Petit humain, mais qu'as-tu fait ? Ouvrir ce livre, pris de curiosité ! Quelle grave erreur, car dès maintenant, les contes te garderont pour eux !
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 Lorsque doutes riment avec dépression... [Pv Grey Yale]

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MessageSujet: Lorsque doutes riment avec dépression... [Pv Grey Yale]   Mer 18 Déc 2013 - 15:55
Quelle heure était-il ? La pénombre régnait encore au sein de la petite masure, mais Kathleen ne s’y fiait plus vraiment. Depuis quelques temps, le climat semblait peu clément, ainsi brume matinale et grisaille journalière faisaient partie intégrante de son quotidien. La jeune fille se redressa élégamment avant de passer sa main sur son front, ramenant ensuite ses cheveux en arrière. Cela faisait quelques temps que la même question la taraudait : est-ce que tout ça en valait la peine ? Son excursion sur les pentes de Great Mountain avait été sympathique, tout comme sa rencontre avec ces braves animaux. Seulement, où se trouvait l’intérêt dans tout ça ? En se laissant guider par le flot de ses pensées, la Réglisse en arrivait à se demander à quoi servait sa vie. Tout simplement. Qu’apportait-elle ?

La douleur ?
La détresse ?
La peur ?

Sans doute... Mais tout cela, elle l’offrait aux autres. Que ressentait-elle vraiment dans ces moments ? Parfois, Kathleen ne pouvait nier que le plaisir venait se faire une place dans son esprit. Un bonheur passager et pervers qui s’installait le temps d’une rencontre avant de s’éclipser, laissant dans son sillage le néant. Oui, voilà ce qui la composait réellement. Du vide. Elle n’était qu’un désert aride qui essayait de se rafraîchir par ses actions malsaines. Sans résultat... Le climat ne permettait pas à de telles étendues stériles de se métamorphoser rapidement. Combien de siècles, ou peut-être de milliers d’années, voire de millions, pour développer une vie florissante dans ce genre de lieu ? Beaucoup trop. La jeune fille ne tiendrait pas assez longtemps pour pouvoir changer alors pourquoi continuer ?

Comme chaque matin depuis cet évènement, cette rencontre avec elle-même, la Réglisse observa avec envie la lame reposant sur la table trônant au milieu de la pièce. Ce serait tellement simple de s’arrêter là. Aiguisée comme elle l’était, la morsure du métal ne se ferait même pas sentir et seule cette trainée rouge attesterait de son acte. Cela paraissait tellement simple comme geste. Il fut un temps, ce geste ne lui serait jamais passé par la tête. A cette époque, la nature de ses actions, tout comme leurs desseins, ne l’intéressaient pas. Tout ce qu’elle souhaitait, c’était se sentir en vie ! S’abreuver de cette violence pour faire naître ne serait-ce que l’ombre d’un sentiment en elle. Comme un châtiment, ce fut son Ombre elle-même qui lui fit remarquer. Des paroles que l’aristocrate avait balayées d’un revers de la main, avec l’assurance et l’arrogance qui la caractérisaient. Mais ce n’était qu’une façade, rien de plus. Des mots étaient parvenus à l’atteindre au travers de toute cette prétention. Ils l’avaient blessée, avaient percé sa carapace pour y trouver un point faible...

Après cela, Kathleen tenta bien de reprendre son existence habituelle, mais même cette balade dans les montagnes n’était qu’un prétexte pour se rappeler cet instant où la mort avait été à portée de sa main. Un mouvement, une agitation et l’étreinte de la Faucheuse se serait resserrer autour de son cœur pour mettre fin à son existence. D’ailleurs, s’amuser avec ces deux marcassins, même si elle y avait pris plaisir, n’était qu’une chimère, une illusion destinée à la faire oublier cet incident. Seulement, le résultat n’avait rien de glorieux. Tout au plus, une petite averse dans son désert intérieur. Depuis lors, enfermée chez elle, la Réglisse pensait, tournait le problème dans tous les sens possibles pour en trouver une échappatoire mais rien. Elle qui se targuait souvent d’avoir une intelligence supérieure à la normale était bloquée par une simple interrogation. La honte. Sensation nouvelle qui lui tenait compagnie dans sa solitude...

« ’Cause I’d rather feel pain than nothing at all... »

C’était sans doute vrai. L’Homme pouvait être effrayé par ses sentiments, mais ce qui lui faisait le plus peur, c’était leur absence. Alors comme le vide tant à se remplir, ces êtres cherchent eux aussi à éprouver quelque chose. Qu’importe si c’était douloureux, qu’importe si c’était blessant, ces sensations les remplissaient, les comblaient ! Chacun choisissait un moyen d’y parvenir... S’élancer sur la route de l’amour ou sombrer dans l’abysse de la violence. La jeune femme avait rapidement fait son choix. Si elle ne connaissait pas l’amour, sa vie en Angleterre lui avait appris que la violence, elle, se terrait dans chaque recoin de ce monde. C’était un sentiment qu’elle connaissait, qui était à sa portée et dont elle pouvait se contenter. Etait-ce une réponse suffisante pour sortir de son apathie ? Non, bien sûr, ce serait trop simple. Chaque matin, elle en arrivait à cette conclusion. Seulement, si cela expliquait ses agissements, il n’y avait là rien d’encourageant concernant sa vie. Si quitter la violence, c’était sombrer dans les méandres du néant, sans points de repère, alors à quoi bon changer ? Et à cet instant, c’était retourner au début de sa réflexion.

Ouroboros...

Le soupir que Kathleen poussa à cet instant brisa le silence de son habitation. C’était le signal. Son corps s’anima pour aller se rafraîchir, s’alimenter rapidement avant d’attendre la nuit. Un quotidien parsemé d’ennuis. Mais tant que la réponse ne lui parvenait pas, comment serait-elle capable d’affronter le monde extérieur ? Sans cette confiance qui la faisait parfois agir aux dépens du danger, l’aristocrate n’était qu’une poupée soumise aux caprices d’une gamine. Son destin ne serait plus entre ses mains, et même si les raisons de vivre lui échappaient, elle voulait tout de même rester maîtresse de son existence.

Seulement, s’il était toujours possible de s’assurer de son destin, comment prévoir ce que feraient tous ces êtres habitant Queer Tales ? Lorsqu’elle vit cette ombre passer non loin de sa masure, Kathleen eut un mauvais pressentiment. Une petite voix lui souffla qu’il n’était pas possible de tout éviter. Parfois, il fallait affronter ses cauchemars, même si le combat ne semblait pas équitable ou que notre condition ne nous permettait pas de l’emporter à coup sûr...

C’était là un des enjeux de la vie, se voir confronter à la mort...
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MessageSujet: Re: Lorsque doutes riment avec dépression... [Pv Grey Yale]   Jeu 19 Déc 2013 - 13:29
La balade était agréable et la journée lumineuse, rien de tel pour reprendre des forces. Les rencontres qu’il avait faites et les liens qu’il avait noués l’avaient mis en joie.  Grey avait demandé à Aurore un temps de pause entre deux programmations pour se changer les idées. La visite de son ombre l’avait perturbé et il avait besoin de faire le point sur ses convictions et ses envies. Il les pensait inchangées mais était-ce vrai ? Il se décida donc à changer de décor et d’environnement il prit alors la direction du Mountain village. Le roux avait lu un article dans la gazette vantant ses qualités esthétiques et cela lui convenait.

Le voyage avait été des plus reposants et lui avait permis d’entamer une réflexion sur lui. Après une pause pour dormir, il reprit le chemin le lendemain, la tête emplie de questions et de problèmes. C’était étrange pour le rouquin qui ne pensait vivre qu’à travers la belle Aurore. Il se rendit compte que tout tournait autour d’Elle depuis son arrivée à Queer Tales et il remettait en question ce pourquoi il était là et pourquoi il n’en partait pas. Après une longue et lente délibération au rythme de ses pas, il en vient à la conclusion que… oui, ça lui allait parfaitement. Depuis qu’Elle faisait partie de sa vie, elle regorgeait de dynamisme et de petits bonheurs qui lui donnent un sens. C’est une sourire aux lèvres, sur de son affirmation pour cette dose de folie qu’Elle lui apportait et pour la lumière qu’Elle lui offrait, qu’il entra dans le Mountain Village. Ces rues de pierre enchantèrent le rouquin qui débordait de bonne humeur après avoir remis les points sur les i et les barres sur les t de son existence. Il ne vivait que pour sa belle maitresse et c’était suffisant. Grey passa la matinée à flâner entre les rues et les boutiques. Sa curiosité le faisait s’intéresser à tout et il était pleinement satisfait de ce moment de détente ou rien ne comptait autre que l’instant. Le calme de la ville l’apaisait et le rassurait.

Après un repas à l’auberge, Grey se rappela ses devoirs au cirque et se mit à faire la promotion des prochains spectacles au grand chapiteau rose et noir. Il s’installa sur la place publique et commença et déclamer un texte qu’il avait préparé pour justement ce genre d’occasion.  Des enfants se rassemblèrent en premier autour du rouquin qui continuait à décrire avec force détails les animations du cirque. Comme des enfants étaient présents il se contentait du programme de l’après-midi qui comprenait du dressage d’animaux et des numéros de clowns. Ils étaient fascinés par la voix chantante du roux qui les emmenait presque devant les cages et sous le chapiteau comme s’ils y étaient. Puis le roux sortit un petit mannequin de bois qui ne le quittait que rarement. Et se mit à le faire bouger et à lui créer une histoire. Avec un seul personnage ce n’était pas évident mais le roux avait une imagination débordante et fit jouer les enfants dans son théâtre de marionnette en les prenant à partie pour son histoire. Ainsi une petite fille devient la princesse et un garçon le dragon, une autre devient une fée et un autre un sorcier, vient aussi un roi et un oiseau qui complétèrent l’histoire.

Quelque fois les parents rappelaient à l’ordre leurs enfants et il en profitait pour à nouveau vanter les mérites du Dark Wood Circus aidé par les enfants qui étaient charmés par le grand roux. Alors que l’après-midi était déjà bien avancée, il se décida à partir déclenchant une série de « Oh » désolée de la part des enfants qu’il avait amusé une bonne partie de la journée. Grey avait encore une longue route pour le retour et il ne devait pas partir trop tard. Il laissa donc les enfants retournés à d’autres jeux et reprit le chemin. Il venait à peine d’entrer dans la forêt que le ciel se couvrit, la température chuta et la pluie se mit à tomber. Le roux ne se laissa pas abattre par cette averse soudaine et chercha un moyen de s’abriter. Il se rappela d’une cabane dans les bois non loin du Blue Lake, il ne lui faudrait plus trop longtemps avant d’atteindre ses rives et peut-être pourrait-il trouver un abri sous un toit au moins le temps que l’averse se calme.

Les arbres couvraient un peu le rouquin mais malgré sa cape de voyage il fut trempé jusqu’aux os. Après une heure de marche sans décru des trombes d’eau, il arriva à la maisonnette en bord de lac. Il frappa à la porte pour que l’on vienne lui ouvrir si jamais c’était habité. Son haut de forme faisait couler des filets d’eau et il serait au plus près sa cape. Son allure devait être des plus sinistres et il espérait que le propriétaire de cet endroit accepterait de lui ouvrir. Il frappa à nouveau et la porte s’ouvrit.


« Bonjour, désolé de vous déranger. J’ai été surpris par l’averse, puis-je profiter d’un toit le temps que cela se calme, s’il vous plait ? »

Tout en politesse le roux avait rapidement expliqué sa situation et espérait que son hôte qui était une très belle femme aux cheveux blancs accepterait de le laisser se sécher pour ne reprendre la route qu’une fois le temps plus clément. A quémander comme ça alors qu’il venait de s’amuser lui rappelait une fable de son ancien monde à propos d’une cigale et d’une fourmi. Grey aurait préféré éviter de s’imposer comme ça mais le chemin serait des plus difficiles et des plus pénibles s’il poursuivait ainsi dans le froid, la verdure et la pluie…
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MessageSujet: Re: Lorsque doutes riment avec dépression... [Pv Grey Yale]   Sam 21 Déc 2013 - 16:50
Des coups sourds contre la porte et le monde sembla lui revenir tel qu’il était. Le temps lui échappait toujours, mais Kathleen prit conscience de la pluie qui s’abattait autour de sa cabane. Pourtant, elle ne fit pas un pas vers la porte, figée par sa précédente réflexion. En Angleterre, la jeune fille qu’elle était aurait couru ouvrir, peu importait la personne se présentant dans l’embrasure. Aujourd’hui, son insouciance évanouie, seule la crainte d’un monstre l’attendant lui traversait l’esprit. Le temps où la bonté lui paraissait la meilleure option était révolu, désormais, seuls les soupçons parvenaient à émerger... Une chance pour sa survie, mais c’était sans doute tout. Les secondes s’égrenèrent avec lenteur. Piégée dans son espace comme en dehors du temps, l’aristocrate crut que son visiteur avait déjà abandonné l’idée de trouver un abri ici. Mais cette suite n’existait que dans son esprit, loin de cette écrasante réalité. Là-bas, dans cet univers chimérique, où elle tentait parfois de s’éclipser, la jeune femme retrouvait sa vie d’antan.

La souffrance n’y était qu’un concept inconnu.
Les vices ? Une légende pour effrayer les enfants.

Les coups reprirent et la jeune fille sut qu’elle ne pourrait pas y échapper. A cet instant, ses moyens étaient restreints et sans doute ne serait-elle pas capable de repousser un individu. D’ailleurs, même sa langue fourchue ne semblait pas être prête à une confrontation. Seules la distance et la froideur faisaient encore partie de ses attributs. Ses dernières armes... Leur efficacité demeurait limitée, mais l’aristocrate ne se rendrait jamais sans combattre. Ou peut-être que si ? Ce serait une méthode plus simple pour quitter la vie, sans même avoir à se salir les mains... Non. Secouant vigoureusement la tête, l’aristocrate se ressaisit pour entrebâiller la porte. Ce qu’elle découvrit la surprit quelque peu. Cet homme ne ressemblait pas à un vagabond, mais c’était tout de même un homme, aussi préféra-t-elle rester vigilante. Sa tête dans l’embrasure, elle écouta rapidement ce qu’il avait à dire sur sa situation. Un classique. Une averse, pas de protection, trempé, besoin de sécher... Comme un rituel qui accompagnait le mauvais temps.

Le débat se lança aussitôt dans son esprit, les arguments fusant sans interruption pour peser le pour et le contre. Finalement, Kathleen se sentit contrainte d’accepter. Non pas pour lui, mais bien pour elle. Une présence humaine pourrait peut-être la revigorer. C’était risqué, elle en était consciente, mais se jeter à l’eau pourrait suffisamment la secouer pour se retrouver. Oui, le chemin que foulaient ses pieds, elle ne le voyait plus. Perdue. Tout simplement. Aussi, l’aristocrate s’écarta en ouvrant la porte de sorte à laisser passer cet étrange visiteur. Dès que celui-ci eut pénétré dans la masure, elle referma l’entrée à double tour.

« Veuillez enlever vos chaussures, je vais chercher de quoi vous sécher. »

De l’extérieur, la Réglisse semblait des plus calme, même pire, soumise. Elle ne paraissait pas dangereuse, prenant simplement soin de cet invité non désiré. En réalité, elle se préoccupait plus de la propreté de son logis. Avoir l’air inoffensive était aussi un avantage, être sous-estimé était souvent sa plus grande chance de survie et ce n’était pas cette fois que cela changerait. Mais c’était encore une fois en ne prenant en compte que les pires scénarii possibles. Cet homme pouvait très bien être réellement un voyageur surpris par la pluie qui ne lui voudrait aucun mal... Seulement cette idée ne pouvait pas se faire une place en elle. Trop optimiste, trop naïve. La réalité ne permettait pas ce genre de pensées. Bien sûr ce n’était que son avis, et cela n’engageait qu’elle, mais ceux qui ne s’en rendaient pas compte étaient sans doute de parfaits imbéciles...

Deux minutes passèrent avant que Kathleen ne ressorte de la pièce lui servant de salle de bain avec une serviette sous le bras. Sans un mot, elle la tendit à son visiteur avant de s’éloigner vers le petit poêle dont elle se servait pour cuisiner. Avec des gestes rendus habiles par la répétition, la jeune femme remplit la théière et la plaça sur le feu. Après quoi, elle s’assit sur un des tabourets entourant sa table.

« Je vous en prie, il est toujours agréable de s’asseoir un moment lorsque l’on voyage. Le thé devrait aussi vous réchauffer. »

Ce comportement ne lui ressemblait pas. Elle-même détestait la façon dont elle agissait. C’était comme se trahir soi-même. Seulement, les choix étaient restreints. Sans connaître ce que pouvait faire cet individu et en ayant, pour sa part, la plus grande difficulté à trouver de l’énergie... Agir de manière agressive, comme à son habitude, la mènerait simplement vers une confrontation dont le résultat était aléatoire. Non, cela ne lui plaisait pas. L’aristocrate aimait le contrôle, que ce soit de la vie ou de la mort, elle en avait besoin. Sans lui, elle se sentait perdue, sans défense. Aussi continua-t-elle son rôle de parfaite femme au foyer, comme il en existait temps au début du vingtième siècle. Se relevant elle prit deux tasses et un peu de thé qu’elle déposa au milieu de la table.

« Où vous dirigiez vous avant de vous faire ainsi surprendre ? »

Comme depuis le début de la conversation, elle parlait avec monotonie. Sans véritable intérêt pour les réponses, c’était juste un moyen d’éviter le silence s’installer. Avec un inconnu, cela la mettait mal-à-l’aise. Et puis, s’il était occupé à répondre, peut-être qu’il n’aurait pas le temps de l’affronter ? Une idée ridicule, mais au point où elle en était... La théière choisit ce moment pour siffler et l’aristocrate servit rapidement l’eau bouillante sur les feuilles de thé avant de s’installer de nouveau en face de l’inconnu. Sa main attrape instinctivement pour remuer doucement le liquide en train d’infuser. Divers sentiments lui traversaient l’esprit, mais elle les chassait les uns après les autres, espérant réussir à demeurer concentrer sur l’unique danger du moment. Ne pas se faire surprendre. C’était une sensation différente dans sa position. Ne pas être le chasseur, seulement un être normal devant la réalité de la vie.
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MessageSujet: Re: Lorsque doutes riment avec dépression... [Pv Grey Yale]   Dim 22 Déc 2013 - 21:22
La jolie jeune femme semblait hésiter à le faire entrer et il le comprenait parfaitement. Faire entrer un inconnu qui plus est un homme trempé n’est pas des plus rassurants et laissait facilement la place au doute. Néanmoins, elle le laissa entrer et lui recommanda même :

« Veuillez enlever vos chaussures, je vais chercher de quoi vous sécher. »

Le roux était désolé du sort qu’il ferait au sol de cette charmante maison. Il gouttait de partout et laissait une trainée d’eau. Il ôta ses hautes bottes noires à l’entrée ainsi que son manteau alourdit par la pluie. Son hôte semblait des plus serviables. Il pensait qu’il n’avait pas pu mieux tombé mais comme il se méfiait toujours des apparences, une petite voix, le tenait sur ses gardes. Le rouquin prit le temps d’observer la décoration de la pièce. Rien de très extravagant et il faisait tache dans ce décor sobre. La jeune femme revint quelques minutes après avec une serviette entre les mains. Elle alla poser une théière sur le poêle avant de prendre place sur l’un des tabourets qui entourait la table. Grey ne savait pas trop comment réagir. C’était si gentil de la part de la jeune femme de l’accueillir ainsi.

« Je vous en prie, il est toujours agréable de s’asseoir un moment lorsque l’on voyage. Le thé devrait aussi vous réchauffer. »


Il s’exécuta comme le serviteur qu’il était, habitué à obéir aux ordres de sa maitresse. Il s’assit sur un tabouret et put enfin décoincer un mot.

« Où vous dirigiez vous avant de vous faire ainsi surprendre ? »

Cette question sembla réveiller le roux qui se mit alors à parler en commençant par répondre à la demande de son hôte.


« Je me dirigeais vers le Small Fair dans le royaume de Crudélis. »


Il fit une pause avant de reprendre maintenant qu’il semblait pouvoir aligner deux mots sans se bloquer comme il ne l’avait fait en entrant. Il prit de l’assurance pour affirmer tous ses remerciements à cette charmante personne qui avait eu le cœur suffisamment bon pour le laisser entrer.


« Merci beaucoup. C’est très aimable à vous. Je suis vraiment navré d’avoir tout trempé. Je ne sais pas quoi faire pour vous remercier. »

Le roux se sécha vigoureusement. Il s’attarda sur sa tignasse orange qui s’ébouriffa comme à son habitude. Il offrit un sourire chaleureux à la jeune femme avant de se lever et de s’incliner en une révérence compliquée.

« Je m’appelle Grey Yale et s’il y a quelque chose que je peux faire pour vous, ce sera un plaisir pour moi de vous servir. »

Le rouquin avait repris le contrôle de lui et était redevenu fidèle à lui-même, un artiste de cirque. Depuis qu’il faisait partie de celui d’Aurore, il avait pris des habitudes et langage et de manières qu’il n’avait pas avant mais qui collait avec son personnage. Il est vrai quand sa tenue de cirque mais avec son simple habit de voyage, c’était plus ou moins marquant mais sa crinière rousse suffisait à en faire un personnage étrange et il espérait qu’il n’effraierait pas celle qu’il voulait voir devenir une de ses nouvelles amies.
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MessageSujet: Re: Lorsque doutes riment avec dépression... [Pv Grey Yale]   Mar 24 Déc 2013 - 18:35
Small Fair ? Dans Crudelis ? Si le royaume ne lui était pas inconnu, le lieu que cet étranger avait mentionné ne lui disait absolument rien. Cela ne l’étonna pas outre mesure, après tout, elle n’avait pas voyagé énormément. Nivis avait été son terrain de jeu principal, même si cette excursion annuelle sur Nobody Island lui permettait de voir quelques paysages. Traverser les terres de Blanche Neige et de Peter Pan, puis la mer asséchée pendant cette seule période... Mais le reste, non, elle n’en avait jamais entendu parler. Peut-être pourrait-elle y prendre des vacances une fois remise ? Un nouveau vivier de proie ne serait pas désagréable. Le plus problématique, c’était que la Reine de Cœur elle-même qui dirigeait ce royaume. L’aristocrate ne se faisait pas effrayé par un titre, seulement, les pouvoirs de cette personne dépassaient la seule joute verbale qu’elles pourraient avoir. Une armée prête à la défendre, voilà l’arme que la Réglisse redoutait le plus chez cette dirigeante. Qu’y avait-il de plus ? De nombreuses personnes la surpassaient au niveau de l’intelligence ou de la cruauté...

La jeune femme ravala sa question. L’inconnu devint alors plus loquace, continuant en s’excusant, avant d’offrir ses services. Avait-elle l’air aussi fragile ? Ou était-ce seulement un moyen de la remercier ? Difficile de trancher... Peu de personnes s’offrait ainsi lors d’une première rencontre, et sa seule expérience de tels faits remontait à sa vie en Angleterre. A cette époque, en tant que nouveau membre de la maisonnée, les domestiques se devaient d’agir servilement dès les premières minutes au service de leur maître. Etait-ce ce qu’il était ? A cette pensée, une ombre traversa son visage, accompagnée d’une grimace passagère. L’aristocrate méprisait ces gens-là. Pas parce qu’elle était au-dessus d’eux, non, mais parce qu’ils ne se rebellaient pas ! Jamais ! Peu importaient les traitements qui leurs étaient infligés, ils continuaient de sourire bêtement et de servir. Cela la dépassait. Une seule vie nous été offerte, pourquoi la passer de cette manière ?

* Pourquoi la passer à ma manière ? *

Cet argument surgissant de nulle part la fit sourire. Il fallait bien reconnaître qu’il visait juste... Entre la soumission et la domination, un territoire existait, immense et exploré par une majorité déjà. La vie dans cet espace ne devait pas être désagréable, non ? Même si se fier au plus grand nombre n’était pas toujours une bonne idée, peut-être qu’ici, c’était le cas. Enfin... Pourquoi changer maintenant ? En était-elle seulement capable ? Mieux, en avait-elle vraiment envie ? Ces questions vinrent se bousculer dans son esprit, remplaçant le débat entre la vie et la mort. Positif ? Oui, en tout cas, si l’on souhaitait voir la vie l’emporter... Kathleen inspira longuement avant d’expirer avec lenteur. Prendre son courage ou assimiler l’ensemble des informations qui lui étaient données ? Les deux possibilités pouvaient être justifiées, ce Grey, puisqu’il s’était présenté ainsi, choisirait sa préférence.

« Enchantée, Monsieur Yale. Je me nomme Kathleen Saints. Ne vous en faites pas pour le sol ou pour les remerciements... Le premier sera lavé d’ici quelques temps et les derniers ne m’intéressent pas. »

Devait-elle lui expliquer la raison ? Son angoisse a l’idée que, refusant de l’inviter, cet homme ne force l’accès à cet abri, si ce n’était plus ? Non, il était sans doute préférable de ne rien dire. Cela ne serait que pure provocation et elle n’était pas certaine que le voyageur ne présentait aucun danger.

« Quant à me servir. Là encore, ce ne sera pas la peine. La seule chose que vous pourriez faire, et moi non, ne fait pas partie de mes priorités. »

A ces paroles, les joues de l’aristocrate rosirent. Oui, c’était bien la seule chose que cet homme pouvait lui offrir. Mais, ce n’était pas quelque chose qu’elle convoitait. Comprendrait-il le sous-entendu ? La jeune femme en avait la certitude, après tout, ce n’était qu’un homme, non ? Kathleen finit par sourire, très légèrement, comme pour s’excuser, avant de reprendre.

« Mais si vous le voulez bien, me parlerez-vous de ce lieu, Small Fair, que vous m’avez dit rejoindre ? Je n’ai que peu voyager, et encore moins sur les terres de la reine alors, vous comprenez... »

Elle baissa alors la tête, fixant sa tasse. Après un instant, sa main attrapa le récipient avant de l’amener à sa bouche pour une petite gorgée qui lui brûla la gorge. Cette sensation, d’abord désagréable, finit par faire naître une douce chaleur en elle qui n’avait rien de dérangeant. Au contraire, avec la pluie qui continuait de couler à flot à l’extérieur, c’était comme se terrer dans un cocon douillet et attendre que le temps transforme cette situation en magnifique papillon...
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MessageSujet: Re: Lorsque doutes riment avec dépression... [Pv Grey Yale]   Mer 25 Déc 2013 - 11:22
« Enchantée, Monsieur Yale. Je me nomme Kathleen Saints. Ne vous en faites pas pour le sol ou pour les remerciements... Le premier sera lavé d’ici quelques temps et les derniers ne m’intéressent pas. »

Le roux était un peu déçu de ne pas avoir réussi à toucher la jeune femme avec ses excuses dont elle se moquait passablement. Il aurait pu se croire devant un miroir. Aucune émotion n’était passée dans la tirade de Kathleen puisque c’est ainsi qu’elle se nommait. C’était le genre de chose qu’il maniait à la perfection, le calme et le self-control en toute circonstance. Néanmoins le ton froid et monocorde de la jeune femme refroidit plus surement que l’averse le rouquin. Pas assez toutefois pour lui enlever son sourire qui semblait ne pas vouloir quitter son visage.


« Quant à me servir. Là encore, ce ne sera pas la peine. La seule chose que vous pourriez faire, et moi non, ne fait pas partie de mes priorités. »

Kathleen rosit en prononçant ces paroles et le roux en fit de même, il n’était pas habitué à ce genre d’attention à peine déguisé. Et même si cela ne faisait pas partie des priorités de la jeune femme, il s’était mis au service de Kathleen et s’il pouvait se faire pardonner son intrusion, il le ferait.

« Si c’est ce que vous souhaitez... »

C’était un serviteur dans l’âme et ne rechignait devant rien. Un sourire s’épanouit sur les lèvres de son hôte comme pour se faire pardonner de ces paroles avant de reprendre avec une demande qui serait facile à satisfaire.

« Mais si vous le voulez bien, me parlerez-vous de ce lieu, Small Fair, que vous m’avez dit rejoindre ? Je n’ai que peu voyager, et encore moins sur les terres de la reine alors, vous comprenez... »

Il imita son interlocuteur et but lui aussi une gorgée du thé brûlant qu’elle avait préparé. Le liquide chaud était agréable sans être exceptionnel.

« Il est très bon. Par où commencer pour vous parlez de cet endroit... »

Tant de choses se bousculaient dans la tête du roux. Il était dur de se détacher de son chez soi pour en faire une description objective mais heureusement, il avait toujours en tête son discours pour faire venir les gens au cirque et décida de partir de cette base en espérant qu’il ne dévie pas trop et qu’il réponde le plus correctement à la demande de son hôte si charmante.

« C’est un lieu où la joie et la bonne humeur règnent en maîtres. C’est une fête foraine permanente qui s’est installé sur cette grande plaine et nombreux sont les chapiteaux dressés. On y trouve de tout du stand de tir, aux animaux sans oublier les stands de nourriture qui réjouissent petits et grands. Et surtout l’attraction principale du Small Fair, c’est le Dark Wood Circus... »

Il n’avait pas pu retenir une certaine vénération quand il avait prononce ces derniers mots. Une image de sa maîtresse, la flamboyante Aurore s’imposa à lui et alors il serait vraiment impossible de lui faire quitter son sourire si chaleureux.

« Il y a des animaux en tout genre, des clowns, des acrobates et c’est là que je travaille en tant que marionnettiste et musicien. Vous plairait-il d’entendre un morceau ? »
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MessageSujet: Re: Lorsque doutes riment avec dépression... [Pv Grey Yale]   Jeu 26 Déc 2013 - 18:45
La première réponse de Grey la surprit. C’était ce qu’il entendait par serviteur ? Une dévotion à toute épreuve, peu important la demande et sa portée. Kathleen ne s’attendait pas à cela. Lorsqu’elle-même possédait une flopée de domestiques, aucun d’entre eux n’aurait osé accéder à une telle requête. Ca n’avait probablement rien à voir avec leur envie, mais plutôt la crainte de sa famille. Si cela parvenait aux oreilles de ses parents, ils risquaient de se faire renvoyer et leur réputation dans le domaine leur interdirait tout nouveau poste avant longtemps. La misère les attendait, rien de moins. Une simple aventure ne méritait pas tant de sacrifices. Bien sûr, à cette époque, jamais de telles paroles n’auraient pu passer ses lèvres. Cela ne l’intéressait pas, et encore aujourd’hui, elle ne pouvait prétendre en avoir « besoin ». Cette innocence, elle l’avait perdue après son arrivée à Queer Tales. Loin d’y être habituée, ses rares expériences étaient dues à une nécessité pour survivre. Jamais pour le plaisir, jamais pour se rassurer ou peut-être même se consoler. Etait-ce plus agréable dans ces cas ? L’aristocrate n’avait pas de réponses à cette question.

En silence, continuant de siroter son thé, elle écouta cette description attrayante de ce lieu inconnu. Pourtant, malgré ces paroles, les premières prononcées restaient comme gravées dans sa mémoire. Elles l’obsédaient. A chaque suspension de sa voix, la jeune fille se demandait si elle souhaitait cette attention, ces caresses à la fois douces et attentionnées... Ce qu’elle était dans son enfance ne l’aurait jamais souhaité, celle qu’elle était devenue à Queer Tales non plus. Changeait-elle totalement ? Non, les mêmes idées sombres continuaient d’affluer dans son esprit, l’innocence de sa jeunesse dormait tranquillement dans un coin de son esprit... Peut-être que cette curiosité faisait partie d’une troisième part d’elle qui s’installait. Plus on était, plus on s’amusait, non ? Et puis les débats seraient plus intéressants avec une voix de plus. C’était peut-être tout ce que son subconscient avait trouvé pour la maintenir en vie, lui insuffler cette volonté.

L’aristocrate essaya de se reconcentrer, de se focaliser sur les paroles de l’inconnu. Si son visage n’était plus aussi distant qu’auparavant, il n’en demeurait pas moins neutre, ce qui lui évitait la honte de voir ses pensées mises à nues. Une expression qui lui semblait de circonstances. Et qui une nouvelle fois la fit rougir. Il lui fallait arrêter de penser à ce genre de situation. Cela devenait presque gênant. Elle qui était capable de décrire l’horreur de la torture avec moult détails, la simple évocation de la nudité parvenait à la troubler. Paradoxe, non ?

A cet instant, la voix du jeune homme lui parut différente, interrogative. Voulait-elle l’entendre jouer ? La musique pourrait peut-être l’aider. Au pire, cela chasserait cette volonté inconnue qui semblait vouloir s’emparer de son corps. Accepter un renouveau de soi-même était une chose, mais le laisser aussitôt prendre le contrôle... Kathleen hésitait. Gagner du temps lui paraissait de ce fait préférable aussi, avec un sourire timide, sa voix perdant un peu de froideur, elle accepta.

« De quel instrument jouerez-vous ? »

Eloigner ce sujet.
Eloigner ces pensées.
Eloigner...

Mais le résultat ne serait peut-être pas celui attendu. Seulement était-ce réellement celui qu’elle recherchait ? Même Kathleen ne parvenait à s’en convaincre...
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MessageSujet: Re: Lorsque doutes riment avec dépression... [Pv Grey Yale]   Jeu 26 Déc 2013 - 20:40
Le roux ne savait pas laquelle de ses phrases avait fait rougir à nouveau la jolie jeune femme mais peu lui importait, il ne plaisait qu’à elle de faire part de ses pensées ou de les taire. Il semblait tout de même intéresser Kathleen par la description qu’il faisait de l’endroit où il vivait et où il travaillait et c’est tout ce qui comptait pour lui pour l’instant. A ces derniers mots il prit une gorgée de thé en attendant la réponse de son hôte. Un sourire timide s’épanouit sur ses lèvres et sa voix moins dure qu’au début articula cette question qui semblait ressembler à un oui.

« De quel instrument jouerez-vous ? »

« Il m’est difficile de sortir un piano ou un violon de ma poche et ce sera donc avec une flûte que je jouerais si cela vous convient. »


Sans protestation virulente de la part de son hôte, il sortit de sa poche intérieure, la petite flûte en bois blanc qu’il amenait partout avec lui. Il apposa ses doigts fins sur les trous et entama une douce mélodie. Les notes s’envolaient aussi légère qu’une brise de printemps qui manquait au temps dehors alors que la pluie s’abattait toujours à grandes bourrasques. L’harmonie chantait sans mots dans un moment unique et éphémère. Les notes étaient nombreuses mais semblaient se lier par un fil tissé par la musique. Le roux ferma les yeux concentré sur la position de ses doigts et des accords qu’il ne voulait pas gâcher. Il savait aussi que cela permettrait à son Kathleen de l’observer à son aise sans qu’elle ne se sente gênée par le regard que pouvait porter le marionnettiste. A cette pensée, la tonalité changea pour se faire plus mystérieuse et plus agréable. Les sons graves ronflaient dans l’atmosphère chaleureuse renforçant cette ambiance. Enfin c’est ce qu’espérait le roux et c’est ainsi qu’il le ressentait et il voulait faire partager cette douce atmosphère à son hôte pour lui montrer qu’il appréciait grandement l’accueil que lui avait réservé. Au bout de quelques minutes d’improvisation suivant l’inspiration du moment et ces sensations il rouvrit les yeux et s’arrêta de faire chanter son instrument.

« Cela vous a-t-il plut ? »


L’avis de la jeune femme était important pour le rouquin et souhaitait de tout cœur qu’elle lui offre son opinion sur les notes qui avaient emplis la pièce durant ces quelques instants volés au temps. Il avait besoin d’un avis positif pour se remettre pleinement de la venue de son ombre. Pour l’encourager à dévoiler ce qu’elle avait ressentit, il lui avait offert un nouveau sourire dont il avait le secret. Cette rencontre lui faisait du bien après celle avec son ombre. Se pourrait-il que la jeune femme aie reçu la même attaque et qu’elle ressente la même chose que lui ? Si c’était vrai, il espérait que c’était pour elle aussi, une rencontre agréable qui lui changerait les idées. Soudain une pensée traversa son esprit mais il se dépêcha de l’effacer au plus vite. Il ne voulait pas croire qu’il était en présence d’une ombre et pas de la réelle propriétaire de cette enveloppe charnelle qui l’avait si bien accueillit. Il se persuada qu’il avait en face de lui, une véritable personne, ce qui ne fut pas très dur et il se déconcentra sur le présent, en espérant qu’il n’avait rien laissé transparaitre. C’était très rare et il avait confiance en ses années d’expérience et d’habitudes...


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MessageSujet: Re: Lorsque doutes riment avec dépression... [Pv Grey Yale]   Ven 27 Déc 2013 - 21:00
Etait-ce une pointe d’humour ? De l’ironie ? Même s’il n’obtiendrait pas d’éclats de rire sans retenue, sa réplique fit tout de même sourire l’aristocrate. Franchement. Son visage austère s’éclairant avec une innocence qui ne l’habitait plus depuis des années. Cela semblait la rendre plus mignonne encore. Un peu comme si l’horreur de ses gestes passés s’était évaporée pour laisser place qu’à la petite aristocrate guillerette d’autrefois. Une gamine comme tant d’autres, voilà ce à quoi elle ressemblait. C’était à la fois rafraichissant et inquiétant. Ne pas voir le mal, ne pas penser, juste vivre... Seulement, Kathleen n’ignorait pas les dangers qui la guettaient. Etait-ce vraiment bien de se laisser aller ? Sans doute pas, mais dans le pire des cas, cela la conduirait à la fin... N’était-ce pas ce qu’elle recherchait quelques minutes plus tôt ? Si mais...

Le fil de ses pensées s’interrompit brusquement par une première volée de notes. Elles semblèrent s’entourer autour de sa taille, caressant ses bras avec la tendresse de l’aurore. La jeune femme en oublia ses réflexions précédentes et avec elles toutes les incertitudes qui l’enveloppaient depuis ces dernières semaines. L’unique chose ayant de l’importance était cet homme dont la mélodie l’envoutait. Chaque nouvelle croche noircissant sa partition invisible semblait chasser l’humidité et la fraîcheur de l’extérieur. Sa flute installait un nouveau climat dans la masure de l’aristocrate. Plus doux, plus agréable. Il la réchauffait sans même bouger autre chose que ses doigts courant sur son instrument. Grey réussissait là où tant d’autres avaient échoué, et ce sans même réellement chercher à y parvenir. Cela paraissait inné ! Comme s’il avait été envoyé ici à ce seul dessein. Kathleen avait beau ne pas croire à ces absurdités sur le destin, cette idée n’avait pas pu s’empêcher de germer dans son esprit. Même si elle se faisait chasser rapidement, les vestiges de cette graine resteraient gravés.

Ne serait-ce qu’une seconde, la jeune fille y avait cru.

Jusque-là, l’aristocrate s’était contentée de fixer sa tasse avec attention. Seulement, c’était comme si une force extérieure la poussait à relever la tête. L’homme avait les paupières fermées et semblait vivre sa musique. Le thème sembla se métamorphoser. Il offrait une nouvelle existence à ses mélodies, les faisait parler à sa place. Plus que des mots, ces notes parvenaient à atteindre son auditrice, la perforer, l’attendrir, la remercier... Touchée, elle rougit sans quitter ce visage, en détaillant chaque courbe avant de se concentrer sur ce tatouage juste sous son œil. Ce symbole ne lui était pas inconnu, même si elle ignorait la signification qu’il possédait pour le musicien. Le temps s’écoula ainsi, entre questionnement et admiration, jusqu’à ce que l’iris violet de Grey ne réapparaisse. Prise par surprise par le rouquin, elle baissa les yeux et finit de boire son thé tiédi. Ses jours rosirent à nouveau, mais, maladroitement, Kathleen tenta de faire passer cela pour une légère brûlure causée par la boisson. Vaine tentative sans doute, mais elle espérait que, sans être dupe, le jeune homme n’en ferait pas la remarque. Ce dernier sembla se tenir à sa supposition, sollicitant simplement son opinion.

L’aristocrate se leva pour pouvoir quitter l’attraction dans laquelle elle s’était plongée de nombreuses minutes un peu plus tôt. Elle marcha vers le petit évier où elle déposa sa tasse vide. Une profonde inspiration pour essayer de l’affronter à nouveau en ne laissant rien transparaître et son corps pivota pour lui faire face. Un sourire timide étira ses lèvres fines.

« Cela faisait des années que je n’avais rien entendu de tel. Cette mélodie transportait, faisait ressentir, émouvait... Je ne sais comment la décrire avec exactitude. »

Un nouveau regard vers le musicien – remarquant comme une infime différence – avant qu’elle ne baisse à nouveau les yeux vers le sol encore humide de la petite bâtisse. C’était étrange comme sentiment. Cela n’avait rien d’habituel pour elle et la jeune femme ignorait comment le recevoir... Devait-elle l’accueillir ou simplement le repousser ? Elle était complètement perdue, ne maîtrisait pas les évènements, mais ne semblait pas non plus contrôlée. C’était un peu comme être poussée par un vent, trop puissant pour pouvoir être contré. Résister ou abdiquer ? Ne s’était-elle pas assez rebeller durant sa vie ? Pour une fois, peut-être pourrait-elle simplement se laisser aller. Oublier et voir où cela pouvait la mener... Découvrir ce qu’elle ne connaissait pas. Apprendre puis connaître pour mieux continuer son existence. Etait-ce là la solution à sa dépression ? Etait-ce si simple ? Peu importait. Pour une fois – peut-être une unique fois – elle se laisserait simplement aller, sans arrières pensées, sans préparation, juste comme ça.

Ses mains crispées sur la porcelaine se desserrèrent tandis que ses jambes la guidèrent. Malgré son peu d’assurance envers ce qu’elle faisait, Kathleen ne tremblait pas. Paraître sereine quelles que soient les circonstances était ce qui lui avait permis de survivre jusqu’ici, elle ne se perdrait pas maintenant. En quelques secondes, l’aristocrate se retrouva devant lui, à quelques centimètres seulement. Cette distance qu’elle s’interdisait en dehors de la torture ou des contraintes, c’était elle qui venait de la réduire. Intérieurement, la Réglisse compta jusqu’à trois avant de plonger dans le regard de Grey. Sa voix avait perdu en assurance lorsqu’elle reprit la parole.

« Est-ce que vous... Etiez sérieux tout à l’heure ? »

Son cœur battait un rythme inconnu. Elle ne le contrôlait plus... Mais le plus étrange dans cette situation, c’était que cela ne l’effrayait pas. Sans vraiment attendre de réponse, elle se mit sur la pointe des pieds pour déposer un baiser sur les lèvres du rouquin. Cela ne dura qu’une seconde, peut-être un peu plus avant qu’elle ne se laisse retomber, la tête basse, sans s’éloigner du jeune-homme. Ses joues s’enflammèrent alors qu’elle n’osait le regarder à nouveau. L’aristocrate ne savait si elle allait trop loin, pas assez, ou même si c’était une bonne idée. Son esprit rationnel et cynique semblait l’avoir abandonnée. Pour combien de temps ? C’était difficile à dire, mais elle ne pouvait nier que cette situation était agréable. Et là se trouvait sans doute ce qui lui faisait le plus peur...
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MessageSujet: Re: Lorsque doutes riment avec dépression... [Pv Grey Yale]   Ven 27 Déc 2013 - 22:12
Kathleen semblait éviter son regard. Il est vrai que ces yeux d’une couleur particulière pouvait produire cet effet mais il ne pensait pas que c’était du à la seule couleur de ses yeux. Son hôte semblait agitée par des pensées de plus mouvementées où dont elle n’avait pas l’habitude. Avait-il par la musique réussit à faire ressortir des émotions qu’elle ne ressentait plus ? Si c’était le cas il en était ravi car c’était pou lui, le but principal de ces mélodies : faire naitre un sentiment, une émotion quelle qu’elle soit. Même si c’était du dégout et de la répulsion pour les notes qu’il laissait échapper de sa flûte. Tous les sentiments méritaient d’être suscités pour au moins les éprouver au moins une fois.

Ce n’est qu’une fois sa mélodie terminé qu’il rouvrit les yeux. C’est alors qu’il put constater que comme il l’avait imaginé, elle avait profité de ce moment pour l’observer sous toutes les coutures et il ne s’était pas caché loin de là, la musique avait plutôt l’effet inverser, révélant sa nature profonde. Elle se leva pour aller poser sa tasse vide dans l’évier et par là éviter le regard doux du roux. Cela lui permit aussi d’attendre un peu avant de répondre à la question de Grey. Quand elle se retourna  vers lui, elle lui adressa un sourire timide et articula une réponse qui plut particulièrement au rouquin.


« Cela faisait des années que je n’avais rien entendu de tel. Cette mélodie transportait, faisait ressentir, émouvait... Je ne sais comment la décrire avec exactitude. »

Il lui rendit son sourire en entendant ces mots car même si elle ne savait le décrire, elle avait ressentit quelque chose et c’était le plus important. De plus c’était un sentiment positif qui habitait la jeune femme, son visage le confirmait même si on sentait qu’il n’était que peu habitué à recevoir ce genre d’émotion. Ses joues rougirent à nouveau quand elle posa son regard sur le roux. Et il se demandait bien ce qui pouvait la gêner autant. Il ne lui avait pourtant pas semblé faire un geste de trop ou d’avoir abordé un sujet dérangeant. Tandis qu’elle baissa les yeux pour contempler son sol salit par le roux qui s’en voulait encore pour ça, il en profita pour l’observer plus attentivement comme elle avait pu le faire quand il jouait.  Alors que les pensées se bousculaient dans l’esprit de son hôte, lui était serein. La venue de son ombre était passée dans ses souvenirs lointains et il était bien. Il pouvait profiter pleinement de cette rencontre et laisser aller ses problèmes.

« Souhaitez-vous en entendre une autre ? »


Il s’était levé pour lui donner sa tasse à présent vide mais ce fut elle qui fit le premier pas.Elle se dirigea vers lui mais au lieu de s’arrêter au niveau de sa chaise, elle continua pour venir à seulement quelques centimètres du roux. Il ne savait même pas si elle l’avait entendu, il pouvait voir dans sa démarche et dans ses yeux qu’elle avait l’esprit totalement pris par une seule unique pensée. Cette proximité ne le gênait pas plus que cela mais il lui avait crut comprendre que ce n’était pas quelque chose que désirait réellement la maitresse des lieux. Il lui semblait qu’elle ait même précisé que cela ne venait pas dans ses priorités mais peut-être les avaient-elles révisées et était-elle intéressée par ses services finalement. Elle plongea son regard dans celui du roux et demanda un peu hésitante.

« Est-ce que vous... Etiez sérieux tout à l’heure ? »


Un peu perturbé par cette demande incongru et qui pour lui semblait inapproprié car pour lui, il lui semblait avoir été clair sur son accord pour ça. Néanmoins avant qu’il puisse renouveler la faveur qu’il devait à Kathleen, elle se hissa sur la pointe des pieds et vient déposer sur les lèvres pas encore totalement réchauffées du roux. Elle avait été aussi délicate qu’un oiseau et avait à peine effleuré sa bouche mais cette attention avait touché le musicien. Les joues de son hôte s’empourprèrent et elle baissa à nouveau les yeux.


« Oui, je ne mentirais pas à une aussi jolie jeune femme surtout à celle qui a bien voulu m'accueillir par ce temps maussade. Je vous avais dit que si je pouvais faire quelque chose pour vous... Tant que vous ne me demandez pas de ressentir un véritable sentiment à votre égard mais que vous désirez simplement une attention particulière. »


Il pouvait lui offrir son corps mais il ne pouvait faire naitre un sentiment pour cette femme si agréable soit-elle en si peu de temps. Il glissa son index sous son menton pour lui relever la tête. Il plongea son regard dans le sien pour être sur qu’elle comprenait parfaitement ce qu’il venait de dire. Puis étant assuré de ce fait, il se baissa un peu pour déposer un baiser plus long mais tout aussi doux sur les lèvres de Kathleen. Sa main glissa le long de sa gorge pour venir caresser sa nuque. C’était sans aucun doute très agréable mais il n’y mettait aucun sentiment simplement une douceur et une chaleur qui lui était familière.
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MessageSujet: Re: Lorsque doutes riment avec dépression... [Pv Grey Yale]   Sam 28 Déc 2013 - 12:40



La voix de son invité ne lui était pas parvenue pendant son approche. Dans un monde au-delà de la réalité, Kathleen avança simplement jusqu’à ce premier contact. Elle n’aurait jamais cru que ce geste, réalisé sans contrainte aucune, pourrait être aussi gênant. Pudique depuis toujours, malgré sa propension à la torture, cette initiative la chamboulait. Qu’arriverait-il s’il avait changé d’avis ? Serait-elle capable de se ressaisir ? Prendre un ton glacial en lançant quelques cinglantes répliques, sans perdre la face. Si elle devait en arriver là, alors le rouquin serait le premier à l’avoir piégée. La tête basse et les paupières closes, elle attendit le jugement. La guillotine tomberait-elle pour emporter sa fierté ? C’était possible... Mais Kathleen espérait que ce ne serait pas le cas. Pour conserver sa dignité bien sûr, mais aussi pour expérimenter ce choix, même si jamais elle ne l’avouerait.

Et la sentence tomba.

L’esprit de la jeune fille disparut dans une brume blanche. Les paroles de Grey se répercutaient contre des barrières invisibles pour toujours lui revenir. Sa manière de la décrire, sans y être contraint par sa volonté de plaire, la surprit. Seuls des êtres séducteurs lui avaient servi de tels mots, sans cacher leurs objectifs. Seulement il était différent. Cet homme ne lui promettait pas la lune et toutes les merveilles du monde pour une simple nuit passée dans ses bras, non, c’était sa manière de la remercier, de se mettre à son service... Mêmes les sentiments ne faisaient pas partie de ses engagements. Juste un acte sans prétention. Une étreinte qui la rassurerait, chasserait les démons laissés par la visite de son Ombre. Elle ne demandait rien d’autre, elle-même ne pouvait mettre de sentiments dans ses actes, rien qui ne ressemblait à de l’amour en tout cas. Savait-elle seulement ce que c’était ?

L’aristocrate n’eut pas le temps d’y penser beaucoup plus, le jeune homme vint relever son menton. Ce simple contact la fit frissonner et une douce chaleur naquit dans son ventre lorsqu’elle s’immergea dans ses yeux. Il semblait attendre une réponse, un assentiment, aussi la jeune fille hocha légèrement la tête et ce fut comme un signal. Ses lèvres vinrent trouver les siennes avec tendresse. Ses paupières se fermèrent et elle frémit à nouveau en sentant la main de Grey effleurer sa gorge pour glisser derrière son cou. Sans sentiments, ses gestes n’en demeuraient pas moins emplis d’une douceur dont elle n’avait jamais connu les caresses. Chaque contact avec sa peau lui apparaissait comme une agréable brûlure qui disparaissait quelques secondes après son passage.

Maladroitement, Kathleen enlaça son invité, anéantissant tout espace entre eux. Ses mains glissèrent dans son dos pour se blottir un peu plus dans cette chaleur. Jamais elle n’aurait cru que cela pourrait être aussi... Plaisant ? Intense ? Elle ignorait tout des sensations humaines, hormis peut-être la souffrance. Une découverte qui la ravissait bien plus qu’elle ne l’aurait imaginé. Etait-ce là la bouée pouvant lui permettre, dans ses heures noires, de percer la surface pour retrouver lumière et chaleur ? Si tel était le cas, cela aurait pu être bien pire... Ces pensées ne persistèrent qu’une poignée de secondes avant d’être emportées par le néant qui s’emparait de son âme. Reprenant parfois son souffle, séparant leurs bouches de quelques millimètres à peine, elle se laissa bercer par ces baisers. Sa langue s’y invitant avec timidité avant de se retirer, revenir. Et finalement, l’aristocrate brisa ce lien pour se laisser aller contre le rouquin, tenter de reprendre ses esprits en sachant que ça ne serait pas possible. Ses joues étaient en feu, sa pudeur mise au supplice, mais il n’y avait que ça. Tout le reste avait été chassé par cette tendresse qu’elle n’était pas certaine de mériter. Une minute ? Deux minutes ? Le temps s’écoula ainsi avec lenteur. Elle attendait d’être capable de tenir seule, de ne pas trembler.

Quand elle se sentit prête, Kathleen fit un pas en arrière et l’observa avec un sourire gêné, ses joues toujours aussi colorées. Elle attrapa alors sa main encore légèrement fraîche et le mena vers son lit, au fond de la pièce. Son cœur semblait sur le point d’exploser. Cela semblait différent, ne pas se forcer à agir, ne pas subir mais partager. Existait-il réellement des hommes capables de tant de douceur ? Peut-être était-il une exception, un modèle unique... Quelle importance ? Il semblait réel et voilà la seule chose dont elle avait besoin à cet instant. L’aristocrate fit asseoir Grey avant de le rejoindre. Ses mains s’entremêlèrent, plongée entre appréhension et attente. Puis, sans même s’en rendre compte, elles se désolidarisèrent, la droite venant toucher la joue du rouquin, glissant lentement vers sa nuque pour le ramener vers ses lèvres. La jeune fille se laissa tomber avec lenteur sur le matelas, entraînant avec elle le rouquin. Sa main gauche se faufila dans son dos. Jamais ses membres n’avaient offert tant de tendresse auparavant. Pas en ces terres, pas pour un amant...
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MessageSujet: Re: Lorsque doutes riment avec dépression... [Pv Grey Yale]   Sam 28 Déc 2013 - 15:14
Grey sentit la jeune femme frissonner sous ses doigts caressants tandis qu’elle passait ses bras hésitants dans le dos du roux réduisant à l’épaisseur de leurs vêtements pour les séparer. Il chercha tout comme elle, une chaleur dans ce contact. Après quelques instants où les lèvres se cherchaient, se trouvaient et se séparaient dans un ballet connu d’eux seuls. Puis elle s’éloigna presque à regret avant de le prendre par la main pour l’emmener à l'autre bout de la pièce où trônait un lit des plus simples. Les joues de la jeune femme avaient les couleurs de la crinière du marionnettiste. Il ne voulait pas la gêner et imaginait que ce n’était pas chose courante pour elle et choisit donc de rester tel qu’il était dans ces moments, tendre et délicat.

Il s’assit sur le lit, leurs mains toujours liées ne semblaient pas vouloir se séparer et pourtant alors que la main fine de la jeune femme vient caresser la joue du roux à l’endroit même, où il savait qu’il y avait son tatouage, il glissa lentement ses mains le long de la taille de la jeune femme. Il la rapprocha de lui et elle fit de même et ils échangèrent un autre baiser. Puis elle vient prendre place à côté de lui. La main du rouquin remonta le long de sa colonne vertébrale en une caresse lente...

...

Le roux rouvrit les yeux alors que le soleil brillait déjà haut dans le ciel. Grey avait apprécié ces moments tendres qu’il avait passé avec Kathleen et il ne doutait pas de l’avis de la jeune femme sur ces mêmes moments. Il avait été de pouvoir la remercier de cette manière. Il posa à nouveau son regard sur elle. Son corps délicat reposait au creux des draps. Il remonta le drap en caressant les courbes de la belle endormie. Il n’allait certainement pas partir en traitre mais il pouvait bien lui préparer quelque chose pour son réveil. Prenant garde à ne pas la réveiller, il se dirigea vers la cuisine attrapant au passage son pantalon et sa chemise. Il passa rapidement les deux sans vraiment prendre le temps de boutonner correctement sa chemise.

Il raviva le feu réduit à l’état de braise durant la nuit. Il chercha un peu dans les tiroirs, un peu gêné mais il ne pensait pas qu’elle gardait quelque chose de secret dans les placards de la cuisine. Il trouva le thé et la théière et put mettre à bouillir l’eau pour préparer une boisson chaude digne de ce nom. Il ouvrit également la fenêtre faisant entrer une odeur de terre humide. L’odeur puissante envahit la pièce ce qui ravit le roux qui aimait beaucoup cette senteur.

Ne voulant chercher plus, il se contenta de cette attention matinale. En attendant que la boisson soit prête et que son hôte ou devrait-il l’appeler son amie après une telle nuit, on ne peut pas qu’elle lui encore inconnue. Il s’empara de sa flûte restée sur la table et entama une mélodie rappelant à lui les souvenirs de la nuit dernière. Il ne jouait pas fort pour réveiller le plus en douceur la jeune femme si jamais la mélodie venait à ses oreilles. Il jouait surtout pour lui, gravant en musique ces instants. Kathleen finit par faire son apparition. Il cessa de jouer et alla vers la théière pour lui servir une tasse bien chaude.


« Bonjour Kathleen, la nuit vous a-t-elle été douce ? »


Sans démordre de son sourire chaleureux, il avait servit la jeune femme. Il l’avait appelée par son prénom car il ne voulait pas lui faire l’affront d’une totale indifférence car ce n’était pas le cas. Il avait été touché par à la manière d’un véritable amant guidé seulement par la passion d’une manière plus subtile à la manière d’un ami. Il voulait donc la traiter comme telle : une amie.
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MessageSujet: Re: Lorsque doutes riment avec dépression... [Pv Grey Yale]   Dim 29 Déc 2013 - 22:25
L’aristocrate dormait d’un sommeil lourd. Aucun mauvais rêve n’était venu la déranger, aucun bruit nocturne n’avait réussi à la tirer de cette torpeur. Ce fut seulement en milieu de matinée que son repos se fit interrompre, en douceur, avec des notes pleines de chaleur. Une adaptation de leur nuit précédente. Presque lascivement, la jeune femme se retourna, les yeux plissés par la trop grande luminosité de la pièce. Grey se tenait près de la table, sa flute à la main, interprétant une nouvelle mélodie. Si elle n’avait pas été capable de mettre un mot sur les sentiments passant au travers de son morceau la veille, cette fois, le thème lui paraissait beaucoup plus simple à déchiffrer. Le souvenir des caresses du rouquin était bien trop présent pour pouvoir l’oublier. Cette évocation muette fit rosir ses joues. Mais là n’en était pas l’unique origine, Kathleen venait aussi de se rendre compte qu’elle était toujours nue, les draps laissant apparaître la courbe de ses hanches. Gênée, elle ramena l’ensemble sur son corps et se mit en quête de sa robe. Celle-ci traînait au pied du matelas et elle la revêtit rapidement pour rejoindre son invité.

L’odeur si agréable de la Nature humide se répandait doucement autour d’eux. Sur la table, le jeune-homme avait servi deux tasses de liquide parfumé et bouillant. Etait-ce plus étonnant que le fait de le voir toujours ici ? Sans doute pas... Se réveiller et voir qu’il avait disparu ne l’aurait pas vraiment choquée, tant d’hommes agissaient de la sorte. Seulement il était différent, cela, elle l’avait déjà remarqué. Ça n’avait rien de déplaisant pour autant, bien au contraire. Réussir à l’approcher autant sans véritable souffrance révélait de l’exploit. Et surtout, il n’avait rien demandé. Juste proposé et agi avec chaleur et douceur, rien de plus que ce qu’avait souhaité la jeune femme. Arrivée à la table, la Réglisse hésita. Comment devait-elle se comporter ? Si à son arrivée, elle avait eu des raisons de se montrer acide, ce n’était plus le cas désormais. Cet homme était parvenu à chasser certains de ses démons. Comme poussé par un instinct dont elle ignorait tout, la jeune fille déposa un baiser sur la joue du roux et s’installa en face de lui, entourant ses mains autour du récipient chaud.

« Bonjour Grey. Bien plus que les dernières... Et la vôtre ? »

Sa voix n’était pas assurée. Ce ton agréable, chaleureux, qu’elle essayait de manier lui était inconnu. C’était comme si un lion tentait d’adopter une gazelle... Le résultat ne pouvait être qu’approximatif, hésitant. Mais le pire était la possibilité d’un dérapage. Kathleen trouvait qu’elle ne s’en sortait pas si mal. Surtout si l’on prenait en compte l’embarras qui était le sien en pensant à cette nuit. Pour cacher ces sentiments divers qui se mêlaient, la jeune fille porta la tasse à ses lèvres, se brûlant légèrement. Avait-elle agi aussi bêtement auparavant ? Si c’était le cas, ça ne l’avait pas marquée. Se ressaisir. Elle se releva en s’excusant et parti se rafraîchir dans la salle de bain. L’eau glacée sembla faire son office. L’image que renvoyait le petit miroir lui parut reposée, sereine par rapport aux jours précédents. Se sentir idiote n’était rien si au final, c’était ce résultat qui s’affichait au monde. Rassérénée elle revint auprès de son invité.

« Vous pouvez y allez si vous le désirez... » - Elle marqua une légère pause avant de reprendre - « Pourrais-je vous accompagner jusqu’au lac ? »

Sortir. Retrouver les grands espaces. Redécouvrir le monde. C’était sans doute sa prochaine étape. Une fois appréhendée, il lui faudrait recroiser l’humanité, et celle-ci n’avait rarement l’humilité du musicien. Retrouver des repères pour pouvoir reprendre les routes. La description de ce cirque lui avait donnée envie alors cela pourrait être son prochain voyage. Avec un peu de chance, elle pourrait visiter de l’intérieur en compagnie du rouquin ? En tout cas, s’il en avait le pouvoir et l’envie... L’aristocrate ignorait déjà comment il la considérait. Simple aventure d’une nuit ou un peu plus ? Pas d’amour ne signifiait pas qu’une amitié n’avait pu commencer à se tisser entre eux... Non ?
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MessageSujet: Re: Lorsque doutes riment avec dépression... [Pv Grey Yale]   Lun 30 Déc 2013 - 13:06
Avant de s’assoir face au roux pour gouter au thé matinal qu’avait préparé son invité, elle déposa un léger baiser sur sa joue. Cette attention le toucha et cela fit naitre un sourire rayonnant qu’il offrit à Kathleen qui semblait un peu mal à l’aise. Il se demanda s’il n’aurait mieux fais de partir avant son réveil mais il détestait cette attitude et préférait nettement rester un peu le matin.

« Bonjour Grey. Bien plus que les dernières... Et la vôtre ? »


« Excellente, merci. »


La jeune femme semblait gênée par ce qui ce qui s’était passé la nuit dernière et tenta de le cacher en plongeant ses lèvres dans le breuvage brûlant. Le roux fit de même mais n’avait pas cette gêne car cela avait été naturel pour lui et il considérait cela comme un remerciement comme un autre. Il allait reprendre la conversation quand elle se leva et alla dans ce qui semblait être la salle de bain. Le rouquin lava les deux tasses vides et reprit sa flûte. C’était un passe-temps comme un autre et un bon moyen d’attendre. Il ne pouvait toujours pas partir cela aurait été impoli surtout après avoir attendu son réveil. Il voulait au moins lui dire un au revoir et lui lancer une invitation à venir le voir au cirque quand elle le souhaitait. Elle sortit de la petite pièce, plus sure d’elle.

« Vous pouvez y allez si vous le désirez...  Pourrais-je vous accompagner jusqu’au lac ? »

C’était une idée qui plut tout de suite à Grey ainsi, il restait un peu plus de temps en sa compagnie et profitait un bon moment pour lui dire ce qu’il avait à lui dire. Il lui lança un sourire et lui tendit son bras.


« Avec plaisir. »


Il la guida jusqu’à l’extérieur de la petite maison qui avait été pour quelques heures, un havre de paix et un sanctuaire pour panser des blessures ouvertes par l’ombre. En se retournant vers la petite masure, il espérait qu’il aurait de nouvelles occasions d’y venir. Ses pas connaissaient le chemin et il put profiter des merveilles de la nature qui semblait se réveiller après la tempête de l’autre nuit. Ils finirent par arriver sur les rives du lac.

« Encore merci de m’avoir accueillit sous votre toit cette nuit. Sachez que vous serez toujours la bienvenue si vos pas vous menaient vers le Small Fair. Ce serait un plaisir pour moi de vous revoir... mon amie. »


Il avait légèrement hésité sur les deux derniers mots car il ne savait pas comment il était vu par la jeune femme. Après tout, ils ne connaissaient que très peu intellectuellement tout au moins et il était peut-être un peu tôt pour parler d’une véritable amitié. Mais le roux lui faisait confiance et c’était pour lui, une raison suffisante de lui donner son amitié. Le lien qu’ils avaient tissés ne pouvait être de l’amour et le rouquin l’avait bien prévenue mais cela pouvait une belle et solide amitié, du moins il l’espérait.


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MessageSujet: Re: Lorsque doutes riment avec dépression... [Pv Grey Yale]   Jeu 2 Jan 2014 - 18:55
Comment faisait-il pour ne rien montrer ? Alors que Kathleen se sentait embarrassée par ce qu’ils avaient fait, le jeune-homme, lui, ne paraissait absolument pas touché. Mais peut-être était-il plus habitué qu’elle à ces actes. L’aristocrate l’expérimentait pour la première fois de cette façon. Sans obligations, sans même s’y forcer, juste... Pour le plaisir ? Pour oublier ? Peut-être même les deux... Comment le comprendre alors qu’elle était totalement perdue ? Tout ce qui comptait désormais, c’était son envie de reprendre. Les doutes pourraient revenir, c’était une évidence, alors peut être pourrait-elle essayer de le retrouver ? Qu’importait l’absence de sentiments, la chaleur qu’il lui avait donnée était suffisante. Mais lui offrirait-il de nouveau s’ils se revoyaient ? Accepterait-il simplement que cela arrive ? Qui pourrait le dire ? La jeune fille se secoua intérieurement. Ce n’était pas le moment de flancher, ni même de s’interroger. Ses doutes s’étaient envolés pour le moment, alors pourquoi s’en préoccuper ? Autant en profiter un peu...

Avec élégance, Kathleen passa son bras autour de celui de Grey en lui souriant. Cela lui rappelait son passé, ces promenade avec certain noble espérant faire chavirer son cœur, ou même avec son père. Elle appréciait ces moments à l’époque, et les revivre aujourd’hui ne lui déplaisait pas. Au contraire, c’était comme retourner à l’état de petite fille... L’aristocrate se promit de ne pas montrer autant de plaisir avec d’autres personnes. Afficher ce qu’elle considérait comme une faiblesse devant un inconnu n’était pas dans ses habitudes et il valait mieux limiter le nombre de personnes au courant. Pendant qu’ils marchaient, la jeune femme jetait parfois une œillade au rouquin, surprenant ainsi le regard qu’il lançait à sa masure. Etait-ce l’envie de revenir qu’elle y lisait ? Cette pensée inonda son corps d’une chaleur agréable. Sans vraiment réfléchir, la Réglisse se dit que son accueil serait le même la prochaine fois, espérant presque les mêmes évènements. Ce n’était pas de l’amour qu’elle éprouvait, non, mais plutôt l’espoir de pouvoir replonger dans cette chaleur et cette tendresse... Pas tous les jours, ni même toutes les semaines, juste de temps en temps, pour se ramener à la vie.

Son compagnon de balade la ramena à la réalité. Encore des remerciements ? Il lui semblait qu’elle en avait reçu déjà suffisamment. Mais ces mots furent rapidement effacés par ce qui vint ensuite. Une invitation ? Une amie ? C’était la première fois depuis son arrivée à Queer Tales que ce genre de paroles lui était adressé. Cela la prit par surprise. Comment devait-on réagir dans cette situation ? Elle ne pouvait nier éprouver comme une volonté de se rapprocher de cet homme, pour de l’amitié ? Oui. En obtenir plus lui faisait peur. Kathleen avait besoin d’étapes pour avancer. Comprendre la signification du terme « amie » avant de pouvoir capter le sens de l’idéologie de l’Amour. Doucement, avancer, un pied après l’autre pour découvrir ce qu’elle ignorait de la vie. Changerait-elle ? Peut-être, mais sans doute pas radicalement. Simplement par éclair, lorsque la violence se propagera trop loin dans son cœur, manquant de prendre le contrôle total de son esprit, la faisant agir inconsciemment...

« Ce sera avec plaisir, les distractions ne sont que peu nombreuses sur ces rives... »

La jeune femme laissa le silence s’installer quelques secondes, le temps de réfléchir à la suite. Comment le dire exactement, sans fausses notes ? Elle n’était pas habituée à être agréable. La plupart de ses paroles étaient acides, amères, cyniques... Les mots de vocabulaires tournaient dans son esprit et la Réglisse mit un doigt invisible sur chaque choix qu’elle considérait comme possible. Puis, sa voix essaya d’être moins froide et distante, sans hésitation non plus, mais empli d’un semblant de chaleur, le peu qu’elle pouvait donner en tout cas...

« Mais si vos voyages vous menaient à nouveau par ici, n’hésitez pas à revenir, ma porte vous sera ouverte, mon cher Grey. »

Ils arrivaient au bout du lac et Kathleen lui sourit, amenant presque une lueur dans son regard, fait exceptionnel pour la Réglisse. Puis, retirant son bras de l’étreinte de Grey, elle recula de quelques pas, les mains dans le dos. Debout à quelques mètres du rouquin, elle resta immobile, subissant la brise levant ses cheveux et le soleil tentant de venir brûler sa peau d’albâtre. La jeune fille attendit donc ainsi, sans le quitter des yeux. Cet homme venait peut-être de lui sauver la vie, et même son cynisme ne parvenait pas à lui faire changer d’avis sur lui. D’ici quelques jours, le temps de se préparer, l’aristocrate reprendrait les routes, trouverait de nouvelles cibles...

Son quotidien passé en quelque sorte.
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MessageSujet: Re: Lorsque doutes riment avec dépression... [Pv Grey Yale]   Jeu 2 Jan 2014 - 22:28
La balade était agréable mais il sentait les derniers instants de cette magnifique rencontre se terminer et il espérait qu’il y en ait d’autres plus tard. La réponse de la jeune femme le réjouit car elle n’avait rejeté en bloc l’amitié du roux. Bien au contraire et même si elle ne semblait pas sure de lui rendre la pareille, elle acceptait tout de même celle qu’il offrait. Ce genre de choses ne se construisait pas en une nuit et il fallait laisser le temps aux choses de s’installer.

« Ce sera avec plaisir, les distractions ne sont que peu nombreuses sur ces rives... »


Un sourire rayonnant se dessina sur les traits du rouquin qu’il ne faisait rien pour briser le silence apaisant qui était né entre eux. Ils étaient liés d’une manière étrange et assez soudaine après tout, ils n’avaient fait connaissance que la veille. Si on pouvait dire qu’ils avaient fait connaissance car même s’ils savaient certaines choses, ils étaient presque des inconnus l’un pour l’autre. Et même si le roux n’aurait et ne refuserait surement pas une autre nuit comme celle là, il espérait également qu’il pourrait se trouver des points communs et partager autre chose que leurs corps. Il goutait ce lien particulier jusqu’au moment où elle rompit le silence en suivant les pensées qui l’agitaient.

« Mais si vos voyages vous menaient à nouveau par ici, n’hésitez pas à revenir, ma porte vous sera ouverte, mon cher Grey. »

Elle n’avait pas repris le terme qu’il avait employé mais cela lui suffisait. Arrivés au Lac, elle recula d’un pas, joignant ses mains fines dans son dos. Il fit glisser son regard sur les courbes de la jeune femme et sur le vent qui jouait avec ses longs cheveux comme il l’avait fait quelques heures plus tôt. Le soleil brillait et faisait ressortir les reflets brillants de sa chevelure. Le roux s’approcha pour s’emparer de l’un de ses mains. Il l’amena à ses lèvres pour y déposer un baiser léger. Puis lâchant sa main il passa la sienne sur la joue de Kathleen.

« Je saurais m’en souvenir. Merci et à bientôt... je l’espère. »

Puis presque à regret, il prit de la distance par rapport à son amie et tout en marchant à reculons reprit les routes. Il glissa un clin d’œil à la jeune femme avant de soulever son chapeau pour faire l’un de ses saluts dont il avait le secret. Il ne lâcha pas des yeux la jeune femme jusqu’au dernier instant avant de se retourner en reposant son haut de forme sur sa tête et de reprendre les routes pour retourner chez lui. La venue de son ombre n’était plus qu’un mauvais souvenir et il était prêt à croquer à nouveau la vie à pleine dent. Et cela commençait par revoir sa belle maitresse. Il laissait derrière lui une amie, tandis que la forêt l’engloutit, les séparant pour l’instant...
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Lorsque doutes riment avec dépression... [Pv Grey Yale]

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