Petit humain, mais qu'as-tu fait ? Ouvrir ce livre, pris de curiosité ! Quelle grave erreur, car dès maintenant, les contes te garderont pour eux !
La seule manière de t'en sortir, c'est de te battre et survivre. [RPG Survival Conte&Humain]

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 [Intrigue 1] Aurore Boréale, une femme à deux reflets ~

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MessageSujet: [Intrigue 1] Aurore Boréale, une femme à deux reflets ~   Mer 28 Aoû 2013 - 21:26
La, la, la, laaaa…is the most amazing show…perfect circus, perfect lady, oh really ? Je ne vois que de la poudre aux yeux, un beau mensonge camouflé sous des tonnes de paillettes. Oh Aurore, ta vie, ton physique, et même jusqu’à ton propre nom, tout cela n’est qu’une immense imposture. Il faut bien que quelqu’un se décide enfin à dévoiler les secrets de la magicienne. Dors tranquille pauvre chose, ce soir, c’est moi qui assure le show, ce sera…cauchemardesque ! La, la, la…Rideau !



Pourquoi faut-il que la vie ai parfois un horrible gout de quotidien. Même en tentant de la saupoudrer d’un peu de piment, elle reste horriblement fade. Que faut-il faire alors ? Sauter directement le repas pour passer à trépas ? Oh que non, il suffit de persévérer, patienter jusqu’au dessert, qui sait ce que le chef destin peut nous réserver…*soupire*…Aurore maussade, Aurore ternit qui se lève sur des journées bien sombres. Les oiseaux quittent leurs cages, les funambules ne veulent plus venir faire leur numéro,  les souris fouinent partout, il ne reste que des nains bleus pour venir vous déranger au beau milieu de la nuit, pour raviver des souvenirs pourtant morts et enterrés. Serait-ce cela qui la tiraille ? C’est vrai que le fond de la vielle malle à costume lui fait de l’œil. Sagement endormie sous un drap de poussière, faut-il la réveiller ? Et ce qu’il y à l’intérieur ?
Le spectacle est terminé, une autre longue nuit s’annonce, l’aurore ne sera pas là avant des heures, elle est libre de faire ce qu’elle désir. La jeune femme, toujours en costume de scène s’avance jusqu’au meuble, effleure à peine la serrure, mais ce mince contact produit au même instant un mince son. Un feulement…non plutôt un chuchotement.

Tu es sûr que tu veux faire ça ?


Aurore tente de saisir la provenance de cette voix, mais la roulotte est vide, il n’y a qu’elle et son reflet dans le miroir…horrible reflet dont le visage se déforme, en proie à l’horreur. Le miroir est brisé ! Depuis des années ! Alors pourquoi cette image d’elle-même se retrouve fixée sur une face aussi lisse que du marbre !
Le corps de la directrice est alors agité de convulsions, cette vue, c’est…non…pas….ah…

-AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH

Le cri déchire la toile de silence plantée par la nuit. Pourtant personne ne bouge. Grey ne se lève pas.
Grey n’est pas là, qui a besoin de lui ?
Elle, celle qui hurle comme jamais auparavant, celle qui ne peut supporter cela d’avantage et qui comme il y a des années de cela brise le miroir à main nue.
Des fragments et du sang, ils se teintent de rouge pour ne plus renvoyer l’image tant crainte.
Des larmes et des ombres, qui s’écoulent dans la pièce jusqu’à la noyer entièrement d’un liquide d’encre.
Pourtant Aurore, même submergée, reste immobile, le visage défait par l’effroi ressenti tout à l’heure, et les perles d’eau salée qui coulent toutes seules de ses yeux. Tout est noir…hormis les fragments rougeâtres qui se mettent à tourner autour de la jeune femme. Ils semblent grandir et se rapprocher, et au milieu d’eux, plus noire que le noir lui-même, une silhouette féminine se dessine.

-Tu m’as manqué petite sœur.

Aurore entre deux hoquets articule péniblement :

-Je…n’ai pas de sœur.

L’ombre l’entour de ses bras, lui prodiguant des caresses d’apaisement.

-Chuuut, tu ne fait qu’un vilain cauchemar, je sais que c’est dur pour toi de m’accepter, mais j’aimerais quand même que tu me regarde.

La jeune femme se tourne vers la source qui laisse couler des mots si clairs, non elle ne peut pas, et détourne immédiatement le regard.

-Je suis la vérité, Doriane, tu dois me regarder.

Rupture. Enlacées elles ne sont plus. Un mot de trop, elle n’aurait pas dû.

-Je m’appelle AURORE !

-Ils t’ont appelé Aurore…mais je n’aime pas ce nom, c’est un mensonge.

Elle se rapproche à nouveau. Ne pouvant lui faire face, la jeune femme tourne la tête et laisse l’être de ténèbres lui enlever son chapeau.

-Ça aussi c’est un mensonge.

Elle lui frotte la joue, emportant sur sa peau démolie, des parcelles de poudre blanche.

-Et ça…

Silence.

-Et tout le reste.

Sanglot.

-Là…là…viens contre moi, il faut que tu te souviennes, tu n’as pas envie que je me fâche n’est-ce pas ? Je devrais, tu m’as brisée puis tu m’as oubliée. Pourtant je dois te montrer la vérité, elle est là, dans ces reflets.

Le sang achève se s’écouler des fragments de miroirs immobilisés. Et tandis que la croute écarlate, s’en va, elle dévoile des images en noir et blanc, comme dans un vieux film haché, une vie oubliée se reconstitue…elle ne peut plus reculer et plonge toute entière dans ses images.

~~~

First Fragment ~
Belle résidence de campagne qui flambe, pourtant le feu n’a pas tout emporté. Oh petite fille défigurée par les flammes, les liens familiaux sont plus fort que la braise, tu n’as pas de soucis à te faire.
Pauvre femme, elle a n’a plus d’avenir.
Ta mère t’aime toujours autant. Même si elle a tout perdue, même si la beauté prend une place importante dans ce milieu cruel du XIXème siècle. Et des si, et des mêmes…qui composent un tableau d’espoir bien trop cher pour ta situation. Ta jolie voix, Doriane, chante, c’est tout ce qu’il te reste. Une chanson, et la ballerine de ta boite à musique comme musicienne.

Second Fragment ~
Jolie gare de Montmartre, une foule qui évite l’ombre d’une petite fille, et emporte sa mère avec elle.
Tu m’attends bien sagement ma chérie.
Les wagons absorbent tout, la foule noire, les amants d’un soir, les tableaux d’espoir, peint avec les mains d’une fillette qui ne connait qu’une vie confortable. Qu’elle est froide cette gare, juste des échos de voix voyagent encore sur le quai. Juste des échos et quelques paroles d’attente interminable, fredonné sur un air de comptine, qui égrène lentement les heures qui défilent.

Third Fragment ~
Magnifique chapiteau qui se dresse encore une fois. Quel contraste entre ces teintures bariolées et les barreaux rouillés de la cage. Il avait l’air si gentil, il pouvait réaliser le tableau d’espoir qu’elle avait esquissé dans ses rêves. Lui a peint le portrait de ses cauchemars.
Tu chantes bien petite, viens avec moi, je vais te faire voir le monde.
Qu’il est laid. Les moqueries et les villes qui crachent une intense fumée noire. Qu’il est loin ce petit quai tout froid, mais qui gardait avec lui l’image d’une mère prenant un train, qui n’est jamais revenu.

Fourth Fragment ~
Simple livre posé sur ses genoux. Un tel objet, mais que fait-il ici ? Avant la représentation, c’était un homme qui le portait sous le bras. Que disait-il déjà ?
Croyez lord Henry, il faut pleinement profiter de la vie. Après tout, les folies sont les seules choses que l’on ne regrette jamais.
Belles paroles, mais elles n’ont pas de signification pour une chanteuse enchaîné. Au moins il lui reste le livre. Même si elle ne pourra jamais raisonner comme ce personnage, cet objet la rapproche de lui un tout petit peu.

Fifth Fragment ~
Vaste collines qui s’étendent à l’infini. L’encre de la comptine a tout nettoyé. La cage crasseuse, la ville noire, le quai gelé, les cendres de la maison. Tout, il faut tout recommencer pour toi jeune fille. Chante, c’est tout ce qu’il te reste, encore et toujours.
Bienvenu à Queer Tale.
C’est une renaissance, pourtant, il est une chose qu’elle a emportée. Ce physique ingrat redessiné par les flammes. Personne ne peut donc redessiner un visage convenable ?

Sixth Fragment ~
Misérable errance, ballotée de contrées en vallées. Ici la cruauté prime, mais ne s’intéresse pas aux hideuses silhouettes qui portent un masque d’ombre. Celui des perrons, des petites ruelles et des nuages de pluie. Cela aurait dû être une renaissance, mais on ne peut naitre déjà abîmé par la vie, c’est inconcevable. Les regards sont fuyants, sauf celui de cet homme assis sur un bac, crayonnant des courbes aux grés de ces idées.
Eh Basil ! Viens on va être en retard.
L’homme pressé s’évanouit dans une trainé de poussière, et de quelques feuilles qui s’échappent du manteau. Des esquisses, des pastels, un peintre léguant ses brouillons à la rue, son dernier dessin au banc abîmé. Un portrait au fusain pourpre, d’une femme magnifique.

Seventh Fragment ~
Espoir d’une réminiscence, et un vœu murmuré tout bas, mais le désir de le voir se réalisé est tellement fort.

J’aimerais tant lui ressembler.
Souhait devenant conviction. C’est moi que l’on dessinait, personne d’autre n’était dans la ruelle. Elle me ressemble un peu, j’en suis encore loin, il suffit de trouver de la beauté quelque part. Elles en ont à revendre, ces femmes qui se pavanes en robe à dentelle.
Ainsi les voyages se teintent de rouge, belle, belle tu deviens belle. Laide, laide, est la fille du dessin plié en quatre sous son manteau.

Last Fragment ~
Beauty…la, la, la, la. It’s the most amazing show. La nuit se ferme sur le corps torturé de Doriane Gray. Elle n’existe plus. Un nouveau jour se lève, c’est l’Aurore.

~~~

Mensonge, oui tout est un immense mensonge. Un style de vie bâtit sur un nom et un physique d’emprunt. Tout est faux, c’est l’ombre qui a raison. Cette réplique monstrueuse de Doriane Gray.

-Toi et moi ne nous faisons qu’un en réalité. Je suis celle que tu as enfermée dans le fond d’une malle. Mais désormais je suis sortie, formons à nouveau une seule et même personne.

Aurore se blottie contre cette ombre si redoutée. Faut-il toujours avoir peur, ou bien enfin accepter de vivre avec la vérité. C’est trop douloureux, pourquoi le faut-il ? Ne peut-on pas vivre en mentant éternellement, à Grey, à cet homme qui lui a volé son cœur…

-Si jamais il te voyait tel que tu es…

Il n’aurait qu’à courir. Ce serait un problème en moins, si ces « je t’aime » sont sincères, il restera. Et pourquoi s’embarrasser de scrupules à propos de vivre dans le mensonge. Mentir au destin et à la vie elle, même, c’est une folie à la hauteur d’une directrice de cirque.

"Il faut pleinement profiter de la vie. Après tout, les folies sont les seules choses que l’on ne regrette jamais."

Ce lord Henry a raison.

Aurore, se redresse doucement, un carré de papier s’est matérialisé à côté d’elle. Il est vierge de tout tracé. La jeune femme s’en saisi et le brandit face à son ombre.

-Retourne à ta place, c’est moi qui commande et les fauves iront en cage !

-Tu ne peux pas me tourner le dos, je suis ce que tu es réellement. Ton vrai physique et le reflet de ton âme de meurtrière, tu ne peux plus me cacher dans un coffre.

-Et moi je suis un mensonge, mais je n’ai pas de principe, je suis libre d’en proférer tant que je veux.

L’ombre lentement se détache de la toile d’encre, emportant avec elle les fragments de miroir. Une femme, le visage brulé, tâchée de sang, une face de cauchemar, se dessine lentement au fusain, et tandis que le décor de la roulotte réapparait, un dernier murmure se fait entendre.

-Tu ne pourras plus jamais m’enfermer loin de toi.

~~~

Aurore ouvre les yeux, une lueur matinale pénètre difficilement à travers les rideaux. Et avant qu’elle n’esquisse le moindre geste, elle sent dans sa main une boule de papier chiffonné. La jeune femme la défroisse et émet un soupir. Finalement, ces dernières paroles n’étaient pas jetées en l’air. Derrière le dessin cauchemardesque, une étoile avait été rajoutée, ainsi que ces mots :

Portrait de Doriane Gray.
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