Petit humain, mais qu'as-tu fait ? Ouvrir ce livre, pris de curiosité ! Quelle grave erreur, car dès maintenant, les contes te garderont pour eux !
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 Leucosélophobie ou peur de la page blanche (PV Grey) [Terminé]

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MessageSujet: Leucosélophobie ou peur de la page blanche (PV Grey) [Terminé]   Dim 30 Sep 2012 - 23:47
Encore ce registre. Ces derniers temps cet objet prenait un malin plaisir à se glisser entre les doigts de Soleyl, pour lui rappeler que l’inventaire qu’elle avait entreprit de commencer, il y a de ça trois ans, n’était toujours pas achevé, même bien loin d’être commencé. Tous les objets de la boutique était censés être catalogué dans différentes catégories et listé entre les pages du gros registre déjà usé sans avoir servi. Mais voilà, seules les quelques premières pages étaient noirci d’une écriture illisible de tous, sauf de la propriétaire. La jeune femme dégagea sa main de la couverture de cuire, pour saisir l’objet qu’elle convoitait et qui se situait juste à côté. Une pince à cheveux. Elle était en bois peint, avec de beaux motifs gravé tout le long. Parfait pour accrocher la tresse que s’était faite Mii et d’où s’échappaient déjà de longues mèches torsadées par la natte. Ceci fait, les yeux verts foncés de la jeune femme tentèrent d’accrocher un miroir afin de se rendre compte du résultat, mais n’en trouvant pas au bout de trente secondes de recherche, elle laissa tomber et cracha une volute de fumée bleue. Du coin de l’œil, le registre la narguait toujours, posé là entre une toile d’araignée, le bras qui avait sans doute appartenu à une poupée de porcelaine, une fourchette à huit dents, et un autre carnet moins épais semblait-il. Soleyl s’en saisie, feuilleta les pages dénudée de la moindre écriture, de la moindre trace d’encre. D’où pouvait-il venir celui-là ? Peu importe. Prise d’une soudaine envie, elle le garda en main et se déplaça sur la gauche vers une étagère pour attraper un encrier à moitié vide. Bon un pinceau maintenant…ou une plume, en fait n’importe quoi pouvant servir de lien entre l’encre et le papier, en dehors de l’esprit. Évidemment tout le monde sait que pour l’artiste affrontant la page blanche, le premier médiateur avant la plume, entre le papier et l’encrier, c’est l’esprit. Esprit qui fouille et farfouille en quête d’un stylo. En réalité cette théorie n’est sans doute connue que de Soleyl, mais il lui plaisait d’imaginer que tout le monde pouvait la reprendre en citant son nom.

Ces élucubrations ne l’aidaient pas dans sa recherche, depuis combien de temps cherchait-elle au juste ? La chenille considéra sa pipe fumant à peine et la ralluma pour laisser s’échapper un long filet bleuté. La fumée s’éleva entre les étagères croulantes pour disparaitre dans un des rayonnages, comme aspirées par un courant d’air. Eh bien voilà où il se trouvait, songea Mii, ce n’était en réalité pas bien compliqué. Elle déplia lentement son long corps pour faire face à l’étagère qui avait vu disparaitre la fumée. Là dans un pot à crayon qui contenait les restes d’un bouquet de fleur, se trouvait quelques pinceaux effilochés. La jeune femme attrapa le plus fin d’entre eux, et se réinstalla confortablement sur le sol tapissé au milieu d’innombrables voiles et oreillers. Le pinceau resta un instant en suspension dans l’air, puis finalement elle l’abandonna au profit de l’encrier. Cassons les principes, pour une fois, encre et papier n’auront pas besoin de médiateur, qu’il sois esprit ou pinceau. Là elle fit couler un peu d’encre entre les pages du carnet et le referma pour l’ouvrir à nouveau. La tâche s’était étalée sur une bonne partie du papier. La jeune femme la considéra longuement avant que son attention ne soit attiré par l’une de ses compagnes.

- Et toi que vois-tu dans cette tâche ?

Susura Soleyl avant d’avaler une nouvelle dose de tabac entre ses lèvres. La mante-religieuse à qui elle avait posé la question agita ses longues faux recourbées.

- Vraiment ? Tu m’en diras tant. Est-ce que c’est quelqu’un que l’on connait ?


Nouvel agitation de la part de l’insecte qui émit quelques sons stridents.

- Maintenant que tu le dis, c’est vrai que ça lui ressemble beaucoup.

Les lèvres de Soleyl s’entrouvrir pour laissé s’échapper un mince filet turquoise, ainsi que fin sourire. Le ruban de fumée s’échappa vers la porte de la boutique qui s’ouvrit en émettant un tintement de clochette.

- Monsieur Yale, que puis-je pour vous aujourd’hui ?


La nature du client n’était pas difficile à deviner, sans le regarder Soleyl avait deviné de qui il s’agissait. Entre les pages du carnet ouvert, l’encre avait reconstitué un visage humain, qui correspondait en tout point à celui de l’homme qui venait d’entrer.


Dernière édition par Mii Soleyl le Ven 30 Nov 2012 - 17:48, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Leucosélophobie ou peur de la page blanche (PV Grey) [Terminé]   Mar 2 Oct 2012 - 23:49
Grey sortait à l’instant de la roulotte d’Aurore, il portait son habit de scène car le marionnettiste n’avait pas eu le temps de se changer avant qu’Aurore ne le convoque.
Il se dirigeait à grands pas vers sa roulotte personnelle quand il eut une idée , cela faisait longtemps qu’il n’avait rendu visite à son amie la Caterpillar (environ 1 semaine). Passant en vitesse se changer pour mettre un habit plus commode mais toujours assortie de son chapeau haut de forme et d’une paire de gants gris pale, il ne voulais pas trop s’attarder car il devait être rentrer avant le réveil de sa chère Aurore.

Le soleil se couchait sur les grands arbres de l’allée qui menait au cirque, spectacle naturel qui enchantait Grey. Ses pensées vagabondèrent mais il savait qu’il ne s’écarterait pas du bon chemin car si le destin avait décidé que l’on devait aller à la boutique de Soleyl on y allait même si on se perdait , la porte de la boutique apparaissait toujours au bout du chemin.
Sachant que ses pas le mènerait à son objectif, il pensa à son spectacle et les améliorations qu’il pouvait apporter à son numéro. Aurore avait raison , son cirque représentait parfaitement les gens comme ils sont à l’intérieur : par exemple Edgar, le monstre qu’elle venait de « finir » était un meurtrier en puissance et maintenant son aspect extérieur le représentait tel qu’il est à l’intérieur et pour Grey aussi , le cirque le montrait tel qu’il est , caché derrière les fils qui tirent en secret dans l’ombre des coulisses...

Ses pensées furent stoppées par l’apparition de la boutique qui annonçait pour ceux qui savaient ce qu’elle contenait, une véritable caverne d’ali baba, une salle aux trésors gardée par une déesse (ou presque).

Quand le roux ouvrit la porte , un mince filet de fumée bleue filtra à travers l’entrebâillement , et la porte émit un son de clochette qui annonçait sa visite à Soleyl qui était surement déjà au courant de sa venue, soufflée par un papillon ou une araignée qu’il aurait croisée sur le chemin.

« Monsieur Yale, que puis-je pour vous aujourd’hui ? »

La voie enchanteresse de Soleyl s’éleva dans l’air posant cette habituelle question.

« Enchanté , Soleyl . Comment faites-vous pour être aussi belle chaque jour ? »

Il assortit sa phrase d’une révérence gracieuse qui se fondait dans un rituel institué entre lui et elle. Il observa comme à chaque fois , les éventuelles évolutions de la boutique et remarqua un petit cahier posé sur les genoux de la maîtresse des lieux sur lequel se tenait une mante religieuse. Une tache d’encre était étalée sur la page est formait son parfait portrait. Finalement ce n’était peut-être pas les petites bêtes qui informait Soleyl mais bien une sorte de magie que seule possédait la Caterpillar.

« Aujourd’hui , j’aimerais un compte-rendu de la situation politique et un joli cadeau pour Aurore , genre une paire de tenailles , je crois qu’elle a cassé les siennes hier... »


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MessageSujet: Re: Leucosélophobie ou peur de la page blanche (PV Grey) [Terminé]   Dim 14 Oct 2012 - 16:38
- Enchanté , Soleyl . Comment faites-vous pour être aussi belle chaque jour ?

A l’écoute de ces quelques mots trop bien connus, les iris de la jeune femme virèrent au rose pâle. Hormis ce léger changement, son visage conserva ses traits paisibles et blanc cassé. Couleur poupée enfermée dans un placard. Le rouquin exécuta son habituelle révérence et parcouru du regard les entrailles de la boutiques répandues un peu partout, pour finalement s’arrêter sur son reflet d’encre. Ne laissant rien paraitre, le jeune homme informa de l’objet de sa visite:

- Aujourd’hui , j’aimerais un compte-rendu de la situation politique et un joli cadeau pour Aurore , genre une paire de tenailles , je crois qu’elle a cassé les siennes hier...


Un peu d’actualité, rien de bien compliqué ou hors de porté de la tenancière. Même en restant enfermée tout au long de l’année, il aurait été insensé de songer, qu’elle n’avait pas connaissance des évènements du royaume. Elle possédait des sentinelles, qui allaient et venaient, dans les airs et sous terre. Murmurant entre les mandibules, de sombre secrets, qui ne quittaient cette boutique uniquement contre un large paiement. En l’occurrence, ici, il ne s’agissait que d’informations politiques. Soleyl ferma un instant les yeux le temps qu’ils passent du rose au violet de la réflexion. Fouillant les méandres de ses pensés, elle fit remonter à la surface les derniers évènements contés par ses insectes. Une réponse formulée dans une volute de fumée:

- Politique anarchique, situation catastrophique…je crois que celle, que vous appelez reine, vient de sombrer dans la démence. Elle ne fera preuve d’aucune clémence envers ceux réclamant audience.


Le nuage de fumée recraché s’épaissit et vira au rouge pour former une hache, qui s’abattit sur le visiteur, se brisa et disparut sur le sommet de son chapeau.

- Mieux vaut ne pas aller faire de tour là-bas, si vous souhaitez que votre Haut-de-forme ai toujours une tête sur laquelle se poser.

Rien d’autre à signaler, mais c’était déjà en sois quelque chose. La reine qui à force de couper des têtes perd la sienne. Son paquet de carte s’effondrera bien un jour, on mélangera à nouveau pour faire une nouvelle partie. C’est ainsi que fonctionne le jeu de la monarchie. On battit quelque chose, qui s’effondre dès que l’on passe son tour. Interdiction de rejouer.
Cessant de réfléchir aux vacuités politique, Soleyl se concentra sur la seconde demande. C’était une requête qui pouvait couvrir diverses possibilités. Néanmoins, la chenille laissa échapper ces quelques mots:

- Concernant votre seconde demande, vous savez, le plus beau cadeau que l’on puisse faire à une Aurore, qui voit le soleil se lever chaque jour…c’est de lui offrir un crépuscule afin qu’elle le regarde s’endormir pour changer.


Changement de teinte dans les iris qui se colorèrent d’un jaune vif accompagnés d’un petit sourire. La femme se leva finalement pour aller chercher un objet pouvant convenir à la demande.

- Je vais voir ce que je peux faire.

Elle s’attarda plusieurs minutes entre les rayonnages, et seul le souffle des bâtons d’encens faisait la conversation. Tâtonnant une étagère plus haut, la main de Soleyl rencontra une couverture de cuir dont elle se saisit. Le registre de l’inventaire, encore une fois…l’ouvrage valsa dans la pièce.
Reprenant ses recherches, le regard de la chenille capta un léger scintillement au fond d’un carton qu’elle retourna pour en extraire une boite en ivoire. Son regard se tinta d’un reflet rouge. Ca pouvait faire l’affaire, ça correspondait bien au genre de la personne auquel elle était destiné.
Soleyl revint se placer face à son client et fit jouer les gonds de la boite qui s’ouvrit, révélant une magnifique paire de ciseaux. Les lames étaient parfaitement aiguisées, et décorées avec des gravures. On y voyait des oiseaux, mais aussi des fleurs, qui n’avaient pas toujours eu cette teinte rouge profond…rouge sang. Mii tendit la boite.

- Si cela vous convient, offrez-lui donc cela.


Ruban de fumée pourpre.

- Plus on les aiguisent et mieux ils coupent…mais attention au revers de lame.
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MessageSujet: Re: Leucosélophobie ou peur de la page blanche (PV Grey) [Terminé]   Dim 14 Oct 2012 - 20:09
Les yeux passèrent du rose pâle au violet après sa demande montrant que la belle Soleyl ressassaient le passé. Elle savait quelque chose, la fumée se plus épaisse et la voix de la Caterpillar s’éleva comme une prédiction.

« Politique anarchique, situation catastrophique…je crois que celle, que vous appelez reine, vient de sombrer dans la démence. Elle ne fera preuve d’aucune clémence envers ceux réclamant audience. »

Ainsi donc, le Royaume de Crudélis était dirigé par une folle, ce n’était pas nouveau mais le fait que le belle brune le souligne signifiait que la situation s’était empirée, Il devrait peut-etre aller voir ce qui se passait mais avant que même qu’il ait fini de formuler cette pensée, la fumée vira au rouge sang, se mua en hache et trancha la gorge de Grey. La hache de fumée éclata au contact de la peau du marionnettiste mais le présage n’en était pas moins funèbre. Soleyl le lui confirma :

« Mieux vaut ne pas aller faire de tour là-bas, si vous souhaitez que votre Haut-de-forme ai toujours une tête sur laquelle se poser. »

Il n’irait donc pas au château mais viendrait plus souvent voir la Caterpillar. Pendant que ses pensées suivaient leur cours, la propriétaire du magasin s’intéressa à son autre demande. Elle tenta de détendre Grey qui s’inquiétait de ce qui pouvait lui arriver, en jouant avec la correspondance du prénom de son Aurore et de l’astre solaire. Ce trait d’humour fit naitre un sourire sincère sur le visage de Grey et il put de nouveau se concentrer sur le cadeau qu’il voulait offrir à sa protectrice.

Solayl se leva lentement, faisant tomber le registre contenant le portrait d’encre du roux et commença à fouiller dans ses cartons quand un coffret attira son attention. Elle lui présenta et en fit la description avec une mise en garde. Le coffret contenait une paire de ciseaux richement décorés de gravures d’oiseaux et de fleurs d’un rouge sanglant. Couleur naturelle ou coloration par le sang ?


« Si cela vous convient, offrez-lui donc cela. Plus on les aiguisent et mieux ils coupent…mais attention au revers de lame. »

« Il sera parfait. Merci beaucoup ma Soleyl. Mais que fais le revers de la lame ? »

Elle ne semblait pas vouloir répondre à cette dernière question. La Caterpillar le lui dira quand elle le jugera nécessaire. En attendant, il prit les devants sur la prochaine question de la belle brune :

« Quelle pièce allez-vous me faire ranger cette fois-ci ? »

Un sourire malicieux se posa sur les traits du marionnettiste. C’était son contrat, il l’aidait à ranger en échange d’informations ou d’objets dont il avait besoin. Il était doué pour mettre de l’ordre et arranger les choses.

Bientôt la Caterpillar se sentirait perdue dans ce magasin entièrement propre et rangé. Chaque objet à sa place. Il imaginait déjà la tête déboussolée et ébahie de la propriétaire des lieux. Resterait-elle toujours la propriétaire ? Ne chercherait-elle pas à remettre ce capharnaüm de cartons et de bibelots qui pullulaient dans sa boutique ? Ou alors arrêterait-elle le rouquin avant d’en arriver à ce point ? Ce sont ces questions qui travaillaient Grey tandis qu’il attendait la réponse de la belle brune pour se mettre au travail.

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MessageSujet: Re: Leucosélophobie ou peur de la page blanche (PV Grey) [Terminé]   Dim 4 Nov 2012 - 21:32
- Quelle pièce allez-vous me faire ranger cette fois-ci ?

Soleyl, le temps que dura sa réflexion, laissa s’évaporer les mots en même temps que son dernier écran de fumée. Quand la netteté se fit à nouveau dans la pièce, elle avait retrouvé un sourire avenant ainsi que des iris mordorées. C’était le paiement, ainsi et pas autrement. Un artiste des grands, ou même des petits chemins n’est riche que de la muse qui veut bien l’inspirer. La chenille acceptait plusieurs modes de paiement, surtout le troc. C’était toujours un réel plaisir de découvrir un nouvel objet, de sonder méticuleusement ses caractéristiques pour finalement l’abandonner dans les entrailles de la boutique. C’est-ce que l’on appelle le plaisir de collectionner, plaisir devenant désastre si on est un peu trop maniaque. La propriétaire ne l’était pas du tout, mais c’est vrai que ça n’attirait pas toujours la clientèle. Tant pis pour le client, ici c’est Soleyl la reine.
Bon il fallait bien faire un effort, ne serait-ce que pour circuler. Et puis Grey se proposait, et la chenille savait qu’il était un as dans ce domaine, elle lui faisait entièrement confiance. Elle évalua les différents choix qui s’offraient à elle. Généralement, elle ne demandait pas que l’on touche à la pièce principale, celle où elle recevait ses clients. Elle l’aimait bien ainsi, même si tout était éparpillé, mais comme c’est là que la tenancière y passait le plus de temps, par simple habitude, il lui fallait ses points de repère bien à elle. Même si certains objets n’en faisait qu’à leur tête. Comme un vieux registre particulièrement récalcitrant ces derniers temps.
Déroulant chaque syllabes, comme des gouttes d’eau, Mii finit par répondre:

- Si vous n’avez pas peur de finir sous une avalanche, je veux bien qui vous rangiez ce que j’appelle ma Bibliothèque.


Tout en parlant, la jeune femme s’était levée, et d’un signe, invita son client à la suivre. L’arrière boutique n’était séparée que par une succession de voiles et d’étagères. Il n’y avait pas vraiment de pièces bien définies avec des portes et des murs. Cette boutique était à l’image de sa gérante: tordue. Elle entraina le rouquin dans les entrailles de l’échoppe, qui faisait grincer son ossature de bois dès que la chenille posait son pied nu dessus, son long kimono trainant au sol. Écartant un épais rideau de velours rouge, elle mit à jour de nombreux rayonnages, qui recrachaient par dizaine des livres plus ou moins volumineux, tant il y en avait sur les étagères. Certains étaient empilés tellement haut, que pour atteindre le sommet, il avait surement fallut utiliser une échelle. Soleyl tira une allumette de ses cheveux, dont elle se servit pour allumer une chandelle. Ainsi, on y voyait plus clair. La bibliothèque ne possédait aucune fenêtre, et il y régnait une atmosphère étouffante, chargée de poussière qui ne gênait nullement Mii. On pouvait y déceler également, des effluves de thé et d’encens. Le pauvre Grey n’en avait pas finit…Il y avait ici des ouvrages de toute sorte, certains venant même du monde des lecteurs, les plus précieux. Ceux là, Soleyl en prenait quand même soin. La jeune femme passa sa main sur l’un des rayonnages:

- Voilà, je crois que vous avez pas mal de travail avec tout cela.

Ses doigts s’arrêtèrent sur une couverture de cuir qu’elle reconnu avant même d’avoir lu le titre. Toujours ce registre pour lui rappeler qu‘elle n‘avait toujours pas terminé son inventaire…

Retenant un soupir elle pivota pour retourner dans la salle principale, laissant le jeune homme à son triste sort. Avant de partir, elle lui dit tout de même:

- Méfiez-vous des registres d’inventaire qui ont tendance à se glisser dans les moindres recoins…

Sur ces mots, elle regagna ses tapis, ses coussin, à l’avant de la boutique, comme si cette simple marche l’avait épuisée. Se laissant aller à des divagations sans but.
Soleyl finit par attraper le carnet dans lequel se trouvait le portait d’encre. Elle arracha la page qu’elle glissa dans l’étui contenant les ciseaux…ces ciseaux…Avant de tout refermer, elle se saisit de la paire et chercha à nouveau un miroir. Sa main se posa sur une surface lisse alors qu’elle tâtonnait entre les voiles accrochés ça et là. Enfin ! Elle découvrit son reflet qu’elle scruta attentivement. Elle avait vu juste…la tresse dans ses cheveux était de travers. S’admirer n’était pas le but premier de Soleyl, son regard glissa donc jusqu’au reflet de la paire de ciseaux. Bien que parfaitement propres dans la réalité, de l’autre coté du miroir, les lames étaient dégoulinantes de sang. Parfois le meilleur exorciste ne peut effacer les souvenirs qui hantent un objet. Ces ciseaux ne couperont plus jamais de tissu. Mii les replaça dans leur étui.
Une file d’insectes sortait de l’arrière boutique, les habitants de la bibliothèque délogés, cherchant un nouveau refuge. La jeune femme esquissa un sourire.
Au bout d’un moment, la mante-religieuse de tout à l’heure se manifesta en agitant ses faux. Stoppant sa somnolence, la chenille lui répondit:

- Oui c’est vrai, ça fait maintenant un moment qu’il travail.

Elle se leva, et quelques minutes plus tard, son insecte sur l’épaule, se présenta devant Grey avec deux tasses de thé.

- Une petite pause mon chers Grey ?
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MessageSujet: Re: Leucosélophobie ou peur de la page blanche (PV Grey) [Terminé]   Lun 5 Nov 2012 - 23:08
La Caterpillar réfléchissait et il ne préférait pas l’interrompre suivant lui-même le cours de ses pensées en attendant de savoir quel lieu allait devoir subir un nettoyage en profondeur. Arrivée au terme de sa réflexion, la belle brune répondit lentement, détachant avec soin chaque syllabe :

« Si vous n’avez pas peur de finir sous une avalanche, je veux bien qui vous rangiez ce que j’appelle ma Bibliothèque. »

Il hocha la tête d’un geste vif et énergique montrant sa détermination et son courage face à l’avalanche que lui promettait Soleyl. Grey la suivit dans le dédale de meubles, de bibelots, d’étagères et de cartons pour arriver à une gigantesque pile de livres entre trois grands rayonnages presque vides.


« Voilà, je crois que vous avez pas mal de travail avec tout cela. »


Les piles d’ouvrages vacillaient et le roux se demandait comment elles tenaient depuis si longtemps. Une couche de poussière recouvrait la pièce et Grey se doutait que les petites bêtes avaient pris possession des moindres recoins. Il évaluait la somme de travail quand elle quitta la salle avec une mise en garde.

« Méfiez-vous des registres d’inventaire qui ont tendance à se glisser dans les moindres recoins… »

Grey se mit alors au travail, il remonta les manches de son costume, attrapa le premier livre de la pile la plus proche et souffla dessus pour enlever le gros de la poussière qui le maculait. Ce souffle fit voler un grand nuage de fumée mais à cause de l’absence de fenêtre, elle ne pouvait que stagner ou retomber lentement sur les autres piles de livres.
Bref, il ne devait pas se laisser distraire par des pensées parasites et s’activa pour avoir fini avant la représentation du lendemain soir.

Il parcourait la pièce de long en large, après avoir nettoyé les étagères, il passait d’un tas à l’autre portant des piles de livres, rangeant, classant les ouvrages et leur ôtant toute poussière et tout habitant indésirable. Le roux ne les tuait pas mais leur conseillait juste de s’éloigner, au moins le temps qu’il finisse de rendre propre et net la Bibliothèque de Soleyl.

Au bout de quelques heures de travail soutenu, une partie des rayonnages était déjà remplie et rangée. Il avait même libéré une magnifique table basse marquetée. Grey entendit des pas approché, vu la lenteur et la précaution prise par son propriétaire il ne fut pas surpris de voir apparaitre entre deux étagères, le ravissant visage de Soleyl. Elle portait deux tasses de thé et une mante religieuse sur l’épaule.


« Une petite pause mon cher Grey ? »

« Pas de refus, ma chère Soleyl. Je fini cette pile et je vous rejoins. Posez-vous sur cette table basse. »


Il en était au R. Au moment où il allait prendre un roman de Renart, un autre livre qui commençait lui aussi par un R se retrouva sous sa main : c’était le fameux Registre d’inventaire duquel il devait se méfier...
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MessageSujet: Re: Leucosélophobie ou peur de la page blanche (PV Grey) [Terminé]   Mer 28 Nov 2012 - 18:07
- Pas de refus, ma chère Soleyl. Je fini cette pile et je vous rejoins. Posez-vous sur cette table basse.

Les yeux de la jeune femme devinrent noisettes, affichant une légère expression de surprise. Il y avait une table basse ici ? Elle pivota légèrement sur elle-même, manquant de s’emmêler dans les pans trop longs de son kimono, mais répara en effet une jolie table-basse, dont les pieds imitaient la forme des sabots d’une biche. Tient donc, un meuble si rare dans la bibliothèque, Grey avait eu la main heureuse. Ici rien n’est à sa place, et parce qu’aucune chose ne possède une demeure précise, elles vont et viennent menant leur vie de nomade. C’est le cas par exemple de ce vieux registre d’inventaire un peu trop collant que le jeune homme venait d’extirper de sa pile de livre. Soleyl ne put réprimer un sourire satisfait, son regard virant au jaune.

- Récalcitrant n’est-ce pas ? Je ne lui accorde pas beaucoup d’attention, alors il cherche quelqu’un d’autre pour noircir ses pages.


Sur ces mots, la chenille s’agenouilla près de la table basse, posant les tasses sur la surface de bois tacheté. Elle aurait eu besoin d’être vernis, pourtant les étranges tâches blanches qui parsemaient la surface du meuble étaient tout à fait naturelles. Le rouquin finit par la rejoindre tandis qu’elle versait du sucre dans sa propre tasse. Savourant le doux parfum du thé, elle le félicita sans lever les yeux de sa tasse:

- Vous avez effectué un travail remarquable en peu de temps, je vous félicite.

Tout en parlant, la jeune femme fit descendre la mante religieuse de son épaule pour la déposer près du sucrier.

- De plus cette table est un meuble précieux.

Comme pour illustrer ses paroles, les doigts fins de Mii se mirent à caresser doucement la surface en bois. Tandis qu’elle effectuait ce mouvement, une sorte de râle à peine perceptible se fit entendre, pas plus épais qu’un murmure. La table tangua doucement comme si elle était devenue soudainement bancale. Soleyl retira sa main, et tous les effets disparurent. La jeune femme se mit à chuchoter:

- Elle vous aime bien.

Ceci fait elle n’ajouta rien de plus, savourant son thé tandis que Grey lui parlait de certains ouvrages qu’il avait trouvé pendant qu’il faisait son rangement. La chenille l’écouta attentivement sans l’interrompre. Puis au bout d’un moment, la mante-religieuse qui l’avait accompagnée remonta sur son épaule. Alors la jeune femme se leva, emportant sa tasse vide, remercia son invité pour cette conversation:

- Je vais vous laisser continuer…

Elle s’évapora entre les étagères comme un filet de fumé par le cheminé. Le reste de l’après-midi se déroula calmement, mais Soleyl se fit la promesse, sans doute veine, d’aller chercher la table plus tard pour ne pas la laisser toute seule dans la bibliothèque. Cette table mouchetée, comme la fourrure d’une biche…

- La biche brame au clair de lune, Et pleure à se fondre les yeux, Son petit faon délicieux, A disparu dans la nuit brune…

Entremêlant des vers, extirpés de sa mémoire et des souffle de fumée, Soleyl observait la procession des insectes, tentant de trouver refuge ailleurs. Bientôt ils cessèrent leur va et vient, et ce fut Grey, le costume plein de poussière, qui apparut, tasse vide en main. Il la posa près de Soleyl qui lui répondit:

-Merci mon jeune ami, vous m’avez bien rendu service, n’oubliez pas ceci…

Avec lenteur, elle tendit au jeune homme l’étui contenant les ciseaux. Alors qu’il avançait la main pour s’en saisir, Soleyl ne le lâcha pas. Le regard vide, perdu dans des méandres lointains, ou dans des strophes remplies de biche et de clairs de lune. Finalement, ses yeux émirent un signe de vie, et sa voix se mêla doucement au silence, semblant vouloir le perturber le moins possible:

- Ce sont des ciseaux de tailleur, mais vous savez chers Grey, lorsqu’ils cessent un jour de couper du fil, les lames se plongent sans distinction aussi bien dans le tissu que dans la chairs. Aussi bien dans celle des victimes, que du propriétaire.


Ses doigts blancs lâchèrent prise et le rouquin put ramener l’étui à lui. Dans un sourire voilé, elle ajouta plus doucement encore:

- Et c’est bien connu qu’à tout mal, il y a revers.

Grey la regarda avec des yeux mêlés d’inquiétude et de perplexité. La chenille se contenta de sourire, tout en cherchant d’une main, la boite qui contenait les herbes avec lesquels elle fourrait sa pipe. Elle attrapa la trop connue couverture de cuir, et sans même l’ouvrir, sut qu’on y avait récemment noirci des pages.
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MessageSujet: Re: Leucosélophobie ou peur de la page blanche (PV Grey) [Terminé]   Ven 30 Nov 2012 - 0:37
« Récalcitrant n’est-ce pas ? Je ne lui accorde pas beaucoup d’attention, alors il cherche quelqu’un d’autre pour noircir ses pages. »

« Effectivement »

Le roux reposa le lourd Registre vierge et vint s’assoir aux cotes de la chenille qui finissait de sucrer son thé. Elle jeta un coup d’œil à sa Bibliothèque :

« Vous avez effectué un travail remarquable en peu de temps, je vous félicite. De plus cette table est un meuble précieux. »

« Je suis heureux de vous l’avoir retrouvé alors. »

A peine eut-il finit sa phrase que Soleyl se mit à parcourir du bout des doigts la surface lisse de la petite table basse. Celle-ci sembla alors s’animer, ses jambes de biche se plièrent, manquant de renverser les deux tasses de thé. Un râle murmuré retentit. Ce mirage cessa quand la main délicate de la Caterpillar se détacha du meuble tacheté. La brune prononça une phrase qui surprit plus encore Grey (il devrait pourtant y être habitué) :

« Elle vous aime bien. »

Un large sourire fendit les lèvres du rouquin mais il resta silencieux. Quelques minutes après tandis qu’il observait les livres ordonnés sur les étagères, il complimenta la propriétaire sur sa collection impressionnante :

« Vous avez de magnifiques ouvrages, Soleyl. De très rares volumes richement décorés. Même si la plupart des titres me sont inconnus, la reliure suffit au plaisir de les regarder... »

Il continua à parler des ouvrages qui couvraient entièrement les étagères puis la mante-religieuse que Grey n’avait pas remarqué avant, grimpa sur l’épaule de la chenille. Elle se leva portant son fragile fardeau et disparu entre les étagères laissant derrière elle une trainée de fumée et une phrase :

« Je vais vous laisser continuer… »

Il allait se remettre au rangement quand son regard fut de nouveau attirer par la couverture du Registre d’inventaire. Une idée lui traversa l’esprit. Après tout pourquoi pas...

Le roux termina son classement puis ouvrit à la première page le grand Registre. Il chercha dans un des cartons dans lequel il avait mis les objets qui n’avaient pas leur place dans cette Bibliothèque. Grey en sortit une grande plume d’oie blanche et un pot d’encre noire. Ces deux objets avaient surement une longue histoire et peut-être même une âme propre comme la table, comme tous ce qui se trouvait dans cette boutique et il espérait qu’il ne ferait pas une bêtise en les utilisant pour noircir les pages vierges du Registre.

Sa tâche terminée, le roux retraversa le dédale de cartons et de meubles jusqu’à la pièce principale. Il s’arrêta quand il entendit la voix douce de la propriétaire déclamant des vers sur une biche. Elle ne l’avait pas vu, il décida alors de retourner sur ses pas. Il s’assit de nouveau à coté de la biche. Les vers raisonnaient dans sa tête, il les reprit et caressa du bout des doigts la table comme l’avait fait Soleyl. Elle trembla à peine mais le roux pris cela comme un signe, il porta le meuble dans la salle où se tenait la belle Caterpillar.


« Voila ma tâche est terminée. »


« Merci mon jeune ami, vous m’avez bien rendu service, n’oubliez pas ceci… »
dit-elle en tendant le coffret contenant les ciseaux.

Elle le retint quand il s’en saisit pour lui donner un dernier coneil et une dernière mise en garde.


« Ce sont des ciseaux de tailleur, mais vous savez cher Grey, lorsqu’ils cessent un jour de couper du fil, les lames se plongent sans distinction aussi bien dans le tissu que dans la chairs. Aussi bien dans celle des victimes, que du propriétaire. Et c’est bien connu qu’à tout mal, il y a revers. »

Sa voix finit dans un murmure à peine audible tandis que sa prise se relâcha sur l’étui.

« Je serais prudent. N’ayez crainte. On a encore besoin de moi dans ce monde... A bientôt, belle Soleyl »


Le roux passa le pas de la porte de la boutique, sachant parfaitement que ses pas le ramèneraient vers la belle Soleyl. Quand le battant ce rabattit, il vit la chenille attraper le Registre. Il pouvait presque ressentir que celui était fier d’être rempli de tous ses noms d’ouvrages si précieux qui remplissaient maintenant la superbe Bibliothèque de la boutique. Un sourire identique s’empara de leurs lèvres et le roux se fondit dans les ombres de la nuit tombée...
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Leucosélophobie ou peur de la page blanche (PV Grey) [Terminé]

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