.  Ensuite... Nous savourerons les problèmes que rencontrent tous les couples, ne sois pas si pressé !

Sur derniers mots encourageant il posa délicatement sa main sur le haut de son crâne puis caressa sa chevelure en la lissant sous ses doigts.

- Je reviens vite. Reste-là, souffla-t-il d'un ton rassurant en se penchant près de son oreille.

Sans autre préavis, il prit la porte. Ses pas résonnèrent dans les escaliers jusqu'à ce qu'ils soient tout à fait inaudibles. Dans le couloir, Hansel réfléchissait à la façon de procéder. Il avait l'impression cruelle que tout cela manquait de naturel. Ils s'étaient toujours vus alors que l'adrénaline, la passion était à son paroxisme. Et s'il s'avérait qu'Hans n'avait plus d'intérêt pour lui maintenant qu'il avait obtenu ce qu'il voulait du roi ? Sa loyauté, son amour, des moments passionnés, la satisfaction de l'avoir vu à genoux ? S'étaient-ils trompés ? Ils se connaissaient à peine. Hansel ignorait jusqu'à son âge ! Il détestait ce gouffre entre eux, celui de n'avoir rien d'autre en commun qu'un caractère un peu trop trempé et une tendance sérieuse pour la baston. Il lui en fallait plus. Savoir son histoire, chaque détail de son conte, les personnes importantes pour lui, son plat préféré, ses passe-temps... Il voulait rire avec lui ou le faire pleurer de jalousie et d'envie. Comment allait-il y parvenir ? C'était bien la première fois qu'il nouait ce genre de relation et ce manque d'habitude était déstabilisant. Au moins savait-il quelque chose à propos des relations de couples ! Mais avec Hans, il avait l'impression que son expérience ne lui servirait pas à grand chose. Pour chasser ses doutes, il se rappellera ce que le bleu lui avait dit sur le pont glacé. Il se sentit rassuré.

Il revint quatre ou cinq minutes plus tard muni d'un plateau et d'une couverture. Poussant la porte avec son coude il crut bon d'avertir son petit prince de son retour (qu'il espérait attendu) :

- Et voilà, ce n'était pas très long... J'ai demandé des boissons chaudes et une couverture pour toi. L'aubergiste est également partie chercher des herbes médicinales pour te soulager.

Tout cela lui rappelait les petites grippes de Gretel en hiver. Il était tellement attentionné pour elle en ces moments, plus que n'importe qui et autant qu'un parent envers son enfant. Il posa le plateau sur la table. Trois tasses s'y trouvaient : deux de cafés et une de thé.

- Comme je ne savais pas si tu préférais le café ou le thé... commenta-t-il pour expliquer le nombre impair.

Il posa également la couverture à côté d'Hans et se rassit. Immédiatement, il sortit du tabac et une feuille à rouler. Elles étaient évidemment très différentes de celles du monde des humains, beaucoup moins pratiques, plus épaisse. Heureusement, les gestes d'Hansel, maintes fois répétés, étaient précis et efficaces.

- Ma sœur...

Il ne savait pas où commencer pour satisfaire la curiosité d'Hans. Peut-être pourrait-il parler d'autre chose ensuite. De toute façon, ils devraient aborder le sujet un jour au l'autre, alors autant commencer tout de suite. Il prit le temps de tasser un peu le tabac dans la feuille.

- Elle a disparue il y a trois semaines. Depuis, je la cherche et c'est une des trois raisons qui m'amène ici, commença-t-il sans préciser quelles étaient ces deux autres raisons. Mais je ne peux pas continuer plus longtemps avec la révolution des ombres, et je dois retourner à Nivis pour rassurer la population qui s'agite... Je n'aurais même pas du m'absenter, mais, c'était plus fort que moi. Je ne sais pas si tu as de la famille, Hans... Sais-tu que quand  on aime, on ne peut pas écouter sa raison ? Si on ne le peut pas, c'est parce qu'on est faible. Et si je suis faible, qui vais-je être capable de protéger ?

Sa cigarette était roulée et il la mit de côté. Il ne souhaitait pas fumer en présence de Grisélidis, ce qui le poussa à se pencher sur sa tasse de café. Il regarda le coin de table où se trouvait son interlocuteur, un vague sourire sur les lèvres, pas franchement sincère.

- Heureusement que toi, tu n'as pas besoin de moi pour rester en vie !

Il but une gorgée du liquide chaud, ce qui lui fit beaucoup de bien. Parler de sa sœur l'avait rendu triste et une sensation d'impuissance croissait en lui, comme une encre, et le tirait vers le bas. Enfin, ce n'était peut-être pas le moment de s'exposer d'avantage aux yeux aiguisés de Grisélidis, qui devait s'ennuyer de ses soucis.

- Pour le moment, ma sœur n'est donc pas un problème, si cela peut te rassurer. Elle sait déjà, de toute façon, et c'est probablement l'objet de sa fugue. Si elle revient, je ferai le nécessaire. Voilà. As-tu d'autres sujets préoccupants à aborder ?

Il lui jeta un œil complice et sans affecte, bien qu'on pouvait deviner un « tu vois, j'avais raison », qu'Hans allait apprendre très vite à connaître.


Fortes Fortuna Juvat.

Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: Sous le pont qui, lui, ne s'écroulera jamais [PV Hans]   Mer 13 Nov 2013 - 0:09
To be a lover

Petite pointe d'humour, Hans était trop épuisé pour lui répondre, il décida de le laisser parler, affectant un petit sourire en retour. Il ne bougeait pas de sa chaise, se tenant le plus droit possible. Lorsque le blond s'approcha de lui, il s'appliqua à bien le regarder dans les yeux, à ne pas abaisser ses épaules. Il avait tellement envie de se reposer contre lui mais il se devait de garder contenance. Encore un moment...le plus longtemps qu'il lui fut possible. Il ne comprit pas vraiment où Hansel voulait en venir avec le mot « protocolaire ». Le jeune conte ne faisait pas de lien entre son sérieux et la réponse du conte. Pour lui il n'y avait rien de protocolaire à régler ce qui était le plus problématique, pour pouvoir enfin débuter leur relation. Il ria intérieurement. Comme s'était étrange venant de sa part de réfléchir ainsi, il se surprenait. Lorsque le Friedrich se pencha en prime en avant pour lui souffler quelques mots supplémentaires, Hans se sentit rougir. Voyons Hansel...ce n'était pas très polis de traiter ton amant ainsi... tandis qu'il laissait Hans seul dans la pièce celui-ci baissa les yeux sur ses pieds, expirant son anxiété. Plus d'un mois sans relation semblait le titiller plus que prévu. Il se mordit la lèvre inférieure. Il ne manquait plus que ça, tiens. Il savait pertinemment qu'il n'était pas en état pour effectuer des galipettes avec Hansel, s'était même assez évident vu le caractère de cet homme. Mais même en sachant cela, son corps commençait déjà à le martyriser sur ce point. Du bout de sa botte, il accrocha le pied de la chaise d'Hansel et la rapprocha de lui. Il entreprit ensuite de se délasser en étalant ses jambes dessus. Bah, il testerait le terrain...il négocierait, avec un peu de chance le Friedrich serait trop gêné par rapport à leur dernière altercation pour le forcer lorsque le jeune homme apposerait la barrière.

Bien qu'il entendît les planches de l'escalier craquer il ne se rasseye correctement que lorsqu'il entendit les gonds de la porte tournés. Regardant le conte revenir les bras chargés. Il voulut l'aider mais celui-ci semblait dans son propre petit monde enchanteur, aussi il le laissa faire. C'était assez perturbant pour le bleu de voir l'homme dont il était tombé amoureux ainsi. Il semblait frétiller de tout et de rien, et surtout de sa seule présence, ce que Hans avait du mal à admettre. Comment pouvait-on imaginer qu'un être avec une réputation si féroce puisse se révéler si...spontané ? Si franc ? Il le contempla tandis qu'il s'affairait. Il était attendrissant, un peu trop même. Hans réprima un sourire narquois quand il entendit sa raison pour avoir ramené deux cafés en plus d'un thé. Il eut quasiment l'envie de lui demander s'il lui proposerait du sucre avec, mais se retint, ne voulant pas le vexer. Pas tout de suite, il venait seulement de se poser, il voulait profiter de quelques goulées d'air avant de se permettre de prendre quelques sinuosités verbales plus musclées. Il entreprit de se masser les tempes pour se détendre, tandis que le Friedrich se roulait une clope. Il le regardait du coin de l'œil. Il y avait quelque chose d'absolument érotique dans la dextérité de son doigté sur la feuille et de l'amour qu'il mettait à la tâche. Contrairement à ce que beaucoup de personnes dans le village tordu semblaient penser, Hans ne craignait pas du tout l'odeur forte de la fumée. Il trouvait simplement que ça ne correspondait pas du tout à son image, voilà pourquoi il n'avait jamais essayé ; cela ne le tentait point.

Hans n'avait pas besoin d'Hansel pour vivre. Véridique. Mais la manière dont le déclama le blond le fit grimacer, il semblait insinuer que Hans se débrouillait seul. Ce qui...était faux, et quelques parts cela vexait le Grisélidis. Il aurait aimé pouvoir se prêter à son rire et lui envoyer en pleine figure cette vérité. Oui...quel immense plaisir de pouvoir marquer sa liberté. Mais il ne pouvait pas, il n'y avait aucun honneur à mentir, et même si le sien était plus bas que terre, depuis que le blond le lui avait rappelé, il n'avait pas l'envie de l'enterrer encore plus profondément. Tout du moins...pas pour quelque chose qui ne récompenserait que de peu son ego.

Hansel était presque attendrissant avec tous ses problèmes, mais Hans n'arrivait à se sentir mal pour lui. Les tourments des royaumes le dépassaient, l'histoire des ombres, il n'en avait que faire. Il n'avait jamais croisé la sienne et avec un peu de chance elle était trop couarde pour lui faire face. C'était ce que Hans aimait se dire. De toute façon il n'y pensait jamais. En fait, il n'avait pas vraiment eu l'occasion d'y penser. Gretel avait fugué ? Splendide. Elle semblait haïr son frère ? Parfait. Elle n'était pas prête de revenir au bercail alors. Même si Hansel lui courait après, il doutait fort que l'égo meurtri de cette vache puisse être guérit par les mensonges de celui-ci. Car aucune vérité ne serait réconforter cette fille n'est-ce pas ? Tout semblait pour le mieux alors. Hans riait silencieusement de la petite pique que lui envoya le blond. Non il n'avait pas d'autre sujet préoccupant à aborder. Pour le moment. Il aurait pu froncer les sourcils sûr, justement, ces derniers mots, mais Hans ne comprenait tout simplement le sens implicite de ceux-ci.

Une relation, qu'était-ce pour notre jeune conte ? Rien de très stable ou sain. Ces « vraies » dernières relations remontaient à lorsqu'il n'était qu'un enfant s'occupant de sa petite sœur, avec un père et une mère aimante. Depuis ? Un désastre sentimental pour n'importe quel humain, la routine pour Hans. L'amitié ? Il n'avait aucune idée de ce que cela était, il n'avait même pas envie de savoir. La fraternité ? Il l'avait partiellement oublié. L'amour ? Il ne savait même pas s'il en était doté. Le plaisir et le désir lui faisait office de remplacement. Il ne s'était jamais senti attacher à une personne en particulier pour des raisons autre que possessive. Il n'avait jamais voulu particulièrement le bien de quelqu'un non plus. Il ne parlait pas souvent de ce genre de choses, avec qui de toute façon ? Son coeur s'était glacé au fur et à mesure de sa croissance. Ca ne le dérangeait pas, le froid l'avait prit tout petit, il avait largement eu le temps de s'y habituer.

Il attrapa la tasse de thé et, à son tour, bu une gorgée. La boisson bouillante le fit frissonner, il s'y était quelque peu brûlé langue. Il repensa à ce qu'avait débité Hansel par rapport à la faiblesse. Il cala sa tasse entre ses mains pour les réchauffer, plongea ses iris bleus dans l'eau trouble. Quelque chose l'irritait définitivement dans cette affaire. Comme il n'arrivait point à retranscrire cette négativité en mot, il se sentait de plus en plus frustré. Il leva les yeux sur celui qu'il aimait. Cette pièce sans émotion, cette pièce sans véritable chaleur lui donnait l'impression de dépersonnaliser leurs sentiments. Ce n'était pas bon ainsi. Ce n'était pas ainsi qu'il se voyait prendre le contrôle de la situation. Il ne voulait pas de cette dérive, de se déroulement tellement ennuyant. Quelque part...il voulait être tout pour Hansel, mais il souhaitait aussi que Hansel soit tout pour lui, autant un amant qu'un compagnon de jeu...macabre et sadique. Il subsistait toujours en lui cette envie de le faire souffrir. Combien de temps avant qu'il ne le brise ? Il reprit une gorgée. Cette question le taraudait bien plus que d'accoutumé. C'était la première fois qu'il avait à se la poser. Il n'avait normalement pas besoin, ses jouets étaient toujours à usage unique. Mais pour une fois, il se devait de s'occuper de la santé mentale de quelqu'un...dans le bon sens.

Hans prit son temps pour se lever, de sa main libre il attrapa la couverture sans attention, la laissant se dérouler au sol. Il vint se poser devant Hansel, l'observant quelques secondes, soufflant sur son thé brûlant.


-Hansel... Il soupira et s'assit sur ses genoux, face à face. Il rejeta sans ménagement la couverture au-dessus de leur tête, les plongeant dans une obscurité partielle. La vapeur qui s'échappait des breuvages embuaient leur visage. De sa main de nouveau libre il caressa le minois du blond. Il se sentait bien, il avait enfin chaud. Penses-tu que l'amour rend faible ? Ne penses-tu pas plutôt que c'est toi qui es trop faible pour l'amour ?

Son ton était très sérieux, il regardait dans les yeux le blond. Mais ce n'était pas qu'un effet comme à l'accoutumé, Hans était réellement sérieux. Il n'y avait pas de place pour la faiblesse dans le coeur du bleu, il n'y en aurait plus jamais. Il espérait au fond de lui que la réponse d'Hansel le rassurerait. Il ne voulait pas se donner à lui, Hans n'avait jamais eu de « raison » de toute manière, ça ne pouvait pas bien l'impacter non ? Et surtout il ne voulait pas qu'Hansel s'amollisse, il haïrait cela, que Hansel se permette de se sentir faible en face de lui. Il ne voulait pas d'une larve, mais d'un homme qui se retienne jusqu'à ce qu'il n'en puisse plus. D'un homme dont les pleurs rares, serait synonyme de grandes émotions. C'était ainsi qu'il voyait Hansel, non seulement en tant qu'homme, mais aussi en tant que roi. S'il devait pleurer, autant que ce soit de par la faute de Hans, il en tirerait bien plus de fierté, de la même manière que l'on couche un lion à ses pieds. Il bue une autre gorgée avant de reprendre son discourt :

-Les gens ne s'attendent pas à ce que tu les protèges comme des poupins, mais que tu te tiennes à leur côté, près à te battre avec eux. Il se fiche de tes intentions, seul tes actions compte. Tu n'es pas le roi de Candis, mais celui de Necis, ressaisis-toi, tu ne peux pas te laisser abattre. Pourquoi cours-tu après ta sœur ? Elle est grande Hansel, elle reviendra quand elle retrouvera ses esprits, ton comportement ne fera que de la faire fuir d'autant plus. Ce n'est pas elle que tu cherches à protéger mais toi-même je me trompe ? Tu cherches à protéger la mémoire que tu as d'elle.

Il baissa les yeux, ayant conscience que s'était peut-être un peu trop. Il lui offrit un simple sourire, et se resserra contre lui -en prenant garde aux tasses qu'ils avaient à la main. Il se pencha ensuite en avant, laissant leur lèvre se frôler, avant de lui déposer un baiser doux mais passionné. En se retirant et juste avant de se relever il souffla ses quelques mots :

-Je sais de quoi je parle, j'avais une sœur.

Il entraîna avec lui la couverture, souriant de voir les cheveux blonds défaits à cause du frottement de celle-ci. Il partit d'un léger rire s'installer de nouveau contre la chaise, s'enroulant le tissu chaud. Au même moment quelqu'un frappa à la porte. Certainement que l'aubergiste revenait avec les herbes. Hans ne dit rien, attendant qu'Hansel donne la permission à ce monsieur de rentrer. Il espérait ainsi qu'Hansel comprendrait qu'il n'était plus le temps de douter. Hans soupira discrètement. Comme il était épuisant en son état d'être en amour.
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MessageSujet: Re: Sous le pont qui, lui, ne s'écroulera jamais [PV Hans]   Ven 3 Jan 2014 - 20:16
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La couverture pesait sur son crâne comme le poids irréel sur ses épaules. C'était celui de la responsabilité, de l'inquiétude, de la guerre, des attentes vaines, que ce soit les siennes ou celles des autres à son égard. La pression d'un roi, d'un frère, d'un amant, qui tordait ses muscles. Hans aurait aussi bien pu souffler sur la flamme d'une bougie symbolique qu'il se serait senti libéré, ne fut-ce que quelques secondes, de cette tension. Au lieu de ça, il lui rappelait ses devoirs, qui lui incombaient tous et auxquels il ne pouvait faillir. Je te reconnais bien là, Hans. C'est la douce épine de la Rose que je convoite, qui me fait mal mais qui me ravit. Car, sans tabou, sans honte, j'aime me rappeler que le destin d'autres dépend de moi seul. Je ne fuis pas, je l'ai cherché, et je veux que ton âme subisse le même sort.

Un jour, accablé par la douleur, quelle qu'elle soit, tu murmureras mon nom entre tes lèvres.

J’apparaîtrai peut-être si tu le prononces assez fort !

- Hansel...

Sourire en coin car cela lui rappelait l'écho de ses pensées, il attrapa la taille d'Hans, qui venait de s'asseoir sur ses cuisses. Ses doigts glissèrent très légèrement sous son haut afin qu'ils effleurent à peine sa peau blanche et froide. Ses yeux d'or brillaient dans les ténèbres grisâtres de sous le tissu. Levés sur Hans, ils regardaient sa fine bouche qui était sur le point de se mouvoir.

- Penses-tu que l'amour rende faible ? Ne penses-tu pas plutôt que c'est toi qui es trop faible pour l'amour ?

Son regard se fit torve. C'était une bien grave question ! A laquelle il n'avait pas de réponse. Sa bouche s'entrouvrit mais ne souffla mot. Incapable de répondre, incapable de dire si une hypothèse était préférable à l'autre, il se tût. Qu'en pensait Grisélidis ? Que préférait-il ? Un amant affaiblit par l'adversité ou un amant faible face à cette dernière garce ?

Aucun des deux, assurément.

Sa main vint sur celle posée contre sa joue. Il la serra avant qu'elle ne tombe, sous l'initiative de son propriétaire.

- Les gens ne s'attendent pas à ce que tu les protèges comme des poupins, mais que tu te tiennes à leur côté, prêt à te battre avec eux. Ils se fichent de tes intentions, seules tes actions comptent. Tu n'es pas le roi de Candis, mais celui de Necis, ressaisis-toi, tu ne peux pas te laisser abattre. Pourquoi cours-tu après ta sœur ? Elle est grande Hansel, elle reviendra quand elle retrouvera ses esprits, ton comportement ne fera que de la faire fuir d'autant plus. Ce n'est pas elle que tu cherches à protéger mais toi-même je me trompe ? Tu cherches à protéger la mémoire que tu as d'elle.

Hans avait une analyse à toute épreuve. Ou était-ce Hansel qui était trop transparent ? Lui-même fut troublé par ces paroles pleines de bon sens. Ses brillaient de nouveau, cette fois d'une lueur confuse. Il n'était pas en mesure de répondre. C'était la seconde fois en cinq minutes qu'Hans lui faisait ce coup. Il ferma ses paupières avec un léger sourire de satisfaction. Il ne sortait pas avec un imbécile et il ne pouvait qu'admirer sa perspicacité. Lorsqu'il les rouvrit une seconde plus tard, il sentit le corps du bleu se coller contre lui. Aussitôt ses yeux cherchèrent ceux de Grisélidis, mais ces derniers étaient à leur tour cachés sous des paupières tranquilles. Loin de l'imiter, il observa son visage se rapprocher du sien et, même quand il posa ses lèvres contre les siennes, il ne les ferma pas tout de suite. Cette expression paisible sur son visage, il aurait voulu la contempler encore.

Le baiser fut trop bref à son goût. Hansel l'eut volontiers prolongé si seulement Hans n'avait pas ajouté :

- Je sais de quoi je parle, j'avais une sœur.

Sa mâchoire ne se dessera pas d'un cran et il ne chercha pas à le retenir lorsqu'il se leva. Que répondre à ce « avais » ? En une seconde, une poignée d'hypothèse fusa. Dont deux principales : sa sœur était morte, soit littéralement, soit au sens figuré. Dans les deux cas, Hansel n'avait aucune envie d'aborder ce sujet compliqué et surtout, sensible. Pas aujourd'hui. Il avait tout le temps pour connaître Hans, comprendre les ficelles de son histoire qui avait fait de lui l'homme qu'il était aujourd'hui. Même si la désignation d' « homme » pour cet adolescent immature le faisait sourire. Il se donnait de grands airs mais Hansel n'était pas dupe. Triste, mais il était trop vieux pour ça !

Le frappement sourd contre la porte de bois le sorti de son état pensif. Il jeta un œil à Hans, le considéra sérieusement, cherchant... cherchant quoi ?

- Oui, j'arrive, dit-il en remettant ses cheveux en bataille en place.

Cela l'énervait. Hans l'avait troublé , était rentré dans son intimité sans crier gare. Et ce n'était pas une façon de faire, surtout pour Hansel qui était un vrai gentleman. On ne remuait pas les cicatrices impunément, même avec l'intention d'éclaircir leurs ténèbres. Hansel n'avait besoin de personne pour cela. Il ne voulait pas recevoir de leçon, comme il ne souhaitait pas en donner. Prendre les problèmes à bras le corps, pourquoi pas, mais alors dans une lutte à mort. Qu'on laisse sa sœur et ses sujets là où étaient leurs places ! Hans n'avait pas à s'emmêler. Tout comme il ne se mêlerait jamais des histoires de famille de son amant. Il laisserait Hans lui livrer ses secrets, si c'était son intention. Il ne lui donnerait pas de conseils intempestifs car c'était à Hans de construire son chemin. Et le faire seul était la voie la plus rapide pour, puisque c'est en faisant des erreurs qu'on apprend, parait-il. Alors pourquoi diable Hansel l'empêcherait-il de tomber ? Oh, son expérience de la vie leur serait utile... Mais elle ne gênerait pas celle que devait acquérir Hans, de ses propres mains.

- Voilà ce que vous m'avez demandé. Il faut infuser ces herbes pendant cinq minutes dans ce bol d'eau chaude.
- Et ça, c'est pour ? Demanda-t-il en pointant le sucre.
- Pour faire passer le goût, sourit l'aubergiste.

Hansel prit le plateau en main et la remercia. La porte se referma dans un petit claquement.

- Eh bien, tu n'es pas au bout de tes malheurs vu l'odeur de ce truc. Tu veux peut-être que je t'apporte d'autres sucres, hum ?

Il sourit avec malice en posant le plateau. Quelque chose lui disait qu'Hans aimait les choses sucrées, très sucrées. Il aurait dû y penser en amenant le thé tout à l'heure, quel imbécile !

L'intervention de l'aubergiste avait réchauffé l'ambiance. Ils avaient frôlé la catastrophe avec la dernière réplique d'Hans. Hansel était déterminé à faire oublier au bleu cet endroit miteux dans lequel ils se trouvaient. Il avait cinq minutes pour ça, maintenant qu'il avait mit le sachet d'herbe dans l'eau.

Sa main vint chercher le bras d'Hans pour le forcer à se lever. Il le fit avancer vers le milieu de la pièce puis l'attira définitivement à lui. En baissant la tête pour le regarder, il remarqua un bleu quasiment disparu sur son épaule. Une rude bagarre, n'est-ce pas ? Il sourit. Son bras enlaça sa taille fermement, en cherchant l'endroit précis où Hans ne souffrirait pas trop de la pression. « Pas trop », car c'était mieux quand ça faisait un peu mal quand même, hein ?

- Hans, on a pas idée de faire ce genre de chose. T'asseoir si près, m'embrasser, puis t'enfuir sans demander ton reste. Ce ne serait pas la première fois...

Il se rappela une certaine salle de bal. Hans allait avoir du mal à le construire, ce chemin, s'il apprenait si peu de chaque erreur... Bah, ce n'était pas un problème. Hansel n'était pas contre les piqûres de rappel. Il s'approcha de son visage, l'évita, embrassa la peau près de son oreille, faisant glisser à peine sa main chaude sur le tissu bleu. Ses lèvres ne produisirent aucun son lorsqu'elles embrassèrent Hans, mais elles y restèrent un moment. Le froissement du tissu qu'on soulève était plus bruyant qu'elles. Lentement, il chercha à enlacer sa main libre avec celle de Grisélidis, puis il la souleva dans les airs.

- Cette chambre n'a rien à voir avec le château de Lisbeth, mais je peux t'y faire danser aussi. Ou bien...

Il colla Hans contre lui d'avantage, ventre contre ventre, et se pencha sur lui, les yeux perçants, sa voix incisive et rauque, sensuelle. Ce petit jeu lui avait manqué.

- … Tu n'es pas en état, à cause de cette confrontation. Que tu as perdu ou gagné, d'ailleurs. Auquel cas... Sur ces deux derniers mots prononcés à mi-voix, il se pencha à nouveau près de son oreille pour y susurrer : je peux te proposer des jeux plus tranquilles pour fêter comme il se doit nos retrouvailles.

Voudra, voudra pas ? Oh, come on. Qui aurait envie d'y résister ?


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MessageSujet: Re: Sous le pont qui, lui, ne s'écroulera jamais [PV Hans]   Mer 2 Avr 2014 - 2:32
Don’t you dare ♥

Le monde tout autour de lui tournait. Après s’être juste rasseye, il ne savait pourquoi, il avait été pris d’une soudaine faiblesse, plus forte encore que les précédentes. Comme s’était dommage, dire qu’il pensait que son état s’améliorait. Il semblait bien loin du compte au final… L’image du blond tanguait devant ses yeux. Il avait tellement envie de refermer ses paupières et de se laisser glisser au sol. La torpeur envahissait son corps tout entier. Il essayait de garder un peu de contenance, mais il sentait déjà ses épaules qui, petit à petit se repliaient sur elles-mêmes. Seulement quelques minutes…quelques heures, il ne demandait rien de plus à son pauvre corps. Voilà, il s’agissait de sa dernière requête à ses membres meurtris. Oh il n’était pas sur le point de mourir, loin de là. Seulement, n’importe quel médecin aurait pu dire que ça place aurait dû être dans un lit, et de ne pas en bouger de la journée. Mais la vie était ainsi, trépidante de souffrance. Il avait lancé les règles pour donner une chance à leur relation. S’il ne les respectait même pas, que pouvait-il dire au Friedrich ? Donner une chance…

Il ne fut pas attentif à l’aubergiste, s’était un homme sans importance pour lui, il ne le considérait même pas, il n’avait pas la force nécessaire pour considérer plus de monde que Hansel en fait. Ainsi une fois l’étranger reparti le Grisélidis se contenta simplement de hausser les épaules sur la remarque du sucre et du breuvage. Il verrait bien une fois qu’il serait devant ce qui lui dicterait son estomac.

Il se laissa faire lorsque Hansel le fit se lever, il ne haussa qu’un sourcil à vrai dire, curieux de ce qu’il allait faire de lui. Il n’en fut pas déçu. Il le laissa aller au bout de sa parade amoureuse, il trouva cela absolument touchant, et assez comique. Il n’imaginait même pas ce que ça aurait été s’il s’était retrouvé en pleine forme. Il s’imaginait bien Hansel l’aplatir sur le lit en moins de temps qu’il n’en fallait. Il ne pensait vraiment qu’à se frictionner contre lui. Il ne lui en voulait pas le moindre du monde, il avait exactement la même envie après tout. Il ne grimaça pas sous les légères pressions que Hansel effectua en l’enlaçant comme ci…il cherchait quelque chose. Oh Hans savait exactement ce qu’il voulait et s’eut l’effet escompté en sa personne, son visage prit des couleurs plus chaudes. S’était un petit peu comme la marque de fabrique de leurs entrevues après tout.


- Hans, on a pas idée de faire ce genre de chose. T'asseoir si près, m'embrasser, puis t'enfuir sans demander ton reste. Ce ne serait pas la première fois...

Ces mots… il adorait comme Hansel n’avait pas idée de ce qu’il disait. Par cette simple phrase il le mit instantanément de très bonne humeur concernant du bon temps. Car s’était exactement lui dire ce qu’il avait envie d’entendre : qu’il crevait de le prendre, qu’il se retenait comme un forcené pour ne pas le froisser. Il était comme un chat qu’il lui montrerait son ventre. Hansel, montrer un attachement bestiale à Hans s’était un peu comme t’ouvrir la cage thoracique et lui déballer ton cœur à vif. S’était très dangereux, et absolument jouissif pour lui. Il soupira fébrilement tandis que la bouche du seigneur de Necis se mouvait le long de son visage, que ses doigts s’amusaient à l’effleurer avant qu’il ne se décida finalement à l’embrasser. Il adorait cela. Hansel pouvait bien le presser aussi fort qu’il voulait contre lui, le toucher de toutes les manières les plus obscènes possible cela signifiait aux yeux du bleu toute la dépendance qu’il avait pour lui. S’était cela après tout l’amour non ? De la dépendance ? Hans se demandait alors à quoi il était vraiment dépendant au juste chez le Blond…mais la réponse dans sa tête ne se fit pas attendre et lui permit de le faire sourire tandis qu’Hansel le soulevait dans les airs. Rien que cette pensée atténuait grandement la douleur que l’initiative du conte lui causa.

Lorsqu’il le reposa, Hansel ne se fit pas attendre pour lui rappeler de doux souvenirs, et pour bien insister sur le fait qu’il était à peu près, près à tout pour l’entendre gémir. Ce qui lui plu. Tout lui plaisait en fait dans ça manière de se comporter…celle qui laissait transparaitre le caractère combustible de son amant. Mais contrairement à la dernière fois, Hans avait réellement envie de jouer cette fois-ci, pas simplement de se défaire au derniers moment –oh bien qu’il le ferait un peu tourner dans son bocal, sinon il ne s’appelait  plus Hans Grisélidis. Par contre il n’était pas sûr qu’Hansel eut bien compris ce qu’attendait vraiment Hans de leur relation. Il pouvait bien sûr lui dire de but en blanc mais ça ne serait pas amusant après tout. Ainsi tandis qu’il était contre celui qu’il considérait comme en sa possession, et comme il avait une fatigue énorme à relâcher, il se prit à avoir envie de souffler ses mots sur quelques petits airs séducteurs et chantant. Il le faisait assez souvent chez lui, chantonner faiblement ou siffloter, au fond s’était une mimique qui le rassurait et l’apaisait, quelque soit sont sujet. Certainement un reste de petite enfance…  


-Hansel, c’est toi qui n’as pas idée, mais laisse moi t’en donner, te donner des mots… Il tapota ses doigts sur les épaules du blond, les fit glisser en aller-retour le long d’une clavicule. Il adorait celles d’Hansel qui étaient saillantes. Des mots d’amours selon moi, des mots peut-être suffocants pour un roi. Je comprends bien que l’on ne soit point du même acabit. Il se colla contre lui plus franchement, se lova même. Mais même les habitudes les plus tenaces peuvent s’évanouir face à l’extase. La volupté de l’extase, plus exactement. Car je sais bien que ces mots ne veulent… pas forcément…dire la même chose dans notre langage. Oui, ce doit être ça notre différence fondamentale, nous n’avons pas le même ramage meurtrier. Ni même notre plumage s’y apparente d’ailleurs, ni les couleurs ternes mais puissantes pour moi, ni celles plus crues et criantes pour toi, enfin c’est ce que j’y vois. Ta vision est aussi brulante de vérité que le sont tes doigts, lorsqu’ils glissent le long de ma peau blême. Et mes lèvres vénéneuses se font volontiers velours pour n’importe lesquels de tes… atours…

Hans laissa s’étirer un sourire enjôleur sur ses deux bouts de chaires rosées, il s’amusait comme un petit fou, il se laissait véritablement aller. Après tout pourquoi pas ? Cela faisait un moment qu’il ne s’était pas détendu de la sorte, et il souhaitait que le Friedrich lui fasse confiance sur ce point, sur le fait qu’il se lâcha devant lui. Bien évidement il y avait un but à cette chansonnette, il ne le faisait pas simplement parce qu’il était exténuer et qu’il voulait relâcher sa propre pression. Pour le moment il voulait voir ce qu’il pouvait obtenir comme différentes réactions d’Hansel et surtout une chose. Il voulait connaitre l’intensité des sentiments d’Hansel à son égard, et quand il parlait de sentiments il parlait de n’importe quels types de sentiments.

Une danse ? Absolument, ça me manquait tellement. C’est vrai que d’habitude je suis celui qui fait des pas, autour des corps macabres. Je me sentais vraiment à l’étroit, recroqueviller sous les draps. Eh bien ! Dansons une nouvelle fois, ma foi, je ne me priverais pas de quelques petits vas et viens ! Surtout venant de toi. Enfin…que veux-tu je suis fiévreux et je me demande toujours si ça ne tiens que de moi. J’avoue… Il commença à entrainer le blond dans des pas de valse. Que lorsque tu t’approches mon cœur a tendance à battre la mesure plus rapidement, que ma trogne…

Bien qu’il voulait qu’Hansel le reconnaisse d’égal à égal cela ne le dérangeait pas le moins du monde qui le considère aussi selon son  âge, et donc, volubile, frivole. S’était une part de sa personnalité, bien qu’il s’agissait plus d’une part de façade et de parade qu’un caractère émanant de son histoire privé. Il aimait se montrer ainsi car selon lui, cela avait l’effet d’un envoutement, en effet son trait calculateur et contrôlant passait ainsi plus aisément pour des enfantillages quelques peu grivois.

Hmm … J’aimerais que cela cesse, car ce n’est pas très pratique pour mes affaires. En l’occurrence, celles qui te concerne. Je te veux tellement parfait, au fond, que je ne sais même pas comment procéder, pour te posséder. Je veux dire il faut bien que je regagne ma fierté car j’ai bien l’impression que ce ne sera point dessus les plumes que je vais te la démontrer. Le coquin lui fit faire un tour un peu sec, avant de rire légèrement, ayant un air de « si tu vois ce que je veux dire » puis reprenant un air tout à fait faussement ingénu. Tu m’as l’air bien parti pour faire résonner ton air en ma personne.  Au fond, je ne m’en plains pas, ça me plaît de te faire croire que tu m’as.

Son visage devint à nouveau très taquin. Il aimait jouer sur ses effets, il avait en tête l’idée que s’était ce qui avait plu de prime abord, à son Blond préféré en fait. Ça et l’audace –ou l’inconscience- de ses coups de points. Ca l’avait très certainement surpris, Hans avait après tout un physique trompeur et androgyne à première vue, et de jouer sur la corde féminine –bien que Hans n’avait absolument pas conscience que s’était ce schéma là qu’il reproduisait- avait certainement attiré l’œil du tueur –comme ça avait attiré les mains de pas mal d’autres.

Car oui l’extase c’est aussi de te mener par le bout du nez. Il pouffa avant de se reprendre. Et sur ce point je crois avoir bien rondement mené ma mise. Un amour, c’est sûr, je te veux plus qu’amant, plus que dégustation, plus qu’entrée, je te veux au menu tout les jours ! Te découper gentiment. Ça ne me parait pas bien compliqué au vu de ton engagement. Tu es plutôt simple à cuisiner, j’ai bien l’impression que de simplement retirer ma blouse te ferait cuire. Mais bon je suis amoureux des oignons et langues bien grillés, ainsi je vais m’atteler à te faire frire. Je t’avoue que l’accompagnement et tout le tintouin, c’est plus pour te faire jalouser. Car comme son nom l’indique il s’agit simplement de quelques raffineries croustillantes, en aucun cas le plat principal. Dans mes cuisines je t’assure que tu ne te feras pas voler la vedette, ce n’est pas tout le monde qui peux manger du roi, avec sa sauce… Notre chaperon bleuté rougit intensément en s’arrêtant quelques secondes, cherchant quelques choses de moins ridicules… vinaigrette ? Il se rendit compte que c’était pire et ricana entre deux sourire gênés, baissant les yeux avant de reprendre du poil de la bête et, d’aplomb, relever son minois. Il reprit cours alors, faisant mine d’ignorer ses joues cramoisies entre honte et amusement. Je précise !  

Il se détacha du blond, toujours assez gêné au fond. Il ria de sa propre bêtise sans l’arrêter pour autant. Le bleu se plaça ensuite devant le plateau, remuant les herbes dans l’eau bouillante, laissant se disperser dans celle-ci une couleur infâme.

Désolé si je m’égare en matière culinaire, j’ai ça dans la peau avant tout. C’est vrai que je suis cajolé par mes servantes, mais ne te laisse pas berner par mes gants. Je ne suis pas frileux de cette sensation de chaire fraiche sous les doigts. Ce que je pense bien que tu as remarqué, n’est-ce pas ? Il tourna légèrement son visage vers lui, un sourire gourmand sur les lèvres. Et j’ai très souvent remué les marmites pleines de cochonnerie moi-même. Il retira les plantes, et rajouta le sucre avant de se retourner, s’adossant à la table. Il est évident que tout ce que je te demande tu ne me le demanderas point. Si tu es seigneur je me vois bien petit prince pourris gâté par tes soins. S’éloignant de la table et s’asseyant sur le lit, il en testa son moelleux, avant de se laisser tomber en arrière, laissant échapper un court soupir de satisfaction. Ça me fera peut-être du bien de me frotter à tout les envieux, qui voudront bien m’évincer de ta cour. Ça ne me fera que plus de challenge et d’expérience, de les égorger pour préserver ma place contre ton poitrail. Et puis ça te fera quelques vacances, quelques personnalité à ne plus faire semblant d’aimer. Je suppose que je te rendrais service au fond ? Oui, oui !  

Il se vautrait littéralement sur le lit. Émettant quelques petits sons montrant sa totale approbation de la literie. En effet bien que celle-ci fut absolument moche, elle était très confortable. Il se prit même à fermer les yeux quelques secondes…

Je nous imagine bien tout les deux….Avant des les rouvrir roulant pour se mettre sur le ventre, calant s’accoudant pour pouvoir poser son visage sur l’une de ses mains, regardant Hansel. Plus quelques amants pour te mettre en rage. Je ne pense pas pouvoir me lasser du goût de tes baisers lorsque tu souhaites écumer ta colère… et…et… Il eu un blanc avant de se laisser aplatir de nouveau. Son visage fourré dans les droits. Il haussa le ton bien qu’au final celui-ci était étouffé par les linges. Blablabla !! Il releva alors son visage et explosa de rire jusqu’à plus souffle avant de pouvoir finir ce qu’il avait à dire…Ahahah…aah….hum…  je pourrais continuer ainsi encore pendant un moment. Autant que tu veux en fait ! Mais ça te gâcherais le plaisir de quelques fêtes et surprises j’en ai bien peur. il laissa quelques petites secondes de silences s’écouler, l’observant juste, un rictus étrangement assez froid ficher sur sa tête. A la fin de ses quelques secondes il reprit juste son petit air joueur et entreprit de se relever. Aussi je vais me taper ces herbes puantes et ensuite on avisera !

Il se dirigea alors vers la table, approcha une chaise et se laissa tomber lourdement dessus, il se massa les tempes, regardant la mixture avec dégout.

-Je veux bien plus de sucres…ou alors…que tu passes sous la table. Ca serait charmant, c’est sûr que je serais détendu et disposé à avaler se truc…

Il ne précisa évidement pas que de voir Hansel agenouillé à s’affairer sur sa personne tandis qu’il faisait totalement autre chose lui donnerait une impression de pouvoir sur lui –un peu comme avec un prostitué en fait, mais comme il s’agissait ici de son homme, s’était forcément mieux- ce qui le ferait vraiment bander, et le mot était bien faible en connaissant la pauvre solitude d’Hans pendant le mois qui venait de passer. Hansel devrait être prudent… car si Hans savait maintenant à quoi s’attendre du blond une fois celui-ci mit sous pression, l’inverse n’était pas vrai. Prudent était, lui aussi, un mot faible en ce qui concernait les précautions qu’Hansel devait prendre à ce moment là. Qu’il ne pense, qu’il n’ose ! même pas le titiller... qu’il n’imagine même pas profiter de cette situation, ou alors, à ses risques et périls…


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MessageSujet: Re: Sous le pont qui, lui, ne s'écroulera jamais [PV Hans]   Dim 4 Mai 2014 - 22:49

Qu'est-ce qu'il avait bien pu faire au Narrateur pour tomber amoureux d'une pareille ordure ? Ce gamin était d'une insolence qui frôlait la vulgarité. Autant, qu'on se passe des politesses avec lui ne le dérangeait pas, bien au contraire ; cela lui changeait de Hesse et des ses sujets trop aimables. Mais qu'on lui manque à ce point de respect, c'était intolérable. Cela l'était d'autant plus que le coupable était son amant ! Son amant qu'il aimait et dont il était supposé être aimé. La colère souleva ses tripes et il inspira profondément pour garder son calme. Les jointures de ses phalanges avaient blanchies sous la pression écrasante de ses poings. Lorsqu'Hans acheva son monologue dans  ce qui lui parût une insulte infâme de plus, le blond hésita : devait-il claquer simplement la porte derrière lui ou écraser la ridicule petite tête bleue contre le mur avant de vider les lieux ? Franchement, le choix était rude.

Il s'approcha sans desserrer les dents et se plaça derrière le jeune homme. N'importe qui aurait pu sentir le danger. L'aura meurtrière du roi ne pouvait que sauter aux yeux, même ceux d'un naïf et inexpérimenté. Tous ses efforts pour la contenir n'arrangeaient en rien l'affaire ; D'un geste lent, il attrapa sa chevelure  et la tira sèchement en arrière, agrippant de l'autre main cette gorge blanche qui lui était désormais si facilement accessible. Surplombant l'adolescent, il plongea ses yeux dorés et vibrants dans le bleu des siens.

« Mon petit Hans, si condescendant, si prétentieux et arrogant, je vais t'apprendre, moi. Je vais t'apprendre comment on parle à son aîné, comment on parle à celui qu'on aime. »

Sa voix était sèche, méprisante. Contrairement au coquelicot, il ne comptait pas s'étendre en tirades inutiles. Il dirait ce qu'il à dire sans enjolivures. Cet air brusque, sans patience ni compassion, n'était qu'une preuve d'affection. Il souhaitait vraiment l'éduquer, après tout. Pour le rendre meilleur.

« Que tu aies perdu ta famille, que tu n'aies pas un seul ami mais mille esclaves, je n'en ai rien à foutre. Reparle-moi encore sur ce ton et si je ne te tue pas sur le champs, tu pourras te considérer heureux. »

La colère bouillait encore et ses doigts se resserrèrent. Hansel n'était plus loin de l'animal ; s'il l'avait été tout  à fait, il aurait déjà répandu le sang d'un coup de dent, brisant pour de bon les cordes vocales si détestées et aimées. Quelque part, quel déchirement d'être confronté à tant d’égoïsme de la part de celui qu'il aimait. Du haut de ses seize ans, qu'est-ce qu'il pouvait comprendre à l'amour ? C'était un jeu qu'il n'avait jamais joué. Il n'avait jamais ni gagné ni perdu, c'était le pire des novices. Peut-être ne l'aimait-il pas, simplement. Il pouvait ne pas en être capable. Avoir confondu l'amour avec un vulgaire désir... Quelle idée odieuse, aux yeux du Friedrich. Il se vengerait d'avoir été roulé,  si tel était le cas. La jeunesse n'excusait pas tous les pêchés, et certains n'avaient jamais grâce pour le blond.

« Tout ce que la solitude n'a pas su te donner, je le ferrai. Mais si tu penses que je vais te donner sans recevoir... » il laissa en suspend sa phrase, avant de continuer d'un ton paternaliste « Tu joues dans la cour des grands, maintenant. Ne te trompe pas d'adversaire, et choisis tes mots avec la plus sérieuse précaution, si tu ne veux pas perdre ta tête. »

Peut-être que sa rencontre avec Aurore n'avait pas été un avertissement suffisant.. Quelle genre de blessure devait-on lui infliger pour qu'il apprenne de ses erreurs ? La prochaine serait la dernière, assurément...


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MessageSujet: Re: Sous le pont qui, lui, ne s'écroulera jamais [PV Hans]   Sam 31 Mai 2014 - 14:42
Toddlers

Hansel, quel somnambule fais-tu. Tu balances de chaque côté dans le cœur de ce pauvre Hans. Malheureusement, il semblerait que tu eux du mal à trouver l'équilibre que tu voudrais. Qui peut-en vouloir ? Certainement, notre Griselidis, qui, avec sa frénésie te concernant allait quasiment tout prendre de travers une nouvelle fois. Mais que veux-tu, tu joues avec sa corde sensible, et tes mots acides, tes mains féroces, toute cette colère, il l'écumait de long en large. N'as-tu donc pas remarqué ? Il l'entretient avec autant d'attention que l'on prendrait pour un nouveau-né. Peut-être parce qu'il considérait que quitte à être détruire, autant que ça soit par la seule autre personne qui en souffrirait aussi. Il était assez difficile à ce stade de prévenir la fin de cette rencontre. Mais lorsque le blond, déjà, effectua les premiers pas, lourd, emplit d'ire. Il avait décidé, il avait choisi. Il choisissait de souffrir, car le caractère de Hans était ainsi, autodestructeur, il briserait tout ce qu'Hansel aimait, un à un, jusqu'à ce qu'il ne regarde plus que lui, seulement lui. Lorsque, finalement, il posséderait toute son attention, son exclusivité totale, il se briserait lui-même, se mettrait en lambeaux. Que l'amour était doux entre deux tourtereaux ensanglantés.

Hansel jouait contre le temps, les effets irréversibles que celui-ci aurait ; mais peut-être était-il dans le vrai ? Peut-être qu'il pouvait vraiment y changer quelque chose, changer la musique sur laquelle Hans aimait danser ? Le plus beau cadeau du monde que le Friedrich ne pourrait jamais lui faire, le seul qui ne serait pas empoisonné : lui donner de l'équilibre. Arrêter la roue libre dévalant à toute vitesse les chemins, passage, brisant les barrières jusqu'au jour où il tombera sur plus résistant que lui et où il s'y éclaterait en morceau. Aurait-il la patience ? Mystère...combien de temps serait-il à le serrer de toutes ses forces dans ses bras ? Jusqu'à ce qu'il comprenne, mais quand comprendra-t-il ? Oui Hans, quand comprendras-tu qu'il fallait choisir entre deux amours ? Le tien et le sien. Le seul péché du blond serait de croire que les yeux fermés, Hans choisirait le sien, se dépouillant de l'excitation qu'une relation de terreur lui procure.

Les pas résonnèrent tel un tonnerre silencieux dans la pièce. Un pied devant l'autre, plus il s'approchait de lui, plus Hans savait qu'il en avait trop dit. Pendant le court laps de temps qu'il fallut au Friedrich pour passer derrière lui, Hans ne bougeant pas eu le temps de repenser à tout son discours. Ses mots avaient-ils été si virulent ? Il avait simplement...voulu être aussi honnête qu'Hansel l'était avec lui. On dirait que la vérité avait quelque peu fâché le roi de Necis. Mais de quoi était-il le plus déçu au final, des mots venimeux qui avaient traversé ses lèvres, ou d'avoir crut que de s'amouracher d'un homme comme Hans équivaudrait à une relation des plus banale et douce. Car il n'avait rien de doux chez Hans, il était d'une acidité à toute épreuve en la matière. L'homme à abattre, la personne que personne ne supportes. Mais heureusement pour le commun des lambdas, personnes ne passaient assez de temps avec lui pour arriver à un point de rupture. Hansel voulait si risquer, Hans avait essayé de le prévenir avant, maintenant, il était trop tard, il le garderait pour lui. Il n'avait pas voulu comprendre, pas voulu le laisser partir quand il était encore temps. Le Grisélidis avait tenté un acte de gentillesse envers lui, celui-ci n'était pas passé, il n'avait pas réussi, son caractère avait finit par reprendre le dessus. Oh Hansel pourquoi n'as-tu pas tourné les talons au puits ? Tu te fais souffrir inutilement maintenant, et le Bleu se délecte de ta souffrance autant que de celle que tu pourrais lui infliger.

Les pas s'arrêtèrent derrière lui, notre jeune contre papillonna des yeux en prenant son souffle, au même moment où sa chevelure fut accrochée fermement par les doigts du blond. Décidément, il les aimait ses cheveux, les tirer pour lui voler un baiser ou lui en mettre une, il semblait que c'était son truc. Bien entendu qu'il sentait cette aura meurtrière qui semblait lui en vouloir tellement. Mais comment pouvait-il la prendre au sérieux lorsque le Friedrich effectuait ce geste, le même qu'au bal. Hans avait levé ses pupilles sur lui, les joues rouges qui prirent d'autan plus de couleurs en voyant les traits durs d'Hansel. Il ne pouvait tout simplement pas, ce visage, il l'aimait, il en connaissait le goût, il en avait envie, plus que jamais. Il ne pouvait pourtant pas le toucher, pas pour le moment, le blond semblait vouloir lui faire la morale, il prit même d'assaut son cou. Très mauvaise idée. En sentant les doigts se resserrer sur sa gorge, il se tortilla soudainement. Il accrocha ses propres doigts, essayant de lui faire lâcher prise, même si ce n'était qu'un décoï. Il faisait assurément semblant de vouloir se défaire, montant ses jambes sur la table, poussant le bol au sol qui s'éclata. De toute manière, même s'il l'avait vraiment voulu, il n'était même pas sûr d'y arriver. Mais là n'était pas le problème, sa faible respiration s'accélérait. Il écoutait à moitié ce qu'Hansel lui disait, il fallait avouer, ayant du mal à se concentrer dans de telles conditions. S'il avait pu parler, il lui aurait fait passer le message, que pratiquer l'étranglement sur son conjoint juste avant l'orgasme de celui-ci lui permettait par la suite de ressentir celui-ci avec d'autant plus de puissances. Malheureusement, il ne pouvait lui faire remarquer, et se contenta de fermer les yeux. Qu'elle douce mort d'être tué parce celui que l'on aime. Il lui donnerait volontiers sa vie le jour où il en aurait marre de vivre justement. Oh, mais n'était-ce pas le cas tous les jours ? Il voulut avoir un rire désabusé, mais ne put. .

Malgré son manque de concentration évident, il n'avait pas rien entendu. Non, cette histoire d'éducation, de lui montrer comme s'adresser à lui...vu l'expression que le roi lui avait affichée à ce moment-là, aucune chose pour qu'il ait capté le double sens de ce qu'il était en train de lui raconter. Hans y participait volontiers, à ses cours, il en redemanderait s'il le fallait, ferait exprès d'échouer pendant l'examen. Enfin, il supposait qu'il fasse preuve de pattes blanches s'il voulait être accepté dans son cours n'est-ce pas ? Et cette histoire de donner et recevoir... Il commençait à se demander s'il ne le faisait pas exprès, c'est ça ? Il l'excitait pour le punir de lui avoir parlé sur ce ton, et il allait le planter ensuite ici avec son bas-ventre bouillant. Il tiqua, les évènements allaient sûrement se dérouler ainsi...quel dommage vraiment... Hansel n'avait donc vraiment activé aucune remise en question chez notre Hans, au contraire, et ce, même si pour l'instant, il se tenait à carreau, plus par jeu qu'autre chose. Le bleu ne savait, après tout, pas faire autre chose que jouer.

Pourtant, il y eut bien quelque chose qui avait perturbé notre Grisélidis, il ne comprenait pas vraiment ce qu'il entendait par « ce que la vie ne t'a donné ». En fait, il y avait tellement de choses que sa chienne de vie lui avait refusée, qu'à ce stade, les possibilités étaient infinies. Est-ce que...est-ce qu'il pensait qu'il lui manquait quelque chose en lui ... ? Il ne savait pas vraiment comment le prendre, évidemment au fond de lui, il se sentait vide, il lui manquait tellement de rouages pour tourner correctement. Mais l'entendre dire de quelqu'un d'autre le mettait mal à l'aise, aussi étrange que cela puisse paraître. Il n'avait tout simplement pas l'habitude qu'on lui fasse remarquer, que l'on lui rappelait l'existence, ou plutôt la non-existence, de toutes ces petites boîtes vides qui le constituait. Un joli emballage, rien de plus, voilà ce qu'elles étaient.

Dès que son cou fut de nouveau libre, il inspira goulument l'air, son corps tremblant légèrement. Il ne pensa même pas au gâchis qui s'était renversé aux pieds de sa chaise. Il ne pensait pas non plus à la fièvre qui était remontée. Il n'en avait que faire. Il n'avait qu'un désir, qu'il se devait d'assouvir. Comme tous ses désirs d'ailleurs, ils restaient peu souvent insatisfaits. Il replia ses cuisses avant de se tourner et s'agenouiller sur la chaise, passant ses bras autour de l'échine d'Hansel, attirant son visage à lui pour lui voler un baiser. Il n'avait que faire qu'il n'y réponde pas, que ses lèvres restent fermées aux siennes ou non, que son visage ne se décrispe pas, que son regard soit toujours aussi impartial sur lui. Il avait envie d'y goûter, cet Hansel si strict envers ce qu'il attendait de lui, il l'adorait. Il l'adorait tout court, et chaque fois qu'il le sentait près à le tuer tout son corps frémissait. Seul le Narrateur sait à quel point il était accro à ce frisson, certainement autant qu'à sa langue. Il n'avait pas envie de se détacher, il resserra ses bras autour de lui, fit glisser ses lèvres sur le visage anguleux de son amour, murmurait des excuses. Quel dommage, il était certain d'être privé de gâterie vue comme il s'était énervé, lui qui en crevait d'envie pourtant. Il aurait fait n'importe quoi pour en recevoir. Ça faisait tellement longtemps... il était sûr que le blond aurait apprécié de le voir aussi sensible sous ses caresses. Quel dommage, mais il n'arrivait même pas à regretter ce qu'il eût dit, il n'avait que laisser la vérité quitter son nid après tout, c'était la bonne chose à faire non ?


-Tu aurais préféré que je te mente Hansel ? Que je te manipule ? Je...je voulais seulement être franc avec toi...parce que je t'aime. Est-ce mal ? Je ne comprends même pas de quoi tu parles avec cette histoire de solitude...

Il y avait beaucoup de choses qu'il ne comprenait pas en fait, comme par exemple le fait qu'Hansel semble lui reprocher un fait auquel il n'y pouvait absolument rien. Reprochait-on au nouveau-né de ne pas déjà savoir marcher... ? Il restait accroché à lui, il n'avait pas envie de se séparer.
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Sous le pont qui, lui, ne s'écroulera jamais [PV Hans]

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